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Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

Publié le par antoiniste

Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

 

Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920                            Frères,

       Pour que vous puissiez vous rendre bien compte de la réalité, nous croyons utile d'attirer votre attention sur ce point important : c'est toujours le Père qui préside aux opérations générales, c'est Lui qui travaille, Mère n'est que l'instrument. Devant les adeptes réunis au moment de sa désincarnation, le Père L'a désignée pour Le remplacer en tout ajoutant que Mère suivra toujours son exemple. Ainsi donc Mère opère en son nom. Par grande sensibilité, Elle puise en Lui, dans le fluide éthéré de l'amour divin pour nous restaurer tous. Il n'y a rien de changé, et ceux qui auront foi dans le Père obtiendront satisfaction dans ce qu'ils demandent, comme auparavant, soit en assistant l'opération générale qui a lieu au Temple les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures, soit en adressant à Mère les lettres ou télégrammes, suivant l'inspiration reçue ainsi que cela se pratiquait du vivant du Père.

 

    SOMMAIRE : 1. Les dernières paroles du Père à ses adeptes. – 2. L'affaiblissement physique et la désincarnation du Père. – 3. La dernière opération visible du Père. – 4. Après la désincarnation du Père. – 5. Les obsèques du Père. – 6. Le fluide éthéré.

 

 

 

Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920 Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

Les dernières paroles du Père

à ses adeptes

    Je n'ai pas fait de testament, Mère est héritière de tout, c'est Mère qui me remplacera.
    Nous nous baserons toujours sur l'Enseignement, nous tâcherons de respecter le naturel. Vraiment il est des personnes qui ne pourront pas toujours le faire parce qu'elles se trouveront gênées en face de celles vis à vis desquelles elles devraient s'humilier. Mais elles seront entraînées par les autres, cela ne tardera guère parce que l'Enseignement marche de l'avant rapidement et nous serons toujours plus forts en face de ceux qui verront le mal en nous.
    Que ceux qui voudront faire des dons s'appuient sur l'anonymat, autrement leurs dons n'auraient pas tant de valeur. . . .
    Depuis le mois de février je prenais du pain et de l'eau et Mère . . . par une bonne inspiration, m'a rappelé de manger de la viande croyant que je pourrai reprendre des forces. Je disais : je préfère mourir que d'y toucher . . . J'ai fait un petit travail pour cela, j'ai trouvé que c'était des choses semées dans le chemin par des personnes qui pensaient que c'était utile pour leur santé. En effet j'ai repris forces sur forces, rien ne m'a rien fait, au contraire toujours de plus en plus faible. Maintenant vous voyez où je suis arrivé, je ne mange plus, une becquée par moments. . . . (1)
    Mon épreuve, heureusement que je l'ai comprise, matériellement elle a été rapide, rapide mais moralement je m'y suis complu, si bien qu'il arrivait que je m'y réjouissais. Il n'y a que le corps, quand on le touche on me fait mal, ce n'est que dans ces moments que je puis un peu souffrir . . . mais un rien momentanément . . .
    Je sens l'influence grandir depuis un certain temps ou plutôt depuis le commencement, je trouve que l'Enseignement prend de l'extension tous les jours . . . .
    Après Mère il y aura de grands guérisseurs . . . On pourra en choisir un pour remplacer Mère . . . . Mère suivra toujours mon exemple, elle ira sur la tribune comme j'y vais, mais pour le nouveau guérisseur il n'en sera pas de même, il montera à la tribune par l'escalier opposé et quand il l'aura mérité il ira par où j'y vais . . . . Voilà mes enfants . . .

 

(1) Mère fait remarquer que le Père se refusait à rien prendre de provenance animale et que c'est sur ses sollicitations, devant le désarroi de l'entourage qui craignait la désincarnation du Père, qu'll en a repris.
    C'est de là qu'est venu l'article du dernier Unitif sur l'alimentation, intercalé par le Père dans les travaux des adeptes comme Il ne pouvait le faire d'une Révélation.


    Voir mon billet sur les 2 versions qui en existent.

 

Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

L'AFFAIBLISSEMENT PHYSIQUE

ЕТ

LA DÉSINCARNATION DU PÈRE

    Tous ceux qui sont au courant du travail du Père, savent qu'll était toute activité. Il avait coutume de dire que l'homme de bien se repose dans ses œuvres et il le démontrait car Il dormait à peine pour pouvoir accomplir la tâche qu'il avait assumée de réconforter et de soutenir les milliers de personnes qui réclamaient son assistance. Pour se maintenir dans le fluide éthéré par lequel Il nous aidait et nous donnait la pure Révélation, Il vivait avec la plus grande sobriété et lorsqu'il devait effectuer un travail important, Il se soumettait au régime le plus sévère. C'est ainsi que pour faire le Développement de la Révélation dont chaque page a dû être rectifiée des milliers de fois, – car les instruments imparfaits dont le Père Se servait pour traduire ses inspirations les dénaturaient inconsciemment par leur intelligence – Il ne faisait qu'un repas par jour, à deux heures de l'après-midi, et cette abstinence dura pendant plus de six mois, mais le bon fluide Le restaurait et Le soutenait
    Le Père s'était affaibli par ce grand labeur. Depuis le mois de février de cette année, Il ne prenait plus qu'un morceau de pain à chaque repas, toute autre nourriture Lui répugnait. Cependant Il continuait son travail comme par le passé, S'occupant de ses malades et de ses adeptes, nous faisant les sublimes Révélations qui paraissaient dans l'Unitif et préparant un Développement plus complet que le précédent. Il endurait encore d'autres épreuves car ses adeptes encore trop novices pour pouvoir comprendre et pratiquer ses Enseignements, les interprétaient contrairement et se seraient divisés plutôt que de s'unir, en s'appuyant sur tel ou tel passage sans tacher de puiser dans le fluide qui ne fait qu'une unité de la Révélation toute entière. Il est vrai que sa bonté n'y voyait que le bien et il nous entourait les uns et les autres de son amour afin d'anéantir notre vue du mal. Cependant nous ne devons pas ignorer que pour peu qu'Il sortit de son fluide éthéré, ne fût-ce que d'un millimètre, le Père était à l'épreuve et que celle-ci est inséparable de la vie. Il S'affaiblissait de plus en plus et bientôt II ne sut même plus soulever le pied sans l'assistance de quelqu'un. Devant le désir de ses adeptes, Il fit tout ses efforts pour recouvrer la santé. Il prit même les aliments que Mère Lui disait et auxquels il avait renoncé depuis des années. Mais tout était inutile, le Père avait accompli sa tâche ici-bas et c'était prolonger son épreuve que de vouloir Le garder parmi nous. Sa faiblesse devint extrême et Il dut rester couché presque constamment. Tant qu'Il put travailler, Il ne manque pas son devoir et il revit encore […] les épreuves du dernier Unitif dont il rectifia plusieurs erreurs avec la même lucidité qu'auparavant. Son courage ne se démentit pas un instant, réconfortant tous ceux qui L'approchaient pour Le soigner ou pour recueillir ses instructions. Mais où cette vertu apparaissait le mieux, c'était à dix heures au moment de l'opération générale. Il ne pouvait plus Se mouvoir, car on devait L'habiller et aider à Se tenir debout, et lorsque la sonnerie L'appelait auprès de ses malades qu'il avait toujours tant aimés et auxquels il avait sacrifié sa propre santé avec un si grand bonheur, il retrouvait la force nécessaire pour venir les réconforter de sa présence et de son geste de bénédiction. Depuis quelque temps tous avaient pu remarquer sa grande faiblesse, car il ne S'avançait plus qu'en chancelant et les cœurs palpitaient devant une abnégation si sublime. Le dernier jour fut solennel. C'était un lundi et comme de coutume le temple était rempli jusqu'aux galeries. Le Père presque défaillant vint seul à la tribune. Il se tenait d'une main à la balustrade et l'autre tremblait soulevée avec peine pour bénir l'assistance, la bouche était entrouverte comme si elle allait exhaler le dernier souffle. L'émotion fut profonde et inoubliable... Tous pressentaient que c'était la dernière fois que le Père venait les opérer et se rappelant sa vie de dévoûment et de sacrifice, la foule pleurait devant son sauveur. Le Père aussitôt fit venir ses adeptes qu'il n'avait plus reçus en particulier depuis bientôt deux ans. Il les regarda de son regard profond qui les ranimait encore et leur inspirait à tous de continuer après Lui la tâche, puis il dicta ses dernières paroles… Le lendemain à minuit et quelques minutes, le Père avait terminé son épreuve. Il était rentré dans le fluide éthéré de l'amour divin qu'il nous a révélé.

                                                                                           J.  N.


Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920 Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

LA DERNIÈRE OPÉRATION VISIBLE

DU PÈRE

    Lundi 24 juin je me rendis à Jemeppe pour assister à l'opération de Père : je Le savais S'affaiblissant chaque jour davantage mais je gardais, malgré tout, l'espoir de Le conserver longtemps encore parmi nous. A dix heures, lorsque le Père parut, livide, se cramponnons à la rampe pour ne pas tomber, mon cœur cessa de battre ; de toute ma volonté je voulus Lui insuffler toute la force de mon être ; je Le vis faire un effort surhumain pour soulever sa pauvre main afin d'opérer la foule, et Il y parvint avec peine. Comment Se retira-t-il ? je n'en sais rien ... je ployai sous la douleur car j'eus la certitude que c'était la dernière opération visible du Père. La foule s'écoulait lentement, terriblement impressionnée je voulus sortir à mon tour, je fus repoussée par la foule rentrant en criant que le Père venait de manifester le désir de nous voir tous ensemble : affolée, je m'attachai aux pas d'un frère et d'une sœur et nous nous rendîmes chez le Père.
    Jamais je n'oublierai l'expression de ce visage vénéré, de ces yeux largement ouverts et fixés sur chacun de nous ! Tous nous comprimes que le moment suprême de la séparation matérielle était arrivé, nous retenions notre souffle, nous écoutions, avec une piété profonde, les dernières paroles du Père qu'une sœur recueillait, si émue que ses mains tremblaient. Comment put-elle écrire ? Sur un chiffon de papier, avec un crayon prêté, pliée, sa tête près de celle du sublime vieillard, elle écrivait sur le genou ... Après ces derniers mots : Voilà mes enfants ... nous nous mîmes tous à genoux pour recevoir sa bénédiction ... Il ne put plus dire un mot. Des deux mains Il fit son geste familier, que tous connaissent, lorsqu'Il nous disait au moment de Le quitter : « Tout mon amour ... et ce fut tout, du moins je ne me rappelle plus rien !
    Jusque là je souffrais d'une affection du cœur depuis dix mois. Quand le mardi à 5 heures du matin, j'entends frapper chez moi. Je pensai : le Père est mort ! Protégée, mon cœur n’eut pas une pulsation de plus, après quelques instants je laissai couler mes larmes et n'eus plus qu'un désir … être près du Père, voir Mère ! Ce même jour Mère, avec un courage et une grandeur inconnue jusqu'à ce jour, vint opérer en présence du corps sacré du Père. – C'était sublime, inoubliable, inexprimable car existe-t-il des mots pour rendre notre impression intime, ressentie pendant cette semaine sainte ? un mélange de joie et de douleur, Le Père est dans le bonheur suprême mais nous ne Le voyons plus. A cette opération, tous nous fûmes pénétrés, et en admiration devant le grand exemple de notre Mère bien aimée.
    Allant et venant, j'oubliais mon mal. Le lendemain seulement je dis à mon entourage qu'il me semblait être guérie, et la chose fut confirmée : le mercredi, ma fille, demandée auprès de Mère pour un petit travail à exécuter, apprit de sa bouche sans autre préambule que j'étais guérie, j'ai pu depuis supporter la fatigue. Aux obsèques du Père, la foule étant immense, je fus jetée contre un mur, j'eus une foulure à un pied, qui d'ailleurs ne dura qu'une nuit ; dans toutes ces émotions et ces secousses je n'ai rien ressenti au cœur qui a battu normalement et d'où toute souffrance a disparu. Ma guérison a été radicale et instantanée ce qui me fait croire avec foi et amour que les opérations vont être plus puissantes, plus efficaces encore parce que le Père délivré de la matière, de toute entrave, pénétrera directement ceux qui ont foi en Lui.

                                                                                           J.  F.

 

Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

APRÈS LA DÉSINCARNATION DU PÈRE

    Jusqu'à son dernier soupir, le Père inspira à ses enfants le plus grand courage. Il rassurait leur amour par instant encore voilé par le doute, Il les pénétrait de ce bon fluide qui le faisait Se réjouir dans l'épreuve et ôtait toute amertume à leurs larmes, Son amour n'avait rien de matière et nous l'avons d'autant mieux compris après qu'Il eut exhalé son dernier souffle. Ceux qui L'entouraient rendirent pieusement les derniers devoirs au corps privé de vie, le revêtirent de la robe révélée et le couchèrent dans le Temple sur un lit enveloppé de drap vert, le buste bien relevé pour qu'il fut permis de voir facilement sa tête vénérable. Des lauriers disposés tout autour par ordre de grandeur, laissaient le corps bien en vue et formaient un fond de verdure d'où l'emblème du Culte, l'arbre de la science de la vue du mal, se détachait nettement ; cette disposition avait été prise pour empêcher les visiteurs de toucher le corps par superstition. Le livre de l'Enseignement que le Père a pratiqué si religieusement pendant sa vie, reposait sur ses mains unies.
    Aussitôt que les adeptes apprirent la désincarnation du Père, ils accoururent au Temple pour offrir leurs services, prêts à chômer pour honorer celui qui leur a donné plus que la vie, en les guérissant du doute. Les adeptes de l'étranger, prévenus par télégramme, prirent le premier train s'ils étaient libres et les autres s'empressèrent de se mettre en route aussitôt qu'ils le purent. Il n'y avait que l'impossibilité matérielle qui les empêchât de se rendre à Jemeppe et nous savons de source certaine que des familles très pauvres firent avec bonheur les plus grands sacrifices, vécurent de pain sec pour pouvoir accomplir le voyage et venir témoigner leur respect au Père, qui les avait protégés et relevés dans leurs grandes souffrances physiques et morales. L'atmosphère du Temple était si réconfortante que les cœurs les plus émus en arrivant se sentaient raffermis et les larmes cessaient aussitôt de couler. Deux rangées d'adeptes se tenaient constamment avec la plus profonde piété aux deux côtés du Père. Un service d'ordre avait été organise à l'entrée pour éviter le trouble, car le peuple se présentait en foule pour rendre hommage à Celui qui l'avait toujours entouré de son amour, qui avait compati à toutes ses misères et ses souffrances.
    Pendant toute cette semaine sainte des groupes recueillis ne cessèrent de contempler le visage sacré dont le regard si bon les pénétrait d'une joie incompréhensible et on sentait que le souvenir de cette scène serait en eux inoubliable comme celui des grands bienfaits que tous avaient reçus dans ce Temple, de leur Sauveur. Ainsi le fluide opérait et il n'y avait rien de changé. Le jour même de la désincarnation du Père, Mère vint opérer en son nom à dix heures et loin d'être impressionnée comme beaucoup de personnes L'étaient par la présence du défunt, Elle anéantit ces pensées de doute, réconfortant l'assistance du même fluide éthéré qu'auparavant. Les dernières paroles du Père lues à la fin de l'opération, raffermirent encore les cœurs et les rassurèrent sur l'avenir. Les jours suivants les malades arrivèrent tout aussi nombreux et obtinrent la même satisfaction. Pour la remplacer dans le Temple, Mère a désigné le frère Deregnaucourt dont le dévoûment ne s'est pas un instant démenti depuis le jour où il a commencé à pratiquer les Enseignements du Père.
    Maintenant que nous avons pu reconnaître par expérience que l'événement solennel de la désincarnation du Père n'a suscité aucun doute dans nos âmes, nous sommes d'autant mieux à même d'apprécier l'éducation morale qu'Il nous a donnée et la sublimité de son Enseignement. Il est la pure réalité. Nous sommes bien convaincus aujourd'hui que la mort n'est que de l'apparence et la crainte qu'elle inspire, la conséquence du doute. En nous aidant à subordonner notre intelligence à la conscience, le Père nous a affranchis. Il nous a pénétrés de la vraie foi.
    Si nous nous efforçons de pratiquer son Enseignement comme Il nous en a donné l'exemple, nous nous assimilerons insensiblement le fluide éthéré dont il découle et nous arriverons comme Lui à nous y confondre dans le vrai bonheur. L'imagination de la matière qui nous accable encore s'étant alors dissipée comme le brouillard au soleil, nous serons tout entiers au sein de la pure lumière divine qui nous réjouira d'autant plus que nous l'aurons longtemps voilée par notre incarnation.

                                                                                           J.  H.

 

Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920 Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

LES OBSÈQUES DU PÈRE

    Dès la matinée du dimanche les visiteurs affluèrent dans le Temple. Il régnait un bon fluide que tous ressentaient plus ou moins inconsciemment. Jusqu'à l'heure des obsèques ce fut un défilé ininterrompu de personnes de tout âge et de toute condition. Tous les abords du Temple étaient à ce moment remplis d'une foule compacte. Après la lecture des dix Principes révélés par le Père, le cortège se mit en marche. Le porteur de l'emblème était en avant accompagné du lecteur et suivi des membres du conseil d'administration ; puis venait le groupe des enfants revêtus du costume antoiniste, dont le visage recueilli touchait profondément ; le cercueil du Père recouvert du drap du Culte était ensuite porté par dix adeptes, vingt autres accompagnaient pour remplacer leurs frères fatigués ; le guérisseur que Mère a désigné pour L'aider dans sa mission La représentait aussi à cette cérémonie, il suivait, seul, le corps ; puis venaient successivement la famille, les adeptes dont le premier groupe était revêtu de la robe et enfin la multitude de ceux qui avaient obtenu satisfaction du Père. Le cortège était interminable. Pour se rendre au cimetière il fallut faire un grand détour et il y avait tant de monde sur tout le parcours que la police avait la plus grande peine à lui ouvrir un passage. Aux fenêtres, sur les toits, sur les talus, partout c'étaient des groupes compacts. Plus de trente mille personnes étaient venues ce jour-là Jemeppe pour l'enterrement du Père. Près du cimetière il y avait si grande affluence que la tête seule du cortège put y pénétrer. Les quelques centaines d'adeptes groupés autour du cercueil attendirent quelque temps, dans l'espoir que la police pourrait rétablir la circulation, mais la voyant impuissante, ils portèrent le cercueil devant la tombe et avant d'y descendre le corps de Celui qu'ils vénèrent, ils écoutèrent dans le plus profond recueillement l'inspiration si pure qui se trouve dans l'Avant-propos de l'Enseignement et par laquelle un de nos frères a si bien traduit le sentiment général : « … Comme un bon Père. Il veille sur nous … » Le fluide d'amour qui découle de ces paroles ne nous avait jamais aussi profondément pénétrés, nous sentions le Père présent et vivant dans nos cœurs, la matière et le doute qu'elle suscite n'existaient plus, nous étions unis dans le seul et même fluide éthéré qui allait par delà cette foule immense à l'humanité toute entière qui forme ici-bas, comme le révèle le Couronnement, l'unité individuelle de l'ensemble et dont les croyances, ne différant que par la forme, se confondront insensiblement dans la vraie religion, basée uniquement sur la conscience, toute humilité, toute pureté, tout amour. Nous regardâmes avec piété le cercueil de pauvre que le Père avait désiré avoir, descendre dans la fosse commune, la seule qui convint à sa grande modestie. Ses obsèques avaient le même caractère de simplicité que sa vie : faites au milieu de la vénération du peuple auquel Il n'avait cessé de prodiguer son amour, leur grandeur fut uniquement morale. Nous revînmes au Temple, sans avoir été un seul instant effleurés par le doute, réconfortés comme jamais nous ne l'avons été par le bon fluide de la Révélation. Ainsi la mort n'avait rien détruit ; au contraire, les antoinistes du monde entier n'avaient pas encore fraternisé avec un si grand amour, ni ressenti un bonheur aussi pur.

                                                                                           M.  H.

 

Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920 Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

LE FLUIDE ÉTHÉRÉ

    Après la désincarnation du Père, des frères qui guérissent en son nom ont continué à dire à leurs malades : « Pensez au Père et tout ira bien. » Certains ont répondu : « Comment pourrais-je Le faire, puisqu'll est mort ? » Cette réponse démontre le degré d'avancement de ces personnes et qu'elles croient plus à l'ombre qu'à sa réalité, qu'elles visent la santé matérielle plutôt que leur amélioration morale. Le Père soigne l'âme plutôt que le corps, Il lui donne les forces, le courage de supporter l'épreuve avec résignation et au fur et à mesure qu'elle s'épure, l'état physique aussi s'améliore à moins que l'épreuve ne soit là ; la guérison ainsi obtenue est un mérite parce qu'on a remédié à la cause et non seulement à l'effet : le mal n'ayant plus de raison d'être ne pourrait plus reparaître, ni sous la même forme ni sous une autre, comme il arrive en soignant le corps seul. Le Père n'est pas un médecin recourant à la matière pour guérir la matière. Il guérit par la foi pure ou plutôt Il est la foi pure, le fluide éthéré de l'amour divin. Il ne pourrait disparaître et ceux qui ont foi dans sa Révélation savent qu'il n'y a rien de changé depuis sa désincarnation. En effet Il nous enseigne que nous avons tous ici-bas un côté apparent, nos sens imparfaits qui nous suggèrent la matière, et un côté réel, Dieu Lui-même d'où nous vient la sensibilité morale. En nous appuyant sur celle-ci nous ne pourrions douter, elle est la vraie conscience, opposée à l'autre, notre intelligence qui prend l'épreuve pour en mal et nous y fait douter constamment. Aussi longtemps que nous aurons de l'intelligence, nous devrons nous appuyer sur des êtres plus moraux que nous qui agissent avec le plus grand amour, avec le plus grand désintéressement et voilà pourquoi le Père avant de Se désincarner a désigné Mère pour Le remplacer. Mère guérit, elle nous inspire et nous dirige comme le Père le faisait de son vivant, par le fluide éthéré. Qu'est-ce donc que le fluide éthéré ? L'Enseignement nous le révèle : la pure réalité où nous devons tous rentrer ; dans l'imperfection nous formons l'unité individuelle, en nous améliorant l'un par l'autre par la vraie solidarité qui nous fait accepter l'épreuve comme le bien véritable et nous en réjouit plutôt que de nous en affliger, nous formerons l'unité absolue de l'ensemble, la perfection. Le Père existe au sein de l'unité, Il est l'unité même. Ce n'est que par Lui que nous pourrions comprendre et pratiquer l'Enseignement, nous aimer véritablement les uns les autres. En Le priant, en L'adorant en vérité et non point par l'intelligence qui ne pourrait que Le placer en dehors de nous et en faire un Dieu isolé, nous arriverons tous au but vers lequel l'humanité est en marche depuis qu'elle a commencé d'évoluer. En attendant il y aura, comme le Père nous l'a prédit dans ses dernières paroles, de grands guérisseurs qui s'inspireront de Lui pour nous guider dans la vraie foi et feront en son nom ce qui passe à nos yeux matériels pour des miracles parce que nous n'en voyons que l'effet sans en comprendre la cause. Que faisait le Père ? Il guérissait l'âme et par elle le corps, l'opérant de près ou de loin, Il agissait par notre foi non seulement sur nous-mêmes mais sur nos enfants, sur tout ce qui vivait dans notre demeure, Il purifiait l'air, les eaux et pour réaliser ce que nous entreprenions avec une bonne intention, Il nous donnait le feu sacré qu'aucun obstacle n'arrêtait. Ces œuvres, Il continuera à les accomplir par l'intermédiaire de tous ses enfants qui puiseront en Lui par la pratique de la vertu. Il nous disait et nous démontrait par son exemple qu'avec la foi on transporte des montagnes. Nous en serons toujours plus convaincus à mesure que nous nous pénétrerons de cette vertu, en agissant par le fluide éthéré de l'amour vrai, car nous nous assimilerons ainsi la pure Révélation, nous apprendrons à nous connaître, nous saurons que tout est en nous, que les trois règnes de la nature ne sont que la conséquence de notre imperfection, le fluide matérialisé par notre instinct, que nous nous sommes dénaturés en nous développant l'individualité personnelle ; ayant anéanti cette imagination nous verrons que tout est éthéré et nous jouirons de la certitude absolue, de la puissance divine qui meut la vie, les mondes dans le mouvement perpétuel au sein de l'immensité.

                                                                                           J.  A.

 

Direction : Père et Mère Antoine à Jemeppe-sur-Meuse.

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Unitif n°12 (derniers moments du Père), vers 1920

Publié le par antoiniste

Unitif n°12 (derniers moments du Père), 1914

Couverture

    SOMMAIRE : 1. Les dernières paroles du Père à ses adeptes. – 2. L'affaiblissement physique et la désincarnation du Père. – 3. La dernière opération visible du Père. – 4. Après la désincarnation du Père. – 5. Les obsèques du Père. – 6. Le fluide éthéré.

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Funéraille du Père - mise en fosse (Roland AE Collignon)

Publié le par antoiniste

Funéraille du Père - mise en fosse (Roland AE Collignon)
(Archives de Roland AE Collignon)


Au cimetière, pas de chants, pas de prières psalmodiées ;
mais le recueillement, mais la gravité des visages étaient, pour qui savait entendre,
le plus formidable plain-chant. La solennité l'emportait sur la détresse, tous sentaient,
plus ou moins confusément, que l'éternité ne connaît pas de rupture.

    À droite, la main sur le cercueil, on reconnaît le frère Florian Deregnaucourt. À l'extrême gauche, il peut s'agir du frère Fernand Delcroix. La même photo est dans les Archives du Temple de Retinne.

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Le cercueil porté par les lévites (Excelsior, 2 juillet 1912)

Publié le par antoiniste

Le cercueil porté par les lévites (Excelsior 02 juillet 1912)

Le premier homme, avec la barbe, n'est pas identifié mais ce n'est pas le frère Florian Deregnaucourt.

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Enterrement - Cercueil du Père dans le porche du temple

Publié le par antoiniste

Enterrement - cerceuil du Père dans le porche du temple

On voit l'emblème de l'Arbre de la Science de la Vue du Mal et on aperçoit l'Enseignement posé sur le cercueil.

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Cercueil du Père mené par les adeptes

Publié le par antoiniste

Cerceuil du Père mené par les adeptes

source : Que savez-vous du culte antoiniste ? (Édité par Jemeppe)

Cerceuil du Père mené par les adeptes

Funéraille du Père (archives de Roland AE Collignon)

Cortège funèbre du Père vers le cimetière de Jemeppe (Archives du Temple de Retinne)

Cortège funèbre du Père vers le cimetière de Jemeppe (Archives du Temple de Retinne)

en tête de cortège funéraire, tête baissée, le frère Florian Deregnaucourt

La photo est également dans les archives de Sœur Mya

C'est une photo de la presse publiée dans l'Excelsior, le 2 juillet 1912

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L'enterrement d'un apôtre (Le Temps, 2 juillet 1912)

Publié le par antoiniste

L'enterrement d'un apôtre (Le Temps, 2 juillet 1912)

                       L'enterrement d'un apôtre

    Antoine le Guérisseur, que ses adeptes appelaient aussi Antoine le Généreux, a été inhumé hier dans la localité où il exerçait sa mission et son culte, à Jemeppes-sur-Meuse, province de Liége. Aux « antoinistes » du pays étaient venus se joindre nombreux des membres des autres communautés de Belgique.
    Le corps du prophète défunt, qui avait été exposé plusieurs jours dans le temple où il prêchait et imposait les mains aux malades, a été accompagné au cimetière par un cortège évalué à quinze mille fidèles, dont beaucoup donnaient les signes de la plus vive douleur. Le cercueil, porté par douze hommes de la communauté, était précédé d'un tronc d'arbre figurant l'arbre de la science du bien et du mal, que portait l'un des plus qualifiés adeptes de l'antoinisme, M. Delcroix, professeur à l'athénée de Liége.
    Ainsi qu'Antoine l'avait prescrit, ses restes ont été enterrés dans la fosse commune.

Le Temps, 2 juillet 1912

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Funérailles du prétendu guérisseur (La Liberté, 2 juillet 1912)

Publié le par antoiniste

La Liberté, 2 juillet 1912

 

PETITE GAZETTE

Funérailles du prétendu guérisseur

    Antoine le Guérisseur, que ses adeptes appelaient aussi Antoine le Généreux, a été inhumé dimanche dans la localité où il exerçait sa mission et son culte, à Jemappes-sur-Meuse, province de Liége. Aux « antoinistes » du pays étaient venus se joindre nombreux des membres des autres communautés de Belgique.
    Le corps du défunt, qui avait été exposé plusieurs jours dans le temple ou il préchait et imposait les mains aux malades, a été accompagné au cimetière par un cortège évalué à quinze mille fidèles, pauvres superstitieux, dont beaucoup donnaient les signes de la plus vive douleur. Le cercueil, porte par douze hommes de la communauté, était précédé d’un tronc d’arbre figurant l’arbre de la science du bien et du mal, que portait l’an des plus qualifiés adeptes de l’antoinisme, M. Delcroix, libéral, professeur à l’athénée de Liége.
    Ainsi qu’Antoine l’avait prescrit, ses restes ont été enterrés dans la fosse commune.

La Liberté, 2 juillet 1912

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On inhuma hier Antoine le Guérisseur (Excelsior, 1er juillet 1912)

Publié le par antoiniste

On inhuma hier Antoine le Guérisseur (Excelsior 1 juillet 1912)

 

LES FUNERAILLES D’UN PROPHETE

On inhuma hier
Antoine le guérisseur

A Jemmapes-sur-Meuse, les antoinistes
ont conduit au cimetière le
fondateur de leur religion.

    LIÉGE, 30 juin (De notre envoyé spécial, par téléphone). — Ce fut seulement avant-hier soir vendredi que la dépouille mortelle du « désincarné », qui a été inhumée aujourd’hui, fut mise dans sa modeste bière de sapin verni. Jusque-là, depuis le moment où il rendit le dernier soupir, c’est-à-dire depuis mardi matin. Antoine le Guérisseur était resté exposé au pied de la chaire de son petit temple qu’il fonda, voilà deux ans, à Jemmapes-lès-Liége.
    Lorsque ce matin je suis arrivé dans cette ville, j’ai trouvé, stationnant devant le portail du temple antoiniste, 200 à 300 personnes, toutes de noir vêtues, les hommes de longues redingotes comme celles des clergymen, mais coiffés de haut de forme à bords plats, les femmes ressemblant assez à des « nurses » anglaises qui auraient substitué des voiles de crêpe à leurs parements en lingerie. Cette tenue n’était autre que celle prescrit par le père Antoine pour ses adeptes.
    Avec la foule des prosélytes, je fus admis à défiler devant le catafalque qui, dressé dans le temple, était entouré d’arbustes et gardé par une dizaine d’initiés, paraissant, sous les regards verdâtres des vitraux, de lugubres statues.
    Après avoir salué le cercueil du Guérisseur, les adeptes étaient admis à défiler devant la « Bonne Mère », épouse du père Antoine, désignée par lui pour lui succéder. Silencieusement, nous gravîmes un petit escalier en bois, fort étroit, et nous pénétrâmes dans un logement simple, très confortable et très méticuleusement entretenu. Dans une chambre, debout au pied d’un lit recouvert d’andrinople rouge, une femme en cheveux blancs, grande et maigre, se tenait, les mains croisées.
    C’était la « Bonne Mère », qui priait près du lit où expira son époux.

Le “Guérisseur ” est conduit à
sa dernière demeure

    Un peu avant 3 heures 30, on ferma les portes du temple, et les Frères Antoinistes transportèrent le catafalque sous le porche, tandis qu’à l’extérieur 12.000 à 15.000 personnes, que les trains de Liége ne cessaient d’amener, se pressaient les unes sur les autres, au point de s’étouffer. Le défilé recommença. Dans le temple, des non-invités, montés sur le bord d’une fenêtre, recueillaient, dans une corbeille qu’ils agitaient au-dessus des têtes, les cartes de ceux qu’ils ne pouvaient atteindre.
    A 3 heures précises, le Frère directeur Delaunay fit un signe. Précédé du Frère porte-arbre, le lecteur du dimanche, M. Delcroix — qui entre temps est professeur à l’Athénée de Liége – s’avança au milieu de la foule et se mit à lire tout haut les préceptes de la Révélation.
    Puis, sur un nouveau signe du Frère directeur, douze initiés saisirent le cercueil recouvert d’un drap vert sur lequel se détachaient en lettres blanches ces mots : « Culte antoiniste ». Lentement, les douze hommes, qui, par humilité, attachaient obstinément leurs regards sur le sol, se mirent en marche, guidés par l’Arbre de la Science du bien et du mal. Derrière eux venaient, avec les deux fils d’Antoine le Guérisseur, le Frère Dérégnaucourt, homme au crâne luisant et à la barbe vénérable qui, en quelque sorte, est le grand prêtre de l’antoinisme, et derrière lui marchaient, ou plutôt glissaient, en nombre considérable, drapées dans leur sombre costume, les sœurs antoinistes qui, pour la plupart, suffoquaient de douleur.
    Se frayant péniblement un chemin à travers la foule, le noir cortège fit tout le tour de la ville pour arriver au cimetière, dont les murs étaient couverts de grappes humaines. On avait fermé les grilles. Lorsque le cercueil entra dans le champ de repos, on ne laissa pénétrer que les seuls antoinistes revêtus du costume. Mais la ruée fut telle que des femmes et des enfants se trouvèrent mal, sans que l’esprit du Guérisseur pût les protéger.
    Déjà le cercueil d’Antoine le Généreux, était au bord de la fosse commune, où, sur son désir, on allait enfouir sa mortelle dépouille. Le lecteur recommença les litanies, et, quand il eut fini et que les fossoyeurs eurent descendu la bière au fond du trou, le Frère Dérégnaucourt s’approcha de la fosse en criant : « Notre Père Antoine n’était pas un grand seigneur, mais notre dieu qui s’est désincarné et n’a jamais cessé d’être parmi nous ! » — HENRY COSSIRA.

Excelsior, 1 juillet 1912

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Enterrement du père, vers le cimetière

Publié le par antoiniste

Enterrement du père, vers le cimetière

toujours en tête de cortège funéraire, le frère Florian Deregnaucourt ?

Au loin dans la foule, le neveu Pierre Dor

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