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biographie

Robert Vivier, Délivrez-nous du mal (critique de L'Astrosophie)

Publié le par antoiniste

Délivrez-nous du Mal

Robert VIVIER

(Editions Bernard Grasset, Paris — 18 francs)

    Ce livre est une biographie du Père Antoine le Guérisseur, fondateur du culte des Antoinistes, une branche du mouvement spirite. Tout honneur à l'auteur ! Il avait une tâche ingrate : décrire une vie à la fois simple et remarquable, en gardant le ton naturel et pourtant en faisant valoir des pouvoirs presque miraculeux qui se sont développés dans un pauvre ouvrier par les méthodes spirites. Il ne sied pas ici de discuter les méthodes Antoinistes, l'hypothèse spirite, ni la nature de la guérison spirituelle. Les faits parlent. Dans son traitement du Père Antoine, écrit comme un roman de grande envergure, M. Vivier nous a montré que la bonté simple et la beauté d'esprit suffisent à rendre un être digne de devenir un messager du Guérisseur de Nazareth. Plus de 300.000 Belges et Français suivent, de nos jours, l'enseignement simple et spirituel du Père Antoine.

L'Astrosophie.
Revue d'astrologie ésotérique et exotérique ["puis" mensuelle d'astrologie] et des sciences psychiques et occultes

1936/05 (VOL14,N5).
source : gallica

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Un fondateur de relgion (Le Figaro, 26 juin 1912)

Publié le par antoiniste

Figaro en Belgique

        ----

UN FONDATEUR DE RELIGION
                       Bruxelles, 25 juin.

    Louis Antoine, un ancien ouvrier d'usine, devenu guérisseur, est mort à Jemeppe, près de Liège, où il avait édifié un temple, fondé une véritable religion. Le Parlement belge reçut, l'an dernier, une immense pétition demandant la reconnaissance officielle du culte nouveau, qui compte de nombreux adeptes en France.
    Originaire du pays de Liège, Antoine avait soixante-six ans. On dit que sa femme continuera son oeuvre. - HARRY.

Le Figaro - 26-06-1912 (Numéro 178)
source : gallica

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Alain Lallemand, Les sectes en Belgique et au Luxembourg - L'Antoinisme (1994)

Publié le par antoiniste

Du spiritisme à l'antoinisme

    " L'an mil huit cent quarante-six,  le huit du mois de juin à midi, par-devant nous, Nicolas-Joseph Jacquemin, Bourgmestre, Officier de l'état civil de la commune de Flémalle-Grande, canton de Hollogne-aux-Pierres, arrondissement et province de Liège, est comparu Martin Antoine, houilleur, âgé de cinquante ans, domicilié dans cette commune, hameau de Mons. " Qu'avait-on ce jour-là de si important à déclarer chez Martin Antoine dit 'Eloi' ? Un fils, bien sûr, et de sexe masculin. Catherine Castille, 49 ans, venait de mettre au monde à quatre heures du matin (le 7 ou le 8, il subsiste un léger doute) un enfant qu'on prénommerait Louis-Joseph, et dont le nom de famille officiel a, un court moment, été 'Eloi' : l'heureux géniteur, dans sa précipitation ou par ignorance, avait décliné le sobriquet dont on l'affublait plutôt que son identité véritable. 'Eloi' venait d'avoir son onzième (?) et dernier fils.
    Baptisé le jour même, Louis-Joseph est élevé rue des Priesses, au lieu-dit 'A la chapelle', et c'est à l'école primaire de Mons (Flémalle) qu'il reçoit sa maigre instruction. A douze ans, il descend à la mine, y exerce pendant deux ans les fonctions de pousseur de bennes, manoeuvre de fond, tailleur de veines. On le dit autodidacte et débrouillard, gentil euphémisme pour une inaptitude scolaire que ses hagiographes s'empressent de contester (1). Mais il est certainement de santé fragile et devient rapidement ouvrier métallurgiste, délaissant le pic. Devenu machiniste, il est inscrit à la milice en 1866, et remplit ses obligations militaires à Bruges, au 3e régiment de ligne. Il combat - et tue (2) - lors d'un rappel sous les drapeaux à l'occasion de la guerre franco-allemande, mais lorsqu'il revient dans la vallée de la Meuse, il n'a plus d'employeur et décide alors de s'expatrier en Prusse rhénane : il y travaille pour les usines Cockerill. C'est l'époque où il aurait découvert le 'phénoménologie' d'Hegel, qui imprégnera le discours antoiniste : conscience et intelligence, apparence contre réalité. Mais, comme le suggère délicatement sa biographe soeur Yvette, il avait "pris un pain sur la fournée". En d'autres termes, il se doit de revenir en Belgique et d'épouser le 15 avril 1873 une dame Jeanne Catherine Collon, qui lui donne une descendance dès le 23 septembre de la même année. L'enfant naît en Prusse et sera baptisé du nom de Louis-
Martin Joseph.
    En août 1876, Louis-Joseph Antoine revient en Belgique, à Jemeppe, et décide de s'installer comme marchand des quatre saisons. Erreur funeste, les affaires de marchent guère. Il repart alors pour la Pologne en février 1879 où il devient chef-marteleur pour les aciéries de Pragua, aux alentours de Varsovie.
    C'est une époque importante car il s'y enrichit de manière considérable : "Sa femme tint une pension qui fit fortune", rapporte sa biographie officielle. Soit. Toujours est-il qu'il rentra en Belgique, comme le veut la formule, "avec du foin dans ses bottes". Il s'installe rue du Bois-du-Mont et... fait bâtir vingt maisons ouvrières mais confortables. Est-ce en 1884, en 1889, voire même quelque temps plus tard que Louis-Joseph Antoine adhéra au spiritisme alors fort prisé dans la région liégeoise ? Difficile à dire. En tout cas, il prêche le catholicisme (3) jusqu'en 1888 et perd son fils unique le 23 avril 1893. Or celui-ci sera enterré selon le rite spirite. Portier-encaisseur à la fabrique de Lexhy, près de la gare de Jemeppe, celui qui allait devenir le 'père Antoine' a désormais une activité professionnelle réduite et se consacre de plus en plus à ce spiritisme. Il crée la société spirite liégeoise 'Les vignerons du seigneur' et, en 1896, édite le Petit catéchisme spirite. Le succès est tel qu'en 1900 il quitte toute activité extérieure et achète un immeuble situé au croisement des rue des Tomballes et du Bois-du-Mont, immeuble susceptible d'abriter ses fidèles.
    Mais le corps médical l'a à l'oeil : c'est que le 'père Antoine' prétend guérir, et que, s'il se refuse à tout salaire, un tronc destiné aux 'oboles' est aménagé dans l'antichambre de son cabinet. Le Parquet, saisi d'une plainte, fait ouvrir à la police de Jemeppe une enquête discrète. En 1901, le père Antoine se retrouve devant les tribunaux pour pratique illégale de la médecine : "Depuis douze ans, dira le guérisseur au juge, je me livre journellement à la guérison des malades, je n'ai aucun diplôme, je guéris toute les maladies ou plutôt je soigne toute espèce de maladie. Chaque malade que je reçois entre dans mon cabinet, je lui pose la main sur la tête et je me recueille, je me livre à la prière et pendant ce temps m'arrive l'inspiration qui me permet de dire la maladie ou l'infirmité dont souffre le patient ; quand celui-ci a foi en moi, je ne me trompe jamais ; j'insiste et je répète que je crois fermement que je ne me trompe jamais sur la cause du mal. Quand le siège du mal est ainsi déterminé, je fais des passes avec la main sur la partie malade et, ce faisant, je me confine dans mon examen du malade... J'ai une recette générale ; elle consiste dans un morceau de papier que j'ai magnétisé par attouchements et par des prières ; en trempant ce papier dans de l'eau, celle-ci acquiert une vertu supérieure qui la rend propre à guérir les personnes qui la boivent : deux papiers sont bons pour magnétiser un litre d'eau... " (Le Soir, 9 juin 1934). Louis-Joseph Antoine est condamné à 60 francs d'amende avec un sursis de deux années.
    Cette condamnation aura pour effet de modifier profondément les activités du guérisseur : plus aucun recours aux prescriptions (Louis-Joseph prescrivait notamment la 'liqueur Koene' à ses adeptes), et une défiance absolue envers l'argent. D'autre part, la fédération des groupes spirites, qui pose problème aux antoiniste dès 1902, et la montée de la théosophie à l'intérieur des cercles spirites, poussent en définitive le 'père' à quitter le spiritisme de manière résolue dès 1906. La rupture est très nette : d'un seul coup, le 'père Antoine' a la révélation que le spiritisme, manifestation matérielle des esprits, est du domaine de la seule science, qu'il est périmé (4), et que lui doit s'occuper désormais de 'spiritualité'. La rupture antoiniste est amorcée, elle a exactement la même genèse que la théosophie : sur une souche spirite, l'éclosion d'un dogmatisme de l'âme (5). Il crée le Nouveau spiritualisme et déclare en 1907 au journal La Meuse : "Je ne suis plus spirite".
    La religion ainsi créée va bénéficier d'un essor considérable le 15 juin 1907, lorsque le fondateur se retrouve une seconde fois devant les tribunaux. Mêmes charges, mais un jugement opposé car le 'père' a retenu la leçon : on acquitte le prévenu le 22 octobre, l'antoinisme a désormais les mains libres. Sur quoi repose le culte ? En fait, le rite est assez simple : le dimanche et les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures précises, le 'desservant' ou ministre du culte procède à l''opération' en répandant sur la foule, de la main droite (6), le 'fluide éthéré du Père', ce même qui était utilisé auparavant par Louis-Joseph pour les guérisons. Puis il rappelle à voix haute les dis principes du Dieu révélés au Père. Enfin, un lecteur transmet une courte pensée du fondateur (7). Au total, le rite complet dure de 15 à 30 minutes. L'adepte quitte ainsi le temps avec un peu du 'fluide vert' (8) du père Antoine, ce fluide qui est 'la foi qui guérit'. Selon les rares chiffres dont on dispose, à partir de cette époque, le 'père Antoine' aurait reçu quotidiennement quelque 400 à 500 visiteurs, et de 500 à 1.200 à partir de 1910. Bien sûr, il n'est plus question d'imposer les mains individuellement : on procède désormais à des guérisons de foules.
    Et en 1910, l'antoinisme vient au Parlement : une pétition signée par 160.000 personnes est déposée le 2 décembre au greffe de l'assemblée et demande la reconnaissance légale du culte. "Jamais même pour le S.U. (suffrage universel) et pour l'instruction obligatoire on n'était parvenu à réunir autant de signataires", remarque le journal Le Soir. Le mouvement dit ne pas souhaiter de subsides, mais la simple reconnaissance du fait cultuel et de son patrimoine : le temple de Jemeppe-sur-Meuse élevé en 1910 rue Alfred Smeets aurait coûté la bagatelle de 100.00 francs de l'époque. La presse nationale commence à s'intéresser à ce 'dieu nouveau' qui est, au physique, "un homme de taille assez haute, mais au dos voûté. Il a les cheveux gris coupés ras. Il porte une redingote fermée jusqu'au cou par une seule rangée de boutons. Il mâche continuellement de la gomme. Son attitude est simple et franche. Pas de pose, pas de bluff. Il est modeste et convaincu" écrit Jean de Bruxelles. La Belgique lui jette ainsi un dernier regard, car... le 25 juin 1912, 'Antoine le Guérisseur' s'éteint. Davantage perçu comme un illuminé qu'un charlatan, il laisse derrière lui plusieurs dizaines de milliers de fidèles organisés tant en France qu'en Belgique, quelques relais en Allemagne, au Brésil, aux Etats-Unis, une imprimerie et plusieurs hebdomadaires dont l'un au moins atteint un tirage de 20.000 exemplaires. Le 25 juin devient ainsi une date clé du calendrier antoinistes (9) : les adeptes pensaient au départ qu'il se réincarnerait dans les trois jours (10). Ne voyant rien venir, ils optèrent pour la seule interprétation possible à leurs yeux : le père Antoine était devenu assez parfait pour ne plus nécessiter de réincarnation, le 25 juin est donc fête de la 'désincarnation".
    Pour mémoire, citons l'autre grande fête antoiniste : le 15 août, anniversaire de la consécration du premier temple, celui de Jemeppe. Mais tous les Liégeois savent que le 15 août est traditionnellement jour de fête mariale, fête qu'un culte de souche mosane se devait de récupérer. (11)
    L'antoinisme, qui prend en 1922 forme d'asbl et devient la même année établissement d'utilité publique sur proposition du ministre de la Justice de l'époque (?)(12), va devenir rapidement schismatique (13) : dès les premiers mois qui suivent le décès du 'père' et alors que la 'mère Antoine', alias Jeanne-Catherine Collon, est contrainte de reprendre tant bien que mal les rênes du mouvement, le propre neveux du fondateur, Pierre Dor, fait scission, et ouvre un temple similaire à Roux, dans le Hainaut. Ses adeptes témoignent qu'il soigne lui aussi par imposition des mains et même à distances, 'par la pensée'. Cela lui vaudra le 24 février 1914 une descente en règle du Parquet de Charleroi, escorté de huit gendarmes. Son public est de moyenne bourgeoisie, il vend effectivement des brochures prônant ce qu'on appelle alors à tort le végétarisme - il s'agit en fait de végétarisme, comme le pratiquait lui-même le 'père Antoine' - mais aucune trace de l'exercice illégal de l'art de guérir. Ce que les pandores ignorent peut-être et que soulignera en juillet 1936 notamment le journal d'extrême-droite Cassandre, c'est que les guérisons, chez les disciples d'Antoine, s'effectuaient en catimini, après les rite, dans un local annexe : chaque 'patient' a son numéro, et on appelle les clients à la criée. La secte Glaube und Hoffnung, de Luxembourg, ne procède pas autrement à l'heure actuelle.
    Autre schisme, survenu après la deuxième guerre cette fois : le desservant du temple situé quai des Ardennes, à Liège, devait ouvrir à Angleur un temple où il se proposait de revenir au 'culte antoiniste primitif' (14). H., non autrement désigné, sera assigné en 1949 devant le tribunal correctionnel, et le dossier ira en appel : les antoinistes auraient voulu qu'il soit condamné à fermer son temple, ce qui fut refusé en instance et en appel. Par contre, la Cour lui fit défense d'apposer l'enseigne 'culte antoiniste', le souhait d'induire une confusion entre les deux cultes étant évident.

  La deuxième mort d'Antoine
    L'association Culte antoiniste de 1922 est sans doute la seule secte dont les comptes annuels figurent au Moniteur. Sa mauvaise santé actuelle n'est donc pas un mystère : les comptes bien sûr en équilibre, mais dénotent une activité minimale. 7,4 millions à 8,5 millions de nos francs selon les exercices... Et pourtant ! En 1912, lorsque le 'père Antoine' est porté en terre, les rues de Jemeppe sont noires de monde, les reportages photographiques sont éloquents. Une étude des implantations antoinistes de l'époque réalisée par sa biographe 'soeur Yvette' montre qu'au 1er septembre 1912 il y avait deux temples en Belgique, et 55 maisons de lecture dans notre pays et en France, sans compter les antennes ouvertes en Egypte et au Brésil ; qu'en août 1914 existaient désormais sept temples en Belgique et soixante et une maison de lecture, toutes situées en Wallonie exception faite de celle d'Ixelles. Août 1930 est en quelque sorte une apogée puisqu'il voit fonctionner 124 maisons de lecture, mais, et c'est le revers de la médaille, les coteries commencent à inquiéter les dirigeants de la secte, une limitation des maisons de culte est décidée. En 1934, on fait état de 27 temples (dont 19 dans la seule province de Liège) et 15 en France. L'antoinisme est désormais présent au Canada, au Congo, aux Etats-Unis. "Cent mille petits-bourgeois, artisans et femmes", tel serait le nombre des adeptes.
    En 1993, le coeur du culte de trouve rue Hors-Château à Liège, un temple qui ne reçoit plus guère que 300 adeptes chaque semaine. Il existe encore 30 temples en Belgique dont 20 en province de Liège et... un en Flandre, à Schoten-Deuzeld. Mais ce dernier, s'il existe, est fermé faute de fidèles. Le sort de celui de Stembert n'est guère plus enviable : il est fermé, faute de moyens pour le restaurer (15). Paradoxalement, les choses vont un peu mieux en France, où subsistent une trentaine de temples, ainsi qu'au Zaïre, au Canada, en Italie et en Allemagne, où il existent des maisons de lectures. Les adeptes ? 500 adeptes 'costumés' - portant lévite noire descendant jusqu'aux mollets pour les hommes, robe noire et bonnet surmonté d'un diadème pour les femmes - pour l'ensemble de la Belgique au grand maximum. Un premier signe d'inquiétude : alors que, statutairement, huit membres doivent siéger au conseil général qui préside le culte, seuls quatre siègent effectivement à l'heure actuelle. Un deuxième signe, plus funeste encore : au début du siècle, le 'père Antoine' recevait et prétendait guérir les personnes atteintes de troubles physiques (16). Les nouveaux adeptes antoinismes, eux, veulent guérir du chômage (17). Il n'est pas certain que le fluide du 'père' y puisse grand-chose.


Alain Lallemand, Les sectes en Belgique et au Luxembourg (p.45-49)
Editions Aden - 1994 - 238 pages
source : Google Books

(1) Cependant, pour un houilleur, devenir machiniste puis chef-marteleur, et émigrer à l'étranger, n'était pas chose commune.
(2) C'est pendant un exercice que Louis Antoine tuera. Ce n'était donc pas un ennemie, mais un camarade. On comprend que cet évènement ai pu le tourenter.
(3) On dirait plutôt qu'il pratiquait le catholicisme. La biographie due au Frère Deregnaucourt et Soeur Desart dit qu'il "professa la religion catholique jusqu'à l'âge de 42 ans", il exposé publiquement son catholicisme.
(4) Il ne prétendait pas que le spiritisme était "périmé", mais qu'il n'était plus de son ressort.
(5) Je ne sais pas si l'on peut parler de dogmatisme, quand on met en avant le libre-arbitre. Le seul dogme que Louis Antoine loue est la réincarnation, dogme qui lui vient du spiritisme.
(6) Il me semble que même en France, le desservant serre les mains à la grande tribune, mais ne tend pas une main.
(7) On confond ici l'Opération et la Lecture de l'Enseignement. En France, L'opération est faite, puis la récitation des dix principes. En Belgique, l'opération seule. Le soir a lieu la lecture de la Révélation.(8) Joli expression qui n'est pas utilisé, me semble-t-il, par les antoinistes. Les temples sont verts, mais le fluide ne connait pas de couleur, il est lourd ou éthéré.
(9) Actuellement, c'est encore vrai du côté français.
(10) Pas tous les adeptes, mais certains adeptes. C'est une précision analysée par Pierre Debouxhtay.
(11) La majeur partie des premiers adeptes étaient déchristianisés comme le rappelle Régis Dericquebourg.
(12) En fait, le ministre de la Justice de l'époque proposait de créer cette association d'utilité publique pour faire face au vide juridique : en effet, la Constitution belge ne reconnait alors que les religions établies lors de sa création. L'antoinisme ne pouvait donc pas être reconnu religion par l'état. Puis le statut d'asbl, à sa création, fut donner au culte.
(13) La scission avait déjà lieu lors de l'incarnation du Père (Pierre Dor s'installe à Roux en 1909), qui déclarait à propos de son neveux "qu'il suivait son chemin".
(14) Il semble que ce soit l'inverse, puisque à la désincarnation de Mère, le 4 novembre 1940, le frère Nihoul et le Conseil d'Administration décide de retirer les photos des temples, donc celui du Quai des Ardennes n'en avait plus. Ainsi H. voulait revenir au temple tel que Mère l'avait laissé, donc avec photos.
(15) Ce temple est actuellement en cours de rénovation, des Solidarités de groupes y ont déjà cours tous les 15 jours.
(16) Le Père voulait guérir l'âme, plutôt que le corps. L'âme guéri, devait permettre la guérison du corps.
(17) Racourci déloyal, car le culte veut guérir, non du chômage, mais des problèmes liés au chômage : manque de confiance en soi, tristesse sociale, désenchantement, etc.

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Louise Lateau: Rapport médical sur la stigmatisée de Bois-d'Haine (1875)

Publié le par antoiniste

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Louis-Martin-Joseph Antoine, le fils

Publié le par antoiniste

Louis-Martin-Joseph Antoine, le fils

Illustration : à gauche, tableau représentant le fils de Louis et Catherine Antoine, maintenant chez un adepte belge ; à droite, photo ayant servi de modèle pour le tableau (archives de Roland AE Collignon). (Cf. aussi les Archives du Temple de Retinne)

    Un portrait de famille date également de la période passée par Louis Antoine et sa femme à Praga (début années 1880). on voit alors le petit Martin.

    Fils des Antoine, Louis-Martin-Joseph (dit Martin) Antoine (23 septembre 1873-23 avril 1893)
    Baptisé le 28 septembre en Prusse, à Meiderich-Hamborn, en l'église catholique de Saint-Jean (Robert Vivier, p.105-06 et p.112-13).
    Le parrain était Martin Antoine, la marraine Catherine Castille (Tatène dans le roman de Robert Vivier), les parents de Louis Antoine (Pierre Debouxhtay, p.48).

    La page du registre de son acte de sa naissance est à voir à cette page.

    Le fils d'Antoine avait toujours été de santé chétive. "Quand il fut capable de s'assimiler une idée, ce fut une idée spirite qu'on lui donna. Dans son adolescence, il fréquenta les écoles du soir de Jemeppe ; sa santé laissait à désirer. A certains moments, il se faisait remarquer par ses idées bizarres et l'expression étrange qu'il leur donnait ; il donna de vives inquiétudes à ses maîtres et ceux-ci exprimèrent des craintes à son sujet, mais leurs avis ne furent pas écoutés." (Bourguet, p.6. M. T.D., ingénieur, a connu, à l'école primaire, le jeune Antoine, qui était bon élève ; c'est aussi l'avis de Robert Vivier, cf. p.132).

Louis-Martin-Joseph Antoine, le fils
(archives de Roland AE Collignon)
Dans les Archives du Temple de Retinne, on précise qu'il s'agit de la photo prise pour sa communion.


    Après avoir suivi des cours à l'Ecole Moyenne de Seraing, le fils d'Antoine devint employé à la Société des Chemins de Fer du Nord Belge (Pierre Debouxhtay, p.58). Un biographe de Louis Antoine imagine un épisode émouvant entre lui et son père :
    Antoine posa enfin le pied sur la terre natale. Catherine le suivait en tenant un garçonnet par la main. L’enfant était curieux de tout, il voulait tout voir, tout savoir. Et comme les locomotives le passionnaient, Antoine lui montra l’abri du mécanicien et les flammes de la boite à feu qui rougissaient les joues.
- Tu vois, Martin, dit l’ouvrier, la vapeur qui vient de la chaudière pousse le piston – Il fit un geste de va-et-vient avec la main imitant le mouvement des roues motrices – ce qui permet de remorquer les wagons.
- Elle respire bien fort – s’inquiéta l’enfant en voyant la vapeur expulsée par la cheminée – et ça ?
- Un régulateur, petit.
- Plus tard, je conduirais des machines, lança-t-il fièrement.
Antoine échangea un clin d’œil complice avec le mécano puis l’enfant se précipita aussitôt vers le chef de gare et l’aida à refermer quelques portières.
Roland A E Collignon, La Vie Tourmentée de Louis Antoine

    Il meurt le 23 avril 1893 à 20 ans d'une phlébite à Jemeppe. C'est une société spirite de Seraing, l'Union Spirite, qui procédera à son enterrement. Robert Vivier raconte de façon très tendre son agonie dans les p.177-188, puis son enterrement dans les p.191-193. Son acte de décès est signé de Louis Antoine et Alfred Gony. Il a du être inhumé au cimetière de la Paix à Jemeppe, dans la rue Aripette, où est également enterré une partie de la famille Dor. Il aurait été exhumé dans le plus grand secret plus tard à la demande de Mère Antoine pour rejoindre la concession de son père au cimetière des Housseux. On peut lire sa nécrologie dans le journal spirite Le Messager de Liège (1er Mai 1893). 

 
    On prétendra qu'il se fut réincarné en pharmacien à Paris, ce qui fut nié tout comme soutenu par des Antoinistes : "Mais comment comprenez-vous que son fils, qui est mort il y a deux ans, soit déjà devenu pharmacien ?" (Robert Vivier, p.206).
    On peut ici évoquer encore une fois l'hypothèse qu'on peut vivre plusieurs incarnations en une seule même vie terrestre, à la façon des new-born protestant (cf. George W. Bush).

    On peut voir son arbre généalogique sur le site Geneanet par Henri PAULISSEN et sur myheritage.

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Martin Jeanfils, houilleur et guérisseur

Publié le par antoiniste

    Une photo a été retrouvée en vente sur internet sur le site Delcampe. D'après Jacques Cécius, elle représente en fait Martin Jeanfils faisait une imposition de la main, comme le Père.

    Il travailla comme houilleur à Jemeppe, au charbonnage des Corbeaux, à Grâce-Berleur. Le terril du charbonnage des corbeaux est situé au carrefour de la Cloche (jadis A toûtvôye), au bout de la rue Rennekin Sualem (où se trouve l'hospice Lambert, proche du temple antoiniste), vers Grâce-Hollogne. Il a cessé ses activités le 31 mai 1931.

    D'après Robert Vivier, il ne fait pas partie des Vignerons du Seigneur, cependant, il assistait aux séances de moralisation d'Antoine. Sa femme participait au séance du Maître Louis Antoine.

    Il comparaitra avec Louis Antoine, lors du deuxième démêlé avec la justice de ce dernier en 1907.

    Son témoignage devant la cour est reproduit par Pierre Debouxhtay, p.147 :
    Jeanfils est mon élève, dit d'abord le Père, et de batailleur et soûlard qu'il était, j'en ai fait un travailleur désintéressé et un honnête homme.
    " Après le maître, l'élève : Jeanfils nous apprend comment peut naître une vocation de guérisseur.
    "Je me suis découvert le pouvoir d'enlever la douleur aux gens qui souffrent, il y a cinq ou six ans, en me soignant moi-même, et en soignant ma femme des foulures que nous nous étions faites au genou et au pied. Il ne vient chez moi que quatre ou cinq personnes par semaine. Mon intervention auprès des personnes qui viennent me consulter n'a d'autre but que d'enlever la douleur et non pas soigner la maladie elle-même. Je fais des passes au dessus du malade, sans jamais toucher celui-ci et si la douleur ne disparaît pas, j'envoie le malade chez le médecin. Moi-même d'ailleurs, je consulte le docteur Delville, lorsque je suis malade. Je ne prescris jamais aucun médicament... Je ne réclame rien pour mes consultations, il y a cependant un tronc chez moi ; mais j'y ramasse plus de boutons et de médailles que d'argent."

    Robert Vivier écrit (p.268) :
    A côté de lui, la tête basse, les mains gauchement croisées sur le ventre, Martin Jeanfils écoutait en silence. Qu'était-il, lui, Martin Jeanfils ? Il le savait, l'issue de tout ceci dépendait de ce que les juges penseraient d'Antoine et non de lui. Il tourna la tête vers le public, et, ayant rencontré le visage de sa femme, lui sourit avec embarras.

    M. l'avocat général Meyers, dans son réquisitoire réclame l'acquittement pour Antoine, car celui-ci guérit, mais ne pratique pas l'art de guérir, ne faisant aucune passe ou autre, il ne fait que dire "guérissez", alors que Jeanfils fait des passes, lui sera condamné, pour l'exemple certainement.

    Plus tard il continuera à exercer comme guérisseur, sans pour autant appartenir aux adeptes antoinistes, sans propager l'Enseignement donc, mais pour Antoine "cela ne lui portait nul ombrage" (Vivier, p.332). Louis Antoine l'aurait même appelé à ses côtés avant de mourir, comme le raconte Robert Vivier :
    Dans l'après-midi, il fit venir auprès de lui Martin Jeanfils, qui avait partagé son épreuve, ayant été appelé en même temps que lui devant le tribunal des hommes. Dans la nuit du 24 au 25, il sortit de cette incarnation. (Vivier, p.351)

Martin Jeanfils, houilleur et guérisseur

Martin Jeanfils, houilleur et guérisseur

 

    (photo de Gaby Mazzantini)

    Les Jemeppiens prennent parfois sa tombe pour la tombe du Père Antoine. Il semble qu'une partie des ex-votos et plaques de remerciement qui étaient sur la tombe de Père et Mère Antoine a été déplacée sur la tombe de Martin Jeanfis (une plaque dit : "Remerciement au père Antoine pour une grâce obtenue"). Un grande plaque porte la mention : Frère Martin, Antoiniste, 1857 - 1948, Son corps fût retrouvé intact après 30 ans de sépulture, le 7-8-1978.

Martin Jeanfils (1857-1948)
    Sa tombe se trouve dans la partie haute plus récentes du nouveau cimetière de Jemeppe, dit des Housseux : par la porte d'en haut, continuer tout droit dépassant aussi l'allée principale qui est sur la gauche. Et un peu plus loin, toujours sur la gauche, se trouve la tombe de Martin Jeanfils.
    Fervent Antoiniste qui après 25 ans de sépulture a été déterré et retrouvé intact le 7 août 1978. Une tombe lui a donc été concédée et il a été ré-enterré où il repose désormais.

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10205806022005221&set=p.10205806022005221&type=3

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Origine du mot ''Antoinisme''

Publié le par antoiniste

    * ANTOINISME, subst. masc.
Religion fondée par le mineur belge Louis Antoine (dont les écrits sont parus de 1905 à 1910) qui considère l'individu comme un être divin, affirme que les hommes se « réincarnent » à leur mort et fait une place importante à l'imposition des mains et à la prière pour la guérison des malades :
Du boudhisme au pythagorisme, du christianisme à l'antoinisme d'aujourd'hui, les religions reconnaissent cette réaction du physique sur le mental et l'allègement de l'esprit qu'apporte l'allègement des humeurs.
Van der Meersch, Invasion 14, 1935, p. 295.
Rem. 1re attest. 1935 supra; du nom propre Antoine, suff. -isme*.

DÉRIVÉ.
Antoiniste, adj. et subst.(Adepte) de l'antoinisme : ,,Elle abandonna une église aussi compliquée. Elle fut au temple réformé deux fois, séduite par le contraste de l'austérité et de la simplicité, s'y ennuya bientôt, rendit visite aux Antoinistes et ne retourna plus les voir ...`` (Van der Meersch, Invasion 14, 1935, p. 201). (1re attest. infra; du rad. de antoinisme*, suff. -iste*).
STAT. − Fréq. abs. littér. : Antoinisme. 1. Antoiniste. 1.
BBG. − Foi t. 1 1968. − Masson 1970.
source : http://www.cnrtl.fr/definition/antoinisme

    Il s'agit ici de la première occurrence dans un texte de la base de données de ce dictionnaire. En effet, en 1934, Pierre Debouxhtay est déjà bien familiarisé avec les mots antoinisme et antoiniste.
    Le titre "Les Vignerons du Seigneur" était encore employé en septembre 1906 (Unitif, I, 5, p.12), en octobre 1907 (Auréole, p.95, 96), en décembre 1907 (p.126). En 1912, on voyait encore au-dessus de l'entrée du temple l'inscription "Les V. du S." (Gazette de Liége, 1er juillet 1912). D'autre part, la société était, déjà à l'époque spirite, appelée "La société spirite Antoine" (Le Messager, 15 mars 1902, p.139; 15 mai 1905, p.160). C'était marquer l'influence prépondérante d'Antoine.
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.123, note 39

    A partir de 1906, dans le temple qui venait d'être construit, les séances prirent un caractère de plus en plus religieux.
    "Lorsqu'il nous faisait l'instruction à la tribune du Temple, sa sensibilité palpait tous les fluides de l'assemblée et s'il n'y en avait de contraires, Il faisait appel à notre recueillement pour les remplacer par de meilleurs qui nous ramenaient dans l'unité. Le Père s'efforçait toujours de nous faire apprécier la valeur du recueillement" (L'Unitif, III, 2, p.8).
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.137

    En 1909, parut la Révélation, Pierre Debouxhtay précise que le nom Antoine le Guérisseur fut changé en Antoine le Généreux, et cela en 1911, nous précise l'Historique du Culte Antoiniste. Mais on ne sait pas si dès 1909, Culte Antoiniste paraissait sur la couverture.
    En tout cas, en 1910, date inscrite sur le temple, figure également Culte Antoiniste. Un article du New York Times du 14 décembre, nous précise également qu'à cette époque les Antoinists sont connus sous ce nom, pratiquant l'antoinisme. En 1911-1912, tous les journaux relatent les faits concernant cette nouvelle religion, indiquant le nom entre guillemets.

    Antoine le Généreux devenait "le Père", et il n'était plus question des "Vignerons du Seigneur", dont successivement avaient disparu les cotisations, les statuts, les cérémonies, enfin la bannière où l'on eût pu voir un symbole de parti. On commençait à parler un peu partout des "Antoinistes".
        Robert Vivier, Délivrez-nous du mal
        Ed. Labor - Espace Nord, p.311

    Notons que le terme antoiniste est employé comme dérivé du nom Antoine, ainsi il existe une grande des Antoinistes à Metz, dédié à Saint-Antoine, qui fut également guérisseur. Le Théâtre Antoine de Paris donna également le dérivé antoiniste.

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Fratrie de Louis Antoine

Publié le par antoiniste

    On signale un erreur dans le nombre de frère et soeur de Louis Antoine. En effet, dans la biographie du Père au début de l'Enseignement, on dit qu'il était "le cadet de sa famille qui comptait onze enfants".
    Pierre Debouxhtay enquêta et lui trouva seulement 8 frères et soeurs, dont il donne la liste (il fait des erreurs que nous corrigeons) :
1) Marie Catherine, née le 17 décembre 1825 (mariée en 1849),
2) Jean Joseph, né le 15 octobre 1827 (habita ensuite à Saint-Nicolas),
3) Pierre Joseph Eloi, né le 5 juin 1830 (décédé le 13 février 1838),
4) Elisabeth (ou Marie Elisabeth), née le 4 mars 1833 (décédée le 6 octobre 1860),
5) Dieudonnée, né le 6 juillet 1835 (décédée le 14 août 1840),
6) Marie Joseph, 2 mars 1838 (mariée en 1861),
7) Eloy Joseph, né le 10 janvier 1841 (marié en 1866),
9) Joséphine, né le 17 juin 1843 (décédée en bas âge ?),
10) Louis Joseph, né le 8 juin 1846, le Père.

    On évoqua déjà Marie-Josèphe, qui se maria avec un membre de la famille Dor et donnera naissance notamment à Pierre Dor, le neveu prophète.
    Robert Vivier évoque très peu les autres enfants des Antoine (p.27) :
    Il regardait ses parents, son grand-père, ses frères Jean-Joseph et Eloi déjà des hommes avec leurs moustaches et ses soeurs, et surtout Marie-Josèphe blonde et légère, aux yeux d'un bleu si clair, qui avait toujours un peu l'air de supplier.

    Pierre Debouxhtay pense que sa soeur Marie-Catherine fut la marraine de Louis, car dans son acte de baptême, il est dit :
    Susceptores sunt Ludovicus Thiry ex Awirs et Maria Catharina Antoine ex Mons.

    Pierre Debouxhtay comme Jacques Cécius est d'accord pour dire qu'il y a aucune raison pour que les biographes du Père lui ajoute 2 frères et soeurs. Nous sommes d'accord là-dessus. D'autant plus que dans les extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET, on lit :
    Pourquoi le Père a-t-il voulu vérifier sa biographie ?
    "Cette chose, dit-Il, ne se fait qu'après la mort, mais j'ai trop peur des exagérations".

    Louis Antoine a donc donné son aval à cette biographie. Mais Pierre Debouxhtay met en doute la véracité de toutes les informations de cette biographie, car il y trouvera d'autres erreurs.

    Cependant, on ne voit pas de raison de grandir la famille, puisque cela ne jouera aucun rôle dans le futur de Louis. La famille était pauvre, et que cela soit 9 ou 11 enfants, même pour l'époque, c'est une famille nombreuse.

    Quelles sont les solutions qui s'offrent à nous ?
    La formule de la biographie est ambiguë : "le cadet de sa famille qui comptait onze enfants" et non "le cadet des enfants" ou "le cadet des parents". Est-ce qu'on voulait dire par là que la famille comptait 11 membres ?
    Cependant il manque encore une personne.

    Autre solution : peut-être les parents ont pris, comme plus tard les Louis et Catherine, des enfants en "nourrice". En effet, il n'était pas rare que les parrains et marraines devaient prendre en charge les orphelins. Cependant, on n'aurait certainement plus de trace de ce fait.

    Peut-être il y eut des morts-nés. Robert Vivier parle déjà de Joséphine et Dieudonné, mort en bas-âge (p.24).
    S'il n'y a pas eu de baptême, ses petites âmes n'ont-elles peut-être pas été inscrites sur les registres de la mairie.
    Un texte peut nous aider à comprendre :
En revanche le décret du 4 juillet 1806 formule le problème très différemment puisque l’officier d’état civil doit inscrire sur le registre des décès l’enfant qui lui est présenté mort avant la déclaration de naissance. Le texte entier du décret qui a été appliqué, non seulement en France mais dans tout l’Empire, mérite d’être cité en entier : Art. 1er. Lorsque le cadavre d’un enfant, dont la naissance n’a pas été enregistrée, sera présentée à l’officier de l’état civil, cet officier n’exprimera pas qu’un tel enfant est décédé, mais seulement qu’il lui a été présenté sans vie ; il recevra de plus la déclaration des témoins, touchant les noms, prénoms, qualités et demeures des père et mère de l’enfant, et la désignation des an, jour et heure auxquels l’enfant est sorti du sein de sa mère. 2. cet acte sera inscrit sur les registres de décès, sans qu’il en résulte aucun préjugé sur la question de savoir si l’enfant a eu vie ou non » (Code civil, Art. 79, Dalloz, 1909, p. 32). En complète contradiction avec les textes précédents, donc, si un enfant meurt avant la déclaration de naissance, il est enregistré comme « présenté sans vie » sur le registre des décès ; il n’est pas enregistré sur le registre des naissances ; les vrais mort-nés ne sont pas distingués des dits « faux mort-nés ».
[...]
Par ailleurs, à partir de 1850, on commence à enregistrer les fœtus de tous âges de gestation. Jacques Bertillon signale qu’on a l’âge des mort-nés depuis 1866 et « nous voyons que, dès cette époque (et antérieurement aussi sans doute) un grand nombre de mort-nés étaient déclarés qui n’avaient que 5 mois de gestation et même moins encore ».
[...]
Dans un premier temps, les statisticiens obtinrent que les mort-nés soient déduits des naissances et des décès, ce qui se fit rétrospectivement à partir de 1836. Puis ils cherchèrent à différentes reprises à faire distinguer les vrais des faux mort-nés (années 1840, puis 1907-1910). Mais ce n’est qu’en 1920 qu’une question permet de savoir si l’enfant a respiré ou non et en 1993 seulement que la France applique la recommandation de l’OMS d’enregistrer parmi les naissances tout enfant ayant manifesté un signe de vie.
source : http://www.ieg.csic.es/workshop/pdf/La%20statistique%20des%20d%C3%A9c%C3%A8s...%2012%20mai%202008.pdf
    Ainsi Martin et Catherine (ou Tatène) ont pu avoir bien 11 enfants, sans que tous ne soient inscrits dans les registres de l'état-civil. Tatène ayant porté ses enfants à leur terme devaient certainement les considérer comme ses enfants. Peut-être même ont-ils été baptisés. Jacques Cécius précise qu'en cas de force majeur, un membre de la famille pouvait procéder au baptême sans la présence même d'un prêtre, afin que l'enfant soir enterré dans le cimetière, et non dans la fosse-commune. Cependant, on vient de le voir, ces enfants ont pu être inscrits sur les registres des décès, mais non sur les registres des naissances.
    Et lors de la Toussaint, toute la famille se souvenait de ces membres de la famille, qu'on a pas eut le temps de connaître.

    Une tradition wallonne évoque encore les feux follets qui seraient les âmes d'enfants morts sans baptême. Une autre croyance annonce l'idée que les enfants morts-nés n'allaient pas au paradis, car ils n'étaient pas baptisés. Montrer le corps à Notre-Dame de Saint-Séverin de la Basilique de Saint-Martin à Liège permettait de ressusciter l'enfant le temps du baptême. (tiré de Croyances et superstitions en Wallonie, Noir Dessin Production).

    Qu'on pense encore à Montaigne (même si les parents de Louis Antoine sont de deux siècles plus tard) qui disait dans son Essai I : "Et j'en ai perdu, mais en nourrice, deux ou trois, sinon sans regret, au moins sans fâcherie. Si n'est-il guère accident qui touche plus au vif les hommes". On sait les conditions dures de la vie des ouvriers de la mine à cette époque. Peut-être Louis Antoine a confondu les enfants qui ont été élevés par ses parents.

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Comment on nomma le Père

Publié le par antoiniste

    La Revue Mensuelle de l'Enseignement du Nouveau Spiritualisme est fondé par Antoine le Guérisseur en avril 1908. En juin 1908, le titre fut modifié en Revue Mensuelle de l'Auréole de la Conscience. En juillet 1908, le titre devient Revue Mensuelle de la Révélation : L'Auréole de la Conscience. Il restera tel jusqu'à la fin de la revue.
    La plupart des articles parus dans l'Auréole se retrouvent, revus et corrigés, dans la Révélation et le Couronnement de l’œuvre révélée.

    Généralement la Révélation et le Couronnement se trouvent réunis en un seul volume, relié en toile noire ; sur le plat sont écrites en lettres blanches les indications suivantes : Culte Antoiniste. Révélation par le Père Antoine, ces derniers mots ayant remplacé Antoine le Guérisseur, ou Antoine le Généreux, figurant sur les premières éditions. Un carton collé sur la couverture de certains exemplaires porte Généreux, substitué à Guérisseur (cela vers 1911).
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.141. (Cf. également l'article sur les Dix principes)

Comment on nomma le Père

L'Enseignement de 1905, l'adepte M. H. appelle Louis Antoine "M. Antoine" puis déjà "Maître".


    Dans Délivrez-nous du mal, de Robert Vivier, p.328-29, on lit :
    Ils étaient là tous, autour de leur maître, et, tandis qu'ils penchaient la tête dans le recueillement, chacun d'eux se sentit rejoint à lui par un lien qui partait du plus secret de son cœur. Chacun l'appelait en soi-même d'un nom différent, selon la nature particulière de ce lien. Certains voyaient en lui l'homme généreux, le Bienfaiteur. Pour un Lacroix, pour un Dubois, c'était l'ami par excellence, le Frère. Pour Hollange, pour Musin, pour Deregnaucourt, pour Nihoul, pour tant d'autres, c'était le Maître qui sait la vérité. Les femmes, comme les bonnes gens du peuple, le nommaient déjà le Père. Et plus d'un adepte, écrasé par la grandeur infinie de cette minute, se tenait immobile parmi la foule, conscient de son humilité, et l'appelait à voix basse "le Seigneur".
[...]
    "Mes enfants", disait-il. Il avait donc choisi d'être appelé "le Père". Tous les adeptes comprirent. Ils sentirent du coup que c'était bien là le vrai nom qui lui convenait, tant à cause de son âge, de son aspect, que de cette égalité d'amour dont il savait envelopper tous ses fidèles. Comme un père, il ne cherchait pas à se faire aimer, il usait à l'occasion d'une rudesse bienveillante. Il songeait avant tout à leur bien, même s'ils n'y songeaient pas eux-mêmes, et il voyait devant eux, plus loin que chacun d'eux.
    - Quoi qu'il vous arrive, dit-il pour terminer, si vous pensez à moi, je serai toujours avec vous pour sanctifier votre épreuve et vous aider à surmonter votre doute.
    C'est ainsi qu'Antoine le Guérisseur, que certains avaient appelé Antoine le Généreux, devint le Père. A partir de ce jour-là il ne fit plus de différence entre tous ses fils. Bientôt il ne reçut plus aucun malade en particulier, et toutes ses opérations furent remplacées par une "opération générale", qui se faisait chacun des quatre premiers jours de la semaine, à dix heures. Il continuait à guérir, mais tous sentaient que pour lui la guérison des corps n'était plus la chose importante. On allait à ses opérations, bien plus pour le fluide d'amour que pour être guéri.

    Encore aujourd'hui, on peut précéder sa signature par un "Toujours unis dans le même fluide d'amour du Père", ou plus simplement, un "Fraternellement", remplaçant un "Cordialement". 

Comment on nomma le Père

Enseignement d'Antoine le Guérisseur et du Père, premier chapitre

    En 1929-1930, dans les publications du Culte Antoiniste, on remplaça les mots PÈRE ANTOINE par PÈRE. On fit même distribuer dans tous les temples des bandes de correction pour placer à cet effet dans les Enseignement et Développement (dans les chambres du temple de Jemeppe, on peut tomber sur un exemplaire biffé au crayon).
    Dans l'avenir, il est a souhaiter que la Révélation soit plus largement répandue et dépasse le cadre du Culte Antoiniste.
    C'est pourquoi lorsqu'on réimprimera l'Enseignement, il serait bon de faire deux livres :
le 1er : l'Enseignement, questions et réponses par le Père.
le 2e : le Couronnement.
Frère Jean-Marc Boffy, Historique du Culte Antoiniste, p.72 et 89.

    Cette réimpression est en vente dans le temple de Jemeppe, reliée par une spirale, avec une couverture vert clair.
    Régis Dericquebourg l'explique comme évolution vers un culte charismatique, qui d'Antoine le guérisseur, devient Antoine le généreux, puis maître vénéré appelé le Père. Ce culte charismatique évoluera vers un cult ensuite, un culte centralisé à Paris et Jemeppe où chaque guérisseur a son propre charisme mais témoigne sa fidélité au Père (p.143).

    Indiquons qu'il est d'usage dans certains dialectes d'appeler son grand'père "l' père" : J'ai vu l' père qui revenait avec du pain".

    Il est a noté que la version néerlandaise, qui date de l'époque de Mère très certainement, porte l'inscription : Antoinistische leer - Openbaring door Antoine den Weldoener, en français Culte Antoiniste - Révélation par Antoine le Bienfaiteur. Mais aussi dans le corps du texte, de Hervormer der Menschheid (le Réformateur de l'Humanité), Antoine den Genezer (Antoine le Guérisseur), Vader Antoine (Père Antoine), et Antoine (au lieu de Le Père) précédant ses réponses.
    Dans la biographie du Père, on le surnomme "le Régénérateur de l'Humanité", et dans l'Historique du Culte Antoiniste, on signale qu'on l'appela aussi un temps "Maître". En italien, il y a Rivelazione dei Dieci Principi di Dio dal Padre, et en allemand, on trouve : Offenbarung der zehn Prinzipien Gottes durch den Vater.

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Antoine le Guérisseur est mort (Le Progrès spirite, Juillet 1912)

Publié le par antoiniste

Antoine le Guérisseur est mort (Le Progrès spirite)

Antoine « le guérisseur » est mort

Avec lui disparaît une curieuse figure

De l'Eclaireur de l'Est (Reims)

    Bruxelles, 26 juin. — Un homme de Wallonie, un petit bourgeois, presque du peuple, est mort hier, qui avait acquis non seulement en Belgique même, mais un peu partout où il y avait des malades et des désespérés une célébrité et un crédit exceptionnels ; c'est celui qu'on appelait Antoine le Guérisseur. Il n'avait fait rien de moins que de fonder une religion, une espèce de variété de christianisme mélangé de théosophie. Il guérissait par la prière et l'imposition des mains, à la manière des Christian scientists d'Angleterre et d'Amérique.
    Peu à peu les malades de l'âme comme du corps, les incurables, les déséquilibrés, les névropathes, tous ceux que les médecins avaient abandonnés, avaient appris le chemin du petit pays de Jemmapes où Antoine avait son temple et tenait ses assises de médecine religieuse. Depuis plusieurs années, il y avait les foules de Jemmapes comme les foules de Lourdes et les « antoinistes » recrutés parmi les inquiets d'un culte nouveau et augmentés des guéris reconnaissants formaient une communauté éparse en divers lieux, mais
fort nombreuse.
    Depuis hier, le prophète et guérisseur belge n'est plus.
    Il y a quelques jours, la santé d'Antoine était devenue précaire et lundi matin un incident inattendu a encore accru les craintes de son entourage.
    Vers dix heures trente, comme il se trouvait, dans son temple, il s'affaissa subitement, frappé d'apoplexie.
    On dut le transporter chez lui où il reprit peu à peu ses sens.
    Sur ces entrefaites, un grand nombre de ses disciples, vêtus de soutanelles d'une coupe spéciale et coiffés d'immenses chapeaux, étaient accourus auprès du lit de leur maître.
    Antoine, alors proféra : « Demain quelque chose de sérieux se produira. » Puis, il ajouta d'une voix sourde : « Je désire que ma femme me succède dans mon enseignement religieux. »
    Antoine avait tardé beaucoup avant de faire sa révélation et de se déclarer l'homme de Dieu.
    Pendant nombre d'années, il était un homme comme un autre, un simple employé à la division des forges et martelage de la Société Cockerill. Il fut ensuite encaisseur à la Société anonyme des tôleries liégeoises. Puis il s'occupa d'assurances.
    Enfin vinrent la grâce, l'action publique, les prédications publiques. Antoine était alors déjà dans l'âge mûr.
    On le dit propriétaire des maisons ouvrières qui entourent son temple. D'aucuns estiment sa fortune à 80.000 francs. Quoiqu'il en soit, Antoine le Guérisseur a toujours vécu modestement.
    Au temple où il prêchait, Antoine avait adjoint une imprimerie et publiait chaque semaine un journal populaire qui tirait à plus de 20.000 exemplaires et répandait les doctrines de l'apôtre.
    Il y a quelques mois, « les antoinistes » de Belgique avait adressé aux Chambres une pétition demandant que la religion nouvelle fût reconnue par l'Etat.
    La pétition des fidèles du culte antoiniste portait cent mille signatures.
    L'oeuvre d'Antoine ne sera pas arrêtée par sa mort. Au temple, où son corps est exposé, l'affiche suivante a été apposée:

CULTE ANTOINISTE
               Frère,
     Le Conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance, que le Père vient de se désincarner aujourd'hui mardi matin 25 Juin. Avant de quitter son corps, il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous, Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine à dix heures.
    L'enterrement du Père aura lieu dimanche prochain 30 juin à trois heures.
            Le Conseil d'administration.


Le Progrès spirite. Organe de la Fédération spirite universelle
Juillet 1912, p.109
source : gallica

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