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Endre Ady - Dieu

Publié le par antoiniste

Secrète, voilée est sa face,
mais déjà, par bonté, souvent
sur moi ses yeux de soleil passent.
[...]

Je l'entends marcher dans mon âme.
S'il dit, triste : "Où es-tu Adam ?"
mon coeur très fort se met à battre.

Oui, je l'ai trouvé dans mon coeur,
trouvé et serré dans mes bras,
nous serons unis dans la mort.

Endre Ady (adaptation de Jean Grosjean)

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Charles Darwin - L'ignorance

Publié le par antoiniste

« L'ignorance engendre la confiance plus souvent que le fait la connaissance : ce sont les personnes qui savent peu et non celles qui savent beaucoup qui affirment de façon si tranchée que tel ou tel problème ne sera jamais résolu par la science. »

Charles Darwin, introduction de l'Origine de L'Homme (1871)

source : wikipedia

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Comment nos sens nous trompent 8 - Compter le nombres de F

Publié le par antoiniste

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Gaston Bachelard - la volonté d'imaginer

Publié le par antoiniste

«Il faut que la volonté imagine trop pour réaliser assez.»

Gaston Bachelard

source : http://www.evene.fr/celebre/biographie/gaston-bachelard-644.php?citations

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Comment nos sens nous trompent - La pierre et la motte de terre

Publié le par antoiniste

    Une pierre et une motte de terre tombèrent ensemble dans la mer, nous dit une histoire arabe.
    La pierre, en tombant au fond de l'eau, gémissait :
    - Je suis noyée ! Je suis perdue ! Seul le fond de la mer écoutera mes plaintes !
    La motte s'anéantit. Personne ne sait ce qu'elle devint. Mais on dit que, sans langue, elle parla, et que certaines oreilles très fines entendirent ceci :
    - Il ne reste plus rien de moi dans les deux mondes, rien, pas la moindre parcelle. On ne verra plus mon corps, on ne verra même plus mon âme. Tous deux sont fondus dans la mer qui, elle, est clairement visible.

Jean-Claude Carrière, Le cercle des menteurs, Contes philosophiques du monde entier
France Loisirs, Paris, 1998 (p.398)

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Je suis le seul à être moi (Philippe Geluck - le Chat)

Publié le par antoiniste

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L'intelligence est un jugement (Henri Delacroix - Le langage et la pensée)

Publié le par antoiniste

    Qu'est-ce donc que l'intelligence ?
    L'élaboration de nouvelles habitudes est une formes de comportement intelligence. Savoir monter des mécanismes, c'est non seulement faire économie d'effort en remettant à l'habitude ce qui exigerait de la présence d'esprit, c'est encore créer l'outil nécessaire au travail, et sans lequel le travail ne peut être effectué.
    Il y a du reste deux procédés de formation des automatismes. Il y a un procédé mécanique d'apprentissage, il y a un procédé intelligent. La simple répétition, l'élimination des actes inutiles, la systématisation croissante des moments de l'action, la formation du système clos sans recours à l'intelligence. Il y a une forme d'adaptation qui tend vers la pure habitude : frayage et meilleur fonctionnement des voies nerveuses ; amélioration de valeur des réponses ; méthodes des essais et des erreurs : dans tout cela nous retrouvons les formes élémentaires de la structure et de l'activité nerveuses, la plasticité, le frayage, la formation de connexions.
[...]
    L'intelligence est discernement et choix. [...] Unifier et distinguer, telle est sa tâche : établir des rapports. [...] L'intelligence se mesure non d'après ce qu'on a fait, mais d'après ce qu'on peut faire. Elle est capacité et non pas acquisition.
[...]
    On peut parfaitement vivre en se passant de toute pensée. On vit alors sur le plan de l'action : réflexes, instincts, habitudes. La meilleure partie de la vie animale s'écoule ainsi, éclairée parfois peut-être, chez les animaux supérieurs, de quelques jeux d'images, de quelques lueurs de pensée confuse et indifférenciée. A ce stade de vie mentale, pont de langage.
[...]
    Pour penser, il faut d'abord n'être plus une chose parmi les choses, il faut se placer hors d'elles pour les apercevoir comme choses et agir sur elles par des moyens inventés.
[...]
    Les forces physico-chimiques elles-mêmes, le mécanisme, n'est-ce pas de l'intelligence ? L'intelligence est partout où il y a arrangement et système : en ce sens l'existence tout entière est intelligence pour le philosophe, mais ce qui le psychologue appelle intelligence, c'est l'intelligence qui apercevant tout cela, s'aperçoit ; et comme Aristote disait de Dieu : la pensée de la pensée.
[...]
    Nous en revenons toujours au jugement et aux concepts. La notion, le concept, la chose pensée, n'est qu'un jugement virtuel, le concept n'est élément du jugement que parce qu'il est produit du jugement ; le chien, l'arbre, la vertu ne sont rien, sinon une affirmation, quelle qu'elle soit, à propos du chien, de l'arbre ou de la vertu. On ne les pense qu'en pensant quelque chose d'eux. Ce qu'on appelle la compréhension, c'est comme une liste ouverte de jugements en nombre indéfini. A chaque fois qu'il les manie, l'esprit isole une portion de cet ensemble et se fixe sur elle pour un temps plus ou moins long ; il oscille parfois entre une série d'affirmations plus ou moins vaguement esquissées. Ce qui donne au concept l'apparence d'être isolable, c'est justement qu'il peut être engagé dans des séries différentes qui se tiennent en échec. De la vertu ou du chien, je puis penser bien des choses différentes. C'est cette détermination virtuelle, cette indécision du savoir qui donnent au concept l'apparence de se suffire.

Henri Delacroix, Le langage et la pensée, p.97 et suivantes (1924)
source : gallica2

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Paul Neuhuys - Clair-Obscur

Publié le par antoiniste

Mi-ombre, mi-lumière,
muy hombre, muy mujer,
sourde rose assombrie
dont le goût de folie,
de folie et de mort,
n'a décidément rien
de pareil sur la terre.

Je songe qu'elle seule,
soleil de pauvreté,
corolle de clarté
et rose épanouie
de mon coeur vieillissant
me donne encore envie,
envie d'être vivant.

Paul Neuhuys, On a beau dire
Clair-Obscur, Editions Labor - Espace Nord, p.169

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Primo Levi - Si c'est un homme (p.44)

Publié le par antoiniste

    Autour de nous, tout est hostile. Sur nos têtes, les nuages mauvais défilent sans interruption pour nous dérober le soleil. De toutes parts, l'étreinte sinistre du fer en traction. Nous n'avons jamais vu où ils finissent, mais nous sentons la présence maligne des barbelés qui nous tiennent séparés du monde. Et sur les échafaudages, sur les trains en manoeuvre, sur les routes, dans les tranchées, dans les bureaux, des hommes et des hommes, des esclaves et des maîtres, et les maîtres eux-mêmes esclaves ; la peur gouverne les uns, la haines les autres ; tout autre sentiment à disparu. Chacun est à chacun un ennemi ou un rival.
    Non, pourtant : dans ce compagnon d'aujourd'hui, attelé avec moi sous le même fardeau, il m'est impossible de voir un ennemi ou un rival.

Primo Levi, Si c'est un homme
Pocket, Paris, 1990 (p.44)

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Erich Scheurmann - Le papalagui - Pourquoi penses-tu autant ?

Publié le par antoiniste

    Je crois que ceci n'est qu'un prétexte et que le Papalagui ne fait que suivre un mauvais penchant. Le véritable but de ses pensées est la conquête des forces du Grand-Esprit. C'est une manière d'agir qu'il indique lui-même dans le mot : connaître. Connaître, ça veut dire avoir une chose si près des yeux, que le nez dessus, on passe à travers.

Erich Scheurmann - Le Papalagui, Les étonnants propos de Touiavii, chef de tribu, sur les hommes blancs
Pocket, 1920 (p.120)

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