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antoinisme

Influence de la théosophie sur l'Antoinisme

Publié le par antoiniste

    Déboires avec ses médiums, désaccord au sujet des statuts avec la nouvelle fédération spirite ne sont pas les seuls motifs de la nouvelle orientation de l'antoinisme. Antoine avait subi l'influence de la théosophie. "C'est en voilant les faits que depuis quatre ans notre frère Antoine, cédant à des scrupules mal fondés, ainsi qu'aux suggestions théosophiques de son entourage lettré, a terni sa propre lumière et glissé hors du spiritisme". L'auteur de ces lignes, le professeur J. Dumoulin, écrira encore plus tard, que l'étude d'Allan Kardec empêche "de verser dans les systèmes absurdes de demi-savants aveuglés par la matière ou les élucubrations mystiques de médiums orgueilleux et dégénérés, dévoyés dans la théosophie ou autres système parasitaires."
    Qu'il y ait dans ces lignes une allusion à Antoine, la chose ne paraît pas douteuse.
    Ce ne furent point seulement les Vignerons du Seigneur qui subirent l'influence de la théosophie ; celle-ci s'infiltra dans les groupes et menaça "le spiritisme dans son activité essentielle" en cherchant à éliminer, comme à Jemeppe, les séances d'expérimentation. Sur ce sujet, nous trouvons dans la Revue Spirite de 1911 une polémique entre le directeur de cette publication, M. J. Van Geebergen et un spirite-théosophe. Devant le péril théosophique, le Comité national de la Fédération spirite belge chargea les comités des groupements affiliés de prendre les mesures opportunes contre les personnes dont les idées étaient hostiles à la pratique de la médiumnité. La polémique avec les théosophes se continua et en 1913, au Congrès de Namur, M. Fraikin dénonça la théosophie et l'antoinisme comme causes de la désorganisation du spiritisme belge. Antoine et les théosophes avaient déjà été jugés avec une égale sévérité par le Chevalier de Saint-Marcq, alors que celui-ci était encore président de la Fédération spirite. Pour Le Clément de Saint-Marcq, "la théosophie et l'antoinisme sont deux tiges parasitaires venues sur l'arbre sain et fort du spiritisme".
    Un jour un adepte demanda au Père Antoine pourquoi il s'était séparé des spirites. Antoine répondit d'abord par un éloge du spiritisme, dont son disciple avait signalé les divisions :
    "Le spiritisme dont vous venez de constater la division, je l'ai toujours placé et le place encore au dessus des partis puisqu'il s'adresse indistinctement à toutes les consciences et qu'il intéresse le matérialiste comme le croyant. Le spiritisme constitue une trinité qui relie, par la science, le matérialisme à la philosophie et la croyance, par la philosophie à la doctrine... Vous me demandez pourquoi je me suis détaché du spiritisme. Tout d'abord, je me plais à déclarer que je lui dois beaucoup et que je joins à  la plus vive reconnaissance pour la cause les sentiments de la plus complète fraternité envers les travailleurs. Mais les adeptes qui m'entouraient ont fait preuve d'un tel dévoûment et constitué une famille si unie qu'ils m'ont permis de fonder avec eux une école d'amour pur et désintéressé, montrant par des actes aux autres hommes le secret du vrai bonheur et donnant l'exemple de la formation des caractères par le contact de la vie et l'incessante préoccupation de l'avenir moral."
    Ce témoignage de reconnaissance et de sympathie à l'égard du spiritisme figure dans l'Auréole de la Conscience (numéro de juin 1907, reproduit partiellement dans la Révélation, p.26-28) ; il n'a pas été repris avec le reste de l'article dans la Révélation.

    En résumé, abstraction faite des motifs psychologiques (vanité, ressentiments, etc.), ou surnaturels (révélation divine) que peuvent invoquer les antoinistes ou leurs adversaires, Antoine s'est séparé des spirites à cause de son aversion pour la partie expérimentale, dite scientifique, du spiritisme, aversion qui avait une double source : tout d'abord, les déboires causés à Antoine par certains médiums ; ensuite, l'influence de la théosophie. Quand au désaccord sur les statuts de la Fédération spirite, il ne semble pas qu'on puisse le considérer comme un motif de rupture, puisque le chef des Vignerons avait lui-même trouvé une solution à cette difficulté.
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p. 124-27


    La fondatrice de la théosophie, Helena Blavatsky, sait produire des phénomènes spirites ou paranormaux (poltergeist, clairvoyance) ou spirituels (visions), raconter et inventer merveilleusement, etc. En 21 ans de voyages, elle va rencontrer sorciers, rebouteux, chamans de Mongolie et d'Inde, lamas du Caucase et du Tibet, yogins d'Inde et de Ceylan, spirites russes et égyptiens, médiums, sages et autres personnes spirituellement remarquables, qui allaient profondément l'influencer.
    En Égypte, au Caire, elle fonde, avec Emma Cutting (future Emma Coulomb), une éphémère Société Spirite, selon les principes d'Allan Kardec. Ses premiers amis et adeptes furent spirites.
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Helena_Petrovna_Blavatsky

    L'influence de la théosophie, s'il y en eu une, est passé par le spiritisme même, et non directement par la théosophie. C'était en effet un mouvement dans l'air du temps. A moins que le professeur Ferdinand Delcroix, adepte proche du Père, était membre d'une organisation théosophique. Cela est possible, mais Pierre Debouxhtay rejette la possibilité d'une influence forte du professeur sur Louis Antoine. Nous l'évoquons dans un autre billet.

    Ajoutons cependant que l'étymologie du mot théosophie est encore en contradiction avec l'antoinisme : (du grec théos, Dieu, et sophia, science). Ce nom désigne la sagesse ou science qui vient de Dieu, celle qui a Dieu pour auteur, non celle qui se rapporte à Dieu et dont Dieu est l'objet (et est la théologie).

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Chapelle d'Antoine dans le jardin du temple

Publié le par antoiniste

    Au nom de Mère, deux adeptes ont eu recours à S.M. la Reine des Belges :
               Bruxelles, le 5 mars 1920.
       Madame,
    [...]
    Par respect pour le Père Antoine, Elle voudrait avoir l'autorisation de transférer sa dépouille sacrée dans le jardin du Temple de Jemeppe, jardin situé à plus de trente mètres de toute habitation.
    Elle y ferait construire une chapelle devant laquelle défilerait, le 25 juin, jour anniversaire de la fête solennelle, instituée en l'honneur du Révélateur, la foule recueillie de ses disciples, venus de toutes les parties de notre pays et du monde.
    Pleines de confiance et d'espoir dans le coeur généreux de Votre Majesté, nous La prions d'agréer l'expression de notre respect infini et de notre inaltérable dévouement.
          (s.) Mme Jacq. Uhlmann, avenue de Belle-Vue, 6, Montmorency-Paris.
          (s.) Yvonne Wachter, 10, rue des Princes, Bruxelles.
    A Sa Majesté la Reine des Belges.

    Cette nouvelle mortification fut épargnée aux intégristes. Antoine continue à reposer au cimetière de Jemeppe, près de la grille d'entrée.

Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.205-06

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Influence de Ferdinand Delcroix sur l'évolution de Louis Antoine

Publié le par antoiniste

    En 1905, Antoine fit paraître le livre Enseignement, "travail collectif des adeptes et de leur chef". C'est ainsi que présente Fernand Delcroix, dans la Revue Spirite, l'ouvrage contenant des comptes-rendus de séances spirites. Il a été rédigé par Mme Decoeur, qui déclare dans la préface : "Je crois faire œuvre de solidarité confraternelle en donnant au public, au nom de la société 'Les Vignerons du Seigneur' un aperçu du travail de haute moralité qui s'effectue au sein de ses séances."
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.118
   Il ne faut pas confondre cette Mme Decœur, avec la femme de Florian Deregnaucourt, Emma est née Crèvecœur.

Enseignement, Mme Decoeur (exemplaire de la KBR)

dernière par du livre Enseignement, Mme Decœur (exemplaire de la KBR)


    En 1906, Fernand Delcroix intervient en faveur de Louis Antoine lors de la réunion de la Fédération spirite belge. (cf. p.122)
    C'est en voilant les faits que depuis quatre ans notre frère Antoine, cédant à des scrupules mal fondés, ainsi qu'aux suggestions théosophiques de son entourage lettré a terni sa propre lumière et glissé hors du spiritisme.
    Ces paroles visent très probablement M. F.D., professeur d'Athénée, qui eut sur l'évolution intellectuelle d'Antoine une influence souvent signalée, moins grande pourtant qu'on ne le dit parfois. A entendre certains, Antoine n'aurait été qu'un instrument dans les mains de D., c'est exagérer le rôle de ce dernier. Nous en reparlerons au tome II en étudiant les sources de l'Antoinisme.
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.124

    Le tome II n'ayant jamais paru, nous ne savons pas ce que pensait profondément Debouxhtay. C'est un autre professeur spirite qui pensait l'influence de Delcroix sur Antoine très forte : le professeur Jules Dumoulin, qui avait comme pseudonyme Melchi Sédec (nom d'un prêtre-roi évoqué dans l'Ancien Testament).
    Robert Vivier écrit simplement à ce propos (p.300) : "Le frère Delcroix était dans le secret. Oui, Antoine méditait un grand changement."

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L'évolution des croyances et pratiques thérapeutiques des adeptes antoinistes

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    L'évolution des croyances et pratiques thérapeutiques des adeptes antoinistes.

    Contrairement aux propos de Louis Antoine et aux témoignages de guérison donnés à cette époque par ses adeptes, les antoinistes d'aujourd'hui recourent à la médecine allopathique, et pour certains d'entre eux, de manière régulière, notamment lorsqu'il s'agit d'une maladie chronique.
    Toutefois, il faut apporter des nuances à cette assertion :
- tout d'abord parce que les adeptes continuent à croire que les médicaments ne soignent pas la cause réelle de la maladie, à savoir l'âme, mais ses effets : le corps. Les adeptes justifient alors leur recours à la médication par leurs croyance en la réincarnation ; ils estiment qu'ils ont encore besoin d'un traitement médical parce que leur évolution spirituelle n'est pas suffisante et qu'elle ne leur permet pas de se dégager de ce qu'ils appellent la "matière" ;
- ensuite, il faut souligner que le recourt à un traitement médicamenteux peut s'accompagner d'un traitement spirituel ; les fidèles ne jugent pas ces pratiques incompatibles mais complémentaires ;
- enfin, il faut mentionner que le recours à la médecine allopathique est un cas de figure parmi d'autres. En effet, certains adeptes peuvent utiliser ce que F. Laplantine appelle les "médecines parallèles" (homéopathie, acupuncture, chiropraxie, etc.), d'autres recourront à l'automédication et quelques-uns, ceux que l'on peut désigner comme des "puristes", envisageront la prière comme le seul et unique recours thérapeutique efficace.
    Comment interpréter cette évolution des pratiques de guérison ? Nous pensons qu'elle constitue une critique de l'institution médicale, certes euphémisée, mais qui souligne les excès (cf. la surmédicalisation, et, pour reprendre les termes de E. Zarifian, "la médicalisation de l'existentiel"), et les limites de l'institution médicale tel le maintien des inégalités sociales devant l'accès aux soins de santé, et ce malgré la création de la sécurité sociale et le principe du droit pour tous à être malade, ce qui pour la population antoiniste, issue avant tout des classes populaire et moyenne, est important.

Anne-Cécile Begot (École pratique des Hautes Études - Paris), La guérison spirituelle, son évolution face aux changements sociaux et culturels - Études comparée de la science chrétienne et de l'antoinisme
in Croyances et sociétés (1998)
source : Google Books

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La « Wahdat al Wujûd »

Publié le par antoiniste

   La théorie de Wahdat al-Wujûd (Unicité de l'Être) a été systématisée pour la première fois par son disciple et beau-fils Sadr al-Dîn al-Qûnawî.
    Ibn 'Arabi n'a pas dit expressément cette formule, mais il a laissé entendre dans plusieurs textes de son œuvre, notamment "Futûhât" et "Fusûs al-Hikam" que "la réalité de l'Être est unique" (Haqîqat al-Wujûd wâhida), et que Dieu est l'Être au sens absolu, le véritable Être, l'Être nécessaire (chez les philosophes) qui conditionne tous les êtres subordonnés et contingents, et n'est conditionné par aucun autre être. La notion de "Wahdat al-Wujûd" chez Ibn 'Arabi n'est que l'interprétation emphatique et hyperbolique de l'unicité (tawhîd), un pilier de l'islam.
    En disant que Dieu est Unique (Wâhid) et qu'il n'est autre chose que l'Être dans son aspect inconditionné, on a voulu, à tort ou à raison, rapprocher cette théorie du Panthéisme de Spinoza. Or, la conception de ce dernier s'éloigne notablement de celle d'Ibn 'Arabi, dans la mesure où le panthéisme suppose l'unité de Dieu et de la Nature (Dieu est la Nature), alors que chez Ibn 'Arabi, Dieu n'est pas connu dans sa Réalité essentielle (Huwa, Allah), mais connu par le biais de Ses noms [divins], multiples et opposés, qui gèrent l'univers depuis sa création et jusqu'à sa déchéance. D'autre part, les noms divins se reflètent dans la création, ils ne s'y incorporent pas. La thématique du miroir de la création dans lequel Dieu se reflète par l'intermédiaire de Ses noms divins n'est pas le fruit du hasard, elle intervient pour interdire toute assimilation de l'essence divine avec la substance de la création. Henry Corbin parle à ce propos de théomonisme. On pourrait dire que, contrairement au panthéisme qui naturalise Dieu et l'absorbe dans l'immanence, le théomonisme d'Ibn Arabi divinise la nature tout en préservant la transcendance de Dieu et son unicité.

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Arab%C3%AE

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Ibn 'Arabi - L'amour est ma religion et ma foi

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... Prodige ! Une jeune gazelle voilée
Montrant de son doigt pourpré et faisant signe de ses paupières!
Son champ est entre côtes et entrailles,
O merveille, un jardin parmi les flammes !
Mon coeur devient capable de toute image:
Il est prairie pour les gazelles, couvent pour les moines,
Temple pour les idoles, Mecque pour les pèlerins,
Tablettes de la Torah et livre du Coran.
Je suis la religion de l'amour, partout où se dirigent ses montures,
L'amour est ma religion et ma foi.

Ibn 'Arabi, L'interprète des désirs [extraits]
source : http://www.archipress.org/batin/ashwaq6.htm

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Pierre Debouxhtay, Antoine le guérisseur et l'Antoinisme (critique du livre Revue des lectures)

Publié le par antoiniste

Pierre Debouxhtay, Antoine le guérisseur et l'Antoinisme (critique du livre Revue des lectures)

    Pierre DEBOUXHTAY, Antoine le Guérisseur et l'antoinisme d'après des documents inédits, in-12 de 330 p., illustré, F. Gothier, 11, place du Vingt-Août, Liège, 1934, 20 fr.

    Ce volume doit être suivi d'un second, qui sera consacré aux doctrines de l'antoinisme. Il se limite à l'histoire du mouvement lui-même.
    Conçu avec la rigueur d'une thèse historique, il s'appuie uniquement sur des faits contrôlés et des documents ; par suite, il représente un travail vraiment définitif.
    D'ailleurs, son objectivité ne fait nullement tort, à l'esprit qui l'a dicte, puisqu'un papillon joint au volume porte l'imprimatur de l'Ordinaire de Liège.
    Il est impossible de résumer ici un pareil travail, tout entier fait de détails et de précisions.
    On y peut suivre la vie d'Antoine dans tous ses détails, depuis sa naissance, en 1846, au hameau de Mons, près Liège, jusqu'à sa « désincarnation » et son enterrement en 1912, et le développement de la nouvelle religion jusqn'à la date d'aujourd'hui.
    Répandu surtout en Belgique, ou il fut reconnu, en 1914, comme établissement d'utilité publique, le culte antoiniste compte aussi des adeptes en France, et même au Nouveau Monde et au Congo.
    L'auteur estime à environ 40.000 le nombre de ses adeptes, en tout cas sensiblement inférieur à 100.000, sous la houlette de la « mère Antoine », le veuve du fondateur, actuellement âgée de 83 ans.
    D'abord entraîné dans le mouvement spirite, Antoine fut entraîné par lui au rôle de guérisseur, puis, après avoir été condamné pour exercice illégal de la médecine (1901), il renonça aux médicaments et au spiritisme, pour fonder une nouvelle religion, destinée, pensait-il, à remplacer le catholicisme.
    C'est le pendant belge de la « Christian science » américaine et la méthode Coué transformé en mysticisme et en culte. Mais il est vraisemblable que le déclin n'est pas éloigné.

Revue des lectures, 15-03-1934
source : gallica

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Léon Hollaenderski, Les Israélites de Pologne - les Chassides

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    Tout Israélite (comme ils l'affirment) a deux âmes, l'une mauvaise, renfermée dans un vaisseau à gauche du coeur, et l'autre bonne, qui habite le cerveau ; ces âmes luttent entre elles avec acharnement, l'homme prie pour que la bonne âme ait toujours la supériorité sur la mauvaise et quand cela arrive, il peut s'offrir àDieu. L'une des Zadikes (disent-ils) a si bien su perfectionner son âme qu'elle fut transportée dans le ciel, eut un entretien avec le Messie, elle lui demanda le temps dé sa descente sur la terre et eut pour réponse que cela arrivera lorsque tout le monde aura aussi bien suivi la cabale qu'elle l'a fait (1).
    Les Chassides pensent que la réunion avec Dieu est le principe de leur religion, ils croient que l'âme est un écoulement de la divinité, c'est pour cela qu'ils supposent que l'homme doit faire son possible pour s'unir avec la haute intelligence par la concentration de l'homme avec son âme ; ils appellent cela l'aspect de Dieu par la croyance, et croient ensuite que le seul but de l'homme et sa plus grande félicité est de se mettre tellement en contemplation avec Dieu que tout ce qui se passe autour de lui disparaisse, et qu'il ne sente rien autre chose que le goût de la joie céleste (2).
    Mais comme l'homme n'est pas toujours disposé à ces contemplations, les Chassides y destinent le temps de la prière, ils ont dans ce but quelques paroles cabalistiques qui renferment les noms de Dieu ou des anges (3), ils les disent avant chaque prière et les appellent kavouath.
    La réunion de l'homme avec Dieu ne peut avoir lieu que par la joie et la gaîté. Or, si la mélancolie ou la tristesse s'empare d'un Chasside, il doit la chasser.
    Le troisième principe des Chassides consiste à s'armer de courage, d'avoir de la résolution et de l'effronterie Azèth.
    Les Chassides tiennent aux cérémonies du Talmud tant qu'elles s'accordent avec la cabale et l'ordre du Zadik; les Juifs orthodoxes, au contraire, ne tiennent point aux cérémonies cabalistiques qui contredisent le Talmud.
    Les Chassides ne se servent point du livre de prières du rite allemand et polonais, mais de celui des Orientaux sephardim dans lequel se trouvent beaucoup de prières qui ont rapport à la cabale.
    Les Chassides ne vont jamais à la synagogue ; ils ont dans chaque endroit, où se trouvent dix Chassides, une maison de prière à part qu'ils nomment klosel (clause) ou maisonnette des Chassides. Ces klosels ne leur servent pas seulement pour la prière, mais encore de club où chacun se rend aussitôt que ses affaires le lui permettent pour s'y entretenir (raconter des nouvelles ou des merveilles du Zadik), on y boit, mange et fume du tabac pour chasser les mauvais esprits. Ce clausel sert souvent de chambre à coucher pour le Zadik.
    Adonnés uniquement à la spéculation, les Zadiks s'habillent en blanc, proclament le devoir de la perfection supérieure de quelques âmes et de la plus grande confiance en Dieu. Ils feignent de pouvoir guérir miraculeusement les malades (4), se réservent le droit de bénir toute entreprise commerciale des Chassides, ce qui fait qu'aucun des sectaires n'oserait jamais sans consulter ou sans voir son Zadik former un établissement quelconque. Beaucoup de femmes appartiennent à cette secte (5). Les Zadiks entre eux, les Chassides d'un Zadik avec les Chassides d'un autre Zadik, et tous ensemble avec les Juifs communs rabbinistes vivent en mésintelligence et se querellent sans cesse.
    A coup sûr, les Israélites doivent craindre que cette crédule et dangereuse secte n'entrave pas là civilisation parmi eux, car il est défendu sévèrement de développer les facultés intellectuelles ; au contraire, il est enjoint de les entraver et de les anéantir.
    Les Chassides disent que plus un pécheur est coupable, plus il ressemble à la divinité, que les supérieurs ont le droit non seulement d'absoudre, mais de décerner à certaines conditions des récompenses aux pécheurs (6).
    Aussi tous les rabbinistes éclairés parlent-ils de la secte des Chassides avec le plus profond mépris. Il est à souhaiter que les gouvernements se hâtent de prendre des mesures efficaces pour empêcher la ramification de cette secte si dangereuse, qui se propage dans les masses inertes avec beaucoup de succès, et dont presque toutes les synagogues de Pologne sont déjà empoisonnées (7).



(1) Voyez Zemer Orizim, p.65.
(2) Ils appuient ces paroles à ce que dit le Talmud (Traité sanhedrin), la récompense après la mort ne consiste ni dans le boire ni dans le manger, mais seulement dans le plaisir de contempler la majesté de Dieu.
(3) Les trois mots du Psaume, 148, 16, (ouvre ta main) forment de leurs lettres finales le mot chatlach; c'est, disent les cabalistes, le nom de l'ange employé à la nourriture , et disent-ils, on doit penser aux lettres finales en récitant ce verset; car celui qui les prononce avec attention est sûr de ne jamais manquer de nourriture.
(4) Les femmes des chassides, particulièrement, font le voyage de plusieurs dizaines de milles pour voir le Zadik surtout quand elles sont stériles. Le Zadik, après être payé des deniers appelés pidion, bénit la pénitente, et lui assigne des règles à suivre, en cas de non réussite. Il l'appelle de nouveau et lui fait des reproches de n'avoir pas accompli quelques prescriptions imaginaires, et il la bénit de  nouveau parce qu'elle le paie.
(5) La riche Juive nommée Berksonawa de Praga (faub. de Varsovie), appartenant à cette secte a obtenu la permission de tolérance de la part du gouvernement lors de sa querelle avec les Juifs rabbinistes.
(6) Voyez Sulamith, 1, ch. II, p. 508.
(7) Il n'y a rien d'étonnant dans cette secte des Juifs polonais à moitié barbares, si nous considérons qu'ici, dans l'exil, parmi les Polonais chrétiens éclairés, et jouissant de tous les bienfaits de la civilisation, il se trouve des gens qui adhèrent à une pareille secte au sein de la chrétienté. Ceux qui ont entendu parler des prophéties de Towianski et de leurs déplorables suites, sauront bien ce que nous voulons dire.


Léon Hollaenderski, Les Israélites de Pologne, p.293-96
source : gallica

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André Towianski et le towianisme

Publié le par antoiniste

    Venu en 1841 s'entretenir avec Adam Mickiewicz, il avait aussitôt rend la raison à sa femme, atteinte de démence. Le poète avait vu entrer dans sa chambre "un homme de haute taille, à l'aspect militaire, vêtu d'une redingote boutonnée jusqu'au cou, muni de grandes lunettes rondes qui laissaient voir des yeux profonds, sous un large front dégarni, avec une expression à la fois imposante et douce."

Un Messie sous Louis-Philippe (L'Echo du Merveilleux 15-02-1913)(gallica)


    Inféodé à la secte de Vintras dont il se sépara par la suite pour se déclarer une réincarnation de Napoléon et prêcher une série d’erreurs qui se rapprochent de celles professées par les Vaudois et par Swedenborg, avait fondé à Paris une association religieuse et politique, sous le nom des « bons frères ».


    Les partisans de Towianski croient à l'immortalité de l'âme et à son action continue. Chaque homme a reçu une mission de l'Être Suprême. Si cette mission n'est pas remplie, l'âme est dans une continuelle souffrance, elle entre dans le corps d'un enfant nouveau-né et poursuit sa tâche de génération en génération.
    D'après cette croyance, il résulte que l'âme de Napoléon qui avait pour mission de régénérer le monde, d'établir l'unité sur la terre, souffre. C'est cette âme sans doute qui est entrée dans le corps de Towianski, pour continuer et accomplir sa tâche. Waterloo, il l'appelle Golgotha moderne, le portrait de Napoléon, fait d'après la pensée de Towianski représente un homme qui souffre après sa mort et qui contemple avec douleur son oeuvre inachevée.
    D'après la conviction de ses disciples, Towianski guérit les malades, par l'attouchement, lit dans l'avenir et a prédit plusieurs faits qui se sont accomplis.
    Le gouvernement Français lui donna l'ordre de quitter Paris. Il visita Rome et alla en Suisse. Ses disciples lui sont restés fidèles, quelques uns ont fait le voyage à pied pour le voir, pour l'entendre. Si nous sommes bien informiés, déux ont perdu la raison, et les disciples prétendent que c'est la punition de Dieu, parce qu'ils sont entrés dansle cercle le plus intime n'ayant pas la foi.
    Ce qui nous intéresse le plus, c'est que la doctrine de Towianski embrasse dans la génération générale l'avenir des Israélites.
    Ils ont déjà expié leurs péchés, Dieu leur a pardonné. »
    « C'est un peuple aimé de Dieu, par suite des migrations des âmes, il y a sur le monde plus d'Israélites qu'on ne le croit,
    « Le Messie sortira du pays Slave et si Towianski n'accomplit pas sa tache, il en prépare la voie à un autre plus heureux.
    « Le monde commencera une nouvelle ère par le concours des trois grands peuples, des français, des slaves et des juifs
    Ces doctrines ainsi que la cordiale fraternité qui règne parmi les disciples de Towianski ont séduit quelques Israélites. On voyait parmi les nobles, parmi les officiers de l'armée polonaise, quelques Juifs qu'on y recevait avec amour et fraternité.
    Ces doctrines, mélange des idées chrétiennes et juives, des rêves de Swedenborg et des pensées de Fourrer, accompagnées de quelques guérisons à l'aide du magnétisme, ont fanatisé des disciples dévoués, et parmi tant d'autres, comme nous l'avons déjà dit, le poète, le professeur Mickiewicz. Charles Rozycki, colonel dans l'armée insurrectionnelle, homme de grands talents militaires est de leur nombre.
    Nous ne nous permettons pas de juger les doctrines que nous ne connaissons que superficiellement. Si nous en avons donné une esquisse, c'est pour rpouver combien l'idée de salut par l'action d'un homme supérieur est accréditée en Russie, en Pologne, puisqu'un Messie  Pris, peut grouper autour de lui des savants, des militaires et des disciples de toutes les croyance.

Jan Czyński, La Pologne catholique et la Pologne libérale, 1848, p.77-79
source : gallica

 

    Pour Towianski, la France n’était toutefois pas uniquement le lieu de l’expiation, elle était également (comme d’ailleurs la Russie) censée jouer un rôle actif primordial dans la réalisation de sa mission. Les Polonais en pèlerinage, en tant que premiers appelés, constituaient le « canal » par lequel la révélation devait lui parvenir. Towianski envisageait la propagation de sa « science » par le biais de la « Loi d’harmonie » qui peut être résumée comme suit : l’homme doit vouloir sans cesse pousser son esprit vers Dieu, il doit vouloir briser les chaînes qui le tiennent à la « terre » et orienter son être vers la réalisation de la parole du Christ. Il doit pour cela réaliser le triple sacrifice : celui de l’esprit, celui du corps et celui de l’action. Lorsqu’il est disposé à ce sacrifice, l’homme élève son « ton » chrétien, il attire ainsi sur lui une « colonne lumineuse » composée d’esprits élevés (à tel point qu’ils ne peuvent plus exister dans une enveloppe corporelle) qui l’aide à garder l’élévation de son « ton », mais il attire également les esprits d’autres hommes, ceux de ses contemporains disposés au sacrifice. Si les hommes se groupent pour élever leur « ton », ils attireront un plus grand nombre d’esprits enclins à les imiter. La « Loi d’harmonie » est donc celle par laquelle un esprit (ou un groupe d’esprits) qui élève ou cultive son « ton » attire d’autres esprits qui acceptent le sacrifice. Les Polonais de la Grande Émigration devaient donc tous ensemble élever leur « ton » chrétien et convaincre ainsi d’autres nations de les imiter. Towianski pensait que certaines nations étaient élues par Dieu, il pensait aussi que, parmi celles-ci, la France jouait un rôle de premier plan car elle avait déjà été préparée.

Jeremy Lambert, « Le towianisme en France. La France dans le towianisme. », in « Slavica
Bruxellensia », n°3, Université Libre de Bruxelles, juin 2009, pp. 61-73.
source : ulb.ac.be

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Définition de l'Antoinisme dans les dictionnaires et autres

Publié le par antoiniste

    La question 861 de l'ouvrage "Testez votre culture belge" est la suivante :
    Une seule religion a trouvé ses racines en Belgique. Comment s'appelle-t-elle ?
    La réponse est, vous le savez : L'antoinisme, culte fondé par Louis Antoine à la fin du XIXe siècle.

    C'est aussi la façon de définir l'antoinisme dans la brochure verviétoise Temps Jadis, Notre région au temps des Cartes Postales : La seule religion Belge : l'Antoinisme.

    La quatrième de couverture de Délivrez-nous du mal par les Editions Labor dit : "Roman vrai", Délivrez-nous du mal raconte la vie de Louis Antoine fondateur d'un culte dans la banlieue liégeoise à la fin du siècle dernier. [...] L'auteur jette aussi quelque lumière sur le phénomène passionnant que constitue la naissance d'un mouvement religieux.
    Le développement de Robert Vivier précise que la "désincarnation de Louis Antoine, loin de marquer un arrêt dans le développement de la nouvelle religion, semble au contraire avoir rétribué à exalter les adeptes et à étendre le mouvement."
    On parle ensuite de culte et de religion antoiniste.
    Puis le petit ajout signale les livres parlant de l'antoinisme, après la mort de Vivier : Alain Woodrow, Les nouvelles sectes et Régis Dericquebourg, Religions de guérisons.
    Ce dernier auteur, qui est sociologue des religions, pencherait pour dire cult ou groupe métaphysique (selon Stillson Judah), mais il se refuse à en faire une Eglise ou une secte (cf.p.138).

    Comme on peut s'y attendre, Pierre Debouxhtay se garde bien de se prononcer, définir d'un façon aussi brute aurait en effet constitué un point de vue. Il raconte comment les Antoinistes ont voulu "obtenir la reconnaissance de leur culte" (p.270). En effet, Pierre Debouxhtay alla fouiller dans les archives du Ministère de la Justice (section des cultes).
    Bref, à l'époque on parle de culte ou de religion, les spirites seuls parlent de secte. C'est en effet encore le seul sens de ce mot : Groupement organisé dont les membres ont adopté une doctrine et des pratiques différentes de celles de la religion majoritaire ou officielle (http://www.cnrtl.fr/definition/secte).

    On voit cela dans les journaux de l'époque :
- The New York Times, le 25 décembre 1910 : Another new religion, another faith-healing religion, Jemeppe-lez-Liège, where the headquarters of the sect are situated, The badge of the sect is "the tree of the knowledge of the sight of evil", represented by a white tree on a black ground (remarquons le flou dans la définition pour ce premier article, notons aussi que le sens de sect en anglais peut être différent, et que les Américains étaient plus accoutumés à ce phénomène que l'Europe).
- Albert-L. Caillet en 1911 : Guérisseur et de Révélateur d'une doctrine, "Culte Antonin" (il s'agit d'une erreur, car dès décembre 1910 au moins, on voit l'inscription Culte Antoiniste sur le temple de Jemeppe).
- le Figaro en 1912 : Louis Antoine, un fondateur de religion.
- Le Matin, en 1912 : religion nouvelle. Louis Antoine y avait instauré son culte il y aune vingtaine d'année. Sa religion, que l'on appelait l'"antoinisme", promettait la guérison des maladies par la prière et la foi. Il réussit ainsi à obtenir quelques cures sur certains malades du système nerveux.
- Le Progrès spirite en 1912 : Il n'avait fait rien de moins que de fonder une religion, une espèce de variété de christianisme mélangé de théosophie.
- L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, en 1912 : les fidèles de la religion belge viennent écouter la parole de leur prêtre improvisé.
- La Liberté, en 1912 : Il n'avait fait rien de moins que de fonder une secte, une espèce de christianisme mélangé de théosophie (c'est le sens premier du terme secte, le journal se défini comme : Journal politique, religieux, social. L'article se termine par : Beaucoup d'incrédules ferment les yeux devant les merveilles de Lourdes, mais une superstitieuse crédulité les remplit de respect pour l'oeuvre de l'illuminé ou du charlatan Antoine).
- L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, en 1913 : l'Antoinisme... La religion du Père Antoine.
- La Liberté, en 1913 : De ses cendres est née une religion. Le culte "Antoiniste" a ses desservants et ses adeptes, de plus en plus nombreux.
- L'Echo du Merveilleux, en 1913 : l'« Antoinisme », cette religion nouvelle dont l'apôtre, Antoine le Guérisseur, qui mourut l'an passé, fut suivi jusqu'à la fosse commune par un cortège de plus de quinze mille fidèles gémissant et pleurant !, Une religion de malades, tel est l'effet assez juste que produit l'Antoinisme à notre confrère.
- Le Petit Parisien, en 1924 : le culte antoiniste, spiritualisme nouveau
- Les Potins de Paris en 1930 : Connaissez-vous l'Antoinisme? C'est une nouvelle religion [...], culte mâtiné, de spiritisme et de christianisme.
- La Croix en 1936 : Certaines sectes religieuses se livrent dans notre diocèse à une active propagande. nous apprenons que l'Armée du Salut et l'Antoinisme spécialement cherchent à recruter des adeptes, distribuent des brochures ou sollicitent des offrandes. (Remarquons ici l'emploi de secte religieuse, dit par un journal catholique, on peut encore penser que le terme secte renvoi à son sens premier).

    Dans les registres de loi :
    En Belgique, l'antoinisme n'a jamais été reconnu comme culte ou religion, on en a donc fait en 1922 une ASBL en tant qu'Etablissement d'Utilité Publique en Belgique. La jurisprudence belge lui fait accéder à la Protection d'une dénomination religieuse le 9 janvier 1947 et le classe, le 21 novembre 1949, comme oeuvre philanthropique, avec confirmation, le 31 mars 1949, de protection de la dénomination religieuse. Le 19 juin 1992, il obtient l'Immunisation fiscale des immeubles destinés au culte antoiniste (Jurisprudence belge relative à la condition juridique du fait religieux, par Louis-Léon Christians et http://www.uclouvain.be/207623.html).

    En France, il est d'abord considéré comme association culturelle loi de 1905. Puis il prend en 1988, la forme d'une association cultuelle, régie par la Loi de 1905 sur les cultes.

    Puis on évoque le mot secte. Cela, concernant l'antoinisme, plus souvent en France et depuis une trentaine d'année, ou pas beaucoup plus (le Quid le classe dans cette section). Le mot est vague, et le rapport 2468 de l'Assemblée Nationale française sur les sectes a été critiqué par des chercheurs, considérant, entre autres reproches, comme fallacieux d'édifier une liste sans plus de détail. Ce rapport classerait l'antoinisme dans le "catégorie des mouvements 'guérisseurs'". C'est ce qu'à fait également  le rapport belge (http://www.vigi-sectes.org/rapport/rapport_belge_enquete_parlementaire.html), mais de façon plus douce (Intervention de M. L. Nefontaine, collaborateur scientifique à l'ULB qui évoque l'antoinisme parmi d'autres comme "organisation tout à fait honorable").

    Le Bureau de Documentation sur les sectes et les Religions parle de secte d'origine occulte. On parle aussi de secte satanique (comme Jacques Valdour dans sa description des ouvriers parisiens d'après guerre : "Autodidacte et à demi dément, Antoine retrouve dans ses rêves confus les vieilles inspirations familières aux religions sataniques et au Maçonnisme", p.80). Parfois d'un groupe issu de la mouvance catholique, ou de la mouvance spirite.

    Passé la folie immodérée concernant les sectes, on parle maintenant de mouvement religieux ou nouveau mouvement religieux (comme la plupart des sociologues et le site Wikipedia, qui le classe parmi Petit mouvement religieux | Groupement spirituel), mouvement New Age (comme une chercheur sur le sujet), Eglise de guérison (quelques sociologues).

    Voyons maintenant les définitions dictionnairiques :
    Le TLFi donne comme définition : Religion fondée par le mineur belge Louis Antoine (dont les écrits sont parus de 1905 à 1910) qui considère l'individu comme un être divin, affirme que les hommes se « réincarnent » à leur mort et fait une place importante à l'imposition des mains et à la prière pour la guérison des malades. Ce dictionnaire cite une phrase de Maxence van der Meersch parlant également de religion. (d'après sa partie historique, c'est à partir des années 50 et surtout 60 que le mot secte prend son sens péjoratif presque exclusif).

    Médiadico donne : Courant théosophique qui considère l'individu comme un être divin et prétend que l'on peut guérir les maladies par le pouvoir de l'esprit.

    Reverso dit : (philosophie) doctrine prônant la lutte par l'esprit contre la maladie.

    Le site eculture.cs.vu.nl arrive à : Synthèse de spiritisme et de théosophie créée par Louis Antoine (1846-1912).

    Le Larousse réfère à : Religion théosophique fondée par Louis Antoine, dit « le Père Antoine ». (Le culte antoiniste fait une grande place à l'imposition des mains et à la prière en vue de la guérison des malades.)

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