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antoinisme

Une visite au berceau de l'Antoinisme (Le Journal, 18 janvier 1926)

Publié le par antoiniste

      CHEZ LES MYSTIQUES

             Une visite
au berceau de l'Antoinisme

    Au moment où les regrettables incidents dont fut victime le curé de Bombon attirent de nouveau l'attention sur les petites religions qui vivent à côté des grandes, peut-être est-il curieux de s'initier à d'autres sectes organisées, en un temps de plus en plus propice au miracle mystique. Parmi les plus suggestives pour le psychologue se trouve la secte antoiniste, d'abord à cause de l'humilité de ses origines : Antoine, ouvrier mineur, n'avait qu'une instruction rudimentaire, et sa femme ne sait ni lire ni écrire ; à cause aussi de son développement insolite et de la prétention d'un certain nombre de ses membres à faire reconnaitre l'antoinisme à l'instar d'un culte officiel par le gouvernement belge.
    Aussi, me trouvant à Liège ces jours passés, une naturelle curiosité m'a incité à un court déplacement pour aller à Jemeppe-sur-Meuse, berceau de l'antoinisme, retrouver les traces de la prédication d'Antoine le guérisseur, et assister à la cérémonie qu'accomplit en personne, les trois premiers jours de la semaine, la mère, dépositaire des rites et du pouvoir du père, depuis que ce dernier a quitté notre terrestre séjour, tout en conservant d'ailleurs pour ses fidèles la direction spirituelle de son culte. Je ne puis en cet aperçu rapide que noter aussi la progression rapide desdits pouvoirs spirituels : d'Antoine le guérisseur à Antoine le saint, puis le prophète, messager d'une révélation définitive, l'ascension s'est faite normalement, par l'enthousiasme progressif et organisé des premiers disciples.
    Intéressante à étudier serait encore l'évolution intellectuelle, si l'on peut dire, d'Antoine, d'abord féru d'hypnotisme et de spiritisme, dont il exploitera tout d'abord la soi-disant mystérieuse puissance, pour renier plus tard ces mêmes croyances, le jour où il a découvert et organisé en doctrine sa théorie des fluides, dont l'influence bienfaisante ou malfaisante réside au même titre dans les objets de la nature comme dans nos actes personnels. De ces fluides, Antoine a reconnu la merveilleuse puissance ; il s'est, en autre, reconnu le pouvoir de la capter pour la répandre généreusement et gratuitement sur les infortunés, de plus en plus nombreux, qui lui demandaient aide, et que longtemps, affirme-t-il, il reçut et soigna individuellement. Leur nombre s'accroissant chaque jour avec sa propre renommée, il s'avisa que le fluide, étant immatériel et d'ailleurs d'essence divine, ne pouvait épuiser sa force en se prodiguant en même temps à des collectivités. Il suffisait que les croyants s'assemblassent à la même heure, dans un même lieu consacré. De là, l'idée du premier temple antoiniste, édifié à Jemeppe, et bientôt suivi de beaucoup d'autres : leur nombre en Belgique et en France atteint, m'a-t-on dit, la trentaine. Dès ce moment aussi naquit le rite qu'Antoine avait fixé, et dont les antoinistes observent scrupuleusement le cérémonial.
    Pendant que je me hâte moi-même vers le temple antoiniste, car l'opération est à dix heures précises, et le fluide transmis par le père ne peut attendre, je coudoie une foule hétéroclite qui se presse en remontant la grand'rue du petit village minier : ménagères portant leur panier au bras ou traînant après elles leur marmaille : antoinistes hommes et femmes, reconnaissables au costume bizarre qu'ils arborent et qui, paraît-il, fut adopté par le père ; les hommes vêtus d'une lévite noire, le chef recouvert d'un tuyau de poêle étrange, fortement évasé par le haut ; les femmes, vouées au noir elles aussi, manteau noir, petit bonnet à ruches de même couleur, d'où tombe parfois un grand voile qui leur donne l'apparence de religieuses d'un tiers-ordre, à moins que ce ne soit d'une troupe éplorée de veuves !
    Dans le temple nu, sur les murs duquel sont placés de nombreux rappels au silence, la même symphonie de deuil se perpétue : une longue tenture de cette couleur pend de la tribune où tout à l'heure apparaîtra la mère : une figure symbolique y est brodée en fils d'argent : c'est l'arbre de la science de la vue du mal (!) avec de nombreuses ramifications s'échappant du tronc.
    Un silence lourd d'attente, et comme angoissé du miracle qui se prépare, et que, mue comme par un ressort, annonce l'une des veuves qui s'est levée au premier banc : « L'opération va se faire ; ranimez votre foi ; ceux qui auront la foi seront guéris. »
    A peine s'est-elle rassise que, par une porte basse masquée dans la muraille et de plain-pied avec la tribune surélevée, la mère elle-même a fait son apparition : figure osseuse de paysanne matoise et obstinée, le front barré d'une ride volontaire, encore très alerte malgré ses 74 ans bien sonnés ; elle s'est mise en prières, les yeux levés vers le ciel, ses mains noueuses repliées l'une sur l'autre massivement. Que marmonne-t-elle entre ses dents ? Seuls les initiés pourraient y reconnaitre un appel au père, sous l'invocation duquel toute la cérémonie est pratiquée. Un seul mot m'en parvient à peu près distinctement : Miséricorde ! Il annonce que le moment est venu de lancer l'influx libérateur, qu'attendent à la même minute, je pourrais dire à la même seconde, car le fluide ne connait pas les misérables obligations de nos lois physiques, les antoinistes croyants, réunis dans leurs temples. Le visage maintenant crispé et douloureux, les mains noueuses ramenées vers le corps et rejetées en avant par un mouvement contraire, il semble que l'opératrice veuille, en ce geste symbolique, attirer sur elle toute la misère du monde et insuffler à l'assistance la force primordiale capable d'assurer de triomphe sur le mal, physique ou moral, cet éternel ennemi de l'humanité douloureuse. « Ranimez votre foi ! » Les antoinistes courbent la tête pour mieux recevoir l'influx libérateur. Quand ils la relèvent, la vieille femme a disparu comme par enchantement par la même porte dérobée et l'assistance a déjà commencé sur un ton de mélopée les dix principes du père, ou plutôt la révélation des dix principes de Dieu par le père. Dieu parle ! annonce l'opuscule que j'ai acheté et qui les contient, et, sans, vouloir accuser Antoine de blasphémer, disons seulement que le dieu qu'il fait parler n'a rien de la majesté redoutable de Jéhovah dictant à Moïse les dix commandements parmi les éclats de tonnerre et des épouvantements du mont Sinaï.
    Le dieu qui parle ici est un dieu familier créé à l'image de celui qui l'interprète et qui lui prête son langage quelque peu obscur, parfois même incorrect. Ce dieu qui s'exprime par la bouche du père prêche à coup sûr une morale utile à tous les hommes, puisqu'il recommande la charité, y compris la gratuité de tous les services divins et humains, qu'il insiste sur la tolérance, blâme tout prosélytisme de paroles, et insinue fort justement qu'il est bon de nous efforcer de le voir dans celui que nous croyons être notre ennemi, car c'est notre propre image que nous renvoie celui à qui nous prêtons nos mauvaises pensées personnelles. La leçon est souvent profitable.
    Mais c'est certainement à Antoine que revient en propre cette défiance de l'intelligence, mise en conflit avec la conscience qu'elle obnubile par son orgueil et sa vision toute matérielle ? D'où nécessité d'abaisser la Superbe et d'accepter sans jeu de mots la simple foi du charbonnier.
    Tel était le cours de mes pensées en quittant le temple de Jemeppe, non sans avoir demandé à notre petit frère musin, lecteur des principes le jour et mineur la nuit, pour accomplir le précepte antoiniste, le viatique de foi et d'espérance que lui-même ou une adepte féminine distribuent généreusement et cordialement à tous ceux qui demandent audience.
    A la sortie du temple, dans un café-restaurant d'apparence modeste, mais qu'achalandent les grands jours de l'antoinisme, j'achète les portraits du père et de la mère officiant ; on me presse d'y joindre des reproductions de foules assemblées : à Schaerbeck, faubourg de Bruxelles, inauguration d'un temple antoiniste par la mère ; fête annuelle du 20 juin, jour anniversaire de la désincarnation du père, où l'on procède sous la direction de la mère à la visite de la demeure du père, suivie d'un pèlerinage aux lieux voisins qui abritèrent sa méditation et le virent se rafraîchir à une petite fontaine consacrée désormais par le zèle des antoinistes. Plus de 20 000 personnes sont, paraît-il, venues cette année magnifier la gloire du père !
    Ai-je dit que la mère Antoine ou ses représentants consacrent des mariages et des baptêmes et que les obsèques antoinistes se pratiquent très simplement ? On y lit quelques pages du père sur la réincarnation. C'est ainsi, me murmure une vieille antoiniste, que le petit ruisseau est devenu grande rivière ! – Maurice Wolff.

Le Journal, 18 janvier 1926

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Light, A Journal of Psychical, Occult, and Mystical Research ( 14 mars 1914)

Publié le par antoiniste

Light, A Journal of Psychical, Occult, and Mystical Research ( 14 mars 1914)

    The disciples of the late Antoine, the healer, seem to be spreading rapidly. I had scarcely read of an “Antoine Temple” having been opened at Paris, when I found in “Le Fraterniste” a full account of the opening ceremony at Monaco of a similar temple, erected to satisfy the demands of the numerous “Antoinists” living thereabouts. After the death of Antoine, his wife became the leader of this primitive sect. She is apparently endowed with the same magnetic and mediumistic powers as her late husband, and has already effected many remarkable cures.

                                                                                 F. D.

Light, A Journal of Psychical, Occult, and Mystical Research, 14 mars 1914

 

Traduction :

    Les disciples de feu Antoine, le guérisseur, semblent se répandre rapidement. J'avais à peine lu l'existence d'un "Temple d'Antoine" ouvert à Paris que j'ai trouvé dans "Le Fraterniste" le récit complet de la cérémonie d'ouverture à Monaco d'un temple similaire, érigé pour satisfaire les exigences des nombreux "Antoinistes" qui y vivent. Après la mort d'Antoine, sa femme devint le chef de cette secte primitive. Elle est apparemment dotée des mêmes pouvoirs magnétiques et médiumniques que son défunt mari, et elle a déjà réalisé de nombreuses guérisons remarquables.

                                                                                 F. D.

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Petites religions de Paris (L'Intransigeant 1 juillet 1924)

Publié le par antoiniste

Petites religions de Paris (L'Intransigeant 1 juillet 1924)

 PROMENADES PARISIENNES

Les petites religions
          de Paris

       De Clotilde à Antoine

    Elles sont beaucoup plus nombreuses qu'on ne saurait l'imaginer ; sans compter tous les schismes d'Orient, les loges spirites, martinistes, rosi-cruciennes, les théosophes, les swedenborgiens, n'y a-t-il pas, depuis quelques années, de gauche et de droite en cet immense Paris, toutes les hérésies secrètes, hospitalisées avec les étrangers qu'une patrie ingrate, ou simplement prudente, a rejetés sur nous ?
    L'armée du Vice et de la Folie, les priseurs de neige, les morphinomanes, les crotisants, les célébrants de messes noires et roses, tous les magistes de haute et de basse volée, guérisseurs, pythonisses, voyantes, ne sont-ils pas les précurseurs, les apôtres, les zélateurs, les missionnaires, et quelquefois les martyrs sans gloire d'un nombre infinis de religions caricaturales dont les rites et la liturgie sont définitivement arrêtés ?
    L'étude de ces croyances maléfiques nous entraînerait trop loin et, pour nous en tenir aux religions spirituelles, qui ne sont pas toujours les moins dangereuses, signalons l'active Armée du Salut, ou encore, comme exemple plus frappant de « petite religion », le Culte Antoiniste.
    L'antoinisme a été fondé par le père et la mère Antoine, de Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique. La France, possède cinq temples antoinistes et Paris a le sien, situé rue Wurtz et rue Vergniaud, au versant de la Butte aux Cailles.
    L'antoinisme ou religion du nouveau spiritualisme, a pour pape le père Antoine, « continuateur du Christ ». Les Antoinistes sont des guérisseurs par la foi, comme l'abbé Julio ; ils ont commencé la publication d'un bulletin, l' « Unitif », dans lequel ils exposent, en termes du reste insuffisamment clairs, la révolution de l'antoinisme et sa mission.
    La Religion de l'Humanité, fondée par Auguste Comte, a deux temples dans Paris. Nous avons visité récemment celui de la rue Payenne, au Marais. C'est là qu'est morte Clotilde, « la tendre et immaculée inspiratrice » de Comte, nous apprenons qu'elle a souffert, au troisième étage de cette maison, « sa touchante passion, qu'elle y est morte, sous les yeux de son incomparable adorateur et de la « noble prolétaire », Sophie Thomas, née Bliaux, le 5 avril 1846 ; le sublime Régénérateur fut le seul à dévoiler, à travers son exquise modestie, sa sublime grandeur, morale et mentale », etc.
    La maison n° 5 rue Payenne a été achetée en totalité pour la Religion de l'Humanité ; la plupart des pièces sont inoccupées et sonnent le vide.
    Le temple est formé d'un autel de bois sculpté : on y voit les bustes de différents bienfaiteurs de l'humanité, artistes, savants. C'est le 28 août 1903 (16 Gutenberg 49 de l'ère normale, calendrier Comte) que fut consacré ce temple, placé sous la garde d'une portière.
    Lors de notre visite, une personne qui errait dans les couloirs nous dit, en désignant l'autel : « Ça tire sur le catholique ». Cela peut tirer, en effet, sur le catholique, mais c'est, en tout cas, vertigineusement triste.
    Ce qu'est la Religion de l'Humanité, vous pouvez l'apprendre en lisant Auguste Comte et ses nombreux commentateurs : elle veut le bonheur de l'humanité, « sur la Terre et dans l'Espace », rien de plus, rien de moins.
    Quelques échantillons d'humanité du Marais ne nous ont point caché que, selon eux, la grande maison vide de la rue Payenne devrait être mise en location, ce qui procurerait quatre ou cinq appartements à des familles qui en ont le plus grand besoin.
    Clotilde, la « suave patronne », et le Régénérateur pourraient suggérer cette pensée au groupe positiviste. Ce serait là d'un positivisme social... tout à fait positif – un peu de bonheur pour quelques « nobles prolétaires », sur cette terre et même dans l'espace. – MARIUS Boisson.

L'Intransigeant, 1 juillet 1924

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Point de Vue 25 sept 47 (n° 132)

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Point de Vue 25 sept 47 (n° 132)

Auteur : Directeur de la publication : Maurice Penin
Titre : Les Antoinistes
Éditions : Point de vue, 3e année - N° 132 - 25 septembre 1947 - 24 pages

    On peut lire un article consacré à l'antoinisme dans la série "À la découvert des religions inconnues" du magazine Point de Vue.

    Sous une photographie de Germaine Krull, on lit la légende suivante : CETTE CURIEUSE PHOTOGRAPHIE a été prise par un reporter indiscret au cours d'une cérémonie antoiniste. L'objectif a fixé les fluides malsains s'échappant de ce corps douloureux.
    Sous la photographie de l'intérieur du temple de Jemeppe, avec le Père et la Mère, on lit : LE CULTE ANTOINISTE compte quarante-sept temples de ce genre, ouverts à tous, surtout à ceux qui souffrent.

    L'article est le suivant :
    LES ANTOINISTES offrent la guérison par la prière quotidienne
    C'EST peut-être parce qu'il était un simple ouvrier mineur des environs de Liége que Louis Antoine, fondateur d'une religion qui compte aujourd'hui des milliers d'adeptes en Europe, a compris qu'il fallait avant tout, pour réussir dans le métier de prophète, s'adresser à l'humanité souffrante. Les temples parisiens du culte antoiniste, rue du Pré-Saint-Gervais et rue Vergniaud, sont ouverts jour et nuit, à tous les déshérités, pour lesquels l'existence est d'abord un purgatoire.
    Les servants du culte refusent tout paiement en espèces. Ils offrent gratuitement des prières en guérison des maux du corps qui, disent-ils, ne sont que les conséquences de nos erreurs passées. Pour débarrasser l'être des fluides néfastes qui l'habitent, il faut s'adresser avec ferveur à la miséricorde divine. Ces cérémonies d'exorcisme sont publiques. Elles se déroulent devant les effigies photographiques grandeur nature du Père Antoine, de sa compagne, la Mère Antoine, et devant l'arbre de la Science.

Point de Vue 25 sept 47 (n° 132)

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New Orleans Christian Advocate (February 9, 1911)

Publié le par antoiniste

New Orleans Christian Advocate, February 9, 1911

    A new religion called Antoinism is reported to have sprung up in Belgium. The leader of it is said not to have spoken to any one for six months, but it is contended that he is in "fluidic communion" with his followers. If the rule of silence applies to members also, how would it do to set the disciples of this cult to work on tattlers and backbiters?

New Orleans Christian Advocate, February 9, 1911

Traduction :

    Une nouvelle religion, l'antoinisme, aurait vu le jour en Belgique. On dit que son chef n'a parlé à personne depuis six mois, mais on prétend qu'il est en "communion fluidique" avec ses disciples. Si la règle du silence s'applique également aux membres, comment fera-t-elle pour que les disciples de cette secte œuvrent contre les médisants et les diffamateurs ?

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La religion du miracle, l'Antoinisme (L'Essor, 7 juillet 1928)

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La religion du miracle, l'Antoinisme (L'Essor, 7 juillet 1928)

La religion du miracle : l'Antoinisme

« Son corps n'était qu'une plaie et le père Antoine la guérie, les aveugles voient, les sourds entendent et les malheureux s'en vont consolés. »

    Ainsi parle d'un ton onctueux, une lueur en ses yeux clairs d'enfant, un petit homme à barbiche, vêtu d'une soutanelle noire qui lui descend jusqu'aux genoux, tandis que la miraculée, une sorte de diaconesse, également vêtue de noir, l'écoute, mains jointes, un sourire d'extase illuminant sa figure aux traits flétris.
    Nous sommes dans le parloir où frère Baptiste Pastorelli, tailleur de son état et desservant du temple antoiniste, accueille les malades, les soulage et même les guérit, si toutefois leur confiance est assez forte (et leur maladie assez faible).
    Le temple est froid et nu. Sur les murs on peut lire des préceptes antoinistes :
    « Si vous m'aimez, vous ne l'enseignerez à personne, puisque vous savez que je ne réside qu'au sein de l'homme. »
    Et encore :
    « Si vous respectez toute croyance et celui qui n'en a pas, vous savez, malgré votre ignorance, plus qu'on ne pourrait vous dire. »
    Dans le fond du temple est figuré l'arbre de la science et de la vue du mal « car la science est mauvaise et la vue aussi ».
    Il y a environ un demi-siècle, un ouvrier belge, nommé Antoine, eut, vers la quarante-deuxième année de son âge, une révélation. Très affaibli physiquement, il sentit autour de lui, et le reliant aux autres hommes, la présence de fluides sur lesquels il lui était possible d'agir par la prière. En même temps, il comprit que, les maux du cœur étant causés par les maux de l'âme, cette même prière devant les guérir les uns et les autres. Il pria, se guérit lui-même et guérit ses voisins ; bientôt son pouvoir était tel qu'il put soulager une foule tout entière, voire même agir sur elle au loin par des « opérations générales ». Il appartenait évidemment à notre seule époque de voir le miracle collectif – le miracle en série, pourrait-on dire – et transmis à distance comme la parole l'est par le téléphone...
    Lorsque « père » Antoine mourut, « mère », (ainsi s'appelle Mme Antoine pour les fidèles) hérita de ses prérogatives, et c'est ainsi que, du temple de Jemmapes-sur-Meuse, pays de l'annonciateur, à dix heures du matin, les quatre premiers jours de la semaine, s'épand sur le monde le flot des grâces et des bénédictions.
    Aux mêmes jours et aux mêmes heures, en tous lieux, les adeptes prient. Dans chaque temple, le frère desservant monte au second palier de la chaire et là, les mains jointes, le regard fixant la voute, il s'unit en pensée à l'opératrice lointaine, à l'humble petite vieille de Belgique, qui se hausse à l'immense orgueil de prier pour toute l'humanité. Les yeux sur lui, les fidèles tentent, eux aussi, de participer à cette communion spirituelle et ainsi, sans souci des distances, se noue par dessus les frontières, par dessus les océans, la chaîne mystique qui, peut-être, et qui sait ? a vraiment le pouvoir de guérir, puisqu'il est tant de choses sur la terre et dans le ciel que ne comprendra jamais notre philosophie, et puisque enfin nous venons à peine de découvrir le monde mystérieux des fluides.
    Puis, sur les cœurs ainsi tendus vers les extases, voici que glisse, voici que chante l'archet d'une voix aux féminines douceurs. Sur le palier inférieur de la chaire, une jeune sœur lit les huit principes, les huit commandements que, par l'intermédiaire de son serviteur Antoine, Dieu a bien voulu faire connaître au monde.
    C'est une doctrine humiliée de pauvres gens et de simples où l'on reconnait des traces du christianisme, du socialisme de 1848, du romantisme, etc., qui sont restées pêle-mêle dans le cerveau d'un autodidacte, inapte à les bien comprendre et à les digérer.
    Voici cette doctrine. Méprisons l'intelligence, qui nous trompe. Ne nous croyons supérieurs à personne, fût-ce aux plus coupables. Ne prêchons pas. N'ayons pas l'orgueil de faire la charité. Quand vous voudrez connaître les causes véritables de vos maux, vous les trouverez dans l'incompatibilité de l'intelligence avec la conscience. Si vous ne doutez pas, tout ce qui est nécessaire vous sera donné par surcroît. N'oubliez pas qu'il a été dit : « Frappez et je vous ouvrirai, je suis dans le connais-toi ! »
    Le vague même de ces préceptes semble leur donner plus d'ampleur. Ce n'est pas bien neuf, mais les mélodies les plus connues ne sont-elles pas celles qui, nous frôlant aux points déjà sensibles, nous émeuvent le mieux !
    En fait l'auditoire vibre, et certains s'en vont soulagés, quitte, l'excitation passée, à retrouver leurs anciens maux.
    Le dimanche matin et chaque soir à sept heures et demie, à l'exception du samedi, on lit, non plus les principes mais l'enseignement et la vie du « père » – les évangiles après les commandements – enfin, le jour comme la nuit, un frère et une sœur sont de service, prêts à verser le baume antoiniste à tous ceux qui viennent à eux.
    Le nombre des fidèles va s'accroissant tous les jours.
    La Belgique, seule, compte plus de vingt temples, dont deux à Bruxelles. Ils se multiplient surtout dans ce pays anglo-saxon où florissent toutes les formes du mysticisme ; la France, enfin, si sceptique qu'elle soit, ne résiste pas à la contagion, puisqu'elle a déjà des temples à Paris, Lyon, Tours, Vichy, Caudry, Vervins, Aix-les-Bains. Il y a même un temple à Monaco ! Dans toutes les villes de province un peu importantes, des cérémonies ont lieu, à défaut de temples, en des maisons privées. A Paris même, il n'est guère de semaine où l'on ne voie les femmes en noir, les hommes en soutanelles et coiffés de leurs chapeaux haut de forme tronqués, suivre un cercueil que couvre un drap vert, couleur de l'espérance. C'est un enterrement antoiniste, et ceux-ci vont se multipliant.
    Ainsi que le fut l'évangile, cette doctrine toute de renoncement est propagée par des humbles, ouvriers pour la plupart, et qui vont de ville en ville, prêchant, guérissant suscitant autour d'eux des enthousiasmes que notre indifférence ignore, comme les Romains ignoraient le travail profond que le christianisme naissant faisait subir à leur empire déjà plus qu'à demi vermoulu...

E. GASCOIN.

Un prochain article nous parlera de la Christian Science (science chrétienne).

L'Essor, 7 juillet 1928

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Reportage sur les Antoinistes (Albany NY Times Union 1936 - 0709)

Publié le par antoiniste

Strange New Cult of Belgian Faith Healers

Reportage sur les Antoinistes (Albany NY Times Union 1936 - 0709)

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The Antoinists who believe prayer will care everything but that intelligence
is man's wrong enemy, and if you help
another you may thwart the divine purpose.

THE ANTOINISTS, a sect of more than a million faith healers, mostly in Belgium, pray to the soul of an old man dead since 1912, who had huge white whiskers but who was barely able to read and write.
    Members of the cult are convinced that all anyone has to do to be cured of any ailment whatever, is to go to one of their churches in Belgium, France or Holland, with sufficient faith in the goodness of the late Father Antoin. If the sick person does not get well or even feel any improvement that is because he hasn't sufficient faith. He then keeps right on attending services until his faith becomes sufficiently robust to bring results or he quits in despair.
    Some people must surely have believed that they were benefited or all these people, mostly very poor, would not be putting in so much time and even a little money. Unfortunately the cult gives out no statistics of names and addresses of cases because one is supposed to take everything on faith. Statistics are only for doubting-Thomases.
    Dr. Emile Coue achieved a fortune and world-fame by merely advising sick people to keep repeating: “Every day, in every way, I am getting better and better.” When one sad day, the good Coue got worse and worse and finally died, with his magic phrase on his Hips, the cult died with him.
    Not so with Father Antoin. Before that remarkable personage passed on, he left word that his spirit would come back and work as hard as ever curing believers through a successor, duly appointed by his widow. Though ignorant and illiterate, Father Antoin handed down among his precepts a startlingly new idea which undoubtedly never entered the head of any of the world's great thinkers.
    Most people have supposed that man's blunders and troubles came from not enough intelligence to handle them. Father Antoin actually cautioned his followers not to be too intelligent because he found intelligence likely to conflict with faith and conscience. It must be admitted that with only a little less intelligence the race would have remained in the unworried anthropoid ape stage and perhaps have become extinct long ago.
    Another of his rather novel thoughts is that in giving of money or any other form of charity to the needy, one takes on a great responsibility and should proceed with great caution, if at all. Otherwise one may be thwarting the plans of the Almighty to improve the afflicted person, through suffering by relieving him of his chance for improvement. Curing the sick by faith does not interfere with the Divine plan however, he thought, because the Divinity would not let the patient get well unless it would be good for him.
    This giving of charity is one of the instances where he thought intelligence dangerous. Intelligence, even of a fairly low order, would say that it could do no harm to hand a lot of breed and a bottle of milk to a hungry person. What would Father Antoin think of the billions being handed out in the United States for relief?
    The founder of the cult was the youngest and tallest of eleven children of Belgian coal miner and went to work early in the mines. The labor was too hard for him and often caused cramps. When these came upon him he would fall on his knees to pray loudly for strength and guidance. The strength did not come but he received guidance which caused him to take a less muscular job in an iron foundry.
    When he was about twenty-four, he began delving in spiritualism, causing some of his friends to criticize him. Annoyed at this, he left his native town of Liege, Belgium, and wandered around for the next ten years, visiting Germany, Prague and Warsaw. During this decade he seems to have taken up nearly all the world's well-known cults, including theosophy, but still remained a Catholic, which is not quite according to logic. This calls attention to another peculiarity. He often said:
    “I never quarrel with any faith. All faiths are equally good and the only real good in any of them is faith itself!”
    Returning from his travels, with the most impressive set of moustache, whiskers and beard in all Belgium, he was at once elected president of the Spiritualistic Association of Liege, and married a miner's daughter. There, due to his appearance and austere way he and his wife lived, shunning liquor, tobacco, coffee and meat he attracted much attention.
    He did not quarrel with the spiritualists but they quarreled with him because he seemed to be neglecting the spirits to go in for strange sorts of healing. The ghosts rented this so he stepped out and founded a cult of his own, the Antoinists. Anyone could come in and bring his religion with him, as long as on top of it he believed In Antoin and had faith that the founder could cure him of anything that ailed him.
    As long as the healing was done by “laying on of hands” and prayer. Antoin's was all right whether he got results or not. If patients failed to improve that was for lack of faith or because the deity had other plans and there was no use complaining about that. But he also took to prescribing a vegetable diet and finally medicine. The prescriptions he wrote out were in the form of weird hieroglyphics which neither druggist nor anyone else could decipher. He druggists however, filled them because they knew that all he wanted was a mild tonic with iron in it.
    Unfortunately, this was contrary to the law requiring that a person must have a license to practice medicine. Antoin was taken to court where the magistrate was astonished to find his court full of people eager to swear that they had been cured of every known deadly disease. The magistrate imposed a trifling fine but warned him to leave medicine to the regular doctors.
    Antoin then invited the entire medical fraternity to go into partnership with him. They would contribute the science and the drugs and he would contribute the faith. This grand combination and monopoly of all methods of healing was frustrated by the doctors, who would have nothing to do with it.
    That did not stop Antoin who now had given himself the title of Father. He went right ahead on faith alone and soon his followers were too numerous to have hands laid on them all. He therefore assembled them in crowds and waved his arms to the masses, which was supposed to have the same value, provided they had the requisite faith.
    For home treatment, in place of the forbidden medicine, he discovered that he could “magnetize” ordinary paper by passing his hand over it. The believing patient would take this home and when the pains came on, he would cut off a strip, plunge it in a glass of water and gulp it down before the “magnetism” escaped. If the pains did not go away, that showed what an unbeliever he was.
    His cures were not entirely among the poor and unschooled. The first Antoinist Temple in the little town of Jemeppe sur Meuse was largely paid for by the wealthy Liege family of Deregnancourt.
    A boy in that family had the habit of becoming paralyzed every time his parents crossed him. The doctors said he was just a spoiled child, a malingerer, with nothing the matter except a bad temper and all he needed was a swift kick. That information did no good perhaps because the prescribed treatment was not given. One day someone persuaded them to let Antoin try and the two were left alone with the door closed. What Father Antoin did has never been revealed but presently, so it is reported, the “paralyzed” patient burst out the door, his hair on end, and running like a deer. He not only was cured of the paralysis but became a model young man ever after.
    The Antoinists have no faith in doctors. On the other hand the doctors have some faith, not much in faith healers. They agree that faith will sometimes cure diseases of the body that are caused by derangements of the mind, such as shell shock. But it won't set a broken leg, cure s cancer or help an infection.
    At present Father Antoin's authorized chief representative on earth is Brother Hosias, an elderly man with a keen eye that indicates an intelligence which he, no doubt, regrets. Also he has a rather moderate-sized pair of side whiskers. A visitor to a Sunday service at the temple at Jemeppe sur Meuse describes it as follows:
    ”At ten o'clock I sit in the Temple of the Antoinints. It is crowded. Most of the men and women are dressed in the solemn black Sunday garb of the Antoinist sect. All of them have that peculiarly devout look which shows that they really believe this thing and each, on entering, remains for some moments in silent prayer. One who is in the know can tell from the length of the men's cloaks how long each has been a member and the amount of curl on the broad brim of his hat indicates his standing in the brotherhood.”
    An old man turning to the congregation makes the announcement: “Only those who believe will find satisfaction here.” At this moment the main door at the back opens wide. In the black robes and with clasped hands another elderly man enters and makes his way to the chancel. Brother Hosias himself; the earthly representative of Father Antoin.
    The Sunday service now conducted by Brother Hosias consists of three different parts. Putting himself into an “ecstatical trance,” he begins with a silent prayer. The congregation stands for three whole minutes staring at his trembling lip and clutched hands. After that another Brother mounts the chancel and reads about that which Father Antoin, while still on this plane of existence, dictated about the Goodness in Badness and the Badness in Goodness.
    Brother Hosias listens to this with a singularly blank expression. He has heard those words a thousand times before and many paragraphs seem to be almost devoid of meaning at least to the ordinary intelligence.
    When the reading is finished numbers are called. The sick persons who have these numbers go each with one of the brothers to cell. Here the priest goes into another trance-like prayer before a picture of the sainted Antoin, asking for a message on how to advise the patient.
    Some of the advice is the same for almost all cases. The sick and even the well must not eat anything but vegetables, cutting out even butter, eggs and milk. At all times they must keep in mind and obey the tenets of the Antoinist cult which are:

    1. Nobody is able to teach you anything about God. You have to find Him for yourself.
    2. Respect everyone who is a believer, in anything.
    3. Morals cannot be taught by words. Only your good example teaches others.
    4. To help the poor is not goodness but simply your duty in preference to yourself. Be careful, because you may thwart the divine purpose in causing this poverty.
    5. Try to love your enemies. It is the only way to get acquainted with your own true self.
    6. If your intelligence and your conscience are well-behaved, you will be free of all suffering.
    7. All suffering finds its origin in the overgrowing of intelligence over conscience.
    8. Do not let your intelligence be your tyrant. It trips up conscience.
    9. You find God if you recognize your true self.
    10. Your conscience is your only guide.

    The followers of Father Antoin de not claim that their faith-healing is in any way allied to miracles.
    The body, they say, but the reincarnation of the soul, and the diseases of the body they believe have been inflicted on humans to remind them of sins they have committed. Father Antoin repeatedly said his long experience had shown him that troubles of the spirit of the mind and conscience were very often accompanied by troubles of the body.

Albany NY Times Union, 1936

 

    Un extrait traduit est à lire dans le billet suivant. Les images sont à retrouver dans la rubrique suivante.

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De gereformeerde kerk, jrg XXIV, 1911-1912, no 1208, 30-11-1911

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De gereformeerde kerk, jrg XXIV, 1911-1912, no 1208, 30-11-1911

    België. Te Jemeppe, midden in het kolengebied, is een geestelijke beweging gaande van weer geheel anderen aard. Ze concentreert zich in den persoon van een zekeren Antonius, bijgenaamd den Genezer, die een wonderdadige kracht heet uit te oefenen. Deze Antonius, thans 65 jaar oud, moet, blijkens een onpartijdig ingesteld onderzoek, een gansch ongeletterd man zijn. Vroeger mijnwerker, uit een arm gezin, heeft hij veel gezworven, tot in Polen toe. Allerlei ambachten heeft hij uitgeoefend. Op 36 jarigen leeftijd vestigde hij zich met zijn vrouw te Jemeppe. Zes jaar daarna verliet hij de Roomsche kerk en werd spiritist, om later een soort eigengemaakten godsdienst te stichten, onder den naam van „nieuw spiritualisme.” Sinds vijf jaren predikt hij dien. Daarbij laat hij zichzelf noemen „Antonius den Grootmoedige.” Van toen af voerde voerde hij een streng vegetarische leefwijze, waarbij hij zooveel mogelijk zich van de wereld afzondert.
    Deze „nieuw spiritualisten” houden er ook een eenvoudig kerkgebouw op na. Hun geloofsbelijdenis, genoemd „openbaring van den stralenkrans van het geweten” is aan een der muren geschreven. Zij luidt: „Slechts één geneesmiddel kan de menschheid genezen: het geloof; uit het geloof wordt de liefde geboren, de liefde, die ons in onze vijanden Godzelf toont; zijn vijanden niet beminnen is God niet beminnen, want het is de liefde, die wij voor onze vijanden hebben, welke ons waardig maakt Hem te dienen; het is de eenige liefde, die ons waarachtig doet liefhebben, aangezien zij rein en waar is.”
    In dezen tempel geneest Antonius de zieken, vroeger geschiedde dit één voor één, tegenwoordig gezamenlijk. Eerst verschijnt hij op ‘t gestoelte, dan bidt hij afzonderlijk en strekt vervolgens de handen over de kranken uit ter genezing.
    Propaganda maakt het Antonisme niet. Het leert: Wij ontvangen de menschen gaarne, maar wij hebben het recht niet tot hen te gaan. Het orgaan der aanhangers is het maandblad L’ Unitif, mede gelezen door de voorstanders, die ook elders al een kerk vormen :] acht in België en onderscheiden in Frankrijk. Sommige trekken van het Antonisme doen, ook ondanks alle verschil, in de verte denken aan de leer van Tolstoï en aan de „christian science.” Vijandsliefde is het groote beginsel. Volgens Antonius is „God liefde. Hij kan het kwaad niet geschapen hebben. Indien het kwaad bestond, zou het een werk Gods zijn, aangezien Hij de Schepper van alles is; maar op het oogenblik, dat Hij het kwaad schept, houdt hij op God te zijn, omdat Hij ophoudt goed te zijn.” „Wanneer wij het kwaad niet meer zien zullen, zullen wij met God zijn, maar al zien wij het nog maar zoo weinig, dan zijn wij niet met Hem.” „Het beste gebed is de arbeid.” Uit zulke voorstellingen blijkt al genoeg dat men hier heeft te doen met een abnormaal onschriftuurlijk verschijnsel, dat onmiskenbaar gevaar meebrengt. Ook kenmerkt het zich door lichtschuwheid. Voor al wat naar wetenschap en boeken zweemt, is het Antonisme op zijn hoede. Men komt daarvoor openlijk uit. Moge dit onbijbelsch, den mensch verheerlijkend verschijnsel spoedig tot het verleden behooren! Het nog veelszins zoo donkere België heeft behoefte aan ander licht dan het dwaallicht in het Antonisme opgegaan.

De gereformeerde kerk, jrg XXIV, 1911-1912, no 1208, 30-11-1911

 

Traduction :

    Belgique. A Jemeppe, au milieu du bassin minier, il y a un mouvement spirituel d'une nature complètement différente. Elle se concentre sur la personne d'un certain Antoine, surnommé le Guérisseur, qui exerce un pouvoir miraculeux. Cet Antoine, aujourd'hui âgé de 65 ans, doit, selon une enquête impartiale, être un homme complètement illettré. Ancien mineur, issu d'une famille pauvre, il a souvent déménagé, jusqu’en Pologne. Il a pratiqué toutes sortes d'artisanat. A 36 ans, il s'installe avec sa femme à Jemeppe. Six ans plus tard, il quitta l'église romaine et devint spirite, pour fonder plus tard une sorte de religion autodidacte, sous le nom de "nouveau spiritisme". Depuis cinq ans, il prêche. Il se laisse depuis appeler "Antoine le Généreux". Dès lors, il mène une vie strictement végétarienne, s'isolant le plus possible du monde.
    Ces "nouveaux spiritualistes" possèdent également une simple église. Leur credo, appelé "révélation de l'auréole de la conscience" est écrit sur l'un des murs. On peut y lire : "Un seul remède peut guérir l’humanité : la foi ; C'est de la foi naît l’amour, l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu Lui-même ; ne pas aimer ses ennemis, ce n'est pas aimer Dieu, car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de Le servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité."
    Dans ce temple, Antoine guérit les malades, auparavant cela avait lieu l’un après l’autre, de nos jours ensemble. Il apparaît d'abord sur la tribune, puis il prie séparément et étend ensuite ses mains sur les malades pour la guérison.
    L'Antoinisme ne fait pas de propagande. Il enseigne : "Nous aimons recevoir les hommes, mais nous n'avons pas le droit d'aller vers eux. L'organe des sympathisants est le mensuel L'Unitif, lu ensemble par les sympathisants, qui forment également une église ailleurs :] huit en Belgique et plusieurs en France. Certains traits de l'Antoinisme, malgré toutes les différences, rappellent de loin en loin la doctrine de Tolstoï et de la "science chrétienne". L'amour de l'ennemi est le grand principe. Selon Antoine, "Dieu est amour. Il ne peut pas avoir créé le mal. Si le mal existait, ce serait une œuvre de Dieu, puisqu'Il est le Créateur de toutes choses ; mais au moment où Il crée le mal, Il cesse d'être Dieu, car Il cesse d'être bon." "Quand nous ne verrons plus le mal, nous serons avec Dieu, mais si nous le voyons si peu, nous ne sommes pas avec Lui." "La meilleure prière est le travail." Il ressort clairement de cette présentation qu'il s'agit d'un phénomène anormalement contraire aux Écritures, qui est indéniablement dangereux. Elle se caractérise aussi par une légère timidité. L'Antoinisme se méfie de tout ce qui est la science et les livres. Ils admettent ouvertement que c'est le cas. Que ce phénomène glorifiant, non biblique et viril, appartienne bientôt au passé ! La Belgique, qui est encore plus sombre, a besoin d'une lumière différente de celle de l'erreur qui s'est abattue sur l'Antoinisme.

De gereformeerde kerk, jrg XXIV, 1911-1912, no 1208, 30-11-1911

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Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud - Marianne (6 janvier 1937)

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Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud - Marianne (6 jan 1937) Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud - Marianne (6 jan 1937)

 

 

Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud (auteur des livres Les Religions Nouvelles de Paris et Les petites Eglises de Paris)

Marianne (6 janvier 1937)

source : gallica.fr

 

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Pierre Geyraud - Les petites Eglises de Paris (1937)

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Pierre Geyraud - Les petites Eglises de Paris (1937)

 

Auteur : Pierre Geyraud (également auteur de Les Religions Nouvelles de Paris et de l'article Les Sociétés Secrètes de Paris)
Titre : Parmi les Sectes et les Rites : Les petites églises de Paris
Éditions Émile-Paul frères, Paris, c.1937, 249 pages

Pierre Geyraud - Les petites Eglises de Paris (1937)-recension

Recension :

    Les petites Eglises de Paris M. Pierre Geyraud a entrepris une exploration des sectes et des rites inconnus qui vivent à Paris, capitale des religions. Il nous conduit ainsi chez les Trappistes, les Pères blancs de Carthage, les Bénédictines, les Eglises catholiques romaines, mais non latines, l'Eglise catholique évangélique, les Saint-Simoniens, les Antoinistes, l'Armée de l'Eternel et le Petit Troupeau, chez les Mages et dans l'Ordre du Lys et de l'Aigle.
    Qui pourrait croire que, parmi tous les gens que l'on rencontre dans l'immense ville, tant de personnes puissent appartenir à des cultes secrets et presque inconnus, dont quelques-uns, à cause des guérisons qui leur sont imputées, sont soudain placés en pleine lumière par un procés correctionnel. Ainsi, les fervents du zouave Jacob et les flagellants de Bordeaux, qui connurent une heure de trop grande célébrité avec leur expédition punitive sur le curé de Bombon.
    Un curieux livre, en vérité, écrit par un ancien ecclésiastique « entraîné aux voies multiples de la vie mystique et rompu aux subtilités de la théologie ».

                        Edmond HOUZE.
Ce soir, 2 septembre 1937

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