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L'Antoinisme (Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 9 mars 1912)

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L'Antoinisme (Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 9 mars 1912)L'Antoinisme

    Nous avons parlé longuement, dans le « Journal de Saint-Quentin », de cette religion bizarre fondée à Jemeppe, près de Liège, par le père Antoine.
    Les populations du nord de l'arrondissement de Saint-Quentin s'y précipitaient pour chercher la guérison imaginaire de maux réels et le soulagement réel de maux imaginaires.
    L'Antoinisme a gagné Paris, cela devait être et il aurait une succursale à Saint-Quentin si la police correctionnelle n'avait mis un terme aux exploits ou à l'exploitation de la famille Bar.
    A Paris, c'est une modiste qui opère. L'esprit du père Antoine est passé en elle et elle guérit comme le zouave Jacob ou Donato.
    Un rédacteur de l'« Echo du Merveilleux » est allé voir la miraculeuse modiste, et voici son récit ironique et déçu :

    Dès dix heures du matin, une queue d'une soixantaine de personnes s'allonge sous la voute et sur le trottoir. Le concierge, manifestement fier de posséder une locataire si courue, lève les bras au ciel quand on lui demande à voir Mlle Camus. Impossible, tout à fait impossible ! Il faut écrire, demander un rendez-vous, attendre une quinzaine au moins. Toutefois, au nom de l'« Echo du Merveilleux », il hésite, il faiblit et m'indique le chemin. C'est au fond de la seconde cour : l'escalier étroit est rempli de monde. Je découvre un second escalier. Une porte sur laquelle est encore fixée la plaque de modiste, s'entr'ouvre ; la figure ronde et accorte d'une sœur tourière me dévisage avec défiance. Enfin elle m'introduit : – Venez, monsieur.
    Je me faufile dans le plus sombre des corridors. En tâtonnant, la main rencontre... des corps ! des gens appuyés contre la cloison, immobiles : c'est l'avant-garde des malades. Une toute petite pièce un peu plus claire... Nous y voici.
    Vêtue de noir, la figure brune aux fortes pommettes éclairée par des yeux extrêmement vifs, la modiste thaumaturge, qui doit avoir dépassé la quarantaine, est sans vénusté.
    Debout dans sa petite chambre modestement meublée, elle me montre non sans orgueil une pile de lettres à ouvrir, une autre pile de lettres à répondre. « Il faudra que l'on vienne demain m'aider à lire tout cela, à y répondre ». Une équipe d'Antoinistes lettrés, sans doute.
    Mlle Camus nous explique (nous sommes trois à l'écouter) comment elle opère avec les malades.
    – Je pense au Père...
    – A Dieu ?
    – Non, pas tout à fait...
    (Le « pas tout à fait » n'est-il pas pas joli ?)
    – … Pas tout à fait : au père Antoine, à Antoine le Généreux. (On a surnommé ainsi Louis Antoine à cause de son désintéressement).
    – Je pense au Père et je dis au malade qu'il […] nôtre. Elle nous pénètre comme un fluide bienfaisant. Le Père puise en Dieu et moi je puise en lui : lui et moi sommes des canaux où coule vers le malade la grâce divine.
    « Autrefois je m'endormais, et les douleurs du malade venaient dans ma chair. Je les extirpais de lui pour en souffrir moi-même, et ensuite je les chassais de moi. Mais maintenant, je ne m'endors plus ; il y a trop de malades. Ce serait trop long. Je dis au malade : Regardez-moi ! Et mes yeux lui versent le fluide qui vient du Père.
    Ses yeux vifs nous dévisagent et semblent un peu irrités de ne pas discerner des marques de ferveur. Elle ajoute encore, d'un ton de défi : – Le Père est là, certainement ; il entend tout ce que nous disons...
    Je ne veux pas abuser ; je m'en vais. Dans le ténébreux corridor, par une porte à demi ouverte, on aperçoit sur le palier la cohue des malades, des bons malades patients. Pour qu'ils s'ennuient moins d'attendre, un monsieur vêtu de noir parle tout haut, fait un petit prêche. « Il faut oublier ce que l'on sait... Il faut faire taire la révolte de l'intelligence... Il faut se rendre semblable aux petits enfants pour recevoir l'esprit de Jésus ». Et, naturellement, il prononce Jésusse. La vive petite coadjutrice de Mlle Camus me reconduit. Elle est visiblement plus intelligente et plus débrouillarde que la Guérisseuse. Et, du reste, elle me confie qu'elle-même guérit aussi, par les vertus d'Antoine. C'est un autre canal par lequel coule sur Paris, la grâce miraculeuse de Jemeppe. Mais elle ne souhaite point qu'on le sache. Elle n'en tire aucun orgueil.
    Dans la rue, sous la pluie fine, l'attroupement a augmenté des curieux et des infirmes et qui viennent chercher la guérison et qu'il a portent peut-être dans leur sein, où habita l'illusion puissante.

Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 9 mars 1912

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Funérailles spirites (Le Messager, 1er nov. 1903)

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Funérailles spirites (Le Messager, 1er nov. 1903)

Funérailles spirites

    Le 14 octobre également, vers 4 heures, au populeux village de St-Nicolas, près Liége, eurent lieu les funérailles spirites de M. Jean-Joseph Antoine, décédé à l'âge de 76 ans, fidèle à ses convictions philosophiques.
    A la levée du corps, le cercueil fut recouvert du beau drap mortuaire de la Société « les Vignerons du Seigneur » de Jemeppe, dont le défunt était membre.
    Devant la foule recueillie, évaluée à 250 personnes, Mme Adriaens a dit à haute et intelligible voix la prière pour les Esprits qui viennent de quitter la terre. Elle l'a fait suivre de la lecture d'un beau chapitre de l'Evangile d'Allan Kardec intitulé : Le pardon des offenses.
    Précédé du drapeau de la Société, le cortège s'est acheminé vers le champ dit du repos.
    Le deuil était conduit par les gendres du défunt, suivis par notre ami Louis Antoine, frère cadet du défunt et par de nombreux parents.
    Au bord de la tombe, M. Hollange a prononcé d'inspiration un excellent discours résumant la doctrine spirite, faisant ressortir ses bienfaits moraux que recueillent surtout ceux qui ont pu s'affranchir définitivement du joug des préjugés.
    La belle « prière de Carita » qu'il a dite en terminant a impressionné vivement l'assistance, qui s'associait ainsi à de bonnes pensées, exprimées avec sentiment, en vue des progrès nouveaux à accomplir par l'esprit de celui dont on confiait la dépouille à la terre.

    Enregistrons encore :
    Au cimetière de Jemeppe, le 20 octobre, les funérailles spirites de Mme Anne-Joseph Collon, belle-sœur de M. L. Antoine. La défunte est décédée victime d'un accident, à l'âge de 64 ans.
    Au cimetière de Vivegnis près Liége, le 23 octobre les funérailles spirites de Mme Givart, née Hubertine D'heur.
    Au cimetière de Retinne (pays de Herve-Liége) le 5 octobre, les funérailles spirites de M. Mathieu Guilleaume, décédé à l'âge de 82 ans. Cette cérémonie avait attiré, comme les précédentes, organisées par les soins de la Société spirite de Jemeppe, une assistance nombreuse et recueillie attestant hautement le nombre toujours croissant des adeptes de la doctrine du spiritisme.

Le Messager, 1er novembre 1903

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Etrange Mascarade (La Libre Parole, dir. Edouard Drumont, 27 octobre 1913)

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Etrange Mascarade (La Libre Parole, dir. Edouard Drumont, 27 octobre 1913)Étrange Mascarade

DES BELGES ONT INAUGURE A PARIS
un Temple « Antoiniste »

    Voici quelques semaines, au coin des rues Vergniaud et Wurtz, des ouvriers mettaient la dernière main à une sorte de petite chapelle, d'aspect bizarre, au clocheton sans coq et sans croix, construite en un ciment de couleur grisaille. Au-dessus de la porte, ces simples mots : « Culte Antoiniste 1913 ».
    Les gens du quartier passaient indifférents. « Culte Antoiniste »... Depuis la séparation et les fameuses cultuelles, ils en ont bien vu d'autres !
    Mais hier matin, ils furent tout de même intrigués de voir déboucher de la rue Vergniaud une procession d'individus au costume étrange. Les hommes portaient une longue redingote noire, au col arrondi comme celui d'une vareuse, austèrement fermée au moyen de boutons multiples. Ils allaient, le chef couvert d'un chapeau haut de forme très bas, aux ailes larges, légèrement relevées. Les femmes vêtues de robes noires, étaient coiffées d'un voile de soie, de même couleur. Tous ces gens souriants et gais, avaient l'air de sortir d'un long repas de funérailles...
    Les portes du temple s'ouvrent, un desservant s'avance vers une vieille dame, à l'air vénérable qu'il gratifie d'un « Bonjour Mère » empreint d'un affectueux respect. Cette vieille dame est, en effet, l'objet d'une vénération spéciale de la part des adeptes de « l'Antoinisme », cette religion dont nous avons parlé déjà à plusieurs reprises.
    Antoine, on le sait, était un guérisseur qui prétendait faire des cures merveilleuses, en imposant les mains et en prêchant aux hommes l'amour les uns des autres.
    A sa mort, il désigna sa femme pour lui succéder, et lui transmit sa faculté de guérir. Depuis lors la secte des « Antoinistes » s'est développée, paraît-il, au point qu'on élève à Paris un temple à son culte.
    Ce qui nous a cependant frappé, c'est qu'en dehors des curieux, fort nombreux, il est vrai, mais pas encore convertis, tous les adeptes étaient des Belges, venus tout spécialement de leur pays pour cette consécration. De Français, peu ou prou. Et cependant ce nouveau temple va avoir son desservant, M. Noël, qui chaque dimanche tenant l'emblème à la main fera la lecture du dogme. L'emblème dont nous venons de parler, ressemble à un arbre japonais. Au-dessous on lit ces mots : « L'arbre de la science, de la vie, du mal ». A l'intérieur du temple, rien, ni autel, ni ornements, ni bancs, ni chaises. Au fond, une chaire très simple, du haut de laquelle « la Mère » opère ses guérisons.
    Elle monte lentement les degrés, se recueille, étend les mains et redescend. Si vous avez la foi, vous êtes exaucé. Il est probable que les malades amenés hier à la Mère n'avaient pas suffisamment la foi, car ils s'en retournèrent clopinant comme ils étaient venus.
    Mais un des Antoinistes nous confie que dans quelques jours un nouveau temple va être ouvert à Monaco où les adeptes sont fort nombreux.
    Quant aux Antoinistes de Paris, dès que les 450 Belges d'hier auront regagné leurs pénales, ils risquent fort de se dénombrer par la seule unité du desservant.
                          M. P. de P.

La Libre Parole (dir. Edouard Drumont), 27 octobre 1913

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Antoinisten (Het Kortrijksche Volk, 5 juli 1925)(beeldbank.kortrijk.be)

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Antoinisten (Het Kortrijksche Volk, 5 juli 1925)(beeldbank.kortrijk.be)

ANTOINISTEN.

    De sectie der Antoinisten heeft gisteren te Jemappes aan de Maas der dertienden verjaardag van den dood van vader Antoine herdacht. Er waren ongeveer 30.000 menschen aanwezig. Moeder Antoine, de vrouw van den overleden profeet, ging voor bij den plechtigen dienst. De Antoinisten hebben besloten een nieuwen stap te doen bij het Belgisch parlement om erkenning van staatswege van hun eeredienst te verkrijgen.

Het Kortrijksche Volk, 5 juli 1925 (source : beeldbank.kortrijk.be)

 

Traduction :

ANTOINISTES.

    La secte antoiniste a commémoré le treizième anniversaire de la mort du Père Antoine hier à Jemeppes-sur-Meuse. Environ 30 000 personnes étaient présentes. La Mère Antoine, épouse du défunt prophète, a présidé le service solennel. Les Antoinistes ont décidé de faire un pas de plus vers le parlement belge pour obtenir la reconnaissance de leur culte par l'Etat.

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La Fête du 15 août

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La Fête du 15 août (Soeur Liliane Becquelin)

LA FETE DU 15 AOUT


     « L'Antoinisme ayant le plus grand respect du libre arbitre de chacun, ne condamne en rien les us et coutumes des différents cultes existant sur le globe ; n'obéissant qu'à la conscience, il ne fait aucune distinction entre telle et telle secte ou religion, ne contrarie aucune des règles qui y sont établies. Mais il n'en prescrit particulièrement aucune, il n'impose à ses adeptes aucune obligation.

    Un seul jour, cependant, doit nous être sacré, à nous qui nous disons antoinistes : c'est le 15 AOUT, jour anniversaire de la Sanctification du Culte et de la Consécration du Temple. Le 15 AOUT doit être pour nous une date à jamais mémorable, il serait bon que celui qui peut se déplacer assiste à l'Opération ce jour-là, ce serait un bon accomplissement du devoir, afin de perpétuer dans les siècles à venir la cérémonie qui a eu lieu le 15 AOUT 1910.

    Ah ! quand on réfléchit au travail colossal accompli par le PERE pour édifier cette œuvre sublime que nous résumons dans le mot « Antoinisme », on ne peut s'empêcher d'être vivement ému, on pressent que pour en arriver là le PERE a eu à surmonter des obstacles de tous genres. Mais aussi l'édifice entier a été construit sur les bases inébranlables entre toutes de l'amour et du désintéressement. »

(Extrait de l'Unitif – Première Année – 1er Juillet 1912)
Feuillet disponible dans les temples transmis par (Sœur Liliane)

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Société Spirite de Seraing (Le Messager, 1er nov. 1879)

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Société Spirite de Seraing (Le Messager, 1er nov. 1879)

SOCIETE SPIRITE DE SERAING

    Nos frères de Seraing nous informent qu'ils sont en possession d'un beau et vaste local où se donnent des conférences le premier dimanche de chaque mois, à quatre heures. Les conférences qui ont eu lieu jusqu'à présent ont été très-suivies et très-fructueuses ; nul doute qu'elles ne le soient davantage encore par la suite.
    En terminant, disent nos amis de Seraing, la relation du début d'une œuvre qui réalise un point de notre programme, nous faisons, par l'organe du Messager, un appel chaleureux à tous nos coreligionnaires qui peuvent nous donner quelques instructions, les priant de bien vouloir se faire inscrire au siége de la Société, rue des Mineurs, 94, Seraing, pour une ou plusieurs conférences. C'est avec la plus légitime satisfaction que nous verrions notre œuvre honorée de leur concours fraternel.

Le Messager, 1er novembre 1879

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Temple Antoiniste de Paris 13ème (FB Martine Kervagoret)

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Temple Antoiniste de Paris 13ème (FB Martine Kervagoret)

Temple Antoiniste de Paris 13ème (FB Martine Kervagoret)

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Lors de l'inauguration du temple de Vichy (Bonsoir, 7 septembre 1920)

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Lors de l'inauguration du temple de Vichy (Bonsoir, 7 septembre 1920)

Thaumaturge et cocher de fiacre

    Se souvient-on de ce père Antoine, fondateur du culte antoiniste, qui sut intéresser à ses pratiques quelques douzaines de malades plus atteints moralement que physiquement ?
    Le père Antoine est mort. Mais la mère Antoine, son épouse, a hérité du fonds de commerce. Samedi matin, les quelques vieilles demoiselles qui sont les antoinistes de Paris venaient attendre la Mère.
    Elle parut, bénit ses fidèles et monta dans un taxi. Or, et dix témoins s'en portent garants, au moment de démarrer, le chauffeur se retourna, descendit de son siège embrassa la main de la Mère et remonta sur sa voiture.
    – Miracle ! crièrent les vieilles dévotes.
    Un agent circonspect haussa les épaules.
    La foi s'en va !

Bonsoir, 7 septembre 1920

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L'antoinisme à Liège (L'Indépendance Belge, 7 août 1923)(Belgicapress)

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L'antoinisme à Liège (L'Indépendance Belge, 7 août 1923)(Belgicapress)La Vie liégeoise

(De notre correspondant particulier.)

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L'antoinisme à Liége

    Qu'on ne croie pas que Liége est une ville où il ne se passe rien. Même par ces belles journées d'août, où on se contenterait de regarder les mouches voler dans l'air bleu, il y a matière à constater et à réfléchir.
    La semaine, passée, inauguration d'un nouveau temple antoiniste. Les Bruxellois savent-ils même au juste ce que c'est que d'antoinisme ? Il y eut naguère, dans la région sérésienne, un brave homme nommé Antoine, dont le déisme très pur, la morale très simple et très élevée faisaient une manière de saint laïc – ou plutôt, à demi-laïc, car le bon Antoine, que ses fidèles appelaient le Père, fonda une religion où l'on enseigne les principes essentiels du christianisme ; le Père Antoine y apparaît comme un prophète spécialement inspiré.
    Ce qui a fait le succès de l'antoinisme, c'est qu'il s'est présenté comme une religion thaumaturgique, dont tous les miracles sont, du reste, exclusivement, des guérisons. Après la prière, le Père Antoine priait Dieu de soulager les patients rassemblés ; il leur imposait les mains et les améliorations étaient nombreuses. Depuis la mort du Père, sa veuve, Mère Antoine, associée depuis longtemps à son apostolat, a repris entièrement le pontificat et la direction du nouveau culte.
    Celui-ci a eu un succès énorme dans toute la banlieue ouvrière de Liége ; Seraing, Ougrée, Jemeppe fourmillent d'antoinistes. II y a du reste des petites églises dans toute la Meuse et, le dimanche, on voit circuler des prêtres et des diaconesses antoinistes qui vont répandre la bonne parole dans ces petites communautés. Les prêtres ont à peu près le costume des prêtres catholiques en Allemagne, avec un chapeau haut de forme tronqué à mi-hauteur, lequel a dû être inventé par un antoiniste peu exigeant en matière d'esthétique vestimentaire. Les religieuses portent un voile noir sur une coiffe tuyautée qui ne cache pas entièrement les cheveux.
    Chose remarquable, l'antoinisme transporté en dehors de la région liégeoise ; il a des temples à Paris ; j'ignore s'il y en a à Bruxelles. Son installation à Vottem semble indiquer qu'il entend conquérir la terre hesbignonne. En effet, Vottem est situé tout au nord-ouest de Liége, sur la marge du grand plateau qui porte de si riches récoltes de betteraves et de céréales. C'est la banlieue campagnarde et rurale, aussi différente de l'industrielle Seraing que si cent lieues les séparaient. Et, jusqu'à présent, autant la région ouvrière avait été voltairienne, autant l'autre était restée fervente catholique. L'influence du Limbourg tout proche n'était pas sans s'y faire sentir et Mgr Rutten comptait là ses plus pieuses ouailles. Où va le monde, si la Hesbaye connaît l'inquiétude religieuse et nourrit des aspirations que le catholicisme ne satisfait plus ?
    Au surplus, de deux malades qui ont la foi, c'est évidemment celui qu'on conduira à la Mère Antoine qui aura le plus de chances d'en réchapper : le voyage de Vottem est moins long et moins dangereux que celui de Lourdes et si un jour les antoinistes se paient le luxe d'une piscine, qu'on se rassure, ils en feront désinfecter l'eau : la propagande des cours de Croix-rouge a popularisé chez nous la peur des microbes et ceux même qui font profession de toucher les écrouelles prennent sagement leurs précautions.

L'Indépendance Belge, 7 août 1923 (source : Belgicapress)

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Jean-Laurent Cassely - Paris, nuits insolites (2014)

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Jean-Laurent Cassely - Paris, nuits insolites (2014)

Auteur : Jean-Laurent Cassely
Titre : Paris, nuits insolites
Éditions Jonglez, Les Guides écrits par les habitants, Paris, 2014

XIII ARRONDISSEMENT

    TEMPLE ANTOINISTE
    34, rue Vergniaud 75013 Paris
    Métro Corvisart
    Lecture de l'Enseignement du Père du lundi au vendredi à 19h, le dimanche à 10h et à 19h
    « Opération » (par la prière) au nom du Père le dimanche et les quatre premiers jours de la semaine à 10h

Une curieuse
secte belge...

    Appartenant au mouvement antoiniste (voir ci-dessous), la curieuse petite église jaune qui trône à l'angle des rues Vergniaud et Wurtz obéit à un principe fondamental de croyance en la prière et en ses pouvoirs de guérison. À l'intérieur, la sensation de paix et de tranquillité règne et l'ambiance est digne de la série TV La petite maison dans la prairie : les hommes portent une longue redingote noire de précepteur et les femmes doivent, en plus d'une robe noire, porter une coiffe traditionnelle très XIXe siècle.
    Le silence est de rigueur dans le temple, mais si vous y croyez, il est permis de parler dans le « cabinet », en compagnie d'un adepte « guérisseur » qui priera pour vous libérer de votre souffrance morale ou physique. La lutte contre la peine est l'un des piliers de l'antoinisme, comme en témoigne le titre de l'ouvrage phare du Père, Délivrez-nous du mal, en vente sur place.

    LE CULTE ANTOINISTE
    Créé en Belgique en 1910, le culte antoiniste (du nom d'Antoine, son fondateur, appelé Le Père par les adeptes) a été reconnu « Fondation d'Utilité publique » en 1922 par le gouvernement belge. Il a néanmoins été considéré comme un mouvement guérisseur par le rapport parlementaire de 1995 sur les sectes, qui l'a analysé de la façon suivante : « La notion de maladie est niée, de même que celle de la mort (croyance en la réincarnation) : c'est l'intelligence qui crée la souffrance, c'est la seule foi en elle-même qui la supprime, et non l'intervention des professionnels de santé ». Du côté du culte antoiniste, toute référence à une secte est niée : le culte est « une œuvre morale basée sur la foi et le désintéressement... Il est un culte public, ouvert à tous indistinctement et gratuitement ». II est également signalé que le Père « reçut des malades plus de 22 ans. Quand il commença ce travail, il avait des économies qui lui permettaient de vivre sans travailler : quand il mourut, il ne possédait plus rien ». On compte aujourd'hui 64 temples antoinistes et 90 salles de lecture dans le monde, principalement en France, Belgique, Australie, et Luxembourg. Le culte regroupe environ 2500 adeptes en France et 200 000 dans le monde.
    Deux autres temples antoinistes existent à Paris :
    10, impasse Roux 75017 Paris. Métro Ternes ou Pereire, RER Pereire-Levallois
    49, rue du Pré-Saint-Gervais 75019 Paris. Métro Pré-Saint-Gervais

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