Eklablog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

protestantisme

Cheratte et ses Protestants

Publié le par antoiniste

    Depuis 1848, le temple de Liège prospectait dans la région. Le temple de la ville de Visé se trouve en fait dans la commune de Cheratte, et ce depuis 1906 (Rue Vieille Voie 18). Son architecte est Henri Sauveur de la ville d'Herstal, qui est à l'origine de nombreux autres temples protestants (Verviers, Herstal, Amay, Houtain près d'Oupeye, Seilles près d'Andenne).
    Mais l'événement déclencheur de l'arrivée du protestantisme dans la ville avait peut-être été, en 1843, un conflit qui avait surgi entre le curé de la paroisse, M. Mathieu, et son marguillier (chantre) du nom de Grégoire. En 1850, le père de Marie-Anne Gérard-Bertrand donna peu avant de mourir, à son fils aîné une Bible en tenant les propos suivants en wallon : « Volà li liv’ di voss’ vêye » (Voilà le livre de votre vie) ; il était protestant. (Julien Maquet, Le temple de Cheratte et de Hornu, in la Société royale Le Vieux-Liège).
    Louis-Joseph Grégoire, probablement déjà influencé par les idées du protestantisme, décide alors de quitter l'Eglise catholique et de rejoindre le protestantisme avec sa femme et ses enfants. Il ne sera pas suivi par ses frères et soeurs. D'autres familles le rejoignent, entre autres une famille Ernotte. Le curé Mathieu s’en prend violemment aux dissidents, et de nombreuses familles catholiques mettent la famille Grégoire en quarantaine, l'excluant de toute relation de voisinage. Cette famille doit quitter Cheratte et part se réfugier à Wandre. (Les Protestants à Cheratte, in www.cheratte.net)
    Le temple antoiniste comme le temple protestant se trouvent le long de la Meuse. Le temple protestant a été rénové en 2009.

Voir les commentaires

Flémalle-Grande - Temple protestant

Publié le par antoiniste

Flémalle-Grande - Temple protestant

    Flémalle compte un des plus anciens temples protestants de la région. La paroisse de Flémalle a été créée en 1862 comme annexe de la paroisse de Seraing-Haut. Le temple est construit en 1896 avec des proportions importantes dans la Rue de la Fontaine n°256, rue qui fait la continuation de la rue des Priesses de Mons-lez-Liège, où est située la maison de naissance du Père Antoine. Il est donc presque certains que le petit Louis Antoine a fait connaissance avec des protestants, avant de travailler dans la métallurgie puis en Allemagne.
    Il n'y a que le quartier du Haut Laveu qui sépare Flémalle-Grande de Jemeppe.

Flémalle-Grande - Temple protestant

 

Flémalle-Grande - Temple protestantFlémalle-Grande - Temple protestant

Intérieur du Temple protestant de Flémalle (walloniebienvenue.com)

Voir les commentaires

Seraing et ses Temples protestants

Publié le par antoiniste

Seraing et ses Temples protestants

    La ville indissociable de la figure de l'industriel John Cockerill (il s'y installe en 1817) a un passé protestant important. John Cockerill se rattache à l'Église protestante de Liège qu'il soutient financièrement et il engage des ouvriers allemands. La communauté protestante de Seraing-Haut, dans le quartier Lize (à quelques mètres du Temple Antoiniste) vit le jour vers les années 1840. L'église est construite en 1852 avec une façade encore discrète.

Seraing et ses Temples protestants

    Le temple du Centre (quartier en pleine reconversion) est construit en 1900, et est un témoignage du cheminement de l'architecte Paul Jaspar vers l'Art nouveau.

Voir les commentaires

Spa et son Temple protestant

Publié le par antoiniste

Spa - et son Temple protestant

    Spa possède le plus ancien temple protestant encore en service et inchangé. Proche du pays de la Réforme et ville thermale, Spa accueille depuis très tôt une communauté protestante. Au début du XIXe siècle, les anglicans disposent d'une salle au Waux-hall, proche de là où sera construit le temple antoiniste. Puis un temple leur a été consacré en 1876 (dans le Boulevard des Anglais). Ce temple anglican, de style Tudor, était le plus grand de toute l'Europe continentale. Mais celui-ci a été détruit peu avant 1970.
    Le temple protestant actuel a été achevé en 1877 (rue Brixhe 24) dans un style néogothique par l'architecte Jean Legros, inspecteur des travaux de la Ville de Spa. Signalons qu'on ne trouve pas de Rue du Temple à Spa, mais bien une Rue du Père Antoine (devenue maintenant Avenue du Père Antoine).

Voir les commentaires

Liège - les Temples protestants

Publié le par antoiniste

    Liège, grande ville du Prince-Évêque, si proche du pays d'origine du protestantisme, a vite été conquise par les nouvelles idées. Elle compte, comme la région, plusieurs temples protestants. Citons tout d'abord le premier (depuis 1819) qui se situé, avant sa destruction en 1937, juste à côté du temple antoiniste dans la rue Hors-Château (et non Sous-le-Château comme l'indique cette carte postale erronément).

Liège - les Temples protestants

    Il s'agissait alors de la chapelle des Ursulines. La commune demandait sa destruction pour faciliter l'accès des camions de la caserne de pompier qui se situe derrière. La commission royale d'art et d'archéologie envisageait plutôt la destruction du temple antoiniste ou le déménagement de la caserne, et voulait classer comme monument historique le temple protestant. Finalement il a été détruit, et l'emplacement est resté vide pendant de longues années. Maintenant un bâtiment qui déplairait encore plus que le temple antoiniste à la Commission remplit l'espace vide.

Liège - les Temples protestants

    Le prochain temple protestant à avoir été construit est celui de la Rue Lambert-le-Bègue, n°6-8 en 1860 dans un style éclectique à dominante néo-romane, par l'architecte Alfred Guilleaume.

 

Liège - les Temples protestantsLiège - les Temples protestants


 

 

 

 

 

 

 

 

   Puis deux suivront encore après l'établissement du culte antoiniste et la construction du temple antoiniste à Liège, la ville restant peu receptive au culte du Père Antoine : ce sont celui du Quai Godefroid Kurth 1, en 1930, dite église de la Rédemption, de style moderniste, art déco, par l'architecte et pasteur H. Havill Stanley, et celui du Quai Marcellis 22, en 1932 en art déco, par l'architecte Georges Appia (de Paris) et l'ingénieur John Soubre.
    On voit que le style art déco qui déplaisait tant à la Commission a également été choisi pour les temples protestants de la ville.

Liège - les Temples protestantsLiège - les Temples protestants

 

 

 

 

 

 

 

    L'intérieur des temples du Quai Marcellis et de la rue Lambert-le-Bègue symbolise encore bien les similitudes entre les dépouillements antoinistes et protestants.


Crédit photo : Fernand Antonioli
Tous droits réservés - Groupe FaceBook EPUB Liège-Marcellis - Communauté protestante libérale de Liège
et Eglise Protestante de Liège Lambert-le-Bègue

Voir les commentaires

Sprimont et Nessonvaux et ses Protestants

Publié le par antoiniste

     Nessonvaux et Sprimont ont été les premières "champs de travail" (respectivement 1845 et 1846) pour être prospectés successivement et parallèlement par le pasteur du Temple protestant de la rue Hors-Château à Liège

Sprimont - Protestants de Nessonvaux
Sprimont - Rue de la Poste (à gauche, le temple protestant)

    Le Temple protestant de Sprimont était dans la Rue de la Poste, aujourd'hui rue du Centre. La Rue Jean Schinler est la continuation de cette rue et s'appelait avant Rue du Centre (pour les anciens elle était la rue de la Foire). Les deux temples étaient à 10 min. à pied l'un de l'autre. Le temple protestant a subsisté jusqu'en 1965, et une banque l'a remplacé.

Sprimont - Protestants de Nessonvaux
Nessonvaux - Temple protestant

Le temple de Nessonvaux, plus au nord, existe encore et sert de Centre protestant avec Carrefour de jeunes et Centre de Rencontres et d'Hébergement.

Voir les commentaires

Verviers - les Temples protestants

Publié le par antoiniste

    Dans la région de Liège, Verviers, grandes villes industrielles (de textiles principalement) possède plusieurs temples protestants, dont le plus ancien de Belgique, à quelques mètres du temple antoiniste, à Hodimont :

Verviers - les Temples protestants

Hodimont - Rue du Temple
La vieille bâtisse avec le toit en appentis est le plus vieux temple protestant de Belgique (1711).

Verviers - les Temples protestants

Hodimont - Rue du Temple (aujourd'hui, Rue de Hodimont)
La configuration des rues n'a pas changée. Le temple a été complétement reconstruit au début des années 80.

Verviers - les Temples protestants

Les Frères de Plymouth occuperont le temple de la rue Donckier, construit en 1878, puis occupé par des Allemands lorsque la communauté construit, non loin de là, le temple de la Rue Laoureux en 1912.

Verviers - les Temples protestants

Verviers - Temple Évangélique, rue Laoureux

Endomagé par les bombardements en 1944, puis dégradé par le temps, il a été rénové en 2005. cf. Le Soir

Verviers - les Temples protestantsVerviers - les Temples protestants

 

extérieur actuellement
http://verviers-ville-lainiere.blogspot.com/p/prtestentisme.html


intérieur
Les temples protestants les plus vieux sont à Verviers et Eupen
lacapitale.be

Voir les commentaires

Protestants à Liège et environs

Publié le par antoiniste

 Protestants à Liège et environs

    La vieille bâtisse avec le toit en appentis est le plus vieux temple protestant de Belgique (1711). Il a été complétement reconstruit au début des années 80.


    Autre lieu de propagation du protestantisme en Belgique, avec le Hainaut, la province de Liège abrite plusieurs temples protestants (cf. le livre Le patrimoine protestant de Wallonie), dont le plus anciens du pays, à Hodimont (Verviers). Pendant l'époque des Églises clandestines, une petite enclave protestante subsiste en Outremeuse des États, c'est-à-dire à Olne et Dalhem, dans la partie du duché de Limbourg restée sous le contrôle des Provinces-Unies. De grands entrepreneurs protestants wallons, anglais ou allemands, comme John Cockerill, Johann Heinrich Peltzer, Georges Brugmann ou Jacques Engler, introduisent la Révolution industrielle en Wallonie, notamment à Verviers et Seraing. D'autres réfugiés wallons partis en exil vont fonder l'industrie sidérurgique en Suède sous la conduite de Louis de Geer (Liège 1587 - Amsterdam 1652).
    Dans les enclaves des Provinces-Unies (partie du duché de Limbourg), les communautés ont toujours été présentes, par exemple, en 1818, le pasteur Roediger des paroisses de Verviers-Hodimont, Dalhem et Olne, dessert aussi la paroisse protestante de Spa. Dans cette région, on applique le principe du simultaneum qui permet le partage d'une église entre les communautés catholique et protestante :
 - Olne - Église Saint Sébastien - Place Léopold Servais, 4877 Olne
 - Dalhem - Église Saint-Pancrace - Rue du Général Thys, 4607 Dalhem
    La communauté compte les grands noms de Henri Pirenne (Verviers 1862 - Uccle 1935) et Émile de Laveleye (Bruges 1822 - château de Doyon à Havelange, entre Huy et Marche-en-Famenne 1892, professeru d'économie politique à l'Université de Liège), l’historien Jean Sleidan, le pédagogue Jean Sturm.
    L’œuvre d’évangélisation se développe vers les localités proches et les faubourgs de Liège. Sont cités, dans les archives, comme « champs de travail » pour le pasteur et la communauté : Nessonvaux (1845), Sprimont (1846), Cheratte et Lize-Seraing (1853), Jupille, Beyne-heusay et Lantin (1863), La  Préalle (1867), Montegnée, Ans, Paifve, St Gilles, St Nicolas, Le Pansy sont successivement et parallèlement prospectés. Plusieurs lieux de culte seront créés dont certains subsistent encore.
    Les temples protestants de la région de Liège sont ceux de :
 - Hodimont (1711) - Montagne de l'Invasion 8 (anc. Rue du Temple), 4800 Verviers
 - Liège (1819-1937) - Rue Hors-Château 19 (alors à côté du temple antoiniste), 4000 Liège
 - Liège (1860) - Rue Lambert-le-Bègue, 6-8, 4000 Liège (éclectique à dominante néo-romane, arch. Alfred Guilleaume)
 - Liège (1930) - Quai Godefroid Kurth 1, 4020 Liège (église de la Rédemption) (moderniste, art déco, arch. pasteur architecte H. Havill Stanley)
 - Liège (1932) Quai Marcellis 22, 4020 Liège (art déco, arch. Georges Appia (de Paris) et ingénieur John Soubre)
 - Spa (1877) - rue Brixhe 24, 4900 Spa (néogothique, arch. Jean Legros)
 - Flémalle (1896) - Rue de la Fontaine 256, 4400 Flémalle
- Seraing (1852) - Rue du chêne 384, 4100 Seraing
 - Seraing (1900) - Rue Ferrer 100, 4100 Seraing (témoignages du cheminement de l'architecte Paul Jaspar vers l'Art nouveau)
 - Nessonvaux (1901) - Rue Gomélevay 62, 4870 Trooz (devenu Centre protestant de Nessonvaux. Carrefour de jeunes a.s.b.l.. Centre de Rencontres et d'Hébergement)
 - Cheratte (1906) - Rue Vieille Voie 18, 4602 Visé (arch. Henri Sauveur d'Herstal)
 - Amay (1911) - Rue de l'Industrie 7, 4540 Amay (arch. Henri Sauveur, après les plans d'un projet de l'architecte Siméon Dupont)
 - Verviers (1912) - rue Laoureux 33-35, 4800 Verviers (arch. Henri Sauveur)
 - Herstal (1925) - Rue du Temple 15, 4040 Herstal (arch. Henri Sauveur)
 - Houtain-Saint-Siméon (ca. 1925) - 4682 Oupeye (arch. Henri Sauveur)

    Dans les Cantons rédimés, naturellement les temples protestants sont également anciens :
 - Neu-Moresnet (1857) - Eglise Saint-Jean - Hasardstraße 8, 4721 Kelmis/La Calamine
 - Eupen (1855) - Friedenskirche - Klötzerbahn 32, 4700 Eupen
 - Saint-Vith (1847-bombardée en 1944, détruite en 1945)
 - Malmédy (1985) - Mattäuskirche - Rue de l'Abbé Peters 42, 4960 Malmédy

    Alleur compte un temple moderne dans la Rue François Ennot 91 (4432 Ans-Alleur). À Grâce-Hollogne (Rue Grégoire Chapuis), on trouve également un temple construit en 1980 après la fusion de deux communautés (Liège et Grâce-Hollogne).

Voir les commentaires

Protestants à Tournai et environs

Publié le par antoiniste

Rongy - Le Temple protestant

    La région de Tournai était une terre de propagation du protestantisme, du fait d'être une ville de garnison (avec à Namur, Menin, Furnes, Comines-Warneton, Ypres) pendant le Traité de la Barrière. Deux temples réformés sont ouverts (l’un francophone et l’autre néerlandophone) avec deux pasteurs payés par le gouvernement hollandais. Grâce aux registres de ces Églises de la Barrière, on peut affirmer que les protestants de Rongy, Lecelles, Saint-Amand-les-Eaux et Valenciennes viennent faire baptiser leurs enfants, communier à Pâques ou célébrer un mariage à Tournai. [source].
    Tournai fut démantelée par ordre de l'empereur Joseph II en 1782, mais quelques communes des environs possèdent encore un temple protestant (cf. le livre Le patrimoine protestant de Wallonie) :
 - Rongy (1785 puis début XIXe) - Rue du Temple 16, 7623 Brunehaut
 - Taintignies (1869 puis 1909) - Rue du Temple 8, 7618 Rumes

Protestants à Tournai et environs
source : Temple protestant de Nomain (FaceBook Nomain Rétro)

    Se trouvent maintenant en France :
 - Hameau de Lannay (1822) - 23, rue de Lannay, 59310 Nomain (proche de Mouchin et d'Aix)
 - Petit Baisieux (1841) - 1 Place Victor Hugo, 59780 Baisieux
 - Maulde (ca. 1600, rebâti en 1811, agrandi en 1854, rebâti en 1862, agrandi en 1869) - 1303 Rue de Chorette, 59226 Lecelles (arch. Théodore Lepers ?)
 - Saint-Amand (1955) - 45-47 Rue Barbusse, 59230 Saint-Amand-les-Eaux.
source : http://huguenotsinfo.free.fr/temples/departements/dep59.htm

    Maintenant en Flandre Orientale, le village de Geuzenhoek (Korsele 40 dans la commune de Horebeke, rattaché maintenant à Sint-Maria-Horebeke) abrite un temple (la Oude Kerk), construit en 1795. Puis s'y ajoute une école en 1820, un cimetière en 1824, un presbytère en 1841 et la Nieuwe Kerk en 1872. C'est la seule église protestante calviniste qui subsiste dans la campagne flamande depuis la Réforme. Depuis 1989, l'ancienne école protestante abrite le musée Abraham Hans (1882-1939), professeur et écrivain dont le musée est la maison natale.

Voir les commentaires

Laurence Druez et Julien Maquet - Le patrimoine protestant de Wallonie (2017)

Publié le par antoiniste

Laurence Druez et Julien Maquet - Le patrimoine protestant de Wallonie (2017)

Auteurs : Laurence Druez et Julien Maquet
Titre : Le patrimoine protestant de Wallonie. La mémoire d'une minorité
Éditions : IPW (Institut du Patrimoine wallon), Namur, 2017 (409 p.)

Présentation de l'éditeur :
    Coédité par les Archives générales du Royaume et l'Institut du Patrimoine wallon, ce livre richement illustré vise à faire connaître, dans toute leur diversité et dans leur contexte historique, les édifices les plus emblématiques du culte protestant en Wallonie. A travers l'étude de leur conception, de leur construction, de leur aménagement, de leurs évolutions extérieures et intérieures, de leur environnement et de leurs multiples fonctions, le lecteur découvre l'identité complexe d'une minorité religieuse discrète, mais vivante et largement méconnue, et ses mentalités, révélatrices d'un rapport à l'espace et au temps.

Description :
    Basé sur des enquêtes de terrain et sur des dépouillements de nombreux fonds d'archives peu exploités, ce livre vise à faire connaître, dans toute leur diversité et dans leur contexte historique, les édifices les plus emblématiques du culte protestant de Wallonie. À travers l'étude de leur conception, de leur construction, de leur aménagement, de leurs évolutions extérieures et intérieures, de leur environnement et de leurs multiples fonctions – pas seulement cultuelles – le lecteur découvrira l'identité complexe d'une minorité religieuse discrète, mais vivante et largement méconnue, et ses mentalités, révélatrices d'un rapport à l'espace et au temps. Fruit d'un partenariat entre les Archives générales du Royaume et l'Institut du Patrimoine wallon, cet ouvrage met aussi en valeur un patrimoine documentaire riche et unique – mais menacé – qui constitue la mémoire du protestantisme belge et contribue à une meilleure compréhension de son inscription dans notre société, marquée par le pluralisme religieux et philosophique.
source : http://www.arch.be/index.php?l=fr&m=actualites&r=toutes-les-actualites&a=2017-10-27-le-patrimoine-protestant-de-wallonie


    À lire une autre feuille de l'auteure, on se rend compte encore des similitudes entre cette communauté protestante et la communauté antoiniste, similitudes que j'avais déjà évoqué dans Une pensée religieuse en concurrence : la révélation du père des Antoinistes & la Bible des Protestants, ainsi que dans une petite comparaison des temples :
    Représentée aujourd'hui par environ 3 % de la population belge,  l'identité  protestante  reste  d' autant  plus diffi‡cile à  cerner  que  cette  minorité,  habituée  à  la  discrétion,  est largement  absente  de  la  mémoire  nationale  of‡ficielle et qu'elle-même ne dispose ni de véritable €figure de proue – à l'exception  de  quelques  personnages  emblématiques  –,  ni de  tradition,  de  culture  ou  d'élite  qui  auraient  marqué durablement notre société. [...]
    Par  conséquent,  les  traces  les  plus  visibles,  les  plus  durables  et  les  plus  concrètes  de  son  enracinement  en Belgique  résident  d'une  part  dans  ses  édifi€ces  de  cultes  – appelés  communément  'temples'  –,  qui  constituent  un patrimoine  matériel  largement  ignoré  et  qui  pourtant marquent  de  leur  empreinte  le  paysage  et  l'environne-ment  bâti  de  notre  pays,  d' autre  part  dans  ses  archives conservées le plus souvent dans ces bâtiments. [...]

Un patrimoine à découvrir
    Tantôt  modestes  ou  même  banalisés,  tantôt  monumentaux  et  ressemblant  à  s'y  méprendre  aux  édi€fices  catholiques  –  dont  ils  se  démarquent  surtout  dans  l'organisation de leur espace intérieur –, ils présentent une grande diversité  de  styles,  de  formes,  de  plans,  de  conceptions, de  matériaux,  d'espaces  et  reflètent  le  caractère  pluriel de l'identité protestante et la superposition des courants ecclésiaux qui composent le protestantisme belge.
    Le  culte  véritable  des  protestants  se  déroulant  dans  le cœur des croyants, les temples, qui ne sont pas des 'mai-sons de Dieu' – la sacralité portant non sur les lieux, mais sur  les  personnes  lorsqu'elles  sont  réunies  –,  répondent avant  tout  aux  besoins  fonctionnels  et  organisationnels des communautés. Il en découle une grande liberté dans leur  utilisation  qui  témoigne  d'une  capacité  d' adaptation,  d'une  valorisation  du  séculier  –  revêtu  d'une  dignité  particulière  –  et  même  d'un  rapport  décomplexé aux  réalités  matérielles.  

Une mémoire à sauvegarder
    En  l' absence  de  directives  émises  à  l'intention  de  l'en-semble   des   Églises   protestantes   de   Belgique   –   seule l'Église Protestante Unie de Belgique en a publié pour les paroisses  de  son  ressort  –,  les  situations  varient beau-coup,  mais  on  constate  que  souvent,  ces  archives  sont lacunaires,  faute  d' avoir  existé  un  jour  ou  fait  l'objet  de l' attention  su‡ffisante.  Indépendamment  de  la  présence ou  non  d'un  responsable  des  archives  et  des  locaux disponibles, les négligences ou réticences en la matière sont révélatrices,  en  dépit  d'un  attachement  universel  aux Écritures, d'un rapport variable et ambigu à l'écrit en général et peuvent s'expliquer par une habitude de l'invisibilité  –  survivance  inconsciente  des  persécutions  –,  par une certaine culture de l' anonymat et le refus de mettre en  évidence  les  actions  des  individus  au  détriment de l'épanouissement communautaire, par l'inscription principale  dans  le  temps  présent,  ou  tout  simplement  par  la relative jeunesse de certaines Églises, peu soucieuses encore d'établir des racines, bien que les plus anciennes ne soient  pas  toujours  les  plus  attentives  à  leur  patrimoine documentaire. [...]
    Fonder une communauté protestante ne requiert aucune formalité  juridique  ni  administrative  ;  procéder  à sa  fermeture non plus. Si cette souplesse institutionnelle peut expliquer la permanence du culte protestant en Belgique depuis près de 500 ans et son essor rapide à partir du XIXe siècle,  elle  constitue  aussi  un  facteur  de  précarité,  dont la  conscience  en  tant  que  minorité  religieuse  longtemps persécutée,  associée  au  souci  des  communautés  de  laisser  un  témoignage  de  leur  action  au  cas  où  elles  viendraient à disparaître, fournit une puissante motivation à la préservation de leurs archives qui, par ailleurs, en tant que sources de connaissance de leur passé, peuvent avoir une  fonction  référentielle  dans  leur  direction  spirituelle ou matérielle.
    Ces  archives  méritent  d' autant  plus  d' attention  que, lieux  de  culte,  de  vie  et  de  mémoire  locale  attestant  de l'enracinement  dans  notre  société  d'une  confession religieuse  numériquement  faible,  mais  bien  vivante  et  de son intégration dans un environnement jadis hostile, les temples protestants, qui en sont aussi les gardiens et les lieux  fréquents  de  conservation,  sont  fragiles.  Par  leur fonction  d' abord  utilitaire  –  tempérée  par  les  liens  pro-fonds qui les unissent parfois à leurs occupants, attachés à  des  souvenirs  personnels  et  à  des  racines  familiales  –, ils  sont  toujours  susceptibles  d'être  délaissés  pour  une autre adresse et même, menacés de destruction.
source : http://www.arch.be/docs/events/2018_56sci_fr_protestantisme.pdf


    À voir également le petit reportage de RTC Télé Liège sur le Temple de Seraing.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 > >>