Mary Shelley - Frankenstein - Bonheur
La lumière, le toucher, la conscience passeront ; et c'est en cette condition que je trouverai mon bonheur.
Mary Shelley, Frankenstein (p.319)
Flammarion, Paris
La lumière, le toucher, la conscience passeront ; et c'est en cette condition que je trouverai mon bonheur.
Mary Shelley, Frankenstein (p.319)
Flammarion, Paris
« Tartufe ? » Non. Ce doit être là tout l'homme, double, complexe. inexplicable mélange de bien et de mal, de roueries et de sincérité. Détruisant ce qu'il voulait servir, rêvant de bien et faisant le mal, infiniment retors, compliqué et misérable, parce que conscient de sa duplicité. Et souvent incapable d'être autre chose ! Empoisonné par lui-même !
Maxence Van der Meersch, Masque de chair
Albin Michel, Paris, 1958 (p.155)
S'employer à guérir quelqu'un d'un "vice", de ce qu'il possède de plus profond, c'est attenter à son être, et c'est bien ainsi qu'il l'entend lui-même, puisqu'il ne vous pardonnera jamais d'avoir voulu qu'il se détruise à votre façon et non à la sienne.
E.M. Cioran, Ebauches de vertige
Folio - 2E, p.68
Mais je viens de découvrir, sous la conduite de mon vieux prêtre, qu'il me restait un amour permis : le don de moi, non plus à une compagne chère, mais à tous, à tous ceux qui souffrent. La charité.
Joie de la résurrection ! Joie de revivre ! Car n'avoir plus le droit d'aimer, c'est être un mort parmi les hommes. L'amour est vie !
Maxence Van der Meersch, Masque de chair
Albin Michel, Paris, 1958 (p.132)
Car la réalité de la vie, ce n'est pas la sensation, c'est l'activité – j'entends l'activité et dans la pensée et dans l'action. Ceux qui vivent de sensations ne sont, matériellement et moralement, que des parasites par rapport aux hommes travailleurs et créateurs, qui seuls sont des hommes.
Simone Weil, La condition ouvrière (1951), p.21
source : classiques.uqac.ca
Des visions?… mais tu es un enfant… tu as trouvé le caractère des choses de l’atelier, ni plus ni moins… Un chevalet comme une croix, comme un gibet!… Bravo!… c’est ça, c’est le caractère!… Tu as donné à cet objet, qui n’est rien, qui n’a pas une existence réelle, la forme des terreurs de ton esprit!… Demain, peut-être, tu verras autrement, tu le verras comme… une cathédrale… comme une grande fleur de soleil!… Il faut bien te mettre dans la tête une vérité… un paysage… une figure… un objet quelconque, n’existent pas en soi… Ils n’existent seulement qu’en toi… Tu t’imagines qu’il y a des arbres, des plaines, des fleuves, des mers… Erreur, mon bonhomme… il n’y a rien de tout cela, ultérieurement du moins… tout cela est en toi, et c’est bien plus dur, il me semble… Un paysage, c’est un état de ton esprit, comme la colère, comme l’amour, comme le désespoir… Et la preuve c’est que, si tu peins le même paysage, un jour de gaieté, et un jour de tristesse, il ne se ressemble pas du tout. La nature, la nature!… Parbleu! je crois bien la nature!… Elle est admirable, la nature… admirable en ceci — écoute-moi bien — qu’elle n’existe pas, qu’elle n’est qu’une combinaison idéale et multiforme de ton cerveau, une émotion intérieure de ton âme!… Un arbre… un arbre!… Eh bien, quoi, un arbre?… Qu’est-ce que ça prouve?… Les naturalistes me font rire… Ils ne savent pas ce que c’est que la nature… Ils croient qu’un arbre est un arbre, et le même arbre!… Quels idiots!… Un arbre petit, mais c’est trente-six mille choses… C’est une bête, quelquefois… c’est, c’est… est-ce que je sais, moi?… c’est tout ce que tu vois, tout ce que tu sens, tout ce que tu comprends!… Je te dis cela très mal — mais je te dis la vérité, tout de même!…
Octve Mirbeau, Dans le ciel (p.92)
source : scribd
Notre liberté est l'affaire des médias, des politiciens, des savants, des technocrates, des grossistes en images, en machines à crétiniser, à obstruer les voies conduisant, au plus profond de os fibres, à la connaisance dne soi. La liberté est appâts, cacophonie, slogans, fureurs aguicheuses, néon-néant clignotant, sollicitations de toutes les couoeurs qui hébètent, bref la liberté est destruction organisée de la vie intérieure.
La liberté est devenue le mot le plus prostitué de l'histoire des mots et l'Occident est son meilleur client. La liberté est la providence des fainéants, des parasites, des escrocs, des lâches, des mendiants, des médiocres, des assistés, des irresponsables et des dominateurs. La liberté est ajourd'hui, dans nos sociétés vermineuses, l'objection mahjeure à la liberté de l'esprit. Dans nos démocraties à genoux, la distribution de la liberté s'ordonne comme autant d'éléments épars d'un conditionnement global. La liberté pratiquée par des peuples ou des individus dont la vie intérieure n'est plus rien, sinon l'entonnoir par où s'engouffre la pléthore des invitations à n'être effectivement rien, tout ce que l'imagination moderne produit, à prifusion, comme techniques de déliquéscence, cette liberté-là a cessé d'être le modèle sur lequel eussent pu se fixer le regard des enchaînés, en pays totalitaire.
Marcel Moreau, Monstre (p.60-61)
Luneau Ascot Editeurs, Paris, 1986
On ne vit pas d'après ce qu'on a cru. On croit d'après ce qu'on a vécu. Et c'est pourquoi un coeur corompu est fatalement triste. Et comment n'aurais-je pas douté de l'existence ? Je l'avais affrontée. Et voilà ce qu'elle avait fait de moi ! Un prisonnier, un esclave de la chair.
Maxence Van der Meersch, Masque de chair
Albin Michel, Paris, 1958 (p.45)
Je suis trés émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude oú j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour où je veux me
mettre.
George Sand
PS : vous connaissez le truc ? Lire une ligne sur deux !