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Antoine le Guérisseur et ses disciples (Excelsior, 16 décembre 1910)

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Antoine le Guérisseur et ses disciples (Excelsior, 16 déc 1910)

                                                    Antoine "le Guérisseur" et ses disciples
    Antoine "le Guérisseur" compte aujourd'hui en Angleterre un grand nombre de disciples. Il exhorte ces derniers à lui conter leurs misères, et sa femme, plus connue sous le nom de "Chère mère", recommande aux visiteurs affligés d'avoir la plus grande foi dans Antoine, son mari. Celui-ci, par ses prières, doit soulager les maux des fidèles qui viennent à lui.

    Les photos sont titrés : Un groupe d'« Antoinistes » devant le temple ; Antoine prêche devant ses disciples réunis dans le temple ; La femme d'Antoine se promène dans le jardin du guérisseur (un peu différence d'une autre). On voit qu'elles proviennent d'articles anglais, d'où peut-être l'indication ici que le Père avait des adeptes en Angleterre.

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Claude Petit-Castelli - Les sectes, Enfer ou paradis (1977)

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Claude Petit-Castelli - Les sectes, Enfer ou paradis (1977)

Auteur : Claude Petit-Castelli
Titre : Les sectes : Enfer ou paradis
Éditions : Ed. de Messine, Paris, 1977 (191 pages)

    Un livre qui évoque les sectes au sens large, dont les Antoinistes. Pratiquement sans erreur en ce qui concerne les antoinistes (quelques généralités et indications imprécises), il mérite d'être lu dans son entier pour comprendre le phénomène.

    Voici le chapitre consacré aux Antoinistes :

    Parmi les sectes issues du christianisme, la secte des Antoinistes est l'un des mouvements les plus sympathiques, presque une bouffée d'air pur. En effet à la différence de ses consœurs, cette secte ne demande aucune participation financière à ses fidèles, ne pratique pas l'endoctrinement à outrance, ne cherche nullement à combattre qui que ce soit, ni les religions, ni les hommes.
    Qui est cet Antoine, l'inspirateur, le chef d'une secte qui compte aujourd'hui environ vingt mille fidèles, notamment en France et en Belgique, berceau du culte ?
    Louis Antoine est né le 7 juin 1846 à Mons-Crotteux en Belgique, cadet d'une famille de onze enfants, famille de mineurs catholiques pratiquants, il fut élevé selon les principes de charité et d'humilité. A douze ans, le jeune Louis Antoine descendit à son tour dans la mine mais, trop faible, il dut travailler dans une chaudronnerie jusqu'à l'âge de vingt ans. Depuis longtemps il aimait la lecture, et préférait volontiers la solitude et le recueillement aux joies de la vie. Après son service militaire et la guerre de 1870 contre l'Allemagne, durant laquelle il tua malencontreusement un de ses camarades, il choisit de s'exiler en Allemagne pour tenter d'oublier et mieux gagner sa vie. Là, il se maria avec celle qui est devenue plus tard la mère et qui perpétua son œuvre, Catherine Collon, la sœur d'un de ses amis. Un enfant naquit de leur union. Ils revinrent vivre en Belgique, mais l'argent manquant de plus en plus, la famille Antoine s'expatria de nouveau, en Pologne cette fois. A Varsovie, ils restèrent cinq années, le temps de mettre un petit pécule de côté et de rentrer à Jemeppe-sur-Meuse en Belgique où Antoine trouva un travail de concierge dans une usine. Intervint alors dans sa vie un événement qui bouleversa sa vie.
    Un ami lui fit découvrir un cercle spirite, et lui donna à lire le livre d'Allan Kardec, le Livre des esprits. Sa voie était trouvée. Il se découvrit medium et fonda un groupe spiritualiste, les Vignerons du seigneur.
    Il s'intéresse au problème de la maladie, entre en contact spirite avec deux médecins qui lui dictent les thérapeutiques à appliquer aux patients qui commencent à venir le voir. Il impose les mains aux malades, distribue des bouts d'étoffe magnétisée. Pour Antoine, le corps ne représente rien, la guérison du corps est la conséquence de la guérison de l'âme. L'homme est naturellement bon et altruiste. Dieu n'existe pas si ce n'est dans chacun de nous. Il pense que la mort terrestre n'est qu'une désincarnation suivie presque aussitôt d'une réincarnation.
    Lorsque Antoine parle de son fameux médecin-esprit, il dit : « Il m'apparaît comme un visage lumineux. C'est la foi qui guérit. Si, par la volonté, on arrive à se persuader que l'on n'est plus malade, alors la maladie s'en va. Mais quand ceux qui viennent à moi n'ont pas la foi, alors mon guide s'en va et je reste seul. »
    Les malades en question viennent de plus en plus nombreux. Cela n'est pas du goût des médecins pratiquants qui intentent à Antoine un procès pour escroquerie et exercice illégal de la médecine.
    Louis Antoine va donc, afin de poursuivre sa mission salvatrice, abandonner sa démarche spirite pour un enseignement doctrinal plutôt philosophique, voire prophétique. En 1906, est construit le temple des Antoinistes premier de la série ; il en existe maintenant cinquante-cinq en Belgique et vingt-cinq en France. Antoine impose les mains désormais devant une assemblée et non plus individuellement. Sa vie de prophète commence : il dicte la Révélation de l'auréole de la conscience, véritable bible des Antoinistes, recueil des pensées des révélations plutôt, du père – c'est ainsi qu'on l'appelle – pour lequel « la valeur d'un enseignement réside non dans les mots mais dans le fluide qui en découle ».
    Pour les Antoinistes, la mort n'existe pas, la matière n'existe pas : l'homme, par voie de conséquences, ne peut mourir. Le fluide passe, véritable substance intemporelle qui doit amener l'homme à la pureté. Le mal est la conséquence d'un manque de foi ; or le manque de foi vient d'une hypertrophie de l'intelligence, intelligence et conscience étant incompatibles ; le mal vient donc de la science. Théorie simpliste certes, mais qui touche les gens simples épris de charité.
    Le culte est aussi réduit à sa plus simple expression. Les quatre premiers jours de la semaine, a lieu l'opération : au temple, un officiant lit les dix principes de Dieu et c'est tout, l'opération ayant pour but d'arrêter les « fluides » négatifs. Après la cérémonie, desservants pratiquent la consultation, ils donnent des conseils de tous genres. Le dimanche, est célébré le culte du recueillement durant lequel les officiants lisent des morceaux choisis dans la vie du père. Il n'y a pas de sacrements.
    Après la désincarnation d'Antoine, devenu par la force des choses une sorte de personnage mythique, c'est sa femme appelée mère qui a continué son œuvre avant de se désincarner à son tour en 1941. On assiste alors à plusieurs querelles, notamment entre les temples belges et français. Les premiers voulaient remettre en vigueur les guérisons collectives ; les autres, au contraire, se contentaient de recevoir les malades individuellement. C'est la seconde orientation qui l'emporta.
    Les frères, sont habillés de noir comme le père, avec une lévite, un chapeau haut-de-forme aux bords recourbés ; les sœurs, en jupe plissée, corsage noir, portant un châle et un bonnet, restent discrètement à l'écart. Les Antoinistes sont pour une réunification de tous les groupements religieux. « Quand nous serons pénétrés de l'enseignement du père, il n'y aura plus de dissensions entre les religions. Nous nous aimerons tous car nous aurons tous compris la loi du progrès. »
    Bien entendu, il est difficile de prendre très au sérieux le culte antoiniste tant ses dogmes semblent puérils et primaires, mais la bonté et la charité ne peuvent-elles pas parfois prendre l'aspect le plus déroutant ? Entre un Antoiniste sincère, pur et sage et un catholique décadent, est-il possible d'hésiter.

Claude Petit-Castelli - Les sectes, Enfer ou paradis (1977)

 

Catherine Collon appelée encore « Laurie ».
C’est elle qui a perpétué le culte Antoiniste après la désincarnation de son mari.
Louis Antoine, Père spirituel des Antoinistes.
Ce beau vieillard auréolé de lumière préconisait l’amour et l’amitié entre tous les hommes.

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Jemeppe - Le Passage à Niveau et la Gare (vers 1920)

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Jemeppe - Le Passage à Niveau et la Gare (vers 1920)

Avant de se consacrer complètement à la guérison et au spiritisme, Louis Joseph Antoine travailla comme encaisseur à la fabrique De Lexhy, près de la gare de Jemeppe.

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Antonismo (Fon-fon, Anno VII-N.14-400 - 5 de Abril de 1913)

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Antonismo (Fon-fon, Anno VII-N.14-400 - 5 de Abril de 1913)

Uma nova religião? – Soceguem, não se trata do schisma de Itapira; nas do Antonismo, em Liège, na Belgica, com varias succursaes nesse paiz e até, diz o Excelsior, em «Porto-Felise», no Estado de S. Paulo, Brazil... por algum emigrante... Estão vendo? O Antonismo fundado pelo curandeiro Antonio, succedido por sua mulher, acha-se agora sob a direcção do padre Dór, parente do fundador. Aprendeu este na Russia com os monges curandeiros, que são alli fielmente seguidos pelos mujiks. O padre Dór, apezar do porte imponente e o cabello crescido, é dos mais incultos. No templo de Roux, á hora do officio, faz agir os fluidos, que se derramam pela assistencia, alias numerosa de fieis, e responde a varias perguntas. Um reporter presenceou uma das sessões. e ouviu a mulher perguntar si lhe era permitido matar as pulgas; um eleitor: se não faltava a te moral votando, ao que o padre respondeu sim. O padre não acceita presentes nem dadivas, mesmo anonymamente. Aborrece o dinheiro. Vive dos retratos e brochuras que vende aos fieis, e cura sem remedios.

Fon-fon, Anno VII-N.14-400
5 de Abril de 1913

 

Traduction :

Une nouvelle religion ? – excusez du peu, il ne s'agit pas du schisme d'Itapira ; celle de l'Antoinisme, à Liège, en Belgique, avec plusieurs succursales dans ce pays et même, dit Excelsior, à «Porto-Felise», dans l'Etat de S. Paulo, Brésil.... par quelques émigrants.... Est-ce que tu vois ? L'Antoinisme fondé par le guérisseur Antoine, succédé par son épouse, est maintenant sous la direction du Père Dor, parent du fondateur. Il l'a appris en Russie auprès des moines guérisseurs, qui sont fidèlement suivis par les moujiks. Le père Dor, de port imposant et à la chevelure abondante, est l'un des plus incultes. Dans le temple de Roux, au moment de l'office, il fait agir les fluides, qui sont déversés à travers l'assistance, c'est-à-dire un grand nombre de fidèles, et répond à plusieurs questions. Un journaliste a assisté à l'une des séances et entendu une femme demander si elle avait le droit de tuer les puces ; un électeur : si vous n'avez pas manqué de morale en votant, ce à quoi le prêtre a répondu oui. Le prêtre n'accepte pas de cadeaux ou de dons, même anonymement. L'argent le gêne. Il vit des images et des brochures qu'il vend aux fidèles, et il guérit sans remède.

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Päewaleht, nr. 278, 3 detsember 1910

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Päewaleht, nr. 278, 3 detsember 1910

Uus usk.

    Parisi lehe „Matini“ Kirjasaatja teatab Brüsselist, et Belgia saadikutelotta haruldane pafwekiri uue usu maksmatunnistuse pärast sisse on antud. Palwekirjal on 160 tuhat allkirja. Allakirjutajad on kõik belga lased, tuttawa usuõpetaja Antoine le Genereux järelkäijad. Nimetatud usuõpetajal on imelspanemisewäärt wõin haigeid terwefs teha; ta on juba tuhandatel haigetel intende terwise tagasi andnud. Tema järeltäijad on juba ammuu toilu hoidma hakanud, peawad ühiseid usukombeid ja on omale Jemmanis ühise kiriku ehitanud.
    „Matin“ teatab, et uus üsk arwu poolest Belgias teisel paigal seisab, sest peale katolitlaste ei ole seal kellegi teise usulisk rohkem kui selle usu poolehoidjaid; juutisi on Belgias ainult 20.000 ja protestantlasi 15.000.
    Uue seaduse eelnõu üle on „Matini“ kirjasaatja ühe rahwasaadikuga juttu puhunud, kes ütelnud, et weel mitte kunagi nii tähtsat küsinust saadikuteloja täes ei ole harutada olnud. Pea kõik selle usu poolehoidjad on auwäärt inimesed, nende hulgas on palju professorisi ja, mis weel enam imetspanemisewäärt, hulk arstisi. Arstid on oma allkirjadega mitmed terwelssaamise juhtumised tõels tunnistanud. Ei tohi mitte pealiskaudselt uue usu peale waadata, mis juba aasta kahekümne eest teffima hakkas. Ka usu põhjendaja on kõigiti auväärt mees. Uue usu poole hoidiad ei tee politikaga tegemist, aga nende hulk on küll juba nii suur, et nad ise oma asemiffusi wõitsiwad hakata parlamenti walima. Rahwasaadik arwas, et ei wormi ega sisu poolest takistust ei wõi olla, et uue usu malšmatunnetamise jaluvefiri täitmist leiab.

Päewaleht, nr. 278, 3 detsember 1910

Source : https://dea.digar.ee/cgi-bin/dea?a=d&d=paevalehtew19101203.2.3

 

Traduction de l’estonien :

    Nouvelle foi.

    Le destinataire du journal "Matin" de Paris informe depuis Bruxelles qu'une rare lettre du député belge a été envoyée pour la reconnaissance d’une nouvelle religion. Le journal compte 160 000 signatures. Les signataires sont tous des disciples du professeur de religion belge Antoine le Généreux. Cet enseignant religieux s'occupe des malades ; il a déjà guéri des milliers de patients avec intensité. Ses disciples le suivent depuis longtemps, ils partagent des convictions religieuses communes et construisent une église commune à Jemeppe.
    Le "Matin" déclare que la nouvelle religion occupe la deuxième place en Belgique car, à part les catholiques, il n’y a pas d’autre religion plus importante que celle des adeptes de cette religion ; en Belgique, les Juifs ne sont que 20 000 et les protestants 15 000.
    Le nouveau projet de loi a été présenté par le correspondant du "Matin" avec un certain étonnement, et a déclaré qu'il n'avait jamais eu une question aussi importante en tant que député du peuple. Presque tous les partisans de cette croyance sont des gens honorables, dont beaucoup sont des professeurs et, ce qui est plutôt un miracle, un certain nombre de médecins. Les médecins, avec leurs signatures, ont reconnu un certain nombre de cas terribles. Vous ne devriez pas lésiner sur une nouvelle religion qui a commencé à émerger depuis vingt ans. L'homme à l’origine de cette foi est également un homme respectable. La nouvelle religion ne fait pas de la politique, mais leur nombre est déjà si important qu’ils peuvent reconnaître leur position. Le député du peuple a estimé qu'il n'y avait aucun obstacle en termes de forme ou de contenu à ce que la reconnaissance de la nouvelle religion soit remplie.

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Une cérémonie Antoiniste à Paris (La Liberté, 4 nov 1924)

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Une cérémonie Antoiniste à Paris (La Liberté, 4 nov 1924)

Une cérémonie Antoiniste à Paris

    Les rares passants qui courbés sous la pluie battante, se hâtaient hier, vers midi, de regagner leur domicile sur le boulevard Edgard-Quinet, remarquèrent, à la hauteur du numéro 64, le convoi funèbre que représente notre photographie. Il s'agissait de l'inhumation d'une vénérable dame appartenant au culte Antoiniste, et tous les frères et sœurs antoinistes de Paris étaient présents dans leur costume rituel : la robe noire et le voile pour les femmes, la longue redingote noire et le chapeau noir aux larges bords pour les hommes.
    La cérémonie fut fort simple. Elle se fit selon le rite, dehors dans la cour de l'immeuble : le cercueil était placé sur deux chaises et recouvert du velum portant simplement l'inscription : Culte Antoiniste. Un adepte tenant l'emblème de la secte : l'Arbre de la science de la vue du mal.
    L'officiant ne fit aucun discours, ne récita nulle prière, il se contenta de lire à voix très lente et martelée les dix principes qui composent l'essentiel de la révélation du père Antoine le Généreux.
     Cette révélation, si je l'ai bien comprise, tient en une unique pensée : l'amour (l'amour de Dieu et l'amour des créatures en Dieu et pour Dieu) peut seul sauver les hommes ; l'ennemi de l'homme, c'est l'intelligence, c'est-à-dire la raison raisonnante voulant toujours discuter et contrôler la croyance. Autrement dit, c'est l'orgueil qui perd l'homme, alors que l'humble foi le sauverait aisément.
    Le beau côté de cette secte, c'est la très douce tolérance. J'ai retenu au passage ce fragment de l'un des principes : « Si vous respectez toute croyance et celui qui n'en a pas, vous savez, malgré votre ignorance, plus qu'on ne pourrait vous apprendre… »
    Respecter toute croyance et même l'absence de croyance... Ce n'est pas, hélas ! dans notre contemporaine qu'une pareille secte pourra jamais trouver beaucoup d'adeptes...

La Liberté, 4 novembre 1924

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Marseille - 32 Traverse Tiboulen (GoogleMaps 3D)

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Marseille - 32 Traverse Tiboulen (GoogleMaps 3D)

source : GoogleMaps 3D

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Fête du Père Antoine - rassemblement au temple (1912 ?)

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Enterrement du Père Antoine - rassemblement au temple

illustration reprise pour l'article d'Oscar Grojean
Noël antoiniste (dans la revue Cassandre du 5 janvier 1935)

Les Archives du Temple de Retinne possède une prise vue différente de ce moment

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Unitif du Culte Antoiniste (Excelsior, 8 juillet 1911)

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Unitif du Culte Antoiniste (Excelsior, 8 juillet 1911)

    Une lettre originale. - Nous recevons le curieux et inquiétant communiqué suivant :

                              Cher confrère,
    Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir annoncer dans votre journal la prochaine publication de l'Unitif, bulletin mensuel du culte antoiniste. Comme son nom l'indique, il a pour but de réunir les hommes en l'amour pur. Antoine le Généreux, par son abnégation et sa foi, a rassuré nos âmes torturées par le doute. Il nous a révélé dans son temple le mystère de la conscience universelle dont chacun de nous possède une parcelle voilée par la matière.
    En nous efforçant de nous améliorer et de nous aimer les uns les autres, nous surmonterons l'imagination qui nous divise et nous nous sentirons bercés dans l'harmonie divine. Heureux les cœurs qui ont pu approcher celui qu'un pieux entourage a honoré du nom de Père et qui se sont unis sous sa douce influence ! Touchés de l'amour qu'ils ont ressenti, ils voudraient faire connaître à tous les hommes, leurs frères, les sublimes révélations où ils ont puisé du réconfort et les appeler sans distinction de partis ni de cultes au travail moral qui peut nous régénérer. L'enseignement d'Antoine le Généreux qui est basé, nous ne dirons pas sur la croyance, mais bien sur la conscience, est une science fondée sur son expérience des êtres et intéressant le matérialiste comme le croyant. Il parle à la raison et au cœur. Aussi, nous ne doutons pas qu'il ne rencontre bon accueil et nous le souhaitons ardemment pour la paix sociale.
    Veuillez agréer, cher confrère, l'expression de nos bons sentiments.

                                                LES ADEPTES D'ANTOINE LE GÉNÉREUX.

Excelsior, 8 juillet 1911

 

    La même lettre a été envoyée à plusieurs journaux, notamment l'Univers et le Petit Champenois.

 

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Une visite au berceau de l'Antoinisme (Le Journal, 18 janvier 1926)

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      CHEZ LES MYSTIQUES

             Une visite
au berceau de l'Antoinisme

    Au moment où les regrettables incidents dont fut victime le curé de Bombon attirent de nouveau l'attention sur les petites religions qui vivent à côté des grandes, peut-être est-il curieux de s'initier à d'autres sectes organisées, en un temps de plus en plus propice au miracle mystique. Parmi les plus suggestives pour le psychologue se trouve la secte antoiniste, d'abord à cause de l'humilité de ses origines : Antoine, ouvrier mineur, n'avait qu'une instruction rudimentaire, et sa femme ne sait ni lire ni écrire ; à cause aussi de son développement insolite et de la prétention d'un certain nombre de ses membres à faire reconnaitre l'antoinisme à l'instar d'un culte officiel par le gouvernement belge.
    Aussi, me trouvant à Liège ces jours passés, une naturelle curiosité m'a incité à un court déplacement pour aller à Jemeppe-sur-Meuse, berceau de l'antoinisme, retrouver les traces de la prédication d'Antoine le guérisseur, et assister à la cérémonie qu'accomplit en personne, les trois premiers jours de la semaine, la mère, dépositaire des rites et du pouvoir du père, depuis que ce dernier a quitté notre terrestre séjour, tout en conservant d'ailleurs pour ses fidèles la direction spirituelle de son culte. Je ne puis en cet aperçu rapide que noter aussi la progression rapide desdits pouvoirs spirituels : d'Antoine le guérisseur à Antoine le saint, puis le prophète, messager d'une révélation définitive, l'ascension s'est faite normalement, par l'enthousiasme progressif et organisé des premiers disciples.
    Intéressante à étudier serait encore l'évolution intellectuelle, si l'on peut dire, d'Antoine, d'abord féru d'hypnotisme et de spiritisme, dont il exploitera tout d'abord la soi-disant mystérieuse puissance, pour renier plus tard ces mêmes croyances, le jour où il a découvert et organisé en doctrine sa théorie des fluides, dont l'influence bienfaisante ou malfaisante réside au même titre dans les objets de la nature comme dans nos actes personnels. De ces fluides, Antoine a reconnu la merveilleuse puissance ; il s'est, en autre, reconnu le pouvoir de la capter pour la répandre généreusement et gratuitement sur les infortunés, de plus en plus nombreux, qui lui demandaient aide, et que longtemps, affirme-t-il, il reçut et soigna individuellement. Leur nombre s'accroissant chaque jour avec sa propre renommée, il s'avisa que le fluide, étant immatériel et d'ailleurs d'essence divine, ne pouvait épuiser sa force en se prodiguant en même temps à des collectivités. Il suffisait que les croyants s'assemblassent à la même heure, dans un même lieu consacré. De là, l'idée du premier temple antoiniste, édifié à Jemeppe, et bientôt suivi de beaucoup d'autres : leur nombre en Belgique et en France atteint, m'a-t-on dit, la trentaine. Dès ce moment aussi naquit le rite qu'Antoine avait fixé, et dont les antoinistes observent scrupuleusement le cérémonial.
    Pendant que je me hâte moi-même vers le temple antoiniste, car l'opération est à dix heures précises, et le fluide transmis par le père ne peut attendre, je coudoie une foule hétéroclite qui se presse en remontant la grand'rue du petit village minier : ménagères portant leur panier au bras ou traînant après elles leur marmaille : antoinistes hommes et femmes, reconnaissables au costume bizarre qu'ils arborent et qui, paraît-il, fut adopté par le père ; les hommes vêtus d'une lévite noire, le chef recouvert d'un tuyau de poêle étrange, fortement évasé par le haut ; les femmes, vouées au noir elles aussi, manteau noir, petit bonnet à ruches de même couleur, d'où tombe parfois un grand voile qui leur donne l'apparence de religieuses d'un tiers-ordre, à moins que ce ne soit d'une troupe éplorée de veuves !
    Dans le temple nu, sur les murs duquel sont placés de nombreux rappels au silence, la même symphonie de deuil se perpétue : une longue tenture de cette couleur pend de la tribune où tout à l'heure apparaîtra la mère : une figure symbolique y est brodée en fils d'argent : c'est l'arbre de la science de la vue du mal (!) avec de nombreuses ramifications s'échappant du tronc.
    Un silence lourd d'attente, et comme angoissé du miracle qui se prépare, et que, mue comme par un ressort, annonce l'une des veuves qui s'est levée au premier banc : « L'opération va se faire ; ranimez votre foi ; ceux qui auront la foi seront guéris. »
    A peine s'est-elle rassise que, par une porte basse masquée dans la muraille et de plain-pied avec la tribune surélevée, la mère elle-même a fait son apparition : figure osseuse de paysanne matoise et obstinée, le front barré d'une ride volontaire, encore très alerte malgré ses 74 ans bien sonnés ; elle s'est mise en prières, les yeux levés vers le ciel, ses mains noueuses repliées l'une sur l'autre massivement. Que marmonne-t-elle entre ses dents ? Seuls les initiés pourraient y reconnaitre un appel au père, sous l'invocation duquel toute la cérémonie est pratiquée. Un seul mot m'en parvient à peu près distinctement : Miséricorde ! Il annonce que le moment est venu de lancer l'influx libérateur, qu'attendent à la même minute, je pourrais dire à la même seconde, car le fluide ne connait pas les misérables obligations de nos lois physiques, les antoinistes croyants, réunis dans leurs temples. Le visage maintenant crispé et douloureux, les mains noueuses ramenées vers le corps et rejetées en avant par un mouvement contraire, il semble que l'opératrice veuille, en ce geste symbolique, attirer sur elle toute la misère du monde et insuffler à l'assistance la force primordiale capable d'assurer de triomphe sur le mal, physique ou moral, cet éternel ennemi de l'humanité douloureuse. « Ranimez votre foi ! » Les antoinistes courbent la tête pour mieux recevoir l'influx libérateur. Quand ils la relèvent, la vieille femme a disparu comme par enchantement par la même porte dérobée et l'assistance a déjà commencé sur un ton de mélopée les dix principes du père, ou plutôt la révélation des dix principes de Dieu par le père. Dieu parle ! annonce l'opuscule que j'ai acheté et qui les contient, et, sans, vouloir accuser Antoine de blasphémer, disons seulement que le dieu qu'il fait parler n'a rien de la majesté redoutable de Jéhovah dictant à Moïse les dix commandements parmi les éclats de tonnerre et des épouvantements du mont Sinaï.
    Le dieu qui parle ici est un dieu familier créé à l'image de celui qui l'interprète et qui lui prête son langage quelque peu obscur, parfois même incorrect. Ce dieu qui s'exprime par la bouche du père prêche à coup sûr une morale utile à tous les hommes, puisqu'il recommande la charité, y compris la gratuité de tous les services divins et humains, qu'il insiste sur la tolérance, blâme tout prosélytisme de paroles, et insinue fort justement qu'il est bon de nous efforcer de le voir dans celui que nous croyons être notre ennemi, car c'est notre propre image que nous renvoie celui à qui nous prêtons nos mauvaises pensées personnelles. La leçon est souvent profitable.
    Mais c'est certainement à Antoine que revient en propre cette défiance de l'intelligence, mise en conflit avec la conscience qu'elle obnubile par son orgueil et sa vision toute matérielle ? D'où nécessité d'abaisser la Superbe et d'accepter sans jeu de mots la simple foi du charbonnier.
    Tel était le cours de mes pensées en quittant le temple de Jemeppe, non sans avoir demandé à notre petit frère musin, lecteur des principes le jour et mineur la nuit, pour accomplir le précepte antoiniste, le viatique de foi et d'espérance que lui-même ou une adepte féminine distribuent généreusement et cordialement à tous ceux qui demandent audience.
    A la sortie du temple, dans un café-restaurant d'apparence modeste, mais qu'achalandent les grands jours de l'antoinisme, j'achète les portraits du père et de la mère officiant ; on me presse d'y joindre des reproductions de foules assemblées : à Schaerbeck, faubourg de Bruxelles, inauguration d'un temple antoiniste par la mère ; fête annuelle du 20 juin, jour anniversaire de la désincarnation du père, où l'on procède sous la direction de la mère à la visite de la demeure du père, suivie d'un pèlerinage aux lieux voisins qui abritèrent sa méditation et le virent se rafraîchir à une petite fontaine consacrée désormais par le zèle des antoinistes. Plus de 20 000 personnes sont, paraît-il, venues cette année magnifier la gloire du père !
    Ai-je dit que la mère Antoine ou ses représentants consacrent des mariages et des baptêmes et que les obsèques antoinistes se pratiquent très simplement ? On y lit quelques pages du père sur la réincarnation. C'est ainsi, me murmure une vieille antoiniste, que le petit ruisseau est devenu grande rivière ! – Maurice Wolff.

Le Journal, 18 janvier 1926

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