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reconnaissance du culte

Nouvelle religion (Le Canada, 15 décembre 1910)(numerique.banq.qc.ca)

Publié le par antoiniste

Nouvelle religion (Le Canada, 15 décembre 1910)(numerique.banq.qc.ca)             NOUVELLE
                         RELIGION

    Bruxelles, 12 – Deux cent mille personnes appartenant à la population minière du sud de la Belgique, ont signé une pétition adressée au gouvernement et demandant l'autorisation de construire des églises consacrées à un nouveau culte, appelé l'Antoinisme.
    Antoine est un ouvrier mineur. Il y a quelques années il hérita une petite fortune et se mit à soigner les gens gratuitement pour toutes sortes de maladies. Sa méthode consiste imposer les mains et à exécuter des passes. Il dit qu'un fluide mystérieux émané de sa personne opère la guérison.
    Antoine a été poursuivi plusieurs fois pour exercice illégal de la médecine, mais chaque fois il a été acquitté parce qu'il ne procède pas selon les méthodes scientifiques. Beaucoup attribuent les guérisons qu'il opère à l'auto-suggestion, mais Antoine a un grand nombre de partisans.
    On croit que le gouvernement refusera l'autorisation demandée, bien que les pétitionnaires ne demandent pas les subsides accordés à tous les cultes reconnus.

Le Canada, 15 décembre 1910 (source : numerique.banq.qc.ca)

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Léandre - Antoine (Le Matin, 18 décembre 1910)(Belgicapress)

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Léandre - Antoine (Le Matin, 18 décembre 1910)(Belgicapress)ANTOINE

    A travers le village houiller, ses étroites rues tortueuses, ses raidillons montant vers les terris, le long du quai pierreux qui étreint mal la Meuse souvent rebelle, l'homme va, de son pas égal. Il est vieux déjà, ses cheveux gris seront demain tout blancs ; s'il les portait longs, en auréole, ils lui feraient une auréole de neige ; mais ils sont ras, formant sur le sommet du front ridé une petite brosse... L'homme va, de son pas égal. Il a été grand, mais l'âge l'incurve de plus en plus vers la terre, le dos se voûte, la tête s'incline. Cependant, il en impose encore ; ce n'est pas là un vieillard. L'œil, dans la face banale, type caractéristique des gens du pays, brille, a des ardeurs vivantes, et son regard est extraordinaire. Toute la force de ce grand corps s'est retirée dans ce regard, semble-t-il. Et c'est un regard à la fois d'énergie et de bonté, où le rêve passe par moments, où plus fréquemment la volonté luit. Toujours étreint dans une redingote noire fermée jusqu'au col par une seule rangée de boutons, cet homme, que ce détail seul distingue de ses concitoyens, va de son pas égal, salué à droite, à gauche, salué sans cesse, et répondant de la même inclinaison de tête sans trêve répétée, tandis que la bouche mâche de la gomme, mâche de la gomme, toujours. Très simple, ignorant de toute pose et de toute attitude, l'air d'un vieil employé bon enfant mis à la retraite et jouissant en paix de sa liberté dans le pays où il est né et où chacun l'estime, tel est cet homme, hier connu seulement de la banlieue liégeoise, aujourd'hui célèbre de par le monde.
    Il n'y a pas si longtemps que Jemeppe-sur-Meuse considérait encore Antoine comme un rebouteux sans importance. Il s'agit évidemment de la partie intelligente de la population. Car le peuple la rapidement élu comme son guérisseur, au grand dam des médecins de la localité. Aujourd'hui des instituteurs, des professeurs, des prêtres marchent derrière la bannière antoniste et exaltent le vieux bonhomme. Toute la rive mosane, Liége et le pays de l'Ourthe s'inclinent à son nom. Et nous avons vu récemment parvenir à la Chambre une pétition recouverte do 160,000 signatures, réclamant la reconnaissance du nouveau culte, Antoine est dieu.
    Une fois de plus, l'Aventure recommence ; elle recommencera de la sorte tant que la terre tournera... Et c'est comme un conte de fées, à l'usage des grands enfants.
    Il y avait une fois, dans un pays bien noir, plein de fumée âcre, de grondements de machines et d'explosions sourdes, un petit ouvrier mineur que rien ne distinguait des autres mineurs, ses frères. Et cependant, un jour, le sort voulut que ce petit mineur héritât. Une Voix lui dit : "Te voilà riche ; quitte la bure et fais tourner les tables."... Peut-être eût-il préféré faire tourner les têtes, le pauvre Antoine... Mais ce lui eût été plus difficile. Il écouta la Voix et imposa les mains à un guéridon, qui volta de la meilleure sorte. Antoine comprit son destin. Le spiritisme le hanta. Il s'installa médium, organisa des réunions, écrivit sur le papier, devant ses amis hébétés, les communications de l'au-delà. Ces choses-là, après vingt siècles de science et de civilisation, prennent encore. Antoine fit parler et écrire les morts. Ils le récompensèrent en s'incarnant en lui. Le médium épistolier devint médium à incarnations. Autour de lui, le groupe de sympathies, intéressées d'abord, bien vite respectueuses, finalement craintives, se resserra. La réputation du bonhomme se répandit. Il put alors pressentir sa gloire.
    Il la pressentit sûrement, car il se découvrit un nouveau don : l'art de guérir, que lui conféraient les Esprits. De même que les voix célestes avaient dit à Jeanne : "Arme-toi et fais sacrer ton gentil roy", les voix tabulaires lui dirent : "Va et guéris !" Et Antoine alla. Il s'approcha des malades, posa dessus ses mains comme il faisait aux tables, et la tête des malades tourna, et ils guérirent. On voit aussi cela à Lourdes ; ils crurent en Antoine comme en l'eau de la piscine sacrée, et ils se rétablirent. Deux, trois miracles de cette nature assurèrent au personnage des disciples bientôt sans nombre. Il ne dut plus quitter sa petite maison, on l'assaillit, on fit queue à sa porte. Un culte nouveau naissait. Il naissait d'autant plus vite que, contrairement à l'habitude, sa pratique ne coûtait pas un centime. Car jamais Antoine n'a reçu d'argent, jamais Antoine n'a voulu être payé. Antoine soigne et guérit par vocation et non pour gagner sa vie, sa vie modeste, indifférente au confort, au luxe, sa vie de petit Jemeppien du peuple…
    Comment Antoine guérit-il ? Allez le voir, mais prévenez-le, si vous ne voulez pas attendre une, deux heures devant son huis. Ah ! ce n'est pas une sinécure que le métier de guérisseur !... Songez qu'on vient à Antoine de partout, même de France, qu'on l'interroge par lettres, qu'il doit répondre sans répit aux questions anxieuses d'une foule... Allez le voir ; il vous recevra avec bonhomie, affabilité ; sa gloire, sa puissance ne l'ont pas grisé... Il vous regardera longuement, plongeant en vous son regard extraordinaire, et il vous dira de quoi vous souffrez, exactement le plus souvent ; car Antoine n'est pas bête, c'est un physionomiste averti, très habile ; il sait aussi faire adroitement parler et tirer des paroles apparemment les plus simples la révélation de votre mal. Il lui arrive également de vous découvrir un mal d'ailleurs inexistant ; mais c'est le propre de tous les guérisseurs. Souvent aussi, il déjoue votre ruse et vous reconduit jusqu'à son seuil en vous reprochant doucement d'être venu pour vous moquer de lui, de lui avoir fait perdre un temps précieux, qu'il eût pu consacrer à des souffrances réelles. Et cela le plus sincèrement du monde ; car Antoine est convaincu – et il faut noter cela. Les procès qui lui furent faits du chef "d'exercice illégal de l'art de guérir", et desquels il est d'ailleurs sorti victorieux, l'ont profondément affligé et indigné. Antoine remplit une mission sacrée et il ne permet pas qu'on l'assimile aux charlatans.
    D'ailleurs, les esprits l'ont récompensé de cette foi en eux. Ils lui ont conféré, outre le pouvoir guérisseur, le moyen d'enseigner. Cet ouvrier mineur, sans instruction, enseigne et écrit. Chef de religion, propageant la doctrine physique et morale des Esprits, Antoine prononce des discours, fait des sermons, rédige des opuscules. Cette merveille a renversé les suprêmes remparts de l'incrédulité. La foule grossie s'est ruée à l'entour du vieillard. Elle a réuni les fonds nécessaires ; elle a bâti un temple, là-bas, au fond du grand village noir et roux, à côté de la petite maison d'Antoine ; – elle a bâti un temple modern style, où, chaque jour, elle se presse pour écouter et voir le Maître, et l'on ne se pressait pas avec plus d'impétuosité et de foi pour écouter le Discours sur la Montagne. Dans ce temple, Antoine parle et guérit. Il impose les mains, dit : "Pensez à moi", car tout le secret de son pouvoir est là ; il faut rester en communion de pensée avec lui pour être guéri et sauvé. Antoine, qu'on a comparé justement à une pile électrique chargée de fluide guérisseur par les Esprits, communique ce fluide à ceux qui pensent à lui. Ainsi peuvent-ils se guérir à distance, par un simple acte de foi, une pensée fervente à Antoine. Evidement, dans la guérison, celui-ci fait également intervenir les Astres ; mais il leur accorde cependant moins d'importance que ses devanciers. C'est surtout le fluide qui opère.
    Quant à sa doctrine morale, elle s'inspire, comme celle du maréchal Booth, de l'évangile chrétien et des théories spirites. Aimez votre prochain, le bien c'est l'amour, la possession de Dieu récompense les bons, etc. On voit le thème. Cela, Antoine le développe congrûment dans le silence de son temple ; parfois l'orateur est un peu obscur, mais on ne saurait reprocher cela à un thaumaturge.
    Tel est Antoine, telle est sa doctrine, telle est sa puissance. On en a ri longtemps. On n'en rit plus. Vous avez lu la pétition adressée à la Chambre et signée par 160.000 antonistes, et réclamant la reconnaissance de leur culte. Ils ne demandent pas de subsides, mais l'autorisation d'élever de nouveaux temples, où ce culte sera organisé.
    "Nous avons l'honneur de vous demander de reconnaître par une loi le culte antonin, fondé à Jemeppe-sur-Meuse par Antoine le Généreux, et qui compte actuellement plusieurs centaines de milliers d'adeptes.
    "Si Antoine le Généreux et ses adeptes demandent la reconnaissance de leur culte, ce n'est pas pour obtenir des subsides ou des rémunérations pour les membres de ce culte. La religion antonine est fondée sur le désintéressement le plus complet ; Antoine le Généreux et les membres de son culte ne peuvent recevoir ni subsides ni rémunérations ; mais ils veulent assurer l'existence de leur temple de Jemeppe, lequel a coûté 100,000 francs.
    " D'autres temples vont être érigés aux frais des adeptes. La reconnaissance du culte aura pour effet de transférer la propriété des temples aux fabriques ou consistoires qui en auront la gestion matérielle. Leur existence légale sera ainsi assurée. Il n'y aura donc ni droit de mutation, ni droit de gestion à acquitter.
    "Le temple de Jemeppe est administré par un comité de neuf membres composé de signataires de cette protestation. Mais le comité n'en a pas la propriété légale. Il importe que cette propriété lui soit conférée.
    "Il est inutile que nous insistions sur le caractère si moral et si élevé de l'enseignement d'Antoine le Généreux et sur les merveilleuses guérisons, tant morales que physiques, qu'il a obtenues et obtient chaque jour.
    "Un simple examen d'un des certificats joints à cette pétition fera comprendre pourquoi nous considérons Antoine le Généreux comme un des plus grands bienfaiteurs de l'humanité qui puissent se rencontrer."
    Comme je l'ai dit, parmi les signataires de cette curieuse pétition – la plus importants qu'ait jamais reçue la Chambre, quant au nombre des signatures – on trouve des instituteurs, des professeurs d'athénée, des médecins, et jusqu'à des prêtres catholiques.
    Tous ces fidèles veulent des temples où Antoine, hebdomadairement, leur apportera sa parole et son fluide.
    Et l'on ne prévoit pas que la Chambre puisse ne pas faire bon accueil à leur demande. De sorte que le culte d'Antoine le Généreux, approuvé et reconnu, dotera notre pays d'une religion nouvelle, avant que l'instruction obligatoire lui ait été donnée.....

                                                              LÉANDRE

Le Matin, 18 décembre 1910 (source : Belgicapress)

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L'Antoinisme - Correspondance (La Meuse, 8 décembre 1910)(Belgicapress)

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L'Antoinisme - Correspondance (La Meuse, 8 décembre 1910)(Belgicapress)

CORRESPONDANCE

L'ANTOINISME

    M. F. Deregnaucourt, président du Comité du Temple, antoiniste de Jemeppe-sur-Meuse, nous prie de bien vouloir insérer l'article suivant :

    Antoine-le-Guérisseur, de Jemeppe-sur-Meuse, et ses adeptes, viennent de déposer sur le bureau de la Chambre des représentants, une pétition qu'ils adressent au Roi et aux Chambres pour demander la reconnaissance légale du culte antoiniste. Cette pétition est signée par 160,000 adeptes d'Antoine, tous Belges et majeurs.
    Les progrès rapides de l'Antoinisme en Belgique et en France tiennent du prodige. La religion nouvelle, fondée à Jemeppe-sur-Meuse depuis quelques années, compte aujourd'hui plusieurs centaines de milliers d'adeptes. Tous les Liégeois connaissent le Temple de Jemeppe-sur-Meuse, dont la gestion matérielle appartient à un Comité de neuf membres dont j'ai l'honneur d'être le président ; dont M. Delcroix, professeur à l'Athénée Royal de Liége, est le secrétaire, et dont M. Delaunoy, lieutenant d'infanterie à Bruxelles, est le trésorier. D'autres temples vont être érigés, notamment à Bruxelles et dans le Hainaut, aux frais des adeptes. Le Nord de la France se convertit rapidement à la religion nouvelle. Il y a un millier d'adeptes à Tours, autant à Vichy, autant à Nice et à Monaco. Un adepte de l'Isère fait construire, au Touvet, un temple sur le modèle de celui de Jemeppe.
    Il s'agit donc là d'un mouvement religieux très sérieux. Mais il faut assister aux exercices du culte, au temple de Jemeppe-sur-Meuse, pour se convaincre du grand sentiment de piété qui anime les adeptes. Les lundi, mardi, mercredi et jeudi de chaque semaine, le Maître opère sur tous les malades réunis dans le temple. C'est à peine si l'édifice peut contenir la foule recueillie. A dix heures, Antoine entre dans le temple, monte en chaire et l'opération s'accomplit devant environ deux mille personnes debout qui attendent, du Maître, avec une ferveur inexprimable, la guérison de leurs souffrances morales ou physiques. Tous les dimanches, à dix heures, un adepte donne lecture d'un chapitre de l'Enseignement. C'est la même affluence et le même recueillement.
    Si Antoine le Guérisseur et ses adeptes demandent la reconnaissance légale de leur culte, ce n'est pas pour obtenir des subsides ou la rémunération de ses ministres. L'antoinisme est basé sur le désintéressement le plus absolu, mais nous vivons sous une législation qui confère aux cultes reconnus par la loi de très grands avantages. Jusqu'ici, seuls les cultes catholique, protestant et juif ont demandé et obtenu la reconnaissance légale et joui des avantages afférents à cette reconnaissance.
    L'antoinisme a les mêmes droits de jouir de ces avantages.
    Le plus grand de ces avantages est d'assurer l'existence légale des édifices consacrés aux cultes. Dans les cultes reconnus, les fabriques ou consistoires ont la personnification civile, peuvent recevoir des dons et legs : ils sont propriétaires des églises, temples ou synagogues. Il n'y a plus de transmission de propriété à effectuer, plus de droits de mutation ou de succession à payer. La reconnaissance de l'antoinisme aura donc pour effet d'assurer l'existence légale du temple de Jemeppe-sur-Meuse et des autres temples qui seront érigés ultérieurement.
    Cette considération suffit pour démontrer l'intérêt que les 160,000 signataires de la pétition ont à voir la Chambre des représentants et le Sénat accueillir leur demande et voter une loi qui assimilerait l'antoinisme, quant à la reconnaissance légale, aux cultes catholique, protestant et juif.
    Nous ne voyons pas, d'ailleurs, qui pourrait s'y opposer. Le droit des antoinistes est évident et qui voudrait prendre la responsabilité d'un véritable déni de justice ? Ce ne seront certainement pas les catholiques de la Chambre, qui doivent être heureux de constater cette renaissance du sentiment religieux dans notre pays. Et quant aux libéraux et aux socialistes, nous savons qu'ils sont, comme nous, partisans de la séparation de l'Etat et des Eglises ; mais tant que nous vivons sous la législation actuelle, voudront-ils refuser à l'antoinisme les avantages que la loi confère aux autres cultes ? Nous ne pouvons pas le croire et nous sommes convaincus que tous seront d'accord pour voter la loi demandée.
    Et ainsi seront réalisés les vœux du saint de Jemeppe-sur-Meuse, devant qui tous doivent s'incliner avec vénération. N'est-il pas la plus grande force morale qu'il y ait au monde ?

DEREGNAUCOURT.

La Meuse, 8 décembre 1910 (source : Belgicapress)

 

    Ce texte du frère Florian Deregnaucourt suit le témoignage d’Hélène Defrance paru dans la revue Wallonia (Tome XVIII, n°12, déc. 1910).

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Au Moniteur - Culte antoiniste (La Libre Belgique, 14 octobre 1922)(Belgicapress)

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Au Moniteur - Culte antoiniste (La Libre Belgique, 14 octobre 1922)(Belgicapress)

Le « culte antoiniste ».

    Le Moniteur de vendredi publie un arrêté royal, contresigné de M. Masson, approuvant les statuts de l'établissement d'utilité publique (!?) dénommé « culte antoiniste ». La demande d'approbation a été introduite par Mme Collon (Jeanne Catherine), veuve de M. Antoine (Louis-Joseph), le fondateur de la secte.
    Le « culte antoiniste » a des temples à Jemeppe-sur-Meuse, la Mecque du nouveau prophète ; à Jupille, à Jumet, à Seraing, à Visé, à Momalle, à Villers-le-Bouillet, à Forest-lez-Bruxelles, à Souvret, à Liége, à Herstal, à Ecaussines d'Enghien, à Montegnée, à Bierset, à Verviers, à Stembert ; en France : à Vichy et à Tours.
    Les temples belges sont évalués à une valeur globale de 508.900 francs, et les biens meubles à 19.900 francs.
    « Infinitus stultorum numerus... »

La Libre Belgique, 14 octobre 1922 (source : Belgicapress)

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Verzoekschrift (Provinciale Overijsselsche en Zwolsche courant, 21 déc 1910)

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Verzoekschrift (Provinciale Overijsselsche en Zwolsche courant, 21 déc 1910)

    Bij het Belgische parlement is een zonderling verzoekschrift met 160 000 handteekeningen ingekomen. Het vraagt de erkenning van een nieuwen godsdienst, gepredikt door „Antoine den geneesmeester”.
    Deze Antonius woont te Jemeppe aan de Maas, nabij Luik. Hij is thans 65 jaar oud. Vroeger werkte hij in de mijnen. Rumoerig kan men den nieuwen apostel moeilijk noemen, want in het door hem gestichte kerkje te Jemeppe houdt hij vier maal per week – Zondags niet – godsdienstoefeningen, maar bij die gelegenheden spreekt hij geen woord. Hij houdt zwijgend gedurende een volle minuut zijn handen over de verzamelde schare uitgestrekt en daarna zegt alleen een medewerker: „Ieder, wiens geloof sterk genoeg is, moet genezen worden. ” Antonius is een vegetarier en leeft als een hermiet, geen woord sprekend behalve door de ..... telefoon. Zijn vrouw, madame Antoine, bijgenaamd „la bonne mère” ontvangt dagelijks honderden zieken, die zij door het opleggen van de hand en onder het aanroepen van Antoine den geneesmeester geneest.
    In het kerkgebouwtje te Jemeppe staat op de muur, boven het podium, waarop de profeet zich bevindt, in reusachtige letters het volgende geschreven. De stralenkrans van het geweten. Een enkel middel kan de menschheid genezen: Het Geloof. Uit het geloof wordt de liefde geboren. De liefde, die ons God zelf in onze vijanden doet zien. Zijn vijand niet lief te hebben is God niet beminnen, want de liefde, die wij voor onze vijanden gevoelen, maakt ons waardig Hem te dienen. Ze is de eenige liefde, die ons waarlijk doet liefhebben, omdat zij is zuiver en waar.

Provinciale Overijsselsche en Zwolsche courant, 21 décembre 1910


Traduction :

    Une étrange pétition contenant 160 000 signatures a été soumise au Parlement belge. Elle demande la reconnaissance d'une nouvelle religion, prêchée par "Antoine le guérisseur".
    Cet Antoine vit à Jemeppe-sur-Meuse, près de Liège. Il a maintenant 65 ans. Il travaillait dans les mines. On peut difficilement qualifier le nouvel apôtre de bruyant, car dans la petite église qu'il a fondée à Jemeppe, il tient des services divins quatre fois par semaine – pas le dimanche – mais à ces occasions, il ne prononce pas un mot. Il reste silencieux pendant une minute entière, étendant ses mains sur la foule assemblée, puis seul un membre du personnel dit : "Quiconque a une foi assez forte doit être guéri." Antoine est végétarien et vit en ermite, ne parlant qu'à travers le biais d’un ...... téléphone. Sa femme, Madame Antoine, surnommée "la bonne mère" reçoit quotidiennement des centaines de malades qu'elle guérit en imposant les mains et en évoquant Antoine le guérisseur.
    Dans le bâtiment de l'église de Jemeppe, ce qui suit est écrit en grosses lettres sur le mur au-dessus du podium sur lequel se tient le prophète. L’Auréole de la conscience. Un seul remède peut guérir l'humanité : La foi. C’est de la foi que naît l'amour. L’amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. Ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car l'amour que nous avons pour nos ennemis nous rend dignes de le servir. C'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu’il est pur et de vérité.

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Le Culte des Automistes (Excelsior, 4 décembre 1910)

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Le Culte des Automistes (Excelsior, 4 déc 1910)

Le Culte des Automistes

    BRUXELLES, 3 décembre. — La Chambre vient de recevoir une pétition signée de 60,000 personnes, réclamant la reconnaissance légale d'un nouveau culte : le « culte automiste ». Le grand-prêtre en est un rebouteux de Jemmeppe-sur-Meuse, connu sous le nom d'Antoine-le-Guérisseur.

Excelsior, 4 décembre 1910

 

Les communications n’étaient pas toujours très précises à l’époque. On ne sait pas ce qui s’est passé dans la tête du typographe pour déclarer qu’Antoine-le-Guérisseur est le grand-prêtre du culte automiste…

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Le Culte Antoiniste (La Liberté, 4 déc 1910)

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Le Culte Antoiniste (La Liberté, 4 déc 1910)

                 Le culte antoiniste

                   (DE NOTRE CORRESPONDANT)

                                               Bruxelles, 3 décembre.

    Une curieuse pétition vient de parvenir à la Chambre des représentants. Plus de 160.000 Belges l'ont signée. Jamais, même pour le suffrage universel et pour l'instruction obligatoire, on n'était parvenu à réunir autant de signatures. Cette pétition est accompagnée d'une lettre du Comité du « Culte antoiniste » ; elle est signée par M. de Regnancourt, propriétaire à Jemeppe-sur-Meuse, président ; M. F. Delcroix, professeur à l'Athénée de Liège, secrétaire ; M. C. Delannoy, lieutenant d'infanterie, trésorier. Les pétitionnaires réclament la reconnaissance légale de leur culte.
    « La religion antoiniste, disent-ils, est fondée sur le désintéressement le plus complet et Antoine le Guérisseur et les membres de son culte ne peuvent recevoir ni subside ni rémunération, mais ils veulent assurer l'existence de leur temple.
    » Le temple de Jemeppe-sur-Meuse a coûté 100.000 francs. D'autres temples vont être érigés aux frais des adeptes ; la reconnaissance du culte aura pour effet de transférer la propriété des temples aux fabriques ou consistoires qui en auront la gestion matérielle ; leur existence légale sera ainsi assurée. »
    Antoine, le fondateur de la nouvelle religion, est un magnétiseur qui a opéré quantité de guérisons et ses adeptes le considèrent comme « un des plus grands bienfaiteurs dont l'humanité puisse se glorifier. » – M.

La Liberté, 4 décembre 1910

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Le Culte Antoiniste (L'Aurore, 5 décembre 1910)

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Le Culte Antoiniste (L'Aurore, 5 déc 1910)

                                            Le Culte Antoiniste

    Une curieuse pétition vient de parvenir à la Chambre des représentants de Belgique. Plus de cent mille Belges l'ont signée. Jamais, même pour le suffrage universel et pour l'instruction obligatoire, on n'était parvenu à réunir autant de signatures. Cette pétition est accompagnée d'une lettre du Comité du « Culte antoiniste », réclamant la reconnaissance légale de leur culte.
    La religion antoiniste, disent les pétitionnaires, est fondée sur le désintéressement le plus complet et Antoine le Guérisseur et les membres de son culte ne peuvent recevoir ni subside ni rémunération, mais ils veulent assurer l'existence de leur temple.
    Le temple de Jemeppe-sur-Meuse a coûté cent mille francs. D'autres temples vont être érigés aux frais des adeptes : la reconnaissance du culte aura pour effet de transférer la propriété des temples aux fabriques ou consistoires qui en auront la gestion matérielle, leur existence légale sera ainsi assurée.
    Antoine, le fondateur de la nouvelle religion, est un magnétiseur qui a opéré quantité de guérisons et ses adeptes le considèrent comme « un des plus grands bienfaiteurs dont l'humanité puisse se glorifier ».

L'Aurore, 5 décembre 1910

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La paille et la poutre (Journal de Gand, 9 mai 1914)

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La paille et la poutre (Journal de Gand 09 Mai 1914)

        La paille et la poutre.

        M. le sénateur Magnette avait posé, au ministre de la justice, une question au sujet de la reconnaissance légale du culte antoiniste.
    Et M. Carton de Wiart a répondu que ce culte « ne se rattache, dans son ensemble, à aucun service public du culte organisé par la loi di 4 mars 1870. La loi seule pourrait lui attribuer la reconnaissance légale ».
    A ce propos, un organe de droite fait remarquer :
    « S'il est fort probable que M. Antoine n'a jamais rendu d'autre service aux malades que de relever leur courage par la promesse d'une guérison et la vente d'une bouteille d'eau plus ou moins filtrée, il est certain que les enseignements de l'antoinisme ont pu et peuvent avoir les plus fâcheuses conséquences au point de vue de la santé publique. Pour quelques fanatiques de cette secte, la loi remplace tous les remèdes. »
    Comme à Lourdes, alors, dit L'Indépendance, ou M. Carton de Wiart porte le baldaquin aux processions. Aussi comprenons-nous que le ministre ne veuille faire nulle peine, même légère, à la Vierge dont le petit commerce d'eau filtrée est si rémunérateur pour Notre-Mère la Sainte-Eglise.

Journal de Gand, 9 mai 1914

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M. Magnette et l'Antoinisme (La Métropole, 3 mai 1914)

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M. Magnette et l'Antoinisme (La Métropole 3 mai 1914)

    M. Magnette et l'Antoinisme

    Antoine le Guérisseur, dénommé aussi le Généreux, est mort l'année dernière. Paix à sa mémoire. Mais les adeptes de l'Antoinisme sont paraît-il assez nombreux ; ils ont même inauguré récemment un temple à Paris. La crédulité humaine n'a pas de frontière.
    Les successeurs d'Antoine se sont adressés à M. Magnette, sénateur belge, qui a épousé sans doute leurs doctrines et ils lui ont demandé d'appuyer leur pétition au ministre de la justice tendant à obtenir que leur culte fut légalement reconnu. M. Magnette a marché, comme un simple rebouteur, et il a adressé au ministre une question dans laquelle il dit « qu'il lui serait agréable de savoir quels ont été les résultats de l'enquête et d'apprendre que la sollicitation des Antoinistes a rencontré auprès des autorités compétentes un accueil bienveillant ».
    Les pétitionnaires font remarquer que leurs doctrines n'ont rien de contraire à l'ordre public et qu'ils ne réclament ni traitement ni subventions quelconques. L'argent des gogos suffit largement à les dédommager de leurs pratiques.
    C'est fort bien. Nous connaîtrons bientôt sans doute la réponse du ministre à M. le sénateur Magnette, qui ambitionne peut être le titre de grand-maître de l'Antoinisme.
    S'il est fort probable que M. Antoine n'a jamais rendu d'autre service aux malades que do relever leur courage par la promesse d'une guérison et la vente d'une bouteille d'eau plus ou moins filtrée, il est certain que les enseignements de l'Antoinisme ont pu et peuvent avoir les plus fâcheuses conséquences au point de vue de la santé publique. Pour quelques fanatiques de cette secte, la foi remplace tous les remèdes. Plus on a de foi, plus la guérison est prompte. Or, consulter un médecin, c'est manquer de foi. Les médecins sont donc écartés du lit des Antoinistes. Leur science qui peut sauver les malades n'est pas requise. On se contente de passes, de l'imposition des mains. Cette folie a peut-être entrainé la mort de bien des gens. Et c'est M. Magnette – sénateur anticlérical ? – qui demande si cela ne peut pas continuer sous la garantie officielle des autorités !
    Semblable épidémie mentale a sévi en Angleterre. Les adeptes d'une secte qui s'intitule « Science chrétienne » et qui paraît avoir inspiré à Antoine certaines de ses théories que nous avons sous les yeux, laissaient mourir leurs proches, faute des soins les plus élémentaires. Ils mandaient un des chefs du culte, lequel essayant de persuader au malade que la douleur est une illusion. Les tribunaux se sont occupés de ces cas d'homicide par omission et ont dû sévir avec rigueur.
    Les guérisseurs populaires ont toujours existé : ils fleuriront toujours. La plupart sont des charlatans dangereux.
    M. Magnette serait-il jaloux de leur triste renommée ?

La Métropole, 3 mai 1914

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