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Léon Denis - les pensées sont des forces

Publié le par antoiniste

   Les pensées sont des forces, d'autant plus puissantes qu'elles sont plus pures et plus élevées. La prière, aidée par l'union des volontés, oppose une barrière fluidique infranchissable aux Entités inférieures.

Léon Denis, Dans l'invisible (p.425)
Pratique et dangers de la médiumnité
Librairie des Sciences Psychiques, Paris, 1911

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No pain, No gain (Sans épreuve, point d'avancement)

Publié le par antoiniste

    Expression d’origine anglaise, sa traduction en français littérale serait "sans d’effort, pas de récompenses" que l’on peut alors rapprocher de notre expression figée "qui ne tente rien n’a rien" ou "pas de mérite sans effort" ou encore cette citation, tirée du Cid de Pierre Corneille, "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire". En anglais, on trouve l'expression "No pain no gain" pour la première fois au XIIe siècle, puis est réinterprétée au XVIIe avant d’être popularisée au XVIIIe par Benjamin Franklin.

Source : http://www.linternaute.fr/expression/langue-francaise/13897/no-pain--no-gain/

    Il a pris de l’importance après 1982 lorsque l’actrice Jane Fonda a commencé à produire une série de vidéos d’entraînement aérobic. Dans ces vidéos, Fonda utilisait "No pain, no gain" et "Feel the burn" comme slogans pour le concept de travailler au-delà du point de ressentir des douleurs musculaires. 0L’expression a été adoptée dans une variété d’activités sportives et de remise en forme, du début des années 80 à nos jours.

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/No_pain,_no_gain

 

Origine :

    Une forme de cette expression se trouve au début du IIe siècle, dans Chapitre des pères 5:21 (connue en hébreu sous le nom de Pirkei Avot) :

:« 

לְפוּם צַעֲרָא אַגְרָא   

»

בֶּן הֵא הֵא אוֹמֵר  

    Le rabbin Ben Hei Hei dit : "En accord avec le travail, il y a la récompense." [lapom tsara agra]

     - Pirkei Avot 5:23

    Ceci est interprété comme une leçon spirituelle ; sans la douleur de faire ce que Dieu ordonne, il n’y a aucun gain spirituel.

    En anglais, l’une des premières attestations de la phrase vient du poète Robert Herrick dans ses "Hesperides". Dans l’édition de 1650, un poème de deux lignes a été ajouté :

NO PAINS, NO GAINS.

 

    If little labour, little are our gains:

 

    Man's fate is according to his pains.

AUCUNE DOULEUR AUCUN GAIN.

     À peu de travail, peu de gains :

     Le destin de l’homme dépend de ses douleurs.

     - Hesperides 752.

    Une version de la phrase a été conçue par Benjamin Franklin, dans son personnage de Poor Richard (1734), pour illustrer l’axiome "God helps those who help themselves" (« Dieu aide ceux qui s’aident eux-mêmes ») :
    Industry need not wish, as Poor Richard says, and he that lives upon hope will die fasting. There are no gains, without pains...
    « L’industrie n’a pas besoin de le souhaiter, comme le dit le pauvre Richard, et celui qui vit d’espoir mourra à jeun. Il n’y a pas de gains, sans douleurs... »

     - tel que réimprimé dans The Way to Wealth (1758)

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/No_pain,_no_gain
& https://he.wikipedia.org/wiki/לפום_צערא_אגרא

 

    L’expression hébreu biblique peut être rapprochée également à l’expression française : « Tout travail mérite récompense » que l’on retrouve dans les Contes nouveaux et nouvelles nouvelles en vers de Henri Pajon (1753) les Éléments raisones de la gramaire françoise de Joseph Roullé (1797).
    Elle semble une adaptation de l’italien Per nulla il prete non canta messa (« Le prêtre ne chante pas la messe pour rien »).

    Mais venons-en à l’expression que l’on trouve dans l’Enseignement : Sans épreuve, point d’avancement ». On la retrouve dans plusieurs chapitres (La Révélation, Lois dites de Dieu, p.47 ; La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité, p.127 ; La Révélation, L'existence de Dieu est la négation de la matière & l'existence de celle-ci la négation de celle de Dieu, p.168, §2 ; La Révélation, L'arbre de la science de la vie du bien, p.176) ainsi que dans le Dixième principe : « Sachez qu'une grande épreuve / Sera votre récompense ».

    Il semble que c’est bien le Père qui y soit à l’origine. On ne la retrouve sous cette forme nulle part ailleurs que dans l’enseignement. Aurait-elle un lien avec l’expression wallonne : i n’a nole avance, souvent rendu en français (jusque dans le Nord de la France) par « il n’y a pas d’avance » et qui signifie « ça ne sert à rien. »

 

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Pascal - Pensées, édition de Port-Royal, 1670, p.303

Publié le par antoiniste

Pascal - Pensées, édition de Port-Royal, 1670, p.303

    [§] Dieu a créé l’homme avec deux amours, l’un pour Dieu, l’autre pour soi-même ; mais avec cette loi, que l’amour pour Dieu serait infini, c’est à dire sans aucune autre fin que Dieu même, et que l’amour pour soi-même serait fini et rapportant à Dieu.
    L’homme en cet état non seulement s’aimait sans péché, mais il ne pouvait pas ne point s’aimer sans péché.
    Depuis, le péché originel étant arrivé, l’homme a perdu le premier de ces amours ; et l’amour pour soi-même étant resté seul dans cette grande âme capable d’un amour infini, cet amour propre s’est étendu et débordé dans le vide que l’amour de Dieu a quitté ; et ainsi il s’est aimé seul, et toutes choses pour soi, c’est à dire infiniment.
    Voilà l’origine de l’amour propre. Il était naturel à Adam, et juste en son innocence ; mais il est devenu et criminel et immodéré ensuite de son péché.

Pascal, Pensées, édition de Port-Royal, 1670, p.303
source : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Pascal_-_Pens%C3%A9es,_%C3%A9dition_de_Port-Royal,_1670.djvu/383

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Boris Cyrulnik - le monde mental

Publié le par antoiniste

    Ce qui remplit notre monde mental, ce n’est pas le réel, c’est la représentation du réel par la rêverie et le récit.

 

Boris Cyrulnik, La nuit, j'écrirai des soleils,
Odile Jacob, Paris, 2019 - 304 pages

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Paul Jorion - La conscience et l'imagination

Publié le par antoiniste

    Une autre caractéristique de notre cerveau, c'est la conscience que nous avons de ce que nous faisons n'a pas été conçue comme un instrument qui nous permette de prendre des décisions. Quand les psychologues sont allés étudier, dans les années 1960, la question de la volonté, ils ont fait la découverte sidérante que les variations électriques correspondant à l'expression de sa volonté par un sujet apparaissent dans le cerveau après qu'a été réalisé l'acte dont nous imaginons qu'elle l'a déterminé. La représentation au niveau de la conscience de la volonté que nous allons poser un acte, ce que nous appelons notre « intention », n'intervient en fait qu'entre une demi-seconde et... dix secondes après que la décision d'agir a été prise au centre décisionnel du système nerveux alors que l'acte lui-même a pu être réalisé par le corps un dixième de seconde seulement après l'événement nerveux qui en a été le véritable déclencheur. Pour le dire d'une manière imagée : la conscience arrive longtemps après la bataille.
    Le psychologue qui a découvert cela est américain et s'appelle Benjamin Libet (1916-2007). La première hypothèse qu'il a émise, quand les faits lui sont apparus dans toute leur clarté, a été d'imaginer qu'il existait un mécanisme dans le cerveau permettant à une information de remonter le temps, ou bien que la volonté agit comme un effet de champ, mais sans que ce champ soit détectable « par un quelconque instrument de mesure objectif, physique » (1997 : 137). Son explication première n'a pas été que « volonté » est un mot dénotant un processus illusoire, une mésinterprétation de notre propre fonctionnement, mais que la volonté devait bien - comme nous l'imaginons spontanément parce que les mots de la langue nous le suggèrent fermement - décider des choses que nous allons accomplir. La seule explication possible était que la volonté remonte dans le temps pour poser les actes que nous supposons qu'elle détermine, seule manière de rendre compte du décalage observé (il avait calculé qu'il était d'une demi-seconde ; les recherches ultérieures ont montré qu'il pouvait aller jusqu'à dix secondes).
    Au début, avant que nous ne fassions intervenir l’inconscient dans le mécanisme décisionnel, la conscience était censée décider de tous nos actes, à l'exception des actes réflexes. Freud a ensuite opposé le conscient à l'inconscient, qui sont deux types de mécanismes causaux de notre comportement : la conscience prend certaines décisions, l'inconscient en prend d'autres ou introduit des distorsions dans nos décisions conscientes. Mais, avec la découverte de Libet, il n'y a plus – du point de vue décisionnel – qu'un seul type d'actes, déterminés par l'inconscient, la seule différence étant que certains apparaissent dans le « regard » de la conscience (avec un délai par rapport à l'acte posé), et d'autres non.
    Dans l'article où je proposais pour la première fois une théorie complète de la conscience tenant compte des découvertes de Libet, j'écrivais : « La conscience est un cul-de-sac auquel des informations parviennent sans doute, mais sans qu'il existe un effet en retour de type décisionnel. C'est au niveau de l'affect, et de lui seul, que l'information affichée dans le regard de la conscience produit une rétroaction, mais de nature “involontaire”, automatique » (Jorion 1999 : 179).
    La conscience est privée du pouvoir décisionnel que nous lui attribuons habituellement et, du coup, nous devons revoir le sens que nous assignons à des expressions communes telles que « avoir l'intention de », « vouloir », « faire attention à », « se concentrer », etc.
    Je suggérais alors de remplacer, pour souligner les implications de la nouvelle représentation, le mot « conscience » par « imagination », et le mot « inconscient » par « corps », pour conclure alors que toutes nos décisions sont en réalité prises par notre corps, mais que certaines d'entre elles (celles que nous avions l’habitude d'attribuer à notre « volonté ») apparaissent à notre imagination : « En réalité, la prise de décision, la volonté, a été confiée au corps et non à l'imagination » (ibid. : 185).
    Les observations de Libet et la nouvelle représentation de nos prises de décision qui en découle ont d'importantes conséquences pour nous, en particulier quand nous cherchons à définir un mode de vie nous permettant de vivre enfin en bonne entente avec notre planète.

Paul Jorion, Le dernier qui s'en va éteint la lumière, Essai sur l'extinction de l'humanité
Fayard, Paris, 2016, C'est quoi, notre espèce ?, p.144

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Léon Meunier - l'archétype humain

Publié le par antoiniste

    [...] Son humilité se refuse à se laisser décerner le privilège et l'exclusivité de la divinité. Rien ne lui répugne plus que l'orgueil, il n'aime pas qu'on encense sa personnalité, la mission qu'il est venu accomplir n'est point purement personnelle, elle regarde l'universalité des hommes. Lui-même est l'archétype humain.

Léon Meunier, Le vrai message de Jésus, p.79
Les Éditions Jean Meyer (B.P.S.), Paris, 1929

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Camille Lemonnier - Les événements de la vie

Publié le par antoiniste

    — Les événements de la vie, de suggéra-t-il en faisant un pas plus décisif vers la Vérité, ne sont que la projection de nos idées et de nos actes en dehors de nous. Toute chose qui arrive est l'aboutissement de nos bonnes et de nos mauvaises pensées et déjà réside au fond de nous, latente, en sa résultante finale, avant même d'être accomplie. Nous marchons en aveugles sous des forêts dont les racines s'enfoncent dans le terreau de nos actes.

Camille Lemonnier, La Fin des bourgeois, p.135
Éditions Labor, Espace Nord 31, Bruxelles, 1986

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« 1946 » Antonin Artaud - Les Malades et les médecins

Publié le par antoiniste

 « 1946 » Antonin Artaud

Les Malades et les médecins

   

La maladie est un état.
La santé n’en est qu’un autre,
plus moche.
Je veux dire plus lâche et plus mesquin.
Pas de malade qui n’ait grandi.
Pas de bien portant qui n’ait un jour trahi, pour n’avoir pas voulu être malade, comme tels médecins que j’ai subis.
 
J’ai été malade toute ma vie et je ne demande qu’à continuer. Car les états de privation de la vie m’ont toujours renseigné beaucoup mieux sur la pléthore de ma puissance que les crédences petites-bourgeoises de :
LA BONNE SANTÉ SUFFIT.
 
Car mon être est beau mais affreux. Et il n’est beau que parce qu’il est affreux.
Affreux, affre, construit d’affreux.
Guérir une maladie est un crime.
C’est écraser la tête d’un môme beaucoup moins chiche que la vie.
Le laid con-sonne. Le beau pourrit.
 
Mais, malade, on n’est pas dopé d’opium, de cocaïne ou de morphine.
Et il faut aimer l’affre
                                 des fièvres,
la jaunisse et sa perfidie
beaucoup plus que toute euphorie.
 
Alors la fièvre,
la fièvre chaude de ma tête,
— car je suis en état de fièvre chaude depuis cinquante ans que je suis en vie, —
me donnera
mon opium,
— cet être, —
celui,
tête chaude que je serai,
opium de la tête aux pieds.
Car,
la cocaïne est un os,
l’héroïne, un sur-homme en os,
 
                            ca i tra la sara
                            ca fena
                            ca i tra la sara
                            ca fa
 
et l’opium est cette cave,
cette momification de sang cave,
cette raclure
de sperme en cave,
cette excrémation d’un vieux môme,
cette désintégration d’un vieux trou,
cette excrémentation d’un môme,
petit môme d’anus enfoui,
dont le nom est :
                         merde,
                         pipi,
con-science des maladies.
 
Et, opium de père en fi,
 
fi donc qui va de père en fils, —
 
il faut qu’il t’en revienne la poudre,
quand tu auras bien souffert sans lit.
 
C’est ainsi que je considère
que c’est à moi,
sempiternel malade,
à guérir tous les médecins,
— nés médecins par insuffisance de maladie, —
et non à des médecins ignorants de mes états affreux de malade,
à m’imposer leur insulinothérapie,
santé
d’un monde
d’avachis.
 
                                                    Antonin Artaud

 

 

 

http://www.florilege.free.fr/florilege/artaud/lesmalad.htm

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Léon Denis - acheminement vers des phénomènes plus nobles

Publié le par antoiniste

    Les manifestations de la table ne sont que le vestibule du spiritisme, un acheminement vers des phénomènes plus nobles et plus instructifs. Ne vous attardez pas aux expériences physiques ; mais, lorsque vous en aurez retiré ce qu’elles peuvent vous procurer de certitude, cherchez des modes de communication plus parfaits, susceptibles de vous conduire à la véritable connaissance de l’être et de ses destinées.

Léon Denis, Dans l'invisible (p.266)
Phénomènes physiques, les tables
Librairie des Sciences Psychiques, Paris, 1911

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Berkeley - Les préjugés et les erreurs

Publié le par antoiniste

    Les préjugés et les erreurs des sens se découvrent de tous côtés à notre vue. Nous essayons de les corriger par la raison, et nous voilà insensiblement conduits à des paradoxes inouïs, à des difficultés, à des contradictions, qui se multiplient sous nos pas à mesure que nous avançons dans la spéculation. A la fin, après avoir erré dans bien des labyrinthes, nous nous retrouvons juste où nous étions, ou, ce qui est pis, nous nous fixons dans un misérable scepticisme.

George Berkeley, Les principes de la connaissance humaine,
Introduction, 1., p.3
A. Colin (Paris), 1920

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