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L'Abattoir (Gustave Flaubert)

Publié le par antoiniste

Illustration : Abattoir, La Villette, 1908, 19e arrdt, abattage d'un bovidé [photographie de presse][Agence Rol](gallica)

    En revenant vers la ville, nous avons entendu sortir de dessous le toit d'ardoises d'un bâtiment carré des gémissements et des bêlements plaintifs. C'était l'abattoir.
    Sur le seuil, un grand chien lapait dans une mare de sang et tirait lentement du bout des dents le cordon bleu des intestins d'un boeuf qu'on venait de lui jeter. La porte des cabines était ouverte. Les bouchers besognaient, les bras retroussés. Suspendu, la tête en bas et les pieds passés par un tenon dans un bâton tombant du plafond, un boeuf, soufflé et gonflé comme une outre, avait la peau du ventre fendue en deux lambeaux. On voyait s'écarter doucement avec elle la couche de graisse qui la doublait, et successivement apparaître dans l'intérieur, au tranchant du couteau, un tas de choses vertes, rouges et noires, qui avaient des couleurs superbes. Les entrailles fumaient ; la vie s'en échappait dans une fumée tiède et nauséabonde. Près de là, un veau couché par terre fixait sur la rigole de sang ses gros yeux ronds épouvantés, et tremblait convulsivement malgré les liens qui lui serraient les pattes. Ses flancs battaient, ses narines s'ouvraient. Les autres loges étaient remplies de râles prolongés, de bêlements chevrotants, de beuglements rauques. On distinguait la voix de ceux qu'on tuait, celle de ceux qui se mourraient, celle de ceux qui allaient mourir. Il y avait des cris singuliers, des intonations d'une détresse profonde qui semblaient dire des mots qu'on aurait presque pu comprendre. En ce moment j'ai eu l'idée d'une ville terrible, de quelque ville épouvantable et démesurés, comme serait une Babylone ou une Babel de cannibales où il y aurait des abattoirs d'hommes ; et j'ai cherché à retrouver quelque chose des agonies humaines, dans ces égorgements qui bramaient et sanglotaient. J'ai songé à des troupeaux, pour nourrir des maîtres qui les mangeaient sur des tables d'ivoire, en s'essuyant les lèvres à des nappes de pourpre. Auraient-ils des poses plus abattues, des regards plus tristes, des prières plus déchirantes ?...

    Gustave Flaubert, Par les Champs et par les Grèves
    in Contes et récits du XIXe siècle (gallica)

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À propos du végétarisme [Signé : Élisée Reclus] (1901)

Publié le par antoiniste

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Le végétarisme et l'antoinisme

Publié le par antoiniste

    Les motivations à l'époque était les mêmes que l'ont peut avoir maintenant. La différence est que peut-être on peut avoir d'autant plus de raison maintenant qu'à l'époque de Louis Antoine. En effet, le quête de profit dans ce secteur n'a fait qu'empirer les conditions d'élevage pour survenir aux besoins de plus en plus grandissant de la population et surtout des occidentaux, ne désirant que le bancs de poulet, le flanc du boeuf, et la graisse du cochon. Sans parler des tests médicamenteux, les corridas et autres.

    Voir le documentaire Earthlings [Terriens] (2005) de Shaun Monson.

    Dans L'Avenir du Luxembourg (un quotidien catholique) du jeudi 30 avril 1914, on lit qu'un ouvrier de Couillet se plaint du départ de sa femme pour Roux, où les antoinistes lui propose un vie pure, faite de végétarisme et d'adoration du seigneur. Cependant, cela nous fait penser que cette femme était plutôt sous l'influence du Père Dor que du Père Antoine. Ce premier, en effet, préconisait une régime à ses adeptes. Le Père Antoine ne le fait pas.

    Il répond à une question sur ce sujet dans le Développement : "Il y a six à sept ans que j'ai commencé moi-même à suivre [le régime végétarien] et je l'ai fait non par inspiration mais parce que je l'avais entendu recommander par des personnes sérieuses qui en avaient été satisfaites. Je suis maintenant raisonner par expérience cette question de l'alimentation". (p.223) "Quant aux personnes qui ont plus ou moins le dégoût de la nourriture animale, elles peuvent tout aussi bien entretenir leur santé par le végétal si la préparation en est naturelle." (p.224-25)
    Dans le même chapitre, et à la fin du Développement, on apprend qu'il repris de la viande pour reprendre des forces : "Toute viande préparée avec du beurre pur et du sel, l'oeuf, le lait sont une nourriture saine et fortifiante à moins qu'on ne les falsifie par des épices ou des mélanges comme on le fait généralement pour les rendre plus excitants." (p.224). Cependant cela ne fit pas plus d'effet, le Père ayant "accompli tout [son] progrès ici-bas".
    On pense au sel dont les quantités industrielles ont dépassés de loin les recommandations médicales. Mais on peut aussi penser au ketchup, au fromage qui n'en ai plus... Et à côté de cela au alicaments, ces compléments vitamineux inutiles mais qui sont incontestablement un bon coup marketing.

    Cependant qu'est-ce qui a pu pousser le Père à suivre un régime végétarien ? Tout ces nouveautés de l'industrie alimentaire n'existaient pas à cette époque, même si on pouvait certainement en sentir les prémisses.
    Deux extraits de l'enseignements peuvent nous mettre sur la voie :
"Les règnes minéral, végétal et animal ne sont que son reflet, qu'ils émanent de son imperfection." (Le Couronnement de l'OEuvre Révélée, Cause, développement & perfectionnement de l'être, p.LXVIII)
"Ces fluides que nous saisissons à travers la matière sont des lois qui nous dirigent à notre insu dans le milieu même où nous les avons puisés, soit dans les ténèbres ou ailleurs" (Le Développement de l'OEuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité, p.249)

    Ainsi se nourrir de son imperfection n'est rien d'autre que rester dans l'imperfection. Reconnaissant à l'animal une évolution plus avancée (puisqu'Adam se laissera duper par le serpent), et ne pouvant se nourrir du règne minéral, Louis Antoine préféra subvenir à ses besoins, sur les conseils de personnes avisés, au règne végétal uniquement.

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Bertrand Belin - Le colosse

Publié le par antoiniste

Bertrand Belin - Le colosse

J'ai perdu contre le colosse
Pas assez de masse, pas assez d'os
Tout contre lui, j'ai plié
Je t'ai perdu en sus

Acculé que j'étais sous la marmulle
Sous son poids, sous sa masse
Sous le sirocco de son râle
Résigné devant le mal

Sous le sirocco de son râle
Patient bien que las
Je dévale une pente au bord de l'eau
De rire l'écho, de cerise le goût

J'ai perdu contre le colosse
Pas d'arme, pas d'armée
Pas de quoi étouffé sa démence
Pas de goutte, ni de danse

Suppliant que j'étais sur les rotules
Sur la fin, dans l'impasse
Sous le sirocco de son râle
Résigné devant le mal

Sous le sirocco de son râle
Patient bien que las
Je dévale une pente au bord de l'eau
De rire l'écho, de cerise le goût

Du sang pointe à mes lèvres
On appelle mon nom, mais non
Je reste jouer dehors
Tes cheveux, c'est de l'or
Ou alors j'avais cru

 

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Le Développement de l'Œuvre Révélée, La vue du mal sensibilité de l'intelligence (p.368)

Publié le par antoiniste

Le Développement de l'OEuvre Révélée, La vue du mal sensibilité de l'intelligence (p.368)

 

    Cependant, je viens de révéler que si quelqu'un peut nous atteindre, c'est que nous sommes hors de la vérité, que sans cette intervention, nous resterions éternellement dans les ténèbres, sans pitié et sans amour. L'acte que nous interprétons matériellement et où nous ne voyons qu'un mal est un bien ; il fait apprécier l'efficacité de la réalité qui est le bien véritable, il nous épure, anéantit une parcelle de notre méchanceté, nous donnant en échange plus d'amour, de bonté, en un mot, il nous fait faire un progrès.

Le Développement de l'Œuvre Révélée, La vue du mal sensibilité de l'intelligence, p.368

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Romain Gary - Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (p.246)

Publié le par antoiniste

    L'univers était né d'une goutte d'ironie dont l'humanité n'est qu'un des sourires.

Romain Gary, Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable, p.246
Folio n°1048, Paris, 2008 (1975 pour l'édition originale)

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Romain Gary - Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (p.246)

Publié le par antoiniste

    L'univers était né d'une goutte d'ironie dont l'humanité n'est qu'un des sourires.

Romain Gary, Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable, p.246
Folio n°1048, Paris, 2008 (1975 pour l'édition originale)

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Etymologie du mot ''autonomie''

Publié le par antoiniste

année 1596 : « fait de se gouverner d'après ses propres lois ».

Emprunt au grec αὐτονομία : « droit de se régir par ses propres lois, indépendance, autonomie (en parlant d'un État) » (Thucydide 3, 46 ds Bailly).

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Émile Boutroux - Le philosophe allemand Jacob Boehme (1575-1624) (1888)

Publié le par antoiniste

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L'Enseignement, une éducation personnelle

Publié le par antoiniste

    Éduquer, étymologiquement, c'est "conduire hors de", c'est donc rendre l'enfant autonome, le préparer à la liberté et, en premier lieu, à la libre disposition de lui-même. C'est éveiller son intelligence, développer son sens critique, assurer sa créativité, "tout en lui donnant ses propres limites pour qu'il se sente libre de penser, de sentir et de juger autrement que nous-mêmes, tout en nous aimant" (Françoise Dolto, Les Étapes majeures de l'enfance, Paris, Gallimard, Folio/essais, 1998, n°315, p.10). Il n'y pas antinomie entre la liberté et la règle mais celle-ci n'a de sens que dans le service qu'elle rend à celle-là, à savoir la sécurité de l'enfant. L'éducation, en résumé, n'a qu'une finalité : la liberté de "l'éduqué" ; l'éducateur n'a qu'un seul devoir : réveiller la richesse endormie de l'enfant, faire éclore ses capacités, lui permettre d'exprimer sa pensée propre.

Michel Fize, A mort la famille !, Playdoyer pour l'enfant, p.143
Editions érès, 2000

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