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biographie

Jeanne et Louise, les filles adoptives

Publié le par antoiniste

Jeanne Schouben, adoptée en 1896 à l'âge de 5 ans
Louise Buchet, adoptée en 1904 à l'âge de 2 ans

Jeanne et Louise, les filles adoptives

 

    Adoption de Sœur Louise par le Père.

Déclaration faite par elle-même.
Ci-dessous le récit que vous me demandez.
C'est exactement ce que Mère m'a dit et répété bien des fois, sauf quelques petits détails. C'est ainsi que cela s'est passé, car c'est le Père qui voulait encore une orpheline ; Mère en avait assez et je la comprends. Elle était âgée de 52 ans et c'est aussi la raison pour laquelle Elle voulait une plus grande fille et puis elle avait Jeanne qui à cette époque avait 13 ans et il y avait déjà 8 ans qu'elle était chez Mère.
Père et Mère sont venus me chercher à Tournai dans le courant de l'année 1904. Dans la maison où Père et Mère sont venus, il y avait 7 orphelins : 6 filles et un garçon. Le petit suppliait Mère : "Prenez-moi, Madame, preniez-moi".
"Mon petit garçon, je ne saurais te prendre, car j'ai perdu un fils, c'est une petite fille que nous venons chercher (Mère a gardé longtemps de cette scène une pénible impression car ce petit pleurait à chaudes larmes).
Alors Mère dit au Père en lui montrant une fillette âgée de 7 ans : "C'est celle-ci que je voudrais". Et le Père dit : "Non, il ne faut pas choisir, je vais ouvrir les bras et nous prendrons celle qui viendra vers moi". Et c'est la jeune qui n'était pas encore très sûre sur ses jambes qui alla vers le Père en disant : "Papa, papa."
C'est donc avec une enfant âgée d'un peu plus de deux ans que Père et Mère sont revenus à Jemeppe.

Notons que le Père a attendu plus de 18 mois pour obtenir cette enfant.

    Un jour le Père dit à sa fille adoptive Louise : "Il ne faudrait plus m'appeler Papa".
- Et comment alors ?
- Père
- Tout le monde va vous appeler Père ?
- Non, celui qui en aura la pensée.
    extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET

    On y apprend également que Louise pouvait encore voir Louis Antoine après mai 1909, alors que les sœurs Deregnaucourt et Desart ne le pouvaient plus, car "cela amène des fluides qui portent obstacles au grand travail de notre Père". Il était plongé dans la rédaction du Couronnement.

Ayant fini la rédaction du Couronnement :
    La plus petite des filles adoptives sortit de la maison et courut dans le jardin. Elle avait un châle bleu pâle, noué derrière le dos, et ses jambes nues jetèrent des éclairs blancs. Tout de suite elle fut caché par le feuillage. Antoine eut du plaisir à voir ces couleurs claires du châle et des jambes nues, et il se sentit heureux que cette enfant si rapide existât, qu'elle fût près de lui, en cette heure éternelle de la pensée de Dieu. Il se mit à tendre l'oreille aux menus bruits de la maison.
        Robert Vivier, Délivrez-nous du mal
        Ed. Labor - Espace Nord, p.323
Jeanne et Louise, les filles adoptives
    Le frère Schouben était le mari de Jeanne. Il raconte l'histoire de la fuite de gaz qui fut utiliser par le Père pour chauffer un cabinet de consultation et ça jusqu'à la désincarnation du Père.
    extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET

Un article de La Dernière Heure (29 mai 1934) rapporte ce fait



    Régis Dericquebourg cite divers soutiens des antoinistes français à plusieurs desservants belges qui ont continué à appliquer le "travail de Mère". Citons parmi ceux-ci la titulaire du temple de Retinne et la sœur Schuben [sic], fille adoptive des époux Antoine qui reçut la responsabilité du temple de Hors-Château à Liège en 1917. (p.27)

    Il y a un Adolphe-François Schouben, parti pour La Louvière, dans le Conseil d'administration de 1934, remplacé par Legrand Mathieu.

    Sœur Louise est enterrée au cimetière de Jemeppe, proche de la tombe de Père et de Mère.

Jeanne et Louise, les filles adoptivesJeanne et Louise, les filles adoptives

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeanne et Louise, les filles adoptives

 

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    Pendant que le Père faisait la révélation, sa fille aînée adoptive, Jeanne, vendait son image devant le temple de Jemeppe. Lui qui enseignait la modestie et le désintéressement en souffrait mais Il disait à Frère Deregnaucourt : "Je voudrais la voir en Amérique et plus loin encore".
    Pour atteindre à des fluides plus éthérés, le Père fut inspiré en 1908 de ne plus répondre lui-même aux malades. Sa fille adoptive Jeanne, devint sa secrétaire ; puis vers 1910, ce fut le travail de sœur Deregnaucourt.
    extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET


    Dans la cuisine, Mme Antoine se mit à disposer le couvert, aidée de sa jeune nièce Marie Dor. La petite Jeanne Buchet, l'enfant adoptive, dont les yeux arrivaient à peine à hauteur de la table, voulait, elle aussi, apporter quelque chose, se rendre utile : elle tenait à deux mains la louche émaillée.
        Robert Vivier, Délivrez-nous du mal
        Ed. Labor - Espace Nord, p.212

Photo de Sœur Louise Buchet              
(Archives du Temple de Retinne)        


    Dans la maison des Quatre-Ruelles, aussi, résonnait un rire d'enfant. La petite Jeanne riait de tout. Parfois on devait la gronder et parfois elle était bien sage. Il arrivait que Mme Antoine dut ramasser avec le manche du balai une petite poupée qui avait glissé derrière le buffet. Au-dessus de la cour et du jardin, des bulles de savon montaient en se balançant vers le ciel.
        Robert Vivier, Délivrez-nous du mal
        Ed. Labor - Espace Nord, p.214

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    Un opuscule imprimé à l'occasion de la consécration du temple parisien de la rue Vergniaud qui eu lieu le 23 octobre 1913 relate comment la compagne de Louis Antoine avait procédé. Arrivée à Paris, la veille, la Mère avait dormi dans le futur cabinet de consultation avec une de ses filles adoptives, elle s'y était recueillie avant l'opération générale de dix heures.
        Régis Dericquebourg, Les Antoinistes
        Editions Brepols, p.102.

     Il doit s'agir de Louise, puisqu'on sait que Jeanne suivra un autre chemin de vie.

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Denis Collon, le beau-frère

Publié le par antoiniste

Denis Collon, le beau-frère

signature sur ses actes de mariage
en 1870 (avec Marie Elisabeth Buylinx)
en 1891 (avec Noële Marie Joseph Paulus)

    Le 5 février 1886, Louis Antoine est condamné pour coups sur la personne de Denis Collon le 10 octobre 1885.
    Pierre Debouxhtay reproduit l'audience et la condamnation du tribunal :
  Jugeant en premier ressort, le condamne à deux francs d'amende et à défaut de paiement à un jour de prison et aux frais liquidés à sept francs 87 cent.
  Statuant sur les conclusions de la partie civile :
  Attendu que les coups porté au plaignant ne lui ont occasionné aucun préjudice.
  Condamnons le prévenu à payer pour tous dommages et intérêts les frais et dépens.
  Prononcé à l'audience publique du dit Tribunal de simple police, au local à ce destiné, à Hollogne-aux-Pierres, ce jourd'hui cinq février mil huit cent quatre vingt six par nous Philippe de Lexhy, juge de Paix du dit canton assisté de Donnay, greffier.
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.50 et pp.299-300.

    On en saura pas plus de cet auteur. Cependant on peut faire remarquer que ce Denis Collon est le frère de la future femme d'Antoine. Le père de Denis et Jeanne-Catherine Collon s'appelle également Denis Collon.
    Il est dit négociant en 1873 sur l'acte de décès de son père. On apprend par sa nécrologie (il meurt en novembre 1898) qu'il était spirite. "Une foule de huit cents personnes, composée, de nombreux parents, frères en croyance et amis du défunt, a suivi le convoi funèbre précédé du drapeau de la société spirite de la localité [de Jemeppe-sur-Meuse]".

Nécrologie Denis Collon #1 (Le Messager, 1er déc. 1898)Nécrologie Denis Collon #2 (Le Messager, 1er déc. 1898)

 

Nécrologie Denis Collon (Le Messager, 1er déc. 1898)

 



    Quelqu'un lui frappa sur l'épaule :
    - Eh ! Antoine...
    - Tiens, Denis Collon ! Quelles nouvelles ?
    Denis Collon était de Jemeppe. Il avait travaillé tout un temps avec Louis à la chaudronnerie de Cockerill. C'est toujours gai de retrouver un camarade. La musique s'était remise à jouer, et l'on entendait dans l'autre salle le sautillement précipité des talons sur les planches.
    - Tu ne danses pas, Antoine ? Viens donc faire une polka avec ma sœur Catherine.
Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.57 (cf. également, p.61)

    Depuis son retour de Russie, il ne pouvait plus rien supporter. Même un jour il avait battu quelqu'un, il avait dû s'expliquer devant le juge. Tout cela provenait sans doute de son état de santé. C'est ce que les gens ne comprennent pas. Un homme, sans être méchant, peut se conduire méchamment, par pure impatience, parce qu'il souffre. Pour être justes, c'est la cause que nous devrions voir, et non pas l'effet.
Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.131

    Roland A E Collignon imagine un différent ancien entre les deux hommes :
- As-tu vraiment l’intention de partir à l’étranger ? Reprit-elle après un bref instant.
Il crut comprendre qu’il y a plus que cela dans sa question.
- Avec toi.
La musique s’arrêta. Elle esquiva une nouvelle étreinte.
- Alors ? Fit-il.
- On verra, s’écria-t-elle en le plantant sur place.
Antoine la regarda s’éloigner, le cœur déchiré, tourmenté par l’impuissance et la jalousie qui lui incendiait le coeur. Il se fraya un chemin jusqu’au comptoir, les deux mains dans les poches, le regard bas.
    Quelques ouvriers éclatèrent de rire en le voyant passer entre les tables. Antoine reconnut Denis, le frère de Catherine qui parlait à voix basse d’un air méprisant. Il cherchait la bagarre, c’est sûr. Ce n’était pas le moment. Catherine ne le quittait pas des yeux. De quoi aurait-il l’air ?
Roland A E Collignon, La Vie Tourmentée de Louis Antoine

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Pierre Dor, le neveu prophète

Publié le par antoiniste

    La soeur de Louis Antoine, Marie-Josèphe, née le 10 janvier 1841, de 5 ans son aîné se marie avec un membre de la famille Dor en 1865. "Marie Josèphe alla porter [les tartes pour la communion de Louis] la veille au boulanger pour qu'il les mît cuire dans son four. En revenant elle s'attarda un peu. On l'avait vue, à la croisée des cinq chemins, qui causait avec le fils Dor." (Robert Vivier, p.26)
"Elle eut tout de suite un garçon, Pierre, et elle allaitait une petite fille" (Robert Vivier, p.39)

    Pour Robert Vivier, il était intelligent et apprenait si bien à l'école, comme Louis en son temps (p.104).
    Dans l'Enseignement (paru en 1905), Louis raconte : "Je continuai donc à me rendre à ces séances auxquelles prenait part trois demoiselles de la famille, bons médiums, qui vinrent par la suite à une réunion chez moi. Ma femme était très heureuse de m'accompagner à ces séances, de même qu'un neveu (cf. Robert Vivier, p.158) qui vit rapidement se développer sa faculté médianimique. Je parvins également à développer la mienne.
Pierre Debouxhtay, p.54-55

    A la seconde séance où il assista, Pierre Dor sentit une main légère le toucher alors que l'obscurité était complète. La main voltigea autour de lui, le frôla au front, à l'épaule, donna des petites tapes sur le dos de sa propre main. Pierre était hardi, il voulut attraper cette main au vol. Mais ce fut comme si la main s'était évaporée. Monsieur Ghaye reprocha au jeune Dor d'avoir lâché la table : ainsi la chaîne s'était rompue, et le fluide avait manqué à l'esprit.
    Antoine était frappé. Voilà que la faculté mystérieuse touchait un être de son sang. Et le pouvoir de Pierre Dor augmentait de semaine en semaine. Ce qu'il lui arriva de plus extraordinaire fut de voir une figure blanche, habillée comme une statue, traverser lentement la prière. Une des demoiselles aussi l'avait aperçue.
Jamais plus, malheureusement, les conditions ne furent aussi bonnes que ce jour-là.
    La médiumnité de Pierre Dor encouragea Antoine à essayer une séance aux Quatre-Ruelles. il invita les trois demoiselles, ainsi que Gony et Pierre Dor, et le menuisier Debroux, de Crotteux. Le jeune Louis (le fils des Antoine) assistait pour la première fois à une séance de ce genre. Tout se passa fort bien. Aussi Antoine décida-t-il d'organiser un groupe spirite.
Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.164-65.

Pierre Dor, le neveu prophète
Jemeppe - Rue de la Station (maison Delhaize à droite)

    Pierre Dor sera l'intermédiaire pour Louis Antoine de la Maison Delhaize, rue Grand-Vinâve à Jemeppe, à la fin de l'année 1900. Par cet intermédiaire, le Père achetait des flacons d'extrait de viande La Plata qu'il remettait ensuite aux malades qui le consultaient (Pierre Debouxhtay, p.76).
    La même année, Louis Antoine paya chez Dor Nicolas, cordonnier, rue du Pont, une paire de souliers pour 7 francs 50, afin de les remettre à Hollange. Il était alors infirme, et demeurant à Seraing, rue de la Vecquée, chez Noël Claes. Louis Antoine le soigna et le guéri : "il est devenu un croyant sincère et il vient me voir toutes les semaines" (Pierre Debouxhtay, p.76).

    Mme Kuntz, habitante du coin de la rue Bois-de-Mont et des Tomballes, vend sa maison au neveu de Louis Antoine, Pierre Dor, qui ouvre avec sa femme un café-restaurant. A droite, dans la rue Bois-de-Mont se situe la maison des Antoine.
    A l'automne 1900, les Antoine achète la maison à gauche du café, dans la rue des Tomballes, pour recevoir les malades. Et le 25 décembre, on inaugure la salle du guérisseur. Une gardienne fait entrée les souffrants un à un selon le jeton en zinc qui leur a été remis en entrant.
    En mars 1904, on ouvrit une porte dans la rue des Tomballes.
    En 1905, les Antoine font construire un temple à l'emplacement de la salle de réunions des Vignerons du Seigneur. Il reçoit jusqu'à 400 malades par jour.
    En 1906, on construit un bureau et une salle d'attente, et la grande salle, transformée, devient le temple.
d'après Robert Vivier, p.246

    Soeur Guillaume et Cécile Litienne firent la connaissance du Père par l'intermédiaire de Pierre Dor, en 1903. Le mari de Mme Guillaume, en faisant la traversé du Havre à New-York parla avec le neveu.
    "Nous avons pris une chambre chez Jean (certainement une erreur de prénom) Dor qui tenait commerce au coin. Au bout de quelques semaines, Maman allait très bien ; elle marchait partout où elle voulait, aller même monter la grande côte avenue Smeets.
    extrait de lettres dans Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET

    Au risque d'être accusé de népotisme, Antoine avait loué la maison du coin de la rue des Tomballes à son neveu Pierre Dor (le futur Père Dor) : la femme de ce dernier y ouvrit un "café" où les visiteurs d'Antoine pouvaient se restaurer. Le commerce marcha si bien qu'après six années Mme Dor put acheter huit maisons d'une valeur de 18.500 francs; il lui restait encore 5.000 francs. (Renseignements donnés par le Père Dor, en tête de son livre Christ parle à nouveau [1913], p.10) (Pierre Debouxhtay, p.91).

    Dans la salle au premier rang du public, s'étaient placés les adeptes : Debroux, Foccroule, Deregnaucourt, Hollange, Nihoul, et M. Delcroix, le professeur, avec son col blanc et sa jaquette noire, - tous les fidèles Vignerons (Pierre Dor manquait, - il avait abandonné Antoine pour suivre son propre chemin). Parmi eux étaient les femmes ; Mme Antoine, toute menue, toute grise, Mme Guillaume, Mmes Nihoul, Desart, Deregnaucourt, la femme Jeanfils. On se montrait une dame qui était venue d'Amérique, - une dame fort riche et bien habillée -, et qu'Antoine avait guérie. Derrière, jusqu'au fond, se serrait la foule, foncée de vêtements, avec les taches claires des chemises (on étouffait de chaud malgré les fenêtres ouvertes), et sur le fond sombre, de haut en bas, en longues lignes, en longs chapelets pâles, des visages et des visages.
        Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.266

    Il n'était pas jusqu'à son neveu Pierre Dor, contre qui il ne parlait jamais : pourtant celui-ci avait fondé un culte, là-bas, dans le Hainaut, et laissait dire par ses disciples qu'Antoine de Jemeppe n'était que Jean-Baptiste et que lui il était le Christ.   
        Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.332

    Regis Dericqueboug cite un extrait de Le Christ parle à nouveau (Watermael, imrpimerie Paternotte, 1912)
1. Ne croyez plus en Dieu comme vous le comprenez car ce n'est guère ainsi que je vous l'ai révélé.
2. Il n'est ni un esprit, ni un être à prier comme vous le faites sans cesse croyant être exaucés.
3. Non ce c'est pas ainsi qu'il faut l'interpréter et non plus de cette façon que vous devez l'aimer.
4. Dieu est au coeur de l'homme, et vous le sentirez quand vous pratiquerez ce que j'ai enseigné.
5. D'aimer vos ennemis et de bien pardonner à ceux qui vous causent des peines et des contrariétés.
6. Si je parle à nouveau, c'est pour vous exhorter à changer d'un chemin qui peut vous égarer.
7. Car Dieu, vous ne priez que pour lui demander tous les biens de la terre, la fortune, la santé.
8. Tout cela non pour faire la charité et encore moins pour vous améliorer.
9. Mais seulement pour vous amuser dans vos vices, vos passions dites de bestialités.
10. Or de cette façon, vous vous écartez du chemin du bonheur que vous cherchez.
Régis Dericquebourg, Les Antoinistes, p.84-85

    Cet auteur y voit un "témoignage  d'un messianisme christique dans l'antoinisme naissant" (p.128)

    Né le 15 mai 1862 à Mons-Crotteux, il souffrit aussi d'une maladie mal définie, et à 38 ans un accident le força a abandonné son métier. Il tint ensuite le café-restaurant au coin du futur temple. Au bout de six ans, il acheta huit maisons qu'il loua. Puis il annonça qu'il était le vrai messie, et que Louis Antoine n'était que son Saint Jean-Baptiste. Après un essai à Grivegnée (banlieue de Liège), il revint à Jemeppe et colporta des publications de son oncle (Pierre Debouxhtay cite la déposition d'un garde-champêtre qui le rencontra pendant sa besogne, sur sa casquette avec une plaque portant "Antoine le Guérisseur", Louis Antoine le désapprouva et lui déclara qu'il n'était plus dans le fluide voulu). Pierre Debouxhtay voulait explorer la doctrine du neveu dans le second tome Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme qui ne vit jamais le jour.
    Puis un adepte russe guéri lui propose de venir en Russie (Lioubimovsky-Любимовский et Taganrog-Таганрог). Là il eut une certaine notoriété comme guérisseur, puis fut inquiété par les autorités.
   Revenu en Wallonie, il s'installa à Jemeppe, puis à Roux-Wilbeauroux en août 1909. Après une première salle, il fonda un temple, l'Ecole morale qu'il dédicace en 1912. Puis il s'installa à Uccle. Régis Dericquebourg précise : "l'instruction de Pierre Dor ressemble à celle de son oncle mais il y ajoute une touche plus moralisatrice". (p.32)

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Jacques Cécius, Une religion de guérison, L'ANTOINISME

Publié le par antoiniste

Jacques Cécius, Une religion de guérison, L’ANTOINISME (à paraître), 2009

première partie
introduction - pourquoi ce livre ?
naissance et jeunesse d’un prophète
la première épreuve
un cadeau du ciel
le spiritisme
l'initiation d'Antoine au spiritisme
les Vignerons du Seigneur
la condamnation
la rupture avec le spiritisme
le prophète de Jemeppe
la religion nouvelle
la désincarnation du Père
l'œuvre de la Mère Antoine
la liturgie, cause de la « rupture » entre temples belges et français
la reconnaissance officielle du culte
les guérisons
quelques erreurs relevées dans divers ouvrages

seconde  partie : la doctrine antoiniste
les dix principes de dieu révélés par le Père
la matière est une illusion
la non existence du mal
l’emblème antoiniste: "l'Arbre de la science de la vue du mal"
notion antoiniste de la réincarnation
l'origine de la vie
l’éthique antoiniste
quelques documents

conclusion

Merci à Jacques Cécius pour la primauté sur cet opuscule à paraître prochainement.

 

    Documentation précise et parfois de première main qui ne manque pas d'intérêt. M. Jacques Cécius qui est décédé maintenant me précisait vouloir mettre cette contribuation à disposition de toute personne qui le demande. À bon entendeur, salut !

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Biographie de wikipedia

Publié le par antoiniste

Père Antoine
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.


Le Père Antoine (né à Mons-Crotteux, Belgique, le 7 juin 1846 et mort à Jemeppe-sur-Meuse, Belgique, le 25 juin 1912) est un guérisseur et le fondateur de l'Antoinisme.


Sommaire
    * 1 Biographie
    * 2 Période spirite
    * 3 Nouveau Spiritualisme
    * 4 L’Antoinisme
    * 5 Œuvres principales
    * 6 Bibliographie

Biographie
Louis Joseph Antoine, également nommé le Père, ou le Père Antoine, est né à Mons-Crotteux, dans la province de Liège (Belgique), le 7 juin 1846. A 12 ans, il devient mineur afin de gagner sa vie. Après deux ans, il travaille en tant qu’ouvrier métallurgiste. Il épouse Jeanne Collon (dite la Mère, ou la Mère Antoine) le 15 avril 1873, puis le couple va s’installer en Allemagne. La même année naît le fils unique des Antoine, Louis Martin Joseph. Après un séjour près de Varsovie, la famille revient définitivement en Belgique (1884). Avec l’argent accumulé grâce au travail, les Antoine font bâtir une vingtaine de maisons ouvrières qu’ils louent, à Jemeppe-sur-Meuse. Louis Antoine continue d’exercer diverses activités.

Période spirite
A la même période, il découvre le spiritisme, dont il devient un adepte. En 1893, année de la mort prématurée de son fils (phlébite suite à un accident), Louis Antoine et ses amis spirites fondent à Jemeppe-sur-Meuse la Société Spirite des Vignerons du Seigneur. Cette société éditera deux ouvrages : le « Petit catéchisme spirite » destiné tant aux enfants qu’aux personnes découvrant le spiritisme, et « Le Devoir », constitué d’extraits du Recueil de Prières Spirites et de L’Evangile selon le Spiritisme, deux ouvrages d’Allan Kardec. Le local des Vignerons du Seigneur est inauguré le 25 décembre 1900. A partir de ce moment, Louis Antoine se consacre entièrement à la propagande pour le spiritisme, ainsi qu’à sa mission de guérisseur. Dès 1901, il reçoit en moyenne 100 malades par jour, qu’il soigne par le magnétisme et par la prière. Au début, il recommande également des tisanes et des médicaments, mais il en est empêché suite à un procès pour pratique illégale de la médecine. En 1905, les Vignerons du Seigneur publient « L’Enseignement d’Antoine le Guérisseur ». Quelques mois plus tard cependant, Louis Antoine fait brûler les exemplaires non encore distribués de ce livre, s’étant aperçu que son progrès moral ne correspondait plus à ce qu’il venait de faire éditer. Au même moment, il fait construire un temple sur le lieu où était érigée la salle de réunion des Vignerons du Seigneur. Il cesse de propager la doctrine spirite. Parallèlement, sa renommée de guérisseur s’étend à tel point que près de 400 malades viennent le visiter chaque jour.

Nouveau Spiritualisme
En 1906, Le Père Antoine fonde le Nouveau Spiritualisme. Un nouveau procès pour exercice illégal de la médecine débouche sur un non-lieu, car c’est l’âme qu’il soigne bien plus que le corps (pour lui, les plaies du corps ne sont que la conséquence des plaies de l’âme). A partir de 1906 également, tous les dimanche matins durant trois ans, il expose sa Révélation et répond aux questions des personnes présentes. A partir de 1909, il ne donne plus d’enseignement public, mais se retire dans la solitude durant six mois pour rédiger la première version du « Couronnement de l’Oeuvre Révélée ». Dès la fin de sa retraite, il recommence à soigner les malades, en recevant parfois jusqu’à 1200 en une journée.

L’Antoinisme
Son pouvoir de guérisseur s’étant beaucoup amplifié, il peut dès le 28 mars 1910 guérir collectivement depuis une tribune les malades réunis en assemblée dans le temple. On parlera désormais d’Opération Générale. La foi seule en lui suffit à présent pour guérir les malades. Le 15 août 1910, le Père Antoine consacre le Temple de Jemeppe-sur-Meuse à la religion qu’on appellera désormais le « Culte Antoiniste ». Il consacrera également un deuxième Temple, celui de Stembert, près de Verviers (Province de Liège), en 1911. Afin de rendre plus accessible son enseignement, il écrit le « Développement de l’Enseignement », pendant une période de plus de six mois, durant laquelle il travaille à son texte quasiment en continu, tout en continuant de procéder à l’Opération Générale. Epuisé par ce travail, il décède, ou suivant le vocabulaire antoiniste se désincarne, le 25 juin 1912 d’une crise d’apoplexie. Il est enterré au cimetière de Jemeppe-sur-Meuse, le 30 juin 1912, suivi par une foule de 10000 personnes.

Œuvres principales
La dernière version de ses œuvres principales forme le canon de l’Antoinisme, en vente dans les Temples. Il s’agit de trois ouvrages, en deux tomes :
- Révélation par le Père Antoine (1ère partie du tome 1)
- Le Couronnement de l’Oeuvre Révélée (2ème partie du tome 1)
- Développement de l’Enseignement du Père (tome 2).

Bibliographie
- Robert Vivier, Délivrez-nous du mal – Antoine le Guérisseur (Editions Grasset, Paris), belle et vivante biographie romancée du Père Antoine (1ère édition en 1936), très exacte de surcroît, car se basant sur le récit de ses proches adeptes. Ce roman a été réédité en 2006.
- Jean-Marc Boffy, Historique du Culte Antoiniste (édité par le Culte Antoiniste, Jemeppe-sur-Meuse). Cette brochure rassemble des données historiques sur la vie du Père Antoine, et sur l’histoire du Culte Antoiniste en général.

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Les Unitifs - n°1 à 11

Publié le par antoiniste

    Frère Nihoul eut l'idée de ce bulletin d'information mensuel pour les antoinistes, éloignés de Jemeppe mais aussi les personnes désirant restés en contact avec l'Enseignement du Père sans pour autant se rendre au temple.
    Il fut lancer en septembre 1911 et compte 11 numéros du temps du Père, et on y lit des choses similaires à ce qu'on trouve dans le Développement (Il contient la plupart des articles que le Père ANTOINE avait publiés lui-même dans l’UNITIF, ensuite sept révélations inédites sur les lois, l’amour, le bien et le mal et la reprise d’un long passage extrait de la REVELATION même (L’ARBRE DE LA SCIENCE DE LA VUE DU MAL) - source : http://antoinisme-documentation.skynetblogs.be/post/3987684/lenseignement-antoiniste-quel-statut-).
    Ensuite, il décrivit les activités des groupes qui se constitués ainsi que les conseils de Mère, jusqu'en 1914, date d'arrêt de publication.
    Le mot unitif a pour sens : unité de l'ensemble des antoinistes.

Pour les  principales traditions religieuses, la vie terrestre est un voyage spirituel, une quête spirituelle de la DIVINITE. Le but ultime est de retrouver DIEU.Dans les textes fondateurs des religions, y compris donc dans l’ENSEIGNEMENT Antoiniste, expriment en définitive  une conscience permanente de l'unité avec Dieu. C’est au fond l’enseignement de tous les prophètes exprimés de façon différentes.C’est ce qui explique le titre du bulletin d’information et d’éducation publié par le Culte Antoiniste à ses débuts : « L’UNITIf »La définition du mot « UNITIF » est «  qui unit en DIEU ». La vie unitive est la vie «  en union avec DIEU ».

source : http://antoinisme-documentation.skynetblogs.be/post/5174882/lunitif-la-vie-unitive

    Il porte en couverture diverses phrases.

Cf. l'article du glossaire pour le sens commun du mot "Unitif".

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Propagation de l'Enseignement

Publié le par antoiniste

    Ne vous trompez-vous pas en disant que j'ai lancé des brochures dans le monde ? Regardez les livres qui ont paru avec la mention d'Antoine le Guérisseur ou le Généreux, ils portent la signature des personnes qui ont recueilli tout mon enseignement, nous ne diront pas mes idées, mais bien la révélation qu'elles ont sténographiée dans le temple, qui démontre la réalité, les lois et leur raison d'être qui est la cause de toute chose. Voyant le désir de ces personnes de la répandre, j'avoue leur avoir prêté mon concours. J'en ai été vraiment heureux. Mais quant à le faire moi-même, il n'en est pas ainsi car je l'aurais certainement dénaturée ; il n'est pas bien difficile de le comprendre, l'intelligence en est seule compétente, mais n'ignorons pas que répandre la vérité ce n'est pas la propager ; je l'ai révélé : La vérité ne se propage jamais par elle-même, l'erreur seule de nos semblables voulant la déprécier, la met en relief, la sanctionne au lieu de l'anéantir et la propage dans la mesure où ils cherchent à la renverser. Ne redoutons pas la critique, ne ripostons pas à nos adversaires, ce serait leur donner raison, faire nous-mêmes de la vérité, l'erreur. Voilà où, mon cher Mr. M., la foi n'est pas bien interprétée parce qu'il faut en être pénétré pour la comprendre et celui qui la possède l'ignore ;lui parlez-vous de vertu, il en raisonnera avec vous sans savoir qu'il l'a acquise parce qu'elle recouvre son naturel, ce n'est pas la vertu qui vient en nous, c'est nous qui rentrons en elle.
source : L'Unitif numéro 3, pp.13-14

    Donc la propagation est dû aux adeptes, c'est ce qui explique aussi la présence de majuscule tant pour le Père, que pour les pronoms s'en rapportant ou pour Mère, etc.
    D'ailleurs la biographie et le dernier chapitre que l'on trouve dans l'Enseignement, écris avec cette marque de déférence, sont les premiers articles de l'Unitif, donc du aux adeptes.

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Frère Jean-Marc Boffy - Historique du Culte Antoiniste (2003)

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Louis Antoine et l'antoinisme

Données historiques rassemblées par le Frère Jean-Marc BOFFY

91 pages

Edité en 2003 par le CULTE ANTOINISTE
Etablissement d'Utilité Publique
2, rue Rousseau
4101 Jemeppe-sur-Meuse - Belgique

    Richard Seiwerath indique (p.140) qu'il "existe au moins depuis 1986 car Benoît Narinx l'a déjà utilisé, la version qui est actuellement vendue contient à la fin quelques textes qui ont été rajoutés."

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Fernand Delcroix, Contribution du frère au premier numéro de la revue Unitif

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Ferdinand Delcroix, Contribution du frère au premier numéro de la revue Unitif

 

Illustration issue de l'article de l'Excelsior sur les Funérailles d'Antoine

 

CONTRIBUTION DU FRERE DELCROIX (1) AU PREMIER NUMERO DE LA REVUE « L’UNITIF »
 
«  COMMENT JE SUIS ARRIVE A CONNAÎTRE LE PERE »

 
    «  Elevé par des parents trop indulgents, j’ai grandi librement et abusé de leur amour. J’ai fait des études de professeur sans avoir le sérieux qui convient à cette mission. Quand j’ai obtenu mon diplôme j’avais bien quelques connaissances mais je manquais de sagesse pour guider les jeunes gens. J’ai fondé une famille avant d’avoir compris mon devoir envers celle que je quittais et comme il fallait s’y attendre, je ne la rendis pas heureuse ; par mon insouciance je semais le chagrin chez les êtres qui m’étaient le plus chers. Je ne songeais qu’au plaisir et à l’étude ; je sacrifiais tout à mes caprices et préoccupé de mon seul bonheur, je n’étais que peu sensible à leurs souffrances. On aurait pu croire qu’en possédant une situation honorable et de l’aisance, je devais être heureux. C’était le contraire. Déréglé dans mes désirs, j’avais contracté une maladie d’estomac qui me fit languir pendant des années et comme je n’avais pas beaucoup de cœur, je supportais mal l’épreuve et torturais inconsciemment ma compagne dévouée qui me soignait avec la plus grande sollicitude. Je n’écoutais pas les bons conseils qu’elle me donnait et je retombais toujours dans les mêmes fautes, dans les mêmes maux.

L’amour vrai ne me touchait pas encore. D’erreurs en erreurs je suis arrivé à une crise terrible qui m’ouvrit complètement les yeux. Je vis clair en moi-même, je compris toute ma faiblesse, combien j’étais vaniteux et cruel et le remords me pénétra profondément. C’est alors que je résolus de changer de vie, de devenir autant sérieux que j’étais léger et aussi bon que j’étais méchant, ma première pensée fut de chercher une croyance à même de m’alimenter l’âme. Mes parents pratiquant le spiritisme, je me mis à chercher dans cet enseignement, je dévorai Alla KARDEC, je suivis les conférences, j’assistai aux séances expérimentales de tous les médiums qu’on me signalait pour tâcher de me convaincre de l’au-delà ; j’allai aussi chez le Père, nous L’appelions encore Monsieur ANTOINE. Je fus frappé du recueillement et de la ferveur qui régnait dans son milieu (1). Je ne m’intéressais pas beaucoup aux communications, mais bien à la morale substantielle que le chef de groupe faisait aux assistants et non aux esprits, comme j’ai pu le comprendre dans la suite. Je fus accueilli comme un frère dans ce milieu, mais n’étant pas digne d’y rester, je me décidai à fonder un groupe visant ce que je croyais être moral. Je m’associai avec un ami mais comme ses préférences allaient aux communications, le groupe manquant d’unité de direction ne tarda pas à décliner et tomba au bout d’un an. Entre temps j’étais revenu auprès du Père et j’assistais de plus en plus fréquemment aux instructions qu’il donnait pendant la semaine. L’amour des adeptes m’y attirait et plus encore ma vanité : je me sentais écouté avec respect par un nombreux auditoire. Petit à petit j’empiétais sur la mission du Guide, c’est ainsi  que je me permettais de moraliser les assistants, et pourtant j’en étais bien indigne ! Certains, comme je l’appris plus tard, préférant à tous mes beaux discours ses phrases parfois incorrectes mais dictées par un fluide réconfortant, le priaient de me faire cesser mais il leur conseillait de prendre patience et il se contentait de me rappeler à la réalité en disant que les mots ni les phrases ne sont rien que le fluide seul est tout, mais j’étais trop peu sensible pour être touché de son doux langage et je comprends aujourd’hui pourquoi ma vanité si ombrageuse ne se froissait pas de ses conseils : c’était la bonté qui les dictait. Un jour cependant il apparut clairement que j’étais venu auprès de lui plutôt pour le combattre et l’assemblée fut appelée à se prononcer entre le Guide et moi. Tous restèrent avec lui : jamais je n’oublierai cette séance qui montra combien j’étais méchant et ingrat. Mes frères me priaient d’assister encore aux réunions et moi de répondre dans mon dépit de ne plus pouvoir enseigner : «  Qu’y viendrais-je faire ? » Cependant comme j’allais à la fin de la réunion serrer la main de « Monsieur ANTOINE » suivant l’habitude de tous, il me dit avec tant de douceur « Vous reviendrez, n’est-ce pas ? » que je répondis spontanément oui. Ce fut mon bonheur. Forcé de me taire, ,j’écoutais et observais mieux ce qui se disait ou se passait autour de moi ; je réfléchis et compris alors beaucoup plus que pendant les séances où je discourais. « Monsieur ANTOINE » me retint un soir pour me dire entre autres ces paroles qui ne s’effaceront jamais de ma mémoire : « Plus tard vous verserez des larmes de joie d’être resté parmi nous. » Quelques jours après, le consultant au sujet de ma petite qui souffrait, il me fit une  révélation qui me convainquit de son savoir et je m’attachai à lui avec plus de sincérité. Je remarquai non sans surprise que venu pour instruire et protéger, j’étais plutôt instruit et protégé moi-même. Je le reconnus mieux encore dans le travail de la revue (2).
 
     Prétendument formé à l’école des classiques, je ne les compris vraiment qu’au contact du Père, car c’est par lui que j’ai appris à goûter leur simplicité et leur profondeur. Chaque fois que je voulais embellir le style, le Père me rappelait à la vérité et je puis dire que c’est sous sa direction que j’ai achevé mon éducation littéraire en passant de la théorie à la pratique. Mais ici encore je ne compris pas tout de suite, parce que l’intelligence est trop sensible aux apparences. Comme le Père n’est pas instruit, je croyais avoir un grand mérité et contribuer pour une bonne part dans l’œuvre dont je n’étais que le traducteur, le plus souvent infidèle(3). Combien de lois morales j’ai transcrites ou écrites sous le contrôle du Père que je me figurais posséder et que l’épreuve me rappelait à la modestie, à la réalité. Je raisonnais l’Enseignement plutôt par la mémoire que par le cœur et quand on m’interrogeait, je recourais à la lettre au lieu de puiser dans l’esprit. Quelle charité il a fallu au Père pour supporter le malheureux que j’étais ! Pour me faire comprendre que je n’étais pas indispensable, il dut me priver de tout travail. L’épreuve fut poignante mais salutaire. Je m’étais attaché à la revue qui contenait son Enseignement avec un acharnement incroyable, c’était ma vie et on me l’enlevait ! Alors me demandant ce que j’allais devenir, tout le reste de la journée et la nuit suivante, je passais en revue les milieux où j’avais vécu et d’autres que je connaissais plus ou moins, aucun ne m’attirait, je sentais que je ne pourrais trouver nulle part plus d’amour, car l’angoisse me serrait le cœur. Aussi quand le matin l’inspiration me vint d’aller à la visite, j’y courus et le Père me reçut avec )plus de bonté qu’auparavant. Montrant son front et son cœur, il me dit : « Mon fils, vous êtes là. » La revue parut sans que j’y misse le main : il n’y avait rien de changé, je retrouvais partout le style de la Révélation.
 
     Est-ce à dire que j’ai été corrigé de ma vanité ? Oh ! non puisque à cette heure encore je dois lutter constamment contre elle. Je le fais volontiers parce que je reconnais combien elle m’a souvent égaré, me faisant prendre le mal pour le bien et m’éloignant du vrai bonheur qui réside dans la sincérité. J’ai été lire dans les groupes l’Enseignement du Père et là j’ai ressenti ce que je n’avais encore perçu que bien faiblement : le bon fluide qui ranime et réjouit. Les mots profonds, les phrases maximes que le Père a trouvés de lui-même et qu’il a dû maintenir contre moi me sont apparus en pleine lumière et tout confus de mon ignorance, j’ai senti mon respect grandir pour celui qui m’avait formé, une reconnaissance infinie me pénétrer pour sa patience et son amour. Ainsi mon cœur s’ouvre à des sentiments qui me rendent aussi  heureux que j’étais malheureux, je recommence à comprendre ce qui m’était resté caché dans la Révélation et loin de maudire encore mes épreuves, je les bénis, puisqu’elles m’ont rapproché du Père et de tous mes frères. »
( Ferdinand DELCROIX )

(1) Le Frère DELCROIX était professeur de français à l’Athénée  Royal de LIEGE ( actuellement LIEGE 1 ). Dans le roman de Robert VIVIER, de nombreuses pages sont consacrées au frère DELCROIX.
(2) Le groupe concerné s’intitulait « LES VIGNERONS DU SEIGNEUR » et avait son siège à l’emplacement actuel du Temple de JEMEPPE. On a ici un aperçu de la richesse du mouvement spirite à l’époque.
(3) A rapprocher de ce que dit la sténographe de l’ENSEIGNEMENT, la sœur DESART.

source : http://antoinisme-documentation.skynetblogs.be/archive-week/2007-07

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Mort d'Antoine le Guérisseur (Le Matin, 26 juin 1912)

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ANTOINE LE GUÉRISSEUR
    VIENT DE MOURIR EN BELGIQUE

    BRUXELLES, 25 juin. - Du correspondant particulier du « Matin » (par téléphone). - Antoine le guérisseur, qui avait fondé en Belgique un religion nouvelle, est décédé ce matin à Jemeppe.
    Né dans ce pays en 1846, il y avait instauré son culte il y a une vingtaine d'années. Sa religion que l'on appelait l'« antoinisme », promettait la guérison des maladies par la prière et par la foi. Il réussit ainsi à obtenur quelques cures sur certains malades du système nerveux.
    Il avait en France, en Allemagne, aux Etats-Unis de nombreux adeptes, et il en comptait évidemment beaucoup en Belgique. Plusieurs temples et salles de réunion existent en effet en Wallonie, et il y a quelque temps, 130.000 « antoinistes » avaient adressé aux Chambres belges une pétition tendant à ce que leur culte fût reconnu officiellment.

Le Matin 26 juin 1912

source : gallica

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