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Protestantisme et littérature (nord' n° 56 - décembre 2010)

Publié le par antoiniste

Titre :     Protestantisme et littérature, nord' (revue de critique et de création littéraires du nord / pas-de-calais) n° 56 - décembre 2010
Auteur :    Études réunies par Jean Vilbas
Collection : Septentrion - Nord', 164 pages, format 16x24, 2010

    Ce numéro de la revue rassemble une vingtaine d'articles présentant des figures méconnues ou non du protestantisme du nord de la France (Nord-Pas-de-Calais et Picardie) et de la Belgique, à commencer par le noyonnais Jean Calvin. Il est divisé en deux grandes sections : la première situe la naissance, le développement et la répression des idées de la Réforme entre l'humanisme et les Lumières ; la seconde couvre la période de l'expansion missionnaire, rencontrant concurrences et dissidences, traversant les crises du XXe siècle et favorisant un travail de mémoire. Un angle littéraire a été privilégié mais l'histoire n'est pas oubliée. L'accent a été mis sur la diversité : le volume couvre cinq siècles d'histoire – des premières décennies du XVIe siècle à la première de notre siècle ; plusieurs sensibilités protestantes – réformées mais aussi baptistes, pentecôtistes ou millénaristes - ainsi que les polémiques avec le catholicisme ou d'autres courants spirituels sont représentés ; on rencontre outre des auteurs de langue française, des écrivains néo-latins ou anglo-saxons et une savoureuse étude sur Calvin et le picard ; des natifs de nos contrées qui y sont restés attachés ou ont choisi de s'expatrier mais aussi des auteurs qui sont venus y vivre et le cas échéant y mourir ; une grande diversité de genres aussi avec des maisons d'éditions, des poètes, des dramaturges, des romanciers, des pasteurs et des théologiens ainsi que des poètes : trois d'entre eux, immédiatement contemporains sont publiés dans le cahier créations.
source : http://www.septentrion.com/livre_aff.asp?id=1211

Section : Dix-neuvième et vingtième siècles : Missions, dissidences et concurrences
    Une pensée religieuse en concurrence : la révélation du père des Antoinistes & la Bible des Protestants (pp.87-92)
source : http://www.revue-nord.com/#/ensavoirplus/56/18 & http://www.revue-nord.com/#/parutions
    Les premières lignes sont à lire sur le lien : http://www.revue-nord.com/medias/pdf/56/87.pdf
    

    Comme j'en suis l'auteur, je me dispenserai de faire une critique de l'article.

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Pastoor Verlinden - Het antoinisme - zijn ontstaan, zijn ziekenbehandeling, zijn godsdienst en zijn eeredienst (1929)

Publié le par antoiniste

Auteur :     Frans Stefaan Z.E.H. Pastoor Verlinden
Titre :     Het Antoinisme : zijn ontstaan, zijn ziekenbehandeling, zijn godsdienst en zijn eeredienst
Editions :     Geloofsverdediging (Antwerpen), Veritas (Gand), Godsdienstige en sociale trakten, nummer 8, 1929, 44 p.
Sommaire :
Voorwoord
I. De stichter van het Antoinisme
II. De Antoinistische ziekenbehandeling
III. Het Antoinisme als godsdienst
    Wat leert Antoine over God?
    Wat leert Antoine over de schepping of het ontstaan der dingen?
    Van waar het leven komt?
    Hoe is het gelegen met onze toekomstige lotsbestemming?
    Zoo komen we aan Antoine's zedenleer
IV. Het Antoinisme als eeredienst
Besluit

    Dans Pierre Debouxhtay (p.284), on lit : "C'est évidemment dans le diocèse de Liège que la lutte contre l'Antoinisme est la plus vive. Mais, ailleurs on a aussi pris des mesures pour combattre les progrès du nouveau culte. C'est ainsi que la librairie catholique Geloofsverdediging [Défense de la foi] d'Anvers publia une brochure de 48 pages rédigée par un prêtre, M.Verlinden."
    C'est donc l'occasion d'en savoir plus sur le temple de Schoten : "Op Zondag, 20 Oktober 1929, werd door « Mère Antoine », voor die gelegenheid herwaarts gekomen, te Deuzeld onder Schooten, vlak bij Antwerpen, een Antoinistische tempel ingehuldigd. Meer dan tweeduizend Antoinisten – allen walen en franschen – waren toegestroomd om de heugelijke gebeurtenis bij te wonen. Het gold immers den inzet hunner propaganda in het Vlaamsche land en dezes hoofstad, Antwerpen, en er moest indruk gemaakt worden. Bij het zien van dien zonderlingen stoet, aangevoerd door mannen in lange zwarte kleedij, die wel iet weg heeft van een priestersoetaan, van vrouwen gekleed als weduwen in rouw, – priesters en priesteressen met ascetische gezichten en hoogernstig gedoe en die zoo schoon praatten over geloof en naastenliefde, – zullen wel enkele menschen zich afgevraagd hebben, of er nu toch eene nieuwe kerk onstaan was."
    Le ton est ensuite de la même engeance que les autres auteurs catholiques : "Spot niet met Antoinisten, het zijn ook menschen, onze broerders ; diep medelijden verdienen ze, want – zoo zal het blijken uit onderstaande regels – : Wie zich aan de Antoinistische strooming overgeeft, gaat geestelijk en verstandelijk verloren". L'auteur avoue ce qu'il doit aux brochure de E. Leroux dans les Etudes Religieuses.

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Pastoor Verlinden - Het antoinisme - zijn ontstaan, zijn ziekenbehandeling, zijn godsdienst en zijn eeredienst (1929)

Publié le par antoiniste

Auteur :     Frans Stefaan Z.E.H. Pastoor Verlinden
Titre :     Het Antoinisme : zijn ontstaan, zijn ziekenbehandeling, zijn godsdienst en zijn eeredienst
Editions :     Geloofsverdediging (Antwerpen), Veritas (Gand), Godsdienstige en sociale trakten, nummer 8, 1929, 44 p.
Sommaire :
Voorwoord
I. De stichter van het Antoinisme
II. De Antoinistische ziekenbehandeling
III. Het Antoinisme als godsdienst
    Wat leert Antoine over God?
    Wat leert Antoine over de schepping of het ontstaan der dingen?
    Van waar het leven komt?
    Hoe is het gelegen met onze toekomstige lotsbestemming?
    Zoo komen we aan Antoine's zedenleer
IV. Het Antoinisme als eeredienst
Besluit

    Dans Pierre Debouxhtay (p.284), on lit : "C'est évidemment dans le diocèse de Liège que la lutte contre l'Antoinisme est la plus vive. Mais, ailleurs on a aussi pris des mesures pour combattre les progrès du nouveau culte. C'est ainsi que la librairie catholique Geloofsverdediging [Défense de la foi] d'Anvers publia une brochure de 48 pages rédigée par un prêtre, M.Verlinden."
    C'est donc l'occasion d'en savoir plus sur le temple de Schoten : "Op Zondag, 20 Oktober 1929, werd door « Mère Antoine », voor die gelegenheid herwaarts gekomen, te Deuzeld onder Schooten, vlak bij Antwerpen, een Antoinistische tempel ingehuldigd. Meer dan tweeduizend Antoinisten – allen walen en franschen – waren toegestroomd om de heugelijke gebeurtenis bij te wonen. Het gold immers den inzet hunner propaganda in het Vlaamsche land en dezes hoofstad, Antwerpen, en er moest indruk gemaakt worden. Bij het zien van dien zonderlingen stoet, aangevoerd door mannen in lange zwarte kleedij, die wel iet weg heeft van een priestersoetaan, van vrouwen gekleed als weduwen in rouw, – priesters en priesteressen met ascetische gezichten en hoogernstig gedoe en die zoo schoon praatten over geloof en naastenliefde, – zullen wel enkele menschen zich afgevraagd hebben, of er nu toch eene nieuwe kerk onstaan was."
    Le ton est ensuite de la même engeance que les autres auteurs catholiques : "Spot niet met Antoinisten, het zijn ook menschen, onze broerders ; diep medelijden verdienen ze, want – zoo zal het blijken uit onderstaande regels – : Wie zich aan de Antoinistische strooming overgeeft, gaat geestelijk en verstandelijk verloren". L'auteur avoue ce qu'il doit aux brochure de E. Leroux dans les Etudes Religieuses.

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Kervyn - Révélations sur Antoine le Guérisseur (1911)

Publié le par antoiniste

Kervyn - Révélations sur Antoine le Guérisseur (1911)

Auteur :     André Kervyn (ou Kervijn), journaliste
Titre :        Révélations sur Antoine le Guérisseur
Editions :    Bruxelles : Action catholique, 1911


    Les notes que M. Van Roye, abbé de Jemeppe, recueillit serviront plus tard à M. Crowley (Kervyn), aumônier du travail, pour écrire sa brochure sur ou plutôt contre Antoine. Pierre Debouxhtay dit que Kervyn, suivi par Bourguet, Leroux et Brabant, distingue cinq phases dans la thérapeutique d'Antoine. Mais il ajoute qu'il ne croit pas qu'il faille admettre cette division. Pour Debouxhtay, il faut distinguer trois phases.

    Son texte a été reproduit dans la Tribune Apologétique (juin & juillet 1911), en effet un article de l'Echo de la Presse signale qu'il s'agit d'André Kervyn, et Pierre Debouxhtay en cite un extrait, l'histoire de la noyée. Il est cité en grande partie par Albert Monniot.

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Jean-Pierre Montulet - Installation du culte antoiniste à Spa (1909)

Publié le par antoiniste

Jean-Pierre Montulet - Installation du culte antoiniste à Spa (1909)

Histoire et Archéologie spadoises
Article documentaire

486. MONTULET Jean-Pierre, Installation du culte antoiniste à Spa [1909], 81, mars 95, p.13-17

 

    Disponible sur internet sur le site spavillaroyale.be et à lire dans le billet suivant.

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Ch.[arles] Rumpf - L'Antoinisme à la lumière [de l'Evangile] de Jésus-Christ (1917)

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Ch.[arles] Rumpf - L'Antoinisme à la lumière [de l'Evangile] de Jésus-Christ (1917)

Auteur :     Ch.[arles] Rumpf
Titre :     L'Antoinisme à la lumière de l'Evangile de Jésus-Christ
Editions :     Bruxelles : Libraire Evangélique, s.d, 11 p ; 16°

    L'inventaire des Archives de l’Église Protestante Unie de Belgique donne un autre titre à la brochure de Charles Rumpf : L’antoinisme à la lumière de Jésus-Christ publiée en février 1917 par l’E.C.M.B. dans sa « Bibliothèque Missionnaire ». Il s'agit du même texte, l'inventaire a tronqué le titre.


    Pierre Debouxhtay (Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.285) évoque les réactions protestantes face à l'antoinisme :
    De leur côté les protestants se montrèrent inquiets de l'expansion antoiniste. En 1910, dans une brochure de douze pages consacrée au spiritisme, le pasteur de Seraing, M. Giron-Galzin, pris à partie les antoinistes. Il y a une dizaine d'années, M. le pasteur Paul Wyss publia un ouvrage "De l'Antoinisme, ou, le renouveau gnostique en Belgique". Le pasteur Ch. Rumpf, de Verviers, avait publié pendant la guerre (L'Antoinisme à la lumière de l'Evangile de Jésus-Christ. Imprimerie de Nessonvaux, 1917) une brochure de douze pages où l'antoinisme est analysé sans malveillance, M. Rumpf estime que "la vogue même momentanée d'une doctrine aussi fantaisiste est un triste symptôme de l'affaissement spirituel de nos populations". Une autre brochure (Exposé des doctrines de l'Antoinisme, s.l.n.d.) de huit pages, signée H.K.B. déclare qu'Antoine a été inspiré par le diable.

    En effet, le pasteur Rumpf se permet ici même une pique contre le Catholique romain et autres : « Il s'accomplit aussi des guérisons dans les lieux de pèlerinage catholiques, à Lourdes ou à la Salette, et l'on en fait grande réclame ; mais cela n'empêche pas ces lieux d'être des foyers d'exploitation de la crédulité publique. Il s'en produit aussi dans les sanctuaires païens, bouddhistes ou mahométans les plus achalandés, mais cela n'excuse point à nos yeux les excentricités religieuses qui les accompagnent. »

    Voici le texte complet de cette brochure (mise en ligne sur FaceBook par Sœur Mya Delcourt) :

 

L’ANTOINISME
A LA LUMIÈRE DE L'ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST

    Que pensez-vous de l'Antoinisme ? Cette question nous a été posée à mainte reprise depuis que la doctrine d'Antoine le Guérisseur a fait son apparition dans nos contrées. Il nous paraît loyal et nécessaire aujourd'hui de faire connaître notre opinion a un public plus étendu.
    Ce n'est point par amour de la controverse. Nous n'éprouvons aucune acrimonie à l'égard des Antoinistes. Ceux que nous connaissons sont fort estimables en général, et si nous répudions résolument leurs idées, cela ne nous empêche pas de saluer avec respect l'exemple vraiment évangélique de bienveillance, d'austérité ou de dévouement que donnent certains d'entre eux. A Dieu seul appartient le jugement des cœurs : nous ne venons pas discuter dans le détail la vie du fondateur de l'Antoinisme, ni de la « Mère » qui a hérité de ses pouvoirs depuis sa mort (ou sa désincarnation). Dans la mesure où ils ont fait quelque bien à des corps souffrants ou à des esprits abattus, nous sommes prêts à nous en réjouir, en nous plaçant dans l'esprit de celui qui a dit : « Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde » (1).
    Mais autre chose est de respecter ; autre chose d'approuver. Aucune charité ne nous oblige à fermer les yeux à l'évidence, et à déclarer inoffensives des doctrines qui nous paraissent dangereuses. L'Evangile lui-même (2) nous invite à discerner les esprits pour savoir s'ils viennent de Dieu ; et c'est notre devoir de chrétiens de revendiquer l'honneur de Dieu, quand il est usurpé par une de ses créatures.
    C'est précisément ce devoir que nous remplissons aujourd'hui. Sans doute une attitude critique peut paraître assez inopportune en présence d'une doctrine qui affiche elle-même une large tolérance, et se défend « d'établir une religion nouvelle restreignant ses adeptes dans un cercle ou les obligeant à pratiquer un rite ou une opinion quelconque ». Mais ce sont là des réserves toutes théoriques, il suffit pour s'en convaincre de suivre le développement de l'Antoinisme dans ces dernières années, d'entrer dans ses temples, de parcourir ses brochures de propagande répandues à foison.
    De fait il s'agit bien d'une religion nouvelle, qui a des prétentions toujours plus vastes et proclame toujours plus haut sa supériorité. Elle a réclamé en 1911 de la Chambre Belge la reconnaissance légale ; elle possède ses lieux de culte, ses livres saints, ses emblèmes, ses rites et costumes ; elle a ses mandataires officiels, qui seuls sont autorisés à parler en son nom, à donner la consécration aux salles érigées en divers lieux. Ceux-ci sont entourés d'une vénération qui est devenue un véritable culte depuis qu'Antoine le Guérisseur, abandonnant le spiritisme, a intitulé ses révélations le Nouveau Spiritualisme, devenu plus tard, par une nouvelle transformation, l'Antoinisme. Il faut lire quelques exemplaires de l'Unitif, le bulletin mensuel de l'Antoinisme, pour savoir en quels termes emphatiques on parle du Père ou de la Mère ; de quelle apothéose ils ont été l'objet lors de l'inauguration de tel temple nouveau. Qu'on lise seulement le récit de la Consécration du Temple de Monaco par Mère, (2) de son voyage triomphal « où tout s'est passé depuis le commencement jusqu'à la fin dans le fluide le plus éthéré » et où elle rencontre tantôt un enthousiasme délirant, tantôt une « muette adoration ». Suivent ces lignes significatives :

    « Le Culte antoiniste est appelé à régénérer le monde à nous ramener de l'adoration de tous les faux dieux où nous égare notre foi au serpent à la pure religion qui fera de l'humanité entière l'unité, et celle-ci en se réalisant nous permettra d'atteindre à l'Unité absolue de l'Ensemble que nous révèle le Couronnement. Déjà nous avons un avant goût de l'immense bonheur qui nous est réservé lorsque dans l'Opération générale des jours solennels nous communions, oublieux de la matière, dans le fluide éthéré du Père. Voilà pourquoi la Consécration d'un nouveau Temple antoiniste a une signification si sublime, elle nous réunit dans notre commune aspiration à la Divinité, elle témoigne que nous nous en remettons à notre Père du soin de nous diriger et de nous protéger afin qu'un jour nous soyons comme lui assis sur la gloire de nos œuvres. »

*
*   *

    Plaçons-nous donc en face de cette religion et demandons-nous ce qu'elle vaut.
    Lorsqu'il s'agit d'apprécier les doctrines de l'Antoinisme, on éprouve tout d'abord un certain embarras. Non qu'il soit difficile d'en apercevoir les défauts, qui sautent aux yeux. Mais les publications contenant les révélations du guérisseur de Jemeppe laissent au lecteur avide de clarté une première impression de véritable chaos, tant à cause de la gaucherie du style que du caractère fuyant de la pensée. Plus on avance et plus on souffre de l'imprécision voulue ou inconsciente de l'exposé, plus on constate l'insuffisance flagrante des réponses données aux questions des adeptes. Ceux-ci se contentent à très bon marché, il faut l'avouer, suggestionnés sans doute par l'étrangeté d'un langage qui n'a de philosophique que l'apparence, et qui n'est même pas toujours du français. Le lecteur moins bénévole est stupéfait de rencontrer un tel tissu de paradoxes et de contradictions. Par ci par là sans doute, des pensées originales retiennent l'attention ; mais au total, c'est un mélange inconsistant qui se dérobe sans cesse à l'analyse, une combinaison de spiritisme, de panthéisme, de théosophie, de scientisme, de végétarisme, avec une dose plus ou moins grande d'éléments empruntés à l'Evangile. On conçoit qu'il est malaisé d'en donner un tableau d’ensemble.
    En réalité la vogue même momentanée d'une doctrine aussi fantaisiste est un triste symptôme de l'affaissement spirituel de nos populations. Que des âmes superstitieuses, avides de nouveauté, trop longtemps entretenues dans l'ignorance religieuse par l'Eglise romaine puisse rencontrer dans les chapelles de l'Antoinisme une réponse à certains besoins intérieurs inassouvis en même temps que le soulagement de quelque douleur physique, cela se comprend à la rigueur. Mais que des esprits cultivés, que des intellectuels arrivent à trouver quelque intérêt aux publications, aux lectures publiques, aux « opérations générales » de la religion nouvelle, cela nous dépasse, disons-le au risque de passer pour peu éthéré. Et ce que nous pouvons moins admettre encore, c'est que des chrétiens éclairés par l'Evangile, possédant les promesses de Jésus-Christ, puissent encore, au lieu de s'adresser au Dieu tout-puissant qui connaît nos besoins et nous a dit : « Demandez et vous recevrez », aller consulter les fondateurs ou les adeptes d'une religion aussi opposée aux plus clairs enseignements du Christ.
    Car il ne faut pas s'y tromper. L'Antoinisme a beau affirmer à l'occasion sa parenté avec le christianisme, et proclamer en lettres capitales que « l'Enseignement du Père, c'est l'enseignement du Christ révélé à notre époque par la foi », nous ne pouvons voir dans cette affirmation qu'une colossale aberration, pour ne pas dire une imposture.
    Sans doute il y a, dans les brochures de l'Antoinisme, comme dans les inscriptions qui garnissent ses temples, bien des expressions qui rappellent l'Evangile, qui en sont des emprunts plus ou moins directs, et les lecteurs mal informés s'y laissent prendre. On y parle beaucoup de la puissance de la foi (seul remède qui peut guérir l'humanité), de la vertu purifiante de l'épreuve, de la prière, de l'amour surtout et tout cela n'est pas nouveau pour quiconque a lu l'Evangile. Mais allons au fond des choses, et nous nous apercevrons que ces mots ont pris une signification tout autre qu'en langage chrétien. Quelques citations suffiront à le montrer (4).
    On exalte la foi ; mais la foi en qui et à quoi ? On imprime noir sur blanc des déclarations comme celles-ci : « La croyance en Dieu est opposée à la foi. Ne croyons pas en Dieu, n'espérons jamais rien de lui, mais croyons en nous et agissons naturellement. Sachons que nous sommes Dieu nous-mêmes. Nous sommes tous des dieux. » A cela s'ajoutent des phrases qui sont de vrai rébus, de nature à jeter une singulière confusion dans les esprits : « Dire qu'on a la foi, c'est démontrer qu'on ne l'a pas, car il faut avoir la foi pour comprendre la foi » etc...
    On recommande la prière : mais nous ne savons plus bien, ni ce qu'elle signifie, ni à qui elle s'adresse. D'une part nous lisons : « La prière est dans l'action dictée par la conscience, d'on peut résulter le bien. Travailler c'est prier ». D'autre part : « Tout croyant doit réciter les prières que sa conscience lui dicte ; tout acte qui s'appuye sur celle-ci est vraiment la prière ». Plus loin vous êtes averti que « le Dieu auquel vous vous adressez pour être exempt de tous vos maux, c'est le Démon ». Enfin mainte page de l'Enseignement vise à faire comprendre que pour être guéri et sauvé, il suffit d'élever son cœur vers le Père ; mais ce Père, auquel s'adressent des invocations qui rappellent par leurs expressions les prières chrétiennes, ce n'est plus le Père céleste, mais le guérisseur de Jemeppe ; C'est de lui, et de lui seul qu'on écrit : « Comme un bon Père, il veille sur nous, lorsque affaiblis nous allons à lui pleins de confiance, il nous soulage et nous guérit, il nous relève et ramène l'espoir dans nos cœurs endoloris ».
    On parle beaucoup d'amour, et en termes souvent très beaux. Seulement on omet systématiquement de mentionner le nom de Celui qui a apporté aux hommes les sublimes préceptes de la pure charité et les a scellés par sa vie héroïque et par son sacrifice au Calvaire. On dédaigne son Evangile pour ne lire et ne répandre que les nébuleuses révélations d'Antoine. On passe sous silence l'œuvre de Jésus pour mettre sur un piédestal d'autant plus élevé l'homme dont le corps, avant d'être porté en terre le 25 juin 1912, était offert comme un fétiche à la vénération des foules, et qui de son vivant avait permis ses adeptes d'imprimer à son sujet : « Nous faisons de lui notre Sauveur ; disons qu'il est notre Dieu, parce qu'il ne veut être que notre serviteur ».
    Comme on se sent loin de l'esprit chrétien ; loin de l'humilité de Jean-Baptiste, déclarant à ceux qui venaient à lui : « Je ne suis pas le Christ, je ne suis pas digne de délier ses souliers » ; loin des premiers apôtres qui repoussaient avec indignation des hommages dûs à leur Seigneur et répétaient : « Nous ne sommes que des hommes ; pourquoi regardez-vous à nous, comme si nous eussions opéré ces choses par notre puissance » ;  loin enfin des réformateurs, de Luther p. ex, écrivant : « En premier lieu je vous prie de laisser de côté mon nom car qu'est-ce que Luther ? Ma doctrine ne vient pas de moi, je n'ai été crucifié pour personne, comment me conviendrait-il, à moi misérable, de donner mon nom aux enfants du Christ ? Je ne suis ni ne veux être le maître de personne ».
    Comparez, lecteur, et dites de quel côté se trouve le christianisme authentique.

*
*   *

    A la base de l'Enseignement, il y a la Loi morale, et celle-ci est résumée par Antoine dans 10 Principes en prose, imprimés en grosses lettres dans les livres de propagande. Ils sont précédés de ces mots audacieux : « Dieu parle » et destinés évidemment à remplacer le Décalogue (avec combien moins de clarté !) Contentons-nous de citer les trois premiers.
    Premier principe : Si vous m'aimez, vous ne l'enseignerez a personne, puisque vous savez que je ne réside qu'au sein de l'homme. Vous ne pouvez témoigner qu'il existe une suprême bonté alors que du prochain vous m'isoler.
    Deuxième principe : Ne croyez pas en celui qui vous parle de moi, et dont l'intention serait de vous convertir, si vous respecter toute croyance et celui qui n'en a pas, vous savez malgré votre ignorance, plus qu'il ne pourrait vous dire.
    Troisième principe : Vous ne pouvez faire la morale à personne, ce serait prouver que vous ne faites pas bien, parce qu'elle ne s'enseigne pas par la parole mais par l'exemple et ne voir le mal en rien (sic).

    Tout ceci n'est pas très lumineux, et se trouve contredit par la pratique journalière des Antoinistes qui mettent une grande ardeur à répandre l'enseignement et la morale du Guérisseur, encouragés d'ailleurs par des préceptes d'un autre genre : « Ne perdons jamais de vue le devoir d'instruire semblables de tout ce dont nous avons été instruits non-mêmes. Eclairer ce qui viennent à nous, voilà notre mission ».
    En fait de morale, le révélateur va remplacer la Loi divine par des notions singulièrement relâchées qui ouvrent la porte aux plus funestes écarts.
    « C'est une grande erreur que d'attribuer des lois à Dieu, c'est ce qui fait croire qu'il est juste : ce serait faire supposer qu'il est imparfait... Il est impossible qu'il ait imposé des conditions pour aller à Lui, sachant que notre faiblesse est incapable de les respecter. – Bien et mal ne sont que des termes de comparaison, ni l'un ni l'autre n'existe réellement. – La base de notre enseignement est la non-existence du mal, par conséquent notre culpabilité est annulée. – Nous ne devons jamais nous efforcer de faire le bien, celui-ci ne doit être accompli que naturellement. Croire qu'on le fait le dénature, il n'est plus que de l'acharnement. – Faites le mal, ne cherchez plus à faire le bien, ou si vous ne pouvez vous abstenir, cachez-vous pour le faire, faites-le plutôt la nuit pour que nul ne puisse le voir. Mais pendant le jour faites le mal, agissez d'après votre naturel, ne vous arrêtez pour personne, c'est ainsi que vous serez le plus rapprochés de la vérité. – Nos imperfections sont aussi des vertus, mais matérielles, pour autant que l'amour nous manque. – Laissons nos enfants libres de leur plus jeune âge. Sans nos recommandations ils agiraient plus loyalement. Il n'y a que notre imperfection qui nous rend libres. »
    En fait, l'absence d'un sérieux sentiment du péché, de la gravité du mal individuel et social, est peut-être ce qui sépare le plus notoirement l'Antoinisme du christianisme. On y cherchera vainement l'expression d'une vraie repentance, le besoin d'un pardon, d'une conciliation avec Dieu. Faut-il s'étonner que l'œuvre de Jésus-Christ comme Sauveur reste incomprise, et qu'on le considère tout au plus comme un révélateur important sans doute, mais depuis longtemps dépassé ?

*
*   *

    Au point de vue doctrinal, l'Antoinisme a conservé de son origine spirite certaines théories sur la vie et les destinées de l'homme sur la Réincarnation, mais en leur enlevant le peu de clarté qu'elles ont dans le spiritisme. Plus que partout ailleurs, les déclarations d'Antoine sont ici ambiguës et vaporeuses, cela surtout grâce à une terminologie bizarre. Citons sans essayer de commenter.
    « Il existe deux mondes, celui des incarnés et celui des non-incarnés. J'ai révélé que tout être se compose de deux individualités, dont l'une est le moi conscient et l'autre le moi intelligent. C'est en celui-ci que nous sommes incarnés. Le moi conscient ne l'est pas encore, parce qu'il est réel, tandis que l'autre n'est qu'apparent. Nous faisons donc partie du monde corporel par ce dernier, notre moi imparfait, et du monde spirituel par notre moi réel. L'âme imparfaite reste incarnée jusqu'à ce qu'elle ait surmonté son imperfection. Chaque existence, conséquence de la précédente, détermine la suivante. Après la mort, l'imagination du corps privé de vie se reporte sur un autre qu'il a préparé à son insu, avant d'abandonner l'ancien, et sur lequel il agit en croyant toujours avoir l'autre qui s'efface au fur et à mesure qu'il développe le nouveau ; nous ne perdons pas un instant le corps de vue, avant d'avoir accompli notre progrès pour tout ce qui concerne la matière. Vous pouvez en conclure que la mort ne saurait nous surprendre, car la providence ne peut se tromper, et cette providence, la voilà, elle est la loi de la réincarnation, qui n'est autre qu'un instinct pour l'esprit qui évolue. »
    De longues pages du Développement et du Couronnement ont pour but d'expliquer comment notre incarnation a été causée par l'arbre de la connaissance de la vue du mal, Adam ayant été par sa défaillance animé d'un « amour de bestialité qui a donné naissance à l'intelligence, faculté par laquelle nous imaginons toute chose matériellement. »
    Et ce sont des filandreuses explications allégoriques : « Adam est le moi conscient, Eve le moi intelligent. Adam est le nom de l'unité de l'ensemble des êtres non incarnés, tandis que le nom Eve n'a été appliqué qu'à l'individualité intelligente, qui n'est qu'apparent et ne s'explique que par le sexe, c'est-à-dire l'individualité personnelle. Il est celui que ces deux êtres avaient donné au serpent ; il a été appliqué l'être féminin : le nom qui sert à désigner toute personnalité n'existe que dans l'incarnation, car dans la spiritualité les êtres n'en ont pas... Les règnes minéral, végétal, et animal ne sont que l'excrément (sic) de l'individualité d'Adam, l'ombre marquant son degré d'évolution et arrivé à un certain développement il vient y faillir, il prend l'ombre pour la réalité. »
    Abrégeons ces citations qu'on pourra non sans raison trouver fastidieuses ; ce n'est pas notre faute si elles manquent de clarté ! Reconnaissons d'ailleurs que les « révélations » ne portent pas toujours sur des matières aussi abstruses. De plus en plus on consulte, soit l'esprit du père, soit la Mère, pour des détails de la vie pratique, pour des questions d'hygiène ou de modes. Gravement, l'Unitif (5) rapporte par exemple « comment la robe et le bonnet ont été révélés » ; à la question respectueuse d'une de ses « enfants », « Mère répond que les manches de la robe révélée ont 70 centimètres de largeur. Les bonnets ne se font pas en pointe, ils sont ronds ; la première ruche qui repose sur les cheveux a un contour de 22 centimètres, » etc.
   
On pourrait se contenter de sourire et de hausser les épaules. Mais quand on pense que des milliers de nos semblables en sont venus à voir dans ces élucubrations la religion de l'avenir, quand on lit en grands caractères ces mots « Notre Père est notre Sauveur ; le Père et le Christ ne font qu'un » on éprouve le besoin de protester avec énergie !

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    D'emblée nous avons fait la part de ce qu'il peut y avoir d'honorable dans l'exemple d'Antoinistes sincère. Et nous ne nierons pas qu'il se soit opéré certaines guérisons physiques ou mentales. Mais quand cela serait il n'y a certes pas là de quoi justifier des prétentions aussi exorbitantes. Il s'accomplit aussi des guérisons dans les lieux de pèlerinage catholiques, à Lourdes ou à la Salette, et l'on en fait grande réclame ; mais cela n'empêche pas ces lieux d'être des foyers d'exploitation de la crédulité publique. Il s'en produit aussi dans les sanctuaires païens, bouddhistes ou mahométans les plus achalandés, mais cela n'excuse point à nos yeux les excentricités religieuses qui les accompagnent.
    Or pas davantage les cures les plus authentiques ne nous paraîtraient justifier la véritable idolâtrie dont on est en train d'entourer un être mortel et pécheur comme ses semblables, pour avoir fait quelque bien autour de lui. Les forces de la suggestion, du magnétisme, de l'hypnotisme, qu'il a semble-t-il largement utilisées, sont aujourd'hui scientifiquement connues et n'ont rien de miraculeux en elles-mêmes. Elles font parties des méthodes thérapeutiques de bien des médecins renommés dans des instituts spéciaux, surtout à l'égard des neurasthéniques, mais ces savants les utilisent à bon escient et surtout ils ne songent pas pour cela à se poser en révélateurs et à se faire vénérer comme des dieux. Quant à la puissance de la prière pour obtenir des guérisons, les chrétiens n'ont pas attendu l'apparition d'Antoine pour en faire usage avec conviction et succès.
    En vérité, c'est avec raison qu'on a dit de l'Antoinisme : « Ce qu'il contient de bon n'est pas nouveau, ce qu'il contient de nouveau n'est pas bon ». Et après avoir péniblement déchiffré les mystérieuses déclarations du Guérisseur, c'est avec un soupir de soulagement que nous rouvrons les pages de l'Evangile, si simples dans leur profondeur, les lumineuses paraboles de Jésus-Christ, les maximes du Sermon sur la montagne, les glorieuses promesses de la Chambre haute. C'est comme si nous sortions d'un labyrinthe souterrain à la clarté du soleil de midi.
    Plus que jamais nous sommes heureux de n'être pas abandonnés à la merci d'un révélateur quelconque, d'avoir appris du Christ dès longtemps quel est le culte en esprit et en vérité que le Père céleste réclame de ses vrais adorateurs, d'avoir reçu de lui le fil conducteur qui nous empêche de nous égarer dans le dédale des opinions humaines. Plus que jamais nous nous sentons pressés de crier à nos contemporains : « Cherchez dans sa Parole la lumière de vos âmes, la consolation véritable, la certitude dont vous avez besoin. Tournez-vous vers lui comme vers le seul nom qui ait été donné aux hommes pour les sauver ! »
    Et revenant au grand méconnu, à ce Jésus qui pour nous a marché à la mort, courbé sous le poids de la croix et ensanglanté par la couronne d'épines, nous ne pouvons que lui redire avec un transport de reconnaissance et d'amour :
    « Seigneur, à qui irions-nous qu'à Toi ? Tu as les paroles de la vie éternelle, et ce que nous avons vu et reconnu en Toi, c'est aussi ce que nous voulons attester et proclamer, c'est que Tu es le Christ, le Saint de Dieu, le Sauveur des hommes et notre Maître à jamais. »

                                                                                           Ch. RUMPF.
    Verviers, février 1917.

 

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Cette brochure est en vente
à la Librairie Evangélique, 11, rue de Dublin,
Bruxelles

 

Imprimerie de Nessonvaux

 

(1) Nous ne parlons pas ici de leur neveu, le Père Dor, les avis des Antoinistes eux-mêmes partagés au sujet de cet ancien adepte qui a fini par instituer une secte rivale, le Dorisme, et n'a pas craint à son tour de se faire passer pour une réincarnation du Christ 20e siècle. Est-il besoin de dire que ses prétentions nous paraissent aussi peu fondées que celles de Père Antoine ?
(2) Lire en particulier Matth. chap. 11 : 28-30 ; 23 : 8-12 ; 24 : 23-26 ; 1re ép. de Jean, chap. 4 : 1-2.
(3) Unitif du 1er janvier 1914.
(4) Nous les empruntons textuellement comme les précédentes, aux paroles d'Antoine contenues soit dans la Revue mensuelle intitulée d'abord l'Auréole de la Conscience, plus tard l'Unitif, soit dans les livres contenant la Révélation du Père, le Développement et le Couronnement le son Enseignement.
(5) 1er Octobre 1913.

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Les Antoinistes (Sciences Occultes n°2, vers 1955)

Publié le par antoiniste

Les Antoinistes (Sciences Occultes n°2)

SAVOIR PRESERVER SON FLUIDE,
C'EST CONSERVER SA SANTE

    On peut estimer que le nombre des travailleurs du Culte est de 3.000 environ, tous sont d'un désintéressement absolu. La vie des desservants des temples est un modèle d'énergie, de foi, d'abnégation ; si l'on songe que tous sans exception, doivent gagner leur vie en dehors du Culte. Ils consacrent tous leurs instants de liberté à la cause de l'humanité.
    Je me suis joint aux nombreux fidèles qui fréquentent le temple du Pré Saint Gervais, et qui chaque jour viennent se recueillir. Ils attendent dans la prière et la méditation d'être reçus dans un cabinet où un desservant-guérisseur priera pour obtenir leur guérison, et soulager leurs épreuves.
  « Quelle grâce demandez-vous au Père », vous demande-t-on ?
  Pour une guérison il vous est répondu :
  « N'oublions pas que c'est Dieu le grand Docteur », a dit le Père. Il ne condamne pas, mais, il démontre ainsi qu'aucun n'a le droit de prononcer d'arrêt quelle que soit la gravité de la maladie.
    Au sujet des épreuves en général :
    « Ne plus douter c'est être convaincu que tout arrive par Dieu, que les difficultés sont nécessaires au bonheur, qu'elles constituent des épreuves dont on est seul la cause. » Il est deux principes dont l'homme de progrès doit se pénétrer :
    Le premier est que le mal n'existe pas.
    Le second qu'il ne peut souffrir à cause d'autrui. L'unique source de bonheur est l'amour.

VOICI EN TOUTE SIMPLICITE
CE QUE J'AI VU
    Une desservante, Madame M. P. qui porte la robe et assume plusieurs fois par semaine un travail au temple de la rue St Gervais est une ancienne malade abandonnée par le corps médical. Cette jeune femme dont le visage a la sérénité des saints m'explique très modestement :
    « Il y a 6 ans, je suis tombée subitement très gravement malade. Un matin je ne pouvais plus remuer un bras, quelques heures après je tombais brusquement par terre. Je suis entrée à l'hôpital où on diagnostiqua une sclérose en plaques. C'est un mal terrible qui ne pardonne pas.
    « Après deux années d'hospitalisation, j'étais condamnée... et ramenée dans mon foyer.
    « C'est alors que mon mari rencontre chez un de nos amis, une personne qui avait été guérie par les Antoinistes. C'était la première fois que nous entendions parler de ce culte. Cette personne lui donne l'adresse du Temple. Il était 4 heures, à 5 heures mon mari était au Pré St Gervais pour demander ma guérison. Tous ces petits détails sont tellement présents à ma mémoire que je les revis encore aujourd'hui intensément comme si c'était hier.
    « "Votre femme n'aura plus de crises, lui a-t-il dit, qu'elle vienne me voir. "
    « "Mais elle est entièrement paralysée, lui répond mon mari, elle ne peut quitter le lit..."
    « "Dans trois semaines, elle viendra," lui répondit-il.
    « J'ai tout de suite commencé à remuer les doigts, quelques jours après les jambes, puis je me levais, et effectivement trois semaines après j'étais au temple. »
    Et voilà ce ménage où la mort allait faire son œuvre, où une jeune maman n'aurait pas la joie d'élever ses enfants, et qui, maintenant a retrouvé santé et joie de vivre, prodiguant sa force et sa foi pour sauver ses frères, les humains
    « Par conviction, m'a dit le Frère P., j'ai pris la robe. »
    Il est actuellement un des frères consultants. Sa femme et sa fille de 16 ans le secondent dans sa tâche.

AUTRE GUERISON PARMI TANT
D'AUTRES
    Depuis 1914, cette brave femme est atteinte d'une surdité incurable. Elle habitait Belfort et, à la suite d'un bombardement, eut le tympan crevé... Elle commence à entendre le tic-tac du réveil... Elle sait qu'elle va mourir et continue à prier.
    Parmi les frères guérisseurs du Temple, l'un d'eux est un miraculé. Atteint d'un mal incurable : paralysie du larynx, son médecin traitant lui donnait quelques semaines à vivre. Il a demandé sa guérison, il a été sauvé à la deuxième visite. Depuis, il est devenu un grand guérisseur.

L'EXPLICATION
    « Il n'y a rien de mystérieux dans la guérison, tout être qui obtient une grâce, c'est qu'il l'a méritée », m'a-t-on dit.
    Il m'a aussi été expliqué avec une grande clarté, que tout devient lumineux, on ne peut plus douter.
    « Il faut apprendre aux êtres à se réformer, m'a-t-on dit, les aider à acquérir un fluide meilleur, en faisant  un retour sur le passé, vers les devoirs moraux qui affluent sur le chemin que nous nous efforçons de suivre. »
    Il a été reçu un jour dans un de ces temples un jeune femme très grièvement malade. Elle était phtysique [sic] et crachait le sang. Elle dit être divorcée depuis cinq ans et ne pouvait se délivrer de la pensée de haine de son premier mari. Elle avoue avoir commis de graves erreurs, reconnait ses fautes. Elle est maintenant entièrement guérie e a ouvert une salle de lecture.
    Et cet homme souffrant du cœur qui, après une bonne prière, paraît apaisé. Le surlendemain, il était à nouveau perméable au mal, et il en fut ainsi pendant trois ans... Il se confie à un frère, lui dit d'être divorcé. Il sait que sa femme est dans la misère, mais ne s'attendrit pas. « Envoyez-lui anonymement de l'argent » lui conseille-t-on.
    Et depuis, il a obtenu sa guérison.
    Sa femme est maintenant partie sans laisser d'adresse.
    Le mal n'est pas revenu. Il y a 18 ans de cela.
    « Ce n'est pas le corps qui est malade, c'est toujours l'âme », m'explique la desservante du temple de la rue St-Gervais, « car le corps est seulement une petite partie de l'être. C'est le vieux vêtement que nous quittons lors de la désincarnation. L'âme seule est éternelle et c'est par elle que nous payons nos mauvaises actions, même si elles ont été commises il y a deux mille ans et plus !... »
    Des docteurs, des infirmières fréquentent le temple. Ils viennent pour demander la guérison de leurs malades. Un grand praticien manque rarement la lecture du dimanche.
    Je peux témoigner d'une guérison spectaculaire.
    Un jeune homme, un enfant, est depuis des années paralysé à la suite d'une opération manquée au cerveau.
    J'ai vu plusieurs fois cet enfant dans sa voiture d'infirme ou porté sur les épaules de son père, inerte, le faciès tordu, bavant, incapable de prononcer une parole. Les parents, animés d'une foi profonde, cherchaient inlassablement, contre toute logique apparente, le sauveur. Et le miracle a été accompli.
    Je revois souvent ce ressuscité au temple de la rue St-Gervais, son visage est devenu normal, éclairé d'une lumière intérieure et... il marche...
    Un malade avait l'estomac descendu. Au cours de la prière, il s'écria, transporté : « C'est curieux... c'est curieux... » et, en sortant du temple, il me dit :
    « J'ai senti mon estomac reprendre sa place. »
    L'extrême discrétion de l'apôtre que j'ai pu approcher au temple Antoiniste m'empêche de dire tout ce que je pense de lui. Sa seule intention est de conserver intact l'héritage moral que le fondateur du culte a transmis à leurs enfants. En suivant cette ligne de conduite impersonnelle, l'œuvre du Père fait ses preuves. Les guérisons par la foi s'étendent et le Culte Antoiniste est aimé et respecté par tous ceux qui le connaissent.

        Martine Beauvais

Le Gérant de la Publication : Marcel Guttin
Sciences Occultes, Mensuel N°2, Prix 18° frs
est édité par les Editions du « Temps passé »
34, rue St-Marc, Paris - Distribué par N.M.P.P.
S O D I E P Imprimeur, Béziers (Hérault)
71, boulevard de la Liberté

 

    Un texte bienveillant, donc, mais je ne peux m'empêcher de signaler que l'auteure aura recopier, dans son introduction, presque mot pour mot, l'introduction de Michelis di Rienzi, Les religions ignorées : "Nous vivons un siècle de fer. La haine monte à tous les horizons, le matérialisme et l'athéisme versent à l'envie le désespoir aux hommes. Comment ne pas se tourner avec sympathie, (avec admiration) [vers les derniers idéalistes], vers les nobles âmes [obstinées] qui parlent de Foi, d'Idéal, [et] d'Espoir (et de Guérisons)."

Entre parenthèses, les ajouts de Martine Beauvais, entre crochets le texte in extenso de Michelis di Rienzi.

    Quelques-unes des guérisons citées se retrouvent dans un article du journal brésilien A Noite.

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Léopold Lekeu - L'Antoinisme (1986)

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Auteur :     Léopold Lekeu
Titre :     L'Antoinisme
Editions :    Bull. de la Soc. archéo-historique de Visé et de sa région, n°10, 1986, pp.17-19.

Bibliographie de l'histoire de Belgique — Bibliografie van de geschiedenis van België. 1986
source : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_1988_num_66_2_3630?_Prescripts_Search_tabs1=standard&

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Henri van Roey, prêtre de Jemeppe

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    Pierre Debouxhtay évoque Henri Van Roey (p.281) :
    Dès les débuts du Guérisseur, le curé de Jemeppe, feu l'abbé Van Roey, avait mis ses paroissiens en garde contre l'enseignement et es pratiques des Vignerons ; dans les conférences qui réunissent périodiquement les curés de chaque doyenné, il documentait ses confères sur le péril antoiniste, qu'il signala aussi à l'Evêché où l'on n'y attacha guère d'importance. Les notes que M. Van Roye recueillit serviront plus tard à M. Crowley (Kervyn), aumônier du travail, pour écrire sa brochure sur ou plutôt contre Antoine [Révélations sur Antoine le Guérisseur, Bruxelles, 1911, 31 p.].
    Pour se documenter, M. Van Roey avait prié un de ses paroissiens, en relation d'affaires très fréquentes avec les antoinistes, de se renseigner soigneusement sur les pratiques des Vignerons. Ce paroissien est devenu antoiniste.

 

Sur sa tombe au cimétière de Jemeppe, on lit qu'il fut prêtre de la commune de 1891 à 1917.

Henri van Roey, prêtre de Jemeppe

Henri Van Roey 1879-1929 (curé de Jemeppe)

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Gaston Bardet - Je dors, mais mon coeur veille... (1953)

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Gaston Bardet - Je dors, mais mon coeur veille... (1953)

 

    Cet escamotage de l'eschatologie a conduit maints chrétiens en acte et en puissance (comme la Hiérarchie est forcée de le constater) dasn les bras de sectes aussi pitoresques qu'absurdes, comme les Adventistes du 7e jour, les Témoins de Jéhova, les Amis de l'Homme, le Mouvement de Pentecê, la Christian Science ou les Antoinises à gibus...

    Chez ces derniers l'absurdité disparaît dans l'enthousiasme d'une mystique, déviée en mysticisme, mais vivante ; dans l'espérance d'une vie future, que ne peut remplacer le "socialisme baptisé" des clérico-activistes de tous poils ; dans une communion à laquelle ne se peut substituer le moralisme acétique des pharisiens.

Gaston Bardet, Je dors, mais mon coeur veille...
Mystique, Magie, Médecine, p.10
Librairie d'Art Ancien et Moderne, Paris, 1953
source : scribd.com

 

Je dors mais mon cœur veille est en fait l’explicitation de ce : « entrer sans risque dans la vie d’oraison » exposé dans le premier tome « Pour toute âme vivant en ce monde ». Dans cet ouvrage, Jean-Gaston Bardet identifie, nomme, dissèque les écueils, les obstacles que tout un chacun rencontre sur son chemin d’oraison, afin d’éviter « les pratiques dangereuses et les impasses redoutables ».
Ces pratiques redoutables, ces pièges et ces impasses ont pour nom « quiétisme », « monofixisme », « attachement aux biens sprirituels ».
Pour toute âme vivant en ce monde rappelait la doctrine oubliée. Ce nouvel essai traite de sa mise en oeuvre.
« Pour arriver à l’union, il suffit de la vouloir : « Tu peux être aussi saint que tu le veux » (Ruysbroek) Mais comment vouloir ? » L’auteur donne là quelques conseils pratiques, ayant atteint leur but. Ils utilisent les acquis des diverses spiritualités en un seul bouquet confié à Marie, toute Mère.
L’auteur précise que « ces notes ne peuvent en aucune façon remplacer les ouvrages des grands spirituels, docteurs de l’Eglise, ni les méthodes jadis employées dans les ordres contemplatifs. Elles n’ont pour but que d’offrir une voie expérimentée qui, bien qu’inhabituelle, se montre très douce et accessible malgré le désordre actuel. Elle consiste à ne rien faire qui puisse empêcher l’Esprit de se donner, quand Il lui plaît. »

source : http://www.jeangastonbardet.org/je-dors-mais-mon-coeur-veille/

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