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PATRONS ET OUVRIERS DANS LE BASSIN DE LA RUHR

Publié le par antoiniste

CORRESPONDANCE

PATRONS ET OUVRIERS DANS LE BASSIN DE LA RUHR

    Depuis qu'un cours d'économie politique a été créé à l'École des Mines et confié à M. Cheysson, les élèves ingénieurs doivent, dans leurs journaux de mission, faire une part aux observations sociales. M. Fèvre, élève ingénieur, sur le désir exprimé par la Société d'économie sociale, et conformément au programme préparé par M. Cheysson, a étudié les populations du bassin de la Ruhr. En attendant le résultat complet de son enquête, nous détachons de sa correspondance quelques fragments qui intéresseront assurément les lecteurs de la Réforme sociale.
                                                                                                    A. D.

                Gelsenkirchen, 14 octobre.
    La population dans le bassin de la Ruhr se compose en majeure partie d'ouvriers émigrés de différentes parties de l'Allemagne, principalement des provinces voisines (Westphalie, Nassau, etc.) et aussi de la Silésie et de la Pologne. Elle se fait remarquer par son esprit religieux : catholiques et protestants accomplissent les devoirs de leurs cultes, et sont sincèrement croyants. Les députés qui les représentent au Reichstag sont, l'un clérical, l'autre « démocrate chrétien ». Le socialisme n'a guère pénétré ici. Tout au contraire, les gens me paraissent encore profondément empreints de ce sentiment inné de la hiérarchie sociale qui m'a frappé en Allemagne ; ils ont du respect pour leurs patrons, et me semblent vivre en bonne intelligence avec eux.
    Ceux-ci d'ailleurs ont assez souvent fait beaucoup pour leurs ouvriers. On a construit un grand nombre de maisons ouvrières, qui sont toujours remplies; on a fondé des économats, qui livrent les marchandises au prix d'achat (et au comptant); on donne le charbon à prix réduit. Dans beaucoup d'exploitations existent aussi, à côté des caisses obligatoires d'assurances, des caisses supplémentaires de secours, alimentées surtout par des subventions des compagnies, et qui viennent augmenter, et quelquefois dans une proportion considérable, les secours fixés par la loi.
    Un assez grand nombre d'ouvriers ont aussi leurs maisons à eux, qu'ils ont bâties avec leurs épargnes,et dont ils louent une partie à des camarades. Ceci contribue naturellement à rendre ces ouvriers stables, et attachés à une exploitation.
    Quant à ce qui concerne les lois d'Empire sur l'assurance obligatoire, elles ont été en général et sont toujours regardées d'un bon oeil et par les exploitants et par les ouvriers. Elles ont d'abord le mérite d'être très pratiques, en ce qu'elles coupent court à la plupart des procès, qui auparavant intervenaient constamment entre le patron et l'ouvrier, celui-ci prétendant que la cause de l'accident se trouvait dans une négligence du patron ou d'un de ses employés. M. Ichon dit, dans son article paru dans les Annales des Mines, que ces procès étaient beaucoup plus rares dans l'industrie des mines que dans les autres, a cause de l'existence des caisses de Knappschaft, qui donnaient un secours à l'ouvrier. Mais ce secours accordé n'enlevait pas à l'ouvrier son droit à une indemnité plus forte, si celle-ci était réellement due par le patron, et n'empêchait pas les procès, du moins d'après le témoignage des exploitants de ce district, procès donnant lieu naturellement à des débats irritants. Aussi leur suppression me paraît avoir été très favorablement accueillie des deux côtés, et avoir été un des principaux éléments de succès des nouvelles lois.
    Les patrons ont à supporter, d'après celles ci, d'assez lourdes charges. Mais ils paraissent encore préférer cela aux procès auparavant engagés en vertu de la loi de responsabilité (Haftpflicht) de 1871.  Du reste ils contribuent encore souvent à des caisses de secours non obligatoires (Unterstutzungkassen), spéciales à chaque exploitation.
    Quant aux ouvriers, ils se sentent, suivant leur expression, « plus libres», mais non dans ce sens qu'ils sont plus indépendants de leurs patrons et se croient dégagés envers eux de toute reconnaissance, mais en ce qu'ils peuvent envisager l'avenir avec plus de sécurité, et appliquer leurs épargnes à leur bien être, sans crainte de les voir, à un moment donné, se fondre dans leurs mains, si le mari devient incapable de travailler.
    En somme, et dans les conditions de bonne intelligence régnant actuellement ici entre les patrons et les ouvriers, les lois d'assurance obligatoire ont été favorablement accueillies des deux côtés, et regardées comme un bien.
    Quant à la transformation des anciennes Knappschaftskassen, voici comment elle a eu lieu en général. Dans les ressorts correspondant aux anciennes, se sont fondées les caisses de maladie (Krankenkassen), qui sont plutôt une dérivation des anciennes caisses qu'une fondation nouvelle. Les anciennes Knappschaftsvereine subsistent toujours, mais n'ont plus à s'occuper que des pensions de retraites, et des secours à accorder aux veuves et aux orphelins (dont le chef de famille n'est pas mort à la suite d'un accident).
    A cet effet, plusieurs anciennes sociétés se sont quelquefois réunies en une seule (ainsi dans le Harz). Ces deux caisses (de maladie et de Knappschaft) ont des comptabilités distinctes, mais conservent la même administration, sauf dans le Hartz où la séparation est complète.
    Enfin vient la caisse d'assurance contre les accidents. A cet égard tous les exploitants de mines de l'Allemagne forment une vaste et unique association professionnelle. Celle-ci est divisée en 8 sections, dont la Westphalie forme la seconde. Les exploitations doivent être rangées dans des catégories différentes, quant au taux de leur contribution, catégories établies suivant les risques; ceux-ci seront d'ailleurs probablement indiqués par les accidents arrivés dans les dernières années. Mais ces tableaux ne sont pas encore fixés.
    L'ouvrier n'a qu'une crainte au sujet de la loi d'assurance contre les accidents, crainte relative à l'exécution de la loi. Il peut arriver en effet que des ouvriers blessés dans la mine, mais encore capables de travailler, deviennent prématurément invalides par une suite indirecte de leur blessure, et retombent ainsi à la charge de la Knappschaftskasse. Les exploitants ont tout intérêt à en augmenter le nombre le plus possible, et c'est dans ce sens que les ouvriers redoutent quelques abus. Mais quant à l'esprit même de la loi, ils le trouvent excelent. C'est aussi l'avis des exploitants, et tant que dureront les bonnes relations existant actuellement, il me semble que le fonctionnement des caisses se fera sans beaucoup de difficultés, et aura plutôt pour effet de maintenir cette bonne intelligence que de l'altérer. L'ouvrier n'est pas en effet ici, comme l'ouvrier français, mécontent de sa position et visant toujours plus haut. Il ne songe pas à s'élever au-delà. Et pourvu qu'on lui procure les moyens de gagner sa vie en lui permettant par des mesures protectrices analogues aux caisses d'assurances de dépenser ce qu'il gagne, et d'être dégagé de tout souci d'épargne, c'est tout ce qu'il demande.
    Sans doute ceci n'est point fait pour encourager la prévoyance. Mais l'ouvrier ne pense pas si loin. Qu'il soit sûr de vivre, sans avoir à craindre de trop grosses difficultés à un moment donné, c'est tout ce qu'il demande. Resterait à voir d'ailleurs si un système de liberté encouragerait effectivement beaucoup plus l'épargne. Car ceux des ouvriers qui ont l'esprit de prévoyance, peuvent amasser maintenant en toute sécurité, et appliquer l'argent ainsi mis de côté à acheter une maison ou un jardin, etc.
    En un mot le système n'empêche pas l'épargne ; il en restreint seulement le but, tout en lui donnant plus de sécurité.
    Ceci, direz-vous, ressemble bien un peu à un panégyrique. Mais j'avoue que je suis arrivé ici avec des idées un peu préconçues, et que le spectacle que j'y ai trouvé de patrons unis pour le bien des ouvriers, et d'ouvriers attachés à leurs patrons et à leur métier, ne perdant point leur temps ni leur esprit en récriminations stériles, m'a réchauffé le coeur, et m'a rendu un peu enthousiaste.
Agréez, etc...
                                      L. FÈVRE.

Les Études sociales : organe de la Société des études pratiques d'économie sociale et de la Société internationale de science sociales
1886/07 (A6,SER2,T2)-1886/12.  (p.488)
source : gallica

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Simone Weil, La condition ouvrière - Ne plus penser

Publié le par antoiniste

    D'une manière générale, la tentation la plus difficile à repousser, dans une pareille vie, c'est celle de renoncer tout à fait à penser : on sent si bien que c'est l'unique moyen de ne plus souffrir !

Simone Weil, La condition ouvrière (1951), p.14
source : classiques.uqac.ca

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Xavier de Maistre - rien n'est plus conséquent

Publié le par antoiniste

    On va dans un pré, et là, comme Nicole faisait avec le Bourgeois Gentilhomme, on essaye de tirer carte lorsqu'il pare tierce; et, pour que la vengeance soit sûre et complète, on lui présente sa poitrine découverte, et on court risque de se faire tuer par son ennemi pour se venger de lui. — On voit que rien n'est plus conséquent, et toutefois on trouve des gens qui désapprouvent cette louable coutume ! Mais ce qui est aussi conséquent que tout le reste, c'est que ces mêmes personnes qui la désapprouvent et qui veulent qu'on la regarde comme une faute grave, traiteraient encore plus mal celui qui refuserait de la commettre. Plus d'un malheureux, pour se conformer à leur avis, a perdu sa réputation et son emploi; en sorte que lorsqu'on a le malheur d'avoir ce qu'on appelle une affaire, on ne ferait pas mal de tirer au sort pour savoir si on doit la finir suivant les lois ou suivant l'usage, et comme les lois et l'usage sont contradictoires, les juges pourraient aussi jouer leur sentence aux dés.

XAVIER DE MAISTRE - Voyage autour de ma chambre (Chap. III)

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Marcel Moreau, Monstre - La question du bien et du mal

Publié le par antoiniste

    Le rôle du Monstre n'est pas de dessaisir l'individu de son pouvoir d'agir invinciblement. Il est tout le contraire d'un manière d'exorcisme, ou d'exutoire. Les forces qui roulent et rugissent en lui sont fidèles à leur nature profonde, porte ouverte, souvent battante, sur l'irrépressible. La connaissance ni n'abolit la possibilité de l'acte ni ne la confisque à son seul profit. Les forces qui roulent et rugissent ne relèvent que de loin en loin de la morale. Elles participent d'un amour de la vérité et de la beauté qui, la plupart du temps, surmonte la question du bien et du mal.

Marcel Moreau, Monstre (p.96)
Luneau Ascot Editeurs, Paris, 1986

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Rudolf Steiner - la double nature de l'homme, par la pensée il s'embrasse lui-même ainsi que tout l'univers

Publié le par antoiniste

    Si le sujet pense, ce n'est pas pour la raison qu'il est un sujet ; au contraire c'est parce qu'il est capable de penser qu'il peut s'apparaître sous l'aspect d'un sujet. Par conséquent, l'activité que l'homme exerce en qualité d'être pensant n'est pas une activité seulement subjective ; elle n'est à vrai dire ni subjective ni objective ; elle plane au-dessus de ces deux concepts. Je n'ai aucunement le droit de dire que mon sujet individuel pense, mais bien plutôt qu'il existe grâce à la pensée. Celle-ci est, pour ainsi dire, un élément qui m'entraîne au-delà de mon moi et qui me relie aux objets. Et elle m'a séparé du même coup, en m'opposant à eux sous l'aspect de sujet.
    C'est là-dessus que se fonde la double nature de l'homme : par la pensée il s'embrasse lui-même ainsi que tout l'univers. Mais, en même temps, l'acte de penser le détermine lui-même en face de cet univers, dans son rôle d'individu.

Rudolf Steiner, La Philosophie de la liberté, 1918 (p.62)
source : Gallica

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Roland Topor - Affiche réalisée pour Amnesty International

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Robert Vivier - Délivrez-nous du mal (critique du livre Lettres françaises de Belgique)

Publié le par antoiniste

DELIVREZ-NOUS DU MAL Roman de Robert Vivier (né en 1899) publié en 1936. Ce récit reconstitue la vie d'Antoine le Guérisseur, pseudonyme de Louis Antoine, né en 1846 près de Liège. Garçon sérieux et très dévot, il travaille dès l'âge de douze ans dans les mines. En 1873, après avoir terminé son service militaire, il épouse Catherine, une jeune fille qu'il connaît déjà depuis longtemps. Le couple déménage successivement en Allemagne et en Russie pour retourner chaque fois en Belgique, à Jemeppe. Les différents métiers qu'Antoine a exercés (machiniste, ouvrier, marchand de légumes) ne lui permettent pas de résoudre ses problèmes financiers.
    Cet échec le plonge dans un malaise continu. Cependant, une séance de spiritisme et le pouvoir guérisseur lié à cette pratique le font sortir de l'impasse : Antoine comprend que la richesse n'est pas forcément source de bonheur et qu'elle ne vaut pas la santé. Devenu médium lui-même, il forme un groupe spirite : les Vignerons du Seigneur. La souffrance qu'il éprouve à la mort de son fils ne fait qu'intensifier ses anbitions caritatives. Le nombre de guérisons augmente et sa popularité croît sans cesse. Le fait que sa pratique est efficace et gratuite le font gagner deux procès engagés contre lui. Stimulé par ses succès, Antoine rédige quelques traîtés dans lesquels il décrit ses expériences. Aussi transforme-t-il sa maison en temple. Quelque temps avant sa "désincarnation", conçue non pas comme une barrière inexorable mais comme un moyen d'accès aux mystères d'outre-tombe, Antoine (surnommé le Guérisseur, le Généreux ou Père par ses adeptes) délégue ses pouvoirs à "Mère" Catherine. Il meurt en juin 1912 et il est enterré selon le rite antoiniste.
    VIVIER fournit au lecteur une description détaillée de l'antoinisme, un mouvement ésotérique qui a connu beaucoup de partisans. Le caractère netement écotérique de ces pages n'empêche à aucun moment leur élaboration romanesque. En effet, on accède continuellement aux idées, aux doutes et aux espoirs du protagoniste. Cette pénétration directe dans la conscience de ce personnage charismatique a permis à l'auteur d'établir un portrait captivant d'un homme dont la renommée dans sa région natale est loin d'être éteinte.

    J. De Caluxé e.a., Hommage à Robert Vivier, Liège, 1965. - R. Vivier, Proses, avec introduction par M. Thiry, Bruxelles, 1965.

Lettres françaises de Belgique: Le roman (p.126)
sous la direction de R. Frickx,  R. Trousson,  V. Nachtergale
source : Google Books

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René Magritte, La Tentative de l'Impossible,1928

Publié le par antoiniste

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Paul Jousset, L'Allemagne contemporaine illustrée (1901), p.168

Publié le par antoiniste

    Aujourd'hui, plus de 10 millions d'ouvriers sont répartis en 3 millions et demi d'exploitations industrielles, dont 19,000 plus importantes avec 3 millions d'ouvriers et 255 entreprises géantes, avec 430,000 employés (plus de 1,000 chacune). L'industrie en chambre, dont les quatre cinquièmes s'emploient au lissage, à la papeterie, à l'habillement, occupe 430,000 personnes, pour moitié des femmes. Si au développement de la
main-d'oeuvre, s'ajoute la puissance des machines tous les jours croissante, l'on arrive pour toute l'industrie à une capacité de travail vraiment colossale.
    On industrialise même la terre : fromageries et laiteries compensent le bas prix des céréales; de grands espaces sont donnés à la culture de la  betterave; raffineries et distilleries se multiplient. Cependant il faut demander à l'importation les denrées alimentaires qui font défaut, des céréales, des produits agricoles de tout genre, légumes, semences, jusqu'à des pommes de terre, du bétail, moutons et porcs, etc. On mange ferme là-bas : le pain manque à côté des montagnes de sucre et des ruisseaux d'alcool. Les deux cinquièmes de la population industrielle de l'Allemagne sont à la merci des Etats producteurs mieux pourvus. Cependant on continue à se ruer vers les villes; les usines deviennent des villages qui se soudent entre eux et forment des agglomérations colossales,
comme Elberfeld-Barmen, ce grand emporium de 157,000 et 142,000 habitants, qui s'entasse dans la vallée de la Wupper, sur une longueur de 8 kilomètres, là où jadis végétaient
quelques pauvres bourgades. On se presse, on se hâte, et dans cette région de la Wupper et de la Ruhr, les manufactures coudoient les fonderies, les ronflements des métiers se mêlent aux éclats des forges : c'est partout un fourmillement, une fureur de vivre. Ruhrort est la grande porte de sortie de cet enfer industriel sur le Rhin. C'est une
tête rayonnante et, dans toute sa beauté, l'enchevêtrement des hommes et du fer.

Paul Jousset, L'Allemagne contemporaine illustrée (1901), p.168
source: gallica

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Morale (guérison de l'âme) plutôt que la guérison (du corps)

Publié le par antoiniste

        Régis Dericquebourg, Les Antoinistes, p.111
    Le 'guérisseur de Jemeppe' parle peu de la maladie et du traitement spirituel. une telle réserve semble paradoxale quand on sait qu'il a consacré une partie de sa vie à recevoir les malades et qu'il a authentifié son prophétisme grâce au charisme de guérison.

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        Régis Dericquebourg, Les Antoinistes, p.116
    Dans l'antoinisme, à une exception près (l'appel du 15 juin 1970 aux professions de foi parmi les guéris), il n'existe pas de réunion de témoignage comme chez les disciples de Mary baker Eddy.

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        Régis Dericquebourg, Les Antoinistes, p.132
    Les occasionnels qui assistent de temps à autre - parfois de façon très espacée - à l'opération générale du dimanche. Un problème de santé ou un événement de la vie peut les faire retrouver un jour le chemion du temple. Ces personnes peuvent marquer leur attachement à l'antoinisme en commémorant la mort des fondateurs. Il arrive aussi que certain ne reviennent jamais.La guérison obtnue n'était-elle que leur seul but ? N'ont-ils pas trouvé ce qu'ils cherchaient ? Les guérisseurs antoinistes ne s'inquiètent pas de ces défections. la consultation unique ou épisodiqe fait partie de leur service. pour s'engager dans le 'travail moral', "il faut en avoir la pensée", cela viendra un jour, peut-être dans une autre vie.

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        Association politica hermetica - Esotérisme et guérison - L'AGE D'HOMME, 2005 (source : Google Books)
    En principe, la thérapie religieuse des maladies n'est pas un "à-côté" de la voie religieuse. En recourant à un religiothérapeute, le malade aurait l'occason de se palcer sur une voie du salut : se libérer maintenant du poids des incarnations et hâter le cycle des réincarnations, retrouver le christianisme par le biais de l'image du Christ guérisseur. Pourtant, il arrive qu'elle soit délaissée par des sollicitateurs occasionnels. nous avons dit ailleur que ce cas de figure illustre la tension entre l'offre de guérison et la proposition de salut, la première étant souvant priviliégiée par le public. Par exemple, nous avons entendu des guérisseurs antoinistes déplorer que beaucoup de personnes utilisent leurs temples comme un dispensaite de soins spirituels au détriment de la voie du salut antoiniste. Mais dans leur rationalité, les religiothérapeutes inscrivent quand même la consultation dans la sotériologie. Pour eux, la maladie a fourni l'occasion de se rapporcher de Dieu et ce qui a été "donné" lors du traitement religieux est une graine de spiritualité qui germera plus tard, dans la vie présente ou dans une autre vie future quand leur doctrine est réincarnationiste. Toutefois, les consultants savent qu'un dispositif religieux visant le salut est sous-jacent au traitement qu'ils sollicitent de la même façon que les patients d'un medecin connaissent l'existence de la recherche biologique et pharmacologique en amont d'un acte médical. Le guérisseur religieux est reconnu par une Eglise qui propose un but véritablement religieux : le salut des âmes, et auquel il oeuvre lui-même. En ce sens, il n'est pas un magicien qui vise le résultat sans se soucier du salut. Si la guérison, quand elle advient, valide la doctrine et l'Eglise qui est fondée sur elle, l'offre de salut est une des insctances de la plausabilité de la guérison religieuse car celle-ci est étayée par une sotériologie typiquement religieuse dont la plausablilité est partagée par d'immenses communautés de croyants.

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        Unitif n°8 - p.16 - N. témoigne
    J'aurais tant aimé dans le début, soulager leurs souffrances physiques. Que de fois ma pensée s'est envolée vers notre Père, sincère, ardente, pour demander la guérison des malheureux. Je n'avais pas encore compris que demander la guérison physique, la disparition de leurs souffrances, ce n'était pas là les aimer réellement, car je devais, delon l'Enseignement, chercher à leur en faire comprendre la cause, les aider à supporter courageusement leurs épreuves, leur donner les moyens de les surmonter et leur en demontrer l'efficacité.
    Depuis, tous mes efforts tendent à pénétrer mes frères de ce que j'ai comris de la morale, m'efforçant de leur faire entendre qu'il vaut mieux soigner la cause que l'effet, et de faire naître en eux le désir de connaître les Enseignements de notre Père, dans la pratique desquels ils trouveront à la fois le remède et le bonheur.

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        Unitif n°11 - p.3 - U.E. témoigne
    A leur contact la sensibilité du Père se développa rapidement et dans des proportions que notre faible raison ne pourrait apprécier. Par elle Il reconnut que les plaies du corps ne sont que la consécration des plaies de l'âme et Il ne s'occupa plus que de soigner celle-ci. Il s'entoura de fidèles disciples qu'Il instruisit de son savoir et son Enseignement inspiré par l'amour et reposant uniquement sur la morale c'est-à-dire sur l'expérience des êtres et des choses, est la vraie science, car Il a cherché Dieu avec Dieu lui-même à travers sa propre essence, tout l'opposé des sciences profanes qui cherchent la Vérité en dehors de nous, dans la matière.

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    La guérison des maladies n'est pas tout : c serait même un écueil si l'on s'arrêtait là, mais c'est une pierre de touche pour le nouveau venu.

Jean-Marie Defrance, Réveil - L'Apôtre de Jemeppe et sa Révélation (1932), p.27

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        Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.169
    Les adeptes, aux yeux de qui les guérisons ne sont que le côté accessoire de la mission du Père(1), furent-ils sensibles à ce reproche ?

(1) Beaucoup sont surtout frappés par les guérisons obtenues à Jemeppe ou ailleurs. Cette manifestation plus tangible de la puissance de notre Père impressionne davantage les foules et cependant, laissez-moi vous le dire, ce n'est là que le côté accessoire de sa mission. H. Bodin dans l'Unitif, I, 2, p.13.
    Certains attachent beaucoup d'importance à ces guérisons. Il est vrai qu'elles ont une grande signification puisqu'elles donnent une preuve tangible de la puissance de la foi ; mais il est un témoignage bien autrement significatif de cette puissance, c'est le sentiment de jour en jour plus profond que nous formons tous ensemble l'unité. L'Unitif, III, 4, p.5

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            Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.329
   "Mes enfants", disait-il. Il avait donc choisi d'être appelé "le Père". Tous les adeptes comprirent. Ils sentirent du coup que c'était bien là le vrai nom qui lui convenait, tant à cause de son âge, de son aspect, que de cette égalité d'amour dont il savait envelopper tous ses fidèles. Comme un père, il ne cherchait pas à se faire aimer, il usait à l'occasion d'un rudesse bienveillante. Il songeait avant tout à leur bien, même s'ils n'y songeaient pas eux-mêmes, et il voyait devant eux, plus loin que chacun d'eux.
    - Quoi qu'il vous arrive, dit-il pour terminer, si vous pensez à moi, je serai toujours avec vous pour sanctifier votre épreuve et vous aider à surmonter votre doute.
    C'est ainsi qu'Antoine le Guérisseur, que certains avaient appelé Antoine le Généreux, devint le Père. A partir de ce jour-là il ne fit plus de différence entre tous ses fils. Bientôt il ne reçut plus aucun malade en particulier, et toutes ses opérations furent remplacées par une "opération générale", qui se faisait chacun des quatre premiers jours de la semaine, à dix heures. Il continuait à guérir, mais tous sentaient que pour lui la guérison des corps n'était plus la chose importante. on allait à ses opérations, bien plus pour le fluide d'amour que pour être guéri.

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        Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.168
    Il faut remarquer que pour les antoinistes, ces guérisons extraordinaires ne sont pas miraculeuses, (c'est-à-dire supposant une intervention spéciale, surnaturelle quoad modum, de la Divinité). L'Unitif (III, 4, p.5) parle des "guérisons que le doute fait appeler miraculeuses", cependant le numéro suivant, (III, 5, p.6), annonce qu'à Nice "s'accomplit un vrai miracle"! (Cfr p.172) Pour Antoine comme pour les spirites le miracle n'existe pas. "Il n'y a pas de miracle. Les faits psychiques ne sont pas des miracles." déclare Le Messager, 1-11-1903, p.50.

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        Le Développement de l'OEuvre Révélée, L'arbre de la science de la vue du mal, le bien, interprété l'opposé de la réalité, p.263
    Dans cette question pas plus que dans tout autre il n'y a de miracle, dans le domaine matériel comme dans le domaine spirituel, tout repose sur des lois, il n'y a rien de surnaturel.

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        Historique du Culte Antoiniste, frère Jean-Marc Boffy, p.34 & 52
    Dès lors qu'il n'enseignait plus à la tribune, le Maître chargea un adepte de faire la lecture de la Révélation du Nouveau Spiritualisme, au Temple, chaque dimanche à 10 h.
    A ce moment, le Maître se retira dans la solitude durant 6 mois, ne faisant qu'un repas par jour. Par la force de sa prière et de son recueillement, il puisa dans l'Amour pur et put atteindre le fluide lui permettant de rédiger "Le Couronnement de l'Oeuvre Révélée".
    [...]
    Sentant que les adeptes ne comprenaient pas suffisamment la Révélation du Courronnement, Antoine rédigea le Développement afin de le leur rendre plus accessible. Il se retira à nouveau pendant plus de six mois, ne pangeant qu'une fois par jour, tout en travaillant pour ainsi dire continuellement, car il était déjà levé avant minuit.

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        Lourdes, comment expliquer les guérisons miraculeuses, p.36 - Louis Gastin, Directeur de l'Institut de Psycho-Physique Appliquée.
    Le problème des guérisons miraculeuses pose, tout d'abord, une question de principe : Qu'est-ce qu'un miracle ?
    Si l'on entend par miracle un fait contraire à toute loi naturelle, il doit être réputé impossible par quiconque admet l'harmonie universelle, basée sur la mise en jeu de lois stables dont nous ne connaissons qu'une très faible partie. Il convient toutefois, de spécifier que la "Nature" n'est pas limitée aux seuls phénomèmes physico-chimiques, aux seules forces et aux seules lois mécaniques, mais comprend, au-delà de ces faits, de ces forces et de ces lois, des phénomènes, des forces et des lois d'ordre moral et d'ordre spirituel. C'est, du moins, l'interprétation que j'admets, avec la majorité des spiritualistes libres, en opposan à Dieu (prince premier, absolu, incognoscible) le Cosmos (manifestation créationnelle, essentiellement relative et sensoriellement ou intellectuellement connue).
    Si, par contre, on entend par miracle un phénomène "merveilleux"
et incompréhensible en ce qu'il ne peut être expiqué par aucune des données acquises de la science, le miracle doit être admis en principe par quiconque reconnaît la relativité des connaissances humaines et leur limitation à l'égard des réalités universelles.
    C'est avec cette dernière acceptation seulement que je puis examiner la valeur des guérisons dites miraculeuses, que ces guérisons soient obtenues à Lourdes ou ailleurs, dans les milieux religieux, ou qu'elles soient le fait des ordinaires "guérisseurs". Tout problème doit être considéré, d'abord, de haut, en thèse générale, avant qu'en soient étudiées les aplications particulières.

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    Dans les démonstrations du Représentant du Père, Soeur Ghislaine Dumont, on lit que la déperdition du nombre d'adeptes est du au fait d'avoir abandonné le côté par trop supersticieux du culte et des consultations que demandaient parfois les adeptes.
    Mais on peut se réjouir maintenant de n'avoir garder que les adeptes qui cherchent leur progrès moral, et que le culte continu d'être guidé par la foi et le désinteressement et d'être assuré par des gens de bonnes volontés.

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