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E.M. Cioran - Ebauches de vertige - p.68

Publié le par antoiniste

    S'employer à guérir quelqu'un d'un "vice", de ce qu'il possède de plus profond, c'est attenter à son être, et c'est bien ainsi qu'il l'entend lui-même, puisqu'il ne vous pardonnera jamais d'avoir voulu qu'il se détruise à votre façon et non à la sienne.

        E.M. Cioran, Ebauches de vertige
        Folio - 2E, p.68

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Maxence Van der Meersch, Masque de chair - L'amour est vie !

Publié le par antoiniste

    Mais je viens de découvrir, sous la conduite de mon vieux prêtre, qu'il me restait un amour permis : le don de moi, non plus à une compagne chère, mais à tous, à tous ceux qui souffrent. La charité.
    Joie de la résurrection ! Joie de revivre ! Car n'avoir plus le droit d'aimer, c'est être un mort parmi les hommes. L'amour est vie !

Maxence Van der Meersch, Masque de chair
Albin Michel, Paris, 1958 (p.132)

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Simone Weil, La condition ouvrière - La réalité de la vie, c'est l'activité

Publié le par antoiniste

    Car la réalité de la vie, ce n'est pas la sensation, c'est l'activité – j'entends l'activité et dans la pensée et dans l'action. Ceux qui vivent de sensations ne sont, matériellement et moralement, que des parasites par rapport aux hommes travailleurs et créateurs, qui seuls sont des hommes.

Simone Weil, La condition ouvrière (1951), p.21
source : classiques.uqac.ca

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Octave Mirbeau, Dans le ciel - La nature

Publié le par antoiniste

    Des visions?… mais tu es un enfant… tu as trouvé le caractère des choses de l’atelier, ni plus ni moins… Un chevalet comme une croix, comme un gibet!… Bravo!… c’est ça, c’est le caractère!… Tu as donné à cet objet, qui n’est rien, qui n’a pas une existence réelle, la forme des terreurs de ton esprit!… Demain, peut-être, tu verras autrement, tu le verras comme… une cathédrale… comme une grande fleur de soleil!… Il faut bien te mettre dans la tête une vérité… un paysage… une figure… un objet quelconque, n’existent pas en soi… Ils n’existent seulement qu’en toi… Tu t’imagines qu’il y a des arbres, des plaines, des fleuves, des mers… Erreur, mon bonhomme… il n’y a rien de tout cela, ultérieurement du moins… tout cela est en toi, et c’est bien plus dur, il me semble… Un paysage, c’est un état de ton esprit, comme la colère, comme l’amour, comme le désespoir… Et la preuve c’est que, si tu peins le même paysage, un jour de gaieté, et un jour de tristesse, il ne se ressemble pas du tout. La nature, la nature!… Parbleu! je crois bien la nature!… Elle est admirable, la nature… admirable en ceci — écoute-moi bien — qu’elle n’existe pas, qu’elle n’est qu’une combinaison idéale et multiforme de ton cerveau, une émotion intérieure de ton âme!… Un arbre… un arbre!… Eh bien, quoi, un arbre?… Qu’est-ce que ça prouve?… Les naturalistes me font rire… Ils ne savent pas ce que c’est que la nature… Ils croient qu’un arbre est un arbre, et le même arbre!… Quels idiots!… Un arbre petit, mais c’est trente-six mille choses… C’est une bête, quelquefois… c’est, c’est… est-ce que je sais, moi?… c’est tout ce que tu vois, tout ce que tu sens, tout ce que tu comprends!… Je te dis cela très mal — mais je te dis la vérité, tout de même!…

Octve Mirbeau, Dans le ciel (p.92)
source : scribd

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Marcel Moreau, Monstre - Nos libertés

Publié le par antoiniste

    Notre liberté est l'affaire des médias, des politiciens, des savants, des technocrates, des grossistes en images, en machines à crétiniser, à obstruer les voies conduisant, au plus profond de os fibres, à la connaisance dne soi. La liberté est appâts, cacophonie, slogans, fureurs aguicheuses, néon-néant clignotant, sollicitations de toutes les couoeurs qui hébètent, bref la liberté est destruction organisée de la vie intérieure.
    La liberté est devenue le mot le plus prostitué de l'histoire des mots et l'Occident est son meilleur client. La liberté est la providence des fainéants, des parasites, des escrocs, des lâches, des mendiants, des médiocres, des assistés, des irresponsables et des dominateurs. La liberté est ajourd'hui, dans nos sociétés vermineuses, l'objection mahjeure à la liberté de l'esprit. Dans nos démocraties à genoux, la distribution de la liberté s'ordonne comme autant d'éléments épars d'un conditionnement global. La liberté pratiquée par des peuples ou des individus dont la vie intérieure n'est plus rien, sinon l'entonnoir par où s'engouffre la pléthore des invitations à n'être effectivement rien, tout ce que l'imagination moderne produit, à prifusion, comme techniques de déliquéscence, cette liberté-là a cessé d'être le modèle sur lequel eussent pu se fixer le regard des enchaînés, en pays totalitaire.

Marcel Moreau, Monstre (p.60-61)
Luneau Ascot Editeurs, Paris, 1986

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Maxence Van der Meersch, Masque de chair - On croit d'après ce qu'on a vécu

Publié le par antoiniste

    On ne vit pas d'après ce qu'on a cru. On croit d'après ce qu'on a vécu. Et c'est pourquoi un coeur corompu est fatalement triste. Et comment n'aurais-je pas douté de l'existence ? Je l'avais affrontée. Et voilà ce qu'elle avait fait de moi ! Un prisonnier, un esclave de la chair.

Maxence Van der Meersch, Masque de chair
Albin Michel, Paris, 1958 (p.45)

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Comment nos sens nous trompent - Lettre de George Sand à Alfred de Musset

Publié le par antoiniste

Je suis trés émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude oú j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour où je veux me
mettre.

    George Sand

PS : vous connaissez le truc ? Lire une ligne sur deux !

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Edvard Munch - Le Cri

Publié le par antoiniste

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Octave Mirbeau, Dans le ciel - A mort la société

Publié le par antoiniste

    Depuis, j’ai souvent pensé à ces choses, souvent, j’ai réfléchi aux presque insurmontables difficultés qu’un jeune homme trouve, dans la vie, à exercer ses facultés, selon leur naturelle impulsion. Elles sont effroyablement logiques, ces difficultés, elles tiennent, comme le mensonge, à cette harmonie universelle du mal qu’on appelle : la société. La société s’édifie toute sur ce fait : l’écrasement de l’individu. Ses institutions, ses lois, ses simples coutumes, elle ne les accumule autant, elle ne les rend aussi formidables que pour cette tâche criminelle : tuer l’individu dans l’homme, substituer à l’individu, c’est-à-dire à la liberté et à la révolte, une chose inerte, passive, improductive. Et j’admire qu’il y ait eu, et qu’il y ait encore des êtres assez forts, pour avoir résisté à cette lourde pesée! Quelle énergie! Quelle volonté! quelle ténacité puissante, ou quelle inconcevable chance, afin de pouvoir ainsi survivre à la mort, et de montrer au monde consterné la face miraculeuse et vivante du génie!

Octave Mirbeau, Dans le ciel (p.82)
source : www.scribd.com

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Maxence Van der Meersch, Masque de chair - Jusqu'au bout de la science du mal

Publié le par antoiniste

    Comment peut-on être double à ce point ? J'ai  peine dix-huit ans. Et je peux dire que je suis allé jusqu'au bout de la science du mal. J'en suis venu à accepter sans révolte, sans dégoût, presque avec plaisir, le cortège des misères sordides dont s'accompagne un vice comme le mien. J'en suis venu presque à les aimer. Un gibier avancé donne la nausée  un enfant. Mais il vient un temps où l'on parvient à tolérer et finalement à rechercher la puanteur de la charogne...

Maxence Van der Meersch, Masque de chair
Albin Michel, Paris, 1958 (p.44)

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