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antoinisme

Jean Leroy - L'antoiniste (1939)

Publié le par antoiniste

 source illustration : kikirpa

Leroy Jean

Arts plastiques - Dessin/Peinture/Sculpture/Tapisserie
Professionnel

Né le 24/02/1896 - Décédé le 08/12/1939

Originaire de Péruwelz

©Maison de la culture de Tournai


‘La famille Leroy s’installe an 1910 à Tournai. Jean Leroy (Péruwelz, 24 février 1896 – Tournai, 8 décembre 1939) s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de la ville. Louis Pion incite ses élèves à peindre d’après des paysages dont ceux du Pays Blanc baignés d’une lumière particulière. Les tableaux de jeunesse de Joseph Lacasse, Marcel Degand, Jean Leroy... sont caractéristiques de la pédagogie du professeur. Après avoir tenté sa chance à Paris, Jean Leroy revient à Tournai où la vie reste difficile jusqu’à sa désignation comme professeur à l’Académie. Jean Leroy participa à la décoration de l’église de Bléharies à la demande d’Henry Lacoste. Excellent dessinateur et peintre figuratif, Jean Leroy va étonner, à partir de la fin des années 30, en présentant des œuvres expressionnistes qui font, aujourd’hui, sa réputation dans les arts plastiques belges. Il poursuit une œuvre inspirée de ses proches et de son environnement. Il réalisera ainsi des portraits d’antoinistes, des ouvriers carriers, des bateliers,…Il a laissé de très beaux portraits dont ceux d’André Dumortier, de George Grard. Jean Leroy s’adonne également à la sculpture et au carton de tapisserie. Hélas, il décède prématurément à 43 ans, le 8 décembre 1939’. (D’après Norbert Gadenne Jean Leroy: 1896-1939, Charleroi Institut Jules Destrée, 1985 - Nos artistes). Après une rétrospective à Tournai, en 1949, Jean Leroy retombe dans l’oubli. C’est grâce à l’attention continue de son ancien élève Edmond Dubrunfaut que Jean Leroy refait surface dans l’histoire de l’art. ’Il livre entre 1938 et 1939 parmi ses plus belles œuvres, qui font aujourd’hui de Jean Leroy le seul véritable expressionniste en Hainaut, Les Mangeurs, La Tricoteuse ou Le Buveur, plaçant toujours la figure humaine au centre de ses préoccupations formelles.’ (XAVIER CANONNE Jean Leroy (1896-1939). In : Expressionnisme wallon. Bruxelles : Ed. Crédit communal, 1993. p / 28 -extrait). Extrait de 50 artistes et les Plaines de l’Escaut

source : http://www.acho.be/Fr/artistes/detail.aspx?id=ARTISARTI221#

cf. la page wikipedia

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L'Arbre de la Science de la Vue du Mal

Publié le par antoiniste

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Recours à la médecine conventionnelle

Publié le par antoiniste

    Alors que Louis Antoine estimait que la guérison véritable ne s'obtient que par des moyens spirituels, on se rend compte que le recours à la médecine conventionnelle est, aujourd'hui, une pratique totalement banalisée chez les adeptes. En ce sens, les antoinistes sont dans une démarche complémentaire, c'est-à-dire que la prière du guérisseur sert à renforcer l'efficacité des traitements donnés par le médecin ou à aider ce dernier à établir un diagnostic. Il s'agit là, pour des populations issues des catégories sociales inférieures, d'une forme de réappropriation des soins préconisés par la médecine conventionnelle.

Anne-Cécile Bégot, La construction sociale de l’efficacité thérapeutique au sein de groupes religieux
Science Chrétienne et Antoinisme - Revue en ligne Ethnographiques Numéro 15 - février 2008

source : http://www.ethnographiques.org/2008/Begot.html#5

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Dieu est invisible pour tout ce qui est matière

Publié le par antoiniste

    "Dieu est invisible pour tout ce qui est matière" (La Révélation, La Foi sauvegarde contre la mauvaise pensée).

    Louis Antoine vivait à une époque où la médecine se voyait inutile pour une grand nombre de personne, on les appelait les "renoncés", on dirait maintenant les incurables. C'est ceux-là auxquels Louis Antoine proposait son soutien, sa compréhension, sa bonté, bref ses fluides dirait-il.
    De nos jours, la médecine, grâce aux lois de l'homme, a fait de grands progrès, et nous savons si nous pouvons guérir d'une grippe et comment. Alors servons-nous de nos lois sur la matière pour permettre à notre conscience d'être apaisée et pouvoir progresser : "à l'oeuvre donc dans ces moments de répit ! Nous y ferons un progrès, nous y retrouverons à la fois le remède et le bonheur". (La Révélation, Être ou paraître)
    Personne n'a à vous dire comment et si vous devez vous soignez. Mais comme "rien n'est bien s'il n'est solidaire", faites vous aider par les médecins pour la matières, et pourquoi pas de l'Enseignement pour la conscience.

    Du point de vue de la doctrine strict, il serait même orgueilleux de croire qu'on nous sommes arrivé à un avancement moral suffisant nous permettant de ne pas recourir à la médecine pour dépasser l'épreuve : "plus sommes-nous faibles et plus forts nous croyons être : dupes des apparences, nous ne voulons pas pénétrer l'intérieur" (La Révélation, La Charité morale). De plus, pour que l'épreuve réussisse, il faut en sortir, donc guérir, et le plus vite est le mieux, donc peut-être en recourant aux lois de la matière : "N'est-ce pas agir contre la nature que de vouloir souffrir lorsqu'on peut l'éviter, espérant avoir un plus grand mérite, parce qu'il est dit que sans épreuve, il n'est point d'avancement ? [...] Souffrir volontairement, c'est la même chose, car ce n'est plus l'épreuve, c'est en quelque sorte repousser Dieu, refuser son amour. N'est-ce pas dans l'épreuve que nous avons surtout besoin d'autrui ? Le malade qui n'a pas la foi ne se rend-il pas chez le docteur ? Le but de la souffrance est de nous acquérir cette vertu. La patience et la résignation nous donnent le mérite d'être secourus ; notre foi nous inspire qui nous devons consulter afin de réaliser notre progrès. Souffrir volontairement, c'est mortifier son corps croyant se purifier l'âme, prolonger indéfiniment sa souffrance en vain ; c'est nier la solidarité, renoncer à l'oeuvre que nous poursuivons ; c'est dire que nous devons progresser isolément. Mais nous savons qu'il n'en est pas ainsi, qu'en prêtant notre concours à ceux qui nous sont inférieurs nous méritons d'être assistés par d'autres, supérieurs à nous". (La Révélation, Nous ne pourrions posséder ni la foi ni l'amour sans les acquérir par la pratique de la charité).

C'est peut-être une des choses les plus difficiles à comprendre dans l'Antoinisme. Et selon son degrès d'avancement, on le comprendra facilement et de suite, ou pas du tout. Moi-même, j'étais très réticent à cette idée (parce que je ne l'avais pas compris), alors qu'Andi l'avait compris.  Soeur Sylvia disait que pendant la lecture : "les mots ni les phrases ne sont rien, l'Amour qui en découle est tout" Bien sûr vous "entendrez" mais essayez d'écouter avec le coeur tout simplement.". Mais je n'y arrivais pas tant que j'étais bloqué par cette idée. Mais je sais que cela est normal : car Louis Antoine dit : "tous ceux qui m'écoutent ne me comprennent que d'après leur entendement. S'il en est qui se bornent à la lettre, ce n'est que momentané ; ils arriveront insensiblement à l'esprit en s'assimilant le fluide de la pensée qui pourra y pénétrer" (La Révélation, Le désintéressement & la foi, p.55).
    Je vais essayer maintenant, en puisant dans l'Enseignement, d'expliquer ce que voulait dire Louis Antoine :

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Comment nous souffrons :

Chaque fois que nous sommes à l'épreuve nous ressentons par notre manque d'amour un fluide qui nous terrasse, devant ceux que nous disons nos ennemis. Nous nous révoltons et nous nous accablons davantage, nous récoltons de mauvais fluides et nous croyons agir encore avec raison. Ce venin que nous dégageons nous revient parce qu'au lieu d'envisager notre épreuve comme une récompense, nous la prenons pour un mal. Nous nous attardons parfois dans ces fluides et notre santé s'altère à tel point que nous parvenons bien difficilement à la recouvrer. Elle est au prix du travail que nous devions fournir dans l'épreuve pour obtenir la parcelle de foi que comportait notre acte de dévoûment. (p.148)
[Car] la matière ne fait qu'égarer celui qui croit devoir passer par elle pour trouver des lois qui n'existent qu'ailleurs. (p.34)
La cause de tous nos obstacles, c'est nous-même, notre intelligence. (p.71)
Ce sont les fluides de nos actes accomplis dans les temps les plus reculés qui font nos épreuves. (p.50)
Le siège de toutes nos sensations est l'intelligence : Le cerveau, nos sens lui servent d'intermédiaire ; c'est par eux qu'elle nous dirige matériellement, qu'elle fait ses découvertes scientifiques. Disons donc que nos cinq sens sont les attributs de l'intelligence, de  notre âme imparfaite, âme de la matière, opposée à la réalité. Cependant le progrès démontre que nous devons surmonter la matière pour nous perfectionner. Lorsque nous sommes arrivés à ce point, celle-ci n'existe plus pour nous, les sens n'ont pas davantage de raison d'être. A quoi pourrait alors servir l'intelligence, puisqu'elle n'est créée que pour nos relations matérielles ? Par conséquent, dire que nous devons surmonter la matière, c'est dire que nous devons surmonter les sens et par suite la faculté par laquelle nous y correspondons, l'intelligence. (p.185)

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Comment nous pouvons penser guérir sans la médecine du corps :

Notre peu d'avancement nous empêche de reconnaître la réalité. (p.92)
En supposant même que nous ayons la foi, sommes-nous bien préparés pour savoir à quel moment l'épreuve va éclater ? Il faut une grande élévation, posséder déjà une partie de l'instinct du bien pour avoir toujours la bonne pensée, à même d'anéantir le fluide de la mauvaise. (p.23)

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Comment l'intelligence nous trompe et nous fait penser pouvoir guérir sans médecine du corps :

Tout ce qui provient de l'intelligence n'est que de la malice, s'il n'est basé sur la conscience. L'intelligence croit cependant qu'elle est le guide de l'humanité, que celle-ci ne peut s'améliorer que par elle. Quand elle n'est pas l'instrument de la conscience, l'intelligence se développe dans le vice ; tandis qu'elle devrait être la loi vivante, le reflet de celles qui ont été révélées pour servir d'exemple aux moins avancés ; voilà de quelle façon elle se pénètre plutôt du mal que du bien. (p.156)
Rendons-nous compte de notre situation et nous reconnaîtrons que les besoins factices nous dirigent dans le sens opposé à notre amélioration, qu'ils nous obligent à marcher vers le malheur plutôt que vers le bonheur ; nous en sommes véritablement l'esclave car ils nous font dépasser en tout la mesure du nécessaire. Voilà où nous voyons que l'intelligence est le siège de notre imperfection. Si elle était ce qu'on la croit généralement, pourrait-elle nous diriger de la sorte ? (p.179)
L'intelligence est incompatible avec la foi puisqu'elle est le siège de notre imperfection. Cependant elle se déploie de toutes manières, elle s'ingénie à pénétrer partout pour prêcher la morale, pour anéantir le mal dont elle est seule le moteur. Elle recourt à la prudence pour éviter l'épreuve qu'elle suscite et qui doit plutôt nous guérir. Voilà ce qui nous fait dire que la prudence, conséquence du doute, est une vertu au point de vue matériel, mais une faiblesse au point de vue moral. (p.XXXX)

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Comment et pourquoi nous devons nous soigner :

Si la matière existe nous n'en sommes que l'effet ; nous ne pouvons nous dispenser de respecter ses lois, nous devons nécessairement y obéir. Surmonter sa nature pour être d'accord avec le loi morale, est une chose impossible, car nous ne pouvons obéir à deux lois opposées l'une à l'autre et toutes deux naturelles, l'une matérielle et l'autre morale ; respecter l'une c'est enfreindre l'autre. Si nous devions surmonter la nature, ce ne serait plus elle qui produirait l'effet, mais celui-ci qui produirait la nature. (p.170)

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Pourquoi faut-il soigner aussi l'âme :

Soignant l'effet, elles [les personnes] ne peuvent être soulagées que temporairement, parce que la  matière ne peut s'assimiler qu'à la matière et non à l'âme où réside la cause. (p.78)
Demandons à l'âme de quoi elle souffre, c'est le seul point que nous devons viser. Elle souffrira aussi longtemps qu'elle imaginera la matière qui l'impose pour autant qu'elle croit en elle et dont elle doit s'affranchir. (p.169)
Nous disons que la matière n'existe pas parce que nous en avons surmonté l'imagination. Nous en trouvons la preuve dans la guérisons des maladies : un guérisseur quelque peu expérimenté sent la foi du malade et peut lui dire : "Vous êtes guéri." Il coupe littéralement le fluide qui le terrassait, c'est-à-dire son imagination ; il ne va pas directement au mal mais à sa cause. Voici une constatation qui peut-être grandement utile à ceux qui sont au contact de personnes souffrantes : certaines sont accablées de s'imaginer qu'elles ont une maladie grave, qu'il va leur survenir quelque désagrément. Cette pensée les tourmente moralement ; or tout personne qui présume avoir telle ou telle affection, souffre atrocement ; c'est la preuve qu'elle ne l'a pas, car si elle en était réellement atteinte, elle n'en souffrirait pas moralement puisqu'il n'y a que le doute qui puisse nous accabler ; dans la vérité il n'y a pas de souffrance morale. (p.158)

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Comment la foi nous protège ?

Elle [la foi] nous protège, nous n'apercevons plus aucun effet de la matière parce que nous n'avons plus d'imperfections. (p.118)
La foi annule toute loi que nous impose la matière, notre imperfection de laquelle nous sommes l'esclave. (p.157)
Nous ne souffrons que parce que la foi nous manque. Toutes nos souffrances ne proviennent-elles pas de ce que nous n'avons pas ? (p.10)


En résumé : si nous tombons malade, c'est que nous ressentons encore la matière qu'est notre corps. Et donc nous n'avons pas suffisamment la foi. Si nous aurions la foi, nous ne ressentirions plus la matière, nous ne ressentirions plus la souffrance dans notre corps.

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Guérison sur la foule

Publié le par antoiniste

    Le fluide du Père devenait si efficace, grâce à ces grands rassemblements de ferveur, qu'il put, à partir de Pâques 1910, au lieu d'imposer les mains à chaque malade en particulier, répandre le fluide du haut de la tribune sur la foule rassemblée dans le temple. Bientôt, il cessa tout à fait de recevoir des malades en particulier. Et peut-être le pouvoir de guérir, dans ces "opérations collectives", était-il plus puissant encore, à cause de a concentration des fluides et de ce sentiment de foi et d'amour qui unissait tous les esprits.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.272

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Les adeptes

Publié le par antoiniste

    Dans la salle au premier rang du public, s'étaient placés les adeptes : Debroux, Foccroule, Deregnaucourt, Hollange, Nihoul, et M. Delcroix, le professeur, avec son col blanc et sa jaquette noire, - tous les fidèles Vignerons (Pierre Dor manquait, - il avait abandonné Antoine pour suivre son propore chemin). Parmi eux étaient les femmes ; Mme Antoine, toute menue, toute grise, Mme Guillaume, Mmes Nihoul, Desart, Deregnaucourt, la femme Jeanfils. On se montrait une dame qui était venue d'Amérique, - une dame fort riche et bien habillée -, et qu'Antoine avait guérie. Derrière, jusqu'au fond, se serrait la foule, foncée de vêtements, avec les taches claires des chemises (on étouffait de chaud malgré les fenêtres ouvertes), et sur le fond sombre, de haut en bas, en longues lignes, en longs chapelets pâles, des visages et des visages.

        Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
        Ed. Labor - Espace Nord, p.266

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Le don de guérir

Publié le par antoiniste

    Sans relâcher une seconde la fixité de son regard, Antoine, que poussait toujours l'énergie mystérieuse, s'approcha encore, presque visage contre visage, puis recula un peu, et, sans détacher de lui ses prunelles, se mit à exécuter avec les deux mains un étrange manège. C'était comme s'il avait tiré de la poitrine du patient une matière invisible qui collait aux doigts. Cepandant il ne touchait pas le corps et l'on apercevait rien sur ses doigts, mais le geste était tellement celui de tirer à soi une pâte, qu'on aurait juré voir ce qu'on ne voyait pas. Et puis, de temps en temps, il rejetait sur le côté cette glu qui chargeait ses mains. A plusieurs reprises, il recommença. On entendait seulement la respiration lente et rauque du guérisseur, dont l'effort paraissit de plus en plus rude. Parfois aussi, entre les lèvres du patient, renaissait ce petit sifflement à peine perceptible.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.210

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Antoine le Guérisseur (La Liberté, Fribourg, Suisse, Jeudi 27 juin 1912)

Publié le par antoiniste

La Liberté, Journal politique, religieux, social - Fribourg, Suisse. - Jeudi 27 juin 1912

La Liberté, Journal politique, religieux, social - Fribourg, Suisse. - 42e année. - N°148 - Jeudi 27 juin 1912

Antoine le Guérisseur
    Un homme de Wallonie, une petit bourgeois belge, presque du peuple, est mort mardi, après avoir acquis, non seulement en Belgique même, mais un peu partout où il y avait des malades et des désespérés une célébrité et un crédit exceptionnels ; c'est celui qu'on appelait Antoine le Guérisseur. Il n'avait fait rien de moins que de fonder une secte, une espèce de christianisme mélangé de théosophie. Il prétendait guérir par la prière et l'imposition des mains, à la manière des christian scientists d'Angleterre et d'Amérique.
   Peu à peu des malades de l'âme comme du corps, des incurables, des déséquilibrés, des névropathes, avaient appris le chemin du pays de Jemmappes où Antoine avait son temple et tenait ses assises de médecine religieuse. Depuis plusieurs années, les "antoinistes" formaient une communauté éparse en divers lieux, mais fort nombreuse.
    Il y a quelques jours, la santé d'Antoine était devenue précaire et, lundi matin comme il se trouvait dans son temple, il s'affaisse subitement frappé d'apoplexie.
    On le transporta chez lui, où il reprit peu à peu ses sens.
    Sur ces entrefaites, un grand nombre de ses disciples, vêtus de soutanelles d'une coupe spéciale et coiffés d'immenses chapeaux, étaient accourus auprès du lit de leur maître.
   Antoine alors proféra : "Demain quelque chose de sérieux se produira." Puis il ajouta d'une voix sourde : "Je désire que ma femme me succède dans mon enseignement religieux."
    Antoine avait tardé beaucoup avant de faire sa rélévation et de se déclarer "l'homme de Dieu".
    Pendant nombre d'années, il fut un homme comme un autre, un simple employé à la division des forges et martelage de la société Cockerill. Il fut ensuite encaisseur à la Société anonyme des tôleries liégeoises. Puis il s'occupa d'assurances.
    Ensuite vinrent les prédications publiques. Antoine était alors déjà dans l'âge mûr.
    On le dit propriétaire des maison ouvrières qui entourent son temple. D'autres estiment sa fortune à 80,000 fr.
    Au temple où il prêchait, Antoine avait adjoint une imprimerie et publiait chaque semaine un journal populaire qui tirait à plus de 20,000 exemplaires et répandait ses doctrines.
    Il y a quelques mois, "les antoinistes" de Belgique avaient adressé aux Chambres une pétition demandant que la religion nouvelle fût reconnue par l'Etat (!!!) La pétition des fidèles du culte antoiniste portait cent mille signatures.
    Au temple, où le corps d'Antoine est exposé, l'affiche suivante a été apposée :
CULTE ANTOINISTE
        Frère,
    Le conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner aujourd'hui mardi matin 25 juin. Avant de quitter sin corps, il a tenu a revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous, Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine à dix heures.
    L'enterrement du Père aura lieu dimanche prochain, 30 juin, à trois heures.
                      Le conseil d'administration.
    Beaucoup d'incrédules ferment les yeux devant les merveilles de Lourdes, mais une superstitieuse crédulité les remplit de respect pour l'oeuvre de l'illuminé ou du charlatan Antoine.

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The New York Times (December 25, 1910)

Publié le par antoiniste

The New York Times - Another new religion (December 25, 1910)

                ANOTHER NEW RELIGION 

Wonderful Cures Sait to be Performed by Antoine, a Belgian. 

    Foreign correspondence THE NEW YORK TIMES

    LONDON, Dec. 14 - Yet another faith-healing religion has appeared, this time in Belgium, and the results that are said to be attained are quite as marvelous as in other cases.
    So remarkable are come of the cures reported to have been made that the Daily Mirror regarded it as worth while to send a special correspondent to the little town of Jemeppe-lez-Liège, where the headquarters of the sect are situated.
    The correspondent has come back with some curious photographs and an even more curious story. He says that the existence of the new religion has become generally known through a petition to the Belgian Parliament to obtain a legal status for it. It is called Antoinisme, and was founded a few years ago by a coal miner named Louis Antoine, who is now celebrated far and wide as "Antoine the Healer". His followers claim that they number 100.000, of whom 300, including his wife, are "adepts".
    Mrs. Guillaume, a middle-aged American lady who came specially from New York to be treated by Antoine, says she bas been practically cured of the chalky rheumatism which formerly compelled her to walk on crutches. She is herself an "adept" now with power to heal by faith, she says.
    Antoinists literally worship the leader. They believe that he knows all the world's happenings, though he never reads a newspaper. 
   Antoine is now 65, and confines his healing to ceremonies in the church he has built. They are the simplest services ever invented. They take place at 10A.M. on Monday, Tuesday, Wednesday, and Thursday - there are none on Sunday.
    At 9 A.M. the congregation assembles and an adept, Mr. Deregnancourt, who is the publisher of the sect's literature, takes his place at a desk under the raised platform. There is silence till 9:30. Then he announces that "operations" will take place at certain hours on certain days.
    He continues sitting perfectly still, not a muscle moving and his watery blue eyes fixed straight before him in an unblinking stare, until the stroke of 10, when every one rises and the Parent One enters through a side door and slowly walks up the steps to the rostrum, wearing a black cassock.
    Antoine faces the people for a full minute without moving, and then lifts his right hand toward the people and holds it extended for another minute, and that is all. He walks slowly out again. Those two minutes are the service. The "adept" remarks: "Every one whose faith is strong enough must be cured." The church empties silently.
    The correspondent was present a couple of days ago and was informed that the programme was always the same. If cures do not take place, of course the patients have not had enough faith.
    Antoine's iron-gray hair falls to his shoulders, and he wears a long beard. His second sight extends to America, said Mrs. Guillaume, for he told her that her husband had hurt his back in New York, and a week later came a letter from her daughter confirming it and adding that he had quickly got better. Mrs. Guillaume was told by Antoine that she need not worry about her husband's accident, as Antoine was in "fluidic communion" with him.
    Antoine cannot sleep much at night. He rests two hours, and the walks in his garden, which has electric lamps fitted up all round the walls. For six months Antoine has not spoken to any one. People come at all hours with all sorts of ailments and appeals.
    The "Good Mother", as Antoine's wife is called, or the housekeeper, or some other "adept", stands in front of the applicant and, turning her eyes upward slowly waves her hand in the air, which means that she is invoking Antoine the Healer. The patient then goes off smiling, cured by deputy. There is nothing to pay.
    It is three years since Antoine walked in the street. His little house is hidden away in the midst of a block of similar houses, and the spire of his church, which adjoins his home, rises high above the roofs. Antoine lives on vegetables only, and prepares them himself. He is a veritable hermit. When it is necessary to speak to him a telephone is used. Subscriptions are made for the maintenance of the church, but it was built partly with £800 Antoine had himself saved.
    The badge of the sect is "the tree of the knowledge of the sight of evil", represented by a white tree on a black ground.

The New York Times, December 25, 1910

 

Traduction :

                UNE AUTRE NOUVELLE RELIGION

De merveilleuses guérisons seraient réalisées par Antoine, un Belge.

    Correspondance étrangère THE NEW YORK TIMES

    LONDRES, le 14 décembre – Une autre religion qui guérit par la foi est apparue, maintenant en Belgique, et les résultats que l'on dit obtenus sont tout aussi merveilleux que dans d'autres cas.
    Les guérisons rapportées sont si remarquables que le Daily Mirror a jugé bon d'envoyer un correspondant spécial dans la petite ville de Jemeppe-lez-Liège, où se trouve le siège de la secte.
    Le correspondant est revenu avec de curieuses photos et une histoire encore plus curieuse. Il dit que l'existence de la nouvelle religion s’est fait connaître en général par le biais d'une pétition adressée au Parlement belge pour obtenir un statut légal pour elle. Elle s'appelle Antoinisme, et a été fondée il y a quelques années par un mineur de charbon nommé Louis Antoine, qui est aujourd'hui célèbre sous le nom de "Antoine le Guérisseur". Ses disciples affirment qu'ils sont au nombre de 100.000, dont 300, et parmi eux sa femme, sont des "adeptes".
    Mme Guillaume, une Américaine d'âge moyen venue spécialement de New York pour être soignée par Antoine, dit qu'elle est pratiquement guérie du rhumatisme calcaire qui l'obligeait autrefois à marcher avec des béquilles. Elle est elle-même une "adepte" qui a maintenant le pouvoir de guérir par la foi, dit-elle.
    Les antoinistes vénèrent littéralement le chef. Ils croient qu'il connaît tous les événements du monde, bien qu'il ne lise jamais un journal.
   Antoine a maintenant 65 ans, et sa méthode de guérison se limite à des cérémonies dans l'église qu'il a construite. Il s'agit des services les plus simples jamais inventés. Elles ont lieu à 10 h le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi – il n'y en a pas le dimanche.
    A 9 heures du matin, la congrégation se réunit et un adepte, M. Deregnancourt, qui est l'éditeur de la littérature de la secte, prend place à un bureau sous la plate-forme élevée. Le silence règne jusqu'à 9 h 30. Puis il annonce que des "opérations" auront lieu à certaines heures et à certains jours.
    Il continue d'être assis parfaitement immobile, sans bouger un seul muscle et ses yeux bleu marine fixés droit devant lui d'un regard fixe, jusqu'à 10 heures, quand chacun se lève et que le Père entre par une porte latérale et monte lentement les marches de la tribune, revêtu d'une soutane noire.
    Antoine fait face à la foule pendant une minute entière sans bouger, puis lève la main droite vers la foule et la tient tendue pendant une autre minute, et c'est tout. Il repart lentement. Ces deux minutes sont le service. L'"adepte" remarque : "Tous ceux dont la foi est assez forte doivent être guéris." L'église se vide en silence.
    Le correspondant était présent il y a quelques jours et a été informé que le programme était toujours le même. Si les remèdes n'ont pas lieu, bien sûr, les patients n'ont pas eu assez de foi.
    Les cheveux gris fer d'Antoine tombent sur ses épaules et il porte une longue barbe. Sa clairvoyance s'étend à l'Amérique, dit Mme Guillaume, car il lui a dit que son mari s'été fait mal au dos à New York, et une semaine plus tard, sa fille lui a envoyé une lettre pour le confirmer, ajoutant qu'il s'était vite remis. Antoine a dit à Mme Guillaume qu'elle n'avait pas à s'inquiéter de l'accident de son mari, car Antoine était en "communion fluidique" avec lui.
    Antoine ne dort pas beaucoup la nuit. Il se repose deux heures, et se promène dans son jardin, qui est équipé de lampes électriques tout autour des murs. Depuis six mois, Antoine n'a parlé à personne. Les gens viennent à toute heure avec toutes sortes de maux et d'appels.
   La "Bonne Mère", comme on appelle la femme d'Antoine, ou la gouvernante, ou quelque autre "adepte", se tient devant le demandeur et, tournant les yeux vers le haut, fait un lent mouvement de la main, ce qui signifie qu'elle invoque Antoine le guérisseur. Le patient s'en va alors en souriant, guéri par le suppléant. Il n'y a rien à payer.
    Cela fait trois ans qu'Antoine n'est pas sorti dans la rue. Sa petite maison est cachée au milieu d'un bloc de maisons similaires, et la flèche de son église, qui jouxte sa maison, s'élève bien au-dessus des toits. Antoine ne vit que des légumes et les prépare lui-même. C'est un véritable ermite. Lorsqu'il est nécessaire de lui parler, un téléphone est utilisé. Des souscriptions sont faites pour l'entretien de l'église, mais elle a été construite en partie avec £800 qu'Antoine avait lui-même économisé.
    L'insigne de la secte est "l'arbre de la connaissance de la vue du mal", représenté par un arbre blanc sur fond noir.

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Albert-Louis Caillet - Traitement mental et culture spirituelle, la santé et l'harmonie dans la vie humaine (1912)

Publié le par antoiniste

Albert-L. Caillet - Traitement mental et culture spirituelle, la santé et l'harmonie dans la vie humaine (1912)

Auteur : Albert Louis Caillet (1869-1928?)
Titre : Traitement mental et culture spirituelle, la santé et l'harmonie dans la vie humaine
Éditions : Vigot Frères Éditeurs, 1912
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k759781

    Antoine le Guérisseur. - Louis ANTOINE, dit le Guérisseur, est un simple ouvrier né à Mons-Crotteux (Belgique) en 1846. Il est le cadet de onze enfants. D'abord mineur de charbon comme son père, il entra ensuite au Usines Cockerill, fut soldat dans les chasseurs à pied, travailla un moment en Allemagne, et finalement devint employé  aux Forges et Tôleries Liégeoises, à Jemeppe-sur-Meuse (Province de Liége). C'est là qu'aujourd'hui il exerce son pouvoir toujours croissant de Guérisseur et de Révélateur d'une doctrine qui les plus grandes analogies avec celles que nous avons nous-mêmes exposée et qui est celle des Védas.
    L'important mouvement spiritualiste dont Antoine est le chef a débuté à Jemeppe vers 1906; aujourd'hui il possède un "Temple" et plusieurs milliers d'adhérents: on dit même Centaine de Milliers, en Belgique.
    Il parait avéré qu'il a été recueilli en sept ou mois, et rien que dans une partie de la Wallonie Belge, 150.000 signatures à une pétition tendant à faire reconnaître officiellement en Belgique le "Culte Antonin".
    Antoine le Guérisseur, guéri, dit-il lui même, par la Foi. Il opère quatre fois par semaine dans son temple et il peut guérir un nombre quelconque de malades, même absents. C'est bien le Traitement Mental pur qu'il professe.
    Elevé dans la religion catholique, Antoine est devenu plus tard Spirite, et c'est à partir de ce moment que ces pouvoirs se sont manifestés, et qu'il est entré en relations constantes avec l'Invisible.
    Les procédés d'Antoine sont donc, autant qu'on peut voir, extrêmement analogues à ceux de la Christian Science, sauf toutefois l'absence de la figure prépondérante du Christ qui joue un si grand rôle dans la secte de Mrs. Eddy.
    Mais, comme mode opératoire et comme résultats absolument prouvés par d'innombrables certificats, on peut dire qu'il y a identité entre les deux méthodes.

 source : gallica

Albert-Louis Caillet - Traitement mental et culture spirituelle, la santé et l'harmonie dans la vie humaine (1912)

(encart publicitaire dans Le Fraterniste, 4 avril 1913)

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