La croyance acquise par l'expérience est ce qu'on appelle la foi : celui qui la possède est rassuré sur l'avenir, il marche instinctivement avec les pulsations de sa conscience.
La Révélation, Le matérialiste, le fanatique & le vrai croyant, p.98
Le vrai croyant se place à un autre point de vue ; il sait qu'en s'améliorant il se prépare le bonheur et il éprouve plutôt du plaisir en luttant contre ses imperfections ; ainsi il s'acquiert les vertus, non pas qu'il soit mû par l'intérêt, il obéit à sa conscience. Mais s'abstenir d'assouvir ses imperfections dans le seul but de se montrer honnête, c'est souffrir inutilement, pour paraître ce qu'on n'est pas.
La Révélation, Le matérialiste, le fanatique & le vrai croyant, p.98
Nous savons en effet que la meilleure façon de propager une doctrine, c'est de la pratiquer ; par elle-même elle n'est rien, sa force n'est que dans l'exemple.
La Révélation, Le matérialiste, le fanatique & le vrai croyant, p.96
Si nous voulons nous pénétrer de l'enseignement, nous saurons que le bonheur auquel l'homme aspire découle de celui qu'il procure à ses frères, que son progrès a une cause solidaire.
Sans doute l'homme acharné s'égare aisément, mais nous devons nous garder de l'avertir autrement que par notre exemple et par de bons conseils. Je parle de conseils, n'oublions pas cependant que nous n'avons le droit d'en donner qu'à ceux qui nous en demandent sinon, ce serait obéir à une prétention, c'est-à-dire à une faiblesse et aller contre la loi qui nous dit : « Demandez et vous recevrez, frappez et l'on vous ouvrira. »
Vouloir instruire quelqu'un sans qu'il ait le mérite de comprendre, c'est lui rendre un mauvais service et l'embrouiller plutôt que l'éclairer. Nous pouvons toujours causer de ce qu'il peut apprécier, mais puisque la vérité n'est jamais chez celui qui prétend l'avoir, ne forçons personne à admettre notre raisonnement ; étalons seulement ce que nous avons acquis afin que chacun y puise selon sa compréhension.
S'il n'existait qu'un moyen d'atteindre au but, s'il n'y avait qu'une pensée à suivre, le progrès n'aurait pas sa raison d'être, on ne dirait pas non plus : « A chacun selon ses œuvres. »