Eklablog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

antoine-le-guerisseur

L'Auréole de la Conscience (La Vie Mystérieuse, n°8, 25 avril 1909)

Publié le par antoiniste

L'Auréole de la Conscience (La Vie Mystérieuse, n°8, 25 avril 1909)

Le mouvement psychique

    Un de nos abonnés de Liège nous adresse la collection d'un journal que vous ignorez peut-être, cher lecteur, bien qu'il en soit à sa 2° année ; c'est l'Auréole de la Conscience, sous la direction d'Antoine le Guérisseur.
    Antoine le Guérisseur habite un village de Belgique. Vous pensez bien qu'en France, pays de liberté, si jamais un guérisseur s'avisait de publier un journal destiné à célébrer ouvertement sa méthode de guérison, il prendrait vite le chemin du Dépôt. Mais, en Belgique, sous l'égide du roi Léopold, pourvu que le repos du royaume ne soit pas troublé, chacun fait ce qu'il veut, sans avoir à craindre les gendarmes ou les syndicats de morticoles.
    Antoine reçoit des malades de toutes les régions, qu'il guérit par une simple imposition de mains, comme remèdes il conseille la prière, la bonté, la concentration de la pensée souveraine. Et il paraît qu'il obtient des miracles, tout en étant complètement illettré ; car son journal est fait par son secrétaire.
    En somme le guérisseur est un simple magnétiseur. Et à tout prendre il vaut mieux s'adresser à notre collaborateur le docteur Mesnard, qui lui, au moins, connait l'anatomie du corps humain, ou au docteur Encausse, qui à l'Ecole de Magnétisme dirige une clinique où il guérit également par l'imposition des mains.

La Vie Mystérieuse, n°8, 25 avril 1909

Voir les commentaires

F.Delcroix - Aurore d'une civilisation moral (La Meuse, 26 octobre 1905 & Revue spirite, 1er décembre 1905)

Publié le par antoiniste

F.Delcroix - Aurore d'une civilisation moral (Revue spirite, 1er décembre 1905)

F.Delcroix - Aurore d'une civilisation moral (La Meuse, 26 octobre 1905 & Revue spirite, 1er décembre 1905)Aurore d'une civilisation morale

    D'aucuns dont les conceptions sont pacifistes et humaines, se plaignent de la cruauté du présent et inclinent à croire au néant de tout effort qui a pour but de transformer l'humanité. Ils s'effraient du sang et des larmes que coûte le plus léger progrès. L'individu change peu, à leur avis, restant au fond cette bête de proie qui s'approprie aux dehors d'une prétendue civilisation et substitue la ruse à la force. Que les circonstances le libèrent, soit sur le champ de bataille, soit dans les milieux lointains de l'expansion coloniale, le fond meurtrier réapparaît. La convoitise et la haine sommeillent dans les cœurs ; l'occasion ou le moindre froissement les réveille, l'impunité les débride. La lutte fratricide des intérêts divise les enfants d'une même patrie et la guerre, plus destructive que jamais, fauche par milliers des vies jeunes et vigoureuses, alors que notre monde, ô ironie, déplore la dégénérescence des races.
    Dans les villes, la corruption grandit et s'étale sans vergogne ; partout, dans le livre, au théâtre, aux vitrines, on exploite la sensualité. Et c'est une surprise pour qui réfléchit que tant de passions, aguichées par toutes les tentations modernes, ne parviennent pas à dissoudre les sociétés.
    – Voilà précisément la meilleure réponse aux doléances des pessimistes. Notre résistance morale s'est accrue. De même que la jeune femme se garde plus malaisément dans le luxe et le sourire des villes où elle jouit de plus de liberté que sous les regards ombrageux de la médiocrité campagnarde ; de même les vertus sont autrement méritoires au sein de notre âge d'or économique, dont les merveilles auraient fasciné nos misérables ancêtres.
    Notre sensibilité est plus fine et plus intelligente. La plupart des hommes craignent de faire souffrir, et cette bonté sert de mesure à leurs instincts. Les rapports sociaux imposent plus de ménagements ; il règne une sorte d'opinion moyenne de l'honneur qu'on ne heurte ni volontiers, ni impunément. Mais où apparaît clairement l'adoucissement des meurs, c'est dans la naissance et le développement d'œuvres toujours plus nombreuses de protection et de préservation sociales. Les sanatorias et les dispensaires de tuberculeux, les ligues en faveur de l'enfance, de la jeune fille, les colonies scolaires, les patronages de tous genres, réalisent des formes plus délicates de la bienfaisance et sont comme les signes d'une orientation nouvelle. Le même mouvement d'avant-garde se dessine par ailleurs. La médecine évolue dans le sens de l'étiologie et de la prophylaxie ; elle espère plus de l'hygiène des milieux et de l'esprit de prévoyance général que de la thérapeutique individuelle. L'école prenant de plus en plus contact avec la vie ambiante, s'inquiète davantage de la formation du cœur et des caractères. Elle reconnaît qu'il ne suffit pas d'utiliser les intelligences pour les triomphes matériels, qu'il importe autant, dans nos sociétés policées, de cultiver les penchants altruistes, d'aviver le sentiment de l'étroite solidarité qui unit les individus et les groupes sociaux. Ces tendances rénovatrices se sont affirmées dans tous les derniers Congrès internationaux de Liège, où a passé comme un souffle d'espérance. On dirait qu'une pensée d'unité cherche à se faire jour, que ces organismes épars sont en marche vers un même but, qu'ils se rejoindront bientôt pour former une puissante ligue offensive et défensive contre les lois d'airain de la nature et du champ de bataille économique.
    Les sociétés qui propagent ce mouvement de pitié et de solidarité humaine rencontrent partout mille encouragements. Des protecteurs illustres leur offrent leur appui moral et financier ; les comités d'action, et parfois de représentation, se composent des plus grands noms de la noblesse, de la politique, de la finance. Combien cette tâche paraît aisée cependant, en regard de la mission que M. Antoine a eu le courage d'assurer au cœur des idées ouvrières (1). Il a fondé une société spirite dans des vues toutes chrétiennes, résolu à négliger les manifestations physiques et les médiumnités bruyantes dont, ailleurs, on s'occupe un peu trop. Il aime mieux former des caractères. Il détache du cabaret et fortifie la vie de famille. Il détourne les esprits de la guerre des classes et des préoccupations utilitaires pour les aiguiller vers l'étude des problèmes intellectuels et moraux. Il habitue les adeptes à réfléchir sur les obstacles de chaque jour, enseignant la résignation, qui est à la fois une noble vertu et un acte de bon sens ; il leur conseille partout et toujours, par la parole de l'exemple, la réforme de soi qui est bien la question primordiale dans l'amélioration des sociétés. Les fidèles se réunissent dans leur temple trois fois par semaine : deux soirées sont consacrées à la lecture et aux instructions pratiques que suscitent des questions variées précises et surtout vivantes, puisque l'activité quotidienne les suggère. Dans la matinée du dimanche a lieu la moralisation des esprits qui se communiquent par l'intermédiaire de médiums écrivains. Le silence recueilli qui règne dans cette assemblée de chrétiens est véritablement émouvant, et cette émotion grandit quand l'expérience nous révèle qu'il ne s'agit en rien d'idées toutes platoniques et que nous avons affaire à un intense foyer d'énergie morale. Les fidèles sont agissants. Ils pratiquent le bien avec émulation. L'ardeur que d'autres dépensent pour des joies frivoles et passagères est donnée tout entière à l'acquisition des vertus qui fondent le vrai bonheur. Ces cœurs dévoués honorent M. Antoine comme un père ; ils l'entourent de la plus vive affection. C'est l'unique et douce récompense de cet homme de bien qui, loin de bénéficier des encouragements du monde officiel et du respect sympathique des honnêtes gens en place, n'a guère récolté jusqu'ici que sourires, indifférence ou dédain.
    Faut-il s'en étonner, puisque, de son vivant, toute vraie grandeur a été méconnue ?

                                                                                 F. DELCROIX.

(1) M. Antoine dirige la Société spirite : les Vignerons du Seigneur, qui comptent des milliers d'adhérents en Belgique. Il vient de publier un livre de questions et de réponses, travail collectif des adeptes et de leur chef. Ce livre est intitulé : Enseignement, par Antoine le guérisseur, de Jemeppe-sur-Meuse.

 

Revue spirite, 1er décembre 1905
La Meuse, 26 octobre 1905

Voir les commentaires

Maurice Igert - Les guérisseurs mystiques (1928)

Publié le par antoiniste

Maurice Igert - Les guérisseurs mystiques (1928)Auteur : Maurice Igert
Titre : Les Guérisseurs Mystiques, Étude psycho-pathologique et médico-légale
Thèse pour le doctorat en médecine, présentée et soutenue publiquement en Décembre 1928
Éditions : Imprimerie J. Fournier, Toulouse, 1928



Recension :
    Maurice Igert. — Le problème des guérisseurs, I vol. in-8°, J. Fournier, Toulouse, 1928.
    Notre civilisation est le résultat d’une série de luttes entre la mentalité primitive faite de foi dans le merveilleux et la tendance à interpréter rationnellement les phénomènes. Le plus positif restant toujours par quelque côté un peu mystique, c’est l’éternel conflit du sentiment et de la raison. Le médecin est représentatif de celle-ci, le guérisseur de celle-là ; aussi, la foule va-t-elle d’instinct au guérisseur, d’instinct au médecin est hostile.
    Le guérisseur mystique réalise donc les aspirations profondes de la foule ; bien loin de la dominer, il n’est que son écho. De là, sa sincérité, même lorsqu’il en vient à tirer profit de la crédulité publique ; de là, ses succès thérapeutiques parfois ; de là, la difficulté de la répression légale. Ces données générales s’éclairent de l’étude particulière de quelques guérisseurs mystiques, les uns débiles mentaux, les autres intelligents. Ceci et cela constituent une étude consciencieuse, originale et clairement exposée qui mérite d’être lue.
Chronique bibliographique, p.137
in La Chronique médicale : revue mensuelle de médecine historique, littéraire & anecdotique, 36e année, 1929

    Maurice Igert. — Le problème des guérisseurs, un vol. in-8°,
Vigot, Paris, 1931. (Prix : 15 francs.)
    "Isoler de la troupe des contrebandiers de la médecine un type psychologique et social : le guérisseur mystique, définir sa nature, décrire ses caractères particuliers, puis déduire de cette étude une conduite médico-légale à son égard, telle a été l'idée directrice de ce travail" (p. 202). Ce programme, que M. Igert s’était tracé, a été rempli de façon si parfaite qu’il sera désormais impossible de reprendre l’étude
des guérisseurs mystiques sans lire cette œuvre consciencieuse, impartiale et fouillée, et sans en tenir le plus grand compte. Un résumé ne peut montrer le jour qu’elle jette sur le mysticisme contemporain autant que sur les troubles psychosiques de nos thaumaturges ; et le compte rendu le mieux fait ne saurait suppléer à ces pages qui sont à lire et qui expliquent, en particulier, la sympathie des juges pour les guérisseurs.
    A cet égard, une leçon vient de la lecture de ce volume, une leçon dont les syndicats médicaux peuvent faire leur profit, en attendant que quelques-uns dans le public même, de bon sens robuste ou simplement habiles et forts du droit commun, devancent les poursuites syndicales. Ce serait, en vérité, un intéressant procès que celui qu’un père intenterait à un guérisseur parce que celui-ci aurait, par exemple, méconnu une appendicite et que les vains espoirs qu’il donna laissèrent passer l’heure utile de l’intervention salvatrice. Ici, les dons merveilleux que la foule affirme plus encore que celui même qui les reçut, l’exercice illégal de la médecine lui aussi sur quoi la partialité peut disputer toujours, sont hors de cause. Le débat est particulier et précis. Sans doute, les premiers procès de ce genre seraient perdus ; mais, même perdus, ils seraient, contre ceux que M. Igert appelle les contrebandiers de la médecine, plus efficaces sans nul doute que nos plaintes corporatives qui aboutissent à un franc de dommages et à une auréole.
Chronique bibliographique, p.137
in La Chronique médicale : revue mensuelle de médecine historique, littéraire & anecdotique, 36e année, 1932

Voir les commentaires

Dr Maurice Igert - Le Problème des guérisseurs (1931)

Publié le par antoiniste

Dr Maurice Igert - Le Problème des guérisseurs (1931)Auteur : Docteur Maurice Igert
Titre : Le Problème des guérisseurs
Éditions : Vigot Frères, Éditeurs, Paris, 1931

Cf. le propos du jour publié dans Le Concours médical. Cet ouvrage semble approfondir la thèse de l'auteur publiée en 1928.

Extrait qui évoque Louis Antoine :

LES GUÉRISSEURS INTELLIGENTS

    Nous avons cité le « cas-limite » de Germaine de Rouen. Nous n'ajouterons rien au chapitre qui la concerne. Germaine, par sa constitution mentale, par la variabilité des signes psychosiques qu'elle a présentés, par ses convictions, est certainement beaucoup plus voisine des guérisseurs précédents, que d'un thaumaturge comme J. Béziat. Seule une renommée à peu près semblable les a confondus.
    L'étude de la mentalité et de la vocation de Béziat révèle quelques particularités qui méritent de retenir notre attention. Le guérisseur a présenté toute sa vie une orientation mystique de la pensée et de l'activité. Imposée par les circonstances, l'interruption de l'activité mystique (il disait « métapsychiste ») entraîne une crise de dépression, suivie bientôt de la révélation d'un don curatif.
    La sincérité de Béziat n'étant pas douteuse, la conviction présente par elle-même un caractère anormal et elle s'est imposée à lui suivant un mécanisme psychologique très spécial.
    Peut-on attribuer sa vocation à la suggestion ?
    Certes, son caractère est très influençable, son imagination exagérée, son émotivité en surface. Mais, sa tendance mystique a imprimé à toute sa vie une direction à peu près constante. Son évolution mentale est faite de stabilité et d'instabilité.
    Suivant le facteur auquel on accorde une prédominance, il est possible de le classer parmi les passionnés ou parmi les suggestibles.
    En réalité, il serait artificiel de le ranger dans l'un ou l'autre groupe ; il représente un cas mixte.
    Du mystique passionné il a la foi et l'orientation expansive. Et cependant il subordonne son don de guérir à des fins égoïstes et il reste tolérant.
    Le mystique est surtout un créateur de système et un apôtre, il est le prosélyte de sa doctrine et lui soumet toutes choses. Ses actions, parfois dangereuses, n'ont de valeur, à ses yeux, que dans la mesure où elles augmentent le prestige des conceptions.
    Béziat est surtout un praticien. Il ne fait pas la propagande de ses croyances, auxquelles il n'est peut-être pas très profondément attaché. « Je n'ai jamais cherché à imposer mes convictions, l'avons-nous entendu dire. L'essentiel, n'est-ce pas, c'est que je guéris. »
    Il guérit et s'efforce passionnément de faire accepter « ce fait ».
    Au lieu d'une conception métapsychique, c'est un pouvoir personnel qu'il affirme.
    Il y a dans sa mentalité, un curieux mélange de disposition expansive et de tendance égocentrique.
    Tantôt il est sollicité dans un sens, tantôt dans l'autre. Ces oscillations perpétuelles entravent aussi bien les réalisations complètes de son altruisme, que de son égoïsme.
    Idéaliste passionné, il aurait pu édifier une religion nouvelle, comme un Swedenborg ou un Antoine, et conquérir la croyance populaire par des cures miraculeuses.
    Pragmatique, l'exploitation de son pouvoir lui aurait assuré d'importants bénéfices, s'il avait eu le génie de « monter une affaire ».
    Il ne s'est libéré, ni de l'intérêt, ni du mysticisme.

Dr Maurice Igert, Le Problème des guérisseurs, 1931 (p.153-154)

Voir les commentaires

Le Culte des Automistes (Excelsior, 4 décembre 1910)

Publié le par antoiniste

Le Culte des Automistes (Excelsior, 4 déc 1910)

Le Culte des Automistes

    BRUXELLES, 3 décembre. — La Chambre vient de recevoir une pétition signée de 60,000 personnes, réclamant la reconnaissance légale d'un nouveau culte : le « culte automiste ». Le grand-prêtre en est un rebouteux de Jemmeppe-sur-Meuse, connu sous le nom d'Antoine-le-Guérisseur.

Excelsior, 4 décembre 1910

 

Les communications n’étaient pas toujours très précises à l’époque. On ne sait pas ce qui s’est passé dans la tête du typographe pour déclarer qu’Antoine-le-Guérisseur est le grand-prêtre du culte automiste…

Voir les commentaires

Antoine le Guérisseur et ses disciples (Excelsior, 16 décembre 1910)

Publié le par antoiniste

Antoine le Guérisseur et ses disciples (Excelsior, 16 déc 1910)

                                                    Antoine "le Guérisseur" et ses disciples
    Antoine "le Guérisseur" compte aujourd'hui en Angleterre un grand nombre de disciples. Il exhorte ces derniers à lui conter leurs misères, et sa femme, plus connue sous le nom de "Chère mère", recommande aux visiteurs affligés d'avoir la plus grande foi dans Antoine, son mari. Celui-ci, par ses prières, doit soulager les maux des fidèles qui viennent à lui.

    Les photos sont titrés : Un groupe d'« Antoinistes » devant le temple ; Antoine prêche devant ses disciples réunis dans le temple ; La femme d'Antoine se promène dans le jardin du guérisseur (un peu différence d'une autre). On voit qu'elles proviennent d'articles anglais, d'où peut-être l'indication ici que le Père avait des adeptes en Angleterre.

Voir les commentaires

Le premier temple de l'antoinisme à Stembert (Figaro, 17 sept 1911)

Publié le par antoiniste

Le premier temple de l'antoinisme (Figaro, 17 sept 1911)

    Figaro en Belgique

LE PREMIER TEMPLE DE L'ANTOINISME

                                               Bruxelles, 16 septembre.
    Vos lecteurs n'auront pas oublié que les disciples du fameux rebouteur Antoine-le-Guérisseur, de Jemeppe-sur-Meuse, adressaient il y a quelques temps au gouvernement une pétition monstre demandant pour « l'Antoinisme », la reconnaissance légale due, d'après la Constitution, à tous les cultes. Les pouvoirs publics, n’admettent pas que l'idolâtrie dont Antoine-le-Guérisseur est l'objet eût un caractère religieux, ont opposé à cette requête un silence ...non consentant.
    Cela n'empêche que nous ayons maintenant un dieu nouveau et une religion tout battant neuf, car les fervents d'Antoine viennent de lui ériger à Verviers un temple que le soi-disant thaumaturge a inauguré lui-même. Les rites de ce culte seront d'une extrême simplicité, à en juger d'après la cérémonie inaugurale, où Antoine s'est contenté d'étendre les mains, sans une parole, pour bénir successivement les fournées d'adorateurs, introduites l'une après l'autre dans le temple, trop petit pour les contenir toutes à la fois. Pas une sonnerie de cloche, pas une prière, pas un cantique. La foi muette et toute nue. L'antoinisme vivra-t-il avec tant de simplicité et si peu d'apparat et de bruit ? Peut-être bien qu'à s'affirmer plus explicitement il se suiciderait.

Figaro, 17 septembre 1911

Voir les commentaires

L'enterrement d'un apôtre (Le Temps, 2 juillet 1912)

Publié le par antoiniste

L'enterrement d'un apôtre (Le Temps, 2 juillet 1912)

                       L'enterrement d'un apôtre

    Antoine le Guérisseur, que ses adeptes appelaient aussi Antoine le Généreux, a été inhumé hier dans la localité où il exerçait sa mission et son culte, à Jemeppes-sur-Meuse, province de Liége. Aux « antoinistes » du pays étaient venus se joindre nombreux des membres des autres communautés de Belgique.
    Le corps du prophète défunt, qui avait été exposé plusieurs jours dans le temple où il prêchait et imposait les mains aux malades, a été accompagné au cimetière par un cortège évalué à quinze mille fidèles, dont beaucoup donnaient les signes de la plus vive douleur. Le cercueil, porté par douze hommes de la communauté, était précédé d'un tronc d'arbre figurant l'arbre de la science du bien et du mal, que portait l'un des plus qualifiés adeptes de l'antoinisme, M. Delcroix, professeur à l'athénée de Liége.
    Ainsi qu'Antoine l'avait prescrit, ses restes ont été enterrés dans la fosse commune.

Le Temps, 2 juillet 1912

Voir les commentaires

Le Culte Antoiniste (L'Aurore, 5 décembre 1910)

Publié le par antoiniste

Le Culte Antoiniste (L'Aurore, 5 déc 1910)

                                            Le Culte Antoiniste

    Une curieuse pétition vient de parvenir à la Chambre des représentants de Belgique. Plus de cent mille Belges l'ont signée. Jamais, même pour le suffrage universel et pour l'instruction obligatoire, on n'était parvenu à réunir autant de signatures. Cette pétition est accompagnée d'une lettre du Comité du « Culte antoiniste », réclamant la reconnaissance légale de leur culte.
    La religion antoiniste, disent les pétitionnaires, est fondée sur le désintéressement le plus complet et Antoine le Guérisseur et les membres de son culte ne peuvent recevoir ni subside ni rémunération, mais ils veulent assurer l'existence de leur temple.
    Le temple de Jemeppe-sur-Meuse a coûté cent mille francs. D'autres temples vont être érigés aux frais des adeptes : la reconnaissance du culte aura pour effet de transférer la propriété des temples aux fabriques ou consistoires qui en auront la gestion matérielle, leur existence légale sera ainsi assurée.
    Antoine, le fondateur de la nouvelle religion, est un magnétiseur qui a opéré quantité de guérisons et ses adeptes le considèrent comme « un des plus grands bienfaiteurs dont l'humanité puisse se glorifier ».

L'Aurore, 5 décembre 1910

Voir les commentaires

Guérisseurs et charlatans (Courrier de Saône-et-Loire, 16 juillet 1912)

Publié le par antoiniste

Guérisseurs et charlatans (Courrier de Saône-et-Loire 16 juillet 1912)

         L'ACTUALITÉ

Guérisseurs et charlatans

    Le 30 juin dernier, avaient lieu, en pays wallon, à Jemmapes-les-Liège, au milieu d'une foule énorme de fidèles que les trains amenaient de tous les points de la Belgique, les obsèques d'un thaumaturge vraiment extraordinaire, Antoine-le-Guérisseur, qui n'avait fait rien de moins que de fonder une religion, variété de christianisme mélange de théosophie. Il guérissait par la prière et l'imposition des mains à la manière des « christian scientists » d'Angleterre et d'Amérique.
    Peu à peu les malades de l'âme comme les malades du corps, les incurables, les déséquilibrés, les névropathes, tous ceux que les médecins avaient abandonnés, avaient appris le chemin du petit pays de Jemmapes où Antoine avait son temple et tenait ses assises de médecine religieuse. Depuis plusieurs années il y avait les foules de Jemmapes comme les foules de Lourdes et les « antoinistes » formaient une communauté éparse en divers lieux même hors de Belgique, et fort nombreuse.
    Ce n'est que fort tard, déjà un vieillard, qu'Antoine se révéla le « prophète » et « l'homme de Dieu ». Pendant nombre d'années, petit bourgeois, presque du peuple, il était un homme comme un autre, un simple employé à la division des forges et martelage de la Société Cockerill. Il fut ensuite encaisseur à la Société anonyme des tôleries liégeoises. Puis il s'occupa d'assurances. Enfin vinrent la grâce, l'action et la prédication publiques.
    Bien que les fonds affluassent à son culte, Antoine-le-Guérisseur a toujours vécu modestement et exemplairement. Ses ressources, il les employa à la construction de son temple et des maisons ouvrières qui l'entourent ; il avait aussi organisé une imprimerie où se publiait chaque semaine un journal qui tirait à plus de 20.000 exemplaires et répandait la doctrine.
    Il y a quelques mois, les « antoinistes » de Belgique avaient adressé aux Chambres une pétition recouverte de cent mille signatures et demandant que la religion nouvelle fut reconnue par l'Etat.
    Le corps du prophète défunt qui avait été exposé plusieurs jours dans le sanctuaire, ainsi qu'il le nommait, où il prêchait et imposait les mains aux malades, a été porté par douze hommes de la communauté. L'un des plus qualifiés adeptes du maître, M. Delcroix, professeur à l'athénée de Liège, précédait, élevant à bout de bras une tige d'arbuste figurant l'arbre de la science du bien et du mal. Ainsi qu'Antoine l'avait prescrit, ses restes ont été enterrés dans la fosse commune.
    C'est pendant un prêche que « l'homme de Dieu » – aujourd'hui le « désincarné » – fut terrassé par une attaque d'apoplexie. Il put néanmoins avant de mourir proférer ces paroles : « Je désire que ma femme me succède dans mon enseignement religieux. Aux colonnes du temple, encore en deuil, l'affiche suivante a été apposée pendant l'exposition du cercueil : « Frère, le conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner aujourd'hui mardi matin 25 juin. Ayant de quitter son corps, il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous. Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures ».
    Il semble bien que devant ce personnage singulier qui se révéla sur le tard Antoine-le-Guérisseur, on se trouva plutôt en face d'un illuminé que d'un vulgaire charlatan ; dans tous les cas, ce serait un charlatan d'une jolie force et qui n'aurait plus rien d'un guérisseur ordinaire. La légende du zouave Jacob s'efface elle-même devant celle-ci, car le prestige religieux du mystagogue du pays wallon s'est exercé non seulement sur des foules, mais aussi sur des gens de l'élite sociale, et il est destiné à durer, semble-t-il.
    Au fond, du reste, n'y a-t-il pas une sorte de religion, un acte quasi-religieux dans la visite que le malade, comme il s'en pressait tant au temple de Jemmapes, rend au sorcier, au guérisseur non patenté ? Le premier médecin fut le prêtre, comme l'a dit Spencer et longtemps la médecine a été retardée dans son essor par cette notion que la maladie est un maléfice, une œuvre de mauvais esprit que seul le prêtre peut chasser. Si le populaire ne croit plus la plupart des maladies dues à de mauvais esprits, il a en tout cas retenu la notion du pouvoir magique du prêtre, ou de quiconque doit posséder une influence particulière ; de là le succès persistant des guérisseurs.
    Il y a toujours des charlatans, en médecine, en politique et même en littérature, mais des sorciers de l'envergure d'Antoine le-Guérisseur, l'espèce devient rare. Il est vrai que le moyen-Age en brûla beaucoup... Le Père de l'Antoinisme, s'il eût vécu de ce temps-là, était destiné au bûcher. Il y a, de nos temps, plus d'avenir pour la sorcellerie.

                                                         Robert DELYS.

Courrier de Saône-et-Loire, 16 juillet 1912

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>