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Nikolas Wagner (Obermosel-Zeitung, 8. Juli 1924)(eluxemburgensia.lu)

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Nikolas Wagner (Obermosel-Zeitung, 8. Juli 1924)(eluxemburgensia.lu)

     – Der in den 40er Jahren stehende frühere Bahnhofsvorsteher der Station Weilerbach, Namens Nik. Wagner, jetzt Wirt zu Esch a. d. Alz., war wegen ungesetzmäßiger Ausübung der Heilkunde vom Zuchtpolizeigericht zu einer Geldbuße von 200 Franken verurteilt worden. Infolge eingeleiteter Berufung gelangte die interessante Affäre nunmehr vor den Obergerichtshof. Wie aus der von der Geheimpolizei eingeleiteten Untersuchung und den vor Gericht gepflogenen Verhandlungen erhellt, erklärte der Beschuldigte, Gott sei ihm nachts erschienen und habe ihm die Mission aufgetragen, die leidende Menschheit zu kurieren. Seine Patienten führte er in ein hierzu bestimmtes Zimmer vor ein Bild Jesu Christi und zwei Statuen des «Père Antoine», des Vermittlers der übernatürlichen Heilkunst, dessen begeisterter Jünger Wagner ist. (Die Anhänger des des «Père Antoine» heißen bekanntlich Antoinisten,) Hier legte er ihnen betend die Hände auf und bitter die Kranken ebenfalls, eifrigst mitzubeten mit einem unerschütterlichen Glauben in ihre Heilung. Auch empfiehlt er denselben Tee zu trinken und dergl. mehr. Der Beschuldigte wurde überführt, in zahllosen Fällen die Heilkunde ungesetzlicher Weise ausgeübt zu haben, ohne im Besitze eines diesbezüglichen Diploms zu sein. In Anbetracht letzteren Umstandes beantragte der Vertreter der Generalstaatsanwaltschaft eine Verschärfung der vom Zuchtpolizeigericht ausgesprochenen Strafe, worauf der Appellhof den Angeklagten zu einer Geldbuße von 1000 Franken nebst den Kosten beider Instanzen verurteilte.

Obermosel-Zeitung, 8. Juli 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

 

Traduction :

    – L'ancien chef de gare de la station de Weilerbach, en poste dans les années 40, nommé Nik. Wagner, aujourd'hui aubergiste à Esch-sur-Alzette, avait été condamné à une amende de 200 francs pour exercice illégal de la médecine par le tribunal de police correctionnelle. Suite à un appel, cette affaire intéressante a été portée devant la Cour suprême. Comme il ressort de l'enquête ouverte par la police secrète et des débats qui ont eu lieu devant le tribunal, l'accusé a déclaré que Dieu lui était apparu la nuit et lui avait confié la mission de soigner l'humanité souffrante. Il conduisait ses patients dans une pièce prévue à cet effet, devant une image de Jésus-Christ et deux statues du "Père Antoine", le médiateur de l'art de la guérison surnaturelle, dont Wagner est un disciple enthousiaste. (Les adeptes du "Père Antoine" sont appelés antoinistes, comme chacun sait). Là, il leur imposa les mains en priant, et il invita également les malades à prier avec la plus grande ferveur et une foi inébranlable en leur guérison. Il recommande également de boire du thé ou autres remèdes. L'accusé a été convaincu d'avoir exercé illégalement la médecine dans d'innombrables cas, sans être en possession d'un diplôme. Compte tenu de cette dernière circonstance, le représentant du parquet général a requis une aggravation de la peine prononcée par le tribunal de police correctionnelle, à la suite de quoi la cour d'appel a condamné l'accusé à une amende de 1000 francs, outre les frais des deux instances.

Obermosel-Zeitung, 8 juillet 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

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Sprechsaal - Vom Antoinismus Antwort (Obermosel-Zeitung, 6. März 1924)(eluxemburgensia.lu)

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Sprechsaal - Vom Antoinismus Antwort (Obermosel-Zeitung, 6. März 1924)(eluxemburgensia.lu)

 Sprechsaal.
Echternach, den 1. März 1924.

    Als Antwort auf den Artikel „Das Antoinistentum“ vom 26. Februar 1924 Ihres geschätzten Blattes, bitte um Aufnahme nachstehender Zeilen:
    Im Geiste gut unterrichteter Katholiken ist der sogenannte „Antoinismus“ wie bei so häufigen ähnlichen Menschenäußerungen:
    1) Aberglaube: Vom Weihwasser, Wirkungen erwarten, die es nicht von Natur, durch kirchliche Weihe oder auf göttliche Anordnung hat, ist Aberglaube. Ebenso ist die Erwartung direkter Wunderwirkungen vom Beten, – und wäre es dasjenige vom Père Antoine selbst, – Aberglaube, der alle wahre Religion mit Füßen tritt.
    2) Der Antoinismus ist Unglaube: Aus der wahren Religion äußerliche Annehmlichkeiten, wie: Gebetseifer, Wohltätigkeit herausschälen, um sich einen Glorienschein anzuhängen, oder, wie die Protestanten betonen: „Jeder macht sich seine Religion selbst! Alle Religionen sind gleich gut!“ oder „Nur fest glauben!” sei es auch der größte Unsinn. Solche Ausgeburten kann ein Katholik doch nicht zu himmlischen Lichtern erklären!: reinster Unglaube!
    3) Ist der Antoinismus der Gipfel der Unvernunft: Annehmen, oder, wie die Nachfolger des Père Antoine aussagen: „Gott hätte sich ihnen gezeigt!“ oder: „Es wäre Streit im Himmel zwichen Gott dem Vater und Gott dem Sohne, weil Gott der Sohn zuviel und Gott der Vater nicht genug auf Erden verherrlicht werde!“ ist doch Unvernunft in höchstem Grade!
    Daß Menschen, die die einzig wahre Religion über Bord werfen und zum Lohne dafür von Gott mit der Gabe der „allgemeinen Wunderheilungen“ ausgerüstet zu werden meinen, das geht doch über das Bohnenlied und, nicht zu merken, daß die Antoines-Heilungen nur vorgekautes Stroh sind, fordert zur Anschaffung von Verstandesbrillen auf.
    Es genüge allen Freunden und „Bekannten“, gute Katholiken zu sein und auch zu bleiben.
                                                                 Ein Katholik.

Obermosel-Zeitung, 6. März 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

 

Traduction :

Salle de discussion.
Echternach
, le 1er mars 1924.

    En réponse à l'article "L'antoinisme" du 26 février 1924 de votre cher journal, je vous prie d'accepter les lignes suivantes :
    Dans l'esprit des catholiques bien informés, ce qu'on appelle l'"antoinisme" est comme les manifestations humaines similaires si fréquentes :
    1) Superstition : attendre de l'eau bénite des effets qu'elle n'a pas par nature, par consécration ecclésiastique ou par ordre divin, c'est de la superstition. De même, attendre des effets miraculeux directs de la prière, fût-elle celle du Père Antoine lui-même, est une superstition qui foule aux pieds toute vraie religion.
    2) L'antoinisme est de la mécréance : il consiste à tirer de la vraie religion des agréments extérieurs, tels que : le zèle pour la prière, la charité, pour se donner un air de gloire, ou, comme le soulignent les protestants : "Chacun se fait sa propre religion ! Toutes les religions se valent !" ou "Il suffit de croire fermement", même si c'est la plus grande des absurdités. Un catholique ne peut tout de même pas déclarer de telles aberrations comme étant des lumières célestes ! : la plus pure mécréance !
    3) L'antoinisme est le sommet de la sottise : accepter, ou, comme le disent les successeurs du Père Antoine : "Dieu se serait montré à eux !" ou : "Il y aurait un conflit dans le ciel entre Dieu le Père et Dieu le Fils, parce que Dieu le Fils serait trop glorifié et Dieu le Père pas assez sur terre", c'est quand même de la sottise au plus haut degré !
    Que des hommes qui jettent par-dessus bord la seule vraie religion et qui, en récompense, pensent être dotés par Dieu du don des "guérisons miraculeuses générales", cela dépasse les bornes et, ne pas remarquer que les guérisons d'Antoine ne sont que des balivernes, invite à se procurer des lunettes de raison.
    Il suffit à tous les amis et "connaissances" d'être et de rester de bons catholiques.
                                                                 Un catholique.

Obermosel-Zeitung, 6 mars 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

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Kuriose Vereinigung (Escher Tageblatt, 29. September 1924)(eluxemburgensia.lu)

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Kuriose Vereinigung (Escher Tageblatt, 29. September 1924)(eluxemburgensia.lu)

Aus dem Escher Bassin

    Elch-Alzette, den 29. September 1924.
    – K u r i o s e  V e r e i n i g u n g. Hier hat sich eine sogenannte Antoinisten-Vereinigung gebildet, in deren Studienzirkel, der bekannte wegen Kurpfuscherei vom Gericht verurteilte Wunderdoktor Vorträge über seine Lehre: Liebe, Gedächtnis, Gewissen, Glauben und Vertrauen hält. Diese Vorträge werden sich bald auf Spiritismus, Geistererscheinung, Erwecken vom Tode zum Leben, Enthauptungen und dergl. noch mehr ausdehnen. Die Antoinisten tragen sich mit dem Gedanken, in Esch einen Tempel zu errichten.

Escher Tageblatt, 29. September 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

 

Traduction :

   Depuis le bassin d'Esch

    Elch-Alzette, le 29 septembre 1924.
    – C u r i e u s e  a s s o c i a t i o n. Il s'est formé ici une association dite antoiniste, dans le cercle d'études de laquelle le célèbre docteur miracle, condamné par le tribunal pour avoir pratiqué des soins curatifs, donne des conférences sur sa doctrine : amour, pensée, conscience, croyance et foi. Ces conférences s'étendront bientôt au spiritisme, aux apparitions d'esprits, au retour de la mort à la vie, à la décapitation et à d'autres sujets similaires. Les antoinistes envisagent d'ériger un temple à Esch.

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L'antoinisme gagne... des âmes - Luxembourg (La Dernière Heure, 3 octobre 1924)(Belgicapress)

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L'antoinisme gagne... des âmes - Luxembourg (La Dernière Heure, 3 octobre 1924)(Belgicapress)

L'ANTOINISME GAGNE... DES AMES

    Luxembourg, 1er octobre. – L'« Antoinisme », qui est bien connu en Belgique, où il compte un certain nombre d'adeptes, a fait son apparition dans le Grand-Duché ; à Esch-sur-Alzette, où les antoinistes sont déjà nombreux, ils ont fondé un cercle d'études. Ils projettent même d'y construire un temple. En effet, le conseil municipal de la métropole minière a été saisi, dans la séance du 27 septembre, d'une requête de la communauté antoiniste d'Esch, demandant l'autorisation d'ériger un temple et de faire, au cours de leurs réunions, des collectes destinées à rassembler les fonds nécessaires à cette construction.
    A cette occasion, le bourgmestre d'Esch, M. Wilhelm, a fait une déclaration suivant laquelle la liberté des cultes étant garantie, il n'existait aucun motif pour repousser cette demande. – Belga.

La Dernière Heure, 3 octobre 1924 (source : Belgicapress)

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Le nouveau thaumaturge (L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924)(eluxemburgensia.lu)

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Le nouveau thaumaturge (L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924)(eluxemburgensia.lu)

Le nouveau thaumaturge

    Le Luxembourg, décidément, semble appelé à de hautes destinées. Déjà nous avons notre thaumaturge, et le bruit de ses miracles, après s'être répandu dans le Grand-Duché, a passé la frontière et attire une foule de pèlerins animés d'un souffle insoupçonné de foi et d'espérance.
    Tout est étonnant dans ce phénomène extraordinaire. S'il y a une ville dont les préoccupations matérialistes soient peu propices à l'éveil de la folie mystique, c'est à coup sûr l'industrieuse métropole de notre bassin minier. Et pourtant c'est à Esch-sur-Alzette que le thaumaturge a élu son domicile et qu'il a réuni sa chapelle de fidèles. Son nom, dépouillé de tout prestige exotique, ne prête guère non plus à la transfiguration. Comment se faire passer pour un Messie, quand on s'appelle, comme le commun des mortels Nicolas Wagner, et quand, après avoir rempli les fonctions de chef de gare – voyez-vous un chef de gare fondateur d'une religion nouvelle ! – on en est réduit, par suite de l'inclémence des temps, à exercer le métier de mastroquet ? M. Nicolas Wagner est, en effet, cabaretier de profession.
    Poussé par la curiosité j'ai voulu assister à un des offices qui se tient tous les matins selon le rite antoiniste, dans une sorte d'arrière-boutique attenant au cabaret du guérisseur. Le débit de boissons que je traversais était bondé de clients et surtout de clientes qui attendaient impatiemment l'heure de l'office. Trois charmantes jeunes filles, les enfants du thaumaturge, servaient les boissons les plus variées. Une grande pancarte annonçait que ce jour-là il y avait des « poissons frits à toutes les heures ». Je pus à grand peine m'installer avec deux de mes amis au coin d'une table, et à cause de l'heure matinale je me fis servir une demi-bouteille d'eau minérale. Pendant que j'examinais les figures qui m'entouraient, des figures pâlottes, malingres et souffreteuses, et que j'écoutais les conversations où il n'était question que de guérisons miraculeuses, un murmure soudain annonça l'entrée du thaumaturge.
    Comment les imagiers – et les hagiographes de l'avenir s'y prendront-ils pour faire à ce cabaretier, qui a bien la figure de son emploi, une tête d'apôtre ? Comment la ceindront-ils d'une auréole ? Autant rimer hallebarde et miséricorde ! C'est un bonhomme trapu et balourd, taillé à grands coups de serpe. On me présenta à lui. Ah, Monsieur, me dit-il, que n'êtes-vous venu la semaine dernière ? Vous auriez vu des miracles extraordinaires. Vous auriez vu une vieille dame d'Audun-le-Tiche qui était entrée toute percluse et paralytique, se trainant sur ses béquilles, et qui sortit d'ici, sans appui, toute droite, pleine de vigueur et de santé. L'ineffable candeur qui s'exprimait dans ces paroles et qui écartait tout soupçon de charlatanisme, se décelait dans tous ses gestes et dans tout son être.
    Mais voici que les portes du fond s'ouvrent. A l'instant la salle se vide et tout ce monde d'hallucinés se précipite dans le sanctuaire et se dispute les rangées de chaises qui entourent la chaire rudimentaire, ornée de dessins symboliques. Le thaumaturge y apparait à présent, sanglé jusqu'au menton dans une redingote sombre qui rehausse singulièrement son prestige. A voir alors ces têtes dolentes se tourner vers le guérisseur, dont ils attendaient leur salut dans un invincible élan de confiance, à sentir l'exaltation s'accroître sous l'influence des invocations de l'officiant qui, esquissant des gestes d'hypnotiseur, étendant sa main à droite et à gauche, et marmonnant en un français aussi amphigourique que rudimentaire, les principes de « l'unitif » du Père Antoine, maîtrisait impérieusement ces âmes simples d'hypocondres et d'infirmes, je n'ai pu me défendre, en dépit de mes préventions d'incurable sceptique, d'une certaine émotion. Et quand j'ai entendu après cette séance impressionnante de suggestion des masses l'apôtre préféré du thaumaturge, un robuste boulanger en bras de chemises, me vanter les bienfaits de cette religion nouvelle et m'affirmer que bientôt on fêterait dans le temple antoiniste que son « comité » propose d'ériger à Esch, le plus grand de tous les miracles, la guérison tant attendue de la propre femme du thaumaturge, laquelle est atteinte de cécité complète depuis vingt ans, je me suis demandé si le récent arrêt de notre Cour d'appel, qui condamna M. Wagner pour exercice illégal de la médecine, sera capable d'arrêter à la frontière cette nouvelle vague de mysticisme.

                                                                                     PANGLOSS.

L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

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Le nouveau thaumaturge (L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924)(eluxemburgensia.lu)

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Le nouveau thaumaturge (L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924)(eluxemburgensia.lu)

Le nouveau thaumaturge

    Le Luxembourg, décidément, semble appelé à de hautes destinées. Déjà nous avons notre thaumaturge, et le bruit de ses miracles, après s'être répandu dans le Grand-Duché, a passé la frontière et attire une foule de pèlerins animés d'un souffle insoupçonné de foi et d'espérance.
    Tout est étonnant dans ce phénomène extraordinaire. S'il y a une ville dont les préoccupations matérialistes soient peu propices à l'éveil de la folie mystique, c'est à coup sûr l'industrieuse métropole de notre bassin minier. Et pourtant c'est à Esch-sur-Alzette que le thaumaturge a élu son domicile et qu'il a réuni sa chapelle de fidèles. Son nom, dépouillé de tout prestige exotique, ne prête guère non plus à la transfiguration. Comment se faire passer pour un Messie, quand on s'appelle, comme le commun des mortels Nicolas Wagner, et quand, après avoir rempli les fonctions de chef de gare – voyez-vous un chef de gare fondateur d'une religion nouvelle ! – on en est réduit, par suite de l'inclémence des temps, à exercer le métier de mastroquet ? M. Nicolas Wagner est, en effet, cabaretier de profession.
    Poussé par la curiosité j'ai voulu assister à un des offices qui se tient tous les matins selon le rite antoiniste, dans une sorte d'arrière-boutique attenant au cabaret du guérisseur. Le débit de boissons que je traversais était bondé de clients et surtout de clientes qui attendaient impatiemment l'heure de l'office. Trois charmantes jeunes filles, les enfants du thaumaturge, servaient les boissons les plus variées. Une grande pancarte annonçait que ce jour-là il y avait des « poissons frits à toutes les heures ». Je pus à grand peine m'installer avec deux de mes amis au coin d'une table, et à cause de l'heure matinale je me fis servir une demi-bouteille d'eau minérale. Pendant que j'examinais les figures qui m'entouraient, des figures pâlottes, malingres et souffreteuses, et que j'écoutais les conversations où il n'était question que de guérisons miraculeuses, un murmure soudain annonça l'entrée du thaumaturge.
    Comment les imagiers – et les hagiographes de l'avenir s'y prendront-ils pour faire à ce cabaretier, qui a bien la figure de son emploi, une tête d'apôtre ? Comment la ceindront-ils d'une auréole ? Autant rimer hallebarde et miséricorde ! C'est un bonhomme trapu et balourd, taillé à grands coups de serpe. On me présenta à lui. Ah, Monsieur, me dit-il, que n'êtes-vous venu la semaine dernière ? Vous auriez vu des miracles extraordinaires. Vous auriez vu une vieille dame d'Audun-le-Tiche qui était entrée toute percluse et paralytique, se trainant sur ses béquilles, et qui sortit d'ici, sans appui, toute droite, pleine de vigueur et de santé. L'ineffable candeur qui s'exprimait dans ces paroles et qui écartait tout soupçon de charlatanisme, se décelait dans tous ses gestes et dans tout son être.
    Mais voici que les portes du fond s'ouvrent. A l'instant la salle se vide et tout ce monde d'hallucinés se précipite dans le sanctuaire et se dispute les rangées de chaises qui entourent la chaire rudimentaire, ornée de dessins symboliques. Le thaumaturge y apparait à présent, sanglé jusqu'au menton dans une redingote sombre qui rehausse singulièrement son prestige. A voir alors ces têtes dolentes se tourner vers le guérisseur, dont ils attendaient leur salut dans un invincible élan de confiance, à sentir l'exaltation s'accroître sous l'influence des invocations de l'officiant qui, esquissant des gestes d'hypnotiseur, étendant sa main à droite et à gauche, et marmonnant en un français aussi amphigourique que rudimentaire, les principes de « l'unitif » du Père Antoine, maîtrisait impérieusement ces âmes simples d'hypocondres et d'infirmes, je n'ai pu me défendre, en dépit de mes préventions d'incurable sceptique, d'une certaine émotion. Et quand j'ai entendu après cette séance impressionnante de suggestion des masses l'apôtre préféré du thaumaturge, un robuste boulanger en bras de chemises, me vanter les bienfaits de cette religion nouvelle et m'affirmer que bientôt on fêterait dans le temple antoiniste que son « comité » propose d'ériger à Esch, le plus grand de tous les miracles, la guérison tant attendue de la propre femme du thaumaturge, laquelle est atteinte de cécité complète depuis vingt ans, je me suis demandé si le récent arrêt de notre Cour d'appel, qui condamna M. Wagner pour exercice illégal de la médecine, sera capable d'arrêter à la frontière cette nouvelle vague de mysticisme.

                                                                                     PANGLOSS.

L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

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Esch s. Alzette (Esch et ses usines, 1925)(gallica)

Publié le par antoiniste

Esch s. Alzette - Rue Adolphe-Emile (salle du culte antoiniste)(Esch et ses usines, 1925)(gallica)

À gauche, entouré en rouge, l'emplacement de la salle du culte antoiniste, Rue Adolphe-Emile.

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L'antoinisme dans nos campagnes (L'Indépendance luxembourgeoise, 14 février 1924)(eluxemburgensia.lu)

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L'antoinisme dans nos campagnes (L'Indépendance luxembourgeoise, 14 février 1924)(eluxemburgensia.lu)

 L'antoinisme dans nos campagnes

    Dans un récent numéro nous avons indiqué, très brièvement d'ailleurs, les progrès que la secte dite des Antoinistes fait dans nos campagnes.
    Il intéressera peut-être les lecteurs de ce journal de lire les détails que donne sur cette secte et sur son fondateur, un récent numéro d'un de nos confrères de la région viticole.
    Louis Antoine, surnommé le Guérisseur est devenu en Belgique un homme célèbre. Il affirme avoir découvert un remède universel pour toutes les maladies du corps et de l'âme. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que son nom ait franchi les frontières de son pays et qu'il ait trouvé des adeptes, jusque dans notre paisible vallée de la Sûre. Il est donc intéressant d'examiner de plus près et d'après les documents originaux, la naissance et le développement de ce nouvel évangile. Louis Antoine est né en 1846 à Mons-Crotteux. Fils de mineur, il descendait dans la fosse à l'âge de 12 ans déjà. Il devint ensuite ouvrier de chemin de fer et voyagea en Allemagne. Rien ne faisait prévoir à ce moment là, la mission à laquelle il serait plus tard appelé. Il se maria, eut un fils. Sa santé laissait à désirer. Il resta un fidèle catholique jusqu'à l'âge de 42 ans et un de ses disciples écrivait même : « Il aimait à se recueillir profondément et à élever son cœur vers Dieu. »
    Vers la fin du siècle dernier, le spiritisme subit en diverses régions de Belgique, un nouvel essor. Un petit cercle spirite fut créé à Jemeppe. Antoine qui avait eu la douleur de perdre son fils à l'âge de vingt ans, en fit partie. Il avait entendu dire que le spiritisme permet aux vivants d'entrer en relations avec les morts, auxquels des liens étroits les ont relié. En compagnie de sa femme, il fréquentait assidument ces séances. Un soir, ils entendirent la voix lointaine de leur fils mort, leur annoncer que son âme avait trouvé le repos dans le corps d'un apothicaire parisien. Les parents désolés étaient consolés.
    Antoine pénétra de plus en plus dans les arcanes du spiritisme ; peu à peu, il parvint à réunir autour de lui, un groupe de fidèles auxquels il avait su persuader qu'il était en communications constantes avec le monde des esprits. De temps à autres, il publiait, sous forme d'encicliques, d'étranges nouvelles des sphères supra-terrestres.
    Un peu plus tard les esprits furent négligés ; Antoine se posa en guérisseur et ses cures trouvèrent un accueil inespéré, surtout chez les femmes. Ses premières clientes, charmées par son allure énigmatique, le vantèrent partout comme un saint et comme le sauveur de l'humanité De tous côtés, les malades et les curieux accoururent et l'on parlait en termes voilés, de guérisons miraculeuses. Certain de son succès, Antoine se détacha du spiritisme et exerça dès lors son art en son propre nom. Ceci se passait en 1906. Antoine ne possédait qu'une culture élémentaire, mais il connaissait le peuple et connaissait son respect craintif pour l'art médical contenu dans des fioles de médicaments. « Le médecin doit prescrire quelque chose. » Les flacons du thaumaturge belge ne contenaient que de l'eau claire, mais il introduisait dans celle-ci un fluide magnétique, adapté aux diverses maladies et à leurs manifestations. Lorsqu'un étranger arrivait en ce temps-là à Jemeppe, il ne pouvait comprendre pourquoi, de toute part, accouraient des gens à l'air malade, munis de récipients variés remplis d'eau, et prêts à recevoir le fluide qui guérissait tout.
    Toutefois, le fait de magnétiser tous ces récipients, était une chose fatigante. L'art d'Antoine entra dans une phase nouvelle. Il reporta son pouvoir magnétique sur de petits morceaux de papier. Le malade recevait un de ces bouts de papier miraculeux ; arrivé à la maison il le plongeait dans un verre d'eau qui devenait immédiatement capable de guérir. Plus tard, les morceaux de papier disparurent. Tout fut spiritualisé et il suffisait dorénavant qu'Antoine imposât les mains pour que la transmission du fluide fut possible. Celui qui avait la foi, guérissait.
    Certains jours, Antoine devait imposer les mains à plus de 50 personnes, tant le cercle de ses clients, s'était entendu. Les disciples du maître répandirent la nouvelle doctrine dans toutes les régions sous forme d'une petite brochure et enthousiasmèrent les foules.
    Malgré tout, l'art du prophète subissait parfois des éclipses, comme le montrent deux cas qui firent en ce temps-là beaucoup de bruit en Belgique. En 1907, un nommé Danges précipita sa femme dans la Meuse, alors en crue. La femme se noya. Deux jours plus tard, le meurtrier se présentait chez Antoine et demandait ce que sa femme était devenue. Le voyant, lui répondit aussitôt : « Encore deux jours, et votre femme vous écrira. »
    Une autre fois un homme gravement malade assista à une séance chez le thaumaturge. Il fut congédié avec la promesse d'être bientôt guéri. Cent pas plus loin, il tomba dans la rue et mourut sur le champ. On apporta le cadavre au prophète qui s'efforça, mais en vain, de faire agir son fluide régénérateur sur lui. Le mort se refusa opiniâtrement à revenir à la vie.
    Des bruits étonnants courent sur la merveilleuse activité des disciples d'Antoine. On cite le cas d'un paysan souffrant d'une maladie d'estomac et qui fut guérit de telle sorte qu'il peut maintenant s'enivrer. Un ouvrier souffre d'une maladie interne. Il reste à la maison et toutes les heures, il répète pendant dix minutes, suivant les instructions reçues : « Père Antoine, je crois que je guérirai. »
    Un adepte, arrivé après bien des détours dans l'Antoinisme, officie aujourd'hui en habits sacerdotaux comme prêtre antoiniste. Il a déclaré un jour : « Si je pouvais entrer dans les maisons de santé et imposer les mains aux malades, je leur rendrais à tous la raison. »
    Si un de ces malades imaginaires peut un jour rentrer chez lui avec la joyeuse conviction d'être de nouveau bien portant, un « médecin malgré lui » de ce genre peut, d'un autre côté, faire beaucoup de mal. De telles cures empêchent parfois les malades de se rendre auprès du médecin. Lorsqu'ils le font, il est trop tard.

L'Indépendance luxembourgeoise, 14 février 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

 

    Cet article est la traduction de l’article Der Antoinismus, lui-même un condensé de la contribution d’André Kervyn.

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Freie Tribüne - Antoinismus und Wunderdoktor (Escher Tageblatt, 6. Oktober 1926)(eluxemburgensia.lu)

Publié le par antoiniste

Freie Tribüne - Antoinismus und Wunderdoktor (Escher Tageblatt, 6. Oktober 1926)(eluxemburgensia.lu)

Freie Tribüne.
(Ohne Verantwortung der Redaktion.)
Antoinismus und Wunderdoktor.

    Wir werden um Veröffentlichung nachstehender Zuschrift gebeten:

    Dieser Tage war wieder in der einheimischen Gerichtspresse die Rede vom „Wunderdoktor“ aus Esch-Alzette. Unsere Berichte haben sonder Zweifel dazu beigetragen, den Ruf dieses Mannes, der weit über die Grenzen unsers Liliputstaates hinaus bekannt ist, weiterhin zu verbreiten und zu befestigen.
    Es entzieht sich unserer Kenntnis, wie weit das Spezielle von dem großen Publikum in den Schlußfolgerungen dieser Gerichtsverhandlungen Befriedigung gefunden hat; vorläufig wollen wir nicht mit dem intelligenterem Teil unserer Aerzteschaft rechten, noch auf die andauernden Anzapfungen der modernen Vertreter der alten Jesuslehre reagieren. Gedrängt von den hierzulande nach Hunderten zählenden Anhängern unsers Gotesglaubens und Verehrern unsers Führers, werden wir auf die Berichtsverhandlungen zurückkommen müssen und aus den diesbezüglichen Debatten einige Goldkörnchen zur näheren Beleuchtung festhalten, zu Nutz und Frommen von Feind und Freund.
    Nicolas Wagner wird wegen Ausübung der ungesetzmäßigen Heilkunde verurteilt. Weil er einzelnen Patienten Zuckerwasser und dergleichen angeraten, ist er von Gesetzeswegen ein Quacksalber und Kurpfuscher in medizinischem Sinne und für den Theologen ein vom Teufel Besessener! Die öffentliche Meinung, welche sich in den Schlichen und Tücken der Gesetzesterte weniger auskennt, glaubte bisher die Ausübung der Heilkunde begreife zwei wesentliche Teile: Die Diagnose d. h. die Feststellung der Krankheit auf Grund minutiöser Untersuchung und den Heilprozeß unter eng umgrenzter Anwendung zweckentsprechender Medikamente. Kräuter und Salben nach altem Muster immer weniger, Pillen und Chemikalien nach neuem Schema immer mehr.
    Wagner stellt die Krankheit fest, ohne irgendwelche Mithilfe seines Patienten. Keine Berührung. kein Ausforschen, kein Hin- und Herraten. Ueber Berg und Tal und Meer steht er in Verbindung mit seinem Kranken und operiert sogar mit Vorliebe auf die Kranken im allgemeinen. Er heilt, dank der ihm gegebenen Kraft, ohne Mitteldinge.
    Allerdings beschrieb Wagner mitunter einige harmlose Mittel, nie jedoch um den Heilprozeß als solchen zu beeinflussen, sondern um durch irgend ein äußeres Zeichen – (Sakramentalia) zu stärken. Aus demselben Grunde wird, wenn erwünscht, die Feststellung des Leidens vorgenommen: um den Glauben an die Heilkraft zu vermitteln. Wagner ist kein Heilkundiger, kein Mediziner noch Quacksalber. Er ist ein anspruchsloser Heiler der Menschheit, nach seinem unvergeßlichen Vorbild, dem Père Antoine, jenem großen Heiler der Menschheit, der in seinem Tempel zu Jemeppe s./Meuse täglich 500-1200 Kranke empfing und Tausende heilte. Wer ungläubig ist, und an der Heilkraft zweifelt, der gehe ruhig nach Esch und lasse sich erzählen.
    Er sehe die ungezählten spontanen Dankesschreiben ein und staune. An seinen Werken werdet ihr ihn erkennen, denn: Wer Ohren hat zu hören, der höre, und Augen hat zum Sehen, der sehe.
    Und weshalb nicht! Wenn Leute in letzter Verzweiflung, nachdem sie Vermögen verdoktert haben, endlich mühselig und beladen, beim Wunderdoktor Erquickung suchen und finden? Kann es sich um Quacksalberei handeln, wenn ein Mann ohne irgend ein Medikament, ohne einmal nach dem Uebel zu fragen, an dem man leidet, Leute heilt, die in ihren Dankesschreiben erklären, von der „Wissenschaft“ aufgegeben worden zu sein.
    Warum bekundet man in unserer frei fein wollenden Zeit der Aufklärung für das Auftreten begnadeter Heiler ein gesetzliches Interesse?
    Dem Laien, der über Wagners Heilmethode und Heilerfolge achselzuckend herfällt, kann verziehen werden.
    Verständlicher sind die Angriffe des vorherrschenden Kultus!
    Schon 1910 schrieb ein belgisches Blatt: Seit langer Zeit hat der katholische Kultus die Gefahr erkannt, die ihm im Antoinismus erblüht.
    Er ist gegen diese in Entwicklung begriffene Religion sehr aufgebracht. Jeden Sonntag wird gegen den Père Antoine in der ganzen Umgegend gepredigt, um die Lehre des großen Heilers von Jemeppe zu bekämpfen. Und heute ? ? ? ?
            Antoinistischer Dienst in Esch-Alzette
                                  Un Adepte.

Escher Tageblatt, 6. Oktober 1926 (source : eluxemburgensia.lu)

 

Traduction :

Tribune libre.
(Sans responsabilité de la rédaction.)
Antoinisme et docteur miracle.

    Nous sommes priés de publier le courrier suivant :

    Ces jours-ci, la presse judiciaire locale a de nouveau parlé du "docteur miracle" d'Esch-sur-Alzette. Nos articles ont sans aucun doute contribué à répandre et à consolider la réputation de cet homme, dont la renommée dépasse largement les frontières de notre Etat lilliputien.
    Nous ne savons pas dans quelle mesure le grand public a trouvé satisfaction dans les conclusions de ces audiences ; pour l'instant, nous ne voulons pas nous battre avec la partie la plus intelligente de notre corps médical, ni réagir aux attaques incessantes des représentants modernes de l'ancienne doctrine de Jésus. Poussés par les centaines d'adeptes de notre foi en Dieu et d'admirateurs de notre Guide, nous devrons revenir sur les débats du rapport et en retenir quelques grains d'or pour les éclairer, pour le bien de l'ennemi et de l'ami.
    Nicolas Wagner est condamné pour exercice illégal de la médecine. Parce qu'il conseille à certains patients de l'eau sucrée et d'autres produits de ce genre, il est considéré par la loi comme un rebouteux et un charlatan au sens médical du terme et, pour le théologien, comme un homme possédé par le diable ! L'opinion publique, moins au fait des ruses et des pièges des textes de loi, croyait jusqu'à présent que l'exercice de la médecine comprenait deux parties essentielles : le diagnostic, c'est-à-dire la constatation de la maladie sur la base d'un examen minutieux, et le processus de guérison avec l'utilisation limitée de médicaments appropriés. Les herbes et les pommades selon l'ancien schéma sont de moins en moins nombreuses, les pilules et les produits chimiques selon le nouveau schéma de plus en plus nombreux.
    Wagner constate la maladie, sans aucune aide de la part de son patient. Pas de contact, pas de recherche, pas de va-et-vient. Par monts et par vaux et par mer, il reste en contact avec son malade et opère même de préférence sur les malades de façon générale. Il guérit, grâce à la force qui lui est donnée, sans avoir recours à des moyens.
    Toutefois, Wagner a parfois décrit quelques remèdes inoffensifs, jamais pour influencer le processus de guérison en tant que tel, mais pour renforcer par un signe extérieur quelconque (sacramental). C'est pour la même raison que l'on procède, si on le souhaite, à la constatation de la souffrance : pour transmettre la foi dans le pouvoir de guérison. Wagner n'est pas un guérisseur, un médecin ou un charlatan. Il est un guérisseur de l'humanité sans prétention, à l'image de son inoubliable modèle, le Père Antoine, ce grand guérisseur de l'humanité qui, dans son temple de Jemeppe s./Meuse, recevait 500 à 1200 malades par jour et en guérissait des milliers. Que celui qui est incrédule et qui doute du pouvoir de guérison aille tranquillement à Esch pour qu'on lui raconte.
    Il verra les innombrables lettres de remerciement spontanées et sera étonné. Vous le reconnaîtrez à ses œuvres, car : Que celui qui a des oreilles pour entendre entende, et que celui qui a des yeux pour voir voie.
    Et pourquoi pas ! Lorsque des gens, dans un dernier désespoir, après avoir doublé leur fortune, enfin fatigués et chargés, cherchent et trouvent le réconfort chez le thaumaturge ? Peut-on parler de charlatanisme lorsqu'un homme, sans aucun médicament, sans même s'interroger sur le mal dont on souffre, guérit des gens qui, dans leurs lettres de remerciement, déclarent avoir été abandonnés par la "science".
    Pourquoi, à notre époque de Lumières qui se veut libre et raffinée, manifeste-t-on un intérêt légal pour l'apparition de guérisseurs doués ?
    On peut pardonner au profane qui hausse les épaules devant la méthode et les succès de guérison de Wagner.
    Les attaques du culte dominant sont plus compréhensibles !
    Déjà en 1910, un journal belge écrivait : Depuis longtemps, le culte catholique a reconnu le danger qui avec l'antoinisme grandit.
    Il est très remonté contre cette religion en plein développement. Chaque dimanche, on prêche contre le Père Antoine dans toute la région pour combattre la doctrine du grand guérisseur de Jemeppe. Et aujourd'hui ? ? ? ?
            Service antoiniste à Esch-sur-Alzette
                                  Un Adepte.

Escher Tageblatt, 6 octobre 1926 (source : eluxemburgensia.lu)

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Freie Tribüne - Antoinismus und Wunderdoktor (Escher Tageblatt, 6. Oktober 1926)(eluxemburgensia.lu)

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Freie Tribüne - Antoinismus und Wunderdoktor (Escher Tageblatt, 6. Oktober 1926)(eluxemburgensia.lu)

Freie Tribüne.
(Ohne Verantwortung der Redaktion.)
Antoinismus und Wunderdoktor.

    Wir werden um Veröffentlichung nachstehender Zuschrift gebeten:

    Dieser Tage war wieder in der einheimischen Gerichtspresse die Rede vom „Wunderdoktor“ aus Esch-Alzette. Unsere Berichte haben sonder Zweifel dazu beigetragen, den Ruf dieses Mannes, der weit über die Grenzen unsers Liliputstaates hinaus bekannt ist, weiterhin zu verbreiten und zu befestigen.
    Es entzieht sich unserer Kenntnis, wie weit das Spezielle von dem großen Publikum in den Schlußfolgerungen dieser Gerichtsverhandlungen Befriedigung gefunden hat; vorläufig wollen wir nicht mit dem intelligenterem Teil unserer Aerzteschaft rechten, noch auf die andauernden Anzapfungen der modernen Vertreter der alten Jesuslehre reagieren. Gedrängt von den hierzulande nach Hunderten zählenden Anhängern unsers Gotesglaubens und Verehrern unsers Führers, werden wir auf die Berichtsverhandlungen zurückkommen müssen und aus den diesbezüglichen Debatten einige Goldkörnchen zur näheren Beleuchtung festhalten, zu Nutz und Frommen von Feind und Freund.
    Nicolas Wagner wird wegen Ausübung der ungesetzmäßigen Heilkunde verurteilt. Weil er einzelnen Patienten Zuckerwasser und dergleichen angeraten, ist er von Gesetzeswegen ein Quacksalber und Kurpfuscher in medizinischem Sinne und für den Theologen ein vom Teufel Besessener! Die öffentliche Meinung, welche sich in den Schlichen und Tücken der Gesetzesterte weniger auskennt, glaubte bisher die Ausübung der Heilkunde begreife zwei wesentliche Teile: Die Diagnose d. h. die Feststellung der Krankheit auf Grund minutiöser Untersuchung und den Heilprozeß unter eng umgrenzter Anwendung zweckentsprechender Medikamente. Kräuter und Salben nach altem Muster immer weniger, Pillen und Chemikalien nach neuem Schema immer mehr.
    Wagner stellt die Krankheit fest, ohne irgendwelche Mithilfe seines Patienten. Keine Berührung. kein Ausforschen, kein Hin- und Herraten. Ueber Berg und Tal und Meer steht er in Verbindung mit seinem Kranken und operiert sogar mit Vorliebe auf die Kranken im allgemeinen. Er heilt, dank der ihm gegebenen Kraft, ohne Mitteldinge.
    Allerdings beschrieb Wagner mitunter einige harmlose Mittel, nie jedoch um den Heilprozeß als solchen zu beeinflussen, sondern um durch irgend ein äußeres Zeichen – (Sakramentalia) zu stärken. Aus demselben Grunde wird, wenn erwünscht, die Feststellung des Leidens vorgenommen: um den Glauben an die Heilkraft zu vermitteln. Wagner ist kein Heilkundiger, kein Mediziner noch Quacksalber. Er ist ein anspruchsloser Heiler der Menschheit, nach seinem unvergeßlichen Vorbild, dem Père Antoine, jenem großen Heiler der Menschheit, der in seinem Tempel zu Jemeppe s./Meuse täglich 500-1200 Kranke empfing und Tausende heilte. Wer ungläubig ist, und an der Heilkraft zweifelt, der gehe ruhig nach Esch und lasse sich erzählen.
    Er sehe die ungezählten spontanen Dankesschreiben ein und staune. An seinen Werken werdet ihr ihn erkennen, denn: Wer Ohren hat zu hören, der höre, und Augen hat zum Sehen, der sehe.
    Und weshalb nicht! Wenn Leute in letzter Verzweiflung, nachdem sie Vermögen verdoktert haben, endlich mühselig und beladen, beim Wunderdoktor Erquickung suchen und finden? Kann es sich um Quacksalberei handeln, wenn ein Mann ohne irgend ein Medikament, ohne einmal nach dem Uebel zu fragen, an dem man leidet, Leute heilt, die in ihren Dankesschreiben erklären, von der „Wissenschaft“ aufgegeben worden zu sein.
    Warum bekundet man in unserer frei fein wollenden Zeit der Aufklärung für das Auftreten begnadeter Heiler ein gesetzliches Interesse?
    Dem Laien, der über Wagners Heilmethode und Heilerfolge achselzuckend herfällt, kann verziehen werden.
    Verständlicher sind die Angriffe des vorherrschenden Kultus!
    Schon 1910 schrieb ein belgisches Blatt: Seit langer Zeit hat der katholische Kultus die Gefahr erkannt, die ihm im Antoinismus erblüht.
    Er ist gegen diese in Entwicklung begriffene Religion sehr aufgebracht. Jeden Sonntag wird gegen den Père Antoine in der ganzen Umgegend gepredigt, um die Lehre des großen Heilers von Jemeppe zu bekämpfen. Und heute ? ? ? ?
            Antoinistischer Dienst in Esch-Alzette
                                  Un Adepte.

Escher Tageblatt, 6. Oktober 1926 (source : eluxemburgensia.lu)

 

Traduction :

Tribune libre.
(Sans responsabilité de la rédaction.)
Antoinisme et docteur miracle.

    Nous sommes priés de publier le courrier suivant :

    Ces jours-ci, la presse judiciaire locale a de nouveau parlé du "docteur miracle" d'Esch-sur-Alzette. Nos articles ont sans aucun doute contribué à répandre et à consolider la réputation de cet homme, dont la renommée dépasse largement les frontières de notre Etat lilliputien.
    Nous ne savons pas dans quelle mesure le grand public a trouvé satisfaction dans les conclusions de ces audiences ; pour l'instant, nous ne voulons pas nous battre avec la partie la plus intelligente de notre corps médical, ni réagir aux attaques incessantes des représentants modernes de l'ancienne doctrine de Jésus. Poussés par les centaines d'adeptes de notre foi en Dieu et d'admirateurs de notre Guide, nous devrons revenir sur les débats du rapport et en retenir quelques grains d'or pour les éclairer, pour le bien de l'ennemi et de l'ami.
    Nicolas Wagner est condamné pour exercice illégal de la médecine. Parce qu'il conseille à certains patients de l'eau sucrée et d'autres produits de ce genre, il est considéré par la loi comme un rebouteux et un charlatan au sens médical du terme et, pour le théologien, comme un homme possédé par le diable ! L'opinion publique, moins au fait des ruses et des pièges des textes de loi, croyait jusqu'à présent que l'exercice de la médecine comprenait deux parties essentielles : le diagnostic, c'est-à-dire la constatation de la maladie sur la base d'un examen minutieux, et le processus de guérison avec l'utilisation limitée de médicaments appropriés. Les herbes et les pommades selon l'ancien schéma sont de moins en moins nombreuses, les pilules et les produits chimiques selon le nouveau schéma de plus en plus nombreux.
    Wagner constate la maladie, sans aucune aide de la part de son patient. Pas de contact, pas de recherche, pas de va-et-vient. Par monts et par vaux et par mer, il reste en contact avec son malade et opère même de préférence sur les malades de façon générale. Il guérit, grâce à la force qui lui est donnée, sans avoir recours à des moyens.
    Toutefois, Wagner a parfois décrit quelques remèdes inoffensifs, jamais pour influencer le processus de guérison en tant que tel, mais pour renforcer par un signe extérieur quelconque (sacramental). C'est pour la même raison que l'on procède, si on le souhaite, à la constatation de la souffrance : pour transmettre la foi dans le pouvoir de guérison. Wagner n'est pas un guérisseur, un médecin ou un charlatan. Il est un guérisseur de l'humanité sans prétention, à l'image de son inoubliable modèle, le Père Antoine, ce grand guérisseur de l'humanité qui, dans son temple de Jemeppe s./Meuse, recevait 500 à 1200 malades par jour et en guérissait des milliers. Que celui qui est incrédule et qui doute du pouvoir de guérison aille tranquillement à Esch pour qu'on lui raconte.
    Il verra les innombrables lettres de remerciement spontanées et sera étonné. Vous le reconnaîtrez à ses œuvres, car : Que celui qui a des oreilles pour entendre entende, et que celui qui a des yeux pour voir voie.
    Et pourquoi pas ! Lorsque des gens, dans un dernier désespoir, après avoir doublé leur fortune, enfin fatigués et chargés, cherchent et trouvent le réconfort chez le thaumaturge ? Peut-on parler de charlatanisme lorsqu'un homme, sans aucun médicament, sans même s'interroger sur le mal dont on souffre, guérit des gens qui, dans leurs lettres de remerciement, déclarent avoir été abandonnés par la "science".
    Pourquoi, à notre époque de Lumières qui se veut libre et raffinée, manifeste-t-on un intérêt légal pour l'apparition de guérisseurs doués ?
    On peut pardonner au profane qui hausse les épaules devant la méthode et les succès de guérison de Wagner.
    Les attaques du culte dominant sont plus compréhensibles !
    Déjà en 1910, un journal belge écrivait : Depuis longtemps, le culte catholique a reconnu le danger qui avec l'antoinisme grandit.
    Il est très remonté contre cette religion en plein développement. Chaque dimanche, on prêche contre le Père Antoine dans toute la région pour combattre la doctrine du grand guérisseur de Jemeppe. Et aujourd'hui ? ? ? ?
            Service antoiniste à Esch-sur-Alzette
                                  Un Adepte.

Escher Tageblatt, 6 octobre 1926 (source : eluxemburgensia.lu)

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