La Révélation, Comment nous progressons ? (p.87)
Car la sincérité est le contrôle de la raison, la photographie du cœur et l'image de l'amour.
La Révélation, Comment nous progressons ?, p.87
Car la sincérité est le contrôle de la raison, la photographie du cœur et l'image de l'amour.
La Révélation, Comment nous progressons ?, p.87
Mais quel est le contenu du sermon rabbinique ? On peut distinguer, grosso modo, deux grandes orientations qui varient selon les rabbins et les synagogues : la lecture des péricopes bibliques hebdomadaires (tirées du Pentateuque et des prophètes) fait l'objet d'un commentaire, d'un "mise à portée" de l'auditoire, en se limitant à la pensée juive stricto sensu ou alors le rabbin s'en sert comme d'une base pour se livrer à des considérations plus actuelle. C'est ainsi que certains rabbins plus ouverts sur leur temps reprendront à l'occasion de la fête de Pessah des interprétations plus spirituelles de leurs lointains prédécesseurs : tout en insistant sur l'absolu respect des règles qui commandent l'éloignement du haméts (nourriture à base de levain ou d'ingrédients susceptibles de fermenter), ils rappellent qu'il convient de ne point oublier le haméts qui sommeille en nous et qu'il faut brûler : l'orgueil, le repli sur soi, l'arrogance, l'exclusion, etc. Ainsi, la sortie d'Egypte dont l'historicité est rappelée avec force est parfois assimilée à un processus d'alchimie de l'âme : chaque homme est invité à effectuer sa propre "sortie d'Egypte" en quittant le pays obscur des préjugés, de la haine, de l'égoïsme, de l'envie et des frustrations. Il arrive aussi que l'actualité dicte aux rabbins les plus éclairés le thème de leurs interventions, ce qui rend leurs sermons plus vivants et plus attachants. Mais la règle fondamentale n'est pas d'emboîter le pas à une actualité sans cesse changeante, mais d'édifier les orants aux plans religieux et moral.
Maurice-Ruben Hayoun et Dominique Jarrassé, Les Synagogues
Que sais-je ? n°3430, pp.116-117
carte postale rééditée d'une photo de l'article dans Excelsior en 1910
La fin d'un guérisseur.
Un homme, une sorte d'illuminé connu sous le nom d'Antoine le guérisseur, vient de mourir à Jemeppe, près de Liège, où il tenait ses assises de médecine. Sa réputation de guérisseur s'était répandue dans le mon entier et nombreux, fort nombreux étaient les malades qui venaient le consulter dans sa petite maison wallonne... Guérissait-il véritablement ? On assure que le "guérisseur" obtint quelques résultats merveilleux dans certaines maladies du système nerveux, Antoine, comme le fameux zouave Jacob, ne rédigeait jamais d'ordonnance. Il n'ordonnait ni potions ni remèdes pharmaceutiques. Il se contentait de promettre la guérison par la prière et la foi. Tout au plus recourait-il parfois à l'imposition des mains sur ses clients. A sa profession de guérisseur, Antoine avait joint celle de... prophète. Très sérieusement il croyait être inspiré. Le plus joli, c'est que cette croyance était partagée par une foule de gens qui se déclaraient ses adeptes et qui l'aidèrent à fonder un "temple" où le bonhomme enseignait une doctrine religieuse qu'il dénommait pompeusement l'Antoinisme. Avant d'avoir trouvé sa... voie et la fortune, Antoine n'était qu'un petit employé aux écritures.
L'Abeille de la Nouvelle-Orléans - 2 janvier 1913 (issu de Le Gaulois 27 juin 1912)
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C'est bien méconnaître les faits de déclarer ça : leur "fortune" (qui en était une pour les gens qui l'entouraient en effet, mais qui n'était rien face au salaire de ce journaliste certainement) fut acquise par leur travail, à la fois de Louis, mais aussi de Catherine : ils travaillèrent jusqu'à 54 ans pour lui et 50 ans pour elle, âges auxquelles ils pourraient déjà être mort selon les espérances de vie de l'époque.
Il m'est venu une pensée, qui recoupe une phrase de Robert Vivier.
Lors de ma première lecture, j'ai remarqué assez rapidement qu'on se sentait presque obligé de lever la tête pour lire l'Auréole de la Conscience sur le mur du fond, alors que la posture en général adopté dans le christianisme est de baisser la tête devant le Christ en croix.
En effet, Louis Antoine avait compris, qu'il ne pourrait faire baisser la tête d'un peu d'humilité des gens de la hautes sociétés, alors, il décida de faire relever la tête haute de gens du bas peuple.
En d'autres termes, mieux écrits par le bibliographe de Louis Antoine :
Antoine commençait à découvrir que pour être heureux au lieu d'être malheureux il ne s'agit pas tant de changer les faits, chose bien difficile pour ne pas dire impossible, que de changer de manière de les regarder.
Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
Ed. Labor - Espace Nord, p.166-67
Le guérisseur Antoine.
La chambre des représentants de Bruxelles vient de recevoir une pétition demandant la reconnaissance officielle de la religion "Antoiniste". Cette demande est signée par les principaux disciples d'Antoine le guérisseur, dont le temple est érigé à Jemeppes-sur-Meuse. M. Jules Bois raconte, dans une page curieuse que publie le "Figaro" du dimanche, la visite qu'il fit naguère à ce bizarre guérisseur :
Au coin d'une traverse, une maison d'aspect presque officiel, rappellent une clinique ou une petite mairie. La porte est ouverte. Dans la salle d'attente, une multitude de femmes. Les clientes rassemblent les types les plus différents, depuis l'épouse du contremaître, déjà bourgeoise, en chapeau, et dont le corset, sous la robe, s'accuse comme une armure, jusqu'aux plus humbles ouvrières avec leurs châles à gros pois, leurs sabots, leurs cheveux filasse, dont le manque d'éclat atteste les longues privations.
... J'ai passé par les coulisses de l'office magnétique. C'est un corridor étroit où bée, pour tout ornement, un tonneau a épluchures.
Ce corridor conduit à la hutte qu'habite Louis Antoine. une chambre seulement, bien pauvre et bien nue, où sa femme prépare le repas du soir.
Description du thaumaturge :
C'est un microcéphale, les cheveux coupés très ras, une barbe de l'avant-veille, et je ne sais quelle teinte grisâtre sur tout sa personne, provenant sans doute de l'âge, qui a décoloré ses cheveux et ses regards, de cette fumée aussi qui remplit tout Jemeppe, habille les êtres et les choses. Il parle avec une certaine difficulté, soit que le français ne lui serve pas de langage habituel, soit que sa nervosité, toujours en éveil, donne un tremblement à ses paroles.
- Faites excuse, me dit-il, je ne pourrai vous répondre qu'après L'avoir consulté. Je ne fais rien sans Lui.
Louis Antoine parle ainsi mystérieusement de ce guide dont il ne sait pas trop bien le nom, qui est tantôt pour lui l'âme du curé d'Ars, tantôt celle du Dr Demeure, dont les portraits au crayon pendant au mur dans la salle d'attente, à côté de placards contre l'alcoolisme.
- "Il" m'apparaît, me dit-il, comme un nuage lumineux, lorsque je dois réussir ma cure ; mais quand ceux qui viennent à moi n'ont pas la foi, mon guide s'en va, je "deviens seul"... je puis si peu de chose par moi-même.
- Vous n'êtes donc pas magnétiseur ?
- Si; mais je ne suis devenu Louis Antoine que lorsque je "m'ai acquis" la foi. C'est la foi qui nous guérit. Si nous croyons que nous allons cesser d'être malade, la maladie s'en va. Nous sommes guéris selon notre foi. Plus j'ai réussi, plus j'ai en confiance et par conséquent plus j'ai réussi encore.
... Une mère et son enfant pénètrent. Le petit a les jambes torses, le corps couvert de taches rouges. Chétif produit d'une existence sans hygiène et d'ancêtres dégénérés.
Louis Antoine pose sur ses membres déformés sa main rédemptrice : le petit tressaute de temps en temps comme sous une brûlure. Puis le thaumaturge qui ordonne de marcher, de courir même. Il marche, il court en effet avec ses misérables jambes tordues. Réellement il va mieux, il rit, il saute dans les bras d'Antoine, par cette sorte de reconnaissance instinctive qu'ont les enfants pour ce qui leur fait du bien. il n'est pas guéri, certes, mais électrisé. Sa mère pleure de joie.
Vient une consultation sur la nourriture. Antoine défend le porc, ne permet qu'une pomme de terre avec du beurre, sans graisse. Ces détails culinaires sont écoutés avec religion, comme s'ils sortaient de la bouche d'un dieu.
Maintenant c'est le tour d'une vieille. Louis Antoine lui touche le front. une des prérogatives dont se targue le thaumaturge, c'est de lire les maladies dans les corps, par intuition. Cette consultante détient la foi totale. Sous la coiffe noire, le visage s'accentue, têtu et docile, crédule. Au bout d'une minute, Louis Antoine profère son diagnostic. Il a découvert avec assez d'exactitude les souffrances de la brave femme et leur emplacement. Celle-ci en est tout émue ; chaque fois que le guérisseur dénonce quelque infirmité, son enthousiasme grandit ; et elle s'écrie avec son accent rude de paysanne :
"C'est ben comme ça ! c'est ben comme ça !"
Le prétendu guérisseur n'accepte que quelques sous. Il publie un "journal" intitulé "Connais-toi". M. Jules Bois pense que ce papier rempli des phrases ampoulées, dont les doctrines spirites ont le secret ne peut pas être rédigé par Louis Antoine lui-même.
Ainsi la crédulité humaine, détourné de la foi, s'attache aux êtres et aux pratiques les plus bizarres, et en ce siècle de scepticisme, nous revoilà comme reportés sans l'idolâtrique Egypte où, selon le mot de Bossuet, tout était Dieu, excepté Dieu lui-même.
L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, 10 janvier 1911
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Je vous propose de décortiquer cet "article" : les guillemets sont de rigueur, car le journaliste cite un confrère, Jules Bois, du Figaro. On se demande s'il a même mit les pieds à Jemeppe, donc.
Il note qu'il n'y a que des femmes : s'il le journaliste du Figaro est allé pendant une journée de la semaine, les hommes étaient à l'usine.
Il signale la pauvreté de l'intérieur. Jusque là on est d'accord.
"je ne sais quelle teinte grisâtre sur tout sa personne, provenant sans doute de l'âge, qui a décoloré ses cheveux et ses regards, de cette fumée aussi qui remplit tout Jemeppe, habille les êtres et les choses", mais cela ne l'aide pas a relativiser, à voir la cause de toute cette population cherchant réconfort auprès de Louis Antoine. Non il ne verra que l'effet.
Puis il nous dit que le Père évoque le curé d'Ars ou le docteur Demeure. L'article du Figaro ne doit pas daté de 1911. Mais tout au plus de 1910, la demande de reconnaissance légale datant de fin mars de cette année. Les lecture d'Allan Karec furent supprimées à peu près à cette époque.
Ce qui surprend c'est que le journaliste nous dit que le guérisseur "n'accepte que quelques sous", or normalement ces sous était déposé dans une urne, à discrétion. Louis n'accepte ou ne refusait rien, il n'était presque pas au courant de la somme, si somme il y avait.
Deuxième surprise : le "journal Connais-toi". Dans aucune source antoiniste on ne cite un nom comme celui-là. Par contre le fait que ce journal "ne peut pas être rédigé par Louis Antoine lui-même", c'était de notoriété : déjà en 1905, dans le journal "La Meuse", M. Delcroix présente la brochure "L'enseignement" comme le fruit du travail collectif des adeptes et de leur chef.
A la fin, il semble comprendre sans comprendre : "Ainsi la crédulité humaine, détourné de la foi, s'attache aux êtres et aux pratiques les plus bizarres, et en ce siècle de scepticisme, nous revoilà comme reportés sans l'idolâtrique Egypte où, selon le mot de Bossuet, tout était Dieu, excepté Dieu lui-même."
Selon lui, donc, la foi autre catholique (à la rigueur protestante ou juive) est la seul digne d'exister.
Ensuite, en effet, il y avait une certaine vénération pour le Père Antoine, mais lui-même nous disait que nous sommes des Dieu, alors oui "tout était Dieu, excepté Dieu lui-même".
Le travail d'un desservant se rapproche de celui d'un psychothérapeute, l'écoute est au centre de la pratique. Le desservant et l'antoinisme ajoute un côté spirituel qui peut être demandé par certaine personne. Le XXIe siècle, sera spirituel ou ne sera pas.
Mais là où le desservant est suivi par le représentant du Père dans sa tâche, le psychothérapeute pouvait se déclarer tel juste en ayant lui-même suivi une thérapie. La chose est en train d'être réglementé.
Voilà l'article de wikipedia, sur le sujet, concernant la Belgique :
"Depuis 5 ans, les ministres de la santé successifs ont décidé de légiférer les professions de santé mentale. Quatre d'entre elles sont tout particulièrement visées : les psychologues cliniciens, les sexologues cliniciens, les ortho-pédagogues et les psychothérapeutes.
Différents projets ont été élaborés, mais aucun ne faisant l'unanimité n'a débouché sur une législation. En caricaturant un peu les positions en présence, il y a essentiellement deux tendances : l'une considère que ces professions doivent être des professions de la santé (sans différenciation entre santé somatique et psychique) et, à ce titre, faire partie de l'arrêté 78 qui régit les professions médicales et paramédicales, l'autre pas."
Dans l'article psychiatrie, on lit : "La demande de soin augmente, à l'instar d'une baisse de la démographie médicale. Les grandes villes de France, de Suisse et de Belgique sont actuellement parmi les plus psychiatrisées d'Europe. En France par exemple, on compte 12 000 praticiens, (1 pour 5 000 habitants, soit bien plus que chez nombre de ses voisins européens)."
L'"Echo du Merveilleux" annonce la mort, à Viala (Losère) d'un vieillard nommé Vigner qui s'était acquis une grande réputation comme guérisseur.
Vigner ne touchait pas le malade ; il ne lui prescrivait aucun remède, ne lui imposait aucune modification à son genre de vie matérielle. Il se bornait à lui demander s'il avait réellement "la foi", s'il était vraiment persuadé que "le bon Dieu" pouvait le guérir. Suivant que la réponse était affirmative ou négative, il le renvoyait en lui recommandant d'être "brave", de mettre "toute sa confiance en Dieu qui lui rendrait certainement la santé", ou en lui faisant reproche d'être venu le déranger inutilement.
Et ce qu'il y a de plus curieux, c'est qu'un certain nombre de ses visiteurs déclaraient avoir été ainsi guéris, proclamaient le mérite du guérisseur "au secret" et lui valaient une clientèle aussi nombreuse que variée. Il lui venait des malades de tous les pays, mais la Suisse et l'Allemagne fournissaient le plus fort contingent.
La mort du guérisseur revêt le caractère d'un deuil public pour les habitants de Vialas qui bénéficiaient de ses "secrets". Il n'en retirait aucun profit, refusant rigoureusement jusqu'aux "souvenirs" que lui envoyaient des malades reconnaissants.
L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, 17 septembre 1908
On le voit le phénomène n'était pas rare. Et il faut n'être jamais passé par aucune épreuve et être nantis pour écrire un article comme celui-ci.
L'ANTOINISME
Paris, 16 mars
Connaissez-vous l'Antoinisme ?... - L'Antoinisme ?
Eh bien ! oui, l'Antoinisme... La religion du Père Antoine...
Si fort que cela pourra sembler aux personnes assez sages pour rester chez elles et ne pas se mêler aux folies du temps, c'est la conversation actuellement en cours dans les milieux qui se piquent de ne pas se tenir en dehors du "mouvement", et qui ont effectivement les dispositions pour le suivre... De tous les côtés, on ne vous parle que de l'Antoinisme, les articles sur l'Antoinisme, remplissent les journaux, et, de ce qui se raconte comme de ce qui s'imprime, il résulte que la religion et le culte Antoinistes, pour une époque et des gens qui ne veulent plus de religion ni de culte d'aucune sorte, sont vraiment une jolie religion et un joli culte.
Un vieux guérisseur belge, le fameux Père Antoine, aurait, paraît-il, rant guéri de malades depuis une trentaine d'années que le nombre de ses adeptes se serait multiplié dans des proportions colossales. Il aurait guéri les uns en les regardant, les autres en les touchant, et d'autres par correspondance... Tous ces soulagés, bien entendu, devenaient immédiatement ensuite des Antoinistes, en recrutant d'autres autour d'eux, et il y auraient ainsi à l'heure qu'il est, des centaines de milliers d'Antoinismes dans le monde entier. Ajoutez l'inévitable zèle de tout ce qui est spirite, mage, occultisme ou tourneur de tables, pour cette thérapeutique et son thérapeute, et vous aurez déjà un aperçu de l'avenir de l'Antoinisme.
Mais ce qui ne pouvait manquer d'assurer plus solidement encore son triomphe, c'est que l'illumination antoiniste devait surtout visiter les femme, et parmi les femmes, tout particulièrement les modistes. Mon Dieu, oui, les modistes ! Le Père Antoine aime les modistes ! A cet instant même, à Paris, il y a une grande prêtresse, une initiée supérieure de l'Antoinisme, un sibylle par la bouche inspirée de laquelle parle l'âme même du "Père", et cette sibylle est un modiste. Elle travaille en chambre, interrompt la confection de ses chapeaux pour rendre ses oracles, sent tout à coup le dieu monter en elle en cassant un morceau de laiton, et de grands et graves journaux ont publié son portrait en première page... En un mot, c'est la Mère Antoine, et la Mère Antoine, quoique modiste, ne peut pas s'en tenir, décemment à la petit correspondance...
- Alors, tout ce qui se passe en ce moment dans l'univers et devant quoi les gens sensés se sont décidés à donner leur langue au chat, serait tout simplement l'avènement de l'Antoinisme ?
- Mais peut-être...
- Est-ce que vous ne seriez pas d'avis que toute notre planète est devenue complètement lunatique, qu'une révolution astronomique a dû opérer à laquelle personne n'a pris garde, et que, contrairement à ce qui s'était généralement passé jusqu'ici, ce n'est plus la lune qui tourne autour de la terre, mais la terre qui tourne autour de la lune ?
Ca, d'accord...
UN DESABUSE.
Nous devons à monsieur Jean Henrard, que nous remercions, la communication de quelques prières magico-religieuses faisant partie d'un petit carnet de guérisseur (ou guérisseuse) de la région spadoise, datant du début du 19eme siècle, destinées à guérir de certaines maladies. Les médecins étaient peu nombreux autrefois et leur assistance pouvait être onéreuse. C'est pourquoi de nombreux malades avaient recours au "savoir" de guérisseurs et guérisseuses utilisant des "secrets", c'est-à-dire des prières ainsi que des remèdes de bonne femme. Comme l'écrit Françoise Lempereur dans son livre "Du doudou au remoudou", les guérisseurs ont généralement reçu leur "don" d'un parent ou d'un ami car divers facteurs les ont prédisposés à guérir sans qu'ils en aient la volonté au départ. Ce sont pour la plupart des personnes modestes exerçant une profession banale, qui ne cherchent pas la publicité et ne se font pas payer pour le service rendu. Les maux le plus fréquemment "guéris" par ces méthodes empiriques ou magico-religieuses sont bénins, verrues, orgelet, éruptions cutanées, maux de dents ou de tête, brûlures ou coupures ; certaines maladies ressortissant à la médecine interne- calculs rénaux - jaunisse ou même maladies infectieuses et virales, comme l'érésipèle (la rose) ou le zona sont traitées parfois avec succès, par des guérisseurs dont la bonne foi ne peut être mise en doute et qui ne s'expliquent pas leur "pouvoir". Cette pratique n'a pas disparu, mais aujourd'hui le recours aux guérisseurs et à toutes les pratiques parallèles religieuses ou non est généralement postérieur à la prise de médicaments et à l'aide médicale.
Voici maintenant ce qu'on trouve dans un petit carnet spadois. Nous avons conservé l'orthographe de ces prières.
Pour les froids (refroidissements)
Au nom du Père et du fils et du saint esprit. ainsi soit-il (4 fois)
Pour la rose
Bon ton de rose, je ne tai pas fait venire ici au nom du père qui nous a créé au nom du fils qui nous a racheter au nom du saint esprit qui nous a sanctifié, 3 fois.
Pour les foulures
Sanctus véribus sanctus véribus 4 fois.
Pour névralgie
Sainte efragie (sic) tu retourneras comme tu es venu au nom du Père qui nous a créé, au nom du fils qui nous a racheté, au nom du saint esprit qui nous a sanctifier.
Pour épine
On fait 3 fois le signe de la croix en tête.
Pour le mal de dents
Mal de dents tu retournera dou tu vient si vert (= si c'est un ver) il grevera (crêvera), si c'est une goute de sang elle tombera, au nom du Père qui nous a créé et du fils qui nous a racheté et du saint esprit qui nous a sanctifier.
Pour des brulures
Brulures arrête ton ardeur comme juda a perdu sa couleur en trahissant notre Sauveur au nom du Père qui nous a créé du fils qui nous a racheté et du saint esprit qui nous a sanctifié. ainsi soit-il.
Pour arrêter le sang
On fait une croit avec 2 brins d'herbes en disant erbe de tant de vertu fait voir le pouvoir que marie ta donner (t'a donné).
Pour les coliques (= des chevaux ou des personnes)
Mal de ventre qui vient et qui va dans le corp jument en disant des couleures on dit 5 patères et 5 avé en l'honneur des 5 plaies de N.S.J.C. Mal de ventre qui vat et qui vient dans le corp de cette personne en disant le nom et le petit nom de cette personne on dit 5 patères et 5 avé en l'honneur des 5 plaies de N.S.J.C.
Pour des blessures
Au nom du Père + et du fils et du Saint esprit + ainsi soit il Madame Sainte Anne qui avez enfanter la vierge laquelle enfanta Jésus Chrits nous vous invoquont Dieu+ te bénisse et guérisse (N...) pauvre créature blessée et qu'au nom de Jésus + soit renoncée blessurer rompure entrave et toute sorte de blessure qu'elle soit.
Pour des brûlûres
+ Quand Saint Laurent sur un brassier ardent tournant et retournant vous n'étier pas souffrant + faîte moi la grâce que cette ardeure se passe + feu de Dieu perd ta chaleur comme Judas perdit sa couleur quand il trahit Jésus au jardin des Oliviers 5 pa et 5 avé.
Pour les maladies
" Vous direz 9 pateres et 9 avés en l'honneur de S. Bernard St Eloi, la Ste Vierge pendant 9 jours et après la neuvaine vous direz une dizaine de votre chapelet tant que la maladie dure dans le village et vous direz encore 9 paters et 9 avés en l'honneur de St Antoine, St Dona, Ste Brigitte St Loui, Ste Apolline et faire le signe de la croix sur la tête de chaque bette pendant la neuvaine" On voit qu'il s'agit ici de la maladie du bétail, de même que dans la prière suivante :
Pour la genisse
Faite le signe de la croix avec de l'eau bénite sur le dos de la bête et puis dire l'évangile de St Jean en la tenan(t) par les cornes. Au commencement était le Verbe et le Verbe était en Dieu et le Verbe était Dieu. Suit alors le texte complet de l'évangile de saint Jean qui se termine par: et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous plein de grace et de vérité et nous avons vu sa gloire qui est la gloire du fils du Père.
Dans un "secret" pour la fièvre lente, " il faut prendre de la flanelle rouge et faire comme une médaille et mettre du camfre (camphre) et en la cousant on dit 5 pater et 5 ave en l'honneur de St Benoit et St Fièvre lente (sic) et des 5 plaies de N.S.J.C. et la mettre au cou de l'enfant en la retirant repété les mêmes paroles en la mettant regarder l'heure et le lendemain à la même heure il faut la tirer et la jeter au feu".
Outre les prières contre les maladies de l'homme ou du bétail, on trouve enfin dans ce petit carnet un "secret" pour arrêter un essaim d'abeilles:
" Il faut qu'il vienne vers vous. Mouche à miel je vous arrête au nom de Dieu et de la Vierge afin que tu cherche la cire et du miel pour honorer l'autel de Dieu et de la Vierge."
Enfin deux prières sont destinées à empêcher les oiseaux de dévaster les champs.
Pour les oiseaux qui mangent le grain
Quand vous aurez fini vos semis, vous allé au 4 coins de votre champs et à chaque coin vous faites le signe de la croix avec le grain en disant voici pour tout les oiseaux qui pourraient entrer dans mon champs, au même moment, vous faites le signe de la croix sur vous même, quand vous avez fini, vous dite 5 pater et 5 avé en l'honneur des 5 plaies de N.S.J.C. 2 signe de croix. Vous commencez par un coin en coupant un épi. Vous vous arrêtez et vous lisez l'évangile St Jean, vous allez au deuxième puis au 3e, puis au 4e mais on ne coupe pas l'épi. Vous lisez l'évangile puis vous jeter vos 2 épis derrière (vous) sans regarder où ils tombent en disant voilà pour tout les oiseaux qui voudront entrer dans mon champs signe de croix.
Léon Marquet.
source : http://www.sparealites.com/