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Juliette Ruwet - Liège pas à pas (2018)

Publié le par antoiniste

Juliette Ruwet - Liège pas à pas (2018)

Auteur : Juliette Ruwet
Avec la collaboration de Robert Ruwet
Titre : Liège pas à pas
Une promenade guidée dans les lieux et l’histoire de la Cité ardente
Éditions du Perron, Liège, 2018 (269 pages)


Description
Qu’il fait bon se promener à Liège, où chaque coin de rue recèle une histoire !
En dix itinéraires variant les plaisirs, les thèmes et les époques, les auteurs nous emmènent dans les rues de Liège. Pas à pas, c’est l’occasion de redécouvrir la Cité ardente à petites touches, d’écouter les souvenirs des grands personnages, d’admirer les monuments, de revivre les anecdotes.
Si les pierres pouvaient parler, elles nous raconteraient l’assassinat de saint Lambert, les invasions vikings, les luttes pour les libertés, le Mal Saint-Martin, le sac de Liège par Charles le Téméraire, le bombardement par les armées de Louis XIV, l’heureuse révolution liégeoise ou le massacre du 20 août 1914.
Mais Liège n’a pas que des souvenirs sanglants. Celle que le Moyen Âge appelait l’Athènes du Nord depuis le règne de Notger a vu émerger des talents de très grande envergure, comme le sculpteur Jean Del Cour, le compositeur André Modeste Grétry, le violoniste Eugène Ysaÿe ou l’écrivain Georges Simenon. Depuis les écoles de Charlemagne jusqu’à la Cité Miroir, la culture et les arts y sont mis à l’honneur. Le sport n’est pas en reste, avec la création de courses comme les célèbres Liège-Rome-Liège et Liège-Bastogne-Liège. L’Exposition universelle de 1905 rappelle que Liège a rayonné internationalement.
Liège, c’est aussi un esprit : c’est sur les pavés d’Outremeuse que naquit Tchantchès, prototype du Liégeois populaire, ardent et joyeux.
Enfin, le visage de la ville lui-même s’est métamorphosé : de nombreux bras d’eau de l’ancienne Venise-sur-Meuse marécageuse ont fait place à d’élégantes avenues. De la création des Terrasses à la nouvelle gare des Guillemins, du pont de Fragnée à la passerelle de la Belle Liégeoise, l’urbanisme a transfiguré la cité des princes-évêques.
Liège foisonne d’histoires intéressantes. Vous voulez vous en faire une idée, le nez au vent ? Ce livre vous guide, dans les rues et dans le temps.
source : https://www.perron.be/?product=liege-pas-a-pas-copie-2

 

Juliette Ruwet - Liège pas à pas (2018)Juliette Ruwet - Liège pas à pas (2018)Juliette Ruwet - Liège pas à pas (2018)Juliette Ruwet - Liège pas à pas (2018)
       

Le chapitre 17 évoque l'antoinisme en passant par la rue Hors-Château
    REVENONS RUE HORS-CHÂTEAU, au pied de la montagne de Bueren. Le bâtiment qui se trouve au coin de ces deux artères (n° 17, rue Hors-Château) mérite que l'on s'y arrête. Il s'agit d'un temple. On appelle temple un bâtiment consacré à un culte religieux. Par exemple : une église. Vous le lisez sur la façade : il s'agit ici du culte antoiniste.
    L'antoinisme peut être considéré comme une religion. Mieux : une religion liégeoise, car c'est chez nous qu'elle fut... créée ! Mais avant de vous parler de Louis Antoine, son fondateur, posons-nous une question : qu'est-ce qu'une religion ?
    Une religion est un ensemble de croyances et de rites (des gestes, des paroles, etc.) constituant un culte qui met en relation les Hommes et le(s) Dieu(x). Puisque la religion fait intervenir la foi (la confiance), ces rites n'ont de sens que pour le croyant, pour qui ils sont très importants. Toutes les personnes partageant les mêmes croyances, donc qui ont en commun la même religion, constituent une Église. Attention : quand ce mot s'écrit avec une majuscule (Église) il désigne cette communauté, tandis qu'écrit avec une minuscule (église), il désigne le bâtiment où l'on se réunit.
[illustration : Le temple antoiniste de la rue Hors-Château]
    Venons-en à notre Antoine... Louis Antoine est né à Mons-Crotteux (à la périphérie de Liège) le 7 juin 1846 ; il est le onzième enfant d'une famille modeste. À douze ans, après son passage à l'école primaire et sa communion solennelle, il descend dans la mine où il sera manœuvre de fond.
    En 1866, on le retrouve métallurgiste chez Cockerill avant qu'il ne parte en Allemagne comme encaisseur d'une filiale de la même usine. Revenu à Liège, il sera marchand de légumes et, assez logiquement- sans doute pour promouvoir son commerce - il deviendra végétarien. En 1887, attiré par le spiritisme, il abandonne le christianisme. C'est alors qu'il va commencer à exploiter le don de guérisseur qu'il s'est découvert.
[illustration de Jupiter par le peintre J.-A.-D. Ingres et de Louis Antoine, nommé le père par ses disciples. Son regard olympien et la présentation pompeuse de ce feuillet visent à frapper l'esprit des fidèles. Par une simple imposition des mains, il guérissait. Info ou intox ?]
(Le christianisme est la religion qui affirme que Jésus-Christ est le fils de Dieu et Dieu lui-même. Parmi les chrétiens, les catholiques sont ceux qui reconnaissent l'autorité du pape, ce que ne font les protestants. Le spiritisme est une doctrine (science occulte pour les uns, superstition pour les autres) basée sur la communication entre les vivants et les morts par l'intermédiaire d'un médium. Un guérisseur est une personne qui prétend guérir les malades par des procédés plus proches de la magie que de la science médicale.)
    Les patients commencent à défiler par dizaines, par centaines et même par milliers. Le père Antoine sera accusé de pratique illégale de la médecine, connaît des ennuis avec la Justice mais s'en tire à bon compte. Il élabore une doctrine faite de bric et de broc (un mélange de christianisme, de spiritisme, de croyances populaires, etc.), qui se répand un peu partout dans la région, mais également en France et même en Égypte, au Brésil, en république du Congo, aux États-Unis et en Australie. Bref, dans le monde entier !
    En 1922, l'antoinisme est reconnu comme établissement d'utilité publique par le ministre belge de la Justice de l'époque. On se demande toujours comment ce fut possible, après ses démêlés judiciaires... Faut-il en considérer que son don de guérison était bien réel ? Deux temples existent à Liège (rue Hors-Château et quai des Ardennes), mais on en dénombre plus de vingt dans la province même si certains ferment, faute de fidèles. L'antoinisme semble effectivement être en nette régression, même s'il est toujours présent.
[Illustration : Maison d'Antoine le Guérisseur. Fin du XIXe siècle. Les « clients » affluent chez Antoine. / L'enterrement de Louis Antoine en 1912. La foule des grands jours !]
    Que faut-il en penser ? Dans le domaine des religions, chacun a le droit de penser ce qu'il veut. C'est ce que l'on appelle la liberté de pensée. Cependant, il faut se méfier des sectes, ces groupements qui se font passer pour une Eglise, mais dont le but (caché) est d'endoctriner leurs membres (en faire des robots qui ne pensent plus par eux-mêmes) et (surtout !) d'enrichir les « chefs ». On peut se demander si, à certaines époques, des religions n'ont pas poursuivi le même but... Il faut également se méfier des guérisseurs, parfois beaucoup plus dangereux que les maladies qu'ils prétendent soigner.
    L'antoinisme est-il une secte ? Beaucoup le pensent, les adeptes du père prétendent le contraire... Il faut cependant souligner que les autorités ne semblent pas lui reprocher de dérives sectaires (comme le sont l'intolérance vis-à-vis des autres religions, la suppression de l'esprit critique chez les fidèles et la propension à exiger d'eux d'énormes efforts financiers), ce qui classe plutôt le mouvement parmi les cultes, en tant que « religion postspirite » ou « culte guérisseur », bien qu'on puisse se demander comment les guérisons pourraient se poursuivre en l'absence du fondateur. Autre exemple de secte présente chez nous : les adeptes de Krishna. Il s'agit d'un mélange d'hindouisme (religion des Indes) et de diverses philosophies qui prônent notamment l'usage de drogues. Ceux qui entrent dans cette secte doivent couper les ponts avec le monde extérieur (parents, amis...) et tout donner au « mouvement ».
    Et attention : une fois entré dans une secte, il est très difficile d'en sortir.
    Un autre mouvement sectaire très puissant chez nous et dans le monde est constitué par les témoins de Jéhovah. Cette secte utilise des moyens modernes performants pour recruter de nouveaux membres. Les témoins de Jéhovah professent des théories en totale opposition avec la science, mais parviennent à convaincre de nombreuses personnes peu instruites et fort influençables. Véritable organisation mondiale, les témoins de Jéhovah gèrent des fortunes énormes ! Ils sont donc très puissants, surtout aux États-Unis.
[Illustration : Après le décès de son mari, c'est son épouse, la mère Antoine, qui prend le relais et développe le culte autour de la personne de son époux.]

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Franck Chauvet - La France insolite, cent lieux connus et méconnus à découvrir (2001)

Publié le par antoiniste

Franck Chauvet - La France insolite, cent lieux connus et méconnus à découvrir (2001)Auteur : Franck Chauvet
Titre : La France insolite, cent lieux connus et méconnus à découvrir
Éditions : France Loisirs, Paris, 2001

 

Paris

La rue du Pré-Saint-Gervais

    La ville des Lumières recèle des secrets dans ses rues. Quoique visibles le plus souvent et ostensiblement signalés, les citadins de ce siècle sont trop affairés et pressés pour y faire attention. Les mystères de Paris gardent tout leur hermétisme. Citons quelques-uns de ces lieux, souvent ignorés et pourtant riches par leur étrangeté. Au n°49 de la rue du Pré-Saint-Gervais, se trouve le siège de l'Association culturelle antoiniste avec ses 49 lieux de culte, dont celui de la principauté de Monaco. L'antoinisme revendique un million d'adeptes. C'est l'une des petites religions les plus anciennes de France. Louis Antoine, son fondateur est né en 1846 en Belgique. Fils d'une famille de onze enfants, il connaîtra les difficultés souvent cruelles de la vie ouvrière du XIXe siècle. Il aura ensuite une vie itinérante, avant d'être engagé comme concierge aux tôleries de Jemeppe-sur-Meuse. Curieusement, c'est là qu'il est initié au spiritisme, un courant occulte fort prisé à l'époque, surtout dans les hautes couches de la société. Il s'enthousiasme et se découvre médium. Se déclarant inspiré, il n'oublie pas ses origines et s'occupe de soigner les indigents. Dans le même temps, il s'invente une doctrine, que ses disciples vont colporter de maison en maison. En 1906, on lui bâtit un premier temple, dans lequel il prêche la «nouvelle révélation» et pratique, comme le faisaient les rois français, l'imposition des mains. Le 25 juin 1912, il se «désincarne» et laisse à sa veuve le soin de continuer son œuvre. Sa doctrine n'est bien entendu ni très claire, ni très cohérente, mais au moins est-elle inoffensive, fondée sur la supposition que tous les maux viennent de l'imagination, et qu'il faut donc réformer cette dernière. Le seul relatif intérêt de cette doctrine est l'attention portée aux autres. Les pratiquants de l'antoinisme se tiennent à la disposition de ceux qui souffrent physiquement ou moralement et se doivent de leur porter secours. Ils ne reçoivent pas la moindre rétribution, ne font pas de quête, n'acceptent pas les offrandes et refusent également les testaments. La grande fête antoiniste est célébrée le 25 juin, jour de la désincarnation du père Antoine, la seconde se déroule le 25 août, en hommage au temple. Le temple du Pré-Saint-Gervais peut contenir 300 personnes, et il est souvent plein.

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Jacques Garance - Secret Paris (2013)

Publié le par antoiniste

Jacques Garance - Secret Paris (2013)Auteurs : Jacques Garance et Maud Ratton (photographies de Stéphanie Rivoal)
Titre : Secret Paris
Éditions : Jonglez - Collection Local Guides by Local People
Versailles, 383 pages, 19 cm, 2013 (édition anglaise)
source : https://archive.org/details/secretparis0000gara_u0i4


    THE ANTOINIST TEMPLE
    34, rue Vergniaud
    Métro: Corvisart
    13th ARRONDISSEMENT
    · Readings of the Teachings of Father Antoine on Sunday at 10.00; other days (except Saturday) at 19.00 ·  "Operation" (through prayer) in the name of The Father on Sundays and the first four days of the week at 10.00


                    The Little House on the Prairie
This curious little yellow church belongs to the Antoinist movement, which believes in the fundamental healing power of prayer. A sense of great tranquility reigns in this small interior, worthy of something you might see in an episode of Little House on the Prairie: the men wear long black preachers' coats, while the women must wear not only a long black robe but also have their hair done in a style typical of the 19th century. Silence is de rigueur once you are inside; but if you want to, you may go into the cabinet with one of the "healers", who will pray with you for release from your mental or physical suffering. The struggle against pain is one of the main concerns of Antoinism, as one can see from the title of the principle work by "The Father" on sale here: Deliver Us from Evil.

THE ANTOINIST FAITH
Founded in Belgium in 1910, this takes its name from its founder, Antoine, known to the faithful simply as "The Father". In 1922 it was recognised as "A Foundation of Public Service" by the Belgian government. However, a parliamentary report into sects and cults in 1995 classified it as a 'healing movement', describing its beliefs in the following terms: "the very notion of sickness and disease is denied, as is that of death (belief in reincarnation). It is our intelligence which makes us suffer, and faith alone (not the intervention of doctors) which can suppress suffering." The Antoinists themselves deny any suggestion that theirs is a sect or cult: worship, they say "is a moral activity based on faith and self-sacrifice. It is public, and open freely to one and all". They also point out that "The Father" "received patients for over twenty-two years. When he started this activity, he had savings which enabled him to live without working; when he died, he no longer had any possessions". Today Antoinism has sixty-four temples and ninety reading- rooms worldwide, principally in France, Belgium, Australia and Luxemburg. There are around 2,500 believers in France and 200,000 worldwide.

Jacques Garance - Secret Paris (2013)

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Christian Libens - Les seins des saintes (2019)

Publié le par antoiniste

Christian Libens - Les seins des saintes (2019)

Auteur : Christian Libens
Titre : Les seins des saintes : Une affaire à l’enseigne du «Pendu de Georges»
Éditions : Weyrich, 6 juin 2019 - 168 pages

    Quelques pages sont disponibles sur Google Books. La quatrième de couverture dit :
    Au coeur de la ville de Liège, un dévoreur sévit et laisse derrière lui de multiples cadavres, pendant que trois amis refont le monde...
    Dans ce polar parodique, humoristique et amoureusement sexué, un bouquiniste, un flic et un glandeur un peu poète se réunissent à la librairie « Au pendu de Georges » afin de contrer le spleen ambiant à l'aide de leur imagination.

    L'auteur y évoque le roman de Robert Vivier :
                                        Chapitre 17
                        Où l'on pleure la plus belle fille de Liège
                                   pour les derniers outrages subis
- Un moment, j'ai même cru que c'était toi, l'iconoclaste qui... Guibert jette à son vieil ami un regard blessé et s'indigne:
– Papa, comment peux-tu penser que je pourrais faire ça, moi ? D'autorité, Francis remplit les verres.
– Allez, les hommes, une petite rawète de Gigondas à chacun pour se remettre d'une émotion pareille!
– J'en ai bien besoin, d'autant que j'ai failli me faire écraser quand j'ai traversé le boulevard, soupire Georges. Vous auriez dû voir ça, un désastre! Ses seins étaient complètement rougis, et son ventre aussi, jusqu'en haut des cuisses... Un client bien mis, costard-cravate, s'avance vers le comptoir, un livre à la main: – Délivrez-nous du mal, c'est bien le livre sur le Père Antoine? - Oui, Monsieur, en édition originale, et à prix doux encore! Je dois quand même vous préciser qu'il ne s'agit pas d'une biographie à proprement parler sur le fondateur de la religion antoiniste. C'est un roman que Robert Vivier, l'auteur, a choisi d'écrire, mais en se basant sur la vie réelle du grand spiritualiste. - Je le prends... Excusez-moi, mais j'ai entendu des bribes de votre conversation en bouquinant dans les rayons. On a retrouvé une nouvelle victime du tueur en série? Les trois amis échangent des regards surpris, puis s'esclaffent de concert. C'est Georges qui, le premier, se rendant compte que son client affiche la tête du gars qui croit qu'on se la paye, rectifie:
– Non, non, je viens bien d'être témoin d'un crime, mais contre l'Art et l'Histoire! Il ne s'agit pas d'une nouvelle victime du tueur... C'est la plus belle fille de Liège qui a été vandalisée. Vous voyez, Monsieur, le monument à Charles Rogier, tout au bout du parc d'Avroy, côté Guillemins, avec sa statue entre celles d'un lion couché et d'une superbe femme nue debout... Elle a la réputation d'être la plus canon des Liégeoises depuis que la sculpture est là. Vous la voyez, non?
- Euh, je suis installé à Liège depuis pas très longtemps, je ne connais pas encore ce monument.. Guibert prend le ton d'un guide touristique pour formuler:
- L'écrivain Arsène Soreil l'a surnommée «la plus belle fille de Liège»...

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Henri Anger - Monte-Carlo Blues (1989)

Publié le par antoiniste

Henri Anger - Monte-Carlo Blues (1989)

Auteur : Henri Anger (1907-1989)
Titre : Monte-Carlo Blues
Éditions : François Bourin (Julliard), Paris, 1989 (241 p.)

    Henri Anger est un journaliste et écrivain français qui entre dans le métier à l'âge de 16 ans, au Populaire de Nantes, après son expérience à La Gazette de Monaco qu'il raconte dans ce roman.

    Il évoque le temple antoiniste de Monaco dans le chapitre "La polovtsienne et l’intouchable".

    Alors que son ami Cyrille, le cocher de fiacre ukrainien disparaît sans raison avec son cheval Coquette, et que la saison des ballets russes de Diaghilev est finie, emportant au loin son dernier amour (la danseuse “polovtsienne” Tatiana), le jeune journaliste Alain Le Du, employé de fraîche date à La Gazette de Monaco, rencontre par hasard un antoiniste qui l’emmène au temple du boulevard de l'Observatoire. C’est là qu’il rencontre l’“intouchable”, une servante indienne de nom de Hamsa, enfuie ( ou chassée) de la maison de son employeur située à Roquebrune. Voici l’extrait (pp.178-179) :

    Comme il passait dans une de ces rues étroites proches de Sainte-Dévote, rues de boutiques obscures et de misérables maisons de rapport, il vit venir à lui un petit homme maigre, habillé de noir (redingote ou lévite) et coiffé d'un chapeau haut de forme dont le fond était beaucoup plus large que la base. Ce couvre-chef inhabituel est appelé tromblon par les spécialistes. La surprise qu'il lut dans les yeux d'Alain amusa ce personnage qui semblait familier aux habitants du quartier, rassemblés devant les portes en attendant la sortie de la grand-messe. L'homme au chapeau-tromblon prit Alain par la main en lui disant : « Viens. » L'absence prolongée de Cyrille avait créé une sorte de vide en lui, sans qu'il sût pourquoi. Cyrille et Coquette s'étaient sans doute absentés pour une longue course imprévue. Il suivit l'homme sans se demander où il allait le conduire. Il s'arrêta devant la porte entrouverte d'un bâtiment qui ressemblait à un hangar, porte sur laquelle on pouvait lire cette simple inscription en lettres noires sculptées dans le bois : « Culte antoiniste. Le dimanche à 13 heures. Entrée libre. »
    Des draperies noires étaient tendues le long des murs. Sur une estrade faite de planches assemblées et clouées sur d'autres à la verticale, une vieille femme flasque assise ou plutôt blottie dans un vieux fauteuil Voltaire lisait d'une voix faible, avec un accent tudesque très prononcé, un texte que tenait devant elle un vieillard coiffé comme tous les assistants d'un chapeau-tromblon. Les fidèles en lévite portaient tous le même costume archaïque. Les femmes vêtues de noir elles aussi, mais se distinguant par un bonnet blanc à ruches comme ceux des duègnes du répertoire, semblaient moins figées que les hommes et se saluaient l'une l'autre en inclinant la tête. Quelques-unes priaient à voix basse ou chantonnaient.
    Un sacristain ou quelque diacre désigna à Alain une place dans le coin le plus sombre du hangar et fort éloigné de la desservante. Il lui remit une brochure d'une dizaine de pages. « Lisez-la, dit-il, vous saurez tout ! La mère Antoine est aujourd'hui parmi nous. Quand la célébration du culte sera terminée, vous pourrez lui poser des questions. »
    Hélas, le texte de l'opuscule remis à Alain était illisible faute d'une lumière suffisante. Il le lut un peu plus tard. Pour ceux qui ne sauraient rien du culte antoiniste, religion qui s'est peut-être perdue, voici ce qu'en disait ce texte, sinon ce qu'on en sait.
    Un mineur de fond qui se nommait Antoine – il était belge et habitait Jemmapes – découvre au milieu de son âge (il est né en 1846) qu'un fluide mystérieux l'habite. Ce fluide guérit les maux. Bientôt il est connu de certains de ses compagnons mineurs sous le nom d'Antoine-le-guérisseur. Encore n'est-ce pas assez de guérir et de prêcher, il faut être saint. Il le devient. Cela ne lui suffit pas. Il entend sourdre en lui la voix d'un prophète. Il annonce tant de catastrophes, il soulage tant de misères qu'il rassemble en Belgique et notamment dans la région de Charleroi des milliers de fidèles qui bâtissent avec lui une première chapelle. Quand il meurt en 1912 (car il meurt) le culte antoiniste a débordé les frontières nationales.
    La preuve en était cette modeste chapelle de Monaco où se rassemblaient tous les dimanches des boutiquiers, des boutiquières, des manœuvres, des maçons et leurs épouses, plus quelques rêveurs, persuadés que l'influx libérateur que la mère Antoine avait hérité guérissait les écrouelles et plus généralement tous les maux réels ou imaginaires. La foi de ceux et de celles dont l'état de santé ne s'améliorait pas avait tout simplement manqué de vigueur... Qu'ils ne désespèrent pas, disait l'opuscule, et se pénètrent des principes divins révélés au père Antoine. Suivaient, pour finir, les dix principes en question. Aucun n'est à retenir.
    Près d'Alain, une jeune femme qui, d'après ses vêtements, n'appartenait pas à la communauté demeurait silencieuse, le visage dans les mains. Elle oscillait parfois comme un jeune arbre sous le vent. Elle portait un sari de toile écrue. On reconnaissait en elle, à ses pieds nus, à sa chevelure noire nouée sur la nuque, son fin profil d'Apsara, à son odeur d'ambre, une Indienne, comme on en rencontrait souvent sur les terrasses du Casino à distance respectueuse d'une bégum. Sans doute, se dit Alain, avait-elle été attirée dans ce hangar obscur par la curiosité que professent les gens de sa race à l'égard des thaumaturges. C'était une erreur. Elle était entrée là pour demander assistance et personne ne l'avait encore remarquée. Se soutenant à peine, elle plia soudain les genoux et, si Alain ne l'avait pas retenue, elle se serait affaissée. Son instinct l'avertit qu'elle souffrait de deux maux qu'il n'ignorait pas tout à fait : la faim et la fatigue. Il l'entraîna dans la rue, espérant que le grand air, une tasse de thé, des croissants la ranimeraient plus vite que toute prière à un dieu inconnu. Personne dans ce temple où l'on apprenait que la foi suffit à tout n'avait bronché quand le couple était sorti. Alain guida les pas de l'Indienne jusqu'à la terrasse d'un café où il l'installa à l'ombre. Quand il avait saisi par le bras cette jeune fille ou femme pour l'empêcher de tomber, le grain serré, la fraîcheur satinée de sa peau l'avaient étonné comme une grande nouveauté.

 

    Après l’avoir hébergé deux nuits, il l’a raccompagne à Roquebrune, chez son employeur-maître, le poète Rabindranath Tagore. On apprendra dans le chapitre suivant ce qui arriva à son ami cocher Cyrille (p.192) :

    Les délices du printemps et de l'été à Monte-Carlo, Alain allait les goûter avec d'autant plus de plaisir que La Gazette de Monaco s'était transformée en hebdomadaire. Un seul journal par semaine, c'est un programme idéal dans un pays où il fait bon vivre. L'ardeur du soleil l'avait changé en Africain. A le voir si brun, ses amis de rencontre se demandaient s'il n'était pas algérien, tunisien ou marocain. Non, c'était l'effet des bains de soleil au bord de l'eau.
    Hélas les sorties en mer avaient cessé et ne reprendraient que s'il avait la chance de découvrir un nouvel équipier. Cyrille était parti. Cet antoiniste, coiffé d'un tromblon, qui avait conduit Alain par la main dans ce temple étriqué où il avait rencontré Hamsa, avait été un messager du destin. Il annonçait un malheur. Sur l'esplanade du port une maudite limousine automobile, longue comme un « huit barré » et sans doute conduite par un ivrogne ou un aveugle, avait renversé Coquette, lui brisant les deux jambes avant. Sans se soucier de Cyrille qui sous le choc était tombé de son siège, les employés des premiers secours avaient abattu sur place la pauvre bête, alors qu'on transportait son maître à l'hôpital. Il était sans connaissance et souffrait d'un choc au sommet du crâne mais atténué par l'épaisseur de sa chevelure.

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Georges Linze - Le Prophète influencé (La Wallonie, 21 janvier 1929)(Belgicapress)

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Georges Linze - Le Prophète influencé (La Wallonie, 21 janvier 1929)(Belgicapress)REVUES ET LIVRES

    « LE PROPHETE INFLUENCE », par Georges Linze. On connait le style do Georges Linze plastique, dépourvu de musicalité mais riche de tons, volontairement, chirurgicalement amputé de transitions. Ces particularités le rendent communément presque illisible. Mais toute nouvelle valeur commence par étonner. Bientôt, on s'apprivoise. Alors on discerne le sens un peu bouleversé de la pensée que portent des images saturées de lyrisme. La poésie moderne quelle que soit sa formule mêle l'auditif au visuel, au tactile, à l'abstrait ; elle se propose en métaphores ou en altérations qui contiennent ou qui résolvent en un produit nouveau (comme une nombreuse combinaison chimique) tous les éléments culturels, intelligents et instinctifs que le déclic d'un instant lyrique a fait coïncider. Par ce caractère, Georges Linze est bien de nos temps nouveaux. Il n'est pas seul. Mais il demeure à part, quand même, par sa manière de transmuer sa métaphysique passionnée en spectacles concrets. Il fait penser à ce cabbaliste qui récoltait dans des carafes la lumière du soleil pour en tirer des salamandres ! Mais ce qui règne sur ce livre-ci, c'est la suggestion. Et le désordre. Linze dira : « C'est mon ordre, à moi ! Oui ; mais il écrit pour les autres.

                                           M. M.

La Wallonie, 21 janvier 1929 (source : Belgicapress)

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Jean-Yves Thébault - Hostie et vieilles ficelles (1958)

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Jean-Yves Thébault - Hostie et vieilles ficelles (1958)

Auteur : Jean-Yves Thébault
Titre : Hostie et vieilles ficelles (Roman)
Éditions du Scorpion, Collection Alternance, Paris, 1958


    Évoque l'antoinisme, mais ce n'est pas le sujet principale du livre. Également l'auteur de La Voile noire, J.-Y. Thébault fût jeune géologue du Service de Recherches minières de l'Algérie.

                           AVANT-PROPOS
              pour inciter les lecteurs religieux au saint pardon des pécheurs
    Lecteur, ne nous accable pas de ton ironie !
    En vérité je te le dis, nous ne la méritons pas. Croyant, nous avons droit à ta compassion. Sceptique, nous prétendons faire plus que te divertir.
    Notre histoire est la douloureuse aventure des prophètes, des faux prophètes qui surent devenir des dieux pour des millions d'êtres ; des dieux authentiques. En vérité, je te le dis, le sort des hommes est plus enviable que celui des divinités !
    Ne nous méprise pas ! Si nos mystifications t'apparaissent odieuses, comprends qu'elles sont pleines d'enseignement. Qu'au moins elles éveillent en toi le germe riche et salubre du doute. Cherche à en tirer des vérités applicables à d'autres religions, à d'autres mages aux allures d'inspirés. Insulte-nous, puis si ton esprit a quelque logique, cherche qui tu devras insulter immédiatement après nous, de qui tu devras douter.
    Nous avons écouté la sagesse orientale : « Les hommes ont fait les dieux ».
    Nous les avons aidés dans cette tâche. Nous avons créé des rites neufs, suscité une mystique nouvelle, confectionné des commandements, absurdes certes ; mais jamais plus que ceux des autres faux-dieux dont nous fùmes les concurrents loyaux sur cette terre.
    Lecteur, tu vas assister à la naissance d'une religion, qui, si dérisoire qu'elle fut, sut provoquer de la ferveur.

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Jean-Laurent Cassely - Paris, nuits insolites (2014)

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Jean-Laurent Cassely - Paris, nuits insolites (2014)

Auteur : Jean-Laurent Cassely
Titre : Paris, nuits insolites
Éditions Jonglez, Les Guides écrits par les habitants, Paris, 2014

XIII ARRONDISSEMENT

    TEMPLE ANTOINISTE
    34, rue Vergniaud 75013 Paris
    Métro Corvisart
    Lecture de l'Enseignement du Père du lundi au vendredi à 19h, le dimanche à 10h et à 19h
    « Opération » (par la prière) au nom du Père le dimanche et les quatre premiers jours de la semaine à 10h

Une curieuse
secte belge...

    Appartenant au mouvement antoiniste (voir ci-dessous), la curieuse petite église jaune qui trône à l'angle des rues Vergniaud et Wurtz obéit à un principe fondamental de croyance en la prière et en ses pouvoirs de guérison. À l'intérieur, la sensation de paix et de tranquillité règne et l'ambiance est digne de la série TV La petite maison dans la prairie : les hommes portent une longue redingote noire de précepteur et les femmes doivent, en plus d'une robe noire, porter une coiffe traditionnelle très XIXe siècle.
    Le silence est de rigueur dans le temple, mais si vous y croyez, il est permis de parler dans le « cabinet », en compagnie d'un adepte « guérisseur » qui priera pour vous libérer de votre souffrance morale ou physique. La lutte contre la peine est l'un des piliers de l'antoinisme, comme en témoigne le titre de l'ouvrage phare du Père, Délivrez-nous du mal, en vente sur place.

    LE CULTE ANTOINISTE
    Créé en Belgique en 1910, le culte antoiniste (du nom d'Antoine, son fondateur, appelé Le Père par les adeptes) a été reconnu « Fondation d'Utilité publique » en 1922 par le gouvernement belge. Il a néanmoins été considéré comme un mouvement guérisseur par le rapport parlementaire de 1995 sur les sectes, qui l'a analysé de la façon suivante : « La notion de maladie est niée, de même que celle de la mort (croyance en la réincarnation) : c'est l'intelligence qui crée la souffrance, c'est la seule foi en elle-même qui la supprime, et non l'intervention des professionnels de santé ». Du côté du culte antoiniste, toute référence à une secte est niée : le culte est « une œuvre morale basée sur la foi et le désintéressement... Il est un culte public, ouvert à tous indistinctement et gratuitement ». II est également signalé que le Père « reçut des malades plus de 22 ans. Quand il commença ce travail, il avait des économies qui lui permettaient de vivre sans travailler : quand il mourut, il ne possédait plus rien ». On compte aujourd'hui 64 temples antoinistes et 90 salles de lecture dans le monde, principalement en France, Belgique, Australie, et Luxembourg. Le culte regroupe environ 2500 adeptes en France et 200 000 dans le monde.
    Deux autres temples antoinistes existent à Paris :
    10, impasse Roux 75017 Paris. Métro Ternes ou Pereire, RER Pereire-Levallois
    49, rue du Pré-Saint-Gervais 75019 Paris. Métro Pré-Saint-Gervais

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Robert Ruwet - Ces Liégeois qui firent le monde... TOT TUZAN (2011)

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Robert Ruwet - Ces Liégeois qui firent le monde... TOT TUZAN (2011)Robert Ruwet - Ces Liégeois qui firent le monde... TOT TUZAN (2011)-Auteur : Robert Ruwet
Titre : Ces Liégeois qui firent le monde... TOT TUZAN !
Éditions Tempus, The History Press (2011)


    Évoque Louis ANTOINE (1846-1912) à la page 12 avec une photo du temple de Liège :

Louis ANTOINE (1846-1912)
    Louis Antoine est né à Mons-Crotteux, le 7 juin 1846 ; il est l'onzième enfant d'une famille modeste. A 12 ans, après son école primaire et sa communion solennelle, il descend dans la mine ou il sera manœuvre de fond.
    En 1866, on le retrouve métallo chez Cockerill avant qu'il ne parte en Allemagne comme encaisseur d'une filiale de la même usine. Revenu à Liège, il sera marchand de légumes et, assez logiquement, sans doute pour promouvoir son commerce, il deviendra végétarien.
    En 1887, attiré par le spiritisme, il abandonne le christianisme. C'est alors qu'il va commencer à exploiter son don (?) de guérisseur.
    Les « patients » vont commencer à défiler par dizaines, par centaines et même par milliers. Il sera accusé de pratique illégale de la médecine mais s'en tire à bon compte. Il va élaborer une doctrine, faite de bric et de broc, qui va essaimer un peu partout dans la région mais également en France et même en Egypte, au Brésil, en République du Congo, aux USA et en Australie.
    En 1922, l'Antoinisme fut reconnu « établissement d'utilité publique » par le ministre de la Justice de l'époque. S'il s'agit de toute évidence d'une secte, les adeptes du Père clament le contraire...
 
    Deux temples existent à Liège (rue Hors-Château - notre photo - et quai des Ardennes) mais on en dénombre plus de 20 dans la province même si certains « ferment », faute de fidèles. L'Antoinisme semble effectivement être en nette régression.

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Henry Soumagne - Madame Marie (Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, 28 avril 1928)

Publié le par antoiniste

Henry Soumagne - Madame Marie (Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, 28 avril 1928)

    Les trois actes de Madame Marie ne sont religieux que par leur sujet, mais assez peu par leur facture d'ailleurs intéressante. Stylisation dans le sens contemporain. La Vierge est représentée comme une mère et le Christ comme un fils, rien de plus, et l'apôtre Matthieu comme l'inventeur d'une religion nouvelle, une figure dans le genre du fondateur des Antoinistes dont André Thérive nous parle dans son curieux roman Sans Ame, conçu à la manière de Huysmans avec une note de parisianisme et de religiosité étrangement confondus. Quant à Judas, c'est un intellectuel rongé, martyr de lui-même. L'apôtre Matthieu veut précipiter le Christ vers la prodigieuse aventure de son apostolat. Matthieu a tout inventé : la salutation angélique, l'immaculée conception, la suggestion des miracles, les paraboles qu'il souffle au Christ, etc..., et Marie, épouvantée par les dangers que court son cher fils à se transformer ainsi, en précurseur, cherche à le retenir auprès d'elle où il doit rester ce qu'il est, un brave charpentier. Et Matthieu et Marie, jusqu'à l'heure du Golgotha, se disputent la destinée du Sauveur.

Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, 28 avril 1928

 

    Dans le Dictionnaire mondial des littératures, on lit : Henri Wagener, dit Henry Soumagne, « Son théâtre, hanté par la mort (Terminus, 1927), interroge la religion d'un point de vue hétérodoxe : l'Autre Messie, monté à Paris en 1923, fit scandale dans toute l'Europe par son évocation du problème de l'existence de Dieu, débattu par des ivrognes dans un bouge de Varsovie ; Madame Marie (1928) met en scène un Jésus-Christ à qui l'on fait croire qu'il est un prophète. Dans la préface à son œuvre, il écrit : « Il s’est fait que dans son impiété fondamentale, mon œuvre est toute pleine de respect mystique. Et la rencontre fortuite de ces deux sentiments contradictoires me fut un bonheur. » (source aesm)

    Henry Soumagne est né à Liège en 1891 et mort en 1951 des suites d’un accident. Son théâtre est influencé par l'expressionnisme et les questions existentielles. Il connait la célébrité à la suite de l'écriture d'une de ses œuvres majeures, L'Autre Messie en 1923, qui sera mise en scène au Théâtre de l'Œuvre par Lugné-Poe. Il épouse en 1929 Georgette Ciselet, femme politique belge libérale, associée à « la lutte féministe pour l’égalité professionnelle et intellectuelle. »

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