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La cerise de Berkeley

Publié le par antoiniste

    Je vois cette cerise, je la sens, je la goûte : or je suis sûr que rien ne peut être ni vu, ni goûté, ni touché ; donc, elle est réelle. Supprimez les sensations de douceur, d'humidité, de rougeur, d'acidité, et vous supprimez la cerise. Puisqu'elle n'est pas une existence distincte des sensations, je dis qu'une cerise n'est rien de plus qu'un agrégat d'impressions sensibles, ou d'idées perçues par des sens différents : idées qui sont unifiées en une seule chose par l'intelligence ; et cela, parce qu'on a observé qu'elles s'accompagnent l'une l'autre. Quand j'ai certaines impressions déterminées de la vue, du tact, du goût, je suis sûr que la cerise existe ou qu'elle est réelle ; sa réalité, d'après moi, n'étant rien, si on l'abstrait de ces sensation. Mais si, par le mot cerise, vous entendez une nature inconnue, distincte de toutes ces qualités sensibles, et par son existence quelque chose de distinct de la perception qu'on en a, je l'avoue, ni vous, ni moi, ni personne au monde ne peut être assuré qu'elle existe.
[...]
    Cependant, qu'on y prenne garde, Berkeley prétend bienne point nier l'existence des choses. [...] Si le feu réel diffère beaucoup de l'idée de feu, la douleur réelle qu'il occasionne est aussi très différente de l'idée de cette même douleur ; et cependant personne ne prétendra que la douleur existe ou puisse exister en une substance non percevante, pas plus qe l'idée de douleur. Il en est donc de même pour le feu réel. Ces différences n'entraîne pas d'existence indépendantes.
[...]
    Puisque les choses sont et qu'elles ne sont d'autant que perçues, une question de première importance se pose : Quand elles ne son pas perçues, que sont les choses ? C'est bien simple. Du moment qu'elles ne sont pas effectivement perçues par moi, qu'elles n'existent pas dans ma pensée (in my mind), ou dans celle de quelque autre esprit créé (created spirit), il faut de toute nécessité, ou qu'elles n'aient aucune sorte d'existence, ou qu'elles existent dans la pensée (mind) de quelque esprit (spirit) éternel. Car il n'y a pas d'autre substance que l'esprit ou ce qui perçoit. Quand je ne perçois pas, avant ma naissance, après ma mort, les choses étaient perçues dans quelque intelligence ; les intelligences créées pouvant défaillir ou disparaître, "il s'ensuit nécessairement qu'il y a une intelligence omniprésente et éternelle qui connaît et embrasse toutes choses, et les présente à notre vue d'une certaine manière, suivant certaines règles qu'Elle a Elle-même établies, et qui sont appelées par nous les lois de la nature." Dieu est donc cause directe de nos perceptions. il n'y a pas de meilleure preuve de l'existence de Dieu que le fait de nos perceptions. "Je conclus immédiatement et nécessairement l'existence d'un Dieu de ce que toutes les choses sensibles doivent ête perçues par Lui."
[...]
    Aussi bien, pour parfaire la théorie, Berkeley pose un double état de choses, l'un ectypal ou naturel, l'autre archétypal ou éternel." Le premier a été créé dans le temps, l'autre a existé de tout temps dans l'intelligence divine. [...] La présence des coses dans la pensée divine explique seule, en fin de compte, l'identité des objets sensibles et assure la véracité des sens. L'existence de Dieu nous certifie l'existence des choses. L'ordre logique explique et domine l'ordre physique. L'immatérialisme apparaît à Berkeley la plus irréfutable réponse à l'athéisme.


    in Dialogues entre Hylas et Philonous
    Jean Didier, Berkeley, V, la matière

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Charles Baudelaire - L'Ennemi

Publié le par antoiniste

Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?

– Ô douleur ! ô douleur ! Le Temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

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La pensée positive

Publié le par antoiniste

    Pour que la pensée positive puisse être efficace, il faut avoir une vision relativement complexe et non simpliste des mécanismes de sa propre évolution. Il faut plus spécialement saisir que l'évolution individuelle est l'effet d'une interaction entre le libre arbitre et le destin. Que le destin ne se trouve pas qu'à l'extérieur dans les événements, les circonstances ou les conditions de la vie, mais aussi à l'intérieur, en particulier dans le tempérament car, dans mon corps et dans ma psyché, je suis l'expression même de mon destin. Ce qui ne se trouve pas ainsi déterminé représente le libre arbitre. Autrement dit, ce qui reste... Je serais bien incapable de préciser la part de l'évolution que le libre arbitre permet de déterminer. C'est même ici la grande question, le mystère de la vie.

[...]

   On peut se représenter le libre arbitre et le destin comme deux énergies opposées et d'une certaine façon complémentaires, sur lesquelles il est effectivement possible d'intervenir par la pensée positive. Mais on y parvient d'autant plus que l'on a une vision lucide de l'interaction de ces forces qui déterminent l'évolution.

Jacques Languirand
Chronique parue dans le magazine Guide Ressources,
Vol. 07, N° 08, mai 1992

source : http://www.radio-canada.ca/par4/gr/gr0708.htm

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La neuro-psycho-immunologie

Publié le par antoiniste

L'hypertension et les ulcères d'estomac sont par exemple des symptômes attribués au stress, donc à une inhibition de l'action. Le stress diminue aussi à la longue nos défenses immunitaires. Ce phénomène maintenant bien reconnu a même donné naissance à un nouveau domaine de recherche: la neuro-psycho-immunologie. En d'autres termes, notre cerveau, et donc nos pensées et nos émotions, influence notre résistance aux maladies.

On connaît même plusieurs mécanismes par lesquels le cerveau, interagit avec les défenses de notre organisme. On sait par exemple qu'un état d'inhibition de l'action ou de stress soutenu élève le taux de glucocorticoïde de notre organisme. Or ces substances anti-inflammatoires naturelles de la même famille que la cortisone sont reconnues pour affaiblir à la longue notre système immunitaire. On devient alors plus susceptible aux microorganismes pathogènes par exemple. Donc quand quelqu'un dit qu'il a perdu sa job ou vécu une rupture amoureuse et qu'en plus, comme si le sort s'abattait sur lui, il a attrapé une grosse grippe, il confond destin et relation de cause à effet. Et d'ailleurs, ce n'est pas d'hier que des personnes âgées meurent de chagrin quelques mois après la mort de leur conjoint.

Nous devons donc trouver des façons d'agir sous peine d'en souffrir physiquement à plus ou moins long terme. On peut par exemple détourner notre agressivité refoulé vers une activité sportive. Parfois, juste le fait d'en parler ou de l'écrire va faire du bien simplement parce que chez l'humain, le langage est devenu une forme d'action symbolique.

source : http://lecerveau.mcgill.ca/

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Eric Emmanuel Schmitt - La Secte des Egoïstes

Publié le par antoiniste

Et si la vie n'était qu'un songe ? et si les nuages, les oiseaux, la terre et les autres hommes n'étaient que visions de notre esprit ?

Un chercheur découvre par hasard l'existence d'un excentrique, Gaspard Languenhaert, qui soutint cette philosophie "égoïste" dans les salons du XVIIIe siècle, puis fonda une école à Montmartre où ses disciples répétaient avec lui qu'eux seuls existaient et que le monde n'était que leur fantasme. Intrigué, il abandonne ses travaux et part à la recherche de ce philosophe singulier dont une sorte de conspiration fait apparaître et disparaître les traces.

Cette enquête va l'entraîner de Paris à Amsterdam mais surtout au fond de lui-même, là où la raison se fait déraisonnable et les vertiges hallucinants.
Car si l'univers n'est qu'un rêve, chacun de nous en est l'auteur, donc Dieu. La logique devient folle et, pour s'y mesurer, il fallait le talent, l'audace et l'intelligence de Eric Emmanuel Schmitt, homme de théâtre dont la pièce, le visiteur, qui a triomphé aux "Molière", est en train de faire le tour du monde.

Avec ce premier roman, il signe une œuvre d'une rare modernité qui tout à la fois surprend, dérange et fascine.


source : www.eric-emmanuel-schmitt.com

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Théorie de la connaissance de George Berkeley (1685-1753)

Publié le par antoiniste

Berkeley définit les idées de manière semblable à Locke : « tout ce qui est donné immédiatement par les sens ou par l'entendement. » Et il reprend également la thèse de Locke suivant laquelle les idées des sens et les idées de la réflexion sont distinguées :

    «  Il est visible à quiconque porte sa vue sur les objets de la connaissance humaine, qu'ils sont ou des idées véritablement imprimées sur les sens, ou des idées perçues quand l'attention s'applique aux passions et aux opérations de l'esprit, ou enfin des idées formées à l'aide de la mémoire et de l'imagination, en composant et divisant, ou ne faisant simplement que représenter celles qui ont été perçues originellement suivant les manières qu'on vient de dire. »

Berkeley en déduit alors ce qui sera le principe de sa philosophie : les idées n'existent pas en dehors d'un esprit qui les perçoit. C'est là une vérité intuitive : quand je dis qu'un objet existe, je dis que je le sens, que je le vois, ou qu'il est perçu par un autre esprit. Mais quant à concevoir une existence absolue, c'est impossible ; l'esse de l'objet consiste dans son percipi. « Esse est percipi » (être, c'est être perçu). Nous ne parlons donc des choses qu'autant qu'elles ont du rapport à notre esprit :

    « [...] considérons les qualités sensibles que sont la couleur, la forme, le mouvement, l'odeur, le goût, etc, c'est-à-dire les idées perçues par les sens. Il est manifestement contradictoire qu'une idée puisse exister dans une chose non-percevante; car c'est tout un que d'avoir une idée ou de la percevoir. Par conséquent, pour exister, une couleur, une forme, etc. doit être perçue. Il suit de là clairement qu'il ne peut y avoir de substance ou de substrat non pensant de ces idées. »

Il n'y a donc pas de matière : quand on dit que la matière existe en dehors de soi, on commet un abus de langage. Nous ne percevons que des idées, et nous ne pouvons rien concevoir hormis elles. À quoi, dès lors, la matière pourrait-elle ressembler ? Il suit donc de là que les qualités premières, tenues pour objectives par Descartes et Locke, ne le sont en réalité pas plus que les qualités secondes.

Nous ne pouvons donc par aucun moyen affirmer l'existence du monde extérieur. Le monde extérieur n'est cependant pas illusoire : son existence, en tant que phénomène est réel, mais il n'a pas de substance, en ce sens qu'il n'existe pas en soi.

Berkeley se rapproche en cela d'un passage du Discours de la méthode où René Descartes envisage lui aussi que le monde réel pourrait ne pas exister et ne constituer que des impressions envoyées par quelque esprit trompeur.Il soutenait que nous ne connaissons que nos propres idées, que les corps extérieurs n'existent pas, et que c'est par une illusion mensongère que nous leur accordons de la réalité : c'est dans les Principes de la connaissance humaine et dans les Trois dialogues entre Hylas (le matérialiste) et Philonous (le spiritualiste) qu'il a exposé ce système d'idéalisme.

source : wikipedia

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On croit à cause de son cerveau

Publié le par antoiniste

    L'approche psycho-neurophysiologique de la croyance montre que celle-ci constitue un mécanisme de défense archaïque face aux peurs et aux incertitudes ancestrales. Il semble qu'au cours de l'évolution le "cerveau émotionnel" (limbique), débordé par les angoisses, ait favorisé un nouveau mécanisme de défense du "cerveau rationnel" (néocortex), qui perturbe l'acquisition du sens critique : l'imagination d'un dieu protecteur... en particulier si cette option a été inculquée dès la plus tendre enfance.
Voir le livre de Patrick Jean-Baptiste : "La Biologie de Dieu : Comment les sciences du cerveau expliquent la religion et la foi"

Agnès Viénot Editions, 2003

source : http://atheisme.free.fr/Religion/Pourquoi_croire.htm

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Nirvana - The man who sold the world (Unplugged In New York-1994)

Publié le par antoiniste

We passed upon the stair, we spoke in was and when
Although I wasn't there, he said I was his friend
Which came as a surprise, I spoke into his eyes
I thought you died alone, a long long time ago

Oh no, not me
We never lost control
You're face to face
With The Man Who Sold The World

I laughed and shook his hand, and made my way back home
I searched for a foreign land, for years and years I roamed
I gazed a gazeless stair, we walked a million hills
I must have died alone, a long long time ago

Who knows? Not me
I never lost control
You're face to face
With the Man who Sold the World

Who knows? not me
We never lost control
You're face to face
With the Man who Sold the World

Year: 1971
Label: RCA BOW502


L'Homme Qui A Vendu Le Monde
 

Nous passions sur les escaliers
Nous parlions de quand et d'où
Bien que je n'étais pas là-bas
Il disait que j'étais son ami
Ce qui vint comme une surprise
Je lui parlais droit dans les yeux
Je pensais que tu étais mort seul
Il y a très très longtemps
 
Oh non, pas moi
Nous n'avons jamais perdu le contrôle
Tu es face à face
Avec l'homme qui a vendu le monde
 
Je riais et serrais sa main,
Et reprenais le chemin de chez moi
Je cherchais au loin une forme et une terre,
Pendant des années et des années j'errais
Je contemplais d'un regard fixe
Tous les millions ici
J'ai dû mourir seul
Il y a très très longtemps
 
Qui sait ? Pas moi
Je n'ai jamais perdu le contrôle
Tu es face à face
Avec l'homme qui a vendu le monde (x2)
 
Qui sait ? Pas moi
Nous n'avons jamais perdu le contrôle
Tu es face à face
Avec l'homme qui a vendu le monde (x2)

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René Magritte, La Malédiction, 1960

Publié le par antoiniste

    L'avenir est comme un nuage.

Louis Scutenaire, Mes Inscriptions
Ed. Labor - Espace Nord, 1990

 

Illustration : René Magritte, La Malédiction, 1960

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E.M. Cioran - Ebauches de vertige - p.14

Publié le par antoiniste

    L'amitié est incompatible avec la vérité, seul est fécond le dialogue muet avec nos ennemis.

E.M. Cioran, Ebauches de vertige
Folio - 2E, p.14

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