La Révélation, Le moi conscient & le moi intelligent (p.140)
Aussi longtemps que nous manierons des fluides sans amour, notre imperfection nous donnera telles pensées.
La Révélation, Le moi conscient & le moi intelligent, p.140
Aussi longtemps que nous manierons des fluides sans amour, notre imperfection nous donnera telles pensées.
La Révélation, Le moi conscient & le moi intelligent, p.140
Midi, c’est de voir ton Visage !
Seigneur, va-t-il longtemps tarder
Ce jour sans ombre et sans nuage
De ton inconcevable été ?
Quel printemps n’alanguit une âme
Qui s’épuise à Te désirer ?
Qu’est-ce : être touché par la flamme,
Quand le feu doit nous dévorer ?
Source invisible où je vais boire,
Tu me parles d’un Océan...
Ô divin Soleil de la gloire,
Perce un si vulnérable écran !
Que ta triomphante évidence
Succède à ces rayons diffus !
Mon avidité vous devance,
Heure où le temps ne sera plus.
L’impatience est-elle un signe
De l’approche d’une faveur
Que mon coeur, pour en être indigne,
N’estime pas moins son bonheur ?
Eau vive qui nous désaltère,
Ma soif te pressait de jaillir,
Chers fruits d’un ciel qui m’est mystère,
Puisse aussi ma faim vous mûrir !
Une fleur en moi tôt éclose
Mit l’avant-goût du Paradis...
Je n’ai que l’odeur de la rose
Ici-bas qui me mène à lui.
Mais l’âme est ivre de lumière,
Abîme de la Déité !
Abeille, elle se perd entière
Dans le trine et dans l’unité.
Demain goûter au sein de l’Être
Le prix de ma rédemption,
Comme Il Se connaît, Le connaître
Béatifique vision !
Ah ! L’aimer enfin comme Il S’aime
Tout un interminable jour,
L’aimer comme Il m’aime Lui-même,
Ce Bien-Aimé qui est l’Amour...
Midi, c’est de voir ton Visage !
Seigneur, il ne peut plus tarder
Ce jour sans ombre et sans nuage
de ton inconcevable été.
Tendu vers l’instant qui va suivre,
Patiente, ô mon beau désir.
Si mourir d’attendre est mieux vivre,
Vivre conduit vite à mourir.
Jean-Pierre ALTERMANN.
Extrait de L’Aurore et Psyché, A. Silvaire.
source : www.biblisem.net
Contemporain des grandes pièces symbolistes, Le Trésor des humbles fut, dès sa parution en 1896, un grand succès de librairie. Maeterlinck explore dans ce recueil d'essais quelques-uns des thèmes qui inspirent sa dramaturgie: le silence et l'indicible, le dialogue des âmes, le tragique quotidien... Il consacre également son attention aux figures spirituelles qui l'ont marqué profondément, comme Novalis ou Ruysbroeck l'Admirable. S'il aide à mieux comprendre la pensée de Maeterlinck et le courant symboliste, Le trésor des humbles, parce qu'il interroge l'inépuisable question de l'être, peut se révéler riche encore d'un secret précieux.
Ce recueil reprend les essais : le trésor des humbles, le silence, le réveil de l'âme, les avertis, la morale mystique, sur les femmes, Ruysbroeck l'admirable, Emerson, Novalis, le tragique quotidien, l'étoile, la bonté invisible, la vie profonde et la beauté intérieure.
Extrait :
N'est-ce pas dans l'amour que se trouvent les plus purs éléments de beauté que nous puissions offrir à l'âme ? Il existe des êtres qui s'aiment ainsi dans la beauté. Aimer ainsi, c'est perdre peu à peu le sens de la laideur ; c'est devenir aveugle à toutes les petites choses et ne plus entrevoir que la fraîcheur et la virginité des âmes les plus humbles. Aimer ainsi, c'est ne plus même avoir besoin de pardonner. Aimer ainsi, c'est ne plus rien pouvoir cacher parce qu'il n'y a plus rien que l'âme toujours présente ne transforme en beauté. Aimer ainsi c'est ne plus voir le mal que pour purifier l'indulgence et pour apprendre à ne plus confondre le pécheur avec son péché. Aimer ainsi, c'est élever en soi tous ceux, qui nous entourent sur des hauteurs où ils ne peuvent plus faillir et d'où une action basse doit tomber de si haut qu'en rencontrant la terre elle livre malgré elle son âme de diamant. Aimer ainsi, c'est transformer sans qu'on le sache, en mouvements illimités, les intentions les plus petites qui veillent autour de nous. Aimer ainsi, c'est appeler tout ce qu'il y de beau sur la terre, dans le ciel et dans l'âme au festin de l'amour. Aimer ainsi c'est exister devant un être tel qu'on existe devant Dieu. Aimer ainsi c'est évoquer au moindre geste la présence de son âme et de tous ses trésors. Il ne faut plus la mort, des malheurs ou des larmes pour que l'âme apparaisse ; il suffit d'un sourire. Aimer ainsi, c'est entrevoir la vérité dans le bonheur aussi profondément que quelques héros l'entrevirent aux clartés des plus grandes douleurs. Aimer ainsi, c'est ne plus distinguer la beauté qui se change en amour de l'amour qui se change en beauté. Aimer ainsi, c'est ne plus pouvoir dire où finit le rayon d'une étoile et où commence le baiser d'une pensée commune. Aimer ainsi, c'est arriver si près de Dieu que les anges vous possèdent. Aimer ainsi, c'est embellir ensemble la même âme qui devient peu à peu l'ange unique dont parle Swedenborg. Aimer ainsi, c'est découvrir chaque jour une beauté nouvelle en cet ange mystérieux, et c'est marcher ensemble dans une bonté de plus en plus vivante, et de plus en plus haute. — Car il y a aussi une bonté morte qui n'est faite que de passé ; mais l'amour véritable rend inutile le passé et crée à son approche un inépuisable avenir de bonté sans malheurs et sans larmes. Aimer ainsi, c'est délivrer son âme et devenir aussi beau que son âme délivrée. « Si dans l'émotion que doit te causer ce spectacle, dit à propos de choses analogues le grand Plotin qui de toutes les intelligences que je connais est celle qui s'approcha le plus près de la divinité, si dans l'émotion que doit te causer ce spectacle tu ne proclames pas qu'il est beau, et si, plongeant ton regard en toi-même, tu n'éprouves pas alors le charme de la beauté, c'est en vain que dans une pareille disposition tu chercherais la beauté intelligible ; car tu ne la chercherais qu'avec ce qui est impur et laid. Voilà pourquoi, les discours que nous tenons ici ne s'adressent pas à tous les hommes. Mais si tu as reconnu en toi la beauté, élève-toi à la réminiscence de la beauté intelligible... »
Maurice Maeterlinck, Le trésor des humbles (1902)
source : archive.org

Ah ! si je ne démontrais que les fluides, nous rencontrerions souvent de la contradiction, mais ce qui peut nous réconforter tous, malgré nos compréhensions diverses, c'est l'amour qui en découle.
La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité, p.138
Nous frémissons d'horreur au récit de certains crimes que nous trouvons odieux, mais songeons-nous que nous sommes peut-être bien plus coupables dans ce que nous accomplissons journellement ? Au lieu d'assaillir un criminel de notre haine, nous ferions mieux de l'attirer à nous par notre amour, par notre exemple.
La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité, p.134
note : le sens de crime va de : "Action que l'on désapprouve" à "Infraction grave punissable par la loi d'une peine afflictive ou infamante". Il ne s'agit pas forcément de meurtre.
C'est manquer d'amour que de croire [celui d'un autre] absent. Quand il nous arrive d'être dans cette situation, nous nous trouvons tout naturels ; pourquoi penser autrement lorsqu'il s'agit de nos semblables ? Ne nous abusons pas. Si nous cherchons notre avancement moral, c'est à nous de nous efforcer d'aimer, sans critiquer les personnes qui ne sont pour nous que des instruments de progrès.
La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité, p.133
Le malheur est une espèce de talisman dont la vertu consiste à corroborer notre constitution primitive : il augmente la défiance et la méchanceté chez certains hommes, comme il accroît la bonté de ceux qui ont un coeur excellent.
Honoré de Balzac, Le Colonel Chabert, p.80
Pocket, Lire et voir les classiques, Paris.
La foi, c'est l'amour qui embrasse tous les partis et pour lequel il n'existe plus opinions, ni règlements ; grâce à cette vertu, on aime ceux qu'on appelle des ennemis et on les respecte.
La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité, p.132