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Salles de lecture antoinistes dans le Nord en 1913

Publié le par antoiniste

    Grâce à un article cité par Le Fraterniste, on apprend la présence des salles de lectures et groupes antoinistes dans le Nord vers 1913 :

    « Du reste, ceux de Lille qui ne peuvent aller à Jemmeppes ont toute facilité pour être guéris au temple de Canteleu. Il y a 42, quai de l'Ouest, à Canteleu, un temple antoiniste où chaque dimanche matin, vers 10 heures, les « frères » se réunissent et méditent sur l'Enseignement du Père, dont on fait la lecture. [...]
    – « Nous avons encore dans le Nord des temples antoinistes à Hautmont, 123, rue Sainte-Anne ; à Douzies-Maubeuge, chez Mme Meurisse-Brohet ; à Fontaine au Pire ; à Caudry, rue Camille Desmoulin, 61, et rue des Tramways (actuelle rue Léon Blum), 27 ; à Denain, rue de Wavrechain, 22 ; à Villers-Outréaux, chez M. Henquet-Lamy ; à Walincourt, rue Pierre Flinois, etc., etc., etc. »

Le Fraterniste, 4 juillet 1913

Salles de lecture antoinistes dans le Nord en 1913

    On indique déjà les salles de Canteleu, Fontaine-au-Pire, Caudry (rue Curie (salle Trémont), rue Camille Desmoulins n°64), Denain (rue de Wavrechain, n°22, rue d'Enghien n°7).
    Dans un Unitif de 1914, où on apprend également l'existence d'une salle de lecture à Lezennes, rue Faid'herbe prolongée, au moulin, et dans un Unitif de 1920 environ, on apprend qu'une salle de lecture existait à Lezennes, alors dans la rue des Écoles, et à Lomme (rue Jean Jaurès).

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En souvenir du Père, Les Fêtes Antoinistes du 28 et 29 Juin 1913 (Le Fraterniste, 4 juillet 1913)

Publié le par antoiniste

En souvenir du Père, Les Fêtes Antoinistes du 28 et 29 Juin 1913 (Le Fraterniste, 4 juillet 1913)

EN SOUVENIR
DU « PERE »

Les Fêtes
Antoinistes
des 28 et 29 Juin 1913

    Nous publierons dans le prochain numéro le compte rendu des fêtes qui viennent d'avoir lieu à Jemmeppe-sur-Meuse (Belgique), à l'occasion de l'anniversaire de la désincarnation du Père Antoine, décédé l'an dernier, le 25 juin.
    En attendant, publions à titre documentaire, l'articulet suivant de notre excellent confrère, Alex. Will, où perce, comme il convient lorsqu'on est rédacteur à un grand quotidien, une petite pointe d'ironie.

    Hier une dame venait nous voir :
    – « Monsieur, je suis « Antoiniste »...
    – « Ah ! vraiment, madame, je suis très honoré de faire la connaissance d'une « Antoiniste », mais je croyais qu'il n'y en avait plus... On avait annoncé la mort du fondateur de cette secte mystico-hypnotique, et la disparition de celle-ci...
    – Détrompez-vous ! L'Antoinisme a plus d'adeptes que jamais et dans la région de Lille même on les compte par centaines... »
    La dame avait un air doux et convaincu. Nous l'avons écoutée.

LA « MERE » APRES LE « PERE »

    Vous connaissez au moins de nom l'Antoinisme. C'est une sorte de religion fondée par un habitant de Jemmeppes, en Belgique, connu sous le vocable d'Antoine-le-Guérisseur.
    Des esprits de bonne foi croient que cet Antoine a débarrassé maints malades des douleurs dont ils souffraient par le seul remède de l'imposition des mains. Des médecins, qui ont étudié les états hypnotiques affirment que, dans certains cas, la chose n'est pas impossible. Seulement, le « Père Antoine » exigeait de ses clients la croyance à une guérison divine. C'est là que l'Antoinisme et la science ne sont plus tout à fait d'accord.
    Bref, le « Père Antoine » attira dans son logis de Jemmeppes des milliers de gens qui devinrent plus ou moins ses adeptes. La région du Nord et du Pas-de-Calais lui fournit surtout des adhérents.
    L'an dernier, le « Père Antoine » mourut, malgré l'imposition de ses mains, et on put croire que les guérisons de Jemmeppes avaient trouvé un terme.
    Pas du tout. Après le « Père Antoine », il y a eu la « Mère Antoine », sa juste épouse, qui a continué, comme par le passé, à assurer le service des guérisons, l'imposition des mains, etc., afin de satisfaire la nombreuse clientèle.
    Les adeptes continuèrent à se recruter. Du moins, c'est ce que nous affirma hier la Lilloise, propagandiste de l' « Antoinisme », qui vint nous annoncer la « bonne nouvelle ».

LE TEMPLE DE CANTELEU

    Avec des lueurs mystiques dans ses yeux particulièrement vifs, la Lilloise « antoiniste » nous dit :
    « Dimanche dernier, 22 juin, la « Mère Antoine » a procédé, à Jemmeppes, à l'imposition des mains sur plus de 1.200 enfants, dont beaucoup venaient du Nord et de la région de Lille.
    » Ce fut un spectacle émotionnant, monsieur, et il y eut plusieurs guérisons opérées publiquement.
    – « Je ne veux pas en douter, madame.
    – « Certes, mais nous voudrions qu'il y en eut plus encore. Ne pouvez-vous pas dire, dans votre journal, que le dimanche 29, la « Mère » fera encore l'imposition des mains et qu'elle fera appel au fluide éthéré du Père...
    – « Mais, il est mort, n'est-ce pas ?
    – « Oh ! désincarné simplement. Son fluide persiste et vient agir parmi nous.
    – « Oui, oui.
    – « Du reste, ceux de Lille qui ne peuvent aller à Jemmeppes ont toute facilité pour être guéris au temple de Canteleu. Il y a 42, quai de l'Ouest, à Canteleu, un temple antoiniste où chaque dimanche matin, vers 10 heures, les « frères » se réunissent et méditent sur l'Enseignement du Père, dont on fait la lecture. Croire à cet Enseignement, tout le mystère est là. Il est certain que la « Mère » aime mieux qu'on aille la voir à Jemmeppes pour se faire guérir, mais il y a dans tous les temples un guérisseur en communication spirituelle avec le « Père » et « la Mère », qui ne font qu'UN. Vous comprenez...
    – « C'est très clair.
    – « Nous avons encore dans le Nord des temples antoinistes à Hautmont, 123, rue Sainte-Anne ; à Douzies-Maubeuge, chez Mme Meurisse-Brohet ; à Fontaine au Pire, à Caudry, rue Camille Desmoulin, 61, et rue des Tramways, 27 à Denain, rue de Wavrechain, 22 ; à Villers-Outréaux, chez M. Henquet-Lamy ; à Walincourt, rue Pierre Flinois, etc., etc., etc. C'est si simple et si avantageux d'être « Antoiniste ». On connait par l'Enseignement du Père qui est l'enseignement du Christ révélé à lui par le miracle de la Foi, le moyen de dominer toutes les souffrances.
    En vérité, le mal n'existe pas, monsieur. Nul ne peut souffrir, à cause d'autrui...
    – « Voilà qui est bien dit.
    – « C'est une connaissance sublime que celle de l'Antoinisme. Ceci est une petite brochure qui vous édifiera. Vous deviendrez « Antoiniste » à la lire. Le mal n'existe pas ! N'oubliez pas cette belle parole du « Père ».
    – « Merci, madame, et au revoir… Faites attention à la porte. Vous pourriez vous faire mal. Il est vrai que comme vous dites...
    – « Ça ne fait rien. Il vaut mieux de pas aller au-devant des accidents », conclut la Lilloise « antoiniste ». Puis, elle s'en fut.

                                                  ALEX WILL

Le Fraterniste, 4 juillet 1913

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Antoinisme (M.M. Thiollier, Dictionnaire des religions, 1971)

Publié le par antoiniste

Antoinisme (M.M. Thiollier, Dictionnaire des religions, 1971)

Auteur : Marguerite-Marie Thiollier
Titre : Dictionnaire des religions
Éditions Le  Sycomore - L'Asiathèque, Paris, 1971 (à lire sur numilog.com [http://excerpts.numilog.com/books/9782901795070.pdf])

    antoinisme, religion fondée par le Père Antoine (1845-1912), ancien mineur belge, de tendance théosophique et spirite, dont le but est surtout la guérison des malades par la prière et l'imposition des mains. — L'Église antoiniste possède un clergé organisé. Elle s'est répandue dans toute l'Europe.

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Fernand Divoire - Pourquoi je crois à l'occultisme (1928)

Publié le par antoiniste

Fernand Divoire - Pourquoi je crois à l'occultisme (1928)

Auteur : Fernand Divoire
Titre : Pourquoi je crois à l'occultisme
Éditions de France, 1928

    Fernand Divoire, né le 10 mars 1883 à Bruxelles et mort le 18 juillet 1951 à Vaucresson, est un écrivain d'origine belge et naturalisé français en 1912. Il produisit de nombreux ouvrages sur l'occultisme ainsi que des essais philosophiques, notamment Faut-il devenir mage ? (1909), Les Grands mystiques. Villiers de l'Isle-Adam, Léon Bloy, Huysmans, Péladan, etc. (1925), Néant... paradis... ou réincarnation ? (1934), J'apporte la réponse (1943), et donc Pourquoi je crois à l'occultisme dans lequel il évoque l'Antoinisme (une partie de ce livre est repris dans Occultisme, casse-cou ! (1948), disponible en partie sur gallica et sur GoogleBooks).

    On peut lire des choses intéressantes comme "Or, en Occultisme, tout erreur est vraie, parce que l'ombre a exactement les mêmes contours que l'objet qui reçoit la lumière" (p.65), et quand j'ai lu ça j'ai pensé au schisme entre les temples français et belges : "Le plus souvent, quand une cellule se forme, elle se divise bientôt, par voie de schisme, de désaccord ou de lassitude. Mais ces cellules divisées finissent par former un tissu. Or, un tissu vivant, même formé de cellules qui semblent isolées (comme celles du sang) c'est encore une unité ; une plaine de taupinières, c'est encore une Babel." (p.106)
    Il parle ainsi de l'Antoinisme (p.109), en essayant de répondre à la question "Mais quel est pour nos contemporains l'attrait de ces milles doctrines qui plus ou moins gravitent autout de l'occultisme ?" :
    "Culte du père Antoine, puis de la mère Antoine... Une grande partie de la Wallonie est antoiniste. Paris même a une église antoiniste. Il y a des miracles. Comment ne pas croire aux gens qui réussissent des miracles, quoi qu'ils disent ? Mais si tous les guérisseurs fondaient des églises, où les mettrait-on ?"
    Je répondrais seulement à Fernand Divoire que le Père n'a pas seulement fondé une religion (ce n'était pas son but), mais plutôt une philosophie, ce qui est utile à tout qui veut en savoir plus. Il dit d'ailleurs dans J'apporte la réponse : Ta religion est bonne. / Suis-la honnêtement. / Mais n'en laisse pas faire une machine à excuser Dieu. / Dieu n'a pas besoin de mauvaises excuses d'ailleurs.

Recension :Fernand Divoire - Pourquoi je crois à l'occultisme (1928)

    Fernand Divoire croit à l'occultisme. Il le dit sur la couverture de son livre qui vient de paraître aux Editions de France. La Meuse littéraire résume les vertus de ce livre : « Que trouvons-nous en ces pages ? D'abord, le très curieux itinéraire spirituel de celui qui les a écrites, en d'autres termes, la façon dont, curieux de l'occultisme, et à peu près dès l'éveil s de sa personnalité intellectuelle, il en est devenu un adepte. En outre, une idée des études auxquelles le curieux (non pas l'odieux dilettante, mais le curieux qui s'oriente d'après un appel qu'il perçoit) doit se livrer. Elles sont tout simplement, ces études, formidables et bien de nature, semble-t-il, à décourager les indignes ou les faibles. En outre, un panorama des grandes questions de l'occultisme : signes, intersignes, puissance des mots, concordances, groupements et séries. De sages remarques sur les matérialisations, sur la vie future, sur l'hypnotisme et le demi-hypnotisme (qui est une invention de l'auteur, de même qu'il est le père de la notion et du mot d'hyperconscient), sur la physiognomonie, sur la médecine, etc. » et Il y a aussi des pages sur l'Antoinisme, et un curieux chapitre consacré aux rapports de l'occultisme et du catholicisme.
                                                                         Lucien PEYRIN.

L'Homme libre, 22 janvier 1929

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Billet doux du Facteur (Le Fraterniste, 5 janvier 1911)

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Billet doux du Facteur (Le Fraterniste, 5 janvier 1911)BILLET DOUX DU FACTEUR

    – Eh ! dis donc Pillault, te voilà éclipsé, hein !
    Tu as vu que le guérisseur de Belgique, M. Antoine, avait fait déposer 160.000 signatures à la Chambre des popols ; çà c'est quelque chose sais-tu ! Tu es rien enfoncé avec tes 22.000 visiteurs. Et puis, tu sais, ce n'est pas fini, car nos bons camarades « disent-ils » et « God Ferdoum», vallons et flamands, n'en resteront pas là, on parle d'en rechercher des autres en France, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne et puis tout partout, que M. Antoine a soignés et guéris. Tu parles, mon vieux, si tu es de la Saint-Jean. Et puis, qu'est-ce que c'est que ça encore, c'est une fois rien, sais-tu.
    Jean, il a versé de l'eau à Jésus, et Jésus il a été une fois baptisé, alors, tu sais, étant baptisé il a pu pouvoir s'en aller au Ciel tout droit. C'est pourquoi que ceux qui succèdent à Jésus ils baptisent tout le monde. Peut-être bien qu'en Belgique ça ne se fera pas de la même manière, mais il faudra bien tout de même un système, tu comprends, pour que tous les « antoinistes » ils puissent aller retrouver le père Antoine au Ciel, puisqu'il est leur Dieu.
    M. Antoine, il a cent soixante mille, peut-être cent septante mille adeptes, avec ça sais-tu, il faut qu'il monte planer là-Haut où il sera Dieu, et c'est ainsi, tu m'entends.
    Quand je te disais que tu étais enfoncé, tu vois bien que cela est vrai.
    Tu voudrais peut-être bien toi aussi être Dieu, mais tu es trop petit, jamais tu ne pourras y arriver, et puis tu ne sais pas quoi ni comment il faut faire. Pour cela il te faudrait peut-être cent nonante mille adeptes, ça ce serait déjà quelque chose, mais tu ne les as pas, tu n'as pas non plus de culte, et puis voilà que tu dis qu'il n'en faut pas. Sans culte tu n'arriveras pas, parce que tu n'auras pas des gens intéressés à la prospérité d'une chose que tu n'auras pas établie. Pour être Dieu, mon vieux camarade, il te faut assurer, après ta mort, à boire et à manger et le reste tout à fait à des gens qui mettront des troncs tout partout et puis qui recevront de l'argent pour te faire des statues en papier mâché ou autrement et qui vendront des images, sans cela tu ne seras jamais « un bon » Dieu. En plus, il faudra qu'ils disent que tout ce que tu as fait et dit c'est la Vérité et qu'il ne faut rien y changer ou bien qu'on sera anathème. C'est comme ça un Dieu, il ne peut pas se tromper. Un vrai bon Dieu qui quitte la Terre, ses disciples ne peuvent admettre après Lui de progrès, c'est tout ainsi, car alors il ne serait pas un Dieu, puisqu'il serait comme tout un chacun. Tu comprends, hein ! un homme comme un autre il ne peut pas être Dieu. Alors il faut trouver un moyen, c'est de dire : en dehors de Lui il n'y a rien de fait.
    Ah ! pauvre vieux tu n'es pas encore à la hauteur, tu ne comprends pas ces affaires là aussi bien qu'en Belgique. Là c'est le Nord, et puis tu sais que la lumière aujourd'hui elle vient du Nord. Pourquoi n'es-tu que du Nord de la France ? Tu n'es pas du vrai Nord, sais-tu, tu n'es pas assez élevé, tu as tort.
    Mais tout de même, écoute un peu : Pourquoi puisque la Belgique elle va avoir son Dieu, que toi tu ne veux pas que la France elle ait aussi le sien ? La France elle vaut bien la Belgique je crois ? Pense à ça, il y en a tant qui ne demandent pas mieux que de chausser les chaussures des autres. Puisque tu veux rendre service, rends-en jusqu'au bout ; deviens aussi un Dieu, comme ça tu pourras, après toi, laisser prendre place à des demi-dieux qui pourront conduire les autres sans avoir besoin de travailler et puis ils seront beaux tes sujets, ils deviendront rosés et grassouillets à croquer.
    Ecoute encore une fois, j'ai beau chercher, je vois que tu ne peux pas y arriver. Si seulement tu faisais un miracle ou deux... mais voilà comment arranger ça ? Pourquoi aussi, dis-tu qu'il n'y en a pas, ça n'existe pas ? Tu as tort, de plus en plus tort.
    Allons, dépêche, fais-nous tout de même un petit miracle, la France, voyons, elle ne peut pas rester en arrière. Si tu ne le fais pas, nous, les français, nous sommes flambés, et toi tu es nettoyé.
    Allons, fais-en un petit seulement... Que tu sois le Dieu des français.
    Et puis, Christ, à force d'en boulotter il ne va plus en rester. C'est bien ton tour d'y passer.

Le Fraterniste, 5 janvier 1911

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Brevets d'intelligence (Journal d'Ypres, 6 juillet 1912)

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Brevets d'intelligence (Journal d'Ypres 6 juillet 1912)Brevets d'intelligence

    Il choisit vraiment son heure, le « Progrès » d'Ypres, pour opposer les électeurs soi-disant intelligents de certaines villes plutôt libérales et des centres industriels de la Wallonie aux populations soi-disant arriérées de la Belgique rurale.
    Car l'attention vient précisément d'être et appelée sur l'Antoinisme, par le fait du décès – pardon ! de la « désincarnation » – d'Antoine, dit le Guérisseur, fondateur de cette religion nouvelle.
    On sait qu'Antoine s'est désincarné à la suite d'une maladie d'estomac. Le guérisseur n'a pu se guérir lui-même, et l'eau pure, que ses passes magnétiques rendaient miraculeuse, a perdu ses vertus. Elle les retrouvera peut-être sous les passes de la femme du thaumaturge, chargée par lui de lui succéder dans son enseignement religieux.
    La « Dernière Heure », feuille libérale peu suspecte de cléricalisme, s'est inquiétée, non sans raison, des ravages faits par l'antoinisme.
    Elle signalait, à l'appui, la mort de nombreuses personnes appartenant à la classe ouvrière et qui s'étaient bornées à s'adresser au pseudo-thaumaturge au lieu de recourir au médecin.
    Or, c'est surtout dans le centre et le Borinage (les régions les plus illettrées de la Wallonie) ainsi qu'à Bruxelles que l'Antoinisme s'est développé (La capitale possède un temple antoiniste).
    C'est également dans nos grandes villes, on le sait, que fleurit la superstition ainsi que la foi aux chiromanciennes.
    C'est encore dans ces mêmes milieux que s'accusent les progrès inquiétants du malthusianisme.
    Ce sont enfin des organes du parti des à lumières paraissant dans ces milieux qui ouvrent complaisamment leurs colonnes à la criminelle propagande antisociale et antipatriotique.
    C'est, au contraire, dans les centres ruraux les plus catholiques que la natalité se maintient la plus forte.
    Nos campagnards catholiques ont l'intelligent respect de la loi naturelle et l'intelligent souci de perpétuer la race et de procurer des défenseurs à la patrie. Le « Progrès » préfère attribuer un brevet d'intelligence aux antoinistes, aux malthusianistes et aux gogos des somnambules.
    Nous le plaignons.

Journal d'Ypres, 6 juillet 1912

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Marcel Moreau - passées du service de l'Esprit à son annihilation

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    Pourtant, l'homme continuera à se transformer mais désormais à l'intérieur de la mort à laquelle le destine l'évolution des sociétés, à tout jamais soumises au développement criminel des fonctions cérébrales dites supérieures, passées du service de l'Esprit à son annihilation, du respect de la Nature à son avilissement. Le fondement de l'optimisme s'est écroulé, disais-je, mais le cul dans la mort, l'optimisme poursuit son discours, devenu lui-même oeuvre funeste. Jamais le monde d'a été aussi puant d'inconscience béate. L'élite des porcs pousse des grognements satisfaits devant la porte déjà entrouverte de l'abattoir. L'odeur du sang n'arrive même plus jusqu'à ces groins desséchés, dressés à des flairs inutiles.

Marcel Moreau, Montre, p.16-17
Luneau Ascot Éditeurs, Paris, 1986

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Institut Général Psychosique (Le Fraterniste, 2 mai 1913)

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Institut Général Psychosique (Le Fraterniste, 2 mai 1913)Institut Général Psychosique

    M. PILLAULT se rendant au Congrès Spirite Universel de Genève, les malades sont informés qu'ils seront reçus par M. LORMIER, guérisseur et aide journalier de M. Pillault. Il sera aidé de M. DUBOIS, également guérisseur à Montigny-en-Gohelle (P.-de-C.). L'un comme l'autre guérissant par le POUVOIR que M. Pillault détient de la Grande Psychose, les résultats obtenus sur les maladies sont les mêmes que si elles étaient traitées par lui. D'ailleurs, ces messieurs, en opérant ainsi, ont déjà obtenu des guérisons sensationnelles.
    D'autres guérisseurs opérant de la même manière à Tourcoing, à Fourmies, à Ferfay, en Vendée, dans la région de Paris, dans le Midi de la France et en Belgique vont être accrédités aussi tôt que faire se pourra. Ils guériront eux aussi par le même pouvoir.
    Comme on peut s'en rendre compte, l'Institut Général Psychosique prend son envol, il est en voie de progrès et il n'en restera pas là. La France et l'étranger seront un jour couverts d'Instituts où l'on traitera les maladies à la façon Psychosique de Sin-le-Noble, et cela pour la plus grande joie de l'humanité souffrante et malheureuse.
                                                                           N. D. L. R.

Le Fraterniste, 2 mai 1913

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André Thérive, Sans âme (L'Œuvre, 31 janvier 1928)

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André Thérive, Sans âme (L'Œuvre, 31 janvier 1928)

L'ŒUVRE littéraire 

LES LIVRES DE LA SEMAINE

Quelques romans

    Il y a deux sujets dans Sans âme, d'André Thérive, il y a du moins l'étude de deux milieux. L'un est un milieu secret, presque inaccessible, constitué par une petite secte religieuse dont la chapelle se trouve au quartier de la Butte-aux-Cailles et qui porte l'étiquette d'« antoiniste », du nom de son fondateur. L'autre, c'est le music-hall, le monde des petites danseuses, des figurantes, des « marcheuses », selon l'expression du métier. D'un milieu à l'autre, de la rive droite à la rive gauche, va et vient le principal personnage, Julien Lepers, assistant à je ne sais quel laboratoire de psychologie mystique expérimentale, qui finit par perdre sa place et par accepter un simple emploi de commis. Il a été l'amant d'une petite « marcheuse » qui se sachant enceinte et s'étant juré de ne plus le revoir après s'être donnée une fois à lui, s'est suicidée. Le récit de cette fin forme le plus émouvant chapitre du livre, d'ailleurs fort beau d'un bout à l'autre, mais un peu déconcertant, voire désespérant, et qui laisse un arrière-goût de désolation amère.
    Au delà des données immédiates et concrètes de Sans aime se révèle en effet, l'intention de l'auteur de nous rendre sensible l'abandon de l'âme moderne, la dégénérescence du sentiment religieux dans le peuple, la noire ivresse de vivre qui a remplacé chez nos contemporains les supports moraux traditionnels. N'avant point pour habitude de discuter les idées, la philosophie des romanciers, surtout quand ils ne présentent pas une thèse en bonne forme et se contentent de laisser certaines constatations se dégager honnêtement d'elles-mêmes, je ne vais pas bien entendu, remontrer à M. Thérive qu'il a tort et lui vanter l'efficacité de la morale laïque considérée comme aliment spirituel des masses populaires : Je préfère lui faire observer qu'au point de vue de la technique romanesque son livre, où abondent des pages remarquables, notamment des descriptions de faubourgs et où règne, avec un style aisé, fluide, un ton fort élégamment familier, serait peut-être plus satisfaisant pour le moyen lecteur si l'intérêt tardait moins à s'y fixer. L'influence de Huysmans est si manifeste dans cette peinture d'une secte mystique assez cocasse qu'on hésite presque à la signaler. Mais ce par quoi M. Thérive l'emporte évidemment sur son maître et sur tous les naturalistes dont il semble si étrangement féru, c'est l'écriture.

L'Œuvre, 31 janvier 1928

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Fraternelle de Caudry de l'Institut général de Psychosie

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    Une Fraternelle de l'Institut général de Psychosie a existé à Caudry :

Fraternelle de Caudry de l'Institut général de Psychosie

Fraternelle n°19 de Caudry (Le Fraterniste, 1 août 1913)

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