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biographie

André Thérive - Sans âme

Publié le par antoiniste

ILLUSTRATIONS DE GERMAINE ESTIVAL - FERENCZI, COLL. LE LIVRE MODERNE ILLUSTRE 1933, BROCHE.

    Germaine Estival 

    Il y a des êtres que la chance accompagne. Germaine Estival paraît
être du nombre de ces élus. Il y a quatre ans, elle travaillait pour
elle, peignant et dessinant, sans préoccupation de succès, au gré des
rencontres et de son inspiration. Elle était, sous son véritable nom,
professeur de dessin de la ville de Paris et, tout en caressant au fond
de son coeur, le désir de percer qui est inhérent au rôle même de l'ar-
tiste, elle ne s'agitait point, ne tentait rien pour devancer l'heure,
ne cherchait surtout pas les motifs qui pouvaient plaire au public.
Elle plantait son chevalet, ici et là, en son pays d'Auvergne, dans
les Vosges ou les Alpes, quand elle était en vacances, près de son
domicile, à Paris, durant le reste de l'année. 

    Or, le spectacle qu'elle avait de ses fenêtres était... Le Père La
Chaise ! Elle peignit donc le Père La Chaise. Près de chez elle, était
le quartier lépreux, erripouacré, croulant de Ménilmontaht ; elle
peignit ce « Ménilmuche » qu'avait chanté Bruant. Elle fit aussi quel-
ques incursions dans le quartier voisin de Charonne, que décore une
très belle église entourée d'un bon vieux cimetière, où il paraît bon
dormir. Que voilà, n'est-ce pas ? des sujets propres à passionner
le bourgeois ! Eh bien, chose à peine croyable, c'est de ces peintures
véridiques, sombres, parfois sinistres, que devait soudainement jaillir
sa réputation. 

    Personne avant elle n'avait peint ces rues sordides, ces maisons 
aux murs ravalés, ces architectures sans style, habitées par des gens
qui n'ont pas lé loisir d'avoir de la spiritualité. EUe donnait à tout
cela, cependant, une valeur d'art insoupçonnée. Elle créa, selon
l'heureuse expression d'André Thérive, « la fonction de ce peintre
de la nature inhumaine. » Quand elle exposa, pour la première fois,
aux Indépendants, en 1926, on remarqua immédiatement ses envois,
et elle eut des amateurs qualifiés. Non seulement, on goûtait ces
aspects ignorés d'un Paris qui n'était même pas celui de la tournée
des Grands Ducs, mais on aimait la fermeté de sa touche, la finesse
de ses gris, la qualité de sa mise en pages, sa manière propre de faire
chanter un blanc, un vermillon, un bleu crus, sur ces crépis suintants
de maisons à bistros, à hôtels borgnes ou à usage de prisons. 

    C'était bien là sa vocation. Sur ces entrefaites, elle lut le Sans Ame,
de Thérive. Thérive est un écrivain plein d'érudition et de talent ;
il devait recueillir, au Temps, la difficile succession de Paul Souday,
esprit d'une rare indépendance et d'une culture presque encyclopé-
dique, et y réussir. Mais, en Thérive, le critique éclipsait le romancier.
Germaine Estival sut comprendre ce^dernier et ce.Sans Ame, qui l'en-
thousiasma, à juste titre — car c'est une oeuvre de pénétrante analyse,
de vérité et de vie — lui inspira un projet d'illustrations, dont, à
son tour l'auteur s'émerveilla. On aurait crû que Thérive avait écrit
Sans Ame pour le crayon de Germaine Estival ! C'est une rencontre
aussi peu commune que celle de Doré et du Balzac des Contes Drola-
tiques, de Daniel Vierge et de Don Pablo de Ségovie, de G. Jeanniot
et d'Adolphe, de Maurice Denis et du Fiqrelti. Aussi, quand l'artiste
prépara sa première exposition particulière, en mai dernier, l'éminent
critique réclama-t-il l'honneur d'écrire la préface du catalogue. 

   Cette présentation d'une jeune femme de talent par un maître
du feuilleton littéraire, fit un bruit considérable. Ce fut un départ
sensationnel, car tous les journaux firent écho à Thérive. Le nom
de Germaine Estival était lancé ; le réel et original tempérament
de l'artiste, portraitiste et paysagiste aussi bien que peintre des rues
cachectiques, ne le laissera pas retomber. 

            CLÉMENT JANIN. 

L'Auvergne littéraire et artistique
7e année - N° 52 - Juin-Juillet 1930

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal

Publié le par antoiniste

    "Roman vrai", Délivrez-nous du mal, raconte la vie de Louis Antoine, fondateur d'un culte dans la banlieue liégeoise à la fin du siècle dernier. Le livre de Robert Vivier ne se lit pas seulement par plaisir littéraire, mais parce que l'auteur y reconstitue, avec une sympathie profonde, l'itinéraire psychologique d'un homme, les moeurs et la mentalité d'un région qui fut également la sienne, un peu plus tard. Il jette aussi quelque lumière sur le phénomène passionnant que constitue la naissance d'un mouvement religieux.

Préface de P. SEMPOUX. Lecture de Cl. GOTHOT-MERSCH.‎ ‎
Bruxelles, Labor (« Espace Nord, n° 53 »), 1989.

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Histoire du temple de Jemeppe-sur-Meuse, Quatre-Ruelles

Publié le par antoiniste

    Louis Antoine, en août 1876, à son retour d'Allemagne, loue une maison en haut de la rue Bois-du-Mont (actuelle rue Rousseau, car cette portion de la rue Bois-du-Mont, qui est un quartier sur les hauteurs Jemeppe, fut nommé Rue Smeets, mais du être renommé à la fusion des communes en 1976). Cette maison a un jardin qui permet aux Antoine d'y faire pousser des légumes et de les vendre en porte à porte.
    En février 1879, les Antoine partent en Pologne russe, à Praga, la banlieue de Varsovie.
    A leur retour, en 1884, ils achèteront cette fois-ci une maison dans le bas de la rue Bois-du-Mont (rue Rousseau), en haut de la rue des Tomballes. Ils feront construire dans la rue Bois-du-Mont plusieurs maisons dont les loyers leur permettront de vivre plus aisément. C'est le quartier, dépendance de Jemeppe des Quatre-Ruelles. L'ancienne école en face du temple, se nomme Ecole des 4 ruelles, située Rue Rousseau, 5.
    Là auront lieux des séances spirites et sera créée, en 1895, la Société Spirite des Vignerons du Seigneur. Sont alors accroché au mur "Le Christ guérissant les malades", les portrait du curé d'Ars (qui fut béatifié en 1905 puis canonisé en 1925), du Docteur Demeure (un esprit qui rendait visite à Allan Kardec), et d'Allan Kardec lui-même. Il reçoit les malades chez lui, un dimanche sur deux, puis tous les dimanches avant les séances spirites. Puis, à partir de 1900, il reçoit tous les jours, sauf le samedi et dimanche, ce dernier jour étant réservé au séance spirite. Mme Kuntz, habitante du coin de la rue Bois-de-Mont et des Tomballes, vend sa maison au neveu de Louis Antoine, Pierre Dor, qui ouvre avec sa femme un café-restaurant. A droite, dans la rue Bois-de-Mont se situe la maison des Antoine.
    A l'automne 1900, les Antoine achète la maison à gauche du café, dans la rue des Tomballes, pour recevoir les malades. Et le 25 décembre, on inaugure la salle du guérisseur. Une gardienne fait entrée les souffrants un à un selon le jeton en zinc qui leur a été remis en entrant. Une description de la salle est faite par les médecins qui inspectent les méthodes Louis Antoine en préparation du premier procès intenté contre lui.

    "Au coin d'une traverse, une maison d'aspect presque officiel rappelant une clinique ou une petite mairie. La porte est ouverte. Foccroule cause en wallon avec quelques hommes attablés à un estaminet adjacent. La gueuze-lambic permet aux nombreux pèlerins d'attendre paisiblement l'heure où chacun à son tour, ils seront reçus. Dans la salle d'attente une multitude de femme.
    "[...] J'ai passé par les coulisses de l'officine magnétique. C'est un corridor étroit où il y a, pour tout ornement, un tonneau à épluchures.
   "Ce corridor conduit à la hutte où habite Louis Antoine, une chambre seulement, bien pauvre et bien nue où sa femme prépare le repas du soir.
   "[...] La vieille [qui consulta Antoine] a jeté quelques sous dans la tirelire sur la cheminée. C'est tout ce qu'accepte ce philanthrope mystique.
    "- Avant de partir, prenez mon journal.
    "Louis Antoine est allé dans la chambre basse et obscure où sa femme prépare le repas du soir. De nouveau, je suis dans le corridor étroit, encombré par le tonneau d'épluchures. Le thaumaturge revient avec un imprimé qui a comme titre : "Connais-toi."
    "[...] Me voici dans les rues fumeuses de Jemeppes, sur les chaussées noires."
Le Matin - 3 août 1901, L'au-delà et les forces inconnues - Le guérisseur Louis Antoine (Jules Bois)(Gallica)

    "A la porte d'Antoine, comme au seuil des lieux de pèlerinage fréquentés, il y a des mendiants qui psalmodient leur quémandeuse mélopée... On entre sans frapper. Nous sommes dans une vaste salle sans fenêtre et qui prend jour par des lanterneaux. C'est une salle de conférence, de patronage ou de réunion publique. Sur une estrade peu élevée, au milieu de la pièce, il y a une table avec des chaises autour comme pour un conseil des ministres [il s'agit très probablement de la table autour de laquelle se plaçait les médiums au cours des séances d'évocation]; le reste de la salle est occupé par des bancs. Sur les murs blanchis à la chaux, diverses pancartes et inscriptions.
    "...Dans la salle se trouvent sur les bancs quelques personnes, une dame de vêtement cossus, une gentille ouvrière qui a des yeux couleur noisette, les lèvres pâles et un châle rouge dans lequel elle se drape, une vieille femme qui tient un enfant, des ouvriers d'aspect plus que maladif. Ces gens attendent sans parler. Ils attendent leur tour de comparaître devant Antoine. Près de la porte du cabinet de consultation une femme tricote et fait fonctions d'huissier. Elle appelle : "141". Et le 141, c'est la petite ouvrière, se lève et disparaît derrière la porte vitrée.
    "Nous autres, arrivés les derniers, à midi moins cinq minutes, nous avons les numéros 146 et 147. On nous a donné des jetons de zinc où ces chiffres sont gravés. Il est donc venu ce matin-là 147 visiteurs chez Antoine; il n'est pas rare qu'il en vienne 300. [...]
    " "146, 147 !" annonça l'huissier tricoteur, nous nous levâmes un peu émus - dame ! - et nous nous trouvâmes dans le bureau d'Antoine le guérisseur. Rien d'extraordinaire dans ce bureau, une table, quelques livres, un panier à pied, un tronc près de la porte, un tronc tel qu'on ne voit pas ce qu'y met le donateur." (Pierre Debouxhtay, p.102-04, récit d'un journaliste accompagné d'Isi Collin dans le Journal de Liége du 5 décembre 1904).

    En mars 1904, on ouvrit une porte dans la rue des Tomballes.
    En 1905, les Antoine font construire un temple à l'emplacement de la salle de réunions des Vignerons du Seigneur. Il reçoit jusqu'à 400 malades par jour.
    En 1906, on construit un bureau et une salle d'attente, et la grande salle, transformée, devient le temple.
    Commence alors le Nouveau Spiritualisme, et sur le mur du fond du temple est inscrit "Ecole professionnelle de philosophie et de morale", puis l'Auréole de la Conscience. Les questions-réponses ont lieues le dimanche de 10h à 12h, sténographie par Mme Desart, jusqu'en mai 1909, quand il recevait la semaine jusqu'à 1200 souffrants par jour.
    Dans le temple, on construit une grande tribune et une petite.
    Le 1 janvier 1910, Louis Antoine constitue un Conseil d'administration du Temple, réglant les questions d'argent, l'entretien du temple, et la distribution de l'Enseignement.
     Le 28 mars 1910, un lundi de Pâques, Louis Antoine procède à la première Opération Générale avec une lévite de couleur noire, les lecture des livres d'Allan Kardec sont supprimées, puis les séances de spiritismes. On fait l'annonce suivant : Mes frères, le Guérisseur entre au Temple à 10h. Il monte à la tribune mais ne dit rien. Il se recueille puis il tend la main : là commence son opération qui ne dure qu'un instant. Le Guérisseur ne prescrit ni drogues ni médicaments. Soit pour contrariété ou maladie, celui qui aura foi en lui trouvera satisfaction". Mère Antoine se tient sur la petite tribune.
    En 1910, le Conseil d'administration demande la reconnaissance du culte au Ministère pour exonérer les droits de succession pour le temple, ce qui sera reconnu en 1922.
    Le 15 août 1910, Louis Antoine consacre le temple de Jemeppe, et sanctifie le culte antoiniste. Il est alors appelé Antoine le Généreux (nom que l'on retrouve sur les livres de l'Enseignement de l'époque), et d'aucun l'appellent Maître.
    A la fin de cette année, le Père charge Mère et Frère Deregnaucourt de recevoir les souffrants qui le désirent individuellement.
    En 1911, l'Opération générale a déjà lieu les 4 premiers jours de la semaine, à 10h, et un adepte fait la lecture de l'Enseignement d'Antoine le Généreux, le dimanche à 10h et le jeudi à 19h30.
    Le 15 août 1911, c'est le premier anniversaire de la consécration du temple, ce jour sera une des fêtes principales du culte. Louis, fait l'Opération générale, et les adeptes se réunissent dans la salle du grand Trianon à Seraing. Le 10 septembre, Louis consacre le Temple de Stembert. Puis il rédigea le Développement, un peu avant de mourir, le 25 juin 1912, qui deviendra également un jour spécial du vivant de Mère.
    Le 15 août 1912, c'est le deuxième anniversaire du temple de Jemeppe, durant lequel des réunions commémoratives eurent lieu à 11h et 14h, puis les adeptes lurent des exposés.
    Puis les consécrations des temples furent à la charge de Mère.
    En novembre 1912, on inscrit sur le mur du fond : "L'enseignement du Père, c'est l'enseignement du Christ révélé à cette époque par la foi", inscription que l'on retrouve encore dans les temples avec photos.
    "C'est une maison neuve dont les fumées n'ont pas encore noirci la façade blanche. Aucun signe, aucun emblème
extérieur ne désignent l'église. Ces mots seulement, en majuscules d'or : CULTE ANTOlNISTE.
    "[...] Nous sommes dans un vestibule carré. Au fond, une porte à deux battants rembourrés. Contre le mur de droite, un grand tableau sur lequel sont inscrits les noms des villes où l'Antoinisme a des églises. Il y en a plusieurs à Paris ; il y en a aussi à Vienne, à Pétersbourg, au Caire, en Amérique, même en Nouvelle-Zélande.
    "[La guérisseuse] se dirige vers la porte aux battants rembourrés ; elle l'ouvre et nous entrons dans le sanctuaire, dont les portes se renferment derrière nous. Les cinq voyageurs gardent le silence; mais la « guérisseuse », les bras croisés et les mains dans ses manches, parlant un peu du nez, fait le cicérone...
    "Nous nous tenons debout dans l'arrière partie de la salle. Devant nous, les chaises en rangs bien alignés. A la place d'autel, au fond, une tribune à laquelle on accède par un double escalier. C'est du haut de cette estrade que le Père enseignait et c'est là que, depuis la mort d'Antoine, la Mère, quittant chaque matin sa retraite, se montre aux fidèles pendant quelques instants.
    "A droite de la porte d'entrée, un évier long au-dessus duquel trois robinets allongent leurs becs ; à trois clous correspondants, sont accrochés trois gobelets retenus au mur par des cordons."
Une visite à Jemeppe, in L'Écho du merveilleux, 15-05-1913 (Gallica)

    Le 25 juin 1913, à l'anniversaire de la désincarnation du Père, on fit une opération puis les adeptes défilèrent dans les appartements du Père. Le 29 juin, à 14h, un cortège fit le parcours du temple au cimetière. Cela n'est plus fait depuis longtemps maintenant.

 

Histoire du temple de Jemeppe-sur-Meuse, Quatre-Ruelles


    Pendant la guerre, Mère instaure les lectures dans les temples, les 4 premiers jours de la semaine à 19h30. Puis en 1920, un recueillement à 10h, puis on y adjoignît la lecture des Dix Principes, est fait. En 1922, les desservants monteront à la grande tribune pour ce recueillement.
    En 1925, Mère décide d'asseoir l'Enseignement du Père en faisant placer dans les Temples, une image de Louis faisant l'Opération sur la tribune, l'Arbre de la science est déplacé sur la gauche. A partir de cette époque, on se recueille debout devant l'image du Père avant de s'asseoir. Actuellement, certaines antoinistes se recueillent toujours avant de s'asseoir.
    En 1929, Mère fit placer sa photographie à la tribune à droite de celle du Père, quelques centimètres plus bas.
    En 1935, on plaça dans les temples, sur la tribune une pancarte : "Le Père est le Christ des Antoinistes, il est le deuxième messie". Puis il fut retiré.
    Lors de la visite de Pierre Debouxhtay, vers 1934, à Jemeppe (pas ailleurs) le portrait de Mère a été enlevé et remplacé par une photographie représentant la foule "opérée" par Antoine.

    "Façade cimentée, percée de fenêtres, rendue grisâtre par la fumée des charbonnages; deux entrées, l'une rue Alfred Smeets (jadis rue Bois de Mont), l'autre rue des Tomballes, y donnent accès. Rue Smeets, sur la porte, à deux battants, peinte en vert, encadrée de deux petites fenêtres ogivales, on lit cette inscription : "Lecture de l'Enseignement du Père [jadis le mot Père était suivi de Antoine] le dimanche à 10 heures et tous les jours à 7 heures du soir, excepté le samedi. opération générale au nom du Père les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures. Le Temple est ouvert jour et nuit aux personnes souffrantes. tout le monde est reçu gratuitement." Sur le mur, au dessus- de la porte, en très grands caractères : "Culte Antoiniste 1910" [en 1912, au dessus du portail de la rue des Tomballes se trouvait encore l'inscription : "Les Vignerons du Seigneur" (Gazette de Liége, 1 er juillet 1912). Aujourd'hui, les deux branches de vigne subsistent, encadrant les mots : "Culte antoiniste" et la date : 1905]. A côté de la porte, sur la boîte aux lettres on pouvait lire naguère [nous n'y l'avons plus vue en 1933] cette invitation : "Ne jetez plus de l'argent dans la boîte aux lettres." L'édifice est coiffé d'un clocheton (sans cloche), recouvert de zinc et qui se termine en une sorte de vrille.
    "La porte de la rue A. Smeets franchie, on se trouve dans un porche : à gauche, au mur on voit des photos de temples et l'adresse de ces sanctuaires; à droite des avis annonçant les fêtes du culte, les places de desservant vacantes, etc.; à droite encore, le bureau des services administratifs; à gauche, à l'entrée du vestibule un bureau de consultations. Le vestibule est séparé du temple par une porte capitonnée, où sont apposés des écriteaux rappelant que "sans la foi on ne peut être sauvé", invitant les personnes qui entrent à se confesser au Père : "Mes Enfants, quand vous venez au Temple, faites bien votre confession au Père Antoine [depuis 1931 le mot "Antoine" est supprimé]. Si vous avez la foi au Père, vous obtiendrait selon votre foi." [cette inscription se trouve aussi dans les autres temples]
    "Au moment de pénétrer dans le temple [Une affiche, récente, fait savoir que "le Temple et la maison du Père ne sont accessibles que pendant les offices"], on remarque à droite un robinet, un évier et des gobelets retenus par des chaînettes [...].
    "On se trouve dans une pièce assez spacieuse garnie de chaises et de bancs, ayant "l'aspect d'une salle ordinaire de forme carrée et dont les murs devant et derrière sont percés de trois fenêtres ogivales. La lumière du jour y pénètre surtout par la toiture vitrée. Avec les galeries dont elle est dotée, elle peut contenir jusqu'à quinze cents personnes" [Fré. Houbert [R. Louette] dans La Meuse, 26 juin 1912].
    "[...] A gauche à l'emplacement destiné au public, se trouvent les portes de la salle du Conseil d'Administration, de l'habitation de Mère Antoine et des cabinets de consultations où reçoivent certains ministres du culte, notamment le second interprète du Père. [Des écriteaux rappellent qu' "on ne doit pas parler dans le temple"]. A droite, au fond, la porte de sortie de la rue des Tomballes.
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.208-212

    En 1936, Mère décide de retirer les photos, et de remettre l'emblème à sa place originale.
    En mars 1938, à la demande des adeptes, Mère fit remettre les images.
    En 1940, le Premier Représentant du Père, le frère Nihoul, avec les anciens adeptes du Père, ramène le culte à la simplicité comme c'était du temps de Père. Ainsi, les portraits et écriteaux sont retirés, seul l'emblème reste. Et l'inscription murale "L'Enseignement du Père c'est l'Enseignement du Christ révélé à cette époque par la foi" est remplacé par "Les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures, OPERATION GENERALE".
    En France, on consacre de nouveau temple en gardant les dernières modifications de Mère.
    En 1970, on remet les images.
    En 1985, on les retire. Mais les dirigeants du culte acceptent que chaque desservant travaille dans son temple suivant sa FOI et sa compréhension. Ainsi certains temples belges ont aussi gardés les photos du Père et de Mère à la tribune.
    En septembre 2000, se crée l'Ecole du Nouveau Spiritualisme, pour l'étude de l'Enseignement dans divers temples. En France, des salles de lecture s'ouvrent périodiquement.

    Actuellement, la façade bien blanche du temple porte la même inscription "Culte Antoiniste 1910". Sur la porte toujours peinte en vert, on lit un panneau disant : "Culte Antoiniste, LECTURE DE L'ENSEIGNEMENT DU PERE tous les dimanches à 10 h. et les quatre premiers jours de la semaine à 19 h. OPERATION GENERALE les quatre premiers jours de la semaine à 10 h." Sur certains panneaux de temple, on lit encore "Tout le monde est reçu gratuitement". La boîte aux lettres porte le nom Louis Antoine et l'annonce de ne plus y jetez de l'argent est retirée. C'est toujours par là qu'on y met les dons.
    Le clocheton n'a plus sa vrille.
    Passé la porte de la rue Rousseau (anciennement rue Smeets), on arrive dans le vestibule, avec une table sur la gauche portant les ouvrages et à droite la porte de l'habitation d'un habitant. Puis plusieurs portes de cabinet. Un tableau portant les annonces des fêtes notamment. Au fond du vestibule, un corridor menant sur des portes capitonnées menant au temple. La porte de la rue des Tomballes ouvre sur l'escalier menant à la tribune et à une porte menant dans l'intérieur du temple.
    Dans le temple même, que des bancs, et plus de panneau. L'inscription à l'intérieur du temple est : "Culte Antoiniste. Tous les dimanches à 10 heures, Lecture de l'Enseignement du Père. Les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures, Opération générale". Puis L'Auréole de la Conscience.
    La tribune n'a pas changée, elle porte l'Arbre de la Science de la Vue du Mal. A gauche, la porte menant à l'appartement du desservant du temple, le Représentant du Père, et au Conseil d'Administration, et à l'imprimerie (dont on peut accéder par la porte de garage de la rue Rousseau). A gauche également, le cabinet de consultations d'un guérisseur.
    La porte de garage menant à l'imprimerie ainsi qu'au jardin du Père, est séparée du Temple, dans la rue Rousseau, par plusieurs maisons appartenant au culte. La maison d'un adepte, puis une maison de logement, puis l'école et la bibliothèque ainsi que des lits. Cette maison mène aux combles abritant des chambres.

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Encaisseur chez De Lexhy

Publié le par antoiniste

    Soudain il dut s'arrêter et se plia en deux, les traits crispés. De nouveau, cette douleur à l'estomac... Depuis des années il le connaissait, ce mal. Peu à peu la souffrance avait terni son teint, fait grisonner ses cheveux avant l'âge. A quarante-deux ans un homme devrait être dans son plus fort, surtout si, comme Antoine, il a eu la chance de pouvoir se soustraire aux durs travaux. Mais on a bien raison de le dire : la fortune n'est rien sans la santé. [...]
    Oh ! Ce n'était pas la première fois qu'il était pris de la sorte. L'autre jour encore, en traversant la cour des Tôleries Liégeoises, sa sacoche d'encaisseur au côté, il avait entendu en lui, comme si quelqu'un lui avait parlé à voix haute : "Ainsi, c'est fini, Antoine ?" Et sa vie à venir lui avait paru monotone et usée comme les pavés de la cour.
    Il allait à la poste toucher des mandats pour monsieur De Lexhy, et tandis qu'il marchait dans la rue, la sacoche au flanc, il lui semblait tout le temps qu'il y aurait eu autre chose à faire, qu'il perdait son temps. La sacoche, qui pendait tout d'un seul côté, lui paraissait si lourde, si encombrante. [...]
    Depuis sont retour de Russie, il ne pouvait plus rien supporter. Même un jour il avait battu quelqu'un, il avait dû s'expliquer devant le juge. Tout cela provenait sans doute de son état de santé. C'est ce que les gens ne comprennent pas. Un homme, sans être méchant, peut se conduire méchamment, par pure impatience, parce qu'il souffre. Pour être justes, c'est la cause que nous devrions voir, et non pas l'effet.
[...]
    Le samedi soir, Gony lui raconta des choses qu'il avait lues à propos d'Allan Kardec, cet homme savant qu'il avait écrit le Livre sous la dictée des esprits eux-mêmes. [...]
    Soudain un doute le traversa. Ces spirites, chez qui il se disposait à aller l'après-midi même, étaient-ce des gens vraiment sérieux ? Il n'aurait pas voulu perdre son temps pour des farceurs.
    Il rentra, exprès pour en parler à Catherine.
    - Qu'allez-vous penser là ? répondit-elle. Votre ami Gony n'est pas un farceur, n'est-ce pas ?
    Elle ajouta :
    - Vous n'êtes pas bien depuis quelque temps, Antoine. Il faut tout essayer, il faut aller partout.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.129-130 & p.148-149

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L'église Saint-Lambert de Mons-Lez-Liège

Publié le par antoiniste

    A l'origine, cet édifice était une simple chapelle à nef unique. Plus tard, il fut élargi par la construction d'une seconde nef et on y adjoint une tour.Détruite et reconstruite à de nombreuses reprises au cours des siècles, elle ne résista finalement pas, au XXéme siècle, au tassement de terrain causé par l'exploitation minière. Désaffectée depuis 1929, une partie fut démolie en 1945 pour faire place à l'église actuelle en néo-roman qui s'harmonise avec la tour, monument classé.
La dernière construction a été consacrée en 1952.

 source : TrekEarth

Jadis simple chapelle dépendant de Hollogne-aux-Pierres, elle fut en paroisse en 1842. Son lointain passé est connu grâce aux fouilles faites en 1942  et qui révèlent l'existence d'un oratoire pré-roman doté plus tard, au XIIème siècle, probablement d'une tour carrée. Cette tour est le seul vestige de l'ancienne construction. Agrandissement du choeur, de la nef et prolongement d'un nouveau choeur en 1887. Un nouveau vaisseau à trois nefs et choeur avec abside semi-circulaire fut édifié.

 source : kikirpa

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - le Nouveau Spiritualisme

Publié le par antoiniste

    A partir de ce jour-là, et pendant près de trois années, le Maître monta à la tribune du temple chaque dimanche, pour révéler le nouveau spiritualisme.
    Il enseignait que la maladie, la souffrance physique vient d'une cause qui est dans l'esprit. Mais cette cause n'est jamais un mal. Le mal n'existe pas. C'est notre intelligence qui, ne voyant que le monde de la matière, juge telle ou telle chose comme un mal. Or, le monde de la matière n'est que l'effet du vrai monde, le monde de l'esprit, le monde de Dieu. Dans ce monde-là, nous avons un guide qui nous conduit : c'est la conscience. Celle-ci ne voit le mal en rien, elle nous apprend à aimer, à triompher du côté matériel qui est en nous, et à nous rapprocher ainsi de Dieu, par la route de l'épreuve, au long de nos existences successives.
    Ainsi, le petit houilleur de Mons, après être devenu, suivant son rêve d'enfance, une guérisseur des corps, avait fini par se transformer en un guérisseur des âmes. Non pas seulement un consolateur, qui soulage cette âme-ci et celle-là : il avait trouvé un moyen de guérir à jamais l'humanité tout entière de sa vraie et unique maladie. Il avait découvert cette maladie : c'est la matière, c'est la vue du mal.

        Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
        Ed. Labor - Espace Nord, p.304

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - le Guérisseur

Publié le par antoiniste

    Mais cela ne suffisait plus, et d'ailleurs il y en avait toujours d'vantages qui se présentaient en semaine, le sois, la nuit même, ou qu'il trouvait l'attendant, à son retour des Tôleries Liégeoises. Ils souffraient trop, disaient-ils, ils ne pouvaient patienter jusqu'au dimanche. Que faire ? Et Catherine était si fatiguée... [...]
    Or ce fut Catherine elle-même qui lui dit :
    - Pourquoi ne demanderions-nous pas notre pensions chez De Lexhy ? Nous avons bien assez de quoi vivre... Comme cela, vous pourrez recevoir les gens tous les jours...
    Si bien qu'ils se retirèrent comme ils l'avaient rêvé, mais pas du tout pour connaître le repos et pour se sentir durer à l'aise dans la vie. Ils l'auraient même voulu que ce n'eût été possible : trop d'espérances s'étaient levées et se tenaient autour d'eux, il y avait trop de gémissements contenus, trop de supplication dans les regards. Ils avaient mis sur pied l'armée innombrable des souffrants : comment la renvoyer dans ses réduits misérables ? Il ne dépendait plus d'Antoine d'être ou de ne pas être le Guérisseur.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.244

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Gare de Jupille - Etablissements Piedboeuf - Forges et tôleries liégeoises

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Guérison sur la foule

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    Le fluide du Père devenait si efficace, grâce à ces grands rassemblements de ferveur, qu'il put, à partir de Pâques 1910, au lieu d'imposer les mains à chaque malade en particulier, répandre le fluide du haut de la tribune sur la foule rassemblée dans le temple. Bientôt, il cessa tout à fait de recevoir des malades en particulier. Et peut-être le pouvoir de guérir, dans ces "opérations collectives", était-il plus puissant encore, à cause de a concentration des fluides et de ce sentiment de foi et d'amour qui unissait tous les esprits.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.272

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Le don de guérir

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    Sans relâcher une seconde la fixité de son regard, Antoine, que poussait toujours l'énergie mystérieuse, s'approcha encore, presque visage contre visage, puis recula un peu, et, sans détacher de lui ses prunelles, se mit à exécuter avec les deux mains un étrange manège. C'était comme s'il avait tiré de la poitrine du patient une matière invisible qui collait aux doigts. Cepandant il ne touchait pas le corps et l'on apercevait rien sur ses doigts, mais le geste était tellement celui de tirer à soi une pâte, qu'on aurait juré voir ce qu'on ne voyait pas. Et puis, de temps en temps, il rejetait sur le côté cette glu qui chargeait ses mains. A plusieurs reprises, il recommença. On entendait seulement la respiration lente et rauque du guérisseur, dont l'effort paraissit de plus en plus rude. Parfois aussi, entre les lèvres du patient, renaissait ce petit sifflement à peine perceptible.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.210

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