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Chez les Antoinistes (L'Echo du Merveilleux, 15 juillet 1913)

Publié le par antoiniste

Chez les Antoinistes

   A l'occasion de l'anniversaire de la mort d'Antoine le Guérisseur, des fêtes ont été célébrées à Jemeppe en Belgique. Mais « la mère » a vainement essayé d'obtenir des guérisons.
   Voici la correspondance que publie le Matin à ce sujet :

   Des fêtes antoinistes ont été célébrées hier à Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique, à l'occasion de l'anniversaire de la mort d'Antoine.
   Il y a eu en effet un an mercredi dernier qu'est mort le visionnaire fameux dont le renom est considérable tant en Belgique qu'à l'étranger : Antoine le Guérisseur.
   Cet homme, à qui son regard fulgurant et sa barbe de fleuve donnaient l'aspect d'un des anciens prophètes d'Israël, exerçait sur la plupart des gens qui l'approchaient un ascendant extraordinaire.
   Il disait posséder la révélation de la vérité. Il passait pour opérer, par le seul pouvoir de sa volonté, des guérisons miraculeuses.
   De tous cotés, de pauvres gens s'adressaient à lui pour obtenir, par son intervention puissante et mystérieuse, la fin ou l'adoucissement de leurs maux. Et le culte antoiniste compta des adeptes un peu partout...
   Le 25 juin 1912, Antoine le Guérisseur mourait, ou plutôt, pour employer le vocabulaire des antoinistes, il se désincarnait.
   Mais l'antoinisme ne mourut pas avec Antoine, et le temple édifié à Jemeppe continue à être le centre d'un mouvement intense, centre où parviennent chaque jour sous forme d'un courrier formidable, les plaintes et les voeux de l'humanité malheureuse.
   C'est qu'Antoine avait pris une sage précaution pour assurer la pérennité de son oeuvre.
   Quand il fut sur le point de mourir, il fit savoir à ses disciples que sa femme lui succéderait, qu'elle pourrait s'assimiler à son fluide éthéré et il la chargea de recueillir et de lui transmettre les désirs des antoinistes.
   C'est en vertu de cette désignation que la veuve du guérisseur guérit à son tour, ou du moins s'y applique.
   Pour célébrer l'anniversaire de la désincarnation d'Antoine, celle qui fut sa femme conviait les antoinistes du monde entier à se rendre, mercredi dernier à Jemeppe-sur-Meuse : elle annonçait que les malades obtiendraient de grandes guérisons.
   Les antoinistes vinrent au nombre de plusieurs milliers. La Belgique, les Pays-Bas, certaines provinces du nord de la France fournirent le gros de cette armée singulière. Paris, qui compte quatre ou cinq groupes antoinistes, avait, pour sa part, envoyé environ cent cinquante pèlerins. L'empressement de tous ces pieux voyageurs était tel que plusieurs centaines d'entre eux, tout à leurs religieuses pensées, remirent, en arrivant à la gare de Jemeppe, leur ticket de retour en même temps que leur billet d'aller — ce qui détermina une belle confusion quand il fallut repartir.
   Tous aussi croyants — d'une foi qui leur fait non pas soulever des montagnes, mais passer des frontières, ce qui est déjà bien — les antoinistes ne sont pas tous également fervents.

L'UNIFORME ANTOINISTE

   Les plus zélés suivent les recommandations du père Antoine à la lettre. C'est ainsi qu'ils s'imposent le port d'un costume disgracieux, dont le guérisseur fixa la couleur et la coupe : c'est, en serge noire, un vêtement sans nom, qui réalise une manière de compromis entre la soutane des prêtres maronites et la redingote de certains pasteurs américains ; comme coiffure, Un « gibus » qui rappelle, avec moins d'ampleur, l'antique « bolivar », que nous pouvons voir, sur de vieilles gravures, couvrir le chef vénérable dé nos arrière-grands-pères.
   Dans cette foule, il ne se trouva qu'un « esprit fort », et il n'avait certes point lu le chapitre de La Bruyère : c'est un joli bambin d'une dizaine d'années ; ses parents l'avaient traîné à Jemeppe pour le faire guérir de je ne sais quelle affection nerveuse ; arrivé devant le temple du guérisseur, le moutard refusa énergiquement d'entrer, et il se mit à pousser des hurlements tels que son antoiniste de père dut renoncer à le soumettre aux « opérations ».
   Les «opérations » sont cependant moins effrayantes au temple antoiniste que dans les salles de nos hôtels-Dieu.
   C'est la Mère qui procède. La Mère, c'est la veuve d'Antoine, lequel n'est désigné par les antoinistes que sous le vocable de Père.
   Les fidèles se tassèrent dans le temple. Dans le silence qui précède les grands événements, ils attendirent, regardant devant eux une tribune étroite et longue, sur le bord de laquelle était peint — blanc sur fond noir — l'arbre de la vie, symbole de l'antoinisme. Devant la tribune principale, quelques mètres plus bas, une autre tribune, plus petite.
   Au bout d'une demi-heure d'attente, un grand diable barbu et chevelu, avec les yeux perdus qu'on prête aux nihilistes russes, apparut sur la tribune la moins élevée et reste là, sans mot dire, le regard dans le vide.
   — C'est notre frère Deregnaucourt, me dit-on.

VOICI LA MÈRE !
   Le frère Deregnaucourt attendit... Il est, dans la famille antoiniste, l'héritier présomptif. Je veux dire que, ainsi que la Mère a remplacé le Père, il remplacera la Mère le jour où celle-ci se désincarnera à son tour.
   Le frère Deregnaucourt attendit... L'assistance était haletante et recueillie. Seule, la béquille d'un infirme, en tombant sur le plancher, troubla un instant le silence.
   Mais soudain, on entendit le tintement aigrelet d'une sonnette. Tous les pèlerins se dressent, d'un seul élan ; C'est la Mère qui apparaît. Elle est sur la tribune. Toute blanche dans ses vêtements noirs, elle regarde vers le plafond, en se tordant les poignets... Avec un peu de bonne volonté, on peut retrouver dans l'expression de son visage l'air fatal et inspiré des anciennes sibylles... Cinq minutes, elle reste là, le regard fixe, les poings crispés... Puis elle s'en va... C'est fini. Les fidèles se retirent.
   C'est là l'opération annoncée. La mère dut la recommencer cinq fois devant 5 à 600 personnes.
   On avait aussi promis des guérisons. Mais c'est une autre affaire. J'ai vu sortir aussi claudicants les gens que j'avais vus entrer en boitant, et les rhumatisants ne m'ont pas paru plus alertes après l'opération qu'avant.  Ce sera sans doute pour plus tard.
   Après les opérations, les antoinistes ont fait un pieux pèlerinage à travers le jardinet où, tout en repiquant ses salades et en échenillant ses choux, le père Antoine sentit naître sa vocation de Christ nouveau.
   Les fêtes antoinistes ont recommencé hier. Les fidèles, en cortège, conduits par la mère et le frère Deregnaucourt, ont fait le parcours que fit, il y a un an, la dépouille funèbre du guérisseur, de la maison au cimetière.

   L'antoinisme, quoi qu'on en dise, régresse...
J. R.


L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery) - 15-07-1913
Source : Gallica

Reprend en gros l'article paru dans Le Matin le 30 juin 1913.

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Un temple antoiniste (L'Echo du Merveilleux, 1er novembre 1913)

Publié le par antoiniste

UN TEMPLE ANTOINISTE

   Paris fut envahi, le dimanche 26 octobre, par des antoinistes dont le sombre uniforme : les hommes en lévite noire et chapeau, haut de forme de feutre à bords plats, les femmes en robes et coiffes noires, excitait la curiosité.
   La veuve d'Antoine le Guérisseur, la Mère Antoine arrivait avec quatre cents adeptes pour inaugurer le temple de la rue Vergniaud.
   « Décidément, écrivait, à ce propos M. Henry Cossiria, dans Excelsior, la concurrence n'épargne personne, même pas les guérisseurs.
   « Ceux-ci se multiplient, et pour un qui disparaît dix nouveaux surgissent. Aussi les « précurseurs » dans la profession sont-ils obligés de faire maintenant de la propagande active, et même de se déplacer pour se créer des ramifications et fonder pour ainsi dire des succursales.
   « Antoine le Guérisseur, qui mourut le 25 juin 1912, à Jemeppe-sur-Meuse, près de Liége, avait du faire de nombreux adeptes, — plus de trente mille — qui croient aveuglement en sa puissance et qui lui attribuent un pouvoir divin.
   « Le culte de ce guérisseur s'est propagé très rapidement en France, et c'est ainsi que j'ai rencontré en pleine Savoie, dans un simple hameau du nom de Biollay, un temple antoiniste où une centaine de croyants viennent tous les dimanches entendre la lecture du « Grand Livre de la Révélation », et contempler « l'Arbre de la Science de la Vue du Mal ».
   « Cependant, aucun temple antoiniste n'existait à Paris, où le « Père » — c'est ainsi qu'on appelait le fondateur de la secte — avait réuni six ou sept cents adeptes. Antoine mort, ou plutôt s'étant « désincarné », cela n'avait pas arrêté les conversions.
   Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation ».
   On se rappelle peut-être l'article que consacra l'Echo du Merveilleux à Mlle Camus, dans le numéro du 1er avril 1912.
   L'inauguration de ce temple était un événement d'autant plus considérable, que la veuve du « Désincarné » avait voulu venir l'inaugurer en personne.
   Un grand nombre d'adeptes, les hommes avec leurs longues lévites noires et leurs chapeaux haut de forme ; les femmes en costumes et bonnets noirs, s'étaient réunis le samedi 25 octobre vers deux heures et demie, à la gare du Nord, pour attendre le train spécial amenant de Belgique la Mère et quatre cents pèlerins.
   A deux heures cinquante, le convoi entra sous l'immense hall. De tous les wagons de troisième raconte le collaborateur d'Excelsior, se précipitèrent des adeptes vêtus comme ceux qui les attendaient à la sortie. D'un compartiment de seconde la Mère qu'aucun signe extérieur ne pouvait faire distinguer du reste des adeptes, descendit, accompagnée de M.Deregnancourt, qui est le grand-prêtre du culte antoiniste, ou plutôt le président du Conseil d'administration.
   « Sans le moindre apparat la veuve du « Désincarné » gagna la sortie ; mais lorsqu'elle arriva au bout du quai, des sanglots éclatèrent : certaines adeptes parisiennes n'avaient pu retenir leur émotion en voyant la Mère qui tomba, pendant quelques secondes, dans une sorte d'extase.
   « Le cortège des Antoinistes se dirigea alors vers le souterrain du Métropolitain, où un train spécial les attendait pour les conduire jusqu'à la station Corvisart. Dans la salle des Pas-Perdus, un homme à la haute stature, portant un petit bagage à mains, cherchait à s'échapper du flot antoiniste : c'était M.Ribot, le sénateur du Pas-de-Calais, qui s'efforçait de gagner son compartiment, et qui refusait obstinément de prendre les petits billets jaunes ou verts que lui tendaient en passant les Antoinistes.
   « Chaque pèlerin était, en effet, muni d'un stock considérable de petits morceaux de papier portant la suscription suivante :

CULTE ANTOINISTE
 Frères, Mère Antoine consacrera au nom du Père le nouveau temple antoiniste de Paris, rue Vergniaud (XIIIe).
 La cérémonie aura lieu demain 26 octobre, à 10 heures. A cette occasion, Mère recevra les malades tous réunis dans le Temple comme Elle le fait à Jemeppe-sur-Meuse.
 Recevez, chers frères, toutes nos bonnes pensées.
        Le Conseil d'administration du Culte Antoiniste.

   « A la station Corvisart, les Antoinistes quittèrent le Métro, et se formant en cortège, ils gagnèrent leur temple par le boulevard Auguste-Blanqui et la rue Vergniaud.
   « Lorsque la Mère fut arrivée sur le seuil du temple, un adepte présenta à la foule « l'Arbre de la Science de la Vue du Mal ».
   « L'intérieur de ce nouveau temple est analogue à celui de Jemeppe, mais en plus petit. Une chaire est adossée au mur sur lequel on lit le précepte fondamental de la croyance antoiniste : « Un seul remède peut guérir l'Humanité : la Foi, etc. »

   Pour ne pas être suspect de partialité, empruntons le récit de la cérémonie à un témoin sans parti pris, à un reporter du Journal, M. Paul Éric :
   « A dix heures, la Mère fit son entrée. Un coup de sonnette l'avait annoncée. La veuve du Messie est une femme d'une soixantaine d'années, à la physionomie insignifiante. Elle pénétra dans le temple en conservant les yeux baissés ; lentement elle gravit la chaire et, dès qu'elle y fut parvenue, ses yeux se fixèrent sur la voûte du bâtiment. Durant quelques secondes, ses lèvres remuèrent imperceptiblement ; elle étendit ensuite le bras droit, fit un grand geste circulaire comme pour bénir l'assemblée, puis ses deux mains se joignirent et la mère Antoine quitta la chaire et sortit. Je m'attendais à ce que M. Dérégnancourt, le grand-prêtre de l'Antoinisme, qui avait pris place sur l'estrade, près d'un desservant portant une pancarte avec cette inscription : « L'Arbre de science de la vue du Mal », prît la parole, mais, tout comme la mère Antoine, M. Dérégnancourt resta muet. La cérémonie était achevée.
   « Comme je me trouvais à côté du frère Noël, qui va administrer le temple, je lui demandai :
   « — La mère Antoine ne parle-t-elle jamais davantage ?.
   « — Mère, me répondit-il, ne parle jamais en public...
   « Et il ajouta :
   « — Mère se recueille pour atteindre au fluide éthéré de l'amour divin et en réconforter les fidèles suivant le degré de leur foi.
   « Ce n'est peut-être pas très clair, poursuivit le frère, mais vous comprenez, n'est-ce pas ?
   « — Naturellement, eus-je l'audace de répondre, et vite je m'enquis si la mère Antoine allait séjourner à Paris.
   « — Non, me déclara M. Noël ; mère repart ce soir pour la Belgique. Elle est venue à Paris seulement pour consacrer le temple.
   « Et après un instant de réflexion, le frère continua :
   « — Mère, voyez-vous, n'est que l'interprète du père Antoine.
   « C'est à sa mort que le père Antoine l'a chargée de poursuivre son oeuvre ?
   « — Le père Antoine n'est pas mort, me fit remarquer sévèrement mon interlocuteur ; il s'est seulement « désincarné ».
   « — Ah! pardon, fis-je.
   « — Oui, et mère, qui est dépositaire de son pouvoir spirituel, n'est que son exécutrice.
   « — Est-ce que le père Antoine a guéri beaucoup de malades ?
   « — Des milliers.
   « — Et comment procédait-il ?
   « — Il se contentait de regarder ceux qui venaient à lui et guérissait ainsi les malades ayant la foi. Ceux qui ne l'avaient pas suffisamment devaient revenir le voir.
   « Et voilà ! J'en savais assez et pris congé du frère Noël, mais avant de pouvoir quitter le temple, je dus attendre la sortie des vieilles femmes impotentes qui étaient venues chercher un remède à leur mal et qui éprouvaient autant de difficulté à descendre les degrés conduisant au sanctuaire qu'elles en avaient eu à les gravir. Le geste de la mère Antoine ne leur avait servi de rien. »

   Nous avons reçu à ce sujet la lettre suivante d'un de nos lecteurs de vieille date :
   « Il m'a été donné fortuitement, aujourd'hui dimanche, de me trouver mêlé au pèlerinage des Antoinistes belges venus à Paris pour l'inauguration de leur nouveau temple dans le quartier de la Glacière.
   « Ce qui m'a tout d'abord frappé c'est l'extraordinaire maigreur de ces pauvres gens. Sous leur habit noir à la protestante ou leur voile de deuil, ils m'ont paru plus jaunes que les chrysanthèmes de novembre. Une effrayante cachexie doit les ronger jusqu'à la moelle des os. Et ils sont d'un triste ! Ce n'est pas possible autrement, ils doivent se nourrir des sauterelles de Jean-Baptiste.
   « A l'intérieur du temple la foule grossit, anxieuse. Il est temps, une ondée tombe. Quelques moments d'attente, puis un coup de sonnette. La mère Antoine paraît. Elle monte les degrés de l'estrade, péniblement, comme une vieille femme qu'elle est. Va-t-elle parler ?... Non, pas un mot. Mais de ses grands bras maigres et osseux elle esquisse, lentement, plus lentement que l'évêque dans sa cathédrale, un immense geste de bénédiction. Chose affreuse ! oh oui ! chose affreuse, que ce geste sénile qui veut guérir .. Il y a là des malades de toutes sortes : Des paralytiques, des éclopés, des aveugles, des dartreux dont le nez n'offre plus qu'une plaie ; un malheureux jeune homme atteint d'un goitre exophtalmique se dresse sur la pointe des pieds pour rencontrer le regard de la pythonisse...
   « Et le geste achevé, la veuve du père Antoine se retire dans un calme si profond qu'on entendrait une mouche voler, si c'était encore la saison des mouches. Pas un cri : « Je suis guéri », n'a proclamé la puissance léguée à la Mère Antoine par son époux défunt. « Quand je suis sorti du temple, la pluie avait cessé. Le beau soleil de Dieu éclairait les mêmes infirmités, les mêmes misères. Et sous les rayons encore chauds de ce soleil d'automne, de cet astre dont la durée ne peut-être limitée qu'à des milliards de siècles — Magna opéra Domini — j'ai compris que, seule, mais si rare, « la foi qui transporte les montagnes » est capable d'obtenir des guérisons, et qu'il est absolument inutile de recourir à l'intermédiaire de créatures aussi impuissantes que nous puisqu'elles ne sont investies d'aucun pouvoir.
   « La Glacière n'est pas très éloignée de l'ancien cimetière de Saint-Médard. Puissions-nous ne pas voir se renouveler au temple antoiniste les scènes de désordre auxquelles se sont jadis livrés les trop fameux convulsionnaires. »
   Agréez...

        UN FIDÈLE DE GASTON MERY.

L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery). 01-11-1913

Source : Gallica

Nota : dans le texte le frère Florian Deregnaucourt, se voit affublé du nom de Deregnancourt et Dérégnancourt.

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Platon - Charmide - l'âme et la guérison

Publié le par antoiniste

Telle est aussi, Charmide, la nature de l’incantation. Je l’ai apprise là-bas, à l’armée, d’un médecin thrace, un de ces disciples de Zalmoxis dont la science va, dit-on, jusqu’à rendre les gens immortels. Ce Thrace disait que les médecins grecs avaient raison de professer la doctrine que je viens de rapporter ; mais, ajouta-t-il, Zalmoxis, notre roi, qui est un dieu, affirme que, s’il ne faut pas essayer de guérir les yeux sans la tête, ni la tête sans les yeux, il ne faut pas non plus traiter la tête sans l’âme et que, si la plupart des maladies échappent aux médecins grecs, la raison en est qu’ils méconnaissent le tout dont ils devraient prendre soin ; car, quand le tout est en mauvais état, il est impossible que la partie se porte bien. En effet, disait-il, c’est de l’âme que viennent pour le corps et pour l’homme tout entier tous les maux et tous les biens ; ils en découlent comme ils découlent de la tête dans les yeux. C’est donc l’âme qu’il faut tout d’abord et avant tout soigner, si l’on veut que la tête et tout le corps soient en bon état. Or l’âme se soigne, disait-il, par des incantations, et ces incantations, cher ami, ce sont les beaux discours. Ces discours engendrent la sagesse dans les âmes, et une fois qu’elle est formée et présente, il est facile de procurer la santé à la tête et au reste du corps.

Et lorsqu’il m’enseigna le remède et les incantations, il me dit : Garde-toi bien de te laisser engager par qui que ce soit à soigner sa tête avec ce remède, s’il ne t’a d’abord livré son âme pour que tu la soignes par l’incantation. C’est aujourd’hui, disait-il, l’erreur répandue parmi les hommes de vouloir guérir séparément l’âme ou le corps. Et il me recommanda instamment de ne céder à personne, si riche, si noble, si beau qu’il fût, qui voudrait me persuader d’agir autrement. J’en ai fait le serment, je dois le tenir et je le tiendrai. Si donc tu veux, conformément aux recommandations de cet étranger, livrer d’abord ton âme aux incantations du Thrace, j’appliquerai mon remède à ta tête ; sinon, je ne puis rien faire pour toi, mon cher Charmide.

PLATON - Charmide (sur la Sagesse)
Traduction Émile Chambry

source : http://ugo.bratelli.free.fr/Platon/Platon-Charmide.htm

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Les dix principes en espagnol

Publié le par antoiniste

«Diez fragmentos en prosa de la enseñanza revelada por Antoine el Curandero»


Dios habla:
— Primer principio:
Si me amáis,
no lo enseñaréis a nadie,
puesto que sabéis que yo no resido
más que en el seno del hombre.
Vosotros no podéis testimoniar que existe
una suprema bondad
mientras que me aisláis del prójimo.

— Segundo principio:
No creáis en el que os habla de mí,
cuya intención sería convertiros.
Si respetáis toda creencia
y al que no tiene ninguna,
sabéis, a pesar de vuestra ignorancia,
más de lo que podría deciros.

— Tercer principio:
Vosotros no podéis hacer moral a nadie,
sería probar
que no hacéis bien,
porque ella no se enseña por la palabra,
sino por el ejemplo,
y no ver el mal en nada.

— Cuarto principio:
No digáis jamás que hacéis caridad
a alguien que os parece en la miseria,
sería hacer entender
que yo carezco de miras, que no soy bueno,
que soy un mal padre,
un avaro, que deja tener hambre a su retoño.
Si actuáis hacia vuestro semejante
como un verdadero hermano,
no hacéis caridad más que a vosotros mismos, debéis saberlo.
Puesto que nada está bien si no es solidario,
no habéis hecho hacia él
más que desempeñar vuestro deber.

— Quinto principio:
Tratad siempre de amar al que decís
«vuestro enemigo»:
es para enseñaros a conoceros
que yo le coloco en vuestro camino.
Pero ved el mal más bien en vosotros que en él:
será su remedio soberano.

— Sexto principio:
Cuando queráis conocer la causa
de vuestros sufrimientos,
que padecéis siempre con razón,
la encontraréis en la incompatibilidad de
la inteligencia con la conciencia,
que establece entre ellas los términos de comparación.
Vosotros no podéis sentir el menor sufrimiento
que no sea para haceros observar
que la inteligencia es opuesta a la conciencia;
es lo que es menester no ignorar.

— Séptimo principio:
Tratad de convenceros,
ya que el menor sufrimiento es debido a vuestra 
inteligencia que quiere siempre poseer más;
se hace un pedestal de la clemencia,
al querer que todo le esté subordinado.

— Octavo principio:
No os dejéis dominar por vuestra inteligencia
que no busca más que elevarse siempre
cada vez más;
ella pisotea a la conciencia,
sosteniendo que es la materia la que da las virtudes,
mientras que ella no encierra más que la miseria
de las almas que vosotros decís
«abandonadas», que han actuado sólo para satisfacer
su inteligencia que les ha extraviado.

— Noveno principio:
Todo lo que os es útil, para el presente
como para el porvenir,
si no dudáis nada,
os será dado por añadidura.
Cultivaos, vosotros os recordaréis el pasado,
tendréis el recuerdo
de que se os ha dicho: “Llamad, yo os abriré.
Yo estoy en el conócete”

— Décimo principio:
No penséis hacer siempre un bien
cuando llevéis asistencia a un hermano;
podríais hacer lo contrario,
poner trabas a su progreso.
Sabed que una gran prueba
será vuestra recompensa,
si le humilláis y le imponéis el respeto.
Cuando queráis actuar,
no os apoyéis jamás sobre vuestra creencia,
porque ella puede extraviaros también;
basaos siempre sobre la conciencia
que quiere dirigiros, ella no puede engañaros».

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Proverbe russe - la plume et la hache

Publié le par antoiniste

Что написано пером, не вырубишь топором.

Ce que trace la plume, la hache de l'entamera.

A rapprocher du verset :
Ni par la puissance ni par la force, mais bien par mon esprit !
לֹא בְחַיִל, וְלֹא בְכֹחַ--כִּי אִם-בְּרוּחִי, אָמַר ה׳
Zacharie 4:6

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Le Développement de l'Œuvre Révélée, Arbre de la science de la vue du mal, le bien, interprété l'opposé de la réalité (p.313)

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Le Développement de l'Œuvre Révélée, Arbre de la science de la vue du mal, le bien, interprété l'opposé de la réalité (p.313)

    Car tout ce qui nous porte atteinte doit nous rappeler une infraction que nous avons faite à la loi divine. Impossible qu'on nous cause la moindre souffrance, si nous sommes dans la vérité ; je l'ai révélé, si l'on pouvait nous atteindre dans la vérité, on pourrait atteindre Dieu.

Le Développement de l'Œuvre Révélée, Arbre de la science de la vue du mal, le bien, interprété l'opposé de la réalité, p.313

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Le Développement de l'Œuvre Révélée, Arbre de la science de la vue du mal, le bien, interprété l'opposé de la réalité (p.313)

Publié le par antoiniste

Le Développement de l'Œuvre Révélée, Arbre de la science de la vue du mal, le bien, interprété l'opposé de la réalité (p.313)

    Car tout ce qui nous porte atteinte doit nous rappeler une infraction que nous avons faite à la loi divine. Impossible qu'on nous cause la moindre souffrance, si nous sommes dans la vérité ; je l'ai révélé, si l'on pouvait nous atteindre dans la vérité, on pourrait atteindre Dieu.

Le Développement de l'Œuvre Révélée, Arbre de la science de la vue du mal, le bien, interprété l'opposé de la réalité, p.313

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Jacob Boehme - le jour et la nuit

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    Le jour ne serait pas sans la nuit, ni la nuit sans le jour, le froid est la condition de la chaleur et la chaleur du froid. Supprimez l'opposition et la lutte, et tout va rentrer dans le silence et l'immobilité, tout va retourner au néant. L'un en tant qu'un n'a rien qu'il puisse vouloir. Pour qu'il veuille et qu'il vive, il faut qu'il se dédouble. De même l'unité ne peut se sentir, mais dans la dualité la sensation est possible. Il faut donc, pour qu'un être soit posé comme réel, qu'il soit opposé à son contraire ; et le degré de l'opposition mesure le degré de la réalisation.

Emile Boutroux, Le Philosophe allemand Jacob Boehme (1575-1624), p.22

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les temples antoinistes de Belgique

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En bleu clair, les temples servant à la solidarité de groupe
En violet, les temples en attente de desservant
En rouge, les temples vendus (à partir de 2000)

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les temples antoinistes de France

Publié le par antoiniste


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