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William Penn - et toutes cérémonies extérieures finirent en lui et par lui qui était la réalité même

Publié le par antoiniste

    Il se montre alors de plus près qu'autrefois, car suivant sa promesse il écrira sa loi dans notre coeur, et nous donnera sa crainte et son esprit au dedans de nous. Dès lors les signes, les images et les emblêmes disparurent ; la lumière qui commençait à lui, ayant fait voir leur peu d'efficacité à purifier la conscience, puisqu'ils ne pouvaient atteindre à l'intérieur du vase, et toutes cérémonies extérieures finirent en lui et par lui qui était la réalité même.

William Penn, Histoire abrégée de l'origine et de la formation de la société dite des Quakers (1839), p.7
source : Google Books

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Octave Mirbeau - Maladies infantiles

Publié le par antoiniste

    La première [lettre] me vient d’une femme qui, si j’en juge par les sentiments qu’elle exprime, est un grand coeur. Elle administre une des crèches municipales de Paris, « non par vanité, dit-elle, non pour voir mon nom imprimé dans les rapports et les journaux, non par désoeuvrement, comme tant d’autres, mais poussée par le très grand amour que j’ai pour les petits, et par les soucis de mes devoirs de solidarité humaine » – car elle croit à la solidarité humaine, cette rêveuse !... Dans la mission difficile qu’elle a acceptée, elle fait ce qu’elle peut, tout ce qu’elle peut, plus qu’elle ne peut. Et, bien que les ressources dont elle dispose soient très maigres, bien qu’elle se trouve, sans cesse, arrêtée par des règlements barbares autant qu’idiots, contre lesquels se brisent souvent son intelligence et son énergie, elle s’en tire à peu près... Grâce à des soins persistants, à une surveillance de toutes les minutes, à une ingéniosité, une initiative, qui savent quelquefois suppléer aux étranges lacunes du règlement, et tourner les obstacles administratifs, les petits s’élèvent, grandissent. On va peut-être les sauver... Eh bien, non !... Toute cette bonne volonté, tout ce mal, toute cette abnégation tout ce génie de la tendresse et de l’amour deviennent inutiles devant une épidémie de rougeole, par exemple. Et Paris voit revenir cette épidémie, périodiquement, dans le premier trimestre de chaque année. Or ce n’est pas de l’épidémie qu’ils meurent, les pauvres enfants, mais de quelque chose de bien plus mortel que les plus mortelles maladies du règlement !
    Chaque semaine, M. Bertillon, statisticien précis et illusoire, nous apprend le nombre des décès causés par le fièvre typhoïde, la tuberculose, la scarlatine, la diphtérie, la rougeole, la variole etc. De l’administration qui dépeuple et du règlement qui tue, il ne nous dit jamais un mot... Et pourtant, il n’est pas de choléra, de peste, de fièvre infectieuse, qui fassent autant de victimes, surtout parmi les tout jeunes. Aussitôt que l’épidémie de rougeole, avec une régularité en quelque sorte mathématique, se produit à Paris, ordre est donné de fermer les crèches, soi-disant pour préserver les enfants d’une contagion immédiate. Les mères sont invitées à aller chercher leurs enfants et à les conduire à l’hôpital. Car la société est admirable : elle a de tout, des crèches, des asiles, des hôpitaux... Mais, à l’hôpital, le nombre de lits est toujours insuffisant, et puis un enfant, guéri d’une maladie, risque d’en attraper une autre. Au bout de huit à dix jours, vite, on le renvoie, alors que trois semaines de soins attentifs et de surveillance sévère seraient indispensable pour assurer une guérison complète, et surtout pour éviter les rechutes, qui sont presque toujours mortelles... On le renvoie donc. Où peut-il aller ? La crèche est fermée. Force est bien à la mère de ramener le petit de l’hôpital chez elle... Et comme elle doit travailler pour vivre – car le plus souvent le père manque, ou il boit – elle donne son enfant en garde, soit à la concierge, soit à une voisine; ou bien elle le laisse aux soins capricieux d’un enfant plus âgé. Alors le pauvre petit être, mal couvert, mal nourri, exposé aux courants d’air d’une chambre mal close et sans feu, succombe en quelques jours aux inévitables atteintes de la pneumonie. C’est ainsi qu’en 1899, sur trente-deux enfants, cette crèche dont je parle et qui, par exception, est une crèche admirablement tenue, n’en a vu revenir que quinze à la réouverture. Dix-sept étaient morts !...

 

Extrait d’un article d’Octave Mirbeau,
dans Le Journal, du 2 décembre 1900
(source : www.scribd.com)

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Rudolf Steiner - Je pense, donc je suis

Publié le par antoiniste

    Je pense, donc je suis. Toutes les autres choses que la pensée, tout le reste de l'univers, existent sans moi et je ne puis savoir si leur existence est réalité, illusion ou rêve. Mais je sais qu'une chose est certaine parce que je lui donne moi-même une existence certaine : ma pensée.

Rudolf Steiner, La Philosophie de la liberté, 1918 (p.48-49)
source : Gallica

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Apollo 8 - Earthrise (Levée de terre)

Publié le par antoiniste

source : wikipedia

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Catherine Sauvage - La Conscience

Publié le par antoiniste

de Stéphane Goldman
une chanson écrire
sur la seule partie de l'homme
soluble dans l'alcool :
La Conscience


Dans une pièce, sur une table, attendait
Une bouteille, une bouteille
Dans une pièce, sur une table, attendait
Une bouteille pleine de beaujolais

Un homme entra, que l'alcool séduisait
Et sa langue, et sa langue
Un homme entra, que l'alcool séduisait
Et sa langue sur le côté pendait

Pendé penda pendi pendi pendé
Sa conscience, sa conscience
Pendé penda pendi pendi pendé
Sa conscience alors lui a parlé

"Soit plus fort que la tentation"
Lui dit-elle, lui dit-elle
"Soit plus fort que la tentation
"Vas boire de l'eau, crois-moi c'est aussi beau"

Hallelujah, car le vice a perdu
Et notre homme, et notre homme
Hallelujah, car le vice a perdu
Et notre homme, pour ce coup, n'a pas bu

En titubant, à son tour, disparaît,
La conscience, la conscience
En titubant, à son tour, disparaît,
La conscience pleine de beaujolais

Dans la pièce, sur la table, n'attend plus
La bouteille, la bouteille,
Dans la pièce, sur la table, n'attend plus
La bouteille que la conscience a bu.

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Roland Topor - The Tenant

Publié le par antoiniste

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Voltaire, Lettre d'un Turc sur les fakirs et sur son ami Bababec, 1750

Publié le par antoiniste

    Lorsque j'étais dans la ville de Bénarès sur le rivage du Gange, ancienne patrie des bracmanes, je tâchai de m'instruire. J'entendais passablement l'indien; j'écoutais beaucoup et remarquais tout. J'étais logé chez mon correspondant Omri; c'était le plus digne homme que j'aie jamais connu. Il était de la religion des bramins, j'ai l'honneur d'être musulman : jamais nous n'avons eu une parole plus haute que l'autre au sujet de Mahomet et de Brahma. Nous faisions nos ablutions chacun de notre côté; nous buvions de la même limonade, nous mangions du même riz, comme deux frères.
    Un jour, nous allâmes ensemble à la pagode de Gavani. Nous y vîmes plusieurs bandes de fakirs, dont les uns étaient des janguis, c'est-à-dire des fakirs contemplatifs, et les autres des disciples des anciens gymnosophistes, qui menaient une vie active. Ils ont, comme on sait, une langue savante, qui est celle des plus anciens bracmanes, et, dans cette langue, un livre qu'ils appellent le Veidam. C'est assurément le plus ancien livre de toute l'Asie, sans en excepter le Zend-Avesta.
    Je passai devant un fakir qui lisait ce livre. "Ah! malheureux infidèle! s'écria-t-il, tu m'as fait perdre le nombre des voyelles que je comptais; et, de cette affaire-là, mon âme passera dans le corps d'un lièvre au lieu d'aller dans celui d'un perroquet, comme j'avais tout lieu de m'en flatter." Je lui donnai une roupie pour le consoler. A quelques pas de là, ayant eu le malheur d'éternuer, le bruit que je fis réveilla un fakir qui était en extase. "Où suis-je? dit-il. Quelle horrible chute! je ne vois plus le bout de mon nez : la lumière céleste est disparue. - Si je suis cause, lui dis-je, que vous voyez enfin plus loin que le bout de votre nez, voilà une roupie pour réparer le mal que j'ai fait; reprenez votre lumière céleste."
    M'étant ainsi tiré d'affaire discrètement, je passai aux autres gymnosophistes : il y en eut plusieurs qui m'apportèrent de petits clous fort jolis, pour m'enfoncer dans les bras et dans les cuisses en l'honneur de Brahma. J'achetai leurs clous, dont j'ai fait clouer mes tapis. D'autres dansaient sur les mains; d'autres voltigeaient sur la corde lâche; d'autres allaient toujours à cloche-pied. Il y en avait qui portaient des chaînes, d'autres un bât; quelques-uns avaient leur tête dans un boisseau : au demeurant les meilleures gens du monde. Mon ami Omri me mena dans la cellule d'un des plus fameux; il s'appelait Bababec : il était nu comme un singe, et avait au cou une grosse chaîne qui pesait plus de soixante livres. Il était assis sur une chaise de bois, proprement garnie de petites pointes de clous qui lui entraient dans les fesses, et on aurait cru qu'il était sur un lit de satin. Beaucoup de femmes venaient le consulter; il était l'oracle des familles; et on peut dire qu'il jouissait d'une très grande réputation. Je fus témoin du long entretien qu'Omri eut avec lui. "Croyez-vous, lui dit-il, mon père, qu'après avoir passé par l'épreuve des sept métempsycoses, je puisse parvenir à la demeure de Brahma? - C'est selon, dit le fakir; comment vivez-vous? - Je tâche, dit Omri, d'être bon citoyen, bon mari, bon père, bon ami; je prête de l'argent sans intérêt aux riches dans l'occasion; j'en donne aux pauvres; j'entretiens la paix parmi mes voisins. - Vous mettez-vous quelquefois des clous dans le cul? demanda le bramin. - Jamais, mon révérend père. - J'en suis fâché, répliqua le fakir : vous n'irez certainement que dans le dix-neuvième ciel; et c'est dommage. - Comment! dit Omri, cela est fort honnête; je suis très content de mon lot : que m'importe du dix-neuvième ou du vingtième, pourvu que je fasse mon devoir dans mon pèlerinage, et que je sois bien reçu au dernier gîte? N'est-ce pas assez d'être honnête homme dans ce pays-ci, et d'être ensuite heureux au pays de Brahma? Dans quel ciel prétendez-vous donc aller, vous, monsieur Bababec, avec vos clous et vos chaînes? - Dans le trente-cinquième, dit Bababec. - Je vous trouve plaisant, répliqua Omri, de prétendre être logé plus haut que moi : ce ne peut être assurément que l'effet d'une excessive ambition. Vous condamnez ceux qui recherchent les honneurs dans cette vie, pourquoi en voulez-vous de si grands dans l'autre? Et sur quoi d'ailleurs prétendez-vous être mieux traité que moi? Sachez que je donne plus en aumônes en dix jours que ne vous coûtent en dix ans tous les clous que vous vous enfoncez dans le derrière. Brahma a bien à faire que vous passiez la journée tout nu, avec une chaîne au cou; vous rendez là un beau service à la patrie. Je fais cent fois plus de cas d'un homme qui sème des légumes, ou qui plante des arbres, que de tous vos camarades qui regardent le bout de leur nez ou qui portent un bât par excès de noblesse d'âme." Ayant parlé ainsi, Omri se radoucit, le caressa, le persuada, l'engagea enfin à laisser là ses clous et sa chaîne et à venir chez lui mener une vie honnête. On le décrassa, on le frotta d'essences parfumées, on l'habilla décemment; il vécut quinze jours d'une manière fort sage, et avoua qu'il était cent fois plus heureux qu'auparavant. Mais il perdait son crédit dans le peuple; les femmes ne venaient plus le consulter; il quitta Omri, et reprit ses clous, pour avoir de la considération.

Voltaire, Lettre d'un Turc sur les fakirs et sur son ami Bababec, 1750
source : Wikisource

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Comment nos sens nous trompent - L'argent rêvé

Publié le par antoiniste

    Nasreddin Hodja, à sa manière, choisit entre rêve et réalité. Son fils lui dit un jour :
    - Cette nuit, j'ai rêvé que tu me donnais cent dinars.
    - C'est parfait, lui dit son père. Comme tu es un enfant très sage, tu peux garder ces cents dinars. Achète-toi ce que tu voudras.

Jean-Claude Carrière, Le cercle des menteurs, Contes philosophiques du monde entier
France Loisirs, Paris, 1998 (p.75)

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Fruition

Publié le par antoiniste

Vx, littér., dans le domaine intellectuel ou mystique. Action de jouir. Cette fruition des grâces dont la communauté de Solesmes a été investie (Huysmans, Oblat, t. 2, 1903, p. 23) :

Gratuité du don. Don sans conteste. Abandon du souci mortel. Ô fruition paradisiaque de tout instant! à participer à cette immensité de bonheur, oui, je sens que vous m'invitez, seigneur!
Gide, Journal, 1916, p. 600.
REM.
Fruitif, ive, adj. Qui donne la jouissance. Union fruitive. L'« homoeose » ou assimilation d'essence, ou union fruitive, dont parlent les mystiques (Jankél., Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 28).
Prononc. : [fʀɥisjɔ̃]. Étymol. et Hist. xive s. fruicion (Miracle de un marchant et un larron ds Mir. de N.D., éd. G. Paris et U. Robert, t. 2, p. 92). Empr. au lat. chrét. fruitio « jouissance » (dér. de frui « jouir de, avoir la jouissance de »).

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The Naked Guy, ou comment mourrir du conformisme

Publié le par antoiniste

Luis Andrew Martinez commonly known as Andrew Martinez, was an activist who achieved fame at the University of California, Berkeley, where he was known as The Naked Guy.

Early fame

Martinez was a high school football player when he attended Monta Vista High School in Cupertino, California.

Martinez attended classes at University of California, Berkeley. In September 1992, his second year in college, he began appearing naked in public and led a campus "nude-in" to protest social repression. Campus police first arrested him that fall for indecent exposure when he jogged naked near southside dormitories late on a Saturday night. The county prosecutor refused to prosecute, concluding that nudity without lewd behavior was not illegal. The university then banned nudity on campus. Martinez began strolling around campus naked, citing philosophical reasons. He explained that when he dressed in expensive, uncomfortable, stylish, "appropriate" attire, he hid the fact that his personal belief was that clothes were useless in his environment except as a tool for class and gender differentiation.

Martinez wrote a 1992 guest column in The Oakland Tribune: "When I walk around nude, I am acting how I think it is reasonable to act, not how middle-class values tell me I should act. I am refusing to hide my dissent in normalcy even though it is very easy to do so." Martinez, who typically attended classes wearing only sandals and a backpack, became a cause célèbre at the university for a while, sparking a number of nude-ins on campus and performances by the Bay Area nudist group the X-Plicit Players. He appeared on national talk shows, was profiled in a photo essay in Playgirl and was parodied in the 1994 college comedy PCU. Although UC Berkeley never acknowledged a social conservative rationale for dealing with Martinez, the school eventually recognized a feminist argument raising sexual harassment concerns, and accordingly issued its "Policy Statement Concerning Public Nudity and Sexually Offensive Conduct" on December 7, 1992.

Then neither employed nor furthering his education, Martinez continued living in Berkeley, and was arrested for public nudity by the city. He fought those charges and won. For many months, it was legal to walk around nude in Berkeley and he went further, attending a City Council meeting naked. The city adopted an anti-nudity ordinance in July 1993. Martinez and some of his supporters then showed up at a City Hall meeting in the buff and he became the first person arrested under new city ordinance. He pleaded guilty to the misdemeanor charge and got two years’ probation.


Later life

After his legal matters were settled, Martinez traveled to Europe, studied judo, and began to write a manuscript about his experiences. After his return and continued unemployment, he began to manifest symptoms of mental illness and he spent much of the decade following his national fame moving among halfway houses, psychiatric institutions, occasional homelessness, and jail, but never getting comprehensive treatment, his family said. Martinez showed signs of schizophrenia and was prescribed medication, but with little improvement. "It was an endless cycle of trying to get answers but never getting any," said his mother. "It was endless, endless, endless."

On January 10, 2006, Martinez was arrested after a fight at a halfway house and charged with two counts of battery and one count of assault with a deadly weapon. He was placed in maximum-security custody in Santa Clara County Jail in San Jose.

The last time Martinez's mother saw her son was three weeks before his death when she visited him in jail. "He was sad. He was tired. He said he had enough", she said. "I alerted everyone, but nothing happened". On the evening of his death a guard checked on him at 11 p.m. and he was fine, but a few minutes later other inmates reported hearing sounds coming from his cell. An officer returned at 11:19 and found Martinez unconscious. The 33-year-old Martinez was found with a plastic bag cinched around his head. He was taken to Valley Medical Center, where he was pronounced dead of apparent suicide on May 18, 2006. Martinez's funeral was held May 25. A memorial for him was held May 27 at People's Park, in Berkeley. On November 12 of that year, a public memorial was held at a community recreation center in Cupertino.

In 2009, his mother Esther Krenn settled a wrongful death lawsuit against Santa Clara County, which paid her $1 million and altered its policies so that family members would be notified in the event of a suicide attempt.

source : http://en.wikipedia.org/wiki/Andrew_Martinez

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