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La personne dans la langue - ''Je'' c'est ''il''

Publié le par antoiniste

Illustration sonore : Nina Simone - I Loves You Porgy (Rare Live Footage) 1960


    La personne dans la langue
"Je" et le reste - Rapports entre les personnes/
a) Thèse de la "non-personne". - Dans les grammaires classiques, on regroupe au sein de paradigmes les unités qui, en chaque langue, signifient "je", "tu" et "il" ; "il" est même donné d'abord comme 1er personne, par les anciens grammairiens hébreux et indiens. Le Grec Denys de Thrace (IIe-Ier siècles avant J.-C.) ne fait que renverser l'ordre en parlant des "trois personnes, la 1er, dont part le discours, la 2e, à qui il s'adresse et la 3e, sur qui il est tenu" (Teknê, 13). Cette tradition a été critiquée dans divers travaux et surtout dans un article qui cite des langues où la troisième personne, l'"absent" des grammairiens arabes, est soit zéro, soit marquée par des formes hétéroclites ; il pose deux personne "il", et une subjectivité : "je" / "tu"; Divers fits confirment cette thèse :
 - relation d'inversion (sauf substitution ludique) entre "je", désignation du locuteur par lui-même, et "tu", nom qu'il donne à l'auditeur, qui à son tour se désigne par "je" et lui répond par "tu" ; mais "il" ne peut être appelé "je", sauf à citer son discours, et il peut référer à n'importe quoi (cas extrême, "ils" en sierra popoluka (Mexique) a la marque du pluriel inanimé, même pour des humains) ;
 - usage de la 3e, dans les langues à affixes personnels, quand il n'y a pas de rticipant 'structure justement dite impersonnelle).
 - la 3e n'a de forme propre que dans 24% des langues (ex. germaniques, slaves) ; dans 76% il s'agit en fait de classificateurs, d'anaphoriques (ex. latin, langues altaïques) ou d'ostenseurs (ex. stade roman des langues néo-latines, ou aléoute (I. de la mer de Béring), qui possède plus de vingt termes selon la position vis-à-vis d'ego) ;
 - fréquente divergences, dans des langues apparentes qui ont pour "je" des mots de même racine ainsi que pour "tu", entre les divers équivalents de "il" ;
 - "tu" est souvent utilisé pour un ensemble vague, c'est-à-dire au sens de l'indifini "on", lequel est attesté, à côté de "il", dans 12% des langues (ex. tuburi (Tchad), guiliak (Sibérie orient.), français, ù l'on trouve en outre un réducteur de personnalité, le 'ça' de 'ça pense trop'). Ainsi, l'emploi de "je" semblerait lié au seul locuteur, et la diversité des "il" dans nombre de langues s'expliquerait par le fait que contrairement aux participants du dialogue, dont les noms de discours sont "je" et "tu", un tiers a bien des désignations possibles.
b) "Je", "tu" et "il". - i) La notion de personne. - Il existe cependant des langues où les noms de discours ne suffisent pas : "je" et/ou "tu" distinguent formellement un masculin et un féminin en sémitique, khasi (Inde), thaï, koasati (Louisiane), biloxi (langue sioux éteinte où même l'âge était marqué aux deux premières personnes), certaines langues d'Australie. D'autre part, bien qu'il existe universellement des personnels ou expressions équivalentes, les coutumes restreignent souvent l'usage direct des 1er et 2e personnes : en Asie orientale, beaucoup de langues les ont tirées de noms supposant une hiérarchie (ex. "prince", "seigneur", "oncle" -> "tu" ; "serviteur" -> "je"), et leur préfèrent généralement, dans le dialogue, d'autres procédés, comme en japonais l'intonation, les formes verbales de politesse 'impliquant "tu") ou le choix même du verbe de modestie (impliquant "je"), tous procédés qui rendent ego omniprésent alors même qu'il n'y dit pas couramment "je". Au surplus, "je" et "tu" peuvent eux-mêmes, en français par exemple, renvoyer à des absents (ex. dialogue épistolaire), ou, à l'inverse, ne pas désigner des interlocuteurs (ex. 'je' didactique dans 'si je dis "non", 'je nie' ou 'je' littéraire, non adressé à un 'tu' précis (de là peut-être l'étrangeté du 'vous' par lequel, tout au long de son roman 'La Modification', l'écrivain Michel Butor apostrophe le lecteur comme acteur), etc.), ou être remplacés par autre chose : formules d'occultations comme 'on, l'auteur de ces lignes', etc., 'nous' de majesté ou 'exposé savant, au sens de "je", ou 'nous' familier (ex. 'comment allons-nous'), au sens de "tu". Enfin, il existe des emplois de "tu" ou "il" valant "je" (ex. russe parlé), et, dans certaines langues des "il" de politesse valant "tu". En appelant donc "non-personne", la 3e, on semble suggérer tout ensemble, à tort, que son référent est absent et qu'il 'est pas une personne. Tout cela montre, en fait, que "personne" est un terme ambigu, morphosyntaxique dans une acception, sémantico-référentiel dans l'autre. Or de ces deux points de vue, la 3e est bien intégrée : d'une part les personnels se comportent, tous trois au même titre, comme des noms pour l'accord) ; d'autre part, "personne" signifie aussi soit "individu bien attesté", soit "être humain ou non-chose", et en ce sens encore, "il", bien que seul à être, en même temps que 'pronom' ou indice, un 'substitut', car seul il peut, comme certains ostenseurs, 'tenir lieu' d'un nom, s'intègre bien, en tant que "ni je ni tu", à une structure qu'il y ait ou non une forme propre de 3e personne. Le locuteur peut même objectiver son discours : ex. anglais familier 'I says', où "je" est accordé à la 3e personne (-s) pour ponctuer une autocitation.

Claude Hagège, La Structure des langues, p.95-98
Que sais-je ? n°2006, Paris, 1995

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Le Développement de l'Œuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité (p.243)

Publié le par antoiniste

Le Développement de l'OEuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité (p.243)

    Je suppose que nous fassions une page d'écriture, une simple virgule que nous y ajoutons est un fluide, puisqu'elle nécessite une pensée, et celle-ci est une loi. Toutes les lettres ou signes que contient la page sont autant de pensées qui toutes sont des lois. Prenons le mot Père, par exemple, la lettre P, comme je viens de le dire, a son fluide et celui-ci sa pensée qui est une loi dont nous ne pourrons nous dispenser si nous voulons écrire ce mot. Il en est de même des lettre qui suivent, pour le compléter ; elles ont toutes leur pensé qui est une loi, puisqu'il nous est impossible d'écrire aucun mot sans que chacune de ses lettres ne soit indispensable pour le faire.

Le Développement de l'Œuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité, p.243

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Le Développement de l'Œuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité (p.243)

Publié le par antoiniste

Le Développement de l'OEuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité (p.243)

    Je suppose que nous fassions une page d'écriture, une simple virgule que nous y ajoutons est un fluide, puisqu'elle nécessite une pensée, et celle-ci est une loi. Toutes les lettres ou signes que contient la page sont autant de pensées qui toutes sont des lois. Prenons le mot Père, par exemple, la lettre P, comme je viens de le dire, a son fluide et celui-ci sa pensée qui est une loi dont nous ne pourrons nous dispenser si nous voulons écrire ce mot. Il en est de même des lettre qui suivent, pour le compléter ; elles ont toutes leur pensé qui est une loi, puisqu'il nous est impossible d'écrire aucun mot sans que chacune de ses lettres ne soit indispensable pour le faire.

Le Développement de l'Œuvre Révélée, Les lois se réduisent toutes à l'unité, p.243

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Handsome Lake, le prophète Sénéca (tribu iroquoise)

Publié le par antoiniste

    A l'automne 1798, cinq Quakers évangélisent les Sénécas Allegheny réfugiés à Burnt House après s'être coupés des Sénécas pro-britanniques, habitant près de Buffalo.
    C'est un interpête Quaker qui retranscrit les visions de Handsome Lake, en 1799. Se fonde alors la religion du Gai'wiio (gaïwiyou).

Le livre sacré (en anglais uniquement) est consultable ici : http://www.sacred-texts.com/
et téléchargeable en deux volumes, aditionné de photos et dessins ici : http://www.archive.org/

A lire aussi (en français) : Bernadette Rigal-Cellard, “Le millénarisme d’Handsome Lake”. (La religion des Iroquois USA-Canada inspirée du Quakerisme).” (1998)
http://classiques.uqac.ca/

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La vie à la caserne au point de vue social / par le lieutenant Guennebaud (1906)

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Remèdes diverses et maladies incurables en 1850

Publié le par antoiniste

    On peut diviser les maladies en trois grandes classes :
    1° Les maladies qui guérissent par l'usage de quelques boissons calmantes et émollientes, par le
régime et le repos.
    2° Les maladies qui guérissent a l'aide de moyens rationnellement indiqués.
    3° Les maladies réputées incurables, que l'on guérit ou par des opérations chirurgicales, ou par
l'emploi de médicaments énergiques sagement administrés.
[...]
    La science qui apprend à guérir est grande, admirable ; mais celle qui enseigne les moyens de
prévenir la maladie l'est bien plus encore !...
    Comme nous l'avons dit, à la suite de nombreuses expériences et d'observations recueillies au lit du malade, nous avons reconnu que la goutte, le rhumatisme, la sciatique, etc., tenaient à de mauvaises digestions, et surtout au séjour trop prolongé des matières alimentaires dans les intestins.

Dr Levrat aîné, Nouvelle méthode pour prévenir et guérir la goutte, le rhumatisme, la sciatique, la migraine, l'hypochondrie, le spleen, etc. (1850)
source : gallica

Nouvelle méthode pour prévenir et guérir la goutte, le rhumatisme, la sciatique, la migraine, l hypochondrie, le spleen, etc., par le Dr Levrat aîné...
Nouvelle méthode pour prévenir et guérir la goutte, le rhumatisme, la sciatique, la migraine, l'hypochondrie, le spleen, etc., par le Dr Levrat aîné...
Source: Bibliothèque nationale de France

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Lourdes / par Emile Zola (1894)

Publié le par antoiniste

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Germinal, par Émile Zola. Dessins de J. Férat, gravés par D. Dumont (1886)

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Happe-chair / Camille Lemonnier (1886)

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Auguste de Villiers de l'Isle-Adam - Vanité des vanités !

Publié le par antoiniste

    - Oui, oui, tout s'efface, en effet ! reprit-il ; - même les reflets sur le collodion, même les pointillés sur les feuilles d'étain. Vanité des vanités ! tout est, bien décidément, vanité. Ce serait à se briser l'objectif, à se faire sauter le phonographe, à se demander - les yeux aux voûtes (purement apparentes, d'ailleurs, du ciel), - si la location de ce pan de l'Univers nous est gratuite et qui en solde le luminaire ? - qui, en un mot, nous avance les frais de cette Salle si peu solide où se joue le vieux logogriphe - et, enfin, d'où l'on s'est procuré tout ces lourds décors de Temps et d'Espace, si usés, si rapiécés, auxquels personne ne croit plus.

Auguste Villiers de l'Isle-Adam, L'Eve future (1886)
Livre I, Chapitre IX
source : http://www.gutenberg.org/files/26681/26681-h/26681-h.htm

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