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Eliette Abécassis - Une intuition divine

Publié le par antoiniste

    Une intuition divine me souleva le coeur et l'esprit, et m'emmena, coûte que coûte, vers l'union avec le Créateur. Par Son Nom, j'invoquai celui de mon père, comme s'il était là, comme s'il était en moi et que j'étais en lui, comme si c'était Dieu lui-même qui m'annonçait qu'il n'était pas mort, mais bien vivant, qu'il vivait à travers moi et à travers lui, et que bientôt je le retrouverais, et ainsi nous serions tous unis. Et ce fut une consolation. La raison me commandait de ne pas faillir, et me soufflait, par des pages que je connaissais bien, que l'instantanéité de l'intuition surnaturelle n'était que la paresse de la pensée et l'envers d'un rationalisme englué dans l'imaginaire. Mais la raison était vaine, le fait inexplicable ; j'étais emporté.

Eliette Abécassis, Qumran, p.298
Le Livre de Poche, Paris, 1996

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Eduard von Hartmann - Philosophie de l'inconscient

Publié le par antoiniste

Hartmann (Eduard de), philosophe né à Berlin le 23 février 1842, mort en 1916. Fils d'un général d'artillerie, il eut peu de goût pour les études classiques, mais étudia avec succès les mathématiques et la physique, avec intérêt les auteurs grecs, surtout Sophocle et Thucydide, et, en 1858, sortit du gymnase après de brillants examens. II fit son volontariat dans les dragons de la garde, et passa ensuite trois ans à l'école d'artillerie de Berlin, fréquentant pendant ce temps la meilleure société, se plaisant surtout au commerce des femmes. II était premier lieutenant, en 1864, lorsque sa mauvaise santé le força à quitter le service. Il se livra d'abord à la musique et à la peinture, mais les abandonna bientôt pour la philosophie. Dès 1858, il avait commencé à écrire ses réflexions. Son grand ouvrage fut conçu en 1863. Retiré à Grosslichterfelde, près de Berlin, il y travailla dès 1864. En 1867, il se fit recevoir docteur à l'université de Rostock. Mais il ne fréquentait pas les cours ni les professeurs; c'est à ses études personnelles et à quelques amis médecins, surtout à Flemming, qu'il dut le développement de son esprit.

Dès lors, il a publié un grand nombre d'écrits sur des sujets de philosophie, d'esthétique, de religion. Le principal de beaucoup est la Philosophie de l'Inconscient. Cet ouvrage est divisé en deux parties, dont l'une a pour titre : la Phénoménologie, l'autre la Métaphysique de l'Inconscient, division qui marque assez bien celle de la doctrine. Cette doctrine (la première partie) est expérimentale, et prétend être scientifique; peut-être même est-ce la première ambition de Hartmann, que d'avoir essayé d'unir étroitement la philosophie et la science, l'une étant considérée comme le complément nécessaire de l'autre. L'autre partie du système est purement métaphysique, et a pour objet des spéculations analogues à celles de Schelling ou de Schopenhauer, sur la nature et la fin de l'univers, sur le bonheur, le néant, l'être, les principes suprêmes.

La vie corporelle nous oblige à recourir à l'inconscient. Celui-ci est conçu soit comme volonté, soit comme idée. L'organisme ne peut être expliqué suffisamment comme en mécanisme (Philosophie mécanique). Il est une société d'organismes individuels, c'est-à-dire, d'un bout à l'autre, une activité. Il en est de même de ses fonctions. L'inconscient apparaît dans l'instinct, dont il explique la clairvoyance, la plasticité. Le réflexe doit être conçu comme une réaction de l'instinct. et suppose lui-même une finalité intérieure. Comment comprendre, sans elle, la finalité évidente, la promptitude, la variété infinie des mouvements réflexes? Le réflexe est en effet le type de l'acte du système nerveux, et nos fonctions les plus hautes tombent sous sa définition. Le mouvement volontaire lui-même ne s'expliquerait pas sans des réflexes qui mettent en mouvement avec une rapidité et une précision parfaites une multitude de fibres inconnues à la conscience. A tous ses degrés, le réflexe a une face subjective inséparable de la face objective, des éléments de volonté et d'idée inséparable du mouvement. La même finalité inconsciente se retrouve dans les actes curateurs de l'organisme, inexplicables mécaniquement, sans une vertu curative spontanée. Il en est de même des actes formateurs, ceux par exemple qui dépendent de la nutrition; nulle explication mécaniste ne rendra compte de la formation des tissus. Sans doute la plupart du temps l'activité inconsciente a confié son oeuvre à un mécanisme ; mais le mécanisme lui-même la manifeste. Il y a dans chaque organisme une providence intérieure, que notre conscience ne connaît pas et qui veille toujours. C'est elle qu'il faut entendre dans ce mot de Schopenhauer, que Hartmann a choisi pour épigraphe de ce premier livre :

    « Chaque être se présente à nous comme son oeuvre propre; mais on ne comprend pas le langage de la nature, parce qu'il est trop simple. »

Cet inconscient, qui a créé l'organisme, y a partout établi la subordination et l'unité. Chaque centre nerveux est à la fois dépendant et actif : actif pour la besogne qui lui est propre et à laquelle il suffit ; dépendant pour les fonctions supérieures pour lesquelles un centre supérieur lui commande.

L'inconscient est aussi partout dans la vie de l'esprit. Il suffit, pour le reconnaître, d'analyser les instincts humains, la coquetterie, la pudeur, l'amour maternel, l'amour. Ce sont autant de volontés inconscientes de leur but, au service de l'inconscient. Le type de cette activité, à la fois intelligente et aveugle, c'est l'amour, par lequel l'inconscient mobilise toutes les forces de l'individu en vue d'un but supérieur à l'individu même : la conservation de l'espèce. L'amour est la grande tromperie de la nature, que Schopenhauer déjà avait aperçue. L'activité inconsciente se trahit, lorsqu'elle accomplit son acte, par le plaisir et la douleur. La sensibilité consciente n'est que l'écho des satisfactions ou des contrariétés d'une activité inconsciente. Les plaisirs et les douleurs sont donc identiques dans leur fond. Ainsi s'expliquent des caractères autrement inexplicables. Il arrive que nous avons du plaisir à des actes dont l'idée nous rebutait : n'est-ce pas la preuve que la conscience ne connaît pas les fins de l'inconscient? Si notre sensibilité est si mystérieuse, c'est que nos plaisirs et nos peines sont surtout déterminés par des idées et des désirs inconscients. Si la réflexion réussit parfois à y pénétrer, c'est que l'inconscient a aussi sa logique, distincte, mais semblable à celle de l'esprit conscient. Mieux encore que dans les sensations, l'inconscient se révèle dans la manière dont l'âme réagit contre elles; c'est le caractère. Cette réaction a tout à fait le type de l'action réflexe ou des mouvements réflexes de l'instinct. De là la résistance, l'immutabilité du caractère. Tout ce que peut contre lui l'habitude ou l'exercice, c'est de développer plus spécialement certaines de ses tendances. Par suite la moralité ne descend point dans ses profondeurs.

    « La nature en elle-même n'est ni bonne ni mauvaise [...]. Le bien et le mal n'existent pas pour elle, mais seulement pour la volonté-consciente de l'individu. »

Par l'inconscient, la vie intellectuelle tient aussi de très près au caractère. Elle y tient d'abord dans tout ce qui concerne l'art. La perception-esthétique est la réaction spontanée de l'âme contre les impressions sensibles. L'inspiration de l'oeuvre d'art appartient à l'inconscient, qui suggère à l'artiste ses associations d'idées et d'images. La beauté est un besoin de la nature, besoin universel qui est dans tous les êtres vivants; elle est le désir de l'inconscient même. Il y a dans la beauté une logique; c'est une idée inconsciente, plus ou moins parente de notre pensée. La même logique, inexplicable pour les mécanistes, se retrouve dans les lois de la formation et du développement et du langage : ce sont les effets

    « d'un esprit qui soumet le développement du langage aux mêmes lois, dans ses périodes de floraison comme de développement ».

L'inconscient agit enfin dans la pensée discursive ou abstraite. Les lois de l'esprit sont a priori parce qu'elles sont les lois des choses, l'oeuvre d'un esprit universel. Les procédés de la connaissance appartiennent à l'inconscient; c'est à lui qu'appartient l'induction, à lui aussi l'action créatrice de la pensée.

    « Ce n'est qu'après coup que les raisons sont recherchées pour la conscience, lorsque le jugement est déjà arrêté. »

La perception extérieure enfin doit à l'inconscient ses éléments essentiels : l'espace qui n'est pas, comme le croit Kant, purement subjectif, mais qui est une fonction de l'idée inconsciente; les qualités des diverses sensations, qui sont l'oeuvre de lois psychologiques inconnues, mais certaines, qu'on ne petit attribuer qu'à l'inconscient.

Tel est le rôle de l'inconscient dans la vie humaine tout ce qui est activité spontanée, et il n'est rien qui au fond ne se résolve dans une telle activité, lui appartient. Cette théorie a le mérite, pour la physiologie, de montrer les lacunes du mécanisme, et par suite, de le forcer à devenir plus exact, plus complet; pour la psychologie, de délimiter la part de l'inconnu, de l'instinctif en nous, et de mesurer ainsi l'importance des idées abstraite, et de leurs lois; elle tend a rendre la morale plus concrète; elle donne enfin à l'esthétique une idée féconde, que Schopenhauer avait déjà développée, il est vrai, mais avec une méthode moins rigoureuse, trop intuitive et trop personnelle.

La Métaphysique de l'inconscient examine en eux-mêmes les principes que la Phénoménologie a étudiés dans leurs effets. L'inconscient, sous ses deux formes, volonté et idée, est le principe actif que nous avons trouvé dans toutes les manifestations de la vie. Ce principe appartient à la conscience. A-t-on le droit de le considérer comme réel, et de le transformer en une force agissant dans le monde? La pensée est elle-même l'oeuvre du monde, analogue à lui, et leurs lois sont communes : le principe que l'expérience intime nous fait connaître appartient donc bien à l'univers. ll s'agit seulement de le débarrasser des formes qui sont particulières à l'humain. Ces formes tiennent toutes à la conscience. Nous n'avons le droit de considérer la volonté et l'idée comme principes métaphysiques qu'à la condition d'admettre qu'ils ne se connaissent pas.

Comment expliquer l'apparition de la conscience? Elle résulte de la lutte de forces opposées. Partout où il y a des forces distinctes, il peut y avoir conscience. Peut-être existe-t-il une conscience des atomes. Il y a une conscience des cellules vivantes, du protoplasmes. La conscience n'a pas de degrés, elle est ou elle n'est pas. Sa richesse, son étendue tiennent à son objet. Elles dépendent des conditions physiologiques, de la facilité de communication entre les cellules nerveuses. L'être le plus pauvre, la matière, n'est donc pas inconscient et inerte. On ne peut concevoir les atomes que comme des centres de force. Or, toute force, toute action est une volonté et une fin, par suite une idée. Ainsi est rétablie l'unité de l'être sans que la science ait à en souffrir. Par suite, il n'y a pas de solution de continuité métaphysique entre la matière et la vie et la vie peut spontanément sortir de la matière. La vie produit l'individu, suivant les quatre lois d'unité suivantes :

    1° unité d'espace ou de forme;

    2° de temps ou d'action;

    3° de cause ;

    4° de fin.

Les individus se perfectionnent en enfermant dans ces unités une multiplicité sans cesse croissante. Ils se développent suivant des lois externes et internes, l'action extérieure, l'hérédité, l'inconscient surtout, qui tend à enfermer en chacun d'eux la plus grande somme possible de vie, luttant pour cela contre les lois de la matière. Ainsi s'expliquent les individus dans leur diversité. Leurs ressemblances s'expliquent en partie par les lois de l'évolution, l'adaptation, la sélection naturelle, l'hérédité, mais aussi par la finalité de l'inconscient, qui demeure la cause principale, inventrice et directrice. L'inconscient ne se divise ni dans les individus ni dans les espèces. L'harmonie de tous les actes de la nature prouve l'unité de la force qui les accomplit. L'inconscient est l'âme universelle, l'un-tout. Inconscient, il n'est pas aveugle, il a la sagesse absolue. Le monde qu'il crée est le meilleur possible (Leibniz, Optimisme).

Pourtant la souffrance y domine infiniment la joie. Hartmann analyse alors l'espérance du bonheur, sous toutes sa formes; bonheur individuel, bonheur de l'espèce, bonheur dans une autre vie. Sous toutes ses formes, cette espérance est illusoire. A mesure que l'humanité fait des progrès, elle souffre davantage. Un jour viendra où sa souffrance sera telle, et l'illusion de ses espérances si visible, qu'elle aspirera elle-même à sa délivrance, et que la volonté renoncera à la vie. Ce renoncement ne sera pas le suicide individuel de Schopenhauer, révolte enfantine et inutile de l'humain qui n'a su comprendre ni quelles sont les forces qu'il a contre lui, ni celles dont il dispose, mais le renoncement de l'humanité tout entière, résultat de pénibles efforts et d'un progrès séculaire. Le devoir pour nous n'est pas le suicide, mais le progrès dans tous les ordres de la vie; le progrès augmente la souffrance, découvre l'illusion et prépare le renoncement. Quel peut donc être le plan du monde et le but de l'inconscient créateur? Si l'inconscient veut la vie, comment les êtres vivants peuvent-ils vouloir le néant, et quelle sera la fin de cette lutte? Hartmann répond à cette question par l'examen des Derniers Principes. Le principe des choses n'est pas l'idée, comme l'a cru Hegel. Admettre dans l'idée un élément illogique, c'est en réalité reconnaître l'existence d'un autre principe que l'idée? Le principe suprême n'est pas davantage la volonté de Schopenhauer. Donner pour fondement à sa philosophie une volonté aveugle, c'est choisir un principe trop étroit, incapable d'expliquer la logique et la fécondité de l'univers. Le principe suprême de comprendre les deux principes, comme ses attributs. Ils sont, du reste, inséparables dans l'univers.

    « L'idée détermine l'essence, la volonté l'existence [...]. L'entendement donne la mesure à la volonté infinie, sans limites. »

La volonté et l'idée ont la même essence, cherchent à s'unir.

    « L'état de la volonté est une éternelle aspiration vers un contenu qui ne peut lui être donné que par l'idée. »

La volonté et idée s'unissent comme le principe masculin et le féminin. L'idée vierge se sacrifie pour sauver la volonté de sa souffrance. Mais leur rapport est celui du fini à l'infini, et la souffrance ne peut être calmée. Une fois que la volonté est entrée dans l'existence, elle s'est condamnée à la servitude du vouloir. Elle ne saurait être affranchie que par l'excès même de sa souffrance. Le jour ou le vouloir saura renoncer à lui-même, la volonté retournera à la puissance pure, à l'absolue liberté. Elle pourra dès lors recommencer à chercher l'être. La probabilité de sa renaissance sera 1/2. Mais si n mondes ont existé déjà, si le vouloir est sorti n fois de la volonté, la probabilité est réduite à 1/2n. Cela suffit à légitimer notre effort pour le progrès. Ainsi, par l'introduction d'un élément logique, le pessimisme de Schopenhauer est ici achevé d'une façon plus systématique. Mais si le raisonnement est plus rigoureux, l'intuition est moins riche. Il n'y a pas dans le livre de Hartmann la plénitude de la pensée, la beauté du style, qui feront vivre le Monde comme Volonté et Représentation. (Cramaussel).

   
Les principaux ouvrages de Hartmann sont : Die Philosophie des Unbewussten (Berlin, 1869; 2e édit., 1882. trad. en français par Nolen).- Ueber die dialektische Methode (1868). - Schellings positive Philosophie als Einheit von Hegel und Schopenhauer (1869). - Gesammelte philosophische Abhandlungen (1872). - Erlœuterungen zur  Metaphysik des Unbewussten (1874). - Neukantianismus und Hegelianismus (1874); etc.

source : http://www.cosmovisions.com/Hartmann.htm

Plusieurs de ses oeuvres en allemand, ou en français sont à télécharger sur gallica.fr et archive.org

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Albert van der Naillen, adepte de San Fransisco

Publié le par antoiniste

Illustration : The attached picture (taken in 1902) shows the Vander Naillen men.
From left to right: Albert, Jr.; Edmund; Albert, Sr. (father); Ralph.


Albert van der Naillen (Overboelare [Grammont] 1830 - Oakland 1928)
    Auteur, scientifique et éducateur, Chevalier de l'Ordre de Léopold (reçu en 1903 pour les service rendu à la nation dans les liens commerciaux et l'image de la Belgique donné aux Etats-Unis), Membre de la California Academy of Sciences, Président de la School of Engineering de San Fransisco, Membre fondateur de l'Institut Général Psychologique de Paris, Ancien Président de la California Psychical Research Society, Membre de l'American Association for the Advandement of Sciences, Membre de la California Academy of Sciences, Membre de la National Geography Society. Né en Belgique, il émigre en 1859 avec sa femme (ils se sont mariés en 1857) et son fils sur le Mascononau qui part d'Anvers, il est alors noté comme fermier (farmer) dans les registres de l'immigration. Il eut plusieurs enfants de son épouse Victoria (né Herladeberpen, 1835-1920) :
 - Albert Victor Joseph, Jr. (né à Overboelare en 1858, épouse Lillian Kramer de San Francisco en 1887), ont une fille Jeanne Lucy (1889-1954). Il fit un voyage dans le Diamond avec le Capitaine Van Tassel, le plus grand ballon construit à la côte pacfique. Il meurt en 1968 à Alameda.
 - Edward Edmund Herla (1892-1961), épouse Edith May Simpson (1881-1966), il participera aux livres de son père The great Message
 - Ralph Leo (1874-1925, épouse en 1896 Pauline E. Schlueter), également féru d'occultisme, il fit les premières expériences en 1896 de rayon X en Californie. Son nom devient Vander Nelly ou Vander Nellen
 - Mary ou Maria (1865-?),
 - Lucy (1864-1926, épouse en 1884 John Loupy), 
 - Gasparine (connue sous le pseudonyme de Rena, 1885-1945, épouse d'abord Alexander G. Brockoff en 1902, puis Eugene Steve Campomenosi (1889-1981), plus tard abrégé en Campi)
 - Dorathy ou Dorothy Cecelia (1888-1964, épouse James C. Rosemeyer)
 - Charlotte Therese C. (1878-1942, épouse Eugene H. Kast en 1898 (?), puis Joseph Bullock)

    Il habita San Fransisco puis Oakland en Californie (Etats-Unis, où il fut chargé notamment de tracer une ligne de chemin de fer). Il y sera très tôt en contact avec le médium Mr. Miller (né à Nancy et habitant à San Fransisco). Il porte parfois le titre de baron, plus souvent de Professor. Il sera naturalisé américain.

    Albert et Victoria sont enterrés au Saint Marys Cemetery à Oakland (Calofornie). Edmund est enterré au Mountain View Cemetery (également à Oakland). D'autres enfants dans le Comté de San Mateo (à San Mateo ou Colma, également en Californie).

    Théosophe et spirite, convaincu de la réincarnation, il a écrit sur des sujets spirituels divers, notamment les guérisons et les révélations divines dans le monde :
- Une fleur brisée (1856, imprimé à Gand, recension ici),
- The actual religious battle, or, Free religion vs. the old creeds: lecture delivered at the Mercantile Library Hall, San Francisco, Cal., January 10, 1875,
- On the eights of Himalaya (Dans les Temples de l'Himalaya),
- In the Sanctuary (Dans le Sanctuaire, 1895),
- The scribe of a soul (avec Clara Von Ravn, 1901),
- Balthazer the Magus (Balthazar le Mage, 1904), 
- The strenuous life spiritual and The submissive life (1912)...
- Et surtout Most sacred revelations given to the world by Antoine the wonderful Belgian healer (1927).
    Plusieurs de ses livres sont à télécharger sur le site archive.org. On peut se procurer les traductions françaises sur les sites de ventes d'occasions. Certains de ses livres ont également été traduits en espagnol et portugais.

    Le Rosicrucian Digest en 1944, nous dit :
    " It is small wonder that Van der Naillen's interest in occultism and mysticism overflowed into the lives of his sons. In 1921 two of his sons, Ralph and Edward, visited the ancient Maya Indians of Mexico. They brought back messages to the world from ancient masters of old religions in America. The title of one of the communications was "A Message to Mankind from the Master in Cabala". It is very curious to note that these messages about the Cabala are very similar to the views of the ancient Egytians, Chaldeans, Hebrews, ans Rosicrucian.
    " Incidentally the son of Van der Naillen, Albert V., Jr., who likewise is interested in his father's mystical studies, is living in Oakland today. He is 87 years of age. [...]
    " It is not feasible to go into the discussion of other works of Van der Naillen. Enough has been written here to give a general appreciation of his writings. The man's long, useful life and his contributions to mystical literature can stand as a sign post to science that someday science must come around to viewpoint of the occultist if it would progress.
    " Those who visit Van der Naillen's mountain home are deeply impressed whith the lingering spirit of this humble seeker after truth - this lover of solitue, who ascended the mountainside in the misty morning to watch from this Shangri-la the ever changing naturel garments of God. "
Rosicrucian Digest 1944 , Rosicrucian Editors, p.337
source : Google Books

    A propos de son fils Edward :
    " The San Francisco Examiner 1925
Ratana Invisible Maori Faith Healer Works Cures it was stated by one American paper that the famous praying tribesman from New Zealand, with 26 followers, camped in San Francisco; that he accepts no money and has received 287,000 letters from the sick and the infirm for divine healing. An interesting symptom of our times is the faith cures. It is useless to deny they happen, for hundreds of cases have been investigated and found true, with many faith cures being mentioned in the Holy Bible that have happened throughout the ages. San Francisco is a fair example of a modern city, and for the past two years, her citizens have listened to Coue and admired the cures he brought about by autosuggestion.
    " They heard Edward Vander Naillen, engineer and mining man, who for sook most of his business interests to preach the Miracle Man in Mexico. Vander Naillen, after being cured, of Cancer, according to his claim, has personally performed over forty years. During these two years, San Francisco read about the followers of the Emmanuel Movement of the Episcopal Church, claiming wonderful recovery of health through the agency of prayer. They heard numerous Christian Scientists give thanks for divine healing at their testimonial meetings. (Editor WM, pp6-7: October 1966) "
source : http://www.theratanachurch.org.nz/worldtour.html

   Edward fonda la Van der Naillen School of Mining à San Francisco.

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La source du Père Antoine ou ''Ri Chèrâ'' (brochure Seraing)

Publié le par antoiniste

    LA FORÊT
S é r é s i e n n e

    Promenez-vous dans un parc magnifique, unique en son genre dans la
région, un véritable musée forestier.
    Laissez-vous mener le long d’un ruisseau auquel on attribuait autrefois des vertus curatives.
    Le « Ri Chèrâ » doit certainement son appellation au ruisseau longeant la voie carrossable.
    Les disciples du Père Antoine (1846 - 1912 ) et lui-même, considéraient des vertus curatives à l’eau d’une source émergeant à cet endroit.
    Qui était le Père Antoine ?
   Vous le découvrirez durant cette visite commentée d’environ 2 heures.


RENSEIGNEMENTS :
SERVICE DE LA CULTURE ET DU TOURISME DE SERAING
Quai des Carmes 45
à 4101 SERAING (JEMEPPE)
Tél. : 04 / 330.84.64
FAX : 04 / 330.84.63

Documentation : Livre « Seraing à travers ses forêts »
disponible au Syndicat d’Initiative et au Service de la Culture et du Tourisme de Seraing.
rue du Val 243 à 4100 SERAING (Porche d’entrée du domaine)
Tél. 04/336.66.16 (ou à défaut 0475/35.75.95) Fax : 04/385.14.23
Courrier électronique : s.i.seraing@advalvas.be
Site Internet : http://www.syndicat-initiative-seraing.be

Chaque visite peut être commentée par un guide-nature.
En fonction des desideratas de chaque organisateur, la durée des différentes balades peut être diminuée ou allongée.
Le balisage des différentes promenades pédestres, VTT, cavaliers, est en cours. Une carte sera disponible au Service de la Culture et du Tourisme de Seraing.

source : http://www.seraing.be/IMG/pdf/brochure_tourisme.pdf


    Note : Il existe une avenue du Ry Chéra à Neupré (Neuville-en-Condroz), menant à la forêt où se trouve la source. Le sens du nom est "ruisseau du chemin pour charrette" (du liégeois tchérave [vôye], du latin carrabilis [uia]). (source : Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Google Books)
    Régis Dericquebourg précise, en contradiction avec dit plus haut : "Actuellement, l'eau de la source où le Père avait coutume d'étancher sa soif pendant ses promenades fait l'objet d'une dévotion particulière. Même si le Père a lutté contre ses dévotions, imité en ceci par ses suiveurs, elles n'en représentent pas moins une forme de religiosité accessible au plus grand nombre" (Les Antoinistes, p.125).

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Louis Antoine faisait-il partie de l'Aristocratie ouvrière ?

Publié le par antoiniste

    On entend souvent que les métallurgistes faisaient partie de l'aristocratie ouvrière. Plusieurs journaux qualifièrent Louis Antoine à sa mort, de "petit bourgeois, presque du peuple" (Le Progrès spirite reprenant l'Eclaireur de l'Est (Reims) et La Liberté, Journal politique, religieux, social - Fribourg, Suisse). Tachons d'en savoir plus sur cette catégorie d'ouvrier.


L'aristocratie ouvrière : une théorie sociologique pour diviser la classe ouvrière

    Il y aurait un antagonisme de classe au sein de la classe ouvrière elle-même, un antagonisme entre les couches "les plus exploitées" et les couches "privilégiées".  Il y aurait une "aristocratie ouvrière jouissant des plus hauts salaires, des meilleures conditions de travail, une fraction ouvrière qui partagerait avec "son impérialisme" les miettes des sur profits tirés de l'exploitation coloniale.  Il y aurait donc une frange de la classe ouvrière qui en fait n'appartiendrait pas à la classe ouvrière, mais à la bourgeoisie, une couche d"'ouvriers-bourgeois".
    Voila les grandes lignes communes à toutes les théorisations sur l'existence d'une "aristocratie ouvrière".  C'est un instrument théorique dont la principale utilité est de permettre d'estomper dans un flou plus ou moins étendu, suivant les besoins, les frontières qui opposent la classe ouvrière au capital mondial.
    Cette théorisation "permet" de taxer des parties entières de la classe ouvrière (les ouvriers des pays les plus industrialisés par exemple) de "bourgeois", et de qualifier des organes bourgeois (les partis de "gauche", les syndicats, par exemple) d"'ouvriers".
    Cette théorie trouve son origine dans les formulations de Lénine pendant la 1ère Guerre Mondiale, formulations reprises par la 3ème Internationale.  Certains courants politiques prolétariens, ceux qui tiennent à se désigner par l'étrange qualificatif de "léninistes", traînent encore aujourd'hui avec eux cet avatar théorique dont ils ne savent pas toujours que faire, si ce n'est de maintenir un flou sur des questions de première importance dans la lutte de classe.  La contre-révolution stalinienne, elle, s'est depuis des décennies servi de cette théorie à tout propos pour tenter de recouvrir ses politiques du prestige de Lénine.

sommaire :
    Une theorie sociologique
    Une conception "ouvrieriste"
    L'aristocratie ouvriere: une definition impossible
    Une theorie pour diviser la classe
    Une conception ambiguë des partis et des syndicats
    Critique de l‘explication de Lenine de la trahison de la seconde internationale
    Une deformation grossière du marxisme

    On y apprend donc que cette catégorie date des environs de la Première Guerre mondiale, et qu'elle est critiqué dans les milieux militants communistes.

 Publié par Revue Internationale le 15 Octobre, 2005
source : http://fr.internationalism.org/rinte25/aristocratie.htm

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Tim Noble & Sue Webster - Shigeo Fukuda

Publié le par antoiniste

Tim Noble et Sue Webster sont deux artistes britanniques dont les œuvres sont étranges.

    Avec des matériaux courants ramassés dans les rues de Londres, ils ont réalisé quelques montages qui regardés seuls, paraissent hétéroclites.
    Mais si l'on dispose une source de lumière d'une façon stratégique, les ombres portées sont stupéfiantes de réalisme et de détails.                                                                    
    Le bâteau l'œuvre du Japonais Shigeo Fukuda récemment décédé et qui fut l'un des premiers artistes à avoir cultivé cette forme d'art. Elle vient d'une masse de fourchettes, couteaux et cuillères...

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Michelis di Rienzi - Les petites églises (1930)

Publié le par antoiniste

Auteur :     Michelis di Rienzi
Titre :     Les petites églises
Editions :    Paris, Librairie Universelle, 1930, 196 pages

    Pierre Debouxhtay nous renseigne que les pages 17 à 20 sont consacrées à l'Antoinisme.
    L'auteur écrit également plus tard : Les Religions ignorées (1939).

    A lire un extrait du livre sur les Gnotiques : http://www.gnostique.net/documents/gnostiques.pdf

Recension :

Michelis di Rienzi - Les petites églises (1930)

Michelis di Rienzi, Les petites Eglises, Paris, 84, boulevard Saint-Michel, 194 p. in-8°, 15 francs.
    Sous vingt-cinq rubriques différentes, sont mélangés des gens dont les uns forment vraiment des Eglises (et non de petites Eglises toujours : catholiques grecs, vieux-catholiques), tandis que tels autres seraient fort surpris qu'on les assimile aux membres d'une Eglise, c'est-à-dire d'une société chrétienne : ainsi les Mithraïstes. D'autres, au contraire, ont des attaches certaines avec le protestantisme : Salutistes, Quakers, Vaudois. On ne saurait reprocher à l'auteur une documentation insuffisante, car dès la première page, il avertit qu'il a tracé ses « esquisses » avec « bienveillance et respect ».

Bulletin de la société de l'histoire du protestantisme français (1928 (A77 = SER6,A1))

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Musée En Piconrue (Bastogne) - Guérisseurs d'hier et d'aujourd'hui (2003)

Publié le par antoiniste

Auteur : Françoise Lempereur (Préface)
Titre :     Guérisseurs d'hier et d'aujourd'hui
Editions :    Musée en Piconrue, 2003, format 21/29,7 - 334 p - ill. NB et couleurs
Prix :     42 €

    Malgré des progrès incessants, la médecine scientifique est impuissante à prendre en charge tous les maux de l'humanité. A son corps défendant, elle cède le terrain à un autre art de soigner: celui des guérisseurs traditionnels souvent investis d'un don personnel transmis de génération en génération. Cette tradition fait partie intégrante de la la médecine populaire aux multiples aspects: culte des saints guérisseurs, recours aux plantes médicinales, pratiques magico-religieuses, etc...
    Associé au Séminaire des Arts et Traditions Populaires de Wallonie de l'Université de Liège et à divers autres chercheurs, le Musée en Piconrue a mené une enquête en profondeur sur le sujet. L'ouvrage a pour ambition de lever un coin du voile sur le petit monde secret des guérisseurs d'hier et d'aujourd'hui et sur la vitalité de la médecine populaire dont la résistance intrigue dans notre société moderne et scientifique.

source : http://194.78.142.104/piconrue/pages_sommaire/pg_publications.htm#Gu%C3%A9risseurs%20d%27hier%20et%20d%27aujourd%27hui



     Au Musée en Piconrue de Bastogne
     Guérisseurs d’hier et d’aujourd’hui : un livre et une exposition
    La médecine scientifique, malgré des progrès incessants et spectaculaires, est impuissante à prendre en charge tous les maux de l'humanité. A son corps défendant, elle doit alors abandonner le terrain à un autre art de soigner: celui des guérisseurs traditionnels qui pratiquent, dans une semi-clandestinité, leur étonnant "charisme de bienfaisance", la plupart du temps fondé sur un don personnel transmis de génération en génération. D'où vient cette tradition? Quels liens entretient-elle avec la médecine savante et les multiples aspects de la médecine populaire dont elle fait partie intégrante (culte des saints guérisseurs, recours aux plantes médicinales, pratiques magico-religieuses, etc.)? Quelle est la place du guérisseur dans la Wallonie d'aujourd'hui?
    Piconrue s’est associé avec le Séminaire des Arts et Traditions Populaires de Wallonie et divers autres chercheurs (folkloristes, ethnologues, anthropologues, historiens, médecins) afin de mener une enquête en profondeur sur le sujet. De ce travail, nous avons tiré un livre de référence abondamment illustré ainsi qu'une exposition: ces deux réalisations ont pour ambition de lever un coin du voile sur le petit monde secret des guérisseurs d'hier et d'aujourd'hui et plus largement sur la vitalité de la médecine populaire dont la résistance intrigue dans notre société moderne et scientifique.
 
A. L’exposition
    L'exposition, quant à elle, évoque la figure du guérisseur traditionnel – "rebouteux", magnétiseur, etc. – à travers ses pratiques et ses instruments. Elle en re-situe la figure dans le contexte plus général de la médecine populaire.
    De salle en salle, le visiteur découvre ainsi, maladie par maladie, les multiples remèdes proposés par l'art de guérir traditionnel, comme le recours au surnaturel (culte des saints guérisseurs, pratiques magico-religieuses, etc.) ou les médications naturelles (préparations empiriques à base de plantes médicinales, etc.). Les remèdes fabriqués par l'industrie à partir de recettes traditionnelles et vendus en pharmacie sont également pris en considération.
    L'exposition éclaire particulièrement bien la grande et pittoresque diversité de toutes ces thérapeutiques. Elle met en scène de manière attrayante et vivante tout un arsenal de pièces hétéroclites, à la beauté singulière: de la statue de Notre-Dame aux Larmes invoquée contre les maux d'yeux, à l'arbre à clous sur lequel le patient transférait son mal de dent; du livre de remèdes paysan au flacon d'huile de foie de morue; de l'herbier ou de l'almanach du XVIe siècle à l'affiche moderne vantant les mérites d'un élixir miracle; d'un tableau de Breughel de Velours à une boîtes en fer lithographiées ayant contenu des pastilles anti-toux.
    Ont notamment contribué à cette exposition d'une grande richesse documentaire les Université de Liège et de Louvain, le Musée de la Vie rurale de Peppange, l'abbaye de Maredsous ainsi que plusieurs collectionneurs de renom: Mme Marine Robert (les affiches publicitaires Thérabel), Mme Dardenne de Grand-Hallet (les boîtes en fer blanc lithographiées), M. Georges Vanhalle de Huy (instruments et objets divers provenant d'une ancienne pharmacie), Mme Versailles de Tournai (les objets concernant la confection et la conservation de la thériaque). Plusieurs œuvres d'art et objets relatifs à la médecine populaire ont par ailleurs été prêtés, à l'initiative de la Province de Liège, par le Musée de la Vie wallonne, le Musée de Wanne et le Musée de l'Art wallon.
    Le montage audio-visuel, qui accompagne l’exposition, est consacré à la figure d’Hildegarde de Bingen, mystique allemande, prophétesse et guérisseuse du XIIe siècle. La salle vidéo projettera  par ailleurs des films ethnographiques et des reportages sur les guérisseurs traditionnels d’Ardenne, sur les arbres à clous, les pèlerinages aux sources miraculeuses, etc.

     Ouverture de l’exposition du 1er juillet au 6 novembre 2003, du mardi au dimanche, de 13 h 30 à 18 h, au Musée en Piconrue, place Saint-Pierre, à Bastogne.

Pour plus d'informations:
Possibilités d'interview avec:
    * Françoise Lempereur, ethnologue, responsable de l'enquête sur les guérisseurs d'aujourd'hui.
    * André Neuberg ou Olivier Donneau, pour le Musée en Piconrue. Tél.: 061/21 56 14
 

    B. L'album Guérisseurs d'hier et d'ajourd'hui.      
    Il s’agit d’un album de 340 pages , plus de 250 illustrations en quadrichromie. Prix de souscription : 35 euros jusqu’au 30 juillet 2003.  S’adresser au Musée en Piconrue, place Saint-Pierre, 24, 6600 Bastogne.
    Prix de vente après cette échéance : 42 euros, au musée ou en librairie.  

    Table des matières.

    I. Guérisseurs et médecins: des savoirs concurrents?
    Carmélia OPSOMER - Robert HALLEUX, Médecine savante et médecine populaire. Balises pour une histoire parallèle.

    II. Guérisseurs d’autrefois
    Joseph MERSCH, Hildegarde de Bingen.
    Antoinette REUTER, Le prêtre, une figure singulière de guérisseur dans les procès de sorcellerie luxembourgeois (XVIIe siècle).
    Joseph MERSCH, L’abbé Nicolas Neuens, naturopathe et hydrothérapeute.
    Louis CHALON, Quand le spiritisme tourne au culte populaire… (Louis Antoine dit Antoine le Guérisseur (1846-1912), fondateur de l'antoinisme)
    Micheline BARON-VAN EECHOUTE - Mireille LECRENIER, En région liégeoise, cinq tombes de guérisseurs encore fleuries.
    Sébastien ZANUSSI, La source du Père Antoine.
    Philippe ANDRIANNE, Bodet: L’herboriste guérisseur de Malmedy.
    Annette DE MARNEFFE-LAURENT - Esther BAIWIR, Catherine Seret: plus de 150 ans de guérison.
    Olivier SCHMITZ, L’arsenal thérapeutique familial d’autrefois à travers un carnet de recettes (XIXe - XXe siècles).
    Francine DELVAUX, La publicité pour les remèdes.
    Nicole SCHMIT, La médecine populaire à travers la littérature wallonne.

    III. Guérisseurs d’aujourd’hui
    Olivier Schmitz, Usagers et praticiens, quelques aspects sociaux du recours aux guérisseurs: l’exemple de la Wallonie.
    Olivier DONNEAU, Guérisseurs d’Ardenne et du pays de Liège. Quelques données statistiques
    Jacques CHARNEUX, Le vieil Armel et ses guérisseurs d’Ardenne. Souvenances et complaisances d’un fidèle usager toujours bien vivant.
    Yvette BRISMEE-ANTOINE, Le don et le secret.
    Astrid CORBEAU, Les guérisseurs: un don sans contre-don?
    Marie-Claire DESMETTE, Confessions de guérison ou… Que cherchent-ils chez le guérisseur?
    Françoise LEMPEREUR, Guérisseurs bilingues des Fourons.
    Marc LAMBORAY, La pommade de Durbuy, un remède miracle?

    IV. Prévenir le mal et le guérir. Recours à l'Au-delà
    Lucienne STRIVAY, Prévenir le mal.
    Olivier DONNEAU, Médecins et vétérinaires célestes.
    Michèle BARON, Pèlerinages aux saints guérisseurs en Hesbaye liégeoise, hier et aujourd'hui.
    Françoise LEMPEREUR - Michèle BARON, La pratique de la neuvaine.
    Marc LAMBORAY, L'huile Sainte-Catherine.
    Alain-Gérard KRUPA, La religion populaire dans les collections du Musée de la Vie wallonne.
    Paul SANGLAN, L'arbre guérisseur.

    V. L'animal guérisseur
    Georges THEVES, Les animaux utilisés en médecine et en chirurgie, jadis et aujourd'hui.
    Marc LAMBORAY, L'animal guérisseur.
    Michel BRISMEE, Un guérisseur inattendu: le dard de l'abeille.

    VI. La vertu des simples
    Anicet FRASELLE, Les saints, les simples et la santé.
    Philippe ANDRIANNE, L’élément végétal dans la pharmacopée populaire.
    Philippe ANDRIANNE, De la thériaque à l'élixir du Suédois, un remède très ancien redevenu populaire.
    Marie-Claire DESMETTE Pommade aux fleurs de souci - Pommade aux fleurs de camomille
    Ann DEPRETER L’herboristerie de transmission en région spadoise .

    VII. Sources de vie
    Marie-Ode TULLIEZ La Fontaine Sainte-Geneviève de Strée.
    Françoise LEMPEREUR Les eaux qui guérissent.
    Philippe ANDRIANNE, Le sourcier.
    Philippe ANDRIANNE, Les eaux médicinales.

    VIII. Pierres de santé
    Olivier SCHMITZ, Les pierres à usage thérapeutique.
    Postface
    Bibiographie générale et par thèmes


    Le chapitre présentant l'antoinisme est cours, et surtout il est en corrélation avec certains spirites. Le titre en témoigne (Quand le spiritisme tourne au culte populaire...). Iconographiquement, on trouve une photo du Père par I. Mordant, Liège avec l'Arbre de la Science de la Vue du Mal avec les dates et lieux de naissance et de désincarnation ; L'Arbre de la Science de la Vue du Mal en plus grand format, et une photo du temple d'Antoine le Guérisseur (avant la fondation du Culte Antoiniste). On nous parle ensuite du spiritisme et de la piété populaire avec les cas de Gilles Cabolet, Pierre Vilette, Denis Randaxhe, Henri Lacroix, Renée Remacle, et Pierre de Lambert.
    Ensuite vient une description de la Source du Père Antoine (avec une photo de celle-ci, et une photo de la Mère Antoine). La source sera de nouveau évoquée dans le chapitre Les eaux qui guérissent.
    Bref, comme dans La Belgique et ses Dieux, ou dans le Musée de la Vie wallonne, c'est le christianisme qui est le plus étudié et le reste se retrouve en parent pauvre des Universités. Cependant, comme le disait Pierre Debouxhtay, et comme le dit encore Régis Dericquebourg, l'antoinisme mérite d'être étudié...

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Lucien Roure - Au pays de l'occultisme ou par delà le catholicisme (1925)(recension)

Publié le par antoiniste

Auteur :  Lucien Roure
Titre :    Un Prophète contemporain, Antoine le Guérisseur
Editions :    Les Etudes, Volume 166 ; 20 janvier 1921 ; pp.177-189
    reproduite dans le volume Au Pays de l'Occultisme, Paris, G. Beauchesne, 1925

à lire sur la site Gallica :

Études (1897)
Études (1897)
Source: Bibliothèque nationale de France


    Après ses récentes études sur Le merveilleux spirite (Beauchesne, 1922) et Le spiritisme d'aujourd'hui (Beauchesne, 1923), le P. Lucien Roure présente au public un nouvel ouvrage sur l'Occultisme, domaine souvent confondu avec le précédent, mais qui en diffère plus ou moins profondément.
    Exactement, ce livre parle de l'histoire, de la doctrine, du sens de l'Occultisme et des mouvements divers qui s'y rapportent.
    L'auteur a tenu à donner, d'ailleurs sans étalage d'érudition, mais avec l'indication précise des références, les sources historiques et l'évolution des doctrines, la vie et le caractère des personnages qui créèrent et répandirent ces doctrines : courtes biographies qui présentent souvent un intérêt fort piquant.
    Il esquisse ensuite les grandes lignes des diverses doctrines, en clarifiant parfois, reconnaît-il, les expositions flottantes ou obscures. Puis il caractérise brièvement le sens de chaque mouvement étudié, le juge à la lumière des craies données de la science, de l'Ecriture Sainte ou même des religions orientales, dont ces mouvements occultistes se réclament.
    Le P. Roure suit ce plan, assez librement d'ailleurs, dans une suite de chapitres traitant : de l'Occultisme moderne ; du Théosophisme ; de la Christian Science, avec quelques pages sur E. Coué ; du prophète contemporain, Antoine le Guérisseur, l'ancien mineur de Liège ; des Amitiés spirituelles de Sédir ; de la Philosophie cosmique ; des Adventistes du septième jour ; du Panfreudianisme ; un Appendice parle des Superstitions du Front de guerre 1914-1918.
    L'énoncé des chapitres suffit à montrer l'intérêt d'actualité que présente le livre du P. Roure. Dans sa préface et sa Conclusion, l'auteur destine son travail aux "explorateurs" ; aux âmes avides de savoir, de remplir le vide d'une existence douloureuse, à ces âmes qui croient trouver en l'Occultisme un remède de leurs maux. Reconstituer objectivement l'échafaudage parfois à la divinité, rien n'est aussi propre à dissiper le mirage.
    On s'étonnerait de voir rapprochés les noms d'Antoine le Guérisseur et du Dr Freud. Mais on rendra justice au P. Roure en reconnaissant qu'il a soigneusement fait valoir le côté scientifique du Freudisme et qu'il a distingué le caractère outrancier de ce qu'il appelle le "Panfreudianisme".
    Disons enfin que l'on aime à voir dans ce livre nouveau, avec la clarté et la bonne ordonnance de la composition, les marques d'un esprit judicieux et pondéré : qualités précieuses avec un objet d'étude comme l'Occultisme.
       Et.[ienne] Pialat
Revue néo-scolastique de philosophie, Année 1926, Volume 28, Numéro 9, pp. 82-83 (source : persee.f)

    Note : Le même auteur évoque également l'antoinisme dans Le merveilleux spirite.

Lucien Roure - Au pays de l'occultisme ou par delà le catholicisme (1925)(recension)

Recension dans La Croix 30 janvier 1921


    Voyons si, concernant l'antoinisme, l'esprit est "judicieux et pondéré" ?
    L'auteur commence avec une description du temple de Liège, et précise qu'il y en a d'autres à Jemeppe (banlieue de Liège), à Monaco et qu'il y a une vingtaine de salles de culte en Belgique et à l'étranger (Bruxelles, Spa, Stavelot, Verviers, Paris, Vichy, Nice, Nantes, Tours. "La religion antoiniste compterait jusqu'à 18000 adeptes fervents, sans parler de ceux qui subissent l'action de l'esprit antoiniste" (p.178).
    Suit une biographie courte et neutre, sauf quand à évoquer le fils des Antoine qui est décrit comme s'étant "toujours montré maladif et bizarre, et dont les parents s'étaient peu occupés." Pierre Debouxhtay réfute cela, "de santé chétive", il précise d'un côté le témoignage de Bourguet (curé de Saint-Antoine à Liège) qui va dans se sens et d'un ingénieur T.D. qui a connu à l'école primaire, le jeune Antoine, qui était un bon élève (p.59, note 17). Il suivi des cours à l'Ecole Moyenne de Seraing, puis devint employé à la Société des Chemins de Fer du Nord Belge. Puis Lucien Roure précise qu'il fit savoir à ses parents "après sa désincarnation qu'il était devenu pharmacien à Paris." Pierre Debouxhtay dit qu'il "est certain que [les antoinistes] y ont cru jadis". En 1934, "les Antoinistes disent ignorer cette réincarnation" (p.59).
    Lucien Roure se demande ensuite pourquoi avoir donné à la Société spirite d'Antoine le nom des Vignerons du Seigneur "dans une pays qui ne se distingue guère par la culture de la vigne" (p.179). Premièrement on peut prendre cette expression dans un sens figuré, deuxièmement, Pierre Debouxhtay racontera comme la culture de la vigne était encore en cours à l'époque de Louis Antoine sur les hauteurs le long de la Meuse, donc à Jemeppe.
    L'auteur pense qu'à partir du moment où la santé de Louis Antoine déclina, on changea le nom de Guérisseur par Généreux (qui, précise-t-il, "ne signifie rien. On n'y peut guère voir qu'un effort maladroit pour remplacer le nom de guérisseur par un autre de consonance analogue qui dissimulât le changement". "Peut-être voulait-on éviter de laisser croire que l'antoinisme était tout entier dans le don de guérir et que ce don allait disparaître avec Louis Antoine ? Au surplus, à partir de 1906, l'enseignement moral l'emporte de plus en plus. Antoine prend toujours davantage conscience de sa mission de Révélateur." (p.179-80). On ne peut qu'abonder en ce sens, cela corroboré par de nombreux témoignages dans l'Unitif. Cependant le don de guérir est resté, jusqu'à faire dire à Régis Dericquebourg que "bien qu'il prétende oeuvrer à l'évolution morale de l'humanité, l'antoinisme maintient la thérapie religieuse au premier plan de ses activités et ses responsables sont fondamentalement des guérisseurs" (p.43, conclusion pour l'Antoinisme, dans Religions de guérison, Cerf & Fides).
    Lucien Roure dit ensuite que "la littérature antoiniste est abondante plutôt que riche". On ne cherchera pas à savoir ce qu'il a voulu dire par là. En tout cas, il précise en disant qu'on aurait tort "de chercher en tout cela un ordre, un développement doctrinal. Tout est jeté pêle-mêle, et on se répète indéfiniment" (p.180). Certainement l'auteur trouve-t-il que la Bible est bien agencée comme il faut dans un ordre doctrinal correct et que les Evangiles ne se répètent pas indéfiniment.
    La description du Père est loin d'être neutre : "toute la gaucherie de pensée et de langage qu'on rencontre chez l'homme du peuple sans cultre aucune - Antoine se glorifie de n'avoir jamais étudié - et qui se mêle de dogmatiser" (p.181).
    Suivent les points importants de l'enseignement selon l'auteur : Guérison par la foi (étonnant que cela vienne en premier lieu, alors qu'il disait que ce point n'était plus le centre de l'enseignement moral du Père), Amour du prochain, Solidarité, Morale sans Dieu (en préciser "amour du prochain, solidarité acceptée, voilà les deux grands principes de la morale antoiniste"), Intelligence et Conscience, Fluides, La Matière n'existe pas, Notion de Dieu (où il est dit que de vouloir se prétendre être Dieu serait "un délire d'orgueil ou de niaiserie"), Nihilisme moral ("Tandis qu'elle présente aux esprits simples un certain aliment moral, elle tient en réserve pour les adeptes plus curieux ou plus dociles des griseries malsaines", encore une fois, l'auteur se contredit car il parlait plus haut de "ceux qui subissent l'action de l'esprit antoiniste". Il rapproche ce point de la pensée tolstoïenne dont "est sorti le bolchévisme", "doctrine d'anarchie et d'amoralité"), Occultisme ("courant trouble d'occultisme, doctrines hermétistes, emprunts faits à la Kabbale et au Talmud" avec comme preuve l'histoire d'Adam que l'auteur relate).
    Sur l'Enseignement en général, Lucien Roure dit que "les théories reçues subissent un certain filtrage avant de passer en acte. Et cependant on peut soupçonner les ravages que doivent exercer dans des esprits crédules et dociles de pareils enseignements. Ceux qui ont vu de près les antoinistes convaincus disent leur obstination farouche en leur foi. Ils s'y enferment, inaccessibles à toute pénétration du dehors" (p.185). Là encore on peut rapprocher ce comportement à celui des Chrétiens dont l'auteur fait parti. Les protestants savent ce qu'est l'obstination catholique.
    Par un crescendo, l'auteur conclu en disant : "Toutes ces révélations - délire d'un cerveau malade - sont proposées avec le plus grand sérieux, expliquées, commentées, c'est-à-dire embrouillées à plaisir par le Père. Quel effet de désagrégation tout ce fatras incohérent ne devait-il pas produire sur des esprits incultes ? A coup sûr, il devait avilir en eux l'idée du mariage - idée si haute dans la Bible - et l'idée de la femme, rangée du côté de la matière essentiellement mauvaise". On voit que l'auteur n'a rien compris. Tout d'abord l'idée de mariage n'était déjà plus si haute à l'époque du fait de la déchristianisation de la société, dont l'antoinisme n'est pour rien. Ensuite la femme n'est pas "rangée du côté de la matière",  au contraire, l'Enseignement nous apprend que
    "Dupes des apparences, nous croyons que le sexe existe, mais en nous acquérant progressivement l'amour, nous surmonterons cette fausse vue, puisqu'elle résulte seulement de la matière, toujours plus convaincus que chacun de nous fait partie de l'individualité d'Adam qui constitue l'humanité entière." (p.LVII) et "L'histoire d'Adam a été dénaturée, contrefait par ceux qui ont voulu se pénétrer de la réalité et qui l'ont imaginée telle qu'elle est dans les livres sacrés.
    C'est cette contrefaçon qui sert de base à l'éducation de l'humanité. Elle fait perdre à la femme tous ses droits matériels, la considérant comme n'étant pas réelle parce qu'elle est du sexe opposé à celui d'Adam. C'est ce qui nous fait dire que Adam est le moi conscient parce qu'il représente le côté réel, celui de Dieu, tandis que Ève représente l'erreur qui résulte de l'amour de bestialité." (p.LXIII)
    Puis disant que "l'Arbre symbolise le matière et le mal", et que c'est le "principal emblème du culte" des Antoinistes, il en conclut tout naturellement que "leurs hommages comme leurs pensées se concentrent autour du Principe mauvais" (p.187). Citant les pages XXXVII à XXXIX du Couronnement de l'Oeuvre révélé, il nous dit : ""voilà le culte luciférien expressément formulé" en souhaitant que "la masse des Antoinistes ne va pas à ces excès, qu'elle s'arrête à l'enseignement moral du Père, - et quel enseignement moral ! - sous l'apparence d'un amour universel, le nihilisme. Dans le fouillis de l'Antoinisme, il y a des recoins plus malsains, il y a des doctrines dont la totale explication est réservée aux initiés et d'où se répand sur tout l'ensemble une odeur de perversité. L'Antoinisme est sorti du spiritisme, et l'on sait que le démon erre dans les parages où le spiritisme fréquente" (p.187-188).
    En effet, selon lui "les seules cérémonies un peu marquantes semblent être celles des funérailles : autour du corps se réunissent les adeptes. Ils portent la robe noire plus ou moins longue, selon le degré d'initiation". L'auteur n'aura donc pas lu la réponse du Père publiée dans le Développement, p.217-218 (donc 10 ans avant son texte) : "Revenons aux personnes qui voudraient voir apporter des modifications à la robe, croyant qu'elles en obtiendraient une plus grande satisfaction. N'est-ce pas attacher plus d'importance à l'effet qu'à la cause qu'elles ont toutes ces pensées ? C'est la preuve qu'elles ignorent pourquoi la robe nous a été révélée. Sachons qu'elle ne peut nous être profitable que pour autant que nous respectons sa révélation. Le fluide qui en découle opère de toutes façons, suivant ce que nous en faisons, car si nous en abusons, la robe peut nous être autant nuisible qu'elle nous est efficace quand nous la revêtons pour être d'accord avec sa raison d'être."
    Il explique ensuite le succès de l'antoinisme par le succès des guérisons obtenues et "l'incohérence même et l'absurdité de l'Enseignement, qui procurent aux simples l'illusion de la profondeur et du mystère. Il y a le besoin de crédulité, nulle part si intense que chez les incrédules. Il y a surtout l'ignorance religieuse des masses. Sur cette ignorance, le succès d'une religion telle que l'Antoinisme jette un jour lamentable. Concluons : il est besoin de rendre le Christ au peuple."
    L'auteur répond donc à l'origine de l'ignorance religieuse des masses : l'Eglise même, qui, dit-il, devrait maintenant, face aux succès des sectes, rendre le Christ au peuple...
    Et pour rassurer Lucien Roure, disont que Pierre Debouxhtay déclarait dans l'Antoinisme, en 1945 que "dans l'ensemble les adeptes sont de fort braves gens, très charitables et très serviables" (p.29).

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Lucien Roure - Au pays de l'occultisme ou par delà le catholicisme (1925)(recension)

Publié le par antoiniste

Auteur :  Lucien Roure
Titre :    Un Prophète contemporain, Antoine le Guérisseur
Editions :    Les Etudes, Volume 166 ; 20 janvier 1921 ; pp.177-189
    reproduite dans le volume Au Pays de l'Occultisme, Paris, G. Beauchesne, 1925

à lire sur la site Gallica :

Études (1897)
Études (1897)
Source: Bibliothèque nationale de France


    Après ses récentes études sur Le merveilleux spirite (Beauchesne, 1922) et Le spiritisme d'aujourd'hui (Beauchesne, 1923), le P. Lucien Roure présente au public un nouvel ouvrage sur l'Occultisme, domaine souvent confondu avec le précédent, mais qui en diffère plus ou moins profondément.
    Exactement, ce livre parle de l'histoire, de la doctrine, du sens de l'Occultisme et des mouvements divers qui s'y rapportent.
    L'auteur a tenu à donner, d'ailleurs sans étalage d'érudition, mais avec l'indication précise des références, les sources historiques et l'évolution des doctrines, la vie et le caractère des personnages qui créèrent et répandirent ces doctrines : courtes biographies qui présentent souvent un intérêt fort piquant.
    Il esquisse ensuite les grandes lignes des diverses doctrines, en clarifiant parfois, reconnaît-il, les expositions flottantes ou obscures. Puis il caractérise brièvement le sens de chaque mouvement étudié, le juge à la lumière des craies données de la science, de l'Ecriture Sainte ou même des religions orientales, dont ces mouvements occultistes se réclament.
    Le P. Roure suit ce plan, assez librement d'ailleurs, dans une suite de chapitres traitant : de l'Occultisme moderne ; du Théosophisme ; de la Christian Science, avec quelques pages sur E. Coué ; du prophète contemporain, Antoine le Guérisseur, l'ancien mineur de Liège ; des Amitiés spirituelles de Sédir ; de la Philosophie cosmique ; des Adventistes du septième jour ; du Panfreudianisme ; un Appendice parle des Superstitions du Front de guerre 1914-1918.
    L'énoncé des chapitres suffit à montrer l'intérêt d'actualité que présente le livre du P. Roure. Dans sa préface et sa Conclusion, l'auteur destine son travail aux "explorateurs" ; aux âmes avides de savoir, de remplir le vide d'une existence douloureuse, à ces âmes qui croient trouver en l'Occultisme un remède de leurs maux. Reconstituer objectivement l'échafaudage parfois à la divinité, rien n'est aussi propre à dissiper le mirage.
    On s'étonnerait de voir rapprochés les noms d'Antoine le Guérisseur et du Dr Freud. Mais on rendra justice au P. Roure en reconnaissant qu'il a soigneusement fait valoir le côté scientifique du Freudisme et qu'il a distingué le caractère outrancier de ce qu'il appelle le "Panfreudianisme".
    Disons enfin que l'on aime à voir dans ce livre nouveau, avec la clarté et la bonne ordonnance de la composition, les marques d'un esprit judicieux et pondéré : qualités précieuses avec un objet d'étude comme l'Occultisme.
       Et.[ienne] Pialat
Revue néo-scolastique de philosophie, Année 1926, Volume 28, Numéro 9, pp. 82-83 (source : persee.f)

    Note : Le même auteur évoque également l'antoinisme dans Le merveilleux spirite.

Lucien Roure - Au pays de l'occultisme ou par delà le catholicisme (1925)(recension)

Recension dans La Croix 30 janvier 1921


    Voyons si, concernant l'antoinisme, l'esprit est "judicieux et pondéré" ?
    L'auteur commence avec une description du temple de Liège, et précise qu'il y en a d'autres à Jemeppe (banlieue de Liège), à Monaco et qu'il y a une vingtaine de salles de culte en Belgique et à l'étranger (Bruxelles, Spa, Stavelot, Verviers, Paris, Vichy, Nice, Nantes, Tours. "La religion antoiniste compterait jusqu'à 18000 adeptes fervents, sans parler de ceux qui subissent l'action de l'esprit antoiniste" (p.178).
    Suit une biographie courte et neutre, sauf quand à évoquer le fils des Antoine qui est décrit comme s'étant "toujours montré maladif et bizarre, et dont les parents s'étaient peu occupés." Pierre Debouxhtay réfute cela, "de santé chétive", il précise d'un côté le témoignage de Bourguet (curé de Saint-Antoine à Liège) qui va dans se sens et d'un ingénieur T.D. qui a connu à l'école primaire, le jeune Antoine, qui était un bon élève (p.59, note 17). Il suivi des cours à l'Ecole Moyenne de Seraing, puis devint employé à la Société des Chemins de Fer du Nord Belge. Puis Lucien Roure précise qu'il fit savoir à ses parents "après sa désincarnation qu'il était devenu pharmacien à Paris." Pierre Debouxhtay dit qu'il "est certain que [les antoinistes] y ont cru jadis". En 1934, "les Antoinistes disent ignorer cette réincarnation" (p.59).
    Lucien Roure se demande ensuite pourquoi avoir donné à la Société spirite d'Antoine le nom des Vignerons du Seigneur "dans une pays qui ne se distingue guère par la culture de la vigne" (p.179). Premièrement on peut prendre cette expression dans un sens figuré, deuxièmement, Pierre Debouxhtay racontera comme la culture de la vigne était encore en cours à l'époque de Louis Antoine sur les hauteurs le long de la Meuse, donc à Jemeppe.
    L'auteur pense qu'à partir du moment où la santé de Louis Antoine déclina, on changea le nom de Guérisseur par Généreux (qui, précise-t-il, "ne signifie rien. On n'y peut guère voir qu'un effort maladroit pour remplacer le nom de guérisseur par un autre de consonance analogue qui dissimulât le changement". "Peut-être voulait-on éviter de laisser croire que l'antoinisme était tout entier dans le don de guérir et que ce don allait disparaître avec Louis Antoine ? Au surplus, à partir de 1906, l'enseignement moral l'emporte de plus en plus. Antoine prend toujours davantage conscience de sa mission de Révélateur." (p.179-80). On ne peut qu'abonder en ce sens, cela corroboré par de nombreux témoignages dans l'Unitif. Cependant le don de guérir est resté, jusqu'à faire dire à Régis Dericquebourg que "bien qu'il prétende oeuvrer à l'évolution morale de l'humanité, l'antoinisme maintient la thérapie religieuse au premier plan de ses activités et ses responsables sont fondamentalement des guérisseurs" (p.43, conclusion pour l'Antoinisme, dans Religions de guérison, Cerf & Fides).
    Lucien Roure dit ensuite que "la littérature antoiniste est abondante plutôt que riche". On ne cherchera pas à savoir ce qu'il a voulu dire par là. En tout cas, il précise en disant qu'on aurait tort "de chercher en tout cela un ordre, un développement doctrinal. Tout est jeté pêle-mêle, et on se répète indéfiniment" (p.180). Certainement l'auteur trouve-t-il que la Bible est bien agencée comme il faut dans un ordre doctrinal correct et que les Evangiles ne se répètent pas indéfiniment.
    La description du Père est loin d'être neutre : "toute la gaucherie de pensée et de langage qu'on rencontre chez l'homme du peuple sans cultre aucune - Antoine se glorifie de n'avoir jamais étudié - et qui se mêle de dogmatiser" (p.181).
    Suivent les points importants de l'enseignement selon l'auteur : Guérison par la foi (étonnant que cela vienne en premier lieu, alors qu'il disait que ce point n'était plus le centre de l'enseignement moral du Père), Amour du prochain, Solidarité, Morale sans Dieu (en préciser "amour du prochain, solidarité acceptée, voilà les deux grands principes de la morale antoiniste"), Intelligence et Conscience, Fluides, La Matière n'existe pas, Notion de Dieu (où il est dit que de vouloir se prétendre être Dieu serait "un délire d'orgueil ou de niaiserie"), Nihilisme moral ("Tandis qu'elle présente aux esprits simples un certain aliment moral, elle tient en réserve pour les adeptes plus curieux ou plus dociles des griseries malsaines", encore une fois, l'auteur se contredit car il parlait plus haut de "ceux qui subissent l'action de l'esprit antoiniste". Il rapproche ce point de la pensée tolstoïenne dont "est sorti le bolchévisme", "doctrine d'anarchie et d'amoralité"), Occultisme ("courant trouble d'occultisme, doctrines hermétistes, emprunts faits à la Kabbale et au Talmud" avec comme preuve l'histoire d'Adam que l'auteur relate).
    Sur l'Enseignement en général, Lucien Roure dit que "les théories reçues subissent un certain filtrage avant de passer en acte. Et cependant on peut soupçonner les ravages que doivent exercer dans des esprits crédules et dociles de pareils enseignements. Ceux qui ont vu de près les antoinistes convaincus disent leur obstination farouche en leur foi. Ils s'y enferment, inaccessibles à toute pénétration du dehors" (p.185). Là encore on peut rapprocher ce comportement à celui des Chrétiens dont l'auteur fait parti. Les protestants savent ce qu'est l'obstination catholique.
    Par un crescendo, l'auteur conclu en disant : "Toutes ces révélations - délire d'un cerveau malade - sont proposées avec le plus grand sérieux, expliquées, commentées, c'est-à-dire embrouillées à plaisir par le Père. Quel effet de désagrégation tout ce fatras incohérent ne devait-il pas produire sur des esprits incultes ? A coup sûr, il devait avilir en eux l'idée du mariage - idée si haute dans la Bible - et l'idée de la femme, rangée du côté de la matière essentiellement mauvaise". On voit que l'auteur n'a rien compris. Tout d'abord l'idée de mariage n'était déjà plus si haute à l'époque du fait de la déchristianisation de la société, dont l'antoinisme n'est pour rien. Ensuite la femme n'est pas "rangée du côté de la matière",  au contraire, l'Enseignement nous apprend que
    "Dupes des apparences, nous croyons que le sexe existe, mais en nous acquérant progressivement l'amour, nous surmonterons cette fausse vue, puisqu'elle résulte seulement de la matière, toujours plus convaincus que chacun de nous fait partie de l'individualité d'Adam qui constitue l'humanité entière." (p.LVII) et "L'histoire d'Adam a été dénaturée, contrefait par ceux qui ont voulu se pénétrer de la réalité et qui l'ont imaginée telle qu'elle est dans les livres sacrés.
    C'est cette contrefaçon qui sert de base à l'éducation de l'humanité. Elle fait perdre à la femme tous ses droits matériels, la considérant comme n'étant pas réelle parce qu'elle est du sexe opposé à celui d'Adam. C'est ce qui nous fait dire que Adam est le moi conscient parce qu'il représente le côté réel, celui de Dieu, tandis que Ève représente l'erreur qui résulte de l'amour de bestialité." (p.LXIII)
    Puis disant que "l'Arbre symbolise le matière et le mal", et que c'est le "principal emblème du culte" des Antoinistes, il en conclut tout naturellement que "leurs hommages comme leurs pensées se concentrent autour du Principe mauvais" (p.187). Citant les pages XXXVII à XXXIX du Couronnement de l'Oeuvre révélé, il nous dit : ""voilà le culte luciférien expressément formulé" en souhaitant que "la masse des Antoinistes ne va pas à ces excès, qu'elle s'arrête à l'enseignement moral du Père, - et quel enseignement moral ! - sous l'apparence d'un amour universel, le nihilisme. Dans le fouillis de l'Antoinisme, il y a des recoins plus malsains, il y a des doctrines dont la totale explication est réservée aux initiés et d'où se répand sur tout l'ensemble une odeur de perversité. L'Antoinisme est sorti du spiritisme, et l'on sait que le démon erre dans les parages où le spiritisme fréquente" (p.187-188).
    En effet, selon lui "les seules cérémonies un peu marquantes semblent être celles des funérailles : autour du corps se réunissent les adeptes. Ils portent la robe noire plus ou moins longue, selon le degré d'initiation". L'auteur n'aura donc pas lu la réponse du Père publiée dans le Développement, p.217-218 (donc 10 ans avant son texte) : "Revenons aux personnes qui voudraient voir apporter des modifications à la robe, croyant qu'elles en obtiendraient une plus grande satisfaction. N'est-ce pas attacher plus d'importance à l'effet qu'à la cause qu'elles ont toutes ces pensées ? C'est la preuve qu'elles ignorent pourquoi la robe nous a été révélée. Sachons qu'elle ne peut nous être profitable que pour autant que nous respectons sa révélation. Le fluide qui en découle opère de toutes façons, suivant ce que nous en faisons, car si nous en abusons, la robe peut nous être autant nuisible qu'elle nous est efficace quand nous la revêtons pour être d'accord avec sa raison d'être."
    Il explique ensuite le succès de l'antoinisme par le succès des guérisons obtenues et "l'incohérence même et l'absurdité de l'Enseignement, qui procurent aux simples l'illusion de la profondeur et du mystère. Il y a le besoin de crédulité, nulle part si intense que chez les incrédules. Il y a surtout l'ignorance religieuse des masses. Sur cette ignorance, le succès d'une religion telle que l'Antoinisme jette un jour lamentable. Concluons : il est besoin de rendre le Christ au peuple."
    L'auteur répond donc à l'origine de l'ignorance religieuse des masses : l'Eglise même, qui, dit-il, devrait maintenant, face aux succès des sectes, rendre le Christ au peuple...
    Et pour rassurer Lucien Roure, disont que Pierre Debouxhtay déclarait dans l'Antoinisme, en 1945 que "dans l'ensemble les adeptes sont de fort braves gens, très charitables et très serviables" (p.29).

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