Avec le souvenir, vient le remords ; en vain pour réparer l'oubli, nous grossissons la somme et accordons peut-être le double de ce que nous aurions donné en premier lieu ; n'eussions-nous alors donné qu'un centime, nous faisions une plus grande charité, parce que la seconde pensée ne découle pas de l'amour mais du remords de ne pas avoir obéi à la première.
Nous avons dit maintes fois que le mal n'existe pas ; c'est l'importance seule qu'on attache à une chose, c'est-à-dire l'imagination qui fait la souffrance.
Supposons que deux hommes soient accusés d'un même délit, d'un crime par exemple, commis dans des circonstances à peu près identiques. Connaît-on leur degré d'intelligence ? Sait-on s'ils ont agi par inconscience ou par réelle méchanceté ? L'un, vu son ignorance n'est pas à même de préméditer son forfait ; il n'est pas apte non plus à se défendre devant ses juges ; trop borné, il ne peut faire valoir aucun argument et on le condamne à quinze ans. L'autre, très rusé, est plus capable de préméditation ; son plus grand degré de développement intellectuel lui fournit les moyens de se justifier ; il prépare tout un arsenal qui lui permet de s'exprimer avec facilité ; il ne se voit condamné qu'à deux ans, quoiqu'il soit en réalité beaucoup plus coupable que le premier. Ce jugement n'est cependant que le reflet de la justice divine ; le second souffrira peut-être plus pendant ces deux années que le premier pendant quinze ans ; l'ignorance ôte à celui-ci l'appréciation nette du châtiment qu'il subit et auquel il se soumet sans discussion et sans murmure. L'autre au contraire se plaint de la justice ; il trouve sa peine bien plus grave que l'ignorant la sienne, c'est ce qui fait la balance.
Rien n'est inutile, tout ce qui arrive est profitable à notre avancement moral ; il faut la maladie pour apprécier la santé, la nuit pour comprendre les bienfaits du jour, les tribulations de la vie pour goûter le bonheur.
La Révélation, Des diverses directions de la vie et du bonheur, p.42
Un jour qu'il faisait nuit, je dormais éveillé, Tout debout dans mon lit, sans avoir sommeillé, Les yeux fermés, je vis le tonnerre en silence Par des éclairs obscurs annoncer sa présence. Tout s'enfuit, nul ne bouge, et ce muet fracas Me fit voir en dormant que je ne dormais pas.
Baron de La Pointe & Eugène Le Gai, Dictionnaire des calembours et des jeux de mots, lazzis, coqs-à-l'âne, quolibets, quiproquos, amphigouris, etc. article Amphigouri
N'est-ce pas le croyant, par son désir de s'améliorer et d'avancer vers Dieu, qui doit passer à travers les épines ? Après, les roses lui seront réservées.
Nous devons voir en Dieu plus de bonté et plus d'amour, il n'est pas possible qu'Il ait imposé des conditions pour aller à Lui, sachant que notre faiblesse est incapable de les respecter ; imparfaits, matériels comme nous le sommes, nous ne serions pas coupables en les enfreignant. Disons plutôt que Dieu nous a donné la faculté de créer des lois nous-mêmes au fur et à mesure que notre intelligence se développe.