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Utopie, la quête de la société idéale en Occident

Publié le par antoiniste

http://expositions.bnf.fr/utopie/

La Bibliothèque utopique de Gallica (BnF).

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Beauté de l'horreur

Publié le par antoiniste

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Blaise Pascal - nous n'avons aucune idée du vrai

Publié le par antoiniste

    De plus, que personne n'a d'assurance, hors de la foi, s'il veille ou s'il dort, vu que durant le sommeil on croit veiller aussi fermement que nous faisons; on croit voir les espaces, les figures, les mouvements; on sent couler le temps, on le mesure, et enfin on agit de même qu'éveillé; de sorte que, la moitié de la vie se passant en sommeil, par notre propre aveu, où, quoi qu'il nous en paraisse, nous n'avons aucune idée du vrai, tous nos sentiments étant alors des illusions, qui sait si cette antre moitié de la vie où nous pensons veiller n'est pas un autre sommeil un peu différent du premier, dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir ?

Blaise Pascal, Les Pensées, Chapitre X, I, p.217
source : GoogleBooks

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Les Quakers et la prière

Publié le par antoiniste

Le recueillement exige le silence, il est un moment où l’adepte se sent entouré de la présence du « Père » sans rien lui demander, sans rien lui dire pour le seul plaisir d’être avec lui, dans sa paix, son silence, son amour. Imprégné de ces vertus, il pourra les transmettre sereinement aux autres. Après un bon recueillement, l’adepte se sent “comme allégé”, tout lui paraît plus simple, plus facile, les difficultés s’estompent parce qu’il voit “plus juste et plus loin”. Cela n’est pas sans rappeler la prière des Quakers.

source : http://www.regis-dericquebourg.com/2009/03/20/la-therapie-spirituelle-antoiniste/

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Les Disciples du Père et Mère Antoine (ASBL)

Publié le par antoiniste

Le Conseil d'Administration de Jemeppe, sous la direction du frère Joseph Nihoul, en tant que Premier Représentant du Père, le 4 novembre 1940 ramène le Culte à la simplicité de formes, laissée par le Père.
A partir de là, des offices et lectures avait lieu dans la maison d'un adepte. Durant des années, un tronc fut installé, destiné à recevoir les oboles de ceux qui désiraient qu'un Temple soit construit. Cela fut réalisé en 1968. Le frère Jeannin, de Paris, le consacra le 10 novembre.
Il ferait encore l'objet d'un voyage moral de la part des temples français.

Les desservants furent dernièrement :
soeur Maria Versteylen (jusqu'en 2000),
frère José Herman (jusqu'en 2007)
soeur Arlette Weerts (encore actuellement, elle fut secrétaire du Conseil d'Administration en 2002)

Les adeptes viennent d'un peu partout en Belgique, même des communes abritant un temple, suivant la direction de Jemeppe (Herstal, Liège, Vottem...)

Art.4 : L'association a pour but d'entretenir et de promouvoir en tous lieux et spécialement en Belgique et en France, les enseignements religieux du Père Antoine, désincarné le vingt-cinq juin mil neuf cent douze, et de sa seule héritière spirituelle, la Mère Antoine, désincarnée le trois novembre mil neuf cent quarante, tels qu'ils furent authentiquement établis par eux durant leur incarnation terrestre, de propager en conséquence de la façon la plus fidèle la pratique du culte antoiniste qu'ils ont établie, d'administrer les temples et les biens temporels qui seront réservés, acquis ou légués à cet effet, de perpétuer l'oeuvre du Père et de la Mère Antoine, telle qu'elle leur fut léguée en héritage.
    L'association se propose  de réaliser ses buts spirituels, moraux, sociaux et constructifs par l'ouverture de salles de lecture, la construction de temples, l'édition de publications continuant celles des fondateurs de l'Antoinisme, l'organisation du travail moral dans le cadre défini par la Mère Antoine.
    Elle peut, en vue de la réalisation de son but social, acquérir, louer, vendre, échanger tous biens meubles et immeubles, nécessaires ou utiles à cette fin.
    La propagation de la religion Antoiniste est faite sous la direction spirituelle du Représentant du Père, conseiller moral et religieux de l'association, formateur et organisateur du collège des desservants du culte antoiniste, dont il assume la seule et entière responsabilité.
    L'association peut accomplir tous les actes se rapportant directement ou indirectement, en tout en en partie, à son objet, ou pouvant en amener le développement ou en facilité la réalisation.
Art.6 : Le nombre des associés est illimité, sans pouvoir cependant être inférieur à trois.
Art.9 : [...] Les membres ne sont astreints au paiement d'aucune cotisation.

    Il y a 53 articles, ils sont donc beaucoup plus exhaustifs que les statuts de Jemeppe (au nombre de 13 pour les derniers statuts de l'établissement d’utilité publique « Culte antoiniste », modifiés en 2001).
    Notons que le desservant du temple de Retinne ne fait pas partie du collège des desservants français, même s'il a son soutient. Le siège de l'association est donc au temple, 4621 Fléron (Retinne), rue de la Briqueterie 3.

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Rousseau - cause des maladies

Publié le par antoiniste

Nous venons d’évoquer les causes internes d’ordre métaphysique (”les plaies de l’âme”) mais il existe aussi des causes exogènes. En effet, Louis Antoine pense que nous détériorons notre santé parce que nous falsifions la nature. Les besoins factices et le goût du raffinement conduisent l’homme à dénaturer les aliments. Ces derniers nuisent alors à la santé au lieu de la maintenir. Aussi la longévité diminue-t-elle.
Cette idée appartient aux représentations sociales de la maladie mises en relief par Claudine Herzlich (« Santé et maladie, analyse d’une représentation sociale, Paris, Mouton, 1969) qui nous rappelle qu’on la trouve aussi chez Rousseau. Louis Antoine lui ajoute une dose d’originalité en la ramenant aux couples ‘intelligence-falsification’ et ‘conscience-naturel’. Nous devons ajouter que dans l’antoinisme comme dans la plupart des religions de guérison, le mot : maladie ne recouvre pas uniquement les maux physiques. Il recouvre les problèmes psychologiques ainsi que toutes sortes d’infortunes. C’est pourquoi Louis Antoine préfère parler d’épreuve.

source : http://www.regis-dericquebourg.com/2009/03/20/la-therapie-spirituelle-antoiniste/

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Jemeppe - Charbonnage (photographe : Laflotte)

Publié le par antoiniste

Vue de l'entrée de l'usine

source : kikirpa

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Charbonnage à Jemeppe (photographe : Laflotte)

Publié le par antoiniste

Vue de l'usine avec le cimetière au premier plan

source : kikirpa

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René Descartes - Première méditation

Publié le par antoiniste

    Tout ce que j'ai reçu jusqu'à présent pour le plus vrai et assuré, je l'ai appris des sens ou par les sons ; or j'ai quelquefois éprouvé que ces sens étaient trompeurs; et il est de la prudence de ne se fier jamais entièrement à ceux qui nous ont une fois trompés.
    Mais peut-être qu'encore que les sens nous trompent quelquefois, touchant des choses fort peu sensibles et fort éloignées, il s'en rencontre néanmoins beaucoup d'autres desquelles on ne peut pas raisonnablement douter, quoique nous les connaissions par leur moyen. Par exemple, que je suis ici, assis auprès du feu, vêtu d'une robe de chambre, ayant ce papier entre les mains, et autres choses de cette nature. Et comment est-ce que je pourrais nier que ces mains et ce corps soient à moi, si ce n'est peut-être que je me compare à certains insensés, de qui le cerveau est tellement troublé et offusqué par les noires vapeurs de la bile, qu'ils assurent constamment qu'ils sont des rois, lorsqu'ils sont très pauvres; qu'ils sont vêtus d'or et de pourpre, lorsqu'ils sont tout nus; ou qui s'imaginent être des cruches, ou avoir un corps de verre. Mais quoi : ce sont des fous, et je ne serais pas moins extravagant si je me réglais sur leurs exemples.
    Toutefois j'ai ici à considérer que je suis homme, et par conséquent que j'ai coutume de dormir, et de me représenter en mes songes les mêmes choses, ou quelquefois de moins vraisemblables, que ces insensés lorsqu'ils veillent. Comtien de fois m'est-il arrivé de songer la nuit que j'étais en ce lieu, que j'étais habillé, que j'étais auprès du feu, quoique je fusse tout nu dedans mon lit? Il me semble bien à présent que ce n'est point avec des yeux endormis que je regarde ce papier; que cette tête que je branle n'est point assoupie; que c'est avec dessein et de propos délibéré que j'étends cette main, et que je la sens; ce qui arrive dans le sommeil ne semble point si clair ni si distinct que tout ceci. Mais en y pensant soigneusement, je me ressouviens d'avoir souvent été trompé en dormant par de semblables illusions. Et en m'arrêtant sur cette pensée, je vois si manifestement qu'il n'y a point d'indices certains par où l'on puisse distinguer nettement la veille d'avec le sommeil, que j'en suis tout étoné, et mon étonnement est tel qu il est presque capable de me persuader que je dors.
Supposons donc maintenant que nous sommes endormis, et que toutes ces particularités, à savoir: que nous ouvrons les yeux, que nous branlons la tête, que nous étendons les mains, et choses semblables, ne sont que de fausses illusions; et pensons que peut-être nos mains, ni tout notre corps ne sont pas tels que nous les voyons. Toutefois il faut au moins avouer que les choses qui nous sont représentées dans le sommeil sont comme des tableaux et des peintures qui ne peuvent être formées qu'à la ressemblance de quelque chose de réel et de véritable ; et qu'ainsi pour le moins ces choses générales, à savoir, des yeux, une tête, des mains, et tout un corps, ne sont pas choses imaginaires, mais vraies et existantes. Car de vrai les peintres, lors même qu'ils s'étudient avec le plus d'artifice à représenter des sirènes et des satyres par des figures bizarres et extraordinaires, ne peuvent toutefois leur donner des formes et des natures entièrement nouvelles, mais ont seulement un certain mélange et composition des membres de divers animaux; ou bien si peut-être leur imagination est assez extravagante pour inventer quelque chose de si nouveau que jamais on n'ait rien vu de semblable, et qu'ainsi leur ouvrage représente une chose purement feinte et absolument fausse, certes à tout le moins les couleurs dont ils les composent doivent-elles être véritables.
    Et par la même raison, encore que ces choses générales, à savoir, un corps, des yeux, une tête, des mains, et autres semblables, pussent être imaginaires, toutefois il faut nécessairement avouer qu'il y en a au moins quelques autres encore plus simples et plus universelles qui sont vraies et existantes, du mélange desquelles, ni plus ni moins que de celui de quelques véritables couleurs, toutes ces images des choses qui résident en notre pensée, soit vraies et réelles, soit feintes et fantastiques, sont formées.
    De ce genre de choses est la nature corporelle en général et son étendue; ensemble la figure des choses étendues, leur quantité ou grandeur, et leur nombre, comme aussi le lieu où elles sont, le temps qui mesure leur durée, et autres semblables. C'est pourquoi peut-être que de là nous ne conclurons pas mal, si nous disons que la physique, l'astronomie, la médecine, et toutes les autres sciences qui dépendent de la considération des choses composées, sont fort douteuses et incertaines; mais que l'arithmétique, la géométrie et les autres sciences de cette nature, qui ne traitent que de choses fort simples et fort générales, sans se mettre beaucoup en peine si elles sont dans la nature, ou si elles n'y sont pas, contiennent quelque chose de certain et d'indubitable ; car, soit que je veille ou que je dorme, deux et trois joints ensemble formeront toujours le nombre cinq, et le carré n'aura jamais plus de quatre côtés ; et il ne semble pas possible que des vérités si claires et si apparentes puissent être soupçonnées d'aucune fausseté ou d'incertitude.
[...]
    Je supposerai donc, non pas que Dieu, qui est très bon et qui est la souveraine source de vérité, mais qu'un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, a employé toute son industrie à me tromper. Je penserai que le ciel, l'air, la terre, les couleurs, les figures, les sons et toutes les autres choses extérieures, ne sont rien que des illusions et rêveries dont il s'est servi pour tendre des pièges à ma crédulité. Je me considérerai moi-même comme n'ayant point de mains, point d'yeux, point de chair, point de sang, comme n'ayant aucun sens, mais croyant faussement avoir toutes ces choses; je demeurerai obstinément attaché à cette pensée ; et si par ce moyen il n'est pas en mon pouvoir de parvenir à la connaissance d'aucune vérité, à tout le moins il est en ma puissance de suspendre mon jugement : c'est pourquoi je prendrai garde soigneusement de ne recevoir en ma croyance aucune fausseté, et préparerai si bien mon esprit à toutes les ruses de ce grand trompeur, que, pour puissant et rusé qu'il soit, il ne me pourra jamais rien imposer.
    Mais ce dessein est pénible et laborieux, et une certaine paresse m'entraîne insensiblement dons le train de ma vie ordinaire. Et tout de même qu'un esclave qui jouissait dans le sommeil d'une liberté imaginaire, lorsqu'il commence à soupçonner que sa liberté n'est qu'un songe, craint de se réveiller et conspire avec ses illusions agréables pour en être plus longtemps abusé, ainsi je retombe insensiblement de moi-même dans mes anciennes opinions, et j'appréhende de me réveiller de cet assoupissement, de peur que les veilles laborieuses qui auraient à succéder à la tranquillité de ce repos, au lieu de m'apporter quelque jour et quelque lumière dans la connaissance de la vérité, ne fussent pas suffisantes pour éclaircir toutes les ténèbres des difficultés qui viennent d'être agitées.

    René Descartes, Méditations métaphysiques
    Première méditation, p.66
    source : Gallica

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L'Abattoir (Gustave Flaubert)

Publié le par antoiniste

Illustration : Abattoir, La Villette, 1908, 19e arrdt, abattage d'un bovidé [photographie de presse][Agence Rol](gallica)

    En revenant vers la ville, nous avons entendu sortir de dessous le toit d'ardoises d'un bâtiment carré des gémissements et des bêlements plaintifs. C'était l'abattoir.
    Sur le seuil, un grand chien lapait dans une mare de sang et tirait lentement du bout des dents le cordon bleu des intestins d'un boeuf qu'on venait de lui jeter. La porte des cabines était ouverte. Les bouchers besognaient, les bras retroussés. Suspendu, la tête en bas et les pieds passés par un tenon dans un bâton tombant du plafond, un boeuf, soufflé et gonflé comme une outre, avait la peau du ventre fendue en deux lambeaux. On voyait s'écarter doucement avec elle la couche de graisse qui la doublait, et successivement apparaître dans l'intérieur, au tranchant du couteau, un tas de choses vertes, rouges et noires, qui avaient des couleurs superbes. Les entrailles fumaient ; la vie s'en échappait dans une fumée tiède et nauséabonde. Près de là, un veau couché par terre fixait sur la rigole de sang ses gros yeux ronds épouvantés, et tremblait convulsivement malgré les liens qui lui serraient les pattes. Ses flancs battaient, ses narines s'ouvraient. Les autres loges étaient remplies de râles prolongés, de bêlements chevrotants, de beuglements rauques. On distinguait la voix de ceux qu'on tuait, celle de ceux qui se mourraient, celle de ceux qui allaient mourir. Il y avait des cris singuliers, des intonations d'une détresse profonde qui semblaient dire des mots qu'on aurait presque pu comprendre. En ce moment j'ai eu l'idée d'une ville terrible, de quelque ville épouvantable et démesurés, comme serait une Babylone ou une Babel de cannibales où il y aurait des abattoirs d'hommes ; et j'ai cherché à retrouver quelque chose des agonies humaines, dans ces égorgements qui bramaient et sanglotaient. J'ai songé à des troupeaux, pour nourrir des maîtres qui les mangeaient sur des tables d'ivoire, en s'essuyant les lèvres à des nappes de pourpre. Auraient-ils des poses plus abattues, des regards plus tristes, des prières plus déchirantes ?...

    Gustave Flaubert, Par les Champs et par les Grèves
    in Contes et récits du XIXe siècle (gallica)

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