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Marcel Moreau - Se purifier sans cesse des encrassements temporels

Publié le par antoiniste

    Que faire d'un homme qui hait les papillonnements de l'intellect autour du mystère humain ? Et qui clame fort qu'il faudrait savoir aborder aujourd'hui notre destin avec un grand luxe de préscience sauvage, portée par les voix rauques de la vie antérieure ? Voilà pourquoi je suis un fanatique d'un genre si particulier, solitaire, sans Eglise, sans autre foi que cette foi noire pour les mots qui, de phrase en phrase, m'éloignent de l'esprit du temps. Etre fanatique, dans ce sens-là, c'est se purifier sans cesse des encrassements temporels : l'information pléthorique, enflure politique et publicitaire, le martèlement des exhortations au confort et à la consommation. C'est faire en soi une place inexpugnable au feu essentiel dévorant au-dedans, incendiaire au-dehors, un embrasement contre l'esprit du temps. Mais ce n'est pas assez : l'esprit du temps doit être torturé au moyen d'instruments doués de conscience, de lucidité, aux mains de bourreaux doués de supra-conscience, de supra-lucidité. L'esprit du temps devrait être livré livide à des races qui ne connaissent point la pitié, remontées on ne sait comment, par quel miracle de renversement des valeurs, du fond des abîmes de l'humanité et se conduisant comme des hordes.

Marcel Moreau, Monstre, p.226
Luneau Ascot Editeurs, Paris, 1986

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Jules Renard - Le Cheval

Publié le par antoiniste

    Il n'est pas beau, mon cheval. Il a trop de noeuds et de salières, les côtes plates, une queue de rat et des incisives d'Anglaise. Mais il m'attendrit. Je n'en revient pas qu'il reste à mon service et se laisse, sans révolte, tourner et retourner.
    Chaque fois que je l'attelle, je m'attends qu'il me dise : non, d'un signe brusque, et détale.
    Point. Il baisse et lève sa grosse tête comme pour remettre un chapeau d'aplomb recule avec docilité entre les brancards.
    Aussi je ne lui ménage ni l'avoine ni le maïs. Je le brosse jusqu'à ce que le poil brille comme une cerise. Je peigne sa crinière, je tresse sa queue maigre. Je le flatte de la main et de la voix. J'éponge ses yeux, je cire ses pieds.
    Est-ce que ça le touche ?
    On ne sait pas.
    Il pète.
    C'est surtout quand il me promène en voiture que je l'admire. Je le fouette et il accélère son allure. Je l'arrête et il m'arrête. Je tire la guide à gauche et il oblique à gauche, au lieu d'aller à droite et de me jeter dans le fossé avec des coups de sabot quelque part.
    Il me fait peur, il me fait honte et il me fait pitié.
    Est-ce qu'il ne va pas bientôt se réveiller de son demi-sommeil, et, prenant d'autorité ma place, me réduire à la sienne ?
    A quoi pense-t-il ?
    Il pète, pète, pète.

Jules Renard, Histoires naturelles, p.34-35
Le Livre de Poche, Collection Libretti, Paris, 1995

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Une minute de plus pour l'humanité (actualité yahoo.de 15 janv 2010)

Publié le par antoiniste

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Maxence van der Meersch - La conscience d'une fourmi

Publié le par antoiniste

    "Je crois que le problème est résolu !" dit-il.
    Il tapota le bras nu du malade.
    "Nous te rendrons la conscience, paure diable ! Drôle de cadeau, au fond ! Si tu avais voix au chapitre, peut-être nous demanderais-tu de te laisser à ton sort...
    - Oh ! fit Regnoult
    - Ce n'est pas votre vais, Regnoult ? Votre néant, vous tenez tant que ça à en avoir conscience ?
    - Ma foi, oui...
    - Vous avez peut-être tort. J'ai souvent pensé que la conscience, la notion du moi, ça doit être simplement un accident malheureux.
    - Malheureux ? fit Groix
    - Imaginez une fourmi, Groix. Elle it, elle travaille, elle souffre. Supposez que tout à coup, par miracle, vous lui donniez la notion d'elle-même, la conscience. Elle sait qu'elle vit, qu'elle est fourmi, elle comprend tout à coup son destin épouventable, qui est de peiner deux ou trois saisons et de disparaître. Lui auriez-vous fait un cadeau précieux, Groix ? Et l'homme n'étant qu'une fourmi à mémoire très développée, capable de se suivre dans le temps, de se revoir dans les diverses circonstances de sa vie, ce qui constitue tout simplement la conscience, trouvez-vous singulier que j'hésite, quelque fois, que j'éprouve une espèce de... de remords, presque, au moment de rendre à mon semblable cette lucidité, cette conscience ?
    - Vous n'êtes pas gai, monsieur ! dit Groix
    Doutreval sourit.
    "Je ne croix pas que l'intelligence puisse aller sans une certaine mélancolie, a dit quelqu'un. Allons ! vos notes Regnoult. - Groix, je compte sur vous pour surveiller ce petit, me fournir une observation complète. Je repasserai demain matin.

Maxence van der Meersch, Corps et âmes, p.161-62
Le Livre de Poche, Paris, 1943

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Marcel Moreau - L'avoir et ses gigantismes factices

Publié le par antoiniste

    Le retard pris par la nature humaine sur l'ordre naturel est proprement effarant. Le corps fait ce qu'il peut : de moins en moins, mais l'esprit ne fait pas ce qu'il pourrait. L'esprit de l'homme s'est séparé des folies enfouies. Il n'est plus qu'apparence de bontés, de violences. Il semble condamné à nourrir la seule démensure à laquelle l'autorise ce monde fini : celle de l'avoir, et ses gigantismes factices. Il est perdu pour la démesure de l'être, et ses chefs-d'oeuvre incorruptibles. Rationalité et science ont coupé court à l'unique démesure qui vaille. Nous sommes faits comme des rats. Nous sommes des rats et devons être traités comme tels, par raticides.

Marcel Moreau, Monstre, p.229
Luneau Ascot Editeurs, Paris, 1986

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Frédéric Beigbeder - Nos existences clonées

Publié le par antoiniste

    La résistance au changement, c'est dans toutes ces salles de réunion impersonnelles qu'elle se pratique de la façon la plus violente. Le coeur de l'immobilisme réside dans cet immeuble, entre ces petits cadres à pellicules et talonnettes. On leur a confié les clés du pouvoir, personne ne sait pourquoi. Ils sont le centre du monde ! Les hommes politiques ne contrôlent plus rien ; c'est l'économie qui gouverne. Le marketing est une perversion de la démocratie : c'est l'orchestre qui gouverne le chef. Ce sont les sondages qui font la politique, les tests qui font la publicité, les panels qui choisissent les disques diffusés à la radio, les "sneak previeuws" qui déterminent la fi des films de cinéma, les audimats qui font la télévision, toutes ces études manipulées par tous les Alfreds Dulers de la terre. Plus personne n'est responsable, sauf les Alfreds Dulers. Les Alfreds Dulers tiennent les rênes, mais ne vont nulle part. Big Brother is not watching you, Big Brother is testing you. Mais le sondagisme est un conservatisme. C'est une abdication. On ne veut plus vous proposer quoi que ce soit qui puisse RISQUER de vous déplaire. C'est ainsi qu'on tue l'innovation, l'originalité, la création, la rébellion. Tout le reste en découle. Nos existences clonées... Notre hébétude somnambule... L'isolement des êtres... La laideur universelle anesthésiée... Non, ce n'est pas une petite réunion. C'est la fin du monde en marche. On ne peut pas à la fois obéir au monde et le transformer. Un jour, on étudiera à l'école commet la démocratie s'est autodétruite.

Frédéric Beigbeder, 99 francs, p.42-43
Folio, Paris, 2000

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Nous créons le monde - Calendrier lunaire pour Décembre 2009-Blue Moon

Publié le par antoiniste

Une lune bleue est une pleine lune qui n'est pas chronométrée à la tendance mensuelle régulière. La plupart des années ont douze pleines lunes qui se produisent environ tous les mois, mais en plus de ces douze cycles complets lunaire, chaque année du calendrier solaire contient un excès d'environ onze jours par rapport à l'année lunaire. Les jours supplémentaires s'accumulent, de sorte que tous les deux ou trois ans (en moyenne environ tous 2,7154 années), il ya une pleine lune d'appoint. La lune supplémentaire est appelée une «lune bleue».


A blue moon is a full moon that is not timed to the regular monthly pattern. Most years have twelve full moons which occur approximately monthly, but in addition to those twelve full lunar cycles, each solar calendar year contains an excess of roughly eleven days compared to the lunar year. The extra days accumulate, so that every two or three years (on average about every 2.7154 years), there is an extra full moon. The extra moon is called a "blue moon."

source : wikipedia/en

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André Gide - Les fantômes et les monstres de notre esprit

Publié le par antoiniste

    Mais comme il advient surtout, le grief imaginaire l'emportait sur l'imputation précise : ah ! que la vie serait belle et notre misère supportable, si nous nous contentions des maux réels sans prêter l'oreille aux fantômes et aux monstres de notre esprit...

André Gide, La symphonie pastorale, Premier cahier, 8 mars
Le Livre de Poche, 1952, p.68

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Une lecture politique de la folie religieuse ou théomanie

Publié le par antoiniste

Bowman Frank. Une lecture politique de la folie religieuse ou théomanie. In: Romantisme, 1979, n°24. Écriture et folie. pp. 75-87.

doi : 10.3406/roman.1979.5298
url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/roman_0048-8593_1979_num_9_24_5298
Consulté le 24 décembre 2009

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Le vide de la matière

Publié le par antoiniste

    Le volume de l'atome est constitué à 99,9999999999999% de vide : si l'on pouvait enlever le vide des atomes constituant la Terre, toute la matière serait contenue dans une sphère de 150 m de rayon.

source : http://phys.free.fr/atomefla.htm

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