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Emile Zola - Germinal - le havage

Publié le par antoiniste

    Les quatre haveurs venaient de s'allonger les uns au-dessus des autres, sur toute la montée du front de taille. Séparés par les planches à crochets qui retenaient le charbon abattu, ils occupaient chacun quatre mètres environ de la veine ; et celle veine était si mince, épaisse à peine en cet endroit de cinquante centimètres, qu'ils se trouvaient là comme aplatis entre le toit et le mur, se traînant des genoux et des coudes, ne pouvant se retourner sans se meurtrir les épaules. Ils devaient, pour attaquer la houille, rester couchés sur le flanc, le cou tordu, les bras levés et brandissant de biais la rivelaine, le pic à manche court.
    En bas, il y avait d'abord Zacharie ; Levaque et Chaval s'étageaient au-dessus ; et, tout en haut enfin, était Maheu. Chacun havait le lit de schiste, qu'il creusait à coups de rivelaine ; puis, il pratiquait deux, entailles verticales dans la couche, et il détachait le bloc, en enfonçant un coin de fer, à la partie supérieure.
    La houille était crasse, le bloc se brisait, roulait en morceaux le long du ventre et des cuisses. Quand ces morceaux, retenus par la planche, s'étaient amassés sous eux, les haveurs disparaissaient, murés dans l'étroite fente.
    C'était Maheu qui souffrait le plus. En haut, la température montait jusqu'à trente-cinq degrés, l'air ne circulait pas, l'étouffement à la longue devenait mortel. Il avait dû, pour voir clair, fixer sa lampe à un clou, près de sa tête ; et cette lampe, qui chauffait son crâne, achevait de lui brûler le sang. Mais son supplice s'aggravait surtout de l'humidité. La roche, au-dessus de lui, à quelques centimètres de son visage, ruisselait d'eau, de grosses gouttes continues et rapides, tombant sur une sorte de rythme entêté, toujours à la même place. Il avait beau tordre le cou, renverser la nuque : elles battaient sa face, s'écrasaient, claquaient sans relâche. Au bout d'un quart d'heure, il était trempé, couvert de sueur lui-même, fumant d'une chaude buée de lessive. Ce matin-là, une  goutte,
s'acharnant dans son oeil, le faisait jurer. Il ne voulait pas lâcher son havage, il donnait de grands coups, qui le secouaient violemment entre les deux roches, ainsi qu'un puceron pris entre deux feuillets d'un livre, sous la menace d'un aplatissement complet.
    Pas une parole n'était échangée. Ils tapaient, tous, on n'entendait que ces coups irréguliers, voilés et comme lointains. Les bruits prenaient une sonorité rauque, sans un écho dans l'air mort. Et il semblait que les ténèbres fussent d'un noir inconnu, épaissi par les poussières volantes du charbon, alourdi par des gaz qui pesaient sur les yeux. Les mèches des lampes, sous leurs chapeaux de toile métallique, n'y mettaient que des points rougeâtres. On ne distinguait  rien, la taille s'ouvrait, montait ainsi qu'une large cheminée, plate et oblique, où la suie de dix hivers aurait amassé une nuit profonde. Des formes spectrales s'y agitaient, les lueurs perdues laissaient, entrevoir une rondeur de hanche, un bras noueux, une tête violente, barbouillée comme pour un crime. Parfois, en se détachant, luisaient des blocs de houille, des pans et des arêtes, brusquement allumés d'un reflet de cristal. Puis, tout retombait au noir, les rivelaines lapaient à grands coups sourds, il n'y avait plus que le halètement des poitrines, le grognement de gène et de fatigue, sous la pesanteur de l'air et la pluie des sources.

Emile Zola, Germinal
Première partie, chapitre IV

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Comment nos sens nous trompent - les illusions de Freud

Publié le par antoiniste

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Auguste de Villiers de l'Isle-Adam - Des mirages de mondes illusoires

Publié le par antoiniste

    D'ailleurs, qu'avons-nous besoin de nous créer des mirages de mondes illusoires ? En avons-nous envie ?... Nous allons les chercher et nous les découvrons en réalité, — témoins les deux Amériques, l'Australie et les centaines de mondes de l'Océanie.

Auguste Villiers de l'Isle-Adam, Isis
Chapitre VII - La bibliothèque inconnue

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Louise Lateau: Rapport médical sur la stigmatisée de Bois-d'Haine (1875)

Publié le par antoiniste

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Carte Ferraris - Seraing - marque les houillères et carrières près de Souxhon

Publié le par antoiniste

source : mara.kbr.be

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Carte Ferraris - marque les houillères et carrières près de Souxhon

Publié le par antoiniste

source : mara.kbr.be

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Journal du Dimanche - Le Kaléidoscope photographique - 09 Novembre 1913

Publié le par antoiniste

 Le texte reprend Le Petit Parisien du 27 oct. 1913

source : gallica

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Journal du Dimanche - Le Kaléidoscope photographique - 09 Novembre 1913

Publié le par antoiniste

vue de l'intérieur du temple et du premier desservant du temple, frère Noël. Il forma le culte dans la région parisienne avec l'aide de Mlle Camus. Soeur Vittart suivra frère Noël, elle était desservante en 1924.

source : gallica

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Brother Jack Mcduff - Tobacco Road - Can't Get Satisfied

Publié le par antoiniste

    I try, and I try, but I can't get satisfied.

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La Révélation, Le matérialiste, le fanatique & le vrai croyant (p.100)

Publié le par antoiniste


 

La Révélation, Le matérialiste, le fanatique & le vrai croyant (p.100)

    Nous avons dit maintes fois que la vérité est relative, que nous construisons aujourd'hui, pour démolir demain. Chacun agit suivant son degré d'élévation, l'intention est tout.

La Révélation, Le matérialiste, le fanatique & le vrai croyant, p.100

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