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Max Elskamp - En soi

Publié le par antoiniste

As-tu assez aimé ?
Tu n'en es pas bien sûr,
Et si tu t'es donné
Etait-ce de foi pure ;

Avais-tu résigné,
Accepté toutes choses,
Même ce que l'on hait
Sans en savoir la cause ;

As-tu cru tout en foi
Et sans pouvoir douter,
Etait-il paix en toi
Comme d'éternité ?

As-tu assez aimé
Pour que chait se soit tue
En toi ce matin né
Ou à nuit descendue,

Et que le désir mort,
Ce soit les yeux levés
Que tu aies vu le port
Qu'est le ciel de clarté,

Pour y monter ton âme
Comme une nef ailée,
Sous des soleils de flammes
Dans de l'air tout doré ?

Tu as couru le monde,
Tu as connu la vie,
Et sur la terre ronde
Ta voie, tu l'as suivie,

Et ton rêve fut vrai
Si tu en fais la somme,
Sauf en ce qui a trait
A ce qui est des hommes ;

As-tu assez aimé ?
Tu n'en es pas bien sûr,
Mais tu t'es tout donné
Pour que Dieu te pardonne.

Max Elskamp, XI - En soi
Aegri Somnia, Fleurs vertes, 1924
Editions Labor, Espace Nord, Bruxelles, 1987
La chanson de la rue Saint-Paul, p.168

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H.P.Blavatsky - la terre serpent

Publié le par antoiniste

    Dans le « mantra du serpent », le Brahmana déclare : « Ce mantra est celui qui a été vu par la reine des serpents, Sarparajni ; parce que la terre (iyam) est la reine des serpents, car elle est la mère et la reine de tout ce qui se meut (sarpat). Dans le commencement, elle n'était qu'une tête (ronde) sans cheveux, c'est-à-dire sans végétation. Elle apprit alors ce mantra qui confère à ceux qui le connaissent le pouvoir de prendre toutes les formes qu'ils peuvent désirer. Elle prononça le Mantra, c'est-à-dire : elle fit le sacrifice aux dieux et, en conséquence, elle put immédiatement revêtir une apparence tachetée, elle devint bariolée et put reproduire toutes les formes à sa convenance, changeant une forme en une autre. Ce mantra commence par les mots Ayam gaûh pris'nir akramit (X, 189). »

H.-P. Blavatsky, Isis dévoilée T. 1 (1915), p.86
source : gallica

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H.P.Blavatsky - la médecine

Publié le par antoiniste

    Si nous mettons de côté les enseignements purement métaphysiques de la Cabale, si nous voulons nous occuper seulement de l'occultisme physique et nous consacrer à la branche, dite thérapeutique, les résultats d'une telle étude pourraient être profitables à quelques-unes de nos sciences modernes, entre autres, à la chimie et à la médecine. Le professeur Draper dit : « Parfois, non sans surprise, nous nous trouvons en présence d'idées que nous nous flattons d'avoir vu naître à notre époque. » Cette remarque, faite à propos d'écrits scientifiques des Sarrasins, s'appliquerait encore mieux aux Traités plus secrets des Anciens. La médecine moderne, tout en gagnant beaucoup du côté de l'anatomie, de la physiologie, de la pathologie et même de la thérapeutique a immensément perdu par son étroitesse d'esprit, son rigide matérialisme et son dogmatisme de sectaire. Une école, dans sa myopie obstinée, ignore absolument ce qui est enseigné dans d'autres et toutes sont d'accord pour ne pas connaître les grandes conceptions sur l'homme ou sur la nature issues du Mesmérisme et les expériences faites sur le cerveau en Amérique. Toutes sont fermées aux principes qui ne cadrent pas avec le matérialisme le plus grossier. Il faudrait convoquer les médecins rivaux des diverses écoles pour réunir les notions actuellement acquises par la Science médicale. Encore arrive-t-il trop souvent que, lorsque les meilleurs praticiens ont épuisé leur science et leurs talents sur un malade, survienne un magnétiseur ou un « médium guérisseur » qui opère la cure ! Ceux qui étudient les anciens livres de médecine, depuis, Hippocrate jusqu'à Paracelse et Van Helmont, trouveront une grande quantité de faits physiologiques et psychologiques parfaitement établis, des moyens curatifs et des remèdes que les médecins modernes méprisent et refusent.

H.-P. Blavatsky, Isis dévoilée T. 1 (1915), p.99-100
source : gallica

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H.P.Blavatsky - la matière et l'homme aux temps anciens

Publié le par antoiniste

    D'après les philosophes hermétistes de tous les temps (et leur conviction serait basée sur une expérience de soixante-dix mille années), la matière, en raison du péché, devint, à certaine époque, plus grossière et plus dense qu'elle n'était lors de la primitive formation de l'homme. Au commencement, le corps humain était d'une nature semi-éthérique et, avant la chute, l'homme communiquait librement avec le monde maintenant invisible pour lui. Mais. depuis, la matière est devenue comme une formidable barrière entre nous et le monde des êtres incorporels. Les plus vieilles traditions ésotériques enseignent aussi qu'avant l'Adam mystique plusieurs races d'êtres humains vécurent et périrent, chacune a leur tour, faisant place a une autre.

H.-P. Blavatsky, Isis dévoilée T. 1 (1915), p.74
source : gallica

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H.P.Blavatsky - la matière et l'esprit

Publié le par antoiniste

    La théorie cosmologique des nombres que Pythagore avait apprise des hiérophantes égyptiens est seule capable de réconcilier les deux unités : la matière et l'esprit. Seule elle peut permettre à chacune d'elles de démontrer, mathématiquement, l'existence de l'autre.

H.-P. Blavatsky, Isis dévoilée T. 1 (1915), p.82
source : gallica

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Fiodor Dostoievski - Le Grand Inquisiteur

Publié le par antoiniste

    Le récit s'articule autour du dialogue entre Ivan, le narrateur, et son frère Alexeï. Il s'agit pour Ivan d'ébaucher les traits d'un poème dans la verve de ces poèmes monastiques moscovites dans lesquels on théâtralise la vierge et les anges et où il ne s'agit pas moins que d'infléchir les décisions divines. Ces histoires mythologiques laissent à l'auteur une certaine liberté d'imagination à l'égard du divin, permettant la mise en scène de situation absurdes (i.e. qui n'ont pas lieu d'être). Cette prose fictive met donc en exergue les limites de l'interprétation des textes en ce qu'elle dénonce l'utilisation de la religion contre elle-même.
    Après ce préambule sur les motifs de son entreprise, Ivan entame son récit par sa situation dans le temps. Ainsi, l'histoire se déroule à Séville, à l'époque de l'Inquisition, et met en scène le retour du Messie (au sens chrétien) en cette période sombre de l'Histoire quand « dans de superbes autodafés on brûlait d'affreux hérétiques ».
    Jésus, mêlé à la foule, produit quelques miracles (en référence aux miracles dans les Évangiles) ; les gens Le reconnaissent immédiatement et L’adorent. Toutefois, Il est arrêté par les sbires du Grand Inquisiteur et condamné à mourir le lendemain au bûcher. Le Grand Inquisiteur le visite dans Sa cellule et Lui dit que l’Église n’a plus besoin de Lui. La suite du récit relate les propos de l’inquisiteur expliquant à Jésus pourquoi Son retour n’est pas le bienvenu et interférera avec la mission de l’Église.
    L’inquisiteur formule son jugement autour des trois questions posées par Satan à Jésus durant la Tentation du Christ dans le désert. Ces trois tentations sont : la tentation de changer les roches en pains, la tentation de sauter du Temple et se laisser attraper par des anges et la tentation de se proclamer Roi du Monde. L’inquisiteur argue que Jésus a rejeté ces trois tentations au nom de la liberté et que Jésus a mal jugé la nature humaine. Il pense que la grande majorité de l’humanité ne peut pas soutenir cette liberté que Jésus leur a donnée. Ainsi, l’inquisiteur suggère que Jésus, en leur donnant cette liberté, a exclu cette majorité de l’humanité de la rédemption, et l’a condamnée à souffrir.
    Ivan souligne que l’inquisiteur est athée. Après avoir recherché Dieu toute sa vie, il abandonne, frustré. Il conserve néanmoins son amour de l’humanité et son désir de ne pas la voir souffrir. En ce sens, il a cédé à l'une des tentations, celle du pouvoir. De là l'intérêt philosophique du passage autour du concept de liberté : Jésus l'avait offerte aux hommes, et ceux-ci l'ont rendue aux Inquisiteurs : « leur liberté, ils l'ont humblement déposés à nos pieds". La raison principale de cet abandon est le poids qu'elle représente pour les fragiles épaules des hommes. Ainsi, aux dires de l'inquisiteur, elle est inconciliable avec leurs besoins naturels : « ils ne sauront jamais répartir [le pain] entre eux ! » Le renoncement s'explique par la nécessité de l'aliénation aux inquisiteurs pour que ceux-ci les nourrissent. L'image du pain symbolise toute la responsabilité que sous-tend l'idée de liberté. Elle fait peur à l'homme parce qu'elle est le synonyme du choix douloureux entre le bien et le mal, de la prise de décisions et aussi de la prise en compte des conséquences de l'action. Or, l'homme est une créature trop faible pour ne pas redouter cette charge ; dès lors, à ceux qui se proposent de régner sur les hommes, d'assumer pour eux tous ces choix, est offerte leur liberté. On retrouve ici l'idée de La Boétie, qui dans le Discours de la servitude volontaire affirme en substance que si l'homme est privé de sa liberté, c'est qu'il y consent.
    Le récit est aussi une critique de l'Église catholique romaine qui vise la domination universelle avec son armée et des jésuites, car l'inquisiteur représente cette Église que Jésus vient déranger. L'inquisiteur dit même qu'il est avec le démon : « Nous ne sommes pas avec toi, mais avec lui, depuis longtemps déjà. » Il se propose de berner les humains : « Ils mourront paisiblement, ils s’éteindront doucement en ton nom, et dans l’au-delà ils ne trouveront que la mort. »
    L’inquisiteur assure Jésus que le genre humain vivra et mourra heureux, dans l’ignorance. Même s’il les mène vers la mort et la destruction, ils en seront heureux. L’inquisiteur sera ainsi un martyr, passant sa vie à choisir pour l’humanité.

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Inquisiteur

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Auréole de la conscience en allemand

Publié le par antoiniste

Die AURA des GEWISSENS

Ein einziges Mittel kann die Menschheit heilen: DIE GLÄUBIGKEIT.
Aus der Gläubigkeit kommt die Liebe. Die Liebe, die uns in unseren Feinden Gott selbst zeigt.
Wenn wir unsere Feinde nicht lieben, lieben wir Gott nicht.
Denn es ist die Liebe die wir für unsere Feinde haben, die uns würdig macht ihm zu dienen.
Es ist die einzige Liebe, die uns wirklich lieben lässt.
Denn sie ist rein und voll Wahrheit.

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Antoine le Guérisseur (Le Nouvel éducateur rationnel-année 1-n°7- 1912)

Publié le par antoiniste

Antoine le Guérisseur (Le Nouvel éducateur rationnel-année 1-n°7- 1912)

Passe, Passe... Passera
Mais le vrai seul, restera

ANTOINE, LE GUÉRISSEUR
par la science de la Pensée

    Antoine, dit le Guérisseur, vient de mourir le 25 juin dernier, à ]emmèpes-sur-Meuse (Belgique), où il avait fondé le culte qui porte son nom et qui est une facette du nouveau spiritualisme en train de se constituer de par le monde.
    La voici : Un seul remède peut guérir l'humanité : la foi ; c'est de la foi que naît l'amour, l'amour qui vous montre dans nos ennemis Dieu lui-même ; ne pas aimer nos ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car l'amour que nous avons pour nos ennemis nous rend dignes de le servir : c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, car il est pur et de vérité.
    Bien qu'on lui ait attribué la puissance de guérir par la foi, on peut se convaincre en lisant ses enseignements dans "L'aurore de la conscience" que non seulement il y joignait l'amour le plus élevé, mais qu'il s'appuyait sur la connaissance de la Pensée.
    Il se réclamait de l'observance de ses lois et du maniement des pensées pour obtenir, conserver et faire progresser la puissance qu'il avait acquise.
    Tout fluide est une pensée, toute pensée est un fluide est une affirmation qui revenait sans cesse dans le développement oral et écrit qu'il faisait de sa doctrine.
    Né en 1846, dans le culte catholique, après avoir étudié le côté moral du spiritisme, ce n'est qu'en 1906 qu'il créa son église.
    Issu de parents pauvres, il fut mineur et métallurgiste. Depuis 1906, il se consacra au maniement des fluides et à la guérison des malades qu'il recevait chez lui.
    Sa maison étant devenue trop petite, un riche admirateur lui fit bâtir une église qui coûta, dit-on, 100.000 fr.
    11 n'est pas indifférent de lire la lettre de faire-part de sa mort :
    Culte Antoiniste,
    Frère.
    « Le Conseil d'administration du culte Antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner aujourd'hui, mardi matin, 25 juin.
    « Avant de quitter son corps, il a tenu à recevoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère Le remplacera dans sa mission. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous.
    « Mère montera à la tribune pour les opérations générales, les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures.
    « L'enterrement du Père aura lieu dimanche prochain, 30 juin, à 3 heures. »
    Cette lecture nous apprend qu'Antoine et sa femme formaient un couple humain psychique complémentaire.
    L'égalité sociale de l'homme et de la femme est ainsi consacrée chez les Antoinistes et pratiquée par eux.
    Il est à remarquer que les enfants d'un pays comme, toute la partie de la Belgique sur laquelle le culte Antoiniste a pris de grandes proportions, qui a pour base et pour structure géologique les roches primaires, le carbonifère surtout, sont aptes à une très rapide et très haute évolution morale et sont naturellement religieux, mystiques. Ainsi s'expliquent les nombreux adeptes que fit Antoine dans certaines parties de l'Angleterre et de l'Amérique qui possèdent des milieux géologiques similaires.
    Antoine le Guérisseur ne quitta pas son pays.
    Du succès qu'il remportait socialement et de la puissance qu'il exerçait sur les forces psychiques il concluait, et le titre seul de la revue qu'il publia «L'Unitif» le prouve suffisamment, à la réalisation de l'Unité et de l'harmonie humaines par la vulgarisation et l'observance de son enseignement.
    C'est là une de ces pieuses erreurs coutumières à ceux qui ont trouvé une parcelle de la Vérité.
    La Terre n'est pareille nulle part: les individus et les races quoi qu'humains diffèrent essentiellement et psychiquement et portent en eux des raisons impérieuses qui les font manifester, cultiver et rendre fécondes d'autres facultés.
    Antoine faisait redouter l'intelligence et le savoir. Il les considérait comme nuisibles au progrès, au perfectionnement moral qui, seul, devrait compter pour l'individu parce qu'il est seul le but de la Vie.
    Il y a beaucoup de vrai dans tout cela... mais ce n'est pas toute la vérité, loin de là... L'intelligence et la science ne doivent-elles pas devenir les auxiliaires du progrès moral et psychique ?
    Car la vérité, ce n'est pas de sacrifier des facultés primordiales à la suprématie d'autres facultés non moins essentielles, c'est de les faire concourir toutes au même but; c'est la réalisation de la vie rationnelle, pour le plus grand nombre d'humains capables d'exercer, pour le bien individuel et général, les pouvoirs, les moyens psychiques spirituels et toutes les nobles facultés de la nature humaine, selon l'ordre, le temps et l'espace.
    Quand on comprend bien, on aime mieux, l'on sait ce que l'on doit aimer et comment il faut l'aimer.
    Saluons Antoine le Guérisseur qui apporta de la lumière et projeta des clartés vivaces sur la route ténébreuse de l'évolution. Retenons ses leçons sur l'évolution morale ; essayons d'acquérir sa puissance dans le maniement des pensées, mais poursuivons notre labeur et sachons comprendre pourquoi et comment toutes les puissances et valeurs évolutionnelles peuvent être arrachées au mystère par patience, la volonté, la foi, le désintéressement et l'amour, mais aussi par l'intelligence et la méthode.

Le Fureteur

Le Nouvel éducateur rationnel,
recherches des éléments constitutifs de l'éducation correspondante à l'usage de la liberté. Science de la vie. Science de la liberté. Science de l'amour. Rédactrice en chef : Lydie Martial.
Année 1 - n°7 - 1912 (p.108)
source : gallica

    Lydie Martial exposera dans la revue La Rose + Croix (revue synthétique des sciences d'Hermès, 1911 l'idée de la corrélation entre les roches primaires carbonifères et l'apparition des médiums.

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Alain Woodrow - Les nouvelles sectes (1977)

Publié le par antoiniste

Titre :     Les nouvelles sectes
Auteur :     Alain Woodrow
Édition :     Éditions du Seuil, Points actuels, 1977
Format :     187 pages

    Le livre est cité en référence dans le dernière édition (Labor - Espace Nord) du livre de Robert Vivier, Délivrez-nous du mal.
 
Dos de la couverture
    En notre siècle rationaliste, la profusion des sectes constitue un phénomène étonnant de Alain Woodrow cherche à percer le phénomène.
    D'un côté, des organismes puissants, riches, habiles à recruter. De l'autre, des individus - souvent très jeune - épris d'idéal, qui abandonnent famille, études, carrière pour suivre ce qu'ils croient être leur voir spirituelle.
    Comment expliquer le succès foudroyant des unes, la fascination et la soumission des autres? Pourquoi des êtres, avides de liberté et de vérité, gobent-ils en dévots? Que cherchent les sectes? Le pouvoir personnel? L'argent? La domination politique? Surtout comment arrivent-elles à leurs fins? Drogue? Viol psychologique? Lavage de cerveau?
    Une enquête sur les principales sectes. Un dossier qui démonte leur mécanisme.
    Alain Woodrow, spécialiste des affaires religieuses. Chroniqueur au Monde.

    Resencion :
    A.W., journaliste au Monde, met ici sa plume au service de la dénonciation des sectes actuelles. Mormons, moonistes, maharajistes, Amis de l'homme, membre de la Science chrétienne, disciples du Christ de Montfavet, adeptes de la scientologie, enfants de Dieu, antoinistes, baha'istes, sectateurs du Soka Gakkai, adventistes, dévots des Trois Saints Coeurs, Témoins de Jéhovah, et peut-être quelques autres encore, retiennent l'attention de l'A.
    L'information véhiculée par cet ouvrage est de celle qui afflues dans les salles de rédaction. Le Monde, Le Nouvel Observateur, L'Express, Paris-Match, Les Informations Catholiques Internationales figurent parmi les sources les plus fréquemment citées. A.W. n'a consulté aucun des travaux scientifiques, pourtant peu nombreux, traitant des questions qu'il débat.
    Pour l'A., les sectes variées actuellement à l'oeuvre en France meublent le vide créé par "l'immense branle-bas culturel qui secoue notre vieille civilisation occidentale et postchrétienne". Elles constituent un "révélateur de l'état de notre société". A.W. constate que les sectes actuelles (mais toutes celles qu'il évoque n'appartiennent pas à la même vague) se recrutent principalement parmi les jeunes. "Après avoir contesté toutes les formes d'autorité en 1968, voici une jeunesse qui accepte la discipline la plus rigide, l'ascèse la plus totale, l'abandon de sa volonté et de son jugement entre les mains d'autrui... Abandon du sens critique, abdication de liberté : ce sont deux caractéristiques inquiétantes d'une certaine jeunesse, qui entraînent non seulement un reflux du politique mais une remontée de la droite. Et, sans un minimum de discernement, la voie est ouverte à toutes les récupérations, les manipulations, voire les fascismes. Le rapprochement des méthodes de Moon avec celles de Hitler est plus qu'une clause de style." L.A. reproche aux mouvements dont il parle de pratiquer le "viol psychique", de se livrer au racket, etc. Pas une des accusations généralement portées contre les actuelles sectes ne manque à l'appel. Mais c'est surtout l'apolitisme de ces groupements qui tracasse A.W. : "l'apolitisme qui ouvre la porte à toutes les manipulations", écrit-il, page 24.
    Pour lui, les sectes connaissent le succès auprès de beaucoup parce qu'elles apportent des réponses simples aux problèmes de notre époque, font voir "Dieu au bout d'un microscope", fournissent - pour certaines d'entre elles - des "mirages rousseauistes", répondent, enfin, à un "besoin d'ésotérisme et de dépaysement".
    On n'accorderait pas attention à cet ouvrage, s'il ne présentait, par rapport à d'autres, un élément intéressant et nouveau, A.W. se demande par quels moyens mettre fin à l'influence des sectes et décrit les positions et tentatives de certains groupes antisectaires. Il a du mal à se ranger pleinement à leurs côtés. Il s'aperçoit en effet que, au-delà de ses préférences personnelles en la matière, la question posée par l'existence des sectes rejoint, en dernière analyse, celle de notre droit à l'erreur et à la liberté d'opinion. Car, constate-t-il, la plupart des membres de ces groupes sont consentants à la "manipulation" dont ils seraient victimes (p.169). Ceci le mène à affirmer que "la chasse aux sorcières déclenchée par certains milieux, familiaux, politiques ou ecclésiastiques, contre toutes les sectes sans discrimination est tout aussi sujette à caution et ambiguë finalement que le phénomène qu'elle entend combattre" (ibid.).
    La lecture de ce livre fait regretter une fois de plus l'absence de travaux scientifiques sur ces "nouvelles sectes" en France (ceux qui existent sont principalement anglo-saxons). Il faudrait d'ailleurs étudier aussi la polémique qui se développe autour de ces groupements. Leur succès statistiquemet très réduit justifie-t-il tant de hargne à leur égard ? A quoi correspond l'âpreté et l'intensité de la dénonciation dont elles sont l'objet de la part de milieux variés ?
     Jean Séguy.
Archives des sciences sociales des religions, Année 1978, Volume 46, pp. 317-318
source : persee.fr

Table :
Introduction : Sectes et sectarisme
1. Un terrain de choix
2. Des besoins satisfaits
3. Les méthodes employées
4. Les buts recherchés
Conclusion : Le prix de la liberté
Postface à la nouvelle édition
Table-répertoire

    L'auteur fait la différence entre l'antoinisme et ce qu'il appelle les sectes à prétention à une doctrine scientifique. La Science Chrétienne en fait partie. On sait maintenant pourquoi Paul Ariès rangeait l'antoinisme à part de la Science chrétienne. Les sectes scientifiques, nous dit Alain Woodrow, citant le théologien Jean Chevalier, ont des prétentions scientifiques "légères, voire grotesques, souvent retardataires et même périmées" (p.24).

    Sur l'antoinisme, on lit dans la table-répertoire :
Fondateur : Louis Antoine (1846-1912), Belge.
Enseignement : Antoine impose les mains aux malades, recommande certains remèdes, distribue des morceaux de tissu "magnétisé", prescrit des régimes alimentaires. Par la suite, ses disciples prétendent "chasser les démons, ressusciter les morts, s'entretenir avec les disparus de ce monde et donner gratuitement ce qui leur a été donné gratuitement". (1)
But : La propagation de cette doctrine et faire reconnaître Antoine comme "prophète". (2)
Nombre d'adeptes : 150 000 en 1959 dans 55 temples (30 en Belgique, 25 en France).
Adresse : 49, rue du Pré-Saint-Gervais, 75019 Paris
 (voir pages 52-53 ; 124).

    Le mal est illusoire (p.52-53)
    [après plusieurs paragraphes sur la Science chrétienne]. Louis Antoine, un mineur belge, né en 1846, prétendait détenir un "fluide magnétique" qui pouvait guérir les maladies, triompher du mal et même de la mort. Comme chez les adeptes de la Science chrétienne, pour Antoine le corps n'est rien. Si l'on veut guérir celui-ci, c'est à l'âme qu'il faut s'attaquer.
    L'enseignement des antoinistes, comme s'appelleront les disciples de Louis Antoine, est spiritualiste et occulte. Le thaumaturge opère ses guérisons avec l'aide d'un guide de l'Au-delà, dont il donne cette description : "Il m'apparaît comme un nuage lumineux" - ce qui rappelle l'ectoplasme suscité par le médium lors des séances de spiritisme. (3) Pour favoriser les guérisons, le mouvement recommande de suivre certains régimes alimentaires, et notamment d'être végétarien. (4) On a estimé à 150 000 le nombre d'antoinistes, dont 50 000 Français, au début du siècle, mais il semble que ces derniers ne seraient plus que 5 000 actuellement (5).
    [suit le description du mouvement de Georges Roux, dit le Christ de Montfavet].
    Ces guérisseurs illuminés, du reste, s'apparentent plus aux courants d'occultisme, de sorcellerie et de magie qu'aux mouvements scientistes tels que la Science chrétienne et l'Église de scientologie. (6)
   
    La mégalomanie (p.124)
    Tentation du pouvoir personnel. Il est difficile, en fondant une secte, de ne pas se laisser progressivement "diviniser" par ses disciples. Sans parler de déséquilibrés, comme Georges Roux qui se croit la réincarnation du Christ, nombre de dirigeants de mouvements spirituels - le Père Antoine pour les Antoinistes, la "chère maman" des Amis de l'homme, Mary Baker-Eddy de la Science chrétienne - sont montés petit à petit sur leur piédestal, bercés par le péan qui montait, toujours plus flatteur, de leurs disciples. (7)

(1) L'auteur ne fait de différence entre les différentes étapes de la pratique de Louis Antoine : après 1901, il arrête toutes formes de remèdes autres que la prière par la foi. Ensuite l'auteur ne citant pas ses sources, on ne sait pas d'où vient que ses adeptes chassent les démons, ressuscitent les morts, etc. Mais je vais vous le dire, c'est ce qu'on trouve sur la dernière page de la couverture verte du Petit catéchisme spirite, édité en... 1896 et plus jamais depuis. On est donc là très loin de l'enseignement antoiniste.
(2) D'accord pour la propagation de l'enseignement (et non de la doctrine décrite plus haut), par contre on se garderait bien d'imposer la reconnaissance de Louis Antoine comme prophète quand dans son enseignement même qu'on veut porpager il est dit qu'il ne faut pas s'attacher à la figure du prophète.
(3) Encore un fois, l'auteur n'est pas au courant de l'évolution et confond le spiritisme et l'antoinisme.
(4) Pas plus le "mouvement" que Louis Antoine ne recommandent d'être végétarien, et encore moins pour guérir. Louis Antoine était lui-même végétarien, certains adeptes l'ont suivis d'autres pas.
(5) L'auteur s'embrouille dans les chiffres et nous avec : étions-nous 150 000 en 1959 ou au début du siècle ? ou 5 000 ? En tout, ou seulement en France ?
(6) Quand on pense qu'en 2000, Paul Ariès écrira ses Sectes à l'assaut de la santé en s'appuyant sur ce livre, on ne s'étonne plus du résultat. Désinformation, aucune source fiable citée. Et voilà la raison pour laquelle ce dernier classe les antoinistes à part de la Science chrétienne. Alors que ces deux mouvements sont réunis par Régis Dericquebourg ou Anne-Cécile Begot.
(7) On verra que l'avis de Françoise d'Eaubonne est tout autre concernant Louis Antoine.



    L'auteur pose cependant certaines bonnes questions. Notamment il préconisait "pas de chasse aux sorcières tous azimuts, ni de 'délit d'envoûtement', mais un examen clair et lucide de tous les aspects avec dénonciation, là où cela s'avère nécessaire, de faits et de pratiques inacceptables, avec poursuites judiciaires éventuelles lorsqu'il y a infraction aux lois existantes" (p.171). Signalons cependant qu'on a vu que l'auteur ne le faisait pas lui même, en mélangeant toutes les époques de l'antoinisme : Antoine spirite, Antoine guérisseur, Antoine prophète.
    Il précise que "objectivement, l'Église chrétienne n'est qu'une secte qui a réussi. Grâce en partie, du reste, à l'utilisation au cours de sa longue histoire mouvementée de bien des pratiques que nous dénonçons aujourd'hui chez les sectes : 'conversions' forcées, endoctrinement abusif, séquestration, intimidation allant jusqu'à la torture et l'assassinat, machinations politiques et recherche de gains personnels sous une couverture religieuse..." (p.171). Il continue le tableau dans la postface à la nouvelle édition : "Au cours de sa longue histoire, du reste l'Église chrétienne - catholique, orthodoxe et protestante - a été l'objet des mêmes griefs, souvent justifiés, que ceux qui sont faits actuellement aux sectes. L'Église a profité de son pouvoir politique, et de la fiction du bras séculier, pour baptiser de force des peuples entiers ; elle a utilisé ses collèges et petits séminaires pour imposer un endoctrinement parfois excessif ; prompte à tendre la main en toute occasion, l'Église l'est moins pour publier ses comptes ; en matière de discipline, enfin, la notion de "liberté religieuse" réclamée à cor et à cri, est comprise davantage comme la liberté de l'Église dans un milieu hostile que la liberté à l'intérieur de l'Église pour ses fidèles ou théologiens..." (p.200).
    Parmis les questions de fond de cette même postface, l'auteur évoque l'ambiguïté du mot 'secte'. "Il faut donc distinguer nettement entre les sectes au sens sociologique du mot - mouvements religieux, philosophiques et politiques qui ont existé de tout temps - et les nouvelles sectes dangereuses, pieuses escroqueries et pièges à crédules.
    "La distinction n'est pas aisée, toutefois, dans la mesure où rares sont les mouvements qui sont totalement bons ou mauvais. C'est pourquoi il faut définir des critères objectifs et précis, qui serviront à juger de la bienfaisance ou la malfaisance de n'importe quel mouvement : secte ou Église (p.197).
    On voit clairement que cela ne fut pas fait par le gouvernement pour établir sa liste. Sans réparation possible.

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Stembert - vue d'ensemble de la façade nettoyée

Publié le par antoiniste

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