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Anniversaire du Père (Le Petit Parisien, 26 juin 1925)

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Anniversaire du Père (Le Petit Parisien, 26 juin 1925)

L'ANNIVERSAIRE DU PÈRE ANTOINE
« GRAND GUÉRISSEUR DE L'HUMANITE »
A ÉTÉ CÉLÉBRÉ HIER RUE VERGNIAUD

    Cérémonie annuelle, l'anniversaire du père Antoine, cet ouvrier mineur qui fut, au dire de ses disciples, le « grand guérisseur de l'humanité », était célébré hier matin au petit temple de la rue Vergniaud.
    Un millier d'adeptes, sobrement vêtus de noir, aux visages extatiques, se retrouvèrent avec la formule rituelle : Bonjour, Frère ; bonjour, sœur », puis firent, parapluies ouverts, une procession silencieuse autour du temple, cependant que, porté par un frère, l'arbre de la science, de la vue, du mal bravait les intempéries barométriques...
    Et, la cérémonie terminée, les assistants se séparèrent, en se souhaitant, selon la tradition, de « bonnes pensées ». Après quoi, ils s'égaillèrent aux quatre coins d'un Paris pluvieux et triste, guidés par l'enseignement antoiniste « de l'amour, de la foi et du désintéressement ».

Le Petit Parisien, 26 juin 1925

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Anniversaire de la désincarnation du Père, 25 juin 1929 - Journal La Meuse (photo par le Temple de Rétinne)

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Anniversaire de la désincarnation du Père, 25 juin 1929 - Journal La Meuse (photo par le Temple de Rétinne)

source : page FaceBook du Temple de Rétinne

Ici, source Belgicapress

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Ecaussinnes - Chée de Braine

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    Au 16ème siècle, l'usage de la chaussée était payant. Une barrière coupait la chaussée à l'entrée de Braine-le-Comte où habitait le receveur. Cette appellation de barrière d'Ecaussinnes est restée et est devenue le nom d'un lieu-dit.
    Cette chaussée qui relie Ecaussinnes à Braine-le-Comte existait donc bien avant 1756. Mais c'est à cette date que l'impératrice Marie-Thérèse octroya ce tronçon à un négociant de Mons, lui-même coassocié aux maîtres carriers d'Ecaussinnes. Ces derniers eurent pour mission de recouvrir la chaussée de pavés.
    La dite chaussée fut donc appelée " Pavé de Braine " en raison de son revêtement. Il s'agissait d'un apport extrêmement moderne pour l'époque.
    Le produit des carrières pouvait ainsi être acheminé vers Braine-le-Comte où il rejoignait la chaussée qui reliait Mons à Bruxelles.

source : http://www.ecaussinnes.be/culture-et-loisirs/un-peu-dhistoire/histoire/1756-la-chaussee-de-braine

 

    Le propriétaire du temple d'Ecaussinnes, Emile DURET, était tailleur de pierre de métier.

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Emile DURET & Julie CASTERMANT

Publié le par antoiniste

Emile DURET & Julie CASTERMANT

Emile DURET
Né le 23 février 1873 - Silly, 7830, Hainaut, Wallonie, BELGIQUE
Décédé
Tailleur de pierre
Marié le 9 mars 1901, Ecaussinnes-d'Enghien, 7190, Hainaut, Wallonie, BELGIQUE, avec Julie Emilie CASTERMANT 1878-?, couturière
source : https://gw.geneanet.org/ecaussinnes?n=duret&oc=&p=emile

 

dans les Satuts du culte de 1922 :

M. Emile Duret, ouvrier carrier, né à Silly le vingt-trois février mil huit cent septante-trois, et son épouse qu'il assiste et autorise : dame Julie-Emilie Castermant, ménagère, née à Ecaussinnes-d'Enghien le treize janvier mil huit cent septante-huit, demeurant ensemble à Ecaussinnes-d'Enghien.

Propriétés :
M. Emile Duret et son épouse dame Julie-Emile Castermant :
Commune d'Ecaussinnes-d'Enghien.
Une maison-temple, sise lieu dit Pavé de Braine, reprise au cadastre section A, n° 562f, pour une contenance de septante mètres carrés, joignant la rue Pavé d'Ecaussinnes, le chemin de fer de l'Etat, Dumonceau-Pourtois.
Et la nue propriété d'une maison et une terre, sise même lieu, reprise au cadastre section A, nos 562g et 562e, pour une contenance de neuf ares trente centiares, joignant le Pavé d'Ecaussinnes, le temple ci-dessus, le chemin de fer de l'Etat et Dumonceau-Pourtois.
Les époux Duret se réservant l'usufruit de cet immeuble jusqu'au dernier vivant d'eux.

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Armand GOHY & Ida HALLEUX de Stembert

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Armand GOHY & Ida HALLEUX de Stembert

Armand GOHY & Ida HALLEUX de Stembert

Armand Joseph Dieudonné Gohy
Né le 12 novembre 1880 - Stembert
Décédé le 30 mars 1957 - Verviers, à l'âge de 76 ans

Marié avec

Armand GOHY & Ida HALLEUX de Stembert

Ida Marie Louise Halleux
Née le 30 décembre 1880 - Chaîneux
Décédée le 9 mai 1955 - Stembert, à l'âge de 74 ans

enfant(s)
Alice Marie Catherine Gohy 1911-1988
Née le 15 février 1911 - Campagne de Bronde (Stembert)
Décédée le 25 novembre 1988 - Stembert, à l'âge de 77 ans
Inhumée - Stembert

Mariée le 2 septembre 1936, Stembert, avec Georges Henri Marie Joseph Nizet 1911-1988 dont
Mariette Joséphine Josette Alice Nizet
Georgette Victorine Armandine Guislaine Nizet
Alice Marie Joseph Guislaine Nizet
Marie-Paule Josette Renée Guislaine Nizet

https://gw.geneanet.org/pierrepallage1?lang=fr&pz=loic&nz=pallage&p=alice+marie+catherine&n=gohy

 

Statut du culte (1922) :
Un temple, sis en lieu dit Campagne de Bronde, repris au cadastre section B, n° 164k, pour une contenance de nonante mètres carrés, joignant Gohy-Halleux, le chemin du Cerisier.

M. Gohy :

Ce dernier déclare renoncer à tous les droits de propriété quant à la citerne qui est construite sous le temple ci-dessus affecté par M. Bragard, droits qu'il s'était réservé dans l'acte de vente avenu devant Me Jaminet, ci-dessus rappelé.

Tant que cette citerne existera, M. Gohy aura le droit de puiser l'eau par la pompe existant actuellement pour ses besoins.

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La procession (Le Grand écho du Nord de la France, 26 juin 1933)

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La procession (Le Grand écho du Nord de la France 26 juin 1933)

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Procession à Hellemmes (Le Grand écho du Nord de la France, 26 juin 1933)

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Procession à Hellemmes (Le Grand écho du Nord de la France 26 juin 1933)

Une procession antoiniste à Hellemmes

    Le 25 juin est, pour les Antoinistes, la fête du Père. Le Père, Antoine-le-Guérisseur de Jemmeppe-sur-Meuse, fondateur du nouveau culte qui porte son nom, est « désincarné » depuis 1912 et ses fervents adeptes célèbrent chaque été sa mémoire dans le recueillement et la prière.
    C'est ainsi qu'hier matin, le petit Temple de la rue Jean-Bart, à Hellemmes-Lille ne pouvait contenir la foule de tous ceux qui, à cette occasion, étaient venus assister à la rituelle « opération ».
    Car la nouvelle religion gagne chaque année des nouveaux adeptes. En Belgique, où elle est née, elle a été reconnue d'utilité publique par décret royal. Elle y compte une trentaine de temples. Il y a huit ans qu'elle a franchi la frontière pour s'établir dans la banlieue lilloise. Valenciennes et Caudry ont également leur temple.

             L'opération
    Parmi cette foule amassée devant la sobre façade de l'édifice antoiniste se distinguaient ses costumes que certains adeptes portent pour marquer leur adhésion totale au culte nouveau : la longue redingote noire, fermée comme une vareuse, et le gibus plat des hommes, les bonnets noirs à tuyautés de tuile et les amples robes de serge noire des femmes.
    Il y avait là des adeptes arrivés de divers points de la région de Belgique et même d'assez loin.
    La Mère, celle qui a été la fidèle compagne de l'ancien ouvrier métallurgiste et qui, depuis qu'Antoine n'est plus, a répandu la surprenante philosophie contenue dans la Révélation du guérisseur, vint à Lille l'an dernier pour la fête. Elle est très âgée et ne se déplace plus guère.
    Cette fois-ci, l'Opération a été faite, au nom du Père, par un frère, en l'espèce le desservant du Temple d'Hellemmes.
    Les malades, qui affluent chaque dimanche, étaient plus nombreux encore. Il y avait des estropiés, des eczémateux, une femme âgée atteinte de jaunisse, une petite paralytique et d'autres qui avaient confiance dans une amélioration de leur état.
    Sur le seuil du temple apparut alors le petit groupe des officiants, silencieux et simples. Deux femmes aux coiffes noires tenaient une pancarte : « Fête du Père, 25 juin ». Derrière elles, un adepte portait une figurine en bois découpé représente un arbre : l'arbre de la Science de la vue du mal. Et deux autres « frères » présentaient à l'assistance le portrait du Père Antoine sur lequel s'étale l'inscription : « Le grand guérisseur de l'humanité pour celui qui a la foi ».
    Après quelques minutes de recueillement, une adepte annonça l'Opération.
    Alors un homme âgé dont les mains, pieusement, s'étreignaient, fit monter vers le ciel une muette prière. Puis il tendit les bras. C'était tout.
    Un autre adepte se mit aussitôt à lire, d'une voix monotone, et en détachant chaque mot, les dix principes du Père. Principes de morale chrétienne qui font la plus large part à la conscience individuelle.

             Recueillement
    Les visages des officiants restaient figés dans une expression mystique et la foule écoutait, absorbée.
    Y avait-il dix curieux sur ce millier de personnes ? Tous ceux qui étaient là avaient un air de famille. La conviction se lisait sur leurs figures aux yeux clos ou aux regards ardents.
    – Vous guérirez si vous avez la Foi. Le Père vous l'a dit...
    Il n'est pas sûr qu'ils ne viennent pas dans un but égoïste. Mais, au fond, là comme ailleurs, chacun pense surtout à soi et à son propre salut...
    L'officiant a fini sa lecture.
    – Au nom du Père, je vous remercie...
    Un cortège va maintenant se former. Dans le même silence, à la suite des officiants, la foule, docile, avance lentement en longue colonne dans la rue Jean-Bart.
    Les gens du quartier, sur le pas de leur porte, regardent passer ce défilé muet. A un bout de la rue, le cortège tourne, poursuit sa marche lentement jusqu'à l'autre bout, puis revient se disloquer devant le Temple.
    L'officiant remercie à nouveau, d'un mot, les adeptes. La cérémonie cette fois est terminée. On n'y ajoute aucune parole. On ne sollicite aucune offrande.
    Les malades tiennent toutefois à pénétrer encore dans le temple aux murs nus.
    Le desservant essaie de les convaincre doucement :
    – Vous n'en aurez rien de plus. L'opération a été faite. Si vous avez la foi vous guérirez. Allez ! nous penserons à vous. Nous ne sommes pas des guérisseurs, nous. C'est le Père qui fait tout...

                                                         Jean-Serge DEBUS.

Le Grand écho du Nord de la France, 26 juin 1933

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Biollay (La Gazette, 31 août 1912)

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Aix-les-Bains (La Gazette 31 août 1912)    Excelsior vient de découvrir à Biollay, entre Aix-les-Bains et Chambéry, un nid d'« antoinistes ». Autour d'une grange, qui leur sert de temple, les fidèles de la religion belge viennent écouter la parole de leur prêtre improvisé :
    Par qui Ernest Blanc-Talon fut-il investi de ses fonctions spirituelles ? Personne ne le sait, pas même lui ! Ce brave homme, originaire des Bauges, s'est un jour senti illuminé par la foi : il a cru, il croit et il s'efforce de faire croire.
    Ce n'est pas que sa position sociale le poussait à de hautes destinées, car Ernest Blanc-Talon profite des loisirs que lui laisse la culture de son lopin de terre pour frotter et cirer les parquets.
    – Comment je suis devenu un adepte du Père ? me confia le grand prêtre. Mais c'est parce qu'il a guéri ma vieille mère, que tous les médecins avaient abandonnée, déclarant que le cancer qui lui rongeait la face était incurable.
    » Désespéré, j'avais employé vainement toutes les drogues et tous les dépuratifs, lorsque, il y a deux ans, sur les conseils d'une voisine qui était en relation avec une adepte antoiniste, j'écrivis au Père, à Jemeppes, pour implorer sa protection. Et miracle, lorsque je revins chez moi, après avoir été mettre ma lettre à la poste, l'intervention du Père s'était déjà manifestée, car ma mère ne souffrait plus de ses démangeaisons intolérables. Depuis, nous sommes allés à Jemeppes, où nous avons été reçus par la Mère : la guérison n'est pas complète, mais le mal ne ronge plus le visage de ma mère, qui, dès lors qu'elle souffre un peu, n'a qu'à penser au Père pour être soulagée ! Moi-même, je souffrais de maux d'oreilles provoqués par une grande peur que m'avait fait un gros rat : je n'avais pas franchi le seuil du temple de Jemeppes que je me sentais guéri !
    » De retour à Biollay, j'étais tout transformé. J'avais la foi, je ne songeai qu'à la faire partager à tous ceux qui m'étaient chers et même à tous ceux qu'il me serait possible de convertir.
    » Seulement, comme la grange de Marlioz était trop peu pratique, je fis parqueter un local qui était libre chez moi, j'y fis disposer des bans et des chaises. C'est là que tous les dimanches, à 3 heures, une trentaine de prosélytes ayant sous les yeux l'arbre de la Science de la Vue du Mal viennent écouter la lecture u que je leur fais. »

    Et le grand-prêtre lève ses yeux inspirés vers un tableau noir où se lisent ces mots : « l'auréole de la conscience ». Tandis que deux enfants s'accrochent en criant aux plis de sa longue lévite noire.
    Pour avoir été longtemps réfractaire à la foi, la femme du grand-prêtre n'en est que plus croyante. Et à peine eut-elle été soulagée « d'un mal de gosier » que, usant de la transmission s de la pensée, Mme Marie Blanc-Talon se mit à opérer des guérisons miraculeuses. Rien qu'en imposant ses mains et en invoquant le Père Antoine, elle arrache à la mort, le prétend-elle, la fillette d'un fermier de Marlioz qu'une méningite allait emporter. N'est-ce pas ainsi que procédèrent, à Paris, les époux Leclercq, qui laissèrent mourir leur enfant faute de soins !

    Notre confrère fait l'exposé de la propagande acharnée qui donne à ce culte nouveau des adeptes dans toutes les parties du monde.

    « La Savoie et l'Isère seules comptent trois groupes d'adeptes : l'un à Grenoble, le second au Touvet (Isère) et le troisième, – celui que j'ai visité, – à Biollay ».

    Il conclut :

    Et dire que ces mêmes paysans qui écoutent bénévolement la lecture de « principes en prose » auxquels ils ne comprennent rien, regimbent dès qu'on leur parle d'hygiène.

    Voilà un cas psychologique qu'il conviendrait de signaler aux deux « Congrès » dont nous parlons d'autre part : « Instruction morale » et « Propreté ».
    Gageons que les pires ennemis des miracles de Lourdes ne trouveront pas un mot désobligeant à l'adresse de cette croyance nouvelle.

La Gazette, 31 août 1912

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Costumés - Les fervents adeptes (Le Grand écho du Nord de la France 10 déc 1931)

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Costumés - Les fervents adeptes (Le Grand écho du Nord de la France 10 déc 1931)

Illustration issue de l'article du journal Le Grand écho du Nord de la France (10 décembre 1931)

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Les fervents adeptes (Le Grand écho du Nord de la France, 10 décembre 1931)

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Les fervents adeptes (Le Grand écho du Nord de la France 10 déc 1931)Les fervents adeptes (Le Grand écho du Nord de la France 10 déc 1931)

              Mystiques, charlatans et malades

                    LES FERVENTS ADEPTES
                 D'ANTOINE-LE-GUÉRISSEUR

    Dans une rue calme d'un quartier populeux. En face d'un mur d'usine, la façade grise d'un édifice qui pourrait être une chapelle si le fronton s'ornait d'une croix. Sur ce fronton, deux mots gravés : Culte Antoiniste.
    J'ai poussé la porte verte sur laquelle est écrit :
    Le temple est ouvert jour et nuit aux personnes souffrantes. Tout le monde est reçu gratuitement.
    J'étais dans un vestibule aux murs couverts de pancartes. Une sonnerie discrète avait signalé ma présence.
    Une porte latérale s'ouvrit. Un homme jeune en longue redingote noire fermée jusqu'en haut par un col de vareuse s'approcha, les mains jointes, me salua de la tête avec beaucoup d'aménité et me demanda si j'étais venu pour une consultation...
    Il y a près de six ans déjà, j'avais assisté à la consécration du Temple par Mère Antoine. J'avais vu, alors, de nombreux adeptes : les hommes semblables à des Quakers avec leurs lévites et leurs gibus plats, les femmes, même les jeunes, vêtues de pèlerines et coiffées de bonnets noirs garnis de petits tuyautés de tulle. Et l'on m'avait expliqué ce qu'était ce culte, né en Belgique où il est assez répandu et, du reste, reconnu d'utilité publique par décret royal.

                    Le Père

    Voici à peu près :
    Les Antoinistes sont des chrétiens, Moïse, disent-ils, reçut de Dieu les dix commandements. Quelque deux mille ans plus tard, Jésus-Christ incarna la divinité. Et près de vingt siècles après, le père Antoine – qu'on appelle maintenant le Père, tout court – à son tour a porté en lui la Révélation divine.
    Des centaines de milliers de malades ont afflué jusqu'en 1912 chez Antoine-le-Guérisseur, à Jemeppe, près de Liége, d'où il était originaire.
    C'était un humble ouvrier métallurgiste qui savait à peine lire et écrire. Mais on trouve une surprenante philosophie dans sa Révélation, sténographiée au jour le jour pendant trois ans.
    Cet homme simple, qui avait pratiqué la religion catholique jusqu'à 42 ans et qui rentrait d'Allemagne et de Russie où il avait travaillé, se mit à vivre dans le recueillement, absolument seul.
    Sa femme, qui est, dit-on, une âme d'élite, habitait avec deux orphelines et partageait sa mission. Depuis qu'il n'est plus, elle a développé la nouvelle religion qui compte aujourd'hui une quarantaine de temples dont deux dans le Nord de la France : à Hellemmes et à Caudry, en attendant qu'un troisième s'ouvre à Valenciennes.
    Cette religion, l'adepte qui m'accueillait, lorsqu'il sut que je ne venais pas pour une consultation, mais pour de simples renseignements, me la définit en trois mots : la Foi, l'Amour et le Désintéressement.
    Il me désigna des pancartes affirmant que le visiteur n'a rien à payer.
    – Excusez-moi, dit-il, en me montrant des doigts tachés. Nous nous livrons à des travaux domestiques.
    » Nous ne demandons rien à personne. Notre société cultuelle subvient à ses besoins par les cotisations de ses membres et les adeptes portent le costume volontairement ».
    Mon regard se posa sur le portrait du Père – grosses moustaches, longs cheveux blancs et barbe qui ne laissent voir que des yeux vifs sous un vaste front – dans un cadre portant en exergue : « Le grand guérisseur de l'Humanité pour celui qui a la Foi. »

                    Le fluide

    Je savais déjà qu'Antoine avait 66 ans quand il s'était « désincarné ». Car les Antoinistes ne parlent pas de la Mort. Selon eux notre esprit a eu des milliers d'existences et il en aura encore d'innombrables, dans d'autres corps, jusqu'à ce qu'il soit devenu meilleur, parfait : C'est pourquoi ils placent un drap vert, couleur d'espérance, sur les cercueils...

                                                      Jean-Serge DEBUS.

(La suite en quatrième page)

 

 

(Suite de la première page)

    La théorie de la réincarnation est une explication troublante qui peut en valoir une autre !
    J'avais aussi souvenance de la foule recueillie lorsque j'avais vu, le jour de la consécration, porter derrière la Mère l'emblème du culte : « L'arbre de la science de la vue du mal » et j'entendais encore un adepte me parler avec conviction des guérisons que l'on constatait très fréquemment dans les temples antoinistes.
    Aussi me bornai-je à demander si les guérisons avaient été nombreuses depuis ces six dernières années et s'il s'en produisait encore présentement.
    – Mais oui ! me répondit le desservant qui gardait toujours ses mains croisées dans une attitude de pieuse réserve. Des quantités de personnes souffrantes ont été soulagées et nous apprenons très souvent de nouvelles guérisons.
    Il me tendit un imprimé : « l'Unitif », puis une brochure.
    – Avez-vous lu ceci : l'auréole de la conscience ? »
    Je jetai un coup d'œil et je lus :
    L'amour que nous avons pour nos ennemis est le seul qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité.
    – Aimer nos ennemis ? Le Christ, dis-je, avait enseigné le pardon...
   – Oui, mais l'enseignement du Père va plus loin. »
    La porte étant ouverte, je voulais pénétrer dans le Temple. J'en fus doucement empêché.
    – Il n'y a aucun ornement, vous le voyez. On n'y entre pas en dehors de l'Opération pour ne pas couper le bon fluide... »
    Je n'ai nulle envie de couper le fluide.
    – Je reviendrai pour l'Opération.
    Dans les dix principes et la Révélation, j'ai lu que nous souffrons par notre imagination de la souffrance.
    La méthode Coué ne s'inspire-t-elle pas d'une idée semblable pour agir sur notre subconscient ?...

                    L'opération

    Dimanche, à 10 heures moins cinq, on m'a remis un jeton numéroté, bien que je n'eusse nulle canne à mettre au vestiaire et un adepte, à travers le Temple aux murs nus, peints en vert, m'a conduit à une chaise, près de la chaire sur laquelle est pendu un portrait du Père.
    Il y avait une centaine de personnes assises. Quelques bonnets noirs, quelques lévites et des gens modestes. Pas un chuchotement. Un grincement de chaise ou une toux rompait seul le recueillement.
    Au premier rang, des visages clos qui paraissaient en proie à une résorption. Ou des expressions de piété extatique comme je ne me souvenais en avoir vues qu'en Pologne sur les visages des paysans prosternés sur les dalles dans le clair-obscur des églises...
    Sur le mur du fond, en grandes lettres : « Ne pas aimer ses ennemis c'est ne pas aimer Dieu... »
    Pas loin de moi, une fillette de douze ans à peine portait la robe et le bonnet antoinistes qui lui donnaient déjà un air de vieille demoiselle.
    10 heures. Un adepte annonce qu'un frère, au nom du Père, va faire l'Opération.
    On se lève.
    Alors un homme âgé à barbiche blanche, arrive silencieux, les mains jointes sur sa redingote, et monte en chaire.
    Le regard au plafond, les mains s'étreignant toujours, il adresse une muette prière, qui s'accompagne de mouvement des lèvres et d'une discrète mimique. Puis il étend les bras comme s'il cherchait à manier des fluides.
    Aucune parole. Un coup de sonnette, C'est tout.
    Il s'en va.
    Et l'autre frère lit d'une voix décolorée, en détachant chaque syllabe, un passage de l'enseignement du Père dont la forme est quelque peu hermétique.
    Il dit notamment que les plaies du corps ne sont toujours que la conséquence des plaies de l'âme...
    Il dit aussi, que la prière est dans l'acte dicté par la conscience, qu'elle est dans le fond et non dans la forme.
    Il dit encore que nous baignons dans la vie et les fluides comme le poisson dans l'eau et que nous souffrons par l'esprit et non par le corps. La preuve : quand l'esprit a quitté le corps on peut briser les membres sans faire souffrir...
    – Mes frères, je vous remercie !
    La lecture, sans aucun commentaire, n'a duré que dix minutes. On n'a pas fait la quête. Les adeptes sortent. J'ai cherché des yeux les malades.
    Où sont-ils ?
    De nombreuses personnes restent. Je reste. On appelle alors un numéro, toutes les deux minutes, et quelqu'un part. Je retrouve mon jeton : 46.
    C'est sans doute pour la consultation : J'attendrai.

                    Des guérisons miraculeuses

    Mon tour venu, on m'introduit dans une petite pièce. Je reconnais un des adeptes si recueillis du premier rang.
    – Avez-vous entendu l'Enseignement? commence-t-il par me demander.
    » Ce que le Christ a dit ne compte plus. Le Père a révélé qu'il ne faut pas confondre la foi avec la croyance, que l'intelligence est opposée à la conscience et qu'il faut s'en défier.
    Je précise que je ne sollicite pas une consultation. Mais que j'ai cherché les malades.
    Il me parle donc des guérisons à commencer par la sienne (une maladie d'estomac qui l'avait considérablement vieilli à 25 ans et qui s'est évanouie comme un cauchemar).
    Deux nouvelles cures viennent d'être connues, un rhumatisme et une paralysie.
    – Tenez ! Il y a cinq semaines, dit-il, à la consécration du Temple de Nice par Mère – qui, à 83 ans, a fait ce long voyage sur une banquette de troisième – un aveugle de Lyon, privé de la vue depuis 17 ans a vu l'heure en retournant à la gare et un muet a été guéri.
    ». Et c'est toujours, toujours des cas nouveaux ! »
    Je n'ai pas vu d'« ex-voto », comme dans certaines chapelles. Les malades n'ont-ils pas de reconnaissance ?
     Bien souvent, paraît-il, on ne le revoit plus, Comment être sûr qu'ils sont bien guéris ?
    Mais certains reviennent.
    – Vous avez remarqué, me dit mon interlocuteur, cette petite fille qui porte le costume antoiniste ? Il y a quelques années, elle venait prier seul pour sa maman tuberculeuse qui habite le quartier. Elle avait promis de porter le costume en cas de guérison. Maintenant, la maman fait sa lessive.
    » On peut être guéri quand on a foi.
    – Et sans être antoiniste ?
    – Absolument ! N'importe qui peut venir ici...
    » Retenez bien ceci : Nous sommes les seuls auteurs de nos souffrances...
    Le disciple d'Antoine m'a présenté sa femme. Ce visage empreint d'enthousiaste bonté, je le verrais aussi bien sous le chapeau enrubanne l'Armée du Salut que sous le bonichon noir.
    Puis il m'a prié d'inscrire sur liste des visiteurs, mon prénom sel à la suite de Tobie, Jeanne, Alphonse…
    En m'en allant je songeais, ma foi, que s'ils se préoccupaient, même avec le plus pur prosaïsme, des souffrances qui peuvent naître de leurs actions les hommes seraient peut-être meilleurs...

                                                      J.-S. D

 

Le Grand écho du Nord de la France, 10 décembre 1931

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