le village de Saint-Vaast vers 1830
VAAST (SAINT), commune du canton et à 1 lieue 3/4 S. de Rœulx de l'arrondissement et à 5 lieues 1/2 E. de Mons.
Elle est bornée au N. par la commune de Bois-d'Haine à l'E. par celle de Haine-Saint-Paul, au S. par le territoire de Péronnes et à l'О par ceux de Trivières et Honding-Gœgnies.
Cette commune se compose de son chef-lieu des hameaux de Haies-du-Rœux, les Bois, Beaume, Foud-Gaillard, Hocquet et de plusieurs autres fermes et maisons isolées.
Hydrographie : Le chef-lieu est arrosé par la Haine ; le ruisseau de Tiriau coule de l'E. à l'O. et forme ensuite la limite avec Houdeng-Gœgnies ; il traverse les hameaux des Bois et de Hocquet. La Haine imprime le mouvement à quatre moulins et sert à l'irrigation des prés. Il y a un étang.
Sol : Le terrain de cette commune présente plusieurs plateaux terminés en pentes abruptes sur divers points, principalement aux environs du chef-lieu ; il se rattache en grande partie au bassin houiller de l'Е. de Mons ; les exploitations désignées sous les noms de la Paix et de la Louvière fournissent au commerce une houille très-estimée et préférable à celle que l'on extrait des fosses de Sars-Longchamps qui se trouvent sur le même territoire. Le sol est très-varié à sa superficie ; la partie méridionale comprend les meilleures terres. Au N., on trouve un terrain froid, humide et peu productif. La couche végétale y atteint une profondeur qui varie de six à neuf pouces.
Agriculture : On récolte toutes espèces de céréales, du trèfle, du foin, des pommes de terre, des plantes potagères et légumineuses. La culture du colza n'y est guère en usage. Il y a plusieurs houblonnières. Les prairies et les pâturages sont en assez grand nombre. On y trouve d'assez beaux vergers et deux petites parcelles de bois, de la contenance d'un bonnier environ ; elles offrent un taillis de coudriers et d'aunes, surmonté de quelques frênes et chênes sur futaie. Le terrain est exploité en grande, moyenne et petite tenue. — Seize fermes. On comptait, en 1830, cent soixante-six chevaux, quarante poulains, deux cent quatorze bêtes à cornes, cinquante veaux, quatre-vingts porcs, cinq cents moulons et trente ânes.
Population : Mille neuf cent quatre-vingt-deux habitans.
Habitations : Elles sont au nombre de deux cent soixante-dix-huit, parmi lesquelles on distingue plusieurs grandes fermes. Il y a une église et une école primaire.
Commerce et Industrie : L'exploitation de la houille occupe la majeure partie de la classe ouvrière. Les houillères de la Paix et de la Louvière sont renommées pour la bonne qualité du combustible qu'on y exploite : elles offrent six fosses d'extraction, dont trois sont activées par des manèges, et les trois autres par des machines à vapeur. L'établissement de Sars-Long-Champs, se compose de six puits d'extraction : on exploite le combustible à l'aide de chevaux dans cinq bures ; le sixième est muni de mécaniques qui marchent par la vapeur. Deux pompes à feu sont employées à l'épuisement des eaux dans les houillères de la Paix et la Louvière ; on n'en compte qu'une à Sars-Long-Champs. L'exploitation de toutes ces houillères donne lieu à un commerce considérable. La commune renferme en outre deux fours à chaux, deux moulins à blé, dont un est mû par vent et moud de la drêche en même temps, un moulin à aiguiser, un moulin à tan, on pressoir à huile, un moulin à chicorée mû à bras, deux brasseries ; il y a aussi un coutelier, un fabricant de mécaniques, un potier en terre, un vitrier, un charron, quatre tonneliers, un fabricant de vinaigre et cinq maréchaux ferrans.
Routes et Chemins : La commune est traversée par la roule de Soignies à Marimont ; la route de Nivelle à Binche forme la limite avec Péronnes. Il existe en outre cinq chemins vicinaux pour communiquer avec les environs. Il y a un pont dans le village sur la Haine et deux autres sur le Tiriau, au harneau de Hocquet.
Dictionnaire géographique de la province de Hainaut (Philippe Vandermaelen) - 1833
Sous la poussée vigoureuse des nombreuses industries qui s 'y sont développées en très peu de temps, La Louvière s'est rapidement élevée dans la voie du progrès... On assiste alors à un phénomène curieux: La Louvière, toujours hameau de Saint-Vaast, est devenue de plus en plus florissante et a dépassé en importance et en activités le village dont elle dépendait. Elle était même l'objet d'intérêts municipaux plus importants que ceux prêtés à Saint-Vaast. Le morcellement est donc devenu nécessaire. Le 27 février 1869, une loi spéciale décrétant l'érection de La Louvière comme commune distincte a été votée et sanctionnée par arrêté royal du 10 avril 1869.
Alors qu'au début du XIXe siècle, La Louvière n'était pas même un hameau mais un simple et obscur « lieu-dit », elle prenait rang, un demi-siècle plus tard, parmi les communes les plus importantes du pays.
source : Wikipedia
le village de Jupille vers 1830
JUPILLE , commune du canton de Liège-Est ; bornée au N. par Herstal, N.E. par Wandre, E. par Bellaire et la Queue-du-Bois, S.E. par Fléron et Beyne-Heusay, S.O. et O. par Grivegnée, N.O. par Liège.
A 3/4 de 1. de Bellaire, 1 1/4 de Fléron , 1 1/2 de Grivegnée, et 1 E. de Liège.
Ses dépendances sont : les Bruyères, à 1/4 de l. du chef-lieu; le château de Fayenhois, à 3/4 de l.; la Ruelle-des-Juifs, à 1/2 l.; les Pietresses, à 1/2 l.
Une partie du terroir est située dans le bassin de la Meuse ; le reste est entrecoupé de collines. Le terrain est argileux, caillouteux, schisteux. L'épaisseur de la couche végétale varie de 10 à 60 centim. On y trouve de la chaux carbonatée dodécaèdre, raccourcie et magnesifère primitive. La Meuse longe le territoire de cette commune au N.; un ruisseau venant de Fléron le traverse dans sa plus grande longueur. De Rickman, dans une satyre qu'il composa vers 1700, parle d'une Fontaine minérale de Jupille, qu'il tourne en ridicule.
La commune compte 320 maisons, la plupart construites en briques ; couvertes en paille et en ardoises ; en partie agglomérées. L'intérieur du village est pavé. On y remarque quelques belles maisons de campagne, et l'ancien château de Jupille, situé à gauche sur la route de Liège. Quoique ce château ne soit pas celui que le séjour de Pépin a illustré, sa construction fait connaître qu'il est ancien. — l'église dédièe à St.-Amand.
L'agriculture et l'exploitation des Usines et des houillères, forment les principales branches d'industrie. On y cultive le froment, le seigle, l'épeautre, l'avoine, l'orge, le trèfle, les fourrages, le houblon. Légumes et fruits. Quelques bois taillis. — 6 moulins à farine mus par eau, 2 fouleries de serges, 2 papeteries, 2 filatures de laine, 1 fabrique de chaudières de machines à vapeur, 1 fabrique de colle-forte en non activité, 1 distillerie. — On y trouve aussi un grand nombre de cloutiers. — Foire : le 28 octobre; celles des 15 avril et 24 juin ne sont plus suivies. Ces foires ont été établies en 1818. — La route de Liège à Aix-la-Chapelle touche le territoire au S. Celle de Jupille à Liège a été construite en 1773, et reconstruite en 1823.
Population : 2124 habitans.
Superficie : 675 h. 87 a. 93 c.
Ci-devant : pays de Liège. Il y avait une haute cour de justice, dont ressortissaient Chênée, Beaufays et Grivegnée.
Histoire : On prétend que Jupille fut une maison de plaisance, ou la demeure ordinaire du fameux Pépin de Herstal, qui y mourut le 16 décembre 714. Foullon et Bouille avancent que le roi Pépin-le-Bref y a tenu sa cour. Il y célébra les Pâques de l'an 700. Plusieurs croient que Charlemagne y a pris naissance.
Le village de Jupille, l'un des plus anciens du pays de Liège, a été aussi un des plus vastes fiefs qui y fussent compris. Il tenait un rang distingué entre les biens de ces braves et fameux ducs d'Austrasie, qui formèrent la seconde race des rois de France. Le partage qui se fit de l'Austrasie, en 870, mit Jupille entre les mains de Louis-le-Germanique, dont les descendans formèrent en Allemagne une branche séparée, qui par son extinction donna lieu à l'établissement d'un empire électif à qui tous ses biens furent adjugés. Jupille suivit le sort commun, et passa d'empereur à empereur jusqu'à Henri II, surnommé le Saint, qui en gratifia l'église de Verdun, qui se maintint dans cette possession jusqu'à l'an 1206, époque où l'église de Liège reçut la terre de Jupille à titre d'emphitéose sous la redevance annuelle de cent marcs liégeois. Le diplôme de cette concession se trouve dans Fisen et dans le Recueil diplomatique de Miré.
On voyait dans le village , les ruines d'une tour, qui passent pour les restes du palais de Pépin ; mais depuis 2 ou 3 ans, ces ruines sont entièrement disparues.
Il y avait aussi à Jupille un couvent de Minimes et un autre de Sépulchrines, qui ont été supprimés par le gouvernement français.
Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835
source : GoogleBooks
Camille Lemonnier, Pays noir (La Belgique)
"PAYS NOIR" (EXTRAIT DE LA BELGIQUE)
Il faut voir du haut des "terris" de Monceau ou de Couillet le fourmillant panorama des usines qui, de toutes parts et sans interruption, se succèdent jusqu'au fond des horizons, pour saisir la prodigieuse vitalité de ce coin de la Belgique. Si pendant le jour la variété et l'originalité du tableau s'émoussent un peu dans la monotonie d'un incessant nuage de fumées, brouillant les perspectives sous un pâle crépuscule de suies où les formes s'atténuent, l'âme de cette immense forge se fait, en revanche, clairement sentir aux ténèbres embrasées de la nuit. Comme des chapelles, les hautes façades des charbonnages allument leurs fenêtres en rouge: échancrures sur les noires tentures de l'espace. Les fours à coke disséminés çà et là ressemblent à des escadres vomissant la mort et le feu par leurs sabords. Et, pareils à des torchères, les gueulards des hauts fourneaux échevèlent des crinières ardentes que le vent tord à pleins poings. Un cercle de flammes ceinture l'horizon où, comme un firmament de soleils écarlates, fulgurent partout des cratères, élançant leurs gerbes jusqu'au scintillement effacé des étoiles. Chaque fois qu'une de ces énormes langues de feu darde des profondeurs de l'usine, le ciel s'éclabousse d'une traînée de pourpre, comme si le sang d'un monstre immolé rejaillissait jusqu'à lui. Couillet, Châtelineau, Montigny, Monceau, Marchiennes, Lodelinsart, Marcinelle sont autant de soupiraux de fournaises ouverts sur l'espace, et leurs réverbérations font passer à travers l'amas oscillant des fumées comme le frisson et la phosphorescence d'un éclair. En tous sens la nuit s'attise de rougeurs, revêt une illumination d'aurore boréale, s'embrase de furtifs incendies qui suspendent dans l'air des gloires d'apothéoses; et, par grandes pluies, des vols de flammèches tournoient et s'abattent sur le sol, accrochant comme des clous de rubis aux pans de l'étendue, après avoir décrit des orbes, des moulinets et des astragales qui, sur le noir plafond d'azur, étincellent en un prodigieux Mané, Thécel, Pharès (*).
(*) Mané, Thécel, Pharès: il s'agit d'une prophétie de ruine imminente. Dans la Bible (Livre de Daniel), un doigt mystérieux écrit sur le mur, à la fin d'un festin chez le roi chaldéen Balthazar, ces trois mots qui signifieraient "pesé, compté, divisé". Daniel l'interprète comme la menace de la fin du royaume de ce roi, ce qui fut le cas. L'expression a été utilisée assez souvent en littérature, notamment chez Verlaine et Proust.
Camille Lemonnier, La Belgique
source : http://www.restode.cfwb.be/francais/_ARTS/Divers/HAINAUT/08Lemonnier.htm
le village de Jumet vers 1830
JUMETZ, commune du canton et à 1 lieue 1/4 S. S.O. de Gosselies, de l'arrondissement et à 1 lieue 1/3 N. O. de Charleroy, et à 8 lieues E. du chef-lieu de la province.
Elle est bornée au N. par Gosselies, à l'Е. par Ransart, au S. par Lodelinsart, et à l'О. par le Roux.
Cette commune se compose de son chef-lieu situé à l'extrémité septentrionale du territoire, sur la gauche de la chaussée de Charleroy à Bruxelles, et des hameaux de Trieu-Charlier, Sart-le-Moine, Spinoy, Saint-Rochi, Pont-Bergerond, Quareille, Guasiette, Montagnard, Pavé, Notre-Dame-au-Bois, Notre-dame-de-Tongres, Carrosse, Traux, Mallaver, Marine (la), Bois-d'Elville, Houblois, Lagasse, Heigne, Garde-de-Dieu, Fond-Bourguignon, Goysaux, Coupe, Bayement, Altrée, Trien-Monchon, Amendes, Bruante et Bruyère-de-Haine.
Hydrographie : Les ruisseaux qui circulent sur ce territoire sont formés par les eaux que l'on extrait des houillères ou qui descendent des coteaux ; ils sont peu importans et se trouvent à sec pendant l'été.
Sol : Le terrain, assez uni vers l'Е., est très-montueux sur tous les autres points. Il est argileux, sablonneux et humide ; la couche végétale varie de 5 à 10 pouces de profondeur. On y trouve la houille feuilletée, le psammitemicacé, schistoïde et calcaire, et le poudingue psammitique.
Agriculture : Le froment, le seigle, l'escourgeon, l'épeautre, l'avoine, les féveroles, le trèfle, le foin, les pommes de terre et les légumes sont les principales productions de cette commune. On y cultive très-peu de plantes oléagineuses. Les bois occupent un cinquième de la surface ; leur essence consiste en chênes, charmes, bouleaux, aunes et noisetiers ; on les coupe à dix-huit ans. — On élève des chevaux, des bêtes à cornes et des moutons. — Fréquentation du marché de Charleroy.
Population : Six mille cinq cent vingt huit habitans.
Habitations : Il y a mille vingt-cinq maisons. On y remarque un ancien prieuré et plusieurs maisons bien bâties. Trois écoles primaires dont une, pour les filles, est tenue par les sœurs de Notre-Dame.
Commerce et Industrie : On trouve à Jumetz plusieurs verreries très-importantes où l'on fabrique du verre blanc, du verre commun et des bouteilles ; huit brasseries, des distilleries, une tannerie et quatre moulins à farine dont trois sont mus par le vent. L'extraction et le transport de la houille, la verrerie et la clouterie sont les principales branches d'industrie. Tous les ans, pendant l'été, un assez grand nombre de briquetiers émigrent avec leurs familles et vont exercer leur profession dans l'intérieur du pays.
Routes et Chemins : Elle est traversée dans son plus grand diamètre par la route de Charleroy à Bruxelles, et dans la partie occidentale par une chaussée qui conduit aux houillères de la société d'Amercœur.
Dictionnaire géographique de la province de Hainaut (Philippe Vandermaelen) - 1833
Paul Verlaine - Charleroi
Dans l'herbe noire
Les Kobolds vont.
Le vent profond
Pleure, on veut croire.
Quoi donc se sent ?
L'avoine siffle.
Un buisson gifle
L'oeil au passant.
Plutôt des bouges
Que des maisons.
Quels horizons
De forges rouges !
On sent donc quoi ?
Des gares tonnent,
Les yeux s'étonnent,
Où Charleroi ?
Parfums sinistres !
Qu'est-ce que c'est ?
Quoi bruissait
Comme des sistres ?
Sites brutaux !
Oh ! votre haleine,
Sueur humaine
Cris des métaux !
Dans l'herbe noire
Les Kobolds vont.
Le vent profond
Pleure, on veut croire.
Paul Verlaine, Romances sans paroles
Paysages belges, Charleroi (1874)
source : http://www.restode.cfwb.be/francais/_ARTS/Divers/HAINAUT/10Verlaine.htm
Jemeppe vers 1900
Jemeppe. Com. de Belgique, prov. et arr. de Liège, sur la Meuse ; 9,000 hab. Stat. du chem. de fer de Liège à Paris. Exploitations de charbonnages et de carrières ; fabriques de cuivre, de chaudière ; forges. Jemeppe est le lieu de naissance de Renkin-Sualem (1644-1708), créateur de la marchine de Marly.
La Grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts / par une société de savants et de gens de lettres (1886-1902), p.108
source : quod.lib.umich.edu
Emile Verhaeren - Hélas ! La Plaine !
Mais aujourd'hui, la plaine, elle est finie ;
La plaine, est morne et ne se défend plus :
Le flux des ruines et leurs reflux
L'ont submergée, avec monotonie.
On ne rencontre, au loin, qu'enclos rapiécés
Et chemins noirs de houille et de scories
Et squelettes de métairies
Et trains coupant soudain des villages en deux.
Les Madones ont tu leurs voix d'oracle
Au coin du bois, parmi les arbres ;
Et les vieux saints et leur socle de marbre
Ont chu dans les fontaines à miracles.
Et tout est là, comme des cercueils vides
Et détraqués et dispersés par l'étendue.
Et tout se plaint ainsi que les défunts perdus
Qui sanglotent le soir dans la bruyère humide.
Hélas ! la plaine, hélas ! elle est finie !
Et ses clochers sont morts et ses moulins perclus.
La plaine, hélas ! elle a toussé son agonie
Dans les derniers hoquets d'un angélus.
Emile Verhaeren, La Plaine, p.108
Les Villes tentaculaires (1895)
source : archive.org
le village de Jemeppe vers 1830
JEMEPPE, commune du canton de Hollogne-aux-Pierres ; bornée au N. par Grâce-Montegnée, E. par St.-Nicolas et Tilleur, S.E. par Seraing, S.O. par Flémalle-Grande, N.O. par Mons.
A 1/4 de l. de Tilleur, 1/2 de Saint-Nicolas et Flémalle-Grande, 3/4 de Mons et Montegnée, 1 de Hollogne, et 1 1/4 O.S.O. de Liège.
Ses dépendances sont : Bois-de-Mont, Boutor, Jace, Haut-Laveux, Bas-Laveux, Mabotte, Pairay , Quatre-Ruelles, Rieux, le Tilleul, Toutes-Voyes, et Puits-en-Melvelle,
Une partie du terroir est située dans le bassin de la Meuse, et offre une surface assez unie ; le reste présente des terrains montueux. Le terrain est argileux, glaiseux et schisteux. La profondeur de la couche végétale des meilleures terres a 60 centim. La Meuse longe le village et la commune qu'elle sépare de celle de Seraing. Un ruisseau, qui prend sa source à Hollogne-aux-Pierres, traverse le village de Jemeppe, et se jette dans la Meuse, Beaucoup de fontaines.
La commune comprend 324 maisons, la plupart construites en briques, et couvertes en ardoises et en paille, quelques-unes en tuiles ; agglomérées dans le village, dont l'intérieur est pavé. — On y remarque 3 anciens châteaux, savoir : celui de la Meuse, celui de Royer, et celui dit Vieux-Château. Ils étaient autrefois occupés par des chevaliers, qui dans les guerres couvraient ce pays contre les incursions des troupes voisines et étrangères. On n'a qu'une tradition fort obscure de plusieurs faits qui les concernent, et que les historiens n'ont pas éclaircis. — 1 église, dédiée à St.-Lambert ; réparée en 1743.
L'agriculture et l'exploitation de la houille forment les principales branches d'industrie. On y cultive le froment, le seigle, l'avoine, l'orge, l'épeautre, les féveroles, trèfles , chardons, houblon, et quelques plantes oléagineuses. Fourrages, légumes et fruits. Buis taillis d'essence de chênes, hêtres, bouleau et charmilles, aménagés à 11 ou 12 ans. Au sud s'élève un coteau où l'on cultive la vigne. — Quelques briqueteries ; 2 moulins à farine, à vapeur, et 4 mus par eau ; 2 brasseries. — Foires : le mardi de Pâques et le 17 septembre. — Le village est traversé par la grande route de Liège à Huy.
Population : 1948 habitans,
Superficie : 441 h. 77 a. 63 c.
Ci-devant : pays de Liége, banlieue Cismosane.
Cet ancien et célèbre village, qui semble sortir du sein des rochers, et s'étend jusqu'au rivage de la Meuse, fait connaître par son étendue et le nombre de ses habitans, les avantages qu'il retire du commerce de cette rivière. Son terrain, fortifié par la nature qui l'a placé entre des défilés inaccessibles, a donné occasion à la construction de plusieurs châteaux. — On remarque aussi en cette commune un ancien couvent des pères Carmes déchaussés, bâti depuis 1617, et supprimé par le gouvernement français. L'église de ce couvent a été démolie. Un autre petit couvent, dit l'hôpital, sert maintenant de maison commune, et sa petite chapelle est convertie en salle d'école.
Bouille, dans son Histoire du pays de Liège, parle d'un pont de bois sur la Meuse entre Jemeppe et Seraing, construit en 1381, du consentement de l'évêque et du chapitre, pour la commodité des Coudrosiens et l'utilité de la ville.
Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835
source : GoogleBooks
la ville de Huy vers 1830
HUY, ancienne ville, commune, chef-lieu d'arrondissement, de district communal et de canton ; siège d'un tribunal de première instance. Son territoire est borné au N. par Antheit, E. par Tihange, S.E. par Vierset-Barse, S. par Marchin, O. par Ben-Ahin, N.O. par Wanze.
A 6 lieues S.O. de Liège, 5 3/4 E.N.E. de Namur, et 18 de Bruxelles. Une vallée, arrosée par la Meuse et le Hoyoux, et entourée de charmantes collines, donne l'assiette à la ville. Ces hauteurs dont les plus douces pentes sont garnies de vignobles, de vergers, de bocages, et remplies de quantité de maisons de campagne, contribuant à son ornement, semblent n'y être placées par la nature que pour lui former la plus agréable perspective. Le fond, composé d'une terre d'alluvion, renferme des terres excellentes, et quelques prairies le long des rivières ; les coteaux sont revêtus d'une faible couche végétale, de nature schisteuse et calcaire. Ce terrain appartient à la formation calcaire anthracifère qui possède tout le bassin de la Meuse, conjointement avec les roches subordonnées, telles que le schiste alunifère, le schiste bitumineux, le phtanite, le fer carbonaté, la houille. Les rochers qui hérissent le cours de la Meuse, présentent un système de couches de schistes, de psammites et de poudingues qui prennent une couleur rougeâtre. On y trouve encore le quartz calaminaire, le plomb sulfuré, la dolomie, le tuf calcaire. On y distingue, parmi diverses substances minérales, la chaux carbonatée transposée, la chaux sulfatée aciculaire, le zinc, le plomb carbonaté bacillaire, le plomb carbonaté terreux, le cuivre carbonaté vert aciculaire radié. La houille s'y trouve en couches moins puissantes que dans le bassin de Liège ; elle est maigre et d'un aspect brillant, quelquefois en fragmens laminaires qui ressemblent au fer oligiste écailleux. Le terrain houiller et le schiste alumineux renferment beaucoup de fossiles, et l'on remarque au-delà de Huy la grotte du Trou-Manteau, dans laquelle on en a découvert aussi un grand nombre. — La Meuse sous le pont de Huy, à l'embouchure du Hoyoux, a une élévation de 62 mètres 118 au-dessus du niveau de la mer.
La Meuse divise la ville en deux quartiers. Elle reçoit par sa rive droite, au bout du pont, dans l'enceinte de la ville, la rivière de Hoyoux, qui alimente un grand nombre d'usines importantes. La Méhaigne vient se jeter dans la Meuse au faubourg de Statte. Parmi plusieurs sources d'eau, on en remarque deux principales au faubourg de Ste.-Catherine ; l'une située dans un jardin au-delà de l'ancienne église de Sainte-Catherine, vient par le moyen de tuyaux alimenter la fontaine qui se trouve sur la place : cette eau dont la majeure partie de la ville se sert, est excellente ; l'autre est située dans la prairie à la Fontaine : l'eau de celle-ci jouit d'une plus grande réputation de salubrité que celle de la fontaine de St.-Domitian, qui a été connue depuis long-temps, comme le prouve la description de la vie de ce saint évêque de Tongres, dans le 6e siècle. Fisen parle de la fontaine de Saint-Domitian dans ses Flores Ecclesiœ Leodiensis, et l'auteur du livre, intitulé : Diva Virgo Sartensis, imprimé en 1659, nous apprend que les fiévreux, dans le 17e siècle, y avaient souvent recours : ce que confirme le père Foullon dans son Histoire de Liège. Materne de Loye, Nicolas Barbaix et Guillaume de Paire, trois médecins de Huy, ont composé, au commencement du 18e siècle, différons petits écrits en faveur des eaux de la fontaine de Ste.-Catherine. Bresmal, dans son Parallèle des Eaux minérales du diocèse et pays de Liège, dit que les expériences qu'on fit sur les eaux de cette dernière fontaine, vers 1718, ont été si efficaces et si merveilleuses dans la guérison de plusieurs maladies très-opiniâtres, qu'elles étaient devenues célèbres par l'usage que les étrangers en faisaient. Elles contiennent, selon lui, entre toutes les autres, l'esprit le plus volatil, le plus subtil et le plus pénétrant, tellement uni avec le souffre et la matière physique de Mars, qu'en se divisant, il les entraîne avec lui. [...]
La ville compte 2 faubourgs proprement dits ; savoir : Ste,-Catherine et Statte, et la commune comprend 1254 maisons plus ou moins bien construites ; la plupart bâties en pierres et briques, et couvertes en ardoises. On y remarque l'hôtel-de-ville, qui est vaste et régulièrement construit ; le château-fort, et une très-belle église [...]. L'hospice aux vieillards des deux sexes, aux orphelins et aux femmes en couche, peut recevoir un grand nombre de malades, et contient plus de cent salles. L'hospice d'Oultremont, situé près de la grande église et du château, contient 24 salles destinées à recevoir des vieillards des deux sexes, et des orphelins, lesquels doivent être nés dans les communes de Warnant, St.-Georges ou Hucorgne. Il y a en outre 1 mont-de-pièté, 1 école moyenne et industrielle, 4 écoles primaires publiques, 1 salle de spectacle, 1 maison d'arrêt, 1 comité de secours, 1 caisse d'épargne, et 1 société d'harmonie [...] ; 2 bureaux d'enregistrement ; 1 direction des postes aux lettres. — La ville reçoit journellement des améliorations et embellissemens.
L'origine de l'église primaire, dédièe à Notre-Dame, ci-devant collégiale et archidiaconale, située à la rive droite de la Meuse, remonte jusqu'au 2e siècle, selon quelques historiens, et doit ses fondemens à St.-Materne, 1er évêque de Tongres; cependant Wazon,52e évêque, fut le premier qui fonda 15 prébendes dans cette église, et Théoduin, son successeur, les augmenta de 15. On jeta le 15 mars 1311, les fondemens de cette église telle qu'elle se voit aujourd'hui. Ce magnifique temple est non-seulement le plus beau de la ville, mais aussi un des plus considérables du pays. Son antiquité et sa structure le rendent très-remarquable. Sa beauté est un peu altérée par sa désavantageuse situation, qui est au pied d'un rocher aride et escarpé qui le gène d'un côté, tandis que de l'autre il est resserré par la Meuse qui ne laisse qu'une place d'une petite largeur. Cette église consiste en un majestueux vaisseau d'architecture gothique, formé en croix et très-solidement bâti. Elle a 4l mètres de hauteur sur 05 mètres de circonférence. Ce vaisseau n'est ni moins beau en dedans qu'il est en dehors : il a 70 mètres de longueur sur 23 1/2 mètres de largeur. — 1 église succursale, dédiée à St.-Pierre, à la rive gauche de la Meuse.
Il ne se trouvait point de ville dans les Pays-Bas, où il y eut autrefois tant d'églises et de monastères que dans celle-ci, proportionnellement à sa grandeur. Il y avait 14 églises paroissiales, 1 collégiale, 1 abbaye de chanoines réguliers de l'ordre de St.-Augustin, nommée Neuf-Moutier, et les couvens dont la dénomination suit, savoir ceux d'hommes : les Croisiers (où le général de l'ordre faisait sa résidence), les Augustins, les Cannes, les Capucins, les Récolets et les frères Mineurs. Les Trinitaires y avaient aussi un monastère sur la Sarte, dans les dépendances de cette ville, et les Jésuites un collége. Les couvens de filles étaient : l'abbaye de St.-Victor, les prieurés de Ste.-Aldegonde et de St.-Quirin, les Sépulcrines, les Carmélites mitigées, les Thérésiennes, les Clarisses, les Célestines, les Orselines, les Sœurs Grises avec un béguinage, et plusieurs autres maisons pieuses et hôpitaux.
Les principaux objets du commerce consistent dans l'exploitation des mines qui se trouvent aux alentours, tels que le fer, l'alun, le soufre et le charbon de terre. Au moyen de son port sur la Meuse, la ville fait aussi un grand commerce de blé. Celui de vin devient de jour en jour plus important. On y trouve 16 distilleries, 10 brasseries, 3 fabriques de colle-forte, 11 moulins à farine, 3 moulins à tan sur le Hoyoux, 25 tanneries, 5 moulins à broyer des cailloux pour les fabriques de faïence, 2 pressoirs à huile, 4 batteries à chanvre, 1 foulerie, 1 fabrique de fer blanc, 2 laminoirs, 2 forges ou martinets, 1 fourneau à réverbère destiné à couler des ouvrages et vases en fer, 1 haut fourneau, 1 moulin à scier le bois, 5 papeteries où l'on emploie le chlore ou le chlorure de chaux pour le blanchiment de papier, 2 raffineries de sel, 1 savonnerie, 2 fabriques de zinc, 1 fabrique de vases en fer laminé de formes différentes, 1 abattoir public ; des mines de calamine et de zinc en exploitation. — Les productions agricoles consistent en seigle, orge ou escourgeon, épeautre, avoine, féveroles, trèfles, peu de froment. Il y a de belles plantations d'arbres fruitiers, tels que pruniers et cerisiers. Le fond du vallon est en grande partie consacré à la culture des lègumes, qui approvisionnent non-seulement la ville, mais encore tout le Condroz. Les coteaux schisteux et calcaires, orientés S.S.E., N. et N.O., sont plantés de vignes. Bois taillis d'essence mêlée de chênes, charmes, bouleaux et aunes. — Marché : le mercredi de chaque semaine. Foires : les trois 1ers mercredis de carême, les 1ers mercredis des mois de mai et de juin, les 1er après les 15 août, 9 octobre, 11 et 25 novembre. — Une partie de la ville et de son territoire est traversée par la route de Liège à Namur. Il y a sur la Meuse un beau pont de pierre de taille, qui réunit les deux quartiers de la ville. Il est composé de 7 arches en arc de cercle de 9m 90 à 18m 40 cent, d'ouverture, à 11m 30 cent, de largeur ; son débouché est de 627 mètres. Il a 58 mètres de longueur sur 10 mètres 20 cent. de largeur. Ce pont fut construit en 1294, détruit en 1693, par les français, et rebâti en 1714. L'intérieur de la ville est pavé.
Population : 7290 habitans.
Superficie : 799 h. 96 a. 29 c.
Huy dépendait ci-devant du pays de Liège, comté de Huy. Le Bourgmestre-règent de cette ville était membre du corps de l'état tiers du pays, et le gouvernement était le même que celui de Liège.
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Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835
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