La Révélation, La solidarité (p.101)
La solidarité préside à la création tout entière.
La Révélation, La solidarité, p.101
La solidarité préside à la création tout entière.
La Révélation, La solidarité, p.101
Cette lucidité tardive, comment m'est-elle venue ? Je ne sais. Comment l'ai-je méritée ? Comment en donner aux autres la formule, l'indispensable formule, inaccessible et refusée à tant d'êtres qui vivront et mourront aveugle sur eux-mêmes ? Je ne sais. Il me semble que c'est à force d'humiliation et, surtout, d'humilité. Le jour où j'ai reconnu et surtout accepté mon impuissance, peut-être ? Oui. Il me semble. Le jour où j'ai compris que je ne pouvais plus rien contre moi-même, mais que cela ne me dispensait pas de la lutte, ce jour-là j'ai senti que j'avais fait un grand pas dans la connaissance de mon propre coeur. Il a fallu abdiquer, renoncer à toute espérance et tout orgueil. Alors j'ai vu clair en moi, j'ai cessé de me mentir.
Maxence Van der Meersch, Masque de chair
Albin Michel, Paris, 1958 (p.22)
Comme ils l'enseignent à leurs enfants, les Amish savent que "la violence commence toujours avec des mots". C'est pourquoi ils privilégient le "discours non verbal et un usage multiple du silence", selon John Hostettler. On tente donc d'éviter le plus possible les sujets qui pourraient provoquer la discorde, notamment les discussions théologiques et philosophiques.
Pour le visiteur, ce silence est tangible lors des prières précédant et suivant les repas, ou le dimanche à la maison, quand les interruptions trop sonores ne sont pas tolérées. Pour les Amish, "le silence est un mode de vie, une façon de pardonner, une manière d'entourer la communauté de charité", souligne Hostettler qui poursuit : "Le membre qui confesse tout devant l'Eglise reçoit le pardon, on ne reparle plus jamais de la faute confessée."
Jacques Légeret, L'énigme amish,
Vivre au XXIe siècle comme au XVIIe, p.40-41
Labor et Fides, Genève, 2000.
Que si, contemplant l'Être infini, nous essayons de découvrir ses propriétés nécessaires, nous trouvons que l'idée de l'Être renferme premièrement celle de force ou de puissance : car, pour être, il faut pouvoir être, et l'existence implique la notion d'une énergie par laquelle elle est perpétuellement réalisée.
Lamennais, Esquisse d'une philosophie t.1. p.48
Il pensa avec une sorte d'étonnement à l'inutilité biologique de la souffrance et de la frayeur, à la perfidie du corps humain qui toujours se fige et devient inerte à l'instant précis où un effort spécial est nécessaire. Il aurait pu réduire au silence la fille aux cheveux noirs si seulement il avait agi assez vite. Mais c'était précisément l'imminence du danger qui lui avait fait perdre le pouvoir d'agir. Il pensa qu'aux moments de crise, ce n'est pas contre un ennemi extérieur qu'on lutte, mais toujours contre son propre corps.
George Orwell, 1984
Première Partie, Chapitre VIII
On dépasse d'abord Seraing, où la Meuse forme une sorte de renflement ou de vaste bassin que traverse un pont suspendu d'une enjambée audacieuse. Seraing, tout flanqué de vastes corps d'usines, et hérissé de ces vastes obélisques fumants qui, malgré le manque d'hiéroglyphes, suppléent avec avantage les fastueux, mais inutiles monolithes granitiques, Seraing, dis-je, est le village le plus industriel de la Belgique. Il est le siége des principaux établissements fondés par feu le célèbre John Cockerill, ex-marquis de Carabas de la métallurgie et de la mécanique, auquel la Belgique doit tant de créations gigantesques et d'une portée considérable pour l'avenir de ce pays. Le principal établissement de Seraing est une fabrique de locomotives à vapeur organisée dans de vastes et grandioses proportions.
Le château moderne qui se profile, peu après, sur la droite du voyageur, c'est-à-dire sur la rive gauche du fleuve, au haut d'un mamelon rocheux et escarpé, est Chokier, manoir patrimonial de l'illustre maison du même nom, dont un des derniers représentants, M. Surlet de Chokier, fut président du congrès qui fit roi Léopold, et ensuite régent de Belgique dans l'interrègne. Un peu auparavant, on a pu apercevoir dans le lointain le château d'Aigremont, résidence favorite du Sanglier des Ardennes. Aigremont est bien nommé.
Félix Mormand, La Belgique, 1853, p.210-11
source : Googles Books
Une fois, c'est un Hitler, une autre fois un Ivan le Terrible, par exemple, une fois, c'est la résignation, une autre fois, les guerres, la peste, les tremblements de terre, la famine. Les instruments de la souffrance importent peu, ce qui compte, c'est la façon de porter, de supporter, d'assumer une souffrance consubstantielle à la vie et de conserver intact à travers les épreuves un morceau de son âme.
Etty Hillesum, Une vie bouleversée,
Traduit du néérlandais par Philippe Noble,
Edition du Seuil, 1985. p. 155
source : http://users.swing.be/paul-malvaux/hillesum.html