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L'enterrement d'un apôtre (Le Temps, 2 juillet 1912)

Publié le par antoiniste

L'enterrement d'un apôtre (Le Temps, 2 juillet 1912)

                       L'enterrement d'un apôtre

    Antoine le Guérisseur, que ses adeptes appelaient aussi Antoine le Généreux, a été inhumé hier dans la localité où il exerçait sa mission et son culte, à Jemeppes-sur-Meuse, province de Liége. Aux « antoinistes » du pays étaient venus se joindre nombreux des membres des autres communautés de Belgique.
    Le corps du prophète défunt, qui avait été exposé plusieurs jours dans le temple où il prêchait et imposait les mains aux malades, a été accompagné au cimetière par un cortège évalué à quinze mille fidèles, dont beaucoup donnaient les signes de la plus vive douleur. Le cercueil, porté par douze hommes de la communauté, était précédé d'un tronc d'arbre figurant l'arbre de la science du bien et du mal, que portait l'un des plus qualifiés adeptes de l'antoinisme, M. Delcroix, professeur à l'athénée de Liége.
    Ainsi qu'Antoine l'avait prescrit, ses restes ont été enterrés dans la fosse commune.

Le Temps, 2 juillet 1912

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Le Temple - Cinq mille pèlerins célèbrent le culte d'Antoine le Guérisseur (Le Journal, 26 juin 1924)

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Le Temple - Cinq mille pèlerins célèbrent le culte d'Antoine le Guérisseur (Le Journal 26 juin 1924)

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Le Culte Antoiniste (L'Aurore, 5 décembre 1910)

Publié le par antoiniste

Le Culte Antoiniste (L'Aurore, 5 déc 1910)

                                            Le Culte Antoiniste

    Une curieuse pétition vient de parvenir à la Chambre des représentants de Belgique. Plus de cent mille Belges l'ont signée. Jamais, même pour le suffrage universel et pour l'instruction obligatoire, on n'était parvenu à réunir autant de signatures. Cette pétition est accompagnée d'une lettre du Comité du « Culte antoiniste », réclamant la reconnaissance légale de leur culte.
    La religion antoiniste, disent les pétitionnaires, est fondée sur le désintéressement le plus complet et Antoine le Guérisseur et les membres de son culte ne peuvent recevoir ni subside ni rémunération, mais ils veulent assurer l'existence de leur temple.
    Le temple de Jemeppe-sur-Meuse a coûté cent mille francs. D'autres temples vont être érigés aux frais des adeptes : la reconnaissance du culte aura pour effet de transférer la propriété des temples aux fabriques ou consistoires qui en auront la gestion matérielle, leur existence légale sera ainsi assurée.
    Antoine, le fondateur de la nouvelle religion, est un magnétiseur qui a opéré quantité de guérisons et ses adeptes le considèrent comme « un des plus grands bienfaiteurs dont l'humanité puisse se glorifier ».

L'Aurore, 5 décembre 1910

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Le Cri de Liége (5 octobre 1912)

Publié le par antoiniste

Le Cri de Liége (5 octobre 1912)

A tous crins

Credo quia absurdum.

    Rencontré hier mon ami Z... De sanguin il est devenu pale. Il a les yeux fixes d'une poupée.
    – Quelles nouvelles, donc ?
    – Je suis éclairé par la voie de l'Unitif.
    – Si-ou-plait ?
    – Le Père a dit avant sa désincarnation : Peut-on épurer son atmosphère sans que cette épuration ait son écho dans l'humanité ?
    – (ahuri) Je n'y vois pas d'inconvénient ! (un temps) Dites donc, ça va chauffer en Orient. La Serbie et la Bulgarie viennent de mobiliser et.... Y a du monde aux Balkans !
    – (illuminé) Qu'importe ! Les Antoinistes triomphent. Nous sommes de plus en plus propriétaires. Nous avons dernièrement inauguré un nouveau temple devant des milliers de fidèles.
    – Ça ne valait tout de même pas le centenaire de Jean-Jacques Rousseau.
    – Ce M. Rousseau n'était pas Antoiniste.
    – Heureusement.
    – Le Père a dit : L'expérience, seule, a le droit de raisonner les choses ». (sic)
    – Le Père maniait le syllogisme comme un cheval de fiacre et parlait le français comme un prêtre espagnol.
    – Le Père était Dieu. Nous sommes tous Dieux.
    – N'en jetez plus ; il y en avait déjà tant ! Lisez Anatole France...
    – (bouché) Anatole France ?... Connais pas.
    – (prosélyte) C'est un épicurien de génie.
    – (de plus en plus bouché) Le Génie n'existe pas chez les Antoinistes.
    – Ça se voit. Enfin Quoi Vadis ? Où va-t-on avec tout ça ?
    – (visionnaire, mais explicite) Nous avons révélé que nous baignons dans la vie et dans les fluides comme le poisson dans l'eau ; tous ces fluides renferment une parcelle d'amour que nous traduisons en orgueil par l'esprit qui nous inocule. (sic).
    – Binamé bon Dju ! Quel pathos !
    – Heureux les simples d'esprit ! Nos adeptes se chiffrent par milliers.
    – (ironiquement) Vous êtes bien malade, mon pauvre ami !
    – (se tâtant) Malade ?... de quoi ? (Il pâlit d'effroi).
    – (Se payant sa tête) Hé oui, vous avez la maladie à la mode. Les poires ont la tavelle, et vous la pérantoinite, parbleu. Faut soigner ça, croyez-moi : la douche, bébé... la douche !...

Le Cri de Liége (journal satirique), 5 octobre 1912

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L'Antoiniste est en train de conquérir le monde (La Liberté, 17 déc 1913)

Publié le par antoiniste

L'Antoiniste est en train de conquérir le monde (La Liberté, 17 déc 1913)

    L'antoinisme est en train de conquérir le monde.
    Récemment, la mère Antoine, venue de Belgique, inaugura un temple à Paris... Elle vient d'en inaugurer un autre à Monaco.
    La « mère » était accompagnée de messieurs barbus, coiffés d'un haut de forme à bord plat et vêtus de la solennelle lévite.
    Et sous le ciel joyeux de Monaco, la cérémonie de la consécration se déroula…
    Venez encore dire que nous vivons à une époque de scepticisme !

La Liberté, 17 décembre 1913

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Les époux Giusepe / Welson

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L'antoiniste Marie (L'Univers, 8 avril 1914)

                        LES TRIBUNAUX

                    L'ANTOINISTE MARIE

    La 4e section de la quatrième chambre civile, présidée par M. Molinié, a statué, hier, sur un procès en divorce intenté par Mme Welson, dessinatrice dans un journal américain, contre son mari, professant le culte antoiniste.
    Le tribunal a rendu le jugement suivant :
    Attendu que les époux Welson, sujets américains, se sont mariés, le 24 octobre 1906, à Rome (Italie) ; qu'ils habitent aujourd'hui Paul risque la dame Welson a formé contre son mari une demande en divorce ;
    Attendu que les documents et faits de la cause établissent que Welson à depuis longtemps déjà adopté, vis-à-vis de sa femme, une attitude incompatible avec les obligations que le mariage lui impose ; qu'il se refuse à subvenir aux besoins du ménage, en fondant son inertie sur la secte religieuse à laquelle il déclare appartenir et qui lui fait un devoir de négliger les détails matériels ; que cette manière de comprendre l'existence a eu malheureusement pour conséquence de rendre la vie très pénible pour la dame Welson ; que le travail personnel auquel elle est obligée de se livrer, au lieu d'être un réconfort, a aggravé la mésintelligence dont souffrait son ménage, car son mari y a trouvé un nouveau prétexte à la blesser et à s'éloigner d'elle.
    Que, lors d’une maladie qu’elle a faite, elle n’a trouvé chez sui que des reproches pour s’être fait soigner et de pas s’en être remis purement et simplement à la Providence ; que ce fait éclaire bien l'état d'esprit de Welson ; que celui-ci, d’ailleurs, a signifié formellement à sa lemme qu'il entendait ne reprendre la vie commune que la condition de la voir se conformer aux préceptes auxquels il obéit lui-même ; qu’on ne saurait faire grief à une femme de vouloir mener l'existence naturelle et normale pour laquelle elle est faite et que, si son mari la lui refuse, elle est fondée à se soustraire à des règles de vie qui ne dérivent ni de la loi ni même de son consentement, qu’en persistant dans son attitude, Welson marque, pour sa femme, un éloignement ou le tribunal est fondé à voir une injure grave.
    Le tribunal a prononcé le divorce aux torts et griefs du mari de secte antoiniste.

L'Univers, 8 avril 1914

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Les époux Giusepe / Welson

Chronique des Tribunaux

              De l'antoinisme au divorce
    « L’antoinisme », cette secte religieuse qui a même à Paris des églises, fait des victimes en faisant des adeptes.
    Pour donner libre cours à ses nouvelles croyances, car il les préférait de beaucoup à la vie conjugale, M. Eva Giusepe, entendant désormais vivre en toute liberté, a, par son attitude, obligé sa femme à demander le divorce.
    La quatrième chambre du tribunal sous la présidence de M. Molinié, vient de dissoudre l'union des deux époux en rendant le jugement que voici :
    Attendu que les époux Giusepe, sujets américains, se sont mariés le 24 octobre 1906 à Rome (Italie) ;
    Qu'ils habitent aujourd'hui Paris et que, suivant exploit de Chainant, en date du 26 janvier 1914, la dame Giusepe a formé contre son mari une demande en divorce ;
    Attendu que les documents et faits de la cause établissent que Giusepe a depuis déjà longtemps adopté vis-à-vis de sa femme une attitude incompatible avec les obligations du mariage.
    Qu'il se refuse à subvenir aux besoins du ménage en fondant son inertie sur les principes de la secte religieuse à laquelle il déclare appartenir et qui lui font un devoir de négliger les détails matériels ;
    Que cette manière de comprendre l'existence a eu malheureusement pour conséquence de rendre la vie très pénible pour la dame Giusepe, que le travail personnel auquel elle est obligée de se livrer (elle est dessinatrice), au lieu d'être un réconfort, a aggravé la mésintelligence dont souffrait son ménage, car son mari y puisait un nouveau prétexte à la blâmer et à s'éloigner d'elle ;
    Que lors d'une maladie qu'elle a faite, elle n’a trouvé chez lui que des reproches pour s’être fait soigner et ne pas s’en être remise purement et simplement à la providence ;
    Que ce fait éclaire bien l’état d’esprit de Giusepe, que celui-ci, d’ailleurs, a signifié formellement à sa femme qu’il entendait ne reprendre la vie commune qu’à la condition de la voir se conformer aux préceptes auxquels il obéit lui-même ;
    Qu’on ne saurait faire grief à une femme de vouloir mener l’existence naturelle et normale pour laquelle elle est faite et que si son mari la lui refuse, elle est fondée à se soustraire à des règles de vie qui ne dérivent ni de la loi ni même de son consentement ;
    Qu’en persistant dans cette attitude Giusepe marque pour sa femme un éloignement où le tribunal est fondé à voir une injure grave. Cette victime de l'antoinisme obtient donc à son profit le divorce de plano.

Le Journal, 7 avril 1914

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L'Antoinisme n'est pas mort - Le Temple (Le Journal, 30 sept 1912)

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L'Antoinisme n'est pas mort - Le Temple (Le Journal, 30 sept 1912)

    L'article évoque l'inauguration du temple de Bierset.

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L'Antoinisme n'est pas mort (Le Journal, 30 septembre 1912)

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L'Antoinisme n'est pas mort (Le Journal, 30 sept 1912)

L'Antoinisme n'est pas mort

Une curieuse Cérémonie a eu lieu hier dans un nouveau Temple
aux environs de Liége.

    BIERSET, 29 septembre. (Par dépêche de notre envoyé spécial.) - Bierset est, certes, un charmant village tout composé de villas abritées sous de hautes futaies, sur la ligne de Bruxelles à Liége. Ce doit être en été un charmant séjour, mais, par la pluie, que souffle en tempête un vent automnal et glacé, il perd, je vous l'assure, tous ses avantages.
    Ce matin, on inaugurait un nouveau temple antoiniste.
    Vous savez qu'Antoine le Généreux rendit le 25 juin dernier sa belle âme à Dieu. Cent vingt mille personnes défilèrent devant son corps exposé au temple de Jemeppe-sur-Meuse, ce village étant depuis longtemps la Rome de la nouvelle religion. Mme Antoine, sous le nom plus simple de « mère », prit la succession des affaires et présida dès lors aux destinées de la nouvelle religion. Elles furent brillantes et, pour témoigner de la puissance de l'antoinisme encore à son aurore, pour s'acquitter de ses devoirs envers celui qui a révélé au monde le fluide éthéré de l'amour divin et dont la foi protège ses adhérents aussi efficacement que par le passé, on décida de créer un nouveau centre à Bierset et une grande fête fut décidée à cette occasion.
    Malheureusement, la simplicité est d'absolue rigueur dans l'antoinisme et ne comporte nulle mise en scène, les pompes catholiques n'existant point pour les disciples du Père, et tout ce qui peut fixer la vue troublant le recueillement. Le temple est donc modeste.
    Elevé au centre du pays, il a neuf mètres, de longueur, six mètres de large, à peine les dimensions d'un garage pour une modeste auto. A l'intérieur, à part quelques bancs de bois, nul mobilier.
    Les murs sont nus, sans un tableau, sans une image. J'en arrive à penser que l'antoinisme est tout simplement une armée du salut sans étiquette, sans images, sans chants et surtout sans trombones ni grosses caisses.
    La cérémonie était fixée à dix heures. Un millier d'antoinistes étaient arrivés là en voitures, en autos, en chemin de fer.
    Tous ou presque tous portent l'uniforme prescrit. Les hommes ont la redingote haut boutonnée comme la soutane des prêtres catholiques, des pantalons noirs. Presque tous ont une barbe de Christ blond et de longs cheveux tombant sur les épaules au-dessous d'un chapeau Cronstadt très élevé, aux bords plats.
    Femmes et jeunes filles sont également en noir. Elles portent une sorte de bonnet de veuve d'où pend un long voile de crêpe et qui laisse échapper la chevelure dans un désordre charmant et très flatteur.
    Quand nous arrivons au temple, il pleut à flots, mais il est difficile de pénétrer. Enfin, nous entrons.
    M. Noël, chef du groupe antoiniste parisien, veut bien me renseigner sur les rites.
    – « Mère » est là, très imposante dans ses voiles. C'est une femme d'environ 65 ans. Elle procède à la consécration du temple. Pas de discours, pas de chants, pas de prières.
    « Mère », me dit mon interlocuteur en me montrant la femme d'Antoine le Généreux, élève sa pensée dans le recueillement pour atteindre au fluide éthéré de l'amour divin, qui lui permet de nous réunir dans le même amour.
    Elle se recueille maintenant à nouveau et étend la main vers les assistants. Elle opère sur tous les malades présents ou absents, sur tous les assistants, sur tous leurs proches et leurs amis. C'est fini. Nous sortons pour laisser la place à d'autres fidèles désireux d'être bénis à leur tour et d'échapper à la pluie qui continue à tomber à flots au dehors.
    – Nous avons de nombreux adhérents à Paris, me dit M. Noël en me raccompagnant vers l'auto. Déjà, nous avons cinq réunions hebdomadaires dans divers quartiers de la capitale. Nous ne demandons pas de réclame. Nous recevons tous ceux qui viennent à nous. Nous n'appelons personne. Ce que je peux vous dire, c'est que nous sommes propriétaires maintenant, nous venons d'acheter un vaste terrain avec le produit de dons anonymes, car, chez nous, la confiance et le désintéressement règnent en maîtres.
    Et c'est sur ces mots que je quitte mon aimable guide. – ROBERT GAILLARD.

Le Journal, 30 septembre 1912

   L'article est très proche de celui de la Gazette de Charleroi.

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L'Antoinisme n'est pas mort - Mère Antoine (Le Journal, 30 sept 1912)

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L'Antoinisme n'est pas mort - Mère Antoine (Le Journal, 30 sept 1912)

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La Mère fait l'opération devant le temple, à Jemeppe - bonnet blanc (A-Z Hebdomadaire illustré n°11-3 Juin 1934)

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La Mère fait l'opération devant le temple, à Jemeppe - bonnet blanc (A-Z Hebdomadaire illustré n°11-3 Juin 1934)

La Mère fait l'opération devant le temple, à Jemeppe.
Le 25 juin 1933 et à la Noël de la même année, elle a paru en public avec le bonnet  b l a n c et  non noir. Cette coiffure indique que son esprit a déjà en partie quitter la terre.

A-Z Hebdomadaire illustré n°11
3 Juin 1934
article signé Charles Pétrasch

illustration reprise pour l'article d'Oscar Grojean
Noël antoiniste (dans la revue Cassandre du 5 janvier 1935)
Une photo des Archives du Temple de Retinne est très proche.

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