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Arthur Haulot, résistant, poète et conteur belge

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Arthur Haulot

Arthur Haulot,  O.M.W. (Ordre du Mérite Wallon, 2012, à titre posthume), né le 15 novembre 1913 à Angleur, et mort le 24 mai 2005, est un résistant, poète et conteur belge.

    Né le 15 novembre 1913 à Angleur en Belgique, Arthur Haulot grandit dans un foyer peu riche mais heureux. Il est marqué très jeune par son père ébéniste, militant socialiste. Dans À la recherche de sens : 200 noms de dieux, de Jean Olivier (EdiPro, 2019, de l'émission télévisée "noms de dieux", d’Edmond Blattchen et Jacques Dochamps), on apprend que sa mère est croyante, antoiniste.
    À l'âge de 16 ans, Arthur quitte l'école pour travailler à la Fabrique nationale de Herstal puis dans une banque coopérative où le travail de comptable ne le passionne guère. Grâce à Isi Delvigne (orateur socialiste) qui remarque ses qualités littéraires dans le Journal des Petits Faucons rouges, Arthur Haulot est engagé en 1931 au journal La Wallonie où il entame sa carrière de journaliste. Quatre ans plus tard, il devient journaliste reporter à l'Institut national de radiodiffusion jusqu'en 1937, date à laquelle il devient attaché de cabinet du ministère des communications.
    En 1938 il est nommé inspecteur à l'Office National des Vacances ouvrières puis il fonde le commissariat général au tourisme avec son ami Henri Janne.

La guerre éclate
    En mai 1940, lors de l'invasion allemande, Haulot est contraint d'entrer dans la clandestinité car il est membre du parti socialiste belge. Lors d'une opération clandestine qui se déroule à la fin de l'année 1941, il est arrêté par la Gestapo puis emprisonné à Bruxelles à la prison de Saint-Gilles. Malheureusement, à cause d'un attentat commis au restaurant ‘‘Le Cygne’’, réservé aux officiers allemands, Arthur Haulot se retrouve « incorporé » dans un groupe de 40 otages victimes de l'opération "Nuit et brouillard".

Arthur Haulot, résistant, poète et conteur belge

 

Arthur Haulot, Dachau (Wikimedia_Commons)

 

Il est déporté au camp de Mauthausen où, âgé de 29 ans, il tient bon malgré les privations, les mauvais traitements et le travail exténuant. En novembre 1942, il est transféré au camp de Dachau où il participera au Comité international clandestin comme représentant des prisonniers belges. Il sera l'adjoint de Pat O'Leary (Albert Guérisse), Président du Comité, lorsque ce dernier assurera le commandement du camp lors de la libération de celui-ci par la division Rainbow de l'armée américaine.
    Considérant que « jamais nous ne tombons ni ne nous élevons si haut que dans des circonstances exceptionnelles » Arthur Haulot dit de sa tragique aventure : « Si je sors d'ici vivant, je ne regretterai jamais d'y être passé ».

L'après-guerre
    À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il témoigne en 1945 de l'horreur des camps de concentration dans un livre intitulé Dachau. Afin de commenter personnellement le procès de Nuremberg, il exerce à nouveau durant quelques mois son ancien métier de journaliste au journal Le Peuple. [...]
    Afin de récompenser de telles actions, le roi Baudouin le fait baron alors qu'il vient d'obtenir le titre de docteur honoris causa donné par l'université Paris-8 à une personnalité étrangère, dont l'engagement et les œuvres s'inscrivent dans l'esprit de l'université. [...]
    Arthur Haulot était franc-maçon, membre actif de la Loge Action et Solidarité n°1 du Grand Orient de Belgique.
    Arthur Haulot est mort le 24 mai 2005 laissant la Belgique orpheline d'un « résistant, poète, conteur, nouvelliste, essayiste » soucieux des relations humaines entre tous les peuples. »

Les sept merveilles de Belgique
    Soucieux de l'image touristique de la Belgique, il eut l'idée en 1978, en tant que Commissaire général au tourisme à l'époque, de la notion des sept merveilles de Belgique1.
- L'Agneau mystique de Gand- Fonts baptismaux de Saint-Barthélemy de Liège
- La châsse de Notre-Dame Flamande à Tournai
- La Descente de Croix de Rubens à Anvers
- La Chute d'Icare de Pieter Breughel à Bruxelles
- Le reliquaire de Sainte-Ursule de Hans Memling à Bruges
- Le trésor d'orfèvrerie d'Hugo d'Oignies à Namur

source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Haulot

    Il intervient dans un livre de Christian Libens Sur les pas des écrivains à Liège où il évoque le temple de Hors-Château. 
    Frère Pierre précise encore : Arthur Haulot, Poète, grand résistant, a été une voix qui comptait, élevé au rang de baron par le Roi, il était né de parents antoinistes, il en a parlé lors d'une émission de tv, "au nom(s) de dieu(x)" au départ on demandait a l'invité d'écrire le titre au pluriel ou non, il a fait passer a l'écran la photo du Père, fier de ses origines, il était, cependant franc maçon déclaré, un très grand Monsieur

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Après la ''désincarnation'' - Antoine le Guérisseur (La Tribune de Genève, 3 juillet 1913)(e-newspaperarchives.ch)

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Après la ''désincarnation'' - Antoine le Guérisseur (La Tribune de Genève, 3 juillet 1913)(e-newspaperarchives.ch)Après la ''désincarnation''
Antoine le Guérisseur

    Des fêtes antoinistes ont été célébrées l'autre jour à Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique, à l'occasion de l'anniversaire de la mort d'Antoine.
    Il y a eu en effet un an mercredi dernier qu'est mort le visionnaire fameux, dont le renom est considérable tant en Belgique qu'à l'étranger : Antoine le Guérisseur.
    Cet homme, à qui son regard fulgurant et sa barbe de fleuve donnaient l'aspect d'un des anciens prophètes d'Israël, exerçait sur la plupart des gens qui l'approchaient un ascendant extraordinaire. Il disait posséder la révélation de la vérité. Il passait pour opérer, par le seul pouvoir de sa volonté, des guérisons miraculeuses.
    Mais l'antoinisme ne mourut pas avec Antoine, et le temple édifié à Jemeppe continue à être le centre d'un mouvement intense, centre où parviennent chaque jour, sous forme d'un courrier formidable, les plaintes et les vœux de l'humanité malheureuse.
    C'est qu'Antoine avait pris une sage précaution pour assurer la pérennité de son œuvre.
    Quand il fut sur le point de mourir, il fit savoir à ses disciples que sa femme lui succéderait, qu'elle pourrait s'assimiler à son fluide éthéré et il la chargea de recueillir et de lui transmettre les désirs des antoinistes.
    C'est en vertu de cette désignation que la veuve du guérisseur guérit à son tour, ou, du moins, s'y applique.
    Pour célébrer l'anniversaire de la désincarnation d'Antoine, celle qui fut sa femme conviait les antoinistes du monde entier à se rendre, mercredi dernier, à Jemeppe-sur-Meuse ; elle annonçait que les malades obtiendraient de grandes guérisons.
    Les antoinistes vinrent au nombre de plusieurs milliers. La Belgique, les Pays-Bas, certaines provinces du nord de la France fournirent le gros de cette armée singulière. Paris, qui compte quatre ou cinq groupes antoinistes, avait, pour sa part, envoyé environ cent-cinquante pèlerins.
    Les plus zélés suivent les recommandations du père Antoine à la lettre. C'est ainsi qu'ils s'imposent le port d'un costume disgracieux, dont le guérisseur fixa la couleur et la coupe : c'est, en serge noire, un vêtement sans nom, qui réalise une manière de compromis entre la soutane des prêtres maronites et la redingote de certains pasteurs américains ; comme coiffure, un « gibus » qui rappelle, avec moins d'ampleur, l'antique « bolivar », que nous pouvons voir, sur de vieilles gravures, couvrir le chef vénérable de nos arrière-grands-pères.
    Dans le temple antoiniste, c'est la Mère qui procède. La Mère, c'est la veuve d'Antoine, lequel n'est désigné par les antoinistes que sous le vocable le Père.
    Dans le silence qui précède les grands événements, les fidèles attendirent, regardant devant eux une tribune étroite et longue, sur le bord de laquelle était peint – blanc sur fond noir – l'arbre de la vie, symbole de s'antoinisme. Devant la tribune principale, quelques mètres plus bas, une autre tribune, plus petite.
    Au bout d'une demi-heure d'attente, un grand diable barbu et chevelu, avec les yeux perdus qu'on prête aux nihilistes russes, apparut sur la tribune la moins élevée et resta là, sans mot dire, le regard dans le vide.
    C'est, notre frère Deregnaucourt. Ainsi que la Mère a remplacé le Père, il remplacera la Mère le jour où celle-ci se désincarnera à son tour...
    Le frère Deregnancourt attendit... L'assistance était haletante et recueillie. Seule, la béquille d'un infirme, en tombant sur le plancher, troubla un instant le silence.
    Mais soudain, on entendit le tintement aigrelet d'une sonnette. Tous les pèlerins se dressent, d'un seul élan. C'est la Mère qui apparaît. Elle est sur la tribune. Toute blanche dans ses vêtements noirs, elle regarde vers le plafond, en se tordant les poignets... Avec un peu de bonne volonté, on peut retrouver dans l'expression de son visage l'air fatal et inspiré des anciennes sibylles... Cinq minutes, elle reste là, le regard fixe, les poings crispés... Puis elle s'en va... C'est fini. Les fidèles se retirent.
    C'est là « l'opération » annoncée. La mère dut la recommencer cinq fois, chaque fois devant cinq à six cents personnes.
    On avait aussi promis des guérisons. Mais c'est une autre affaire. Ce sera sans doute pour plus tard !
    Après les opérations, les antoinistes ont fait un pieux pèlerinage à travers le jardinet où tout en repiquant ses salades et en échenillant ses choux, le père Antoine sentit naître sa vocation de Christ nouveau...

La Tribune de Genève, 3 juillet 1913 (source : e-newspaperarchives.ch)

Reprend en partie l'article paru dans Le Matin du 30 juin 1913.

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Le Maître Parle - Dieu (Jitno Zerno, 1935)

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Le Maître Parle - Dieu (Jitno Zerno, 1935)

Jitno Zerno, 1935

Le Maître Parle - Dieu (Jitno Zerno, 1935)

 

Le Maître Parle - Dieu #1 (Le Fraterniste, 15 avril 1935)

 

Le Maître Parle - Dieu (Jitno Zerno, 1935)

Le Maître Parle - Dieu #2 (Le Fraterniste, 1er mai 1935).

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Michaël Ivanoff - Le Maître du Monde (Nuit et jour, 12 juin 1947)

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Michaël Ivanoff (Nuit et jour, 12 juin 1947)

(Nuit et jour, 12 juin 1947)

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Frère et Sœur Laho, au service du Temple de Lille jusqu'en 1996 (photo FB de Jean-Luc Passerel, petit-fils)

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Frère et Soeur Laho, au service du Temple de Lille jusqu'en 1996 (photo FB de Jean-Luc Passerel, petit-fils)

Frère et Sœur Laho, au service du Temple de Lille jusqu'en 1996
ici à la source du Père à Seraing
(photo FB de Jean-Luc Passerel, petit-fils)

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Frère et Sœur Laho, au service du Temple de Lille jusqu'en 1996 (photo FB de Jean-Luc Passerel, petit-fils)

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Frère et Soeur Laho, au service du Temple de Lille jusqu'en 1996 (photo FB de Jean-Luc Passerel, petit-fils)

Frère et Sœur Laho, au service du Temple de Lille jusqu'en 1996
ici à la source du Père à Seraing
(photo FB de Jean-Luc Passerel, petit-fils)

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Eine neue Religion (Neue Zürcher Zeitung, 10 décembre 1910)(e-newspaperarchives.ch)

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Eine neue Religion (Neue Zürcher Zeitung, 10 décembre 1910)(e-newspaperarchives.ch)

Eine neue Religion.
(W. Orig.-Korr.) 

                                                                                                    Brüssel, 7. Dez.
    In Belgien wurde dieser Tage eine neue Religion gegründet und zwar unter den folgenden Umständen. In der Ortschaft Jemappes-sur-Meuse (Provinz Lüttich) ließ sich vor etlichen Jahren ein Heilkünstler nieder, welcher unter dem Namen Antoine le Guérisseur und auch unter dem Namen Antoine le Généreux bald weit und breit bekannt wurde. Woher er kam, wußte niemand, eben so wenig, wie er eigentlich mit seinem richtigen Namen hieß. Nur so viel wurde bald bekannt, daß er eine Menge von Wunderkuren vollzog und Leute heilte, die von den Aerzten aufgegeben wurden. Da der Wunderdoktor keinerlei ärztliches Diplom ausweisen konnte, schritt die belgische Behörde ein und die Gerichte bestraften den Mann mehrmals wegen unbefugter Ausübung der ärztlichen Kunst. Aber schwer konnten die Strafen niemals sein, weil Antoine für feine Heilkünste keinerlei Entlohnung beanspruchte, seine geheimnisvolle Kunst also aus reiner Menschenfreundlichkeit übte. Die Zahl seiner Anhänger wurde mit jedem Tage größer, und gegenwärtig hat sich die Verehrung für Antoine le Guérisseur zu einem regelrechten religiösen kurz ausgebildet. Der Heilkünstler wird, so unglaublich dies klingt, als neuer Heiland verehrt. Die Gläubigen errichteten ihm in Jemappes-sur-Meuse einen eigenen Tempel, welcher 100,000 Franken kostete, und seine Anhänger, etwa 200,000 an der Zahl, sagten sich kürzlich in aller Form vom Katholizismus los und begründeten eine „Antoninische Religionsgenossenschaft“. In einer mit nicht weniger als 160,000 Unterschriften versehenen Petition an das Brüsseler Parlament verlangten die „Antonisten“ soeben die förmliche Staatliche Anerkennung ihrer Religionsgenossenschaft, womit der Staat nach der belgischen Verfassung verpflichtet wäre, die Priester der neuen Religion zu besolden und zum Baue ihrer Gebetshäuser beizutragen. Seltsamerweise trägt die Petition auch Unterschriften gebildeter Leute, wie Lehrer und Notare, die zu den eifrigsten Anhängern des neuen Propheten zu gehören scheinen.
    Nach den Bestimmungen unserer Verfassung wird die klerikale Regierung der neuen Religionsgenossenschaft die Anerkennung kaum verweigern können, und sie wird dann nach dem Katholizismus die stärkste Konfession in Belgien darstellen, da wir in diesem Lande nur etwa 20,000 Israeliten und 15,000 Protestanten zählen. Bei dem Umstande, daß die 200,000 „Antonisten“ in demselben Bezirke wohnen, ist es keineswegs ausgeschlossen, daß unser Parlament schon anläßlich der nächsten Wahlen mit etlichen „Antoninischen“ Abgeordneten geziert wird.
    Die Ultramontanen sind natürlich außer sich vor Wut über diese unerwartete Konkurrenz, wobei sie nur vergessen, daß sie es sind, welche den Boden für den Aberglauben in Belgien durch die Errichtung und finanzielle Ausbeutung ihrer zahlreichen Wunderheilstätten geschaffen haben. Antoine le Guérisseur verlangt wenigstens nichts für seine Wunderkuren, und darin ist er den Wunderkapellen des heiligen Hubertus, des heiligen Remacle und der unzähligen Notredames immerhin überlegen.

Neue Zürcher Zeitung, 10. Dezember 1910 (source: e-newspaperarchives.ch)

 

Traduction :

Une nouvelle religion.

                                                                                                        Bruxelles, 7 déc.
    Une nouvelle religion a été fondée ces jours-ci en Belgique dans les circonstances suivantes. Dans la localité de Jemappes-sur-Meuse (province de Liège) s'est établi, il y a quelques années, un guérisseur qui, sous le nom d'Antoine le Guérisseur et aussi sous celui d'Antoine le Généreux, fut bientôt connu à des kilomètres à la ronde. Personne ne savait d'où il venait, pas plus qu'il ne connaissait son vrai nom. Tout ce que l'on sut bientôt, c'est qu'il pratiquait une multitude de cures miraculeuses et guérissait les personnes abandonnées par les médecins. Comme le thaumaturge ne pouvait présenter aucun diplôme médical, les autorités belges sont intervenues et les tribunaux ont sanctionné l'homme à plusieurs reprises pour exercice illégal de la médecine. Mais les peines n'ont jamais pu être lourdes, car Antoine ne réclamait aucune rémunération pour ses talents de guérisseur et pratiquait donc son art mystérieux par pure philanthropie. Le nombre de ses adeptes augmentait de jour en jour, et actuellement, la vénération d'Antoine le Guérisseur s'est transformée en un véritable culte religieux. Aussi incroyable que cela puisse paraître, l'artiste guérisseur est vénéré comme un nouveau sauveur. Les fidèles lui ont érigé un temple à Jemappes-sur-Meuse, qui a coûté 100 000 francs, et ses adeptes, au nombre de 200 000 environ, ont récemment renoncé formellement au catholicisme et fondé une "coopérative religieuse antoiniste". Dans une pétition adressée au Parlement de Bruxelles et munie de pas moins de 160 000 signatures, les "antoinistes" viennent de demander la reconnaissance formelle par l'Etat de leur association religieuse, ce qui obligerait l'Etat, selon la Constitution belge, à rémunérer les prêtres de la nouvelle religion et à contribuer à la construction de leurs maisons de prière. Curieusement, la pétition porte également les signatures de personnes instruites, comme des enseignants et des notaires, qui semblent être parmi les plus fervents partisans du nouveau prophète.
    Selon les dispositions de notre constitution, le gouvernement clérical ne pourra guère refuser la reconnaissance de la nouvelle association religieuse, qui constituera alors la confession la plus forte en Belgique après le catholicisme, puisque nous ne comptons dans ce pays qu'environ 20 000 israélites et 15 000 protestants. Etant donné que les 200 000 "antoinistes" habitent dans le même arrondissement, il n'est pas du tout exclu que notre parlement s'orne déjà de quelques députés "antoinistes" à l'occasion des prochaines élections.
    Les ultramontains sont évidemment furieux de cette concurrence inattendue, oubliant seulement que ce sont eux qui ont créé le terreau de la superstition en Belgique par la construction et l'exploitation financière de leurs nombreuses maisons de santé miraculeuses. Antoine le Guérisseur ne demande au moins rien pour ses cures miraculeuses, et en cela il est tout de même supérieur aux chapelles miraculeuses de Saint-Hubert, de Saint-Remacle et des innombrables Notre-Dames.

Neue Zürcher Zeitung, 10 décembre 1910 

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L'Antoinisme (La Libre Parole, dir. Edouard Drumont, 1er mars 1912)

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L'Antoinisme (La Libre Parole, dir. Edouard Drumont, 1er mars 1912)L'Antoinisme
UNE FARCE QUI A TROP DURÉ

    L'Antoinisme, dont je parlais il y a quelques jours, n'est pas de date récente, comme on pourrait le croire : un prêtre de nos amis nous signale qu'il sévit depuis quelque temps en province, et que même des mesures ont été prises déjà pour enrayer la contagion.
    Il y a plusieurs années que l'Antoinisme a fait son apparition, dans la vallée du Grésivaudan, une des plus pittoresques du Dauphiné.
    Là, le père Antoine se fit d'abord connaître comme guérisseur. « La recette est des plus simples, nous dit notre correspondant. Vous souffrez d'un mal de dents, d'un embarras gastrique, d'une fatigue d'intestin, vous avez une pneumonie, une fièvre typhoïde, un membre fracturé, le cerveau fêlé : laissez de côté toutes les prescriptions de ces charlatans diplômés qui s'appellent médecins et chirurgiens, faites un acte de foi à Antoine et écrivez-lui. Quand votre lettre est écrite, dûment signée et paraphée, déjà vous éprouvez du soulagement ; votre lettre est mise à la poste ou confiée au facteur, le mieux s'accentue ; le surlendemain votre lettre est parvenue à Jemappe-les-Liège : vous êtes radicalement guéri. »
    Le procédé est infaillible. Si la guérison n'est pas obtenue, c'est que vous n'avez pas la foi ou qu'on ne l'a pas autour de vous ; s'il arrive que le malade meure, c'est sans souffrance ; s'il se débat dans une agonie atroce, c'est un faux-semblant, mais en réalité il ne souffre pas.
    Vous voyez comme c'est simple, et vous commencez à comprendre pourquoi M. Guist'hau avait fermé l'Ecole de médecine.
    Dans cette vallée du Grésivaudan, l'Antoinisme a son apôtre en la personne de Mme Marguerite Casset, du village de La Flachère, et il a son temple au chef-lieu de canton, Le Touvet.
    Quelques catholiques ayant pris cette farce au sérieux, une instruction fut lue en chaire l'an dernier par tous les curés, rappelant la conduite à observer par les paroissiens.
    Les choses en sont là.
    Peut-être apprendrons-nous que d'autres contrées sont contaminées. Il est bon que les catholiques soient prévenus, mais il n'y a pas lieu de prendre l'aventure au tragique, quoique les plus courtes plaisanteries soient les meilleures.
                                                                          Albert Monniot.

La Libre Parole, dir. Edouard Drumont, 1er mars 1912

 

    Le journal satirique liégeois Tatène reprend l'auteur de cet article.

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Katholisches Leben in Belgien (Luxemburger Wort, 6. Juli 1939)(eluxemburgensia.lu)

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Katholisches Leben in Belgien (Luxemburger Wort, 6. Juli 1939)(eluxemburgensia.lu)Kirchliches
Katholisches Leben in Belgien.

    In der „Cité Chrétienne“ schildert Kanonikus J. Vieujean den gegenwärtigen Stand des „christlichen“ Belgien. Es heißt darin: „In den Provinzen Luxemburg und Namür hat sich das Christentum am stärksten erhalten. In Luxemburg gibt es mehrere Pfarrgemeinden, in denen 90 Prozent der Gläubigen ihre Osterpflicht erfüllen. Lüttich und Hainaut sind die am stärksten laizisierten Provinzen des ganzen Landes. Lüttich zählt 300 000 praktizierende Katholiken neben 520 000 Taufscheinchristen. In den Kleinstädten schwankt die Zahl der gläubigen Katholiken zwischen 70 und 30 Prozent, in den großen Industriezentren sinkt die Verhältniszahl unter 25 Prozent herab. Sehr groß sind die Unterschiede in den sozialen Klassen. Die Bauern sind die gläubigsten, die Industriearbeiter die entchristlichsten Elemente der Bevölkerung. Viele Jungarbeiter geben jede religiöse Betätigung bereits nach der Erstkommunion auf. Die Hälfte oder gar Dreiviertel der jungen Arbeiter versäumen die kirchlichen Sonntagspflichten. Nicht, daß sie ihren Glauben verlieren oder das Beten aufgeben, aber sie schließen sich von jeder religiösen Gemeinschaft aus. Unter der erwachsenen Fabrikarbeitern beträgt die Prozentzahl der praktizierenden Katholiken oft nur 5 Prozent; unter den Landarbeitern ist sie sehr viel höher.“
    Ueber die Ursachen der Entchristlichung schreibt Kanonikus Vieujean: „Wir müssen auch den Einfluß religiöser Sekten in Betracht ziehen, vor allem des Antoinismus und der protestantischen Sekten. Der Antoinismus hat besonders unter den Volksschichten viele Anhänger gewonnen, in denen der Sozialismus den Boden bereitet hat; aber er hat auch der Kirche eine bedeutende Anzahl Mitglieder entrissen. Augenblicklich scheint er seinen Höhepunkt erreicht zu haben. Die protestantischen Sekten haben sich seit dem Weltkrieg sehr vermehrt. Sie entwickeln eine intensive Tätigkeit, aber die Zahl ihrer Anhänger ist immer noch gering und setzt sich meist aus Angehörigen jener Klassen zusammen, die vorher durch andere Einflüsse entkirchlicht waren.
    Der Spiritismus scheint heute bereits im Absterben begriffen zu sein, und die Theosophie gibt überhaupt kein Lebenszeichen mehr von sich. Andererseits hat die Freidenkerbewegung in den letzten Jahren eine sehr kämpferische Haltung eingenommen.“

Luxemburger Wort, 6. Juli 1939 (source : eluxemburgensia.lu)

 

Traduction :

Vie de l'Église
La vie catholique en Belgique.

    Dans la "Cité Chrétienne", le chanoine J. Vieujean décrit l'état actuel de la Belgique "chrétienne". On peut y lire : "C'est dans les provinces de Luxembourg et de Namur que le christianisme s'est le plus fortement maintenu. Au Luxembourg, il y a plusieurs paroisses dans lesquelles 90% des fidèles accomplissent leur devoir pascal. Liège et le Hainaut sont les provinces les plus laïcisées de tout le pays. Liège compte 300 000 catholiques pratiquants à côté de 520 000 chrétiens sur certificat de baptême. Dans les petites villes, le nombre de catholiques pratiquants varie entre 70 et 30 pour cent, tandis que dans les grands centres industriels, le taux descend en dessous de 25 pour cent. Les différences entre les classes sociales sont très importantes. Les paysans sont les plus croyants, les ouvriers industriels les éléments les plus déchristianisés de la population. De nombreux jeunes ouvriers abandonnent toute activité religieuse dès leur première communion. La moitié, voire les trois quarts des jeunes ouvriers manquent aux obligations religieuses du dimanche. Non pas qu'ils perdent leur foi ou qu'ils abandonnent la prière, mais ils s'excluent de toute communauté religieuse. Parmi les ouvriers d'usine adultes, le pourcentage de catholiques pratiquants n'est souvent que de 5 pour cent ; parmi les ouvriers agricoles, il est beaucoup plus élevé".
    Sur les causes de la déchristianisation, le chanoine Vieujean écrit : "Nous devons également tenir compte de l'influence des sectes religieuses, notamment de l'antoinisme et des sectes protestantes. L'antoinisme a gagné de nombreux adeptes, surtout dans les couches populaires où le socialisme a préparé le terrain ; mais il a aussi arraché à l'Église un nombre important de membres. Il semble avoir atteint son apogée en ce moment. Les sectes protestantes se sont beaucoup multipliées depuis la guerre mondiale. Elles développent une activité intense, mais le nombre de leurs adeptes est encore faible et se compose le plus souvent de membres des classes qui étaient auparavant déchristianisées par d'autres influences.
    Le spiritisme semble aujourd'hui déjà en voie de disparition, et la théosophie ne donne plus du tout signe de vie. D'autre part, le mouvement de la libre pensée a adopté ces dernières années une attitude très combative".

Luxemburger Wort, 6 juillet 1939

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La fête des Antoinistes (Le Soir, 26 juin 1925)(Belgicapress)

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La fête des Antoinistes (Le Soir, 26 juin 1925)(Belgicapress)A JEMEPPE-SUR-MEUSE
LA FETE DES ANTOINISTES
(De notre envoyé spécial.)

    Sur le tram qui m'avait conduit de Liége à Jemeppe, j'avais rencontré déjà des petits bourgeois, des artisans, des vieilles dames vêtues de noir et pauvrement endimanchées, des petits garçons et des petites filles que la douleur et la foi avaient déjà rendus pensifs, et j'avais compris que j'avais autour de moi de ces Antoinistes, dont la fête annuelle m'avait attiré en cette région. C'étaient encore des gens pareils à ceux que l'on remarque dans ces pays industriels où la misère et le travail ont pâli ou jauni les visages. Ils étaient isolés et dans quelques instants ils allaient, en se mêlant à d'autres gens venus de tous les points de la Belgique et même de la France, devenir cette masse anonyme et compacte à laquelle on donne un nom précis et qui n'a plus qu'une seule et même personnalité : les Antoinistes en la circonstance.
    Je m'étais joint à la théorie pieuse qui me servait de guide, et à mesure que nous avancions dans la rue banale et bordée de petits commerces de Jemeppe, des groupes s'ajoutaient aux autres groupes ; je considérais des faces ravagées par les rides, faces qui se décoraient pourtant d'une gravité et d'une tristesse et qui s'appariaient étrangement à ce paysage de terrils cendreux, de hauts fourneaux gigantesques, à ces brumes noires et à ces fumées minces et blanches que l'on dirait cruelles, comme l'acier poli et acéré que leurs flammes ont façonné.
    O la détresse de ces pauvres existences sans d'autres issues que la mort !
    La foule se pressait dans des rues étroites, sous des viaducs sombres, contre des talus d'herbes jaunies. Le temple des Antoinistes se cache entre des maisons de briques sales. Il est surmonté d'un clocher bas en zinc, qui se termine en une sorte de vrille qui va s'effilant. A l'intérieur, la plus grande simplicité règne, des chaises, des bancs de bois, des murs teints en jaune ; une galerie qui court le long de la salle triangulaire. Pas d'autel, pas d'ornements. Sur le grand mur noir du fond se détache en blanc cette inscription en très gros caractères :
    « L'auréole de conscience.
    » Un seul remède peut guérir l'humanité : la foi. C'est de la foi que nait l'amour : l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même : ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu ; car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir. C'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité. »
    Quand nous entrons, le temple est déjà rempli d'une foule dévote qui se recueille. Sous l'inscription, un siège est placé. Cinq desservants se sont groupés autour de ce siège. Ils forment le conseil de l'Antoinisme. Leur nombre est de sept ; l'un d'eux est malade, et le plus important va venir. C'est un grand vieillard, à la barbe blanche, aux traits émaciés. Il lève ses regards vers le ciel, il joint ses mains, il a des attitudes d'extase. Il annonce l'arrivée de la Mère, qui continue l'apostolat du père Antoine, mort depuis 1902. Et tout à coup, sur la petite galerie qui surmonte le siège et le groupe des guérisseurs, la forme spectrale de la Mère apparaît.
    Elle est âgée de 72 ans ; elle marche en glissant sur le bois de la galerie, et ne fait nul bruit. On la voit, on ne l'entend pas. Son visage est jauni comme un vieux parchemin ; elle porte un petit bonnet noir qui retombe en manière de cape sur les épaules. Elle fait des gestes d'exorcisme ; elle joint les mains d'abord, elle les écarte ensuite ; on perçoit sur ses lèvres un murmure inintelligible. On dirait qu'elle appelle, qu'elle attire à elle un esprit invisible qui résiste, et qu'elle combat. Les fidèles ne suivent pas ses gestes ; ils ont les mains jointes, ils méditent en silence ; ils font intérieurement des actes de foi, attendant que la foi opère. Il y a là des malades qui attendent la guérison, et celle-ci ne peut venir que s'ils croient ardemment.
    La Mère s'en va silencieusement comme elle était venue ; c'est une ombre noire qui s'efface.
    Alors le guérisseur qui avait annoncé la présence de la Mère lit les dix principes de la foi antoiniste. Ce sont les préceptes de morale et de charité sur lesquels la foi antoiniste est basée. Il fait cette lecture d'une voix haute et monotone, scandant les phrases et appuyant sur certaines syllabes, dont le sens ne semble pas nécessiter cet accent. L'Antoiniste doit aimer ses ennemis ; il ne doit pas faire l'ostentation de ses aumônes ; il doit subordonner l'intelligence à la conscience.
    La « Grande Opération annuelle » est terminée dans le temple. Mais comme il y a, au dehors, une foule immense qui n'a pu trouver place dans la salle, on va renouveler ce rite à l'extérieur. L'église est évacuée. Les desservants, les guérisseurs, comme on veut les appeler, sortent processionnellement. Trois d'entre eux portent un cartel argenté sur lequel on lit ces mots : « L'arbre de la Science est la voie du mal ». La Mère reparait à la porte du temple, cette fois ; de nouveau elle fait les gestes de l'exorcisme qui doivent guérir, et le premier desservant lit encore les dix principes. C'est à cela que se limite le culte antoiniste ; il n'y a pas autre chose.
    Un long cortège se forme, qui va se dérouler dans la campagne. Il passe devant le cimetière et ne s'y arrête pas, parce que les Antoinistes ne croient pas à la mort, mais à la désincarnation et à la réincarnation.
    Je suis le cortège. J'aborde un de ces hommes que j'ai remarqués plusieurs fois. Ils portent de longues redingotes noires et sont coiffés d'un chapeau dit « haut de forme », mais peu élevé et à bords plate. C'est un petit vieillard à la barbe très blanche. Il me dit qu'il est le desservant, le « guérisseur » du temple de Jumet. Selon lui, plus de dix mille Antoinistes sont venus aujourd'hui à Jemeppe, le siège de la foi enseignée par le Père. Je me garderai bien de contrôler ce chiffre, mais quand il ajoute que des délégués sont venus des points les plus éloignés de la France, une brave femme s'écrie, pour corroborer sa parole : « Moi, je suis de Tours ! » et une autre ajoute : « Et moi, je suis de Monte-Carlo ! »
    L'Antoiniste me dit aussi qu'au cours des vingt ans de son apostolat, il a guéri plus de cent mille personnes. Le nombre des adeptes de cette foi s'élèverait à trois cent mille, répandus en Belgique et en France.
    – Et l'Angleterre ? lui demandai-je.
    – L'Angleterre est trop matérialiste !
    Cependant, il ne doute pas que la foi antoiniste ne s'étende bientôt sur le monde entier. Ce ne sera pas l'affaire de cette génération, mais des suivantes. Dans la secte, le culte est tout intérieur ; chaque homme possède Dieu en lui-même, mais un Dieu qui n'agit pas, qui attend qu'on le révèle, et chaque homme peut devenir Dieu lui-même.
    Le petit vieillard croit fermement en son Dieu, en lui-même, en la puissance personnelle dont chaque adepte dispose.
    Certes, je n'ai pas vu des aveugles glorifier la lumière retrouvée, je n'ai pas vu des paralytiques jeter au loin des béquilles qui leur étaient inutiles ; il paraît que la guérison s'opère longuement et selon la foi des fidèles. Mais j'ai partagé l'émotion de ces foules douloureuses, qui tentent d'échapper à un enfer de misère. Ces vieilles femmes au teint jauni, ces malades près de succomber sous l'effort du mal rongeur, se rattachaient comme des naufragés à l'épave de cette croyance ; et dans ce pays âpre et dur, où les fumées des usines obscurcissent le ciel, j'ai compris l'immense espoir des foules déshéritées qui, dans leur anxiété, interrogent les dieux inconnus.                   A. D.

LA COMMEMORATION A PARIS

                                                                                      Paris, 25 juin.
    Les adeptes du culte antoiniste célébraient ce matin l'anniversaire de son fondateur, le père Antoine. Ils étaient venus-là plus d'un millier ; dans le lointain quartier de la Glacière, non pas seulement de Paris, mais des quatre coins de France, réunis malgré la pluie autour du petit temple de la rue Vergniaud, plus austère, plus modeste que la plus humble des églises de campagne.
    Hommes et femmes en vêtement noir s'abordent en échangeant l'évangélique salutation : « Bonjour, frère ! » « Bonjour, sœur ! » et se quittent en prononçant la formule d'adieu rituelle : « De bonnes pensées ! »
    Nombreux sont les frères et les sœurs qui ont revêtu le costume des fidèles, longue lévite noire boutonnée jusqu'en haut, chapeau de feutre dur à la forme évasée aux bords plats pour les hommes, robe noire sans ornement, voile de béguine pour les femmes, tenue toute de simplicité, d'austérité, comme la doctrine.

Le Soir, 26 juin 1925 (source : Belgicapress)

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