Faire-part - Martin Wille (La Wallonie, 11 novembre 1937)(Belgicapress)

Il s'agit d'un adepte du temple de Bierset. Mais on n'en sait pas plus sur lui.

Il s'agit d'un adepte du temple de Bierset. Mais on n'en sait pas plus sur lui.
Par les Statuts du culte, on sait que Frère Noël David et sa femme Sœur Mélanie Mélin, avec Frère Gilles Lefebvre, sont à l'origine du temple de Bierset. Ils ont construit le Temple sur une partie de leur terrain et en était donc voisins.
On apprend la désincarnation de Frère Noël David et de Sœur Mélanie Mélin par la presse belge :

La Wallonie, 29 novembre 1932 (source : Belgicapress)

La Wallonie, 28 septembre 1934 (source : Belgicapress)
– MORT DE FROID DANS LA RUE. Un froid très vif règne dans le Nord de la France depuis quelques jours. A Caudry, petite ville des environs de Cambrai, le grand-prêtre de la secte Antoiniste, M. Gaston Michies, 54 ans, s'en revenait du temple où il avait officié quand, pris de congestion, il tomba inanimé sur la chaussée. Des passants se portèrent à son secours mais M. Michies avait déjà expiré. P.B. (E.)
Le Soir, 4 mars 1932 (source : Belgicapress)
Article repris dans la Nation belge le même jour :

Les trois premiers prix de la première catégorie ont été remportés par MM. Brouhon, Denis Dor et Fernand Delcroix, de Seraing.
La Meuse, 12 juin 1894 (source : Belgicapress)

Ougrée. - Cercle littéraire et scientifique. - Séance aujourd'hui mercredi à 8 1/2 heures précises du soir. Causerie par Fernand Delcroix, professeur. Sujet : « La science consolatrice. »
La Meuse, 24 avril 1895 (source : Belgicapress)
Auteur : Anne-Cécile Bégot
Titre : La construction sociale de l'efficacité thérapeutique au sein de groupes religieux (Science Chrétienne et Antoinisme)
Édition ethnographiques.org, Numéro 15 - février 2008
Les nouveaux mouvements religieux [en ligne].
(https://www.ethnographiques.org/2008/Begot - consulté le 20.01.2022)
Résumé
Dans le cadre d’un travail doctoral, mené dans les années 1990, on a réalisé une étude auprès de deux groupes religieux minoritaires, la Science Chrétienne et l’Antoinisme.
Née à la fin du XIXe siècle aux Etats-Unis, sous l’impulsion de Mary Baker Eddy, une femme d’origine protestante, la Science Chrétienne a avant tout touché les catégories sociales moyenne et supérieure. L’Antoinisme porte le nom de son fondateur, Louis Antoine, un ancien mineur d’origine catholique dont le mouvement voit le jour au début du XXe siècle, en Belgique, et touchera une population essentiellement ouvrière. Ces deux groupes se sont implantés, en France, au début du XXe siècle.
Leur particularité est d’avoir accordé une place centrale à la guérison. Dans le cadre de cet article, on s’est donc intéressé à la construction sociale de l’efficacité thérapeutique au sein de la Science Chrétienne et de l’Antoinisme.
Il ne s’agit pas d’appréhender la maladie et la guérison d’un point de vue biomédical mais de considérer celle-ci comme une forme de déviance, et celle-là comme la résultante d’un processus de normalisation. Pour cela, on s’est intéressé aux croyances et pratiques considérées comme thérapeutiques au sein de ces groupes et au ressort de leur efficacité.
Il s’avère que la guérison est avant tout un processus conduisant à se conformer à un certains nombre de normes et de valeurs, spécifiques à chacun des groupes. Le rôle joué par l’organisation religieuse dans le processus thérapeutique tient essentiellement à exercer un contrôle sur les croyances et pratiques des adeptes.
Une analyse comparative permet alors de noter de substantielles nuances entre les groupes, et ce tant au niveau des formes organisationnelles que du sens accordé à ces pratiques.
Lire un extrait dans ce billet.

Auteur : Collectif, sous la direction de Bertrand Ouellet et Richard Bergeron (participation de Régis Dericquebourg et Anne-Cécile Bégot)
Titre : Croyances et sociétés - Communications présentées au dixième colloque international sur les nouveaux mouvements religieux (Montréal, août 1996) Coll. « Héritage et projet »
Éditions : Fides, Paris, 1998 - 496 pages
cf. https://books.google.de/books?hl=fr&id=iaGLjL9TmbcC&q
Régis Dericquebourg, que l'on ne présente plus, apporte sa contribution sur le sujet de La controverse sur les sectes en France (p.79).
Pour sa part, Anne-Cécile Bégot présente des groupes centrés sur la guérison spirituelle, dont la spécificité est de véhiculer différents éléments de protestation vis-à-vis de la médecine allopathique et de la gestion de la maladie. La conclusion de l'article revient sur deux aspects :
1. les croyances et pratiques rattachées à la guérison spirituelle véhiculent aujourd'hui des éléments de protestation distincts de ceux repérés à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ;
2. l'euphémisation de la protestation tient autant à l'évolution des groupes qu'aux changements intervenus au sein de l'institution médicale.
Lire un extrait dans ce billet.
On a inauguré dimanche, à Fo-
rest, un temple consacré au cul-
te antoiniste. (Les Journaux).
Peut-être ne saviez-vous pas,
O Bruxellois toujours sceptiques,
Que les maux qui nous guettent en tas,
Sous les paroles prophétiques
D'un thaumaturge conséquent,
Sont appelés à disparaître,
Et bientôt nous verrons paraître,
Ainsi qu'à l'âge d'or, vraiment,
Une humanité sans seconde,
S'en allant partout à la ronde
Chanter les joies de la vertu.
Le Paradis était perdu
Depuis Milton, mais chance rare,
Le Père Antoine du Tarare,
Dont le règne était arrivé,
Très heureusement a sauvé
Le genre humain, et sur la terre,
Ni la famine, ni la guerre,
Ne viendront nous tarabuster.
N'est-ce pas le cas de chanter
Du grand guérisseur les louanges,
Il est aujourd'hui chez les anges,
Mais s'il est mort, bien mort, hélas !
La mère Antoine est un peu là.
Elle guérit de l'eczéma,
De la peste, de la gravelle,
Du typhus et de la tavelle,
De l'angine et du corysa.
Elle a la Foi ; rien ne résiste
A ses ardentes oraisons.
Le furoncle comme le kyste,
La diarrhée, les frissons,
L'hydropisie, la gastrite
L'hydrophobie, la néphrite,
La pituite et le lumbago
S'évanouissent tout de go
Devant son geste, sa parole,
Et si vous avez la pécole,
La gale ou bien le choléra,
Bien sûr qu'elle vous guérira
Sans qu'il vous en coûte une obole.
Vous qui pleurez, ayez la foi,
Ayez la foi du Père Antoine.
L'effet est certain, croyez-moi,
Sur la rate et le péritoine.
MISTIGRI
Le Messager de Bruxelles, 13 août 1916 (source : Belgicapress)
Au Pays du Spiritisme
ANTOINE-LE-GUERISSEUR
C'est à Jemeppe-sur-Meuse que le spirite fameux, et surnommé Antoine-le-Guérisseur habite.
Mérite-t-il le nom qui lui a été donné ? C'est ce dont nous avons tenu à nous rendre compte de visu, et c'est le résultat de notre visite chez lui que nous voulons exposer à nos lecteurs.
Grâce au bienheureux Antoine, le petit village de Jemeppe-sur-Meuse est connu aux quatre coins du pays, et il est devenu de centre d'une nouvelle religion qui déjà a son temple...
Pour me rendre chez le nouveau Messie, je n'avais guère eu besoin de me renseigner beaucoup. Une bonne femme à qui je demandai l'adresse d'Antoine parut surprise de mon ignorance.
– Suivez ces gens, me dit-elle, ils vont sûrement chez lui...
Et je suivis une multitude, dont le passage m'avait frappé et que j'attribuais à la célébration des funérailles d'un notable de la localité. Mais c'était le cortège habituel et journalier des visiteurs d'Antoine-le-Guérisseur.
Sa maison est modeste, mais elle est flanquée d'un vaste bâtiment ayant tout-à-fait l'aspect d'une chapelle. A l'intérieur, tout le rez-de-chaussée est garni de bancs. Une galerie fait le tour du hall, et de chaire de vérité est adossés au fond, face à l'entrée. Les murs sont garnis d'inscriptions en grandes lettres. L'une nous fait savoir immédiatement dans quel lieu nous nous trouvons. Elle porta : Ecole professionnelle de philosophie et de morale, et elle est accompagnés d'autres inscriptions.
J'en citerai quelques-unes : Un seul remède peut guérir l'humanité : La Foi. – C'est de la Foi que naît l'amour : l'amour qui nous montre dans nos ennemis, Dieu lui-même. Ne pas Aimer ses ennemis, c'est ne pas Aimer Dieu. Car c'est l'Amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir. – C'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité.
Ces maximes en valent d'autres, et développer chez son prochain l'amour du semblable n'a rien de méchant. C'est la religion d'Antoine. Donne-t-elle de bons résultats ?
Nous sommes bien une centaine de personnes qui attendons. Quoi ? Mon voisin m'explique. A tour de rôle nous serons reçus par le Guérisseur, et il suffit pour l'approcher de se présenter à un guichet que l'on m'indique, et où un disciple d'Antoine me remet une plaque de plomb, avec un numéro. La mienne porte le numéro 410, et cela veut dire que, ce matin je suis le 410e qui s'est présenté pour voir le Guérisseur... Et je ne suis pas le dernier, à ce que je vois par les nouveaux arrivés qui viennent s'asseoir derrière moi.
La guichetier appelle les visiteurs par le numéro qu'ils portent. On en est au 250e. Il y a du bon, j'ai le temps de bavarder.
Mon aimable voisin m'explique que toutes ces personnes viennent pour elles-mêmes ou pour des parents malades. Lui vient pour sa fillette, qui souffre sans se plaindre. Mélancolie ou neurasthénie, il ne sait, mais on lui a dit qu'Antoine la guérirait, et il est venu.
Une autre personne, une dame d'un certain âge, me dit qu'elle vient de Maubeuge. C'est la troisième visite qu'elle fait à Antoine : sa fille était malade, on la soignait sans arriver à un mieux. Et maintenant ? Elle est en bonne voie de guérison...
Et que prend-elle ? Rien. Antoine prie pour elle, et il suffit qu'elle pense à lui, qu'elle espère...
Sapristi, cela devient sérieux. Qu'est-ce que je vais bien raconter à ce saint homme ? Vais-je me déclarer malade ou journaliste ? Je prends le premier de ces deux partis, car en cherchant bien je n'ai pas difficile à me découvrir un malaise, un bobo, là...
Le guichetier arrive à mon numéro. Je tends mon plomb, une porte s'ouvre et je me trouve en présence d'Antoine-le-Guérisseur. L'impression est bonne. Antoine a une figure de brave homme aux cheveux et à la barbe grisonnants.
– Que désirez-vous, mon ami ? C'est pour vous que vous venez ? Qu'avez-vous ? me demande-t-il.
Et moi de lui répondre, de bonne foi, je souffre de ceci, de cela. A bien chercher, je me suis découvert toute une collection de malaises...
Antoine-le-Guérisseur lève les yeux au Ciel, puis il les abaisse sur moi et il me dit :
– Espérez, je prierai pour vous. Cela ira mieux,
– Mais, objectai-je, et mes drogues ?
– Abandonnez-les, contentez-vous de penser à moi, cela suffira, me répond-il.
– Et combien vous dois-je ? demandai-je pour terminer l'entretien.
– Rien, Monsieur, dit Antoine de sa voix douce.
Comme je n'ai pas suivi le « traitement » d'Antoine, et pour cause, je ne sais quelle peut être son efficacité.
Mais il paraît que certains s'en trouvent bien. On cite des cas de guérison surprenante. Est-ce vrai ? Pourquoi pas, en somme, pour les malheureux qui ont la « foi », la grande, celle qui soulève les montagnes. Le zouave Jacob, dont il fut tant parlé il y a une vingtaine d'années, n'arrivait-il pas à guérir lui aussi...
Et Lourdes, de nos jours ?...
En tout cas, à Jemeppe-sur-Meuse, c'est un pèlerinage incessant. Antoine reçoit tous les jours de 7 heures du matin à midi, sauf le samedi et le dimanche. Ce jour, Antoine-le-Guérisseur monte en chaire pour enseigner le « Nouveau Spiritualisme »...
Mais il se tient à la disposition du public, tous les jours et à toute heure pour les cas urgents !
Ses « offices » sont suivis par une foule considérable, et parmi les visiteurs qui viennent à ses « consultations », on en voit de tous les coins du pays et même de l'étranger. Dame, on ne paye rien, et à ce prix on en redemande...
Le seul bénéfice, et je ne sais si cela peut en constituer un, – il est minime en tous cas – consiste dans la publication d'une revue mensuelle, « L'Auréole de la Conscience », dont l'abonnement annuel coute deux francs. Et encore, les visiteurs ne sont pas sollicités...
Dans cette revue, et sous forme d'entretiens, Antoine-le-Guérisseur préconise la charité, l'amour du prochain, la tolérance pour toutes les opinions, parce que, dit le Messie de Jemeppe : « La liberté et l'égalité sont inséparables de la foi ».
Ce n'est pas si mal et surtout, cela pourrait être médité avec avantage par beaucoup. NEMO.
Gazette de Charleroi, 20 décembre 1908 (source : Belgicapress)