Eklablog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

bibliographie

Robert Vivier, Délivrez-nous du mal (critique de L'Astrosophie)

Publié le par antoiniste

Délivrez-nous du Mal

Robert VIVIER

(Editions Bernard Grasset, Paris — 18 francs)

    Ce livre est une biographie du Père Antoine le Guérisseur, fondateur du culte des Antoinistes, une branche du mouvement spirite. Tout honneur à l'auteur ! Il avait une tâche ingrate : décrire une vie à la fois simple et remarquable, en gardant le ton naturel et pourtant en faisant valoir des pouvoirs presque miraculeux qui se sont développés dans un pauvre ouvrier par les méthodes spirites. Il ne sied pas ici de discuter les méthodes Antoinistes, l'hypothèse spirite, ni la nature de la guérison spirituelle. Les faits parlent. Dans son traitement du Père Antoine, écrit comme un roman de grande envergure, M. Vivier nous a montré que la bonté simple et la beauté d'esprit suffisent à rendre un être digne de devenir un messager du Guérisseur de Nazareth. Plus de 300.000 Belges et Français suivent, de nos jours, l'enseignement simple et spirituel du Père Antoine.

L'Astrosophie.
Revue d'astrologie ésotérique et exotérique ["puis" mensuelle d'astrologie] et des sciences psychiques et occultes

1936/05 (VOL14,N5).
source : gallica

Voir les commentaires

Max Stirner - L'unique et sa propriété ; traduction et préface de Henri Lasvignes (1900)

Publié le par antoiniste

Voir les commentaires

André Thérive - Sans âme (résumé et critique du livre)

Publié le par antoiniste

    1934, Paris. Rive gauche. Julien Lepers... ou Julien Verhaege... Elève de l'Ecole de Hautes Etudes pour un professeur occupant une chaire au Collège de France. Il s'occupe du Laboratoire de Physiologie des religions, en dilettante. Son intérêt pour l'Antoinisme et les théories de son logeur ne mène au aucune considération sociologique. Il est plus intéressé par de nouvelles connaissances féminines. En cela, Lydia, et Lucette le contenteront... Mais quand on n'assume pas son nom, saura-t-on assumer son amour ? Ses amours ? Et assumera-t-il son nom et son milieu d'origine ? Peut-être ses conquêtes l'aideront à y voir clair, peut-être pas ?...


------------------
Critique de Henriette Charasson dans La semaine littéraire (p.20) de La Femme de France, 03-04-1928
source : gallica

Un nouveau roman d'André THÉRIVE. — Sans Ame (Grasset).

SANS AME, oeuvre magnifique, n'est pas un roman gai ? Mais quel roman du spirituel Thérive — si taquin pourtant dans la vie privée, si caustique dans ses critiques ! — a jamais donné une impression de gaieté ? On n'y trouve même presque pas ce son, amusé par moments à force d'écoeurement, de son maître Huysmans, on y entend surtout l'écho de l'immense sanglot d'un peuple surmené, épuisé par ses plaisirs comme par ses souffrances, et dont la civilisation moderne semble avoir pris à tâche d'étouffer cette lumière — humaine pour les uns, divine pour les autres — qu'on appelait l'âme. Car pour le pauvre qui ne voit pas de but à la vie, comment supporter gaiement son oppressante laideur ? Avec quel prodigieux talent André Thérive a accumulé, dans cette sombre oeuvre inoubliable, les tableaux douloureux, les descriptions amères, les évocations sinistres.
    Au milieu de ces êtres qui ne savent même plus pourquoi ils respirent, Julien, — Julien Lepers, qui signe Verhaege ses gravures, — est un mal adapté, un désaxé qui ne connaît, quasi, pas plus son âme que ne le fait la triste plèbe au milieu de laquelle il se complaît. D'une famille bourgeoise, avec un oncle libre penseur et des parents morts tôt, il ne sait même pas s'il a été baptisé ; nul règlement dans sa vie, nul réel souci du bien et du mal, et s'il n'est pas méchant, c'est par instinct, ce n'est pas par volonté : et ces êtres-là font quelquefois plus de mal que bien des vrais méchants. Outre ce que lui rapporte son art, exercé souvent en amateur, Julien reçoit mille francs par mois d'un oncle industriel, et à peu près autant pour de vagues fonctions de « préparateur », obtenues par piston politique au Collège de France, dans un très fantaisiste « Laboratoire de Physiologie des religions », dont le maître a plus figure de faiseur que de convaincu. Comme il n'éprouve pas du tout « la vocation de l'intérieur » et se contente d'une sorte de taudis, Julien ne manque donc pas d'argent de poche pour s'amuser. Mais s'amuse-t-il ? Non, il essaie de se le faire croire, et quelles qu'en soient les conséquences, car « il aime mieux sentir en lui l'inquiétude que l'indifférence ». Il ne peut pas arriver à l'inconscience paisible, parce qu'il est trop curieux : des autres êtres, de soi aussi.
    Dans cet admirable roman où André Thérive s'est dépassé lui-même, plusieurs études s'entre-croisent, sans toutefois nuire à cette unité
d'action que constitue la psychologie de Julien. C'est d'abord la vie populaire, non celle qu'on trouve dans ces ménages d'ouvriers ordonnés,
réguliers où, comme dans tant de foyers de France, le travail et le sentiment de la famille, des responsabilités acceptées, règlent tout : c'est la vie populaire des milieux un peu gouapes (pas trop) des ouvrières plus ou moins en rupture d'usines, des ouvriers un peu trop amis des congés, sur le chemin des « affranchissements » dont Jean Galtier-Boissière, voici quatre ans, nous a si bien conté l'enchaînement... La vie aussi des coulisses de music-hall : et la
peinture vive, caustique, gouailleuse qu'en donne Thérive tient le coup à côté même des tableaux de Colette et offre un aspect nouveau de son talent : dialogues argotiques des danseuses, scènes de loges, et ce Grand-Actionnaire hollandais qui craint pour ses tapis neufs :

    Il courait lui-même après les fumeurs; il menaçait les mannequins ou les petites femmes du tableau d'adieu : insensible, il essuyait des vedettes les injures en français, en anglais, en argot; il saluait jusqu'à terre le moindre journaliste; il gardait son cigare au bec devant la femme du directeur.

    Une autre étude, où l'on retrouve le curieux d'hérésies du Plus grand Péché [autre livre de Thérive], c'est celle de cette étrange secte des Antoinistes, renouvelée de la Christian Science et comme avilie encore, démocratisée : là grince un peu le sourire huysmansien, car c'est dans de tels traits que le pessimiste qui se révèle immédiatement dans Thérive romancier condescend à montrer un peu d'humour et comme une sombre gaieté.
    Mais le relief principal du récit, c'est Julien Lepers qui nous le fournit, avec ses deux amoureuses qui sont cousines — Lucette qui a vingt-quatre ans, ex-cartonneuse, maintenant entretenue par un contremaître « dans le sucre », et Lydia, dix-sept ans, danseuse, qui travaille en perles chez elle, à l'hôtel, quand ça ne va pas fort. Lydia ne veut pas faire la noce ; seule au monde, elle a horreur des hommes qui lui courent après, c'est un petit être propre et vertueux, sans savoir pourquoi, car elle ne s'analyse pas ; elle aime son travail et ses bêtes. Une de ses camarades déclare d'elle : « Elle ne céderait
pas au pape, s'il ne lui plaisait pas. Et même s'il lui plaisait, j'en suis sûre, elle ne se le pardonnerait pas. » Là se trouve la clé de tout ce pauvre drame.
    Dans un petit cinéma de quartier, Julien a fait la connaissance de Lucette, Lucette qui a le Signe et qui par là le conquiert. Elle ne tarde pas à lâcher le contremaître pour lui ; auprès d'elle et de son frère, ancien champion sportif, du copain de celui-ci, un boulanger intellectuel et alcoolique, — un type digne de Dickens, — Julien s'encanaille. C'est qu'il ressent auprès de cette femme laide à la bouche abjecte « une ardeur triste que ne lui eût pas inspirée une femme plus belle, mais faite pour lui. » Il sait ce qu'elle est : pas sentimentale, dure et facile, violente, mal équilibrée, et peu séduisante ; chez lui, le dégoût alterne avec la passion aveugle, et de la douleur réside dans son ardeur. Il faudra que peu à peu il se rassasie d'elle, nourrissant de satiété ce dégoût obscur que certains hommes ont pour une femme trop connue, trop possédée, qui ne cache plus l'impureté, l'impudeur natives, à qui tout dire c'est trop, qui ne respecte plus en somme le secret de leur coeur, de leurs sens. Il faudra que peu à peu achève de se gâter ce bonheur a demi pourri, qui dès le premier jour recelait un vers et qui est le seul bonheur, en amour, que jusqu'ici les trente ans pervertis, ou tout au moins déséquilibrés, de Julien aient conçu et connu.
    Or, le premier jour que Lucette est venue chez Julien, elle s'est fait accompagner par sa cousine Lydia, la petite danseuse, ils l'ont reconduite à son hôtel, Julien sait donc où elle demeure. Cette enfant belle, mince, fine et presque pure ne parle pas aux sens faisandés de Julien, pourquoi se méfierait-il du sentiment qui le porte à chercher à la revoir ? et s'il n'en dit rien à Lucette, n'est-ce pas à cause de l'exécrable caractère de celle-ci ? Ce par quoi elle le touche profondément, c'est seulement par « l'expression d'une douceur naïve qui enchantait et pouvait consoler ». Julien n'avait jamais rencontré cela auprès des garces à qui son vice secret le condamnait. Comme il pensera souvent à cette enfant, comme il se plaira à l'aller revoir ! Et elle, si défiante, elle ne se défie pas trop de l'amant de sa cousine, parce qu'elle se sent très loyale et qu'il ne montre ni convoitise ni brutalité : au moindre indice, elle serait sur ses gardes. Aussi n'avoue-t-elle pas à Lucette les fréquentes visites de Julien. Il lui devient une chère habitude. Elle bavarde devant lui, lui révélant de jolies petites puérilités qui lui étaient inconnues et il admire qu'une vie artificielle ou instable laisse à un être tant de fraîcheur et de paix. Dans la complication d'un sentiment où, tour à tour, Lucette et Lydia lui apparaissent indispensables, il se sent lâche et bizarre et en jouit, sans repos.
    Quand Lydia retrouve du travail dans un music-hall, une jalousie le prend, à l'idée de ces gens qui verront « son corps et non pas la chose inconnue, l'âme peut-être, qui veillait dans cette chair fragile ».

    A cette heure il eût caressé un chien dans le ruisseau si ce chien avait su l'existence de Lydia.

    Et elle, elle sait qu'elle l'aime, mais elle sait aussi qu'elle a horreur de cette chose brutale qu'autour d'eux elle voit appeler l'amour. Et, un soir où il a été la contempler pour la première fois demi-nue sur la scène, où il la retrouve à la sortie du music-hall — parce qu'il montre sa tendresse, et qu'elle croit qu'il lui joue la
comédie pour la séduire, — la défense amère qu'elle lui oppose éteint sa naïveté, sa douceur, lui inspire précisément les pensées qu'elle voulait chasser.
    Il la possède, mouillée de larmes, et au matin elle le quitte durement en rappelant l'irrévocable adieu.
    Il faut vivre maintenant sans Lydia ; il n'a plus envie de Lucette ; il perd son emploi au Laboratoire, il n'arrive plus à placer ses gravures ; son oncle est mort, ruiné, ne lui laissant, tout comptes faits, qu'une douzaine de mille francs ; quelques mois lamentables passent et voilà qu'un jour, n'y tenant plus, ayant retrouvé la trace de Lydia, il apprend qu'elle a eu un accident dans son music-hall, elle n'a pas voulu aller à l'hôpital, on l'a portée dans son nouvel hôtel. Il y court aussitôt, dans le milieu de la nuit, on le laisse monter parce qu'on le prend pour le médecin...
    Ici, André Thérive a atteint à une hauteur où jamais encore nous ne l'avions vu monter, à une émotion contenue mais immense, profonde, dont j'avoue humblement que je ne le croyais pas capable. En lisant ces deux derniers chapitres de la plus sobre et déchirante beauté, on croit entendre de grands accords d'orgue, Thérive a réussi ce miracle de nous faire alors aimer son Julien, ce Julien bête, égoïste, brutal comme tous les hommes, mais bon aussi... comme un homme lorsqu'il aime vraiment.
    Dans cette misérable chambre d'hôtel, Julien trouve Lydia agonisante. De leur unique nuit il y a cinq mois, elle était enceinte ; sa chute a provoque un accident et la malheureuse enfant était seule. Elle qui jamais ne lui avait dit un mot de tendresse, lui demande de rester, lui crie : « Il n'y a eu que vous, je le jure ! » Et encore : « Allez, je ne vous en veux plus. »

    — Oui, oui, je vous pardonne. Vous savez pourquoi?
    Il fil signe que non.
    — Parce que je, parce que...
    Et tout bas, comme jadis, les lèvres faillirent articuler le mot d'aveu qui jamais entre eux ne devait sonner. Et une main se leva pour esquisser une caresse à l'homme coupable.
    Pour lui, il était affolé de cette révélation qui disait son indignité et sa honte. El il se cachait le visage devant ce visage qu'il eût vot lu ardemment regarder, aimer enfin à découvert.

    Ah ! Thérive, Thérive, nous ne vous savions pas aussi sentimental, et capable de soupirs comme ceux-là ! C'est dans Sans Ame que vous êtes poète, bien plus que dans vos vers. Cette scène de la mort de Lydia, comment la lire avec les yeux secs, tandis que l'enfant gémit : « Mourir, je veux bien, mais pas finir. » Et lui, tout bas, accroché à elle et qui la croit accrochée à lui, et qui la voit de tout près, à travers ses larmes (vous aviez donc enfin trouvé le don des
larmes, Julien Lepers ?).
 
    — On ne finit pas, vous savez. Il y a une âme.
    ... Pas finir ! disait la voix, et il comprit peu à peu que c'était une âme qui avait parlé, et qu'un sommeil plus profond l'avait saisie, l'avait enlevée dans ses bras.

    Et tout ce qui lui reste d'argent, Julien le donne pour les funérailles, pour la tombe de son unique bien-aimé. Il a pris une place dans le bureau de publicité d'un grand magasin, il sera maintenant un de ces misérables salariés assujettis qu'il dédaignait naguère, et il sent qu'il sera beau d'expier un peu, qui sait ? le crime d'avoir méconnu et perdu une âme ». Longtemps, il rêve au retour de l'enterrement, appuyé sur le parapet d'une voie de chemin de fer, versant des larmes si molles et si douces qu'une tendresse absurde y semblait vaincre le désespoir :

    Pourquoi les amours véritables ne se reconnaissent-ils pas sur terre ? Faut-il que la mort seule les libère de la honte et de l'impureté ? Il le croyait à ce moment, aidé par les pleurs. Jamais il ne s'était senti moins seul ; une présence universelle l'entourait, la conscience d'une souffrance humble et nécessaire, qui rachetait l'ignominie et l'aveuglement des gens heureux.

    Et la rêverie monte, monte jusqu'à n'être plus qu'une sorte d'admirable poème en prose baudelairien sur lequel finit le livre, dans une étonnante grandeur de forme et de pensée.

Henriette Charasson.

Voir les commentaires

Temps Jadis n°66 (Juin 2000)

Publié le par antoiniste

La seule religion belge, l'Antoinisme

R.Gaspard, E. Seffer.

 

Un texte neutre mais les Antoinistes n'y apprendront rien. Les cartes postales sont intéressantes, notamment celle de l'inauguration du temple de Verviers (le 12 juillet 1914) par Mère Antoine, et celle d'une Antoiniste verviétoise en costume.

A se procurer sur le site de Temps Jadis (www.tempsjadis.be)

Voir les commentaires

Vital Coutin, desservant du temple en 1937

Publié le par antoiniste

    Le desservant du temple de Saint-Etienne en 1937, Vital Coutin, est l'auteur d'un écrit mystique à partir de la Révélation : Le maître de grande pyramide annoncé par le langage des pierres. Cent-cinquante trois clés de l'énigme, démonstration scientifique et morale des deux passages du sauveur de la race humaine (Éditeur : Paul Leymarie).
    Une version plus complète de 1940, intitulée Le Sauveur de la race humaine, Annoncé par la grande pyramide, les textes égyptiens et les Évangiles avec preuves à l'appui a été distribuée à certains desservants.
    Ce livre annonce le retour du Père, étant le deuxième messie pour l'année 1945, mêlant dans ces calculs divers livres saints, ainsi que des dates de la vie de Louis Antoine et de la propre vie de l'auteur (l'année de sa conversion à l'antoinisme, celle de son acquittement par le tribunal de Chambéry, celle de la publication de son livre, le chiffre 44, puisque le temple de Saint-Etienne était le 44e temple antoiniste).

    Ces deux écrits sont succinctement décrits par Régis Dericquebourg, dans Les Antoinistes, au chapitre Vers un retour du Père ? (p.52-56) montrant l'importance que cette idée a pu avoir sur une partie des adeptes.

    Signalons encore qu'un certain Vital est l'auteur de Connaître ce n'est pas savoir, dans l'Unitif n°7, p.11-14. Il s'y décrit comme aimant les lettres et ayant étudié les différents philosophies et morales avant de rencontrer le Père.

Voir les commentaires

Maxence van der Meersch - Invasion 14 (1935)

Publié le par antoiniste

Maxence van der Meersch - Invasion 14 (1935)

Maxence van der Meersch. — Invasion 14. — Albin Michel.


    L'auteur nous conte l'histoire héroïque et poignante des régions de la France du Nord sous l'occupation allemande.
    En observateur sagace, en témoin scrupuleux, l'auteur relate minutieusement ce qu'il a vu. Tous les acteurs du drame défilent, habilement mêlés pour nous restituer l'image même de la vie.
    Un livre dense et puissamment charpenté qui sera peut-être un des plus précieux témoignages sur l'occupation allemande pendant la guerre mondiale.
Revue belge (Bruxelles) - 01/01/1936
source : Gallica

 

Il évoque en quelques mots, le destin d'une antoiniste.

    Elle abandonna une église aussi compliquée. Elle fut au temple réformé deux fois, séduite par le contraste de l'austérité et de la simplicité, s'y ennuya bientôt, rendit visite aux Antoinistes et ne retourna plus les voir... (p. 201).
    Du boudhisme au pythagorisme, du christianisme à l'antoinisme d'aujourd'hui, les religions reconnaissent cette réaction du physique sur le mental et l'allègement de l'esprit qu'apporte l'allègement des humeurs. (p. 295).

    Le même auteur écrivit une Vie du curé d'Ars en 1936.

Voir les commentaires

Fragments de l'Enseignement Révélé par le Père

Publié le par antoiniste

    C'est le travail qui nous donne les connaissances et l'épreuve en fait notre savoir.

    En 1911 déjà paraissait les Fragments de l'Enseignement Révélé par le Antoine le Généreux, Jemeppe, F.Deregnaucourt, s. d. 18 cms (haut) x 13,5 ; 40 p. Cette brochure est composé d'extraits remaniés de la Révélation.

    Les Fragments que j'ai pu me procurer sur internet comportent également 40 pages. Mais ce fascicule, à couverture verte, est édité par l'Union des Associations Cultuelles Antoinistes Françaises. Cependant il contient également 40 pages et son format est le même. Il semble donc que cela soit une réédition des Fragments de 1911.

    Les évoquant dans notre billet sur Jacques Michel, Antoine, l'Antoinisme, les Antoinistes (1949), nous disions qu'ils étaient plus un résumé interprétant l'Enseignement que des extraits.
    En effet, prenons trois exemples :
- Dans la chapitre Cause de la variété des partis et des groupes, on lit dans les Fragments : "Ceux d'entre eux qui recherchent la cause de toute chose s'élèvent plus rapidement et sont heureux de former une société nouvelle." Dans la Révélation, même chapitre, p.28, on lit : "Ceux d'entre eux qui évoluent plus aisément recherchent la cause et sont tout heureux de former une société nouvelle plus progressive".
- Dans le chapitre suivant des Fragments, La loi humaine comparée à la loi de la conscience, on lit : "Nous n'avons aucune responsabilité si nous laissons faire chacun à sa manière, nous sommes dans la loi. Nous ne pourrions nous dispenser de respecter la loi humaine". Dans la Révélation, même chapitre, p.152 : "Nous n'avons jamais que la responsabilité de nous-mêmes. Si vous laissez agir chacun à sa guise, vous êtes dans la loi. Vous ne pourriez vous dispenser de vous conformer aux lois humaines".
- Même chapitre, paragraphe suivant dans les Fragments : "La conscience doit nous diriger ; nous y conformons nos actes suivants notre développement sans nous rendre compte de son efficacité. Toute loi doit avoir la conscience pour base, c'est par elle qu'elle doit être établie". Dans la Révélation, 3e paragraphe : "Les lois nous servent à nous diriger ; le plus souvent nous y conformons nos actes sans nous rendre bien compte de leur efficacité. Toute loi doit avoir la morale pour base ; elle doit nous être révélée".
    Ajoutons que les réponses du Père sont introduites, non pas par 'Le Père', mais par 'Notre Père'.

    Voici les faits : les changements sont de plusieurs ordres : redécoupage des paragraphes, ajouts de virgules ou de points, déplacements de phrases, changements d'un mot pour un autre.
    Quelles conclusions en tirons-nous : Ces fragments ne respectent pas le travail moral de Mère qui disait : "Dites qu'on ne peut pas même changer une virgule à l'ENSEIGNEMENT. Celui qui voudrait le faire en aura des épreuves pour reconnaître ses erreurs. Ni le mot "croire"; ni aucun mot: qu'ils se contentent de se rassasier de l'amour qui en découle, sans se servire de l'intelligence pour le contrôler".
    Qu'on autorise une traduction est une chose (une traduction néerlandaise existe de longue date, une partie de la Révélation a été entreprise en allemand, en portugais, en italien, et Albert van der Naillen avait l'autorisation pour entreprendre une traduction anglaise, qui ne vit pas le jour pour cause de désincarnation), même si une traduction est une interprétation de l'original, mais dans le but de le diffuser plus largement, ce que le culte énonce dans ses statuts ("propagation et étude de l'enseignement antoiniste"). Mais il est étonnant qu'une interprétation en français ai pu être édité par le culte même. C'est d'autant plus regrettable que certains auteurs s'en servent pour construire un jugement sur la Révélation et l'oeuvre du Père à partir de ces fragments.
    Il semble cependant que ces Fragments ne soient plus en vente dans les temples, ce qui est heureux. Quand à l'Unitif de format journal, il se contente de citer de extraits de l'Enseignement, sans rien y changer.

Voir les commentaires

Révélation par le Père et comment on nomma Père

Publié le par antoiniste

 On remarque ici que le nom "Antoine" a été supprimé. Cela peut nous donner l'occasion de retracé l'évolution de la façon dont on nomma Louis Antoine.

    La Revue Mensuelle de l'Enseignement du Nouveau Spiritualisme est fondé par Antoine le Guérisseur en avril 1908. En juin 1908, le titre fut modifié en Revue Mensuelle de l'Auréole de la Conscience. En juillet 1908, le titre devient Revue Mensuelle de la Révélation : L'Auréole de la Conscience. Il restera tel jusqu'à la fin de la revue.
    La plupart des articles parus dans l'Auréole se retrouvent, revus et corrigés, dans la Révélation et le Couronnement de l’œuvre révélée.

    Généralement la Révélation et le Couronnement se trouvent réunis en un seul volume, relié en toile noire ; sur le plat sont écrites en lettres blanches les indications suivantes : Culte Antoiniste. Révélation par le Père Antoine, ces derniers mots ayant remplacé Antoine le Guérisseur, ou Antoine le Généreux, figurant sur les premières éditions. Un carton collé sur la couverture de certains exemplaires porte Généreux, substitué à Guérisseur (cela vers 1911).
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.141.

    On apprend par un article du Journal de Charleroi du 9 juin 1913 qu'on parle déjà alors de La Révélation et non plus de l'Enseignement d'Antoine le Guérisseur.

    Dans l'Unitif, Numéro spécial, de juillet 1941, on apprend qu'à la dernière séance du Conseil à laquelle le Père assista en 1911, Il dit ceci : Puisque vous m'honorez de m'appeler Père, je me vois obligé aujourd'hui de dire : " Mes enfants " et le Père continua ainsi par la suite à nous appeler ses enfants.
   En conséquence, il fut décidé que dans les livres d'Enseignement on remplacerait le nom Antoine ou Maître comme certains adeptes l'avaient déjà surnommé, par le mot " Père ". Et les mots " Mes Frères " comme le Père s'exprimait alors furent remplacés par les mots " Mes Enfants ".

   
    En 1929-1930, dans les publications du Culte Antoiniste, on remplaça les mots PÈRE ANTOINE par PÈRE. On fit même distribuer dans tous les temples des bandes de correction pour placer à cet effet dans les Enseignement et Développement (dans les chambres du temple de Jemeppe, on peut tomber sur un exemplaire biffé au crayon).
    Dans l'avenir, il est a souhaiter que la Révélation soit plus largement répandue et dépasse le cadre du Culte Antoiniste.
    C'est pourquoi lorsqu'on réimprimera l'Enseignement, il serait bon de faire deux livres :
le 1er : l'Enseignement, questions et réponses par le Père.
le 2e : le Couronnement.
Frère Jean-Marc Boffy, Historique du Culte Antoiniste, p.72 et 89.

    Cette réimpression est en vente dans le temple de Jemeppe, reliée par une spirale, avec une couverture vert clair.
    Régis Dericquebourg l'explique comme évolution vers un culte charismatique, qui d'Antoine le guérisseur, devient Antoine le généreux, puis maître vénéré appelé le Père. Ce culte charismatique évoluera vers un cult ensuite, un culte centralisé à Paris et Jemeppe où chaque guérisseur a son propre charisme mais témoigne sa fidélité au Père (p.143).

    Il est a noté que la version néerlandaise, qui date de l'époque de Mère très certainement, porte l'inscription : Antoinistische leer - Openbaring door Antoine den Weldoener, en français Culte Antoiniste - Révélation par Antoine le Bienfaiteur. Mais aussi dans le corps du texte, de Hervormer der Menschheid (le Réformateur de l'Humanité), Antoine den Genezer (Antoine le Guérisseur), Vader Antoine (Père Antoine), et Antoine (au lieu de Le Père) précédant ses réponses.
    Dans la biographie du Père, on le surnomme "le Régénateur de l'Humanité", et dans l'Historique du Culte Antoiniste, on signale qu'on l'appela aussi un temps "Maître". En italien, il y a Rivelazione dei Dieci Principi di Dio dal Padre, et en allemand, on trouve : Offenbarung der zehn Prinzipien Gottes durch den Vater.

Voir les commentaires

Abbé Brabant - L'Antoinisme (1931)

Publié le par antoiniste

Abbé Brabant - L'Antoinisme (1931)

Auteur :    Abbé Brabant
Titre :     L'Antoinisme ou la religion bizarre d'un faux prophète
Editions :     Editions Rex, Louvain, 1931 ; in-12, 64 p.
Sommaire :
Première partie : Antoine, guérison du corps
        1ère phase : Liqueur Coune
        2e phase : L'eau magnétisée
        3e phase : Le papier magnétisé
        4e phase : Les passes individuelles
        5e phase : Les passes collectives
    I. Les guérisons antoinistes
    II. Le secret d'Antoine
    III. Les foules à Jemeppe et ailleurs
Deuxième partie : Antoine, prophète et fondateur de religion - Ses révélation !
    I. Doctrine antoiniste
        1. La Création
        2. Dieu
            A. Catéchisme
            B. Théories erronées de Hegel
            C. Blasphème, avec sources démoniques
        3. Le Démon
        4. L'Homme
            A. Le Corps de l'homme
            B. L'Âme
            C. L'Inteligence et la Conscience
    II. Morale antoiniste
    III. Culte antoiniste
Appendice : Le Dorisme

Cfr. les recensions de Pierre Debouxhtay dans Leodium, septembre 1931, p.95 ; La Vie Wallonne, 15-4-1932, p.288.

    Dans une brochure et dans des conférences, M. l'abbé Brabant, professeur à l'Ecole Moyenne d'Aywaille (curé à Huccorgne en 1934), attaqua l'antoinisme "qui cause tant de ravages dans nos populations rurales et déchristianisées par les théories subversives ou spirites" (in Pierre Debouxhtay). L'auteur se base en grande partie sur le livre de Hubert Bourguet, curé de Saint-Antoine à Liège, Antoine de Jemeppe et l'Antoinisme (1918).

    Un petit mot sur les éditions REX. Elles furent créées en 1931 par Léon Degrelle (collaborateur nazi et négationniste belge).
cf. : http://antoinisme-documentation.skynetblogs.be/ :
    "Un mot d'explication pour les plus jeunes : il s'agit d'une maison d'édition d'avant-guerre qui a donné naissance, en Belgique, au mouvement rexiste.
    "Mouvement sinistrement connu pour avoir, pendant la seconde guerre mondiale, collaboré activement avec les nazis et avoir envoyé une légion combattre à Stalingrad."

    Par les titres du sommaire, on remarque tout de suite le caractère inquisiteur du ton de l'auteur. Pierre Debouxhtay dit que Kervyn, suivi par Bourguet, Leroux et Brabant, distingue cinq phases dans la thérapeutique d'Antoine. Mais il ajoute qu'il ne croit pas qu'il faille admettre cette division. Pour Debouxhtay, il faut distinguer trois phases.
    L'Antoinisme, d'après l'auteur, ne peut qu'être l'oeuvre du Démon qui s'est emparé de Louis Antoine. L'auteur n'a lu l'Enseignement avec des oeillères comme les auteurs auteurs catholiques chrétiens qui ont étudié l'antoinisme (hormis Pierre Debouxhtay). Le problème est qu'il le critique pas seulement d'un point de vue chrétien, mais dans son ensemble. Comme il ne reflète pas la vérité du christianisme, il ne peut qu'être dangereux pour l'humain.
    L'auteur pense comme Bourguet que les Antoinistes prient le Démon en citant la phrase : "le Dieu auquel vous vous adressez pour être exempt de tous vos maux, « c'est le Démon » (Développement, p.410)".
    La phrase exacte est : "Ne croyons pas en Dieu mais croyons en nous, sachons que nous sommes Dieu nous-mêmes, nous aurons compris également le Dieu auquel nous ne devons pas croire. Rappelez-vous que je vous ai parlé jadis de l'existence du démon. Eh bien : le voilà, c'est le Dieu auquel vous vous adressez pour être exempts de tous vos maux ; c'est par lui que nous sommes accessibles à toutes les maladies, tous les accidents, toutes les catastrophes qui nous affligent ; nous le prions pour qu'il nous en préserve, croyant qu'il est le vrai Dieu, tandis que nous prenons le Dieu véritable pour le démon."
    Le Père nous enjoint donc ici bien au contraire : de prier le Dieu qui est en nous, et non le Dieu extérieur dont on voudrait qu'il nous sauve de nos malheurs. Ce Dieu-là est le démon. Le vrai Dieu est notre Dieu intérieur, c'est lui que nous devons prier.
    Les auteurs n'auront donc pas lu cette phrase : "Quand nous ne verrons plus le mal, nous serons avec Dieu ; mais si peu que nous le voyions, nous devenons incompatibles avec Lui : d'un Dieu de bonté et d'amour, nous faisons un démon car s'il existait une injustice, elle aurait nécessairement sa source en Lui" (Le Couronnement de l'OEuvre Révélée, C'est Adam & Eve qui forment la base des termes de comparaison, p.XVII).

Voir les commentaires

Régis Dericquebourg - Croire et guérir (2001)

Publié le par antoiniste

Croire et guérir (Quatre religions de guérison), Paris, Dervy, 2001, 193 p.

    Ce livre est une version remaniée d’un ouvrage du même auteur paru chez Cerf / Fides en 1988 sous le titre « Religions de guérison ». L’ouvrage initial comportait trois études de cas portant sur des religions de guérison actives un peu partout dans le monde : l’Antoinisme, la Science Chrétienne et la Scientologie. La nouvelle version comprend une étude de cas supplémentaire et inédite sur le groupe français Invitation à la Vie (IVI) ainsi qu’une courte préface de Jean Baubérot et une postface plus substantielle d’Olivier-Louis Séguy.


    En effet, par rapport à l'ouvrage précédent chez Cerf/Fides, celui-ci se veut un complément. Le format du Bref est certes plus pratique, mais Croire et guérir est intéressant à plus d'un point, aussi concernant l'antoinisme. Tout d'abord par la postface d'O.-L. Séguy, chargé des cours au conservatoire national des Arts et métiers et avocat à la Cour d’Appel de Paris, spécialiste de la liberté de conviction, et membre du CESNUR (Centro studi sulle nuove religioni - Center for Studies on New Religions). Citons les différents titres de cette postface pour se rendre compte de la richesse de celle-ci :
- Lien religion-guérison : novateur ou traditionnel ?,
- La protection de la guérison religieuse,
- L'absence de valeur juridique des rapports sur les mouvements religieux marginaux,
- La déformation médiatique de la marginalité religieuse,
- Les bornes à la liberté religieuse.

    Mais ce Croire et guérir comprend également un chapitre de plus (les autres n'ont à première vue pas été corrigés ou augmentés, hormis celui sur la Scientologie) sur le mouvement Invitation à la Vie (IVI). Mouvement intéressant à plus d'un titre, mais je vous laisse le découvrir en lisant le livre. Parlons plutôt de ce qu'on peut apprendre sur l'antoinisme avec ce chapitre.
    Evoquant les effectifs, Régis Dericquebourg fait un parallèle avec l'antoinisme : "le mouvement connaît une relative expansion dans le monde et une décrue dans le pays-mère. Selon les responsables d'I.V.I., les manifestations organisées par le mouvement rassemblent toujours autant de participants. Si leur constatation est exacte, on assisterait au passage d'une communauté d'adhérents à une population de sympathisants autour d'un noyau dur. C'est dans cette dernière qu'on trouverait des jeunes gens. Peu à peu, I.V.I. ne va-t-il pas ressembler à l'Antoinisme qui ouvre encore des temples, qui a peu d'adhérents et beaucoup de sympathisants ? C'est d'une manière générale le mode d'existence des mouvements religieux qui pratiquent la thérapie spirituelle et qui deviennent des "clients-cults" (mouvement qui a un public de personnes qui recourent à ses services dépassant largement le nombre de fidèles)" (p.103).
    Concernant le recous au médecin, faisant partie de la Vie dans la mouvement, et après l'exposé des chiffres montrant que 97% des personnes parmi les 217 qui ont répondu ont recours à un médecin, on lit : "Nous avons déjà observé ce phénomène à propos d'autres religions de guérison (sauf, en principe, la Science chrétienne) où la prière de guérison est un supplément d'âme et de sens qu'on ajoute à un traitement médical" (p.114-115).

    Voilà deux choses qui permettent d'en savoir plus le mode de fonctionnement de l'antoinisme.

 

    Recension :

Dericquebourg R., Croire et guérir. Quatre religions de guérison, Paris, Dervy, 2001, 22x14, 195 p., 14.48 €. ISBN 2-84454-076-7

    Sur un sujet qui pouvait être passionnant, ce petit ouvrage déçoit, d’abord parce qu’il est mal écrit et mal corrigé (ainsi, la note 51 a disparu au profit d’une répétition de la note 52, p. 141 et 151, sans parler de nombreuses fautes d’orthographe) ; ensuite parce qu’il demeure à mi-chemin dans l’analyse des « religions » qu’il se contente de décrire : l’antoinisme (sans doute le chapitre le mieux réussi), la science chrétienne, l’invitation à la vie, la scientologie (avec un curieux parti-pris pour cette dernière) ; enfin, la préface de J. Baubérot, sociologue des religions, et la postface d’O.L. Seguy, avocat « spécialiste de la liberté de conviction », ne parviennent pas à modifier l’impression d’une trop grande précipitation, comme l’atteste aussi le lexique, où manquent certains mots récurrents (le fameux cult…). On sait, pour finir, que les pratiques thérapeutiques sont intriquées, dans ces groupes minoritaires, avec des cosmologies religieuses particulières ; mais pourquoi le « profil sociographique » ainsi dressé s’intéresse-t-il si peu au régime financier de telles « religions » ? — N. Hausman, S.C.M.

Dans Nouvelle revue théologique 2005/1 (Tome 127), pages 135 à 155 - Religions
https://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-theologique-2005-1-page-135.htm

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>