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Diodore de Sicile, La Bibliothèque historique - Iambulus

Publié le par antoiniste

[2,55] Nous allons maintenant donner quelques détails sur les merveilles d'une île découverte dans l'Océan méridional, en commençant par l'origine de cette découverte. Iambulus était, dès son enfance, curieux de s'instruire; à la mort de son père, qui était marchand, il se livra au commerce. Passant par l'Arabie pour se rendre dans la contrée d'où viennent les aromates, il fut, avec ses compagnons de voyage, saisi par des brigands. Il fut d'abord employé à garder les troupeaux avec un de ses compagnons. Ils tombèrent ensuite tous deux entre les mains de quelques brigands éthiopiens, qui les emmenèrent dans la partie maritime de l'Ethiopie. Ainsi enlevés, ils furent, comme étrangers, destinés à la pratique d'une cérémonie expiatoire pour purifier le pays. Cette cérémonie, dont l'usage est établi parmi ces Éthiopiens depuis un temps immémorial et sanctionné par des oracles, s'accomplit toutes les vingt générations ou tous les six cents ans, en comptant trente ans par génération. A cet effet, on emploie deux hommes pour lesquels on équipe un navire de dimensions proportionnées, capable de résister aux tempêtes et d'être aisément conduit par deux rameurs. Ils l'approvisionnent de vivres pour six mois, y font entrer les deux hommes désignés, et leur ordonnent, conformément à l'oracle, de se diriger vers le midi. En même temps, ces deux hommes reçoivent l'assurance qu'ils arriveront dans une île fortunée, habitée par une race d'hommes doux, parmi lesquels ils passeront une vie heureuse. On déclare aussi aux voyageurs que s'ils arrivent sains et saufs dans cette île, l'Ethiopie jouira, penclant six cents ans, d'une paix et d'un bonheur continuels; mais que si, effrayés de l'immensité de l'Océan , ils ramenaient leur navire en arrière, ils s'exposeraient, comme des impies et comme des hommes funestes à l'État, aux plus terribles châtiments. Les Éthiopiens célébrèrent donc cette fête solennelle sur les bords de la mer, et après avoir brûlé des sacrifices pompeux, ils couronnèrent de fleurs les deux hommes chargés du salut de la nation, et les embarquèrent. Après avoir navigué pendant quatre mois, et lutté contre les tempêtes, ils abordèrent dans l'île désignée, qui est de figure ronde et qui a jusqu'à cinq mille stades de circonférence.

[2,56] En s'approchant de cette île, ils virent quelques naturels venir à leur rencontre pour tirer leur barque à terre. Tous les insulaires accoururent et admirèrent l'entreprise des deux étrangers, qui furent bien accueillis et pourvus de toutes les choses nécessaires. Ces insulaires diffèrent beaucoup des habitants de nos contrées par les particularités de leurs corps et leurs moeurs. Ils ont tous à peu près la même conformation, et leur taille est au delà de quatre coudées. Leurs os peuvent se courber et se redresser, comme des cordes élastiques. Leurs corps paraissent extrêmement faibles, mais ils sont beaucoup plus vigoureux que les nôtres ; car lorsqu'ils saisissent quelque chose dans leurs mains, personne ne peut le leur arracher. Ils n'ont de poils que sur la tête, aux sourcils, aux paupières et à la barbe; tout le reste du corps est si lisse qu'on n'y aperçoit pas le moindre duvet. Leur physionomie est belle, et toutes les parties du corps sont bien proportionnées. Leurs narines sont beaucoup plus ouvertes que les nôtres, et on y voit pendre une excroissance semblable à une languette Leur langue a aussi quelque chose de particulier, en partie naturelle, en partie artificielle : elle est fendue dans sa longueur de manière à paraître double jusqu'à la racine. Cette disposition leur donne la faculté de produire une grande variété de sons, d'imiter non seulement tous les dialectes, mais encore les chants de divers oiseaux, en un mot, tous les sons imaginables. Ce qu'il y a de plus merveilleux, c'est que le même homme peut causer avec deux personnes à la fois, leur répondre et soutenir la conversation, en se servant d'une moitié de la langue pour parler au premier, et de l'autre moitié pour parler au second. Le climat y est très tempéré, parce que l'île est située sous la ligne équinoxiale ; les habitants ne souffrent ni de trop de chaleur ni de trop de froid. Il y règne un automne perpétuel, et comme dit le poète : "La poire mûrit près de la poire, la pomme près de la pomme, la grappe succède à la grappe, la figue à la figue". Les jours sont constamment égaux aux nuits, et à midi les objets ne jettent point l'ombre, parce que le soleil se trouve alors perpendiculairement sur la tête.

[2,57] Les habitants sont distribués en familles ou en tribus, dont chacune ne se compose que de quatre cents personnes au plus. Ils vivent dans des prairies, où ils trouvent tout ce qui est nécessaire à l'entretien de la vie, car la bonté du sol et la température du climat produisent, plus de fruits qu'il ne leur en faut. Il croît surtout dans cette île une multitude de roseaux portant un fruit semblable à l'orobe blanche. Les habitants le recueillent et le laissent macérer dans l'eau chaude jusqu'à ce qu'il acquière la grosseur d'un oeuf de pigeon ; après l'avoir moulu et pétri avec leurs mains, ils en cuisent des pains d'une saveur très douce. On y trouve aussi beaucoup de sources dont les unes, chaudes, sont employées pour les bains de délassement; les autres, froides, agréables à boire, sont propres à entretenir la santé. Les insulaires s'appliquent à toutes les sciences, et particulièrement à l'astrologie ; leur alphabet se compose de sept caractères, mais dont la valeur équivaut à vingt-huit lettres, chaque caractère primitif étant modifié de quatre manières différentes. Les habitants vivent très longtemps ; ils parviennent ordinairement jusqu'à l'âge de cent cinquante ans et sans avoir éprouvé de maladies. Une loi sévère condamne à mourir tous ceux qui sont contrefaits ou estropiés. Leur écriture consiste à tracer les signes, non pas comme nous transversalement, mais perpendiculairement de haut en bas. Lorsque les habitants sont arrivés à l'âge indiqué, ils se donnent volontairement la mort par un procédé particulier. Il croît dans ce pays une plante fort singulière : lorsqu'on s'y couche, on tombe dans un sommeil profond, et l'on meurt.

[2,58] Le mariage n'est point en usage parmi eux; les femmes et les enfants sont entretenus et élevés à frais communs et avec une égale affection. Les enfants encore à la mamelle sont souvent changés de nourrices, afin que les mères ne reconnaissent pas ceux qui leur appartiennent. Comme il ne peut y avoir ni jalousie ni ambition, les habitants vivent entre eux dans la plus parfaite harmonie. Leur île renferme une espèce d'animaux de petite taille, dont le corps et le sang présentent des propriétés fort singulières. Ces animaux sont de forme arrondie, parfaitement semblables aux tortues; leur dos est marqué de deux raies jaunes, disposées en forme de X : aux extrémités de chaque raie se trouve un œil et une bouche, de manière que l'individu a quatre yeux pour voir, et autant de bouches pour introduire les aliments dans un seul gosier qui les porte tous dans un estomac unique. Les intestins, ainsi que les autres viscères, sont également simples. Les pieds, disposés circulairement, donnent à cet animal la faculté de marcher là où l'instinct le conduit; son sang a une propriété fort extraordinaire : il agglutine sur-le-champ un membre coupé en deux, tel que la main ou toute autre partie du corps, pourvu que la coupure soit récente, et qu'elle n'intéresse pas des organes essentiels à la vie. Chaque tribu d'insulaires nourrit une espèce particulière de très grands oiseaux qui servent à découvrir les dispositions naturelles de leurs enfants. A cet effet ils mettent les enfants sur le dos de ces oiseaux, qui les enlèvent aussitôt dans les airs ; les enfants qui supportent cette manière de voyager sont conservés, et on les élève, tandis que ceux auxquels ce voyage aérien donne le mal de mer et qui se laissent choir de frayeur, sont abandonnés comme n'étant pas destinés à vivre longtemps et comme dépourvus des bonnes qualités de l'âme. Le plus âgé est le chef de chaque tribu ; il a l'autorité d'un roi auquel tous les autres obéissent; lorsqu'il atteint cent cinquante ans, il renonce, suivant la loi, volontairement à la vie, et le plus ancien le remplace immédiatement dans sa dignité. La mer qui environne cette île est orageuse, et a des flux et des reflux considérables ; mais ses eaux sont douces. Les constellations des deux Ourses, ainsi que beaucoup d'autres astres que l'on ne voit que chez nous, y sont invisibles. On compte sept îles de ce genre, toutes de même grandeur et séparées par des intervalles égaux, et qui sont toutes régies par les mêmes moeurs et les mêmes lois.

[2,59] Quoique le sol fournisse à tous les habitants des vivres en abondance et sans exiger aucun travail, ils n'en usent point d'une manière désordonnée ; ils ne prennent que ce qui est nécessaire, et vivent dans une grande frugalité. Ils mangent de la viande et d'autres aliments, rôtis ou cuits dans l'eau ; mais ils ne connaissent point les sauces recherchées ni les épices de nos cuisiniers. Ils vénèrent comme des divinités la voûte de l'univers, le soleil, et en général tous les corps célestes. La pêche leur procure toutes sortes de poissons, et la chasse un grand nombre d'oiseaux. Parmi les arbres fruitiers sauvages, on remarque l'olivier et la vigne, qui fournissent de l'huile et du vin en abondance. On y trouve aussi des serpents énormes qui ne font aucun mal à l'homme; leur chair est bonne à manger et d'un excellent goût. Les vêtements de ces insulaires sont fabriqués avec certains joncs qui renferment au milieu un duvet brillant et doux; on recueille ce duvet, et en le mêlant avec des coquillages marins pilés, on en retire des toiles de pourpre admirables. Les animaux qu'on trouve dans ces îles ont tous des formes extraordinaires et incroyables. La manière de vivre des habitants est soumise à des règles fixes, et on ne se sert pas tous les jours des mêmes aliments. Il y a des jours déterminés d'avance pour manger du poisson, de la volaille ou de la chair d'animaux terrestres; enfin, il y a des jours où l'on ne mange que des olives ou d'autres aliments très simples. Les emplois sont partagés les uns vont à la chasse, les autres se livrent à quelques métiers mécaniques; d'autres s'occupent d'autres travaux utiles ; enfin, à l'exception des vieillards, ils exercent tous, alternativement et pendant un certain temps, les fonctions publiques. Dans les fêtes et les grandes solennités, ils récitent et chantent des hymnes et des louanges en l'honneur des dieux, et particulièrement en honneur du soleil auquel ils ont consacré leurs îles et leurs personnes. Ils enterrent leurs morts dans le sable au moment de la marée basse, afin que la mer, pendant le reflux, leur élève en quelque sorte leur tombeau. Ils prétendent que les roseaux, dont ils tirent en partie leur nourriture et qui sont de l'épaisseur d'une couronne, se remplissent à l'époque de la pleine lune, et diminuent pendant son déclin. L'eau douce et salutaire des sources chaudes, qui existent dans ces îles, conserve constamment le même degré de chaleur ; elle ne se refroidit même pas lorsqu'on la mélange avec de l'eau ou du vin froids.

[2,60] Après un séjour de sept ans dans ces îles, Iambulus et son compagnon de voyage en furent expulsés comme des hommes méchants et de mauvaises habitudes. Ils furent donc forcés d'équiper de nouveau leur barque, et de l'approvisionner pour le retour. Au bout de plus de quatre mois de navigation, ils échouèrent, du côté de l'Inde, sur des sables et des bas-fonds. L'un périt dans ce naufrage; l'autre, Iambulus, se traîna jusqu'à un village; les habitants le conduisirent devant le roi, résidant dans la ville de Palibothra, éloignée de la mer de plusieurs journées. Ce roi, aimant les Grecs et l'instruction, lui fit un très bon accueil, et finit par lui donner une escorte chargée de le conduire jusqu'en Perse. De là Iambulus gagna la Grèce sans accident. Tel est le récit que lambulus a consigné lui-même dans son histoire, où il donne sur l'Inde des renseignements ailleurs inconnus. Ayant ainsi rempli la promesse que nous avions donnée au commencement, nous terminons ici le second livre.

Diodore de Sicile, La Bibliothèque historique (Diodori Bibliotheca historica), livre II, Chapitre 55 - Iambulus

source : http://hodoi.fltr.ucl.ac.be/concordances/diodore_02/lecture/56.htm

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Dicton ''Faire contre mauvaise fortune, bon coeur''

Publié le par antoiniste

Louis Antoine aime à rappeler des dictons populaires dans son Enseignement. Ceux-ci sont souvent pleins de bon-sens, mais on tend à les oublier.

    En voici encore un qui aurait pu plaire au Père : Faire contre mauvaise fortune, bon coeur.
Ses différentes significations sont :
   1. Ne pas se laisser décourager par les difficultés.
   2. Savoir se contenter de ce qu'on a, ne pas trop en vouloir.
   3. Accepter un compromis.

Il serait une variante moderne de l'expression d'origine latine : "Faire contre mauvaise Fortune bon coeur est un soutien." Cette dernière est extraite de la comédie Les Prisonniers de Plaute (IIème s. av. J.-C.).

Le style de cette locution proverbiale (complément direct rejeté au bout, pas d'article) est archaïque.
La fortune a l'ancienne signification de la chance, de la réussite, la mauvaise fortune étant les difficultés, les revers.
Si, dans les expressions, le coeur désigne souvent le courage, ici il est plus employé à la place de l'esprit, la mémoire (comme dans 'par coeur') ou la raison. C'est même cette dernière signification qui est la plus présente dans les différents emplois où pour lutter contre la mauvaise fortune, il est important d'être raisonnable.

On trouve des équivalents en :
    * allemand : Gute Miene zum bösen Spiel machen (Faire bonne mine à mauvais jeu)
    * anglais : To take up arms against a sea of sorrows (Prendre les armes contre un océan de chagrins) ou To make the best of a bad hand (Faire/tirer le meilleur d'une mauvaise main)
    * espagnol : Poner a mal tiempo buena cara (Mettre au mauvais temps un bon visage) ou Al mal tiempo, buena cara (Au mauvais temps, il faut faire face avec une bonne mine)
    * italien : Fare buon viso a cattivo gioco (Faire bon visage à méchant jeu)
    * polonais : Robić dobrą minę do złej gry (Faire bonne mine à mauvais jeu)

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H. Darin-Drabkin, Le Kibboutz, société différente

Publié le par antoiniste

Le communisme primitif n'est pas très loin derrière nous, et pourtant, des Esséniens aux fourriéristes, on n'a jamais pu le faire revivre longtemps. Le kibboutz a-t-il plus de chance de réussir ?
    Il y vit au peu moins de cent mille personnes, mais leur rayonnement est infiniment supérieur à leur importance démographique. Les kibboutzim sont la réserve morale d'Israël. Le genre de vie qu'ils pratiquent est presque unique au monde. Propriété collective, égalité absolue, gestion démocratique, self-employment, etc : tous ces principes, qu'on prétend utopiques, sont appliqués ici dans la réalité quotidienne, et il semble bien que cette vie, malgré le renoncement qu'elle suppose, soit d'une qualité supérieure à celle de la société ordinaire. Enfants, femmes et vieillards y trouvent en particulier de grands avantages.
    Contrairement à une opinion répandue, les kibboutzim ne sont pas sur le déclin. Mais il est difficile de développer des communautés dans un milieu où le capitalisme et la consommation modèlent de plus en plus l'échelle des valeurs. Les kibboutzim ont aidé à sauver la nation, mais ont-ils changé l'homme ? Certes la réalité israélienne s'est beaucoup éloignée de l'idéal kibboutzique, mais la supériorité intellectuelle et morale des kibboutzim, leur dynamisme sont tels que l'auteur garde confiance dans leur avenir et y voit l'une des rares chances de renouveler le socialisme par l'exercice de la démocratie directe.

H. Darin-Drabkin, Le Kibboutz, société différente
Ed. du Seuil, Collections Esprit "La Société Prochaine", 1970

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H. Darin-Drabkin, Le Kibboutz, société différente, Les Principes de base

Publié le par antoiniste

    Le kibboutz est une société librement constituée dans laquelle on partage la propriété, la production, le travail, ainsi que la consommation et les services. En d'autres termes, la communauté du kibboutz doit satisfaire les besoins de ses membres. "De chacun selon sa capacité à chacun selon ses besoins", suivant les moyens de la communauté. Ce principe sous-tend la forme socio-économique originale que l'on appelle le kibboutz, qui est fondamentalement différent de toute entreprise coopérative, en Israël et dans le monde.
    Le caractère unique du kibboutz tient surtout à con collectivisme absolu : aucune propriété privée, aucune activité économique privée ne son autorisées. Sont communes aussi bien les activités culturelles, sociales et éducatives que les différents aspects de la vie économique.
    Cependant, ce collectivisme total n'est pas le fruit d'une démarche dogmatique rigide ; cette forme d'organisation ne découle pas d'affirmations théoriques ni même d'expériences de laboratoire. Elle est née et s'est développée au fur et à mesure des besoins concrets et des exigences de la colonisation juive en Israël ; le cadre de l'organisation s'est élaboré par la pratique, empiriquement, à travers une recherche continue et les leçons tirées des erreurs successives. La structure actuelle du kibboutz est issue de son propre développement dynamique, à la suit d'expériences et de discussions incessantes.

H. Darin-Drabkin, Le Kibboutz, société différente,
II La structure de la société kibboutzique, III Les principes de base, introduction
Ed. du Seuil, Collections Esprit "La Société Prochaine", 1970, p.77

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E.M. Cioran - Ebauches de vertige - p.21

Publié le par antoiniste

La mort est un état de perfection, le seul à la portée d'un mortel.

E.M. Cioran, Ebauches de vertige
Folio - 2E, p.21

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Michèle Fabien - Charlotte (p.53)

Publié le par antoiniste

CHARLOTTE 1
  Ecrivons.

CHARLOTTE 2
  Laeken, 1868, il ne répond pas.
  Napoléon III, je vous hais.

CHARLOTTE 1
  Non. Trop facile. Il faut réfléchir, questionner, s'interroger, se méfier de la haine.
  Si on dit le contraire : Napoléon III, je vous aime, on comprend mieux. on comprend tout. Votre silence m'oblige à me voir autrement. Vous voulez me tester, me connaître ? C'est une épreuve, n'est-ce pas ? Un rite d'initiation.

CHARLOTTE 2
  L'Histoire nous abandonne...

CHARLOTTE 1
  Laissons-là nous aussi.

CHARLOTTE 2
  Et entrons dans le Mythe.

CHARLOTTE 1
  L'Histoire est trop petite, aveuglée par l'argent, par les hommes et par le profit, elle ne peut pas comprendre, le Mythe sait, et toujours il a su. Et puis, le Mythe n'a pas l'appât du gain.

Michèle Fabien, Charlotte
Editions Labor - Espace Nord, p.53

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Jacques Sternberg - L'employé

Publié le par antoiniste

Ce roman fait exploser la réalité quotidienne.
En mêlant ce qui existe péniblement au jour le jour et ce qui est impossible, il met à mal tous les principes. En allongeant, puis en rétrécissant le temps, en élargissant puis en compressant l'espace, il provoque un vertige qui trouble même les chiffres et les mots : en perturbant les repères et les normes, il impose une (in) certitude nouvelle et provisoire : "je change donc je suis". Mais qui est-il donc, cet employé ? Il n'arrête pas de se le demander, pendant l'énorme minute qui sépare dix heures cinq de six heures six.

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Les Rastafariens et le mouvement rastafari

Publié le par antoiniste

Le mouvement rastafari est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974. Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.

Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».

Les positions des individus se réclamant rastas vont du racisme le plus primaire issu de la lutte contre l'esclavage et le colonialisme, ou d'un ethnocentrisme noiriste militant, garveyiste à outrance, parfois teinté de racisme, jusqu'à une philosophie universaliste profonde, où la recherche de sa propre identité, de son acceptation, de la tolérance et de la nature humaine rejoint les philosophies et ascèses orientales.

Les rastas vont ainsi inventer un grand nombre de mots qui reflètent leur façon de voir le monde, par exemple : Inity au lieu de Unity, le pronom « you » marquant l'exclusion. Mais aussi « I » comme « high », élevé, subtil.

source : wikipedia

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Les droits de l'homme

Publié le par antoiniste

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789

Article premier - Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Article 2 - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.

-> L'article 2 qui énumère les droits naturels et imprescriptibles de l'Homme, présentés conformément à la conception du libérale du XVIIIe siècle :
    * la liberté,
    * la propriété,
    * la sûreté,
    * la résistance à l'oppression.
Ces droits naturels et imprescriptibles sont antérieurs aux pouvoirs établis, ils sont considérés comme applicables en tout temps et en tout lieu.

Les violations des droits humains et les abus incluent ces documents par les organisations non-gouvernementales telles que Amnesty International, Human Rights Watch, l'Organisation mondiale contre la torture, Freedom House, International Freedom of Expression Exchange et Anti-Slavery International. Très peu de pays ne commettent pas de violations de droits humains significatives, selon Amnesty International. Dans son rapport de 2004 sur les droits humains (couvrant 2003) la Hollande, la Norvège, le Danemark, l'Islande et le Costa Rica sont les seuls pays qui n'ont pas violé au moins quelques droits humains significativement.

source : wikipedia

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Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de Franchimont

Publié le par antoiniste

Le Congrès de Polleur est une assemblée qui fut convoquée le 9 août 1789 par Laurent François Dethier, jeune avocat, premier bourgmestre démocrate reconnu par les autorités de la Principauté de Liège un an plus tôt et mayeur du chef Ban de Theux. Au Congrès, il avait convoqué tous les représentants des 5 bans qui formaient le Franchimont (Jalhay, Sart, Spa, Theux et Verviers). Ils avaient choisi Polleur parce que ce village se trouvait être le lieu géographique le mieux situé entre les cinq bans juste au carrefour des routes qui y menaient: chacun faisait une part du chemin pour aller à la rencontre des autres et affirmait en quelque sorte son intention de communiquer et de construire. Et c'est ainsi que ce congrés reçut le nom de "Congrès de Polleur".

Lors de la cinquième séance, à la fin des débats, l'assemblée approuva à l'unanimité une "Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen pour le Franchimont" dans laquelle L.F. Dethier formulait les principes de base des démocraties modernes. 200 ans plus tard, les 15 et 16 septembre 1989, l'ASBL "Congrès de Polleur" y organisait un nouveau congrès de réflexion sur notre temps, sur nos institutions, sur les grandes évolutions économiques, politiques et sociales, sur les progrès scientifiques et technologiques et sur les répercussions que ces progrès auront sur les droits et les libertés des êtres humains "aujourd'hui et demain".

Le respect des droits et des libertés est l'affaire de chacun, il s'apprend et se construit chaque jour. C'est pourquoi l'ASBL se donna pour objectif de sensibiliser le plus grand nombre possible de personnes à ces problèmes. Pour réaliser ce projet, il fut notamment décidé de créer une "route des droits de l'homme". Ainsi, chaque commune, ville ou village du Franchimont érigea, sans un espace paisible favorisant la réflexion (square avec bancs, arbres, etc...), une stèle commémorative. Sur chacune de ces stèles figure un texte de réflexion sur les droits et les Libertés des Hommes, prolongement durable des réflexions du Congrès, et l'un des 16 articles de la Déclaration...

source : http://www.senlime.be/si/Franchim.html

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