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La religion et ses nouvelles formes

Publié le par antoiniste

 

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André Thérive - Esquiver sa conscience

Publié le par antoiniste

    Il ne faudrait pas ces mois-ci suivre Julien Verhaege à la trace ; on aurait tôt fait de le croire fou. Mais il y a par le monde moins de fou qu'on ne dit ; il y a surtout des gens qui essaient d'esquiver leur conscience. Heureux quand ils y réussissent !

André Thérive, Sans âme, Chapitre XIV, p.165
Le Livre Moderne Illustré, Paris, 1933

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André Baillon - On s'illusionne

Publié le par antoiniste

    Pourtant il ne ment pas. Personne ici ne ment. On s'illusionne. Journaliste quand on n'était qu'un nègre, le pape quand on est un pauvre fou, la réalité a changé de nez et ce nez n'est pas plus bête qu'un autre.

André Baillon, Chalet 1, p.186
Cambourakis, Paris, 2009

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Léo Ferré - Ne chantez pas la mort (Caussimon)

Publié le par antoiniste

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A tous les mangeurs de viande

Publié le par antoiniste

Je ne suis pas végétarien et ne compte pas le devenir. Mais j'ai bien l'intention de réduire sérieusement ma consommation de viande, je suis sérieux, la viande contribue au réchauffement climatique et à la faim dans le monde. Voir les liens ci-dessous :
 
http://bidoche-lelivre.com/
 
http://www.bastamag.net/spip.php?article701
 
En cette semaine où s'ouvre le sommet de Copenhague, vous verrez qu'il y a un lien entre manger de la viande et le réchauffement climatique (entre autres choses).

Merci à Laurent pour ce mail.

Et à revoir : la vidéo dont l'auteur parle dans le chapitre 2 « Sauver le bœuf », un grand délire télévisé. Cet émission montre le parfait exemple du discours scientifique tenu dans les années 60/70. Le reporter semble plus dubitatif...

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    retrouver ce média sur www.ina.fr

 

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La métallurgie chez les Beta Israel (ou Falashas)

Publié le par antoiniste

    Traditionnellement, les Beta Israel ont été associés à des activités artisanales comme la métallurgie, la poterie et le tissage, qui procuraient aux ménages d'agriculteurs une source de revenus complémentaire. Parmi ces activités, la métallurgie et la poterie méritent une attention particulière, à cause de leur statut social bas, de leur distributions ethniques et des propriétés surnaturelles dont elles sont créditées. L'association des Beta Israel et de la métallurgie semble plonger ses racines dans les bouleversements économiques qui affectèrent les Beta Israel au quinzième siècle. Presque tous les observateurs modernes ont fait des observations sur l'exercice de ce métier situé au bas de  l'échelle sociale. Travaillant en équipes, avec des soufflets en peau de chèvre, les forgerons Beta Israel fabriquaient faucilles, socs, haches, couteaux, houes et une gamme étendue d'autres produits. Quand les armes à feu n'étaient pas encore disponibles en grandes quantités, ils jouaient un rôle crucial dans l'équipement de l'armée en fers de lance, épées, poignards, etc. Bien souvent, ils étaient même obligés de suivre l'armée en campagne. A une date plus récente, ils se mirent également à fabriquer des cartouches et à réparer des fusils. En Éthiopie, comme en beaucoup d'autres régions d'Afrique, l'habileté du forgeron à transformer le métal brut en produit fini lui conférait un grand poids économique mais le rendait socialement et religieusement suspect. Les forgerons passaient pour détenir des connaissances particulières et secrètes sur le monde surnaturel et ses forces. En Éthiopie, les forgerons et, par extension, les Beta Israel étaient tenus pour buda (ayant le mauvais oeil) et étaient accusés de s'attaquer à leurs voisins grâce au mauvais oeil ou en se transformant en hyènes. Pour désigner les pouvoirs surnaturels et potentiellement dangereux du forgeron Beta Israel, on employait fréquemment le terme tabib, qui signifie 'sage', 'artisan', 'habile' mais aussi 'magicien'.

Steven Kaplan, Les Falashas, p.165
Editions Brépols, Paris, 1990

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Les Cowboys Fringuants - Les étoiles filantes

Publié le par antoiniste

Si je m'arrête un instant
Pour te parler de ma vie
Juste comme ça tranquillement
Dans un bar rue St-Denis

J'te raconterai les souvenirs
Bien gravé dans ma mémoire
De cette époque où vieillir
Était encore bien illusoire

Quand j’agaçais les p’tites filles
Pas loin des balançoires
Et que mon sac de billes
Devenait un vrai trésor

Et ces hivers enneigés
À construire des igloos
Et rentrer les pieds g’lés
Juste à temps pour Passe-Partout

Mais au bout du ch’min dis-moi c’qui va rester
De la p’tite école et d’la cour de récré ?
Quand les avions en papier ne partent plus au vent
On se dit que l’bon temps passe finalement…

…comme une étoile filante

Si je m’arrête un instant
Pour te parler de la vie
Je constate que bien souvent
On choisit pas, mais on subit
Et que les rêves des ti-culs
S’évanouissent ou se refoulent
Dans cette réalité crue
Qui nous embarque dans le moule

La trentaine, la bedaine
Les morveux, l’hypothèque
Les bonheurs et les peines
Les bons coups et les échecs

Travailler, faire d’son mieux
En arracher, s’En sortir
Et espèrer être heureux un peu avant de mourir

Mais au bout du ch’min dis-moi c’qu’y va rester
De notre p’tit passage dans ce monde effréné ?
Après avoir existé pour gagner du temps
On s’dira que l’on était finalement…

…que des étoiles filantes

Si je m’arrête un instant
Pour te parler de la vie
Juste comme ça tranquillement
Pas loin du Carré St-Louis
C’est qu’avec toi je suis bien
Et que j’ai pu’l’goût de m’en faire
Parce que tsé voir trop loin
C’pas mieux que r’garder en arrière

Malgré les vieilles amertumes
Et les amours qui passent
Les chums qu’on perd dans’ brume
Et les idéaux qui se cassent

La vie s’accroche et renaît
Comme les printemps reviennent
Dans une bouffée d’air frais
Qui apaise les cœurs en peine

Ça fait que si à’ soir t’as envie de rester
Avec moi, la nuit est douce on peut marcher
Et même si on bien que tout dure rien qu’un temps
J’aimerais ça que tu sois pour un moment…

…mon étoile filante

Mais au bout du ch’min dis-moi c’qui va rester…
Mais au bout du ch’min dis-moi c’qui va rester…

…que des étoiles filantes

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Ivan Illich - L'auscultation remplace l'écoute

Publié le par antoiniste

LE diagnostic, dans une perspective historique, a eu pendant des siècles une fonction éminemment thérapeutique. L'essentiel de la rencontre entre médecin et malade était verbal. Encore au commencement du XVIIIe siècle, la visite médicale était une conversation. Le patient racontait, s'attendant à une écoute privilégiée de la part du médecin; il savait encore parler de ce qu'il ressentait, un déséquilibre de ses humeurs, une altération de ses flux, une désorientation de ses sens et de terrifiantes coagulations. Quand je lis le journal de tel ou tel médecin de l'âge baroque (XVIe et XVIIe siècles), chaque annotation évoque une tragédie grecque. L'art médical était celui de l'écoute. Il assumait le comportement qu'Aristote, dans sa Poétique, exige du public au théâtre, différant sur ce point de son maître Platon. Aristote est tragique par ses inflexions de voix, sa mélodie, ses gestes, et non pas seulement par les mots. C'est ainsi que le médecin répond mimétiquement au patient. Pour le patient, ce diagnostic mimétique avait une fonction thérapeutique.
Cette résonance disparaît bientôt, l'auscultation remplace l'écoute. L'ordre donné cède la place à l'ordre construit, et cela pas seulement dans la médecine. L'éthique des valeurs déplace celle du bien et du mal, la sécurité du savoir déclasse la vérité. Pour la musique, la consonance écoutée, qui pouvait révéler l'harmonie cosmique, disparaît sous l'effet de l'acoustique, une science qui enseigne comment faire sentir les courbes sinusoïdales dans le médium.
Cette transformation du médecin qui écoute une plainte en médecin qui attribue une pathologie arrive à son point culminant après 1945. On pousse le patient à se regarder à travers la grille médicale, à se soumettre à une autopsie dans le sens littéral de ce mot: à se voir de ses propres yeux. Par cette auto-visualisation, il renonce à se sentir. Les radiographies, les tomographies et même l'échographie des années 70 l'aident à s'identifier aux planches anatomiques pendues, dans son enfance, aux murs des classes. La visite médicale sert ainsi à la désincarnation de l'ego.
Il serait impossible de procéder à l'analyse de la santé et de la maladie en tant que métaphores sociales, à l'approche de l'an 2000, sans comprendre que cette auto- abstraction imaginaire par le rituel médical appartient, elle aussi, au passé. Le diagnostic ne donne plus une image qui se veut réaliste, mais un enchevêtrement de courbes de probabilités organisées en profil.
Le diagnostic ne s'adresse plus au sens de la vue. Désormais, il exige du patient un froid calcul. Dans leur majorité, les éléments du diagnostic ne mesurent plus cet individu concret; chaque observation place son cas dans une «population» différente et indique une éventualité sans pouvoir désigner le sujet. La médecine s'est mise hors d'état de choisir le bien pour un patient concret. Pour décider des services qu'on lui rendra, elle oblige le diagnostiqué à jouer son sort au poker.

Ivan Illich, L'obsession de la santé parfaite

source : http://olivier.hammam.free.fr/imports/auteurs/illich/sante-parfaite.htm

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Marcel Moreau, Monstre - Culte du dépassement

Publié le par antoiniste

    L'espace métaphysique est oublié, et s'il est mentionné c'est pour donner à entendre qu'il dépend de la matérialité des réussites. Ce "mouvement spirituel" se règle sur le triomphe du gigantisme indifférent, au détriment de son contraire : la démesure vertigineuse, qui est la mesure même de l'individu face à son destin, quête de l'absolu, toute connaissance désintéressée portée à son paroxysme. Dans cette prose, où le dépassement érigé en culte est toujours dépassement vers la suprématie des nantis, la litanie élitaire a quelque chose d'obscène : marchands du temple plus exhibitionnisme. Elle déprave la notion même de responsabilité. La fièvre de liberté s'identifie à celle du profit. La liberté est l'affaire des affairistes, semble-t-on nous répéter, inlassablement, avec, dans la vois, des intonations de repu, au sortir de chez Maxim's. Mais cette liberté-là n'a pas sa place dans nos sombres ivresses, ces tâtonnements et titubations qui nous dépouillent sans répit des pulsions cupides. C'est la lucidité, cette objection au bonheur, qui nous fait préférer les fiers désespoirs, fussent-ils barbares et démentiels, aux optimismes de luxe. La France des fortunés et des sans-âme, aspirée par les fureurs hypercapitalistes, peut crever des pires cancers. Je ne serais pas le dernier à m'en esbaudir.

Marcel Moreau, Montre (1986), p.185-86
Luneau Ascot Editeurs, Paris

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Emile Verhaeren - Une statue

Publié le par antoiniste

On le croyait fondateur de la ville,
Venu des pays clairs et lointains
Vers ceux d'Europe — avec sa pauvre crosse en main,
Et grand, sous sa bure servile.

Pour se faire écouter il parlait par miracles,
En des clairières d'or, le soir, dans les forêts.
Où des granits carraient leurs symboles épais,
Et tonnaient leurs oracles.

Il était la tristesse et la douceur
Descendue autrefois, à genoux, du calvaire,
Vers les hommes et leur misère
Et vers leur coeur.

Il accueillait l'humanité fragile,
Il lui chantait le paradis sans fin
Et l'endormait dans le rêve divin,
Le front posé sur l'évangile.

Plus tard, le roi, le juge et le bourreau
Prirent son verbe et le faussèrent ;
Et les textes autoritaires
Apparurent, tels des glaives hors du fourreau.

Contre la paix qu'il avait inclinée
Vers tous, de son geste clément,
La vie, avec des cris et des sursauts déments,
Brusque et rouge, fut dégainée.

Mais lui resta le clair apôtre et le soleil
Tiédi, aux yeux de tous, de patience et d'indulgence
Et la pieuse et populaire intelligence
Venait puiser en lui la force et le conseil.

On l'invoquait pour les fièvres et pour les peines,
On le fêtait en mai, au soir tombant,
Et des mères apportaient leurs enfants
Baigner leurs maux dans l'eau de sa fontaine.

Son nom large et sonore d'amour
Marquait la fin des longues litanies
Et des complaintes infinies
Que l'on chantait, depuis toujours.

Il se définissait, près d'un portail roman,
En une image usée et tremblotante,
Qui écoutait, dans la poitrine
Haletante des tours,
Les bourdons lourds clamer au firmament.

Emile Verhaeren, Une statue, p.120
Les Villes tentaculaires (1895)
source : archive.org

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