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robert vivier

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Mort de son fils

Publié le par antoiniste

    Et c'était bien d'amour qu'il était question ici. C'était l'amour qui avait entraîné le coeur d'Antoine, à la suite de son fils que la mort éloignait, dans les régions au-delà de la frontière effrayante. L'amour lui avait enseigné que son fils n'était plus dans ce corps, dans cette dépouille, ni ravi non plus dans on ne sait quelle immortalité à jamais séparée de notre monde, mais qu'il viviat encore vraiment, lui, l'être apparu dans la maison de Hamborn et baptisé du nom de Louis, l'enfant qui, par un soir d'été, en revenant de Mons, s'était plaint de ses souliers neufs. Il viviat encore, parce que rien de ce qui a réçu la vie de l'âme et a été aimé comme tel ne peut mourir. Et vivant, il continuait à aimer ses parents terrestes, il sentait qu'on l'aimait, qu'on ne l'oubliait pas, il éprouvait la tiédeur d'une pensée fidèle ainsi que de mains qui vous touchent les joues et les épaules.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.220

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Spirite

Publié le par antoiniste

    Une lampe à la main, il les fit passer dans sa salle à manger. La table à quatre pieds leur parut trop lourde, et Gony alla chercher un guéridon qui se trouvait en haut, dans la chambre à coucher. Ils s'assirent et posèrent leurs mains sur le bois. C'était un geste qu'ils connaissaient bien, mais il y avait déjà deux grands mois qu'ils ne l'avaient plus refait, et ils se sentaient émus. Gony avait baissé la mèche de la lampe, qu'il avait placée sur le haut du buffet, si bien qu'une ombre oblique traversait la pièce et qu'ils se trouvaient dans une demi-obscurité, tandis que le mur opposé et le plafond étaient comme embués d'une lumière rougeâtre. On entendait la mèche de la lampe crépiter irrégulièrement. Dans la lumière trouble, à chaque instant tel ou tel objet avait l'air de bouger, et tout était comme saupoudré d'un peu de fièvre.
    Ils n'attendirent pas longtemps. Le léger meuble se soulevait déjà.
    Le coeur d'Antoine battit : était-ce lui le médium ? Sa voix trembla légèrement, tandis qu'il interrogeait  l'esprit selon le rite.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.173

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Les adeptes

Publié le par antoiniste

    Dans la salle au premier rang du public, s'étaient placés les adeptes : Debroux, Foccroule, Deregnaucourt, Hollange, Nihoul, et M. Delcroix, le professeur, avec son col blanc et sa jaquette noire, - tous les fidèles Vignerons (Pierre Dor manquait, - il avait abandonné Antoine pour suivre son propore chemin). Parmi eux étaient les femmes ; Mme Antoine, toute menue, toute grise, Mme Guillaume, Mmes Nihoul, Desart, Deregnaucourt, la femme Jeanfils. On se montrait une dame qui était venue d'Amérique, - une dame fort riche et bien habillée -, et qu'Antoine avait guérie. Derrière, jusqu'au fond, se serrait la foule, foncée de vêtements, avec les taches claires des chemises (on étouffait de chaud malgré les fenêtres ouvertes), et sur le fond sombre, de haut en bas, en longues lignes, en longs chapelets pâles, des visages et des visages.

        Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
        Ed. Labor - Espace Nord, p.266

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Le don de guérir

Publié le par antoiniste

    Sans relâcher une seconde la fixité de son regard, Antoine, que poussait toujours l'énergie mystérieuse, s'approcha encore, presque visage contre visage, puis recula un peu, et, sans détacher de lui ses prunelles, se mit à exécuter avec les deux mains un étrange manège. C'était comme s'il avait tiré de la poitrine du patient une matière invisible qui collait aux doigts. Cepandant il ne touchait pas le corps et l'on apercevait rien sur ses doigts, mais le geste était tellement celui de tirer à soi une pâte, qu'on aurait juré voir ce qu'on ne voyait pas. Et puis, de temps en temps, il rejetait sur le côté cette glu qui chargeait ses mains. A plusieurs reprises, il recommença. On entendait seulement la respiration lente et rauque du guérisseur, dont l'effort paraissit de plus en plus rude. Parfois aussi, entre les lèvres du patient, renaissait ce petit sifflement à peine perceptible.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.210

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal - Légumier

Publié le par antoiniste

    Au printemps, il sut qu'un homme de Mons voulait vendre une petite charrette et un cheval. Le cheval ne payait pas de mine, mais il était solide. Il avait une queue et une crinière bourrue, entre le roux et le gris. Ayant examiné le cheval et la charrette, Antoine dit à l'homme : "Ça va, je les prendrai !" Le temps était doux et couvert. Dans la cour de la ferme, un corbeau apprivoisé sautillait, à la fois comme un enfant et comme un veillard, en secouant ses ailes rognées.
    Antoine ne retourna plus aux Kessales, mais il se mit à courir les rues et les corons avec le cheval et la petite charrette, vendant les légumes de son jardin.

Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.121

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Maison natale à Mons

Publié le par antoiniste

source : Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, Ed. Labor - Espace Nord

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