Une visite au Temple Antoine (La Vie Mystérieuse, 25 juin 1913)
Une visite au Temple Antoine
Jemeppe-sur-Meuse est un petit pays où pullulent les usines, situé aux environs immédiats de Liège, en Belgique ; un tramway partant de cette ville vous y conduit en moins d’une heure. C’est là qu’Antoine, le grand Antoine, le guérisseur, le généreux, le Père Antoine, ainsi que l’appelaient ses adeptes, avait établi son quartier général ; ç’est là aussi que s’élève le temple consacré à son culte.
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Lorsque l’on va au temple de Jemeppe, on est frappé, non pas par la magnificence architecturale du temple, celui-ci est des plus simples, plus simple même que vous pourriez l’imaginer, mais bien plutôt par l’expansion, chez les habitants, de cette confiance illimitée et inébranlable que ce brave homme qu’était le Père Antoine a su inspirer à ceux qui le connurent et vécurent dans son ambiance.
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Antoine, on le sait, fut un grand guérisseur dont les cures ne se comptaient plus. Ce sont des milliers et des milliers de souffrances qu’il a apaisées et fait disparaitre tout simplement par l’exaltation, en ses adeptes et en ceux qui avaient recours à lui, des sentiments d’humanité, de fraternité ; par l’exaltation de la foi en la puissance divine dont lui, Antoine, croyait posséder une parcelle.
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Le Père Antoine mourut l’an dernier, le 25 juin, et on lui fit des funérailles solennelles dont toute la presse a parlé. Dans quelques jours donc, du 25 au 29, on célébrera, à Jemeppe, l’anniversaire de la « désincarnation du Père ». C’est à ce titre aussi que nous croyons de toute actualité de retracer, dans ses grandes lignes, l’œuvre de cet homme de bien considéré là-bas comme un autre Dieu fait homme. — Des « Antoinistes » sincères et d’intelligence première nous ont affirmé avec grand sérieux que, pour eux, le Père Antoine était la « réincarnation du Christ ».
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Antoine-le-Généreux, disent ses biographes, était un Ouvrier, né à Mons-Crotteux (province de Liège) en 1846, de parents pauvres. Il était le cadet d’une famille de onze enfants. Il débuta à 12 ans dans la mine, accompagnant son père et un frère qui étaient également mineurs. Ne voulant plus descendre dans la fosse, il devint ouvrier métallurgiste. A 24 ans, il quitta la Belgique pour aller travailler en Allemagne où il séjourna 5 ans. Plus tard, il alla à Prague, près Varsovie, où il resta encore 5 années et revint s’installer définitivement en Belgique, à Jemeppe-sur-Meuse.
Dans l’intervalle de son séjour en Allemagne, il revient au pays, épouser une femme dont II avait fait la connaissance avant son départ. De leur union naquit un enfant, un garçon que la mort leur ravit à l’âge de 20 ans. Mais grâce à leur grande foi, aucun des deux époux n’en fut découragé ; au contraire, ils se dévouèrent davantage. Leur séjour à l’étranger leur avait permis d’amasser une petite fortune, ils la sacrifièrent pour venir en aide aux malheureux, éprouvant plus de bonheur à la dispenser à tous, qu’ils n’en avaient trouvé en l’acquérant par leur labeur. Car ils avaient compris le but de la vie.
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Antoine le Généreux vivait très simplement et très sobrement ; il était végétarien dans toute l’acception du terme ; il ne consommait ni viande, ni œufs, ni beurre, ni lait, en un mot, rien qui provint de l’animal.
Antoine le Généreux professa la religion catholique jusqu’à l’âge de 42 ans, puis il s’appliqua à la pratique du spiritisme, sans S’attarder toutefois dans le domaine expérimental pour lequel il n’avait aucune aptitude et qui ne le tentait nullement. Sachant à peine lire et écrire, il se trouvait incompétent pour résoudre ce problème scientifique ; il lui préféra la morale et s’y adonna de tout cœur. Il continua jusqu’en 1906, date à laquelle il a créé le Nouveau Spiritualisme ; c’est là que commence sa mission du Révélateur.
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A la mort du « Père », on pensait, nous dit la très aimable secrétaire qui nous reçut, que l’Antoinisme allait disparaître, mais point. « Mère » remplace maintenant « Père » qui, quoique désincarné, revient dans son temple et agit par l’entremise de « Mère ».
(1) La reproduction de cette gravure est absolument interdite à toute autre publication.
« L’Opération », — ainsi se nomme l’unique office du culte — se fait une fois le jour, à 10 heures du matin. Tous les adeptes et ceux qui désirent obtenir des guérisons pour eux-mêmes ou pour les leurs, viennent au temple. « Mère », ainsi que le faisait « Père », monte à la tribune, se recueille et tous les assistants font de même. Puis, « Mère » élève la main en manière de bénédiction et, partant du nord, s’arrête successivement sur les quatre points cardinaux. Certains adeptes voient alors comme une nuée fluidique descendre sur l’assistance. « L’Opération » prend fin sans qu'aucune parole ait été prononcée, et les uns s’en vont soulagés, d’autres réconfortés, d’autres guéris, selon le degré et la puissance de leur foi en le pouvoir de « Mère » ou de « Père ».
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L’Antoinisme ne borne pas son action à la Belgique ainsi qu’on le pourrait croire ; ce culte bien spécial gagne sur le terrain de l’universalisme ; partout se forment des groupements où l'on se réunit aux mêmes heures pour procéder à « l’opération ». Paris même n’a pas été réfractaire à ce mouvement et il s’y érige, à cette heure, dans le XIIIe arrondissement, un nouveau temple qui sera uniquement consacré au culte antoiniste et dont l’inauguration doit avoir lieu à l’automne prochain. Tous les adeptes de Belgique se font une fête de venir assister à cette manifestation en faveur du nouveau culte.
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Les Antoinistes militants se rencontrent un peu partout, en Belgique, où ils sont immédiatement distingués grâce à leur costume spécial, fait d’un drap noir et taillé sur une coupe originale, mais non ridicule, qu’avaient adopté « Père » et « Mère ».
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A toute entreprise humaine, si dégagée soit-elle des contingences terrestres, il faut des fonds pour vivre. Un culte antoiniste, lui, s'entretient à l’aide de dons qui, pour être acceptés, doivent être rigoureusement anonymes j si un donateur s’avise de décliner ses nom et qualité, il se voit immédiatement rembourser son argent.
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Pour sa diffusion, le culte antoiniste possède, en outre de la propagande faite par ses adeptes, un roulement de circulaires et brochures, contenant la « révélation » d’Antoine le Généreux ou sa biographie, et une publication mensuelle l’Unitif, dans laquelle il est répondu à toutes les questions d’intérêt général posées par les adeptes.
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A l’imprimerie, aucune main-d’œuvre n’est rétribuée, tout se fait « au petit bonheur ». Quelques dévoués, un peu adroits de leurs mains, viennent là à leurs moments perdus et composent, corrigent, mettent en page, font la mise en train, tirent circulaires, brochures, publications, et tout se fait sans accroc, sans retard sous l’œil du maître Deregnaucourt, l’adepte qui seconde « Mère » dans sa tâche et qui possède les principaux éléments de l’art d’éditer.
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Nous devons à l’amabilité de M. Dardennes, photographe, à Jemeppe, l’autorisation de reproduire la scène de « l’opération » qui illustre cet article. A la tribune supérieure est le « Père » faisant son geste de bénédiction ; à la petite tribune du dessous se trouve la « Mère » dans l’attitude du recueillement. Derrière et au-dessus de ce modeste « maître-autel » on peut lire l’inscription suivante, écrite en gros caractères :
Un seul remède peut guérir l'humanité : LA FOI ; c'est de la foi que naît l'amour : l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même ; ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu ; car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de Le servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité.
On le voit, l’Antoinisme est uniquement basé sur la foi, le désintéressement et le grand amour du prochain. A ce titre, s'il ne nous rend pas nous-mêmes meilleurs, il mérite au moins notre considération.
Fernand Girod.
La Vie Mystérieuse, n°108 (25 juin 1913)
José Lhomme - L'Au-delà à la Portée de Tous (1953)
Auteur : José Lhomme
Titre : L'Au-delà à la Portée de Tous
Éditeur : Édition Caritas, Liège, 1953, 192 p.
José Lhomme était le président de la fédération belge de 1938 à 1949. Elle connaîtra sous son égide un essor remarquable grâce notamment aux conférences, réunions d'étude parapsychiques et scientifiques que son président fit dans divers lieux comme Charleroi, Liège, Bruxelles, Quaregnon, Gand, Anvers, Ostende, Paris, etc.
Ses ouvrages sont :
- Le Phénomène des Tables (1928)
- L'Au-delà à la Portée de Tous
- Le Livre du Médium Guérisseur
- Guide Méthodique de l'Expérimentation
- Le Spiritisme peut-il vous guérir ? Comment ? Des preuves…
"L'Au-delà à la Portée de Tous" est le résultat de son expérience : "... le plus souvent, le futur médium néglige le développement de la sensibilité psychique consciente pour rechercher uniquement les manifestations plus tangibles. Pour cela, il fait directement appel à l’invisible en se mettant dans un état de passivité absolue propice à la réception d’une influence psychique extérieure. Ce premier essai se réalise ordinairement sous le contrôle d’un médium formé, d’un directeur de séance ou très souvent aussi, sans contrôle du tout !" Dans cet ouvrage, vous trouverez des conseils judicieux et pratiques pour le développement de la médiumnité à l'aide d'exercices : "Pour y arriver, il est indispensable d’accroître sa sensibilité psychique en allant du connu à l’inconnu." Certaines formes de médiumnités sont actuellement devenus moins intéressantes que d'autres voir inutiles, à vous de juger..
Le livre est cité en référence par Pierre Debouxhtay. Il est en lecture libre à la page suivante : https://www.cslak.fr/bibliotheque-edition/78-livres/1351-jose-lhomme-l-au-dela-a-la-portee-de-tous
Il servira de base, avec les livres d'Allan Kardec, à la formation de Marcel Burtin, spirite renommé de région liégeoise.
Régis Dericquebourg - La guérison par la religion (Revue française de psychanalyse juil.1997)
Titre : La guérison par la religion
Éditions : Revue française de psychanalyse, juillet 1997
source : gallica
Mots clés — Religion. Santé, maladie. Science chrétienne. Antoinisme. Scientologie. Invitation à la vie.
Het Antoinisme in België (Wereldkroniek 24 Dec.1910)
Fondateur de religion (Le Messin, 1er juillet 1912)
FONDATEUR DE RELIGION
Ce fut une curieuse destinée, que celle du petit et doux vieillard qui vient de mourir en Belgique, a Jemmepe, et qu’on appelait Antoine le Guérisseur. Ouvrier modeste, il avait fini par fonder une religion, ou peu s’en faut. Il avait son credo, son temple, ses fidèles. Son œuvre, parait-il, sera continuée par sa veuve : destinée deux fois surprenante dans la calme et positive Belgique, peu coutumière d’ordinaire de ces exaltations mystiques.
Antoine Louis avait soixante-six ans. Fils de cultivateurs, il n’avait pas eu le temps ni le moyen de pousser bien loin ses études. Quand il quitta l’école de son village, il savait lire à peine et rien de plus. Comme tant de ses compatriotes, il alla aux mines qui, contre un dur labeur, assurent du moins aux travailleurs du sous-sol une certaine sécurité.
Rien ne distinguait alors Antoine de ses camarades, si ce n’est sa bonté et sa sensibilité. Pendant qu’il faisait son service militaire, son fusil, étant parti tout seul, tua malencontreusement un homme de son peloton. Il en conçut une grande peine qui marqua sur lui et le tourna vers les méditations intérieures. A sa sortie du service, il reprit sa vie d’ouvrier. Puis il devint marchand de légumes. Mais son commerce ne marcha point et, de nouveau il lui fallut s’embaucher aux charbonnages. Cette fois, d’ailleurs, il dut s’expatrier et partir pour la Pologne, où le Société qui l’employait avait des mines importantes.
Ce séjour dans les pays slaves détermina, semble-t-il, la suite de sa carrière. Il y gagna d’abord une certaine aisance qui lui valut l’indépendance matérielle. Il y subit en outre l’influence du milieu, vibrant et parfois illuminé.
Tandis qu’il travaillait à la mine, sa femme tenait une pension qui bientôt devint florissante.
Lui, quand il ne causait pas avec des mystiques russes ou polonais, lisait des ouvrages scientifiques, s’occupait de médecine, étudiait la méthode Raspail de guérison par le camphre. En même temps, sa douceur naturelle se développait au spectacle des scènes douloureuses dont il était parfois le témoin, émeutes sanglantes et répressions sauvages.
Quand il revint dans son pays, avec quelque avoir, il pensa que son devoir était de mettre le fruit de ses réflexions au service de ses contemporains et il s’y employa de tout son cœur.
Non point d’abord sans quelques flottements qui prouvent que ses idées étaient plutôt des aspirations vagues et que, s’il concevait le but de sa mission, il n’était pas fixé sur les moyens de la remplir.
Il avait obtenu, à son retour au pays, une place d’agent d’assurances qui, jointe à ses économies, lui donnait la sécurité. Avec un menuisier de ses amis, il commença par se lancer dans le spiritisme.
Dans un petit café du bourg, on évoquait l’esprit des grands hommes. On demandait à Victor Hugo ou à d’autres des conseils et des règles de vie. Le petit groupe, qui se consacrait à ces recherches théosophiques, reconnaissait l’hospitalité qu’il recevait d’Antoine en l’acceptant pour son chef. C’était la Société des vignerons du Seigneur.
Elle avait un journal qui s’appelait le « Tombeau » et qui soutenait d’ardentes polémiques avec le pasteur protestant de l’endroit. Au bout de quelques mois, le menuisier spirite se mit à faire de la politique. Antoine, resté seul, suivit alors sa voie, travaillant à la fois à guérir le mal physique et à prêcher le bien moral.
Il acquit comme guérisseur une grande notoriété. Au début, il avait eu recours à certains procédés classiques, notamment les massages, ensuite à certains gestes rituels. Peu à peu, comme les « Christian Scientists » d’Amérique, il se persuada que la volonté seule suffisait à guérir. Il ne réussit pas cependant à sauver son fils unique, qui mourut à vingt ans. Mais le courage tranquille avec lequel il subit ce coup accrut l’estime dont il jouissait.
A dire vrai, il méritait cette estime par son désintéressement et par sa sincérité. Bien que, dans les dernières années de sa vie, il eut cru devoir se couvrir d’une lévite noire et laisser pousser sa barbe, ce qui lui donnait une allure de mage, bien que, après avoir été longtemps rebelle à la publicité, il eût cédé aux instances des reporters et des photographes, ce n’était pas un charlatan, et il n’a pas bénéficié personnellement de son activité. Les Etats-Unis, dont nous parlions tout à l’heure, ont connu des prophètes plus avides.
L’Antoinisme, ainsi désignait-on la religion nouvelle, avait connu de beaux succès. Une dame, qu’Antoine avait guérie, donna 20.000 francs pour construire un temple, Des dons venus de tous les coins de l’Europe permirent de créer et de faire vivre une revue, l’« Auréole de la conscience ». Enfin, il y a deux ans, une pétition couverte de cent mille signatures sollicita la reconnaissance légale du culte antoiniste. C’était la grande notoriété.
A vrai dire, ce culte, qui a ses cérémonies et ses prêtres, est assez difficile à définir.
Les publications officielles manquent un peu de précision. Elles nous apprennent que l’amour du prochain est la base de tout et doit s’appliquer indistinctement à tout le monde. Quant au devoir qui résulte ce principe, Antoine le Guérisseur le résumait ainsi :
« Nous ne sommes pas arrivés tous au même degré de développement intellectuel et moral et Dieu place toujours les faibles sur notre chemin pour nous donner l’occasion de nous rapprocher de Lui. Il se trouve parmi nous des êtres qui sont dépourvus de toute faculté et qui ont besoin de notre appui ; le devoir nous impose de leur venir en aide dans la mesure où nous croyons en un Dieu bon et miséricordieux. »
Le Père, comme l’appelaient ses fidèles, estimait que, par là, on arriverait à la tolérance absolue. « Quand on sera pénétré de l’enseignement d’Antoine le Guérisseur, il n’y aura plus de dissension entre les religions, parce qu’il n’y aura plus d’indifférence, nous nous aimerons tous, parce que nous aurons enfin compris la loi du progrès, nous aurons les mêmes égards pour toutes les religions et même pour l’incroyance, persuadés que nul ne peut nous faire aucun mal et que, si nous voulons convertir nos semblables, nous devons leur démontrer que nous sommes dans la vraie religion en respectant la leur et en leur voulant du bien. Nous serons alors convaincus que l’amour naît de la vraie foi qui est la vérité ; mais nous ne la posséderons que lorsque nous ne prétendrons pas l’avoir. »
On ne peut nier que ce ne fussent la tout au moins des intentions excellentes et le rêve d’un très brave homme. Ce brave homme n’est plus. Mais sa femme lui succède. On lit en effet, dans la circulaire que le conseil d’administration vient d’adresser aux fidèles :
« Mère le remplacera dans sa mission et suivra toujours son exemple. Il n’y a donc rien de changé. » Il sera intéressant de voir si la disparition du fondateur entraîne la mort de l’œuvre ou si, au contraire, l’idée survivra. On sera fixé dans peu de mois.
Le Messin, 1er juillet 1912, repris dans Le Parisien du 18 juillet 1912
Entrée du temple 1909 et 2000 - fronton
À gauche, on peut deviner l'inscription "Les Vignerons du Seigneur" (cliquez sur l'image pour agrandir), à droite "1905 CULTE ANTOINISTE"
Entrée du café 1909 - plaques
On peut lire sur cette carte postale, la plaque du nom de la rue du Bois-de-Mont ainsi que la réclame pour la location de voiture & louage au nom de Gony (?) et Marquet.
Sur la pancarte suspendue à gauche de la porte, impossible de lire le nom qui semble désigner le propriétaire du café, mais il ne semble pas qu'il s'agisse du nom DOR ou KÜNTZ...
Décès antoiniste à Wattrelos (Roubaix-Tourcoing, 13 janvier 1927)
UNION DES MUTILES ET REFORMES. – L'Union des Mutilés et Réformés apprend avec douleur la mort de Louis Martel, décédé des suites d'une maladie contractée pendant la guerre.
Les membres sont priés d'assister aux funérailles qui auront lieu aujourd'hui jeudi à 3 heures, suivant le Rite du Culte Antoiniste.
On se réunira à la maison, rue Carnot, cour Couteau, 7.
Roubaix-Tourcoing, 13 janvier 1927
source : roubaix-bnr.cd-script.fr
De Hollandsche revue jrg 14, 1909, no 3, 23-03-1909
THEOSOPHIA.
In „Theosophia” van Maart worden vervolgd de „Oude Dagboekbladen” van H. S. Olcott en de vertaling van C. S. A. E.
Thierens geeft het slot van zijn studie over „Karaktervorming en opvoeding”. De volgende bijdrage is van Marie C. Denier van der Gon, die een en ander meedeelt over „Bâbisme en Behaïsme”. Het Bâbisme is de leer van den Bâb, die door ongeveer een half millioen Perzen wordt beleden. De verkondiger dezer leer viel als slachtoffer van zijn streven in 1850 toen de regeering hem deed fusilleeren.
Het Bâbisme treedt als een geheele nieuwe godsdienst op.; deze godsdienst staat tot den Islam in geen andere verhouding dan de Islam tot het Christendom en het Christendom tot het Jodendom, d.w.z. de Bab acht de evolutie van het tegenwoordige menschdom reeds zoover gevorderd, dat het de vroegere inkleeding der waarheid niet meer behoeft en deze dus gegeven kan worden, ontdaan van den ouden vorm, van veel dat thans overbodig is en in een ander omhulsel, dat beter zich aanpast aan de nooden van den tegenwoordigen tijd.
Geheel zonder ritueel konden de menschen nog niet zijn, meende de Bab, maar toch liet hij vele oude gebruiken vervallen.
De opvolgers van den Bâb waren Sobh-i-Ezel, die op Cyprus leeft en slechts weinig aanhangers heeft, en Behâ-Ullah. Zijn leer is in grondbeginsel dezelfde als die van den Bâb. Over de vraag van het leven na den dood glijdt hij heen, evenals zijn voorganger, door te zeggen dat God alleen weet wat na den dood gebeuren zal. De taak van den mensch is om hier op narde goed te zijn en een rijk van vrede en liefde te stichten. Daarom acht Behâ-Ullah het nuttig met belijders van andere godsdiensten in aanraking te komen en andere talen aan te leeren, want dit alles zal zeker ten goede komen aan de verbreiding deiwaarheid en langzamerhand zullen zoodoende alle menschen één worden in geloof en in liefde. Dan zullen alle uitgediende leerstellingen, vormen en gebruiken vervallen, de twistappel zal verdwijnen en de broederschap der menschen een werkelijkheid worden.
Verder deelt Marie C. Denier van der Gon de volgende merkwaardige denkbeelden mee over het erfrecht onder Babbisten:
Behâ-Ullah noemt zeven klassen van erfgenamen,
nl.: kinderen, vrouwen, vaders, moeders, broe-
ders, zusters en onderwijzers, die te zamen erven
met erfdeelen in afdalende reeks. Bij ontstentenis
van één dezer erfgenamen komt het overblijven-
de erfdeel aan het „Huis der rechtvaardigheid”,
het lichaam dat in elke stad aanwezig behoort
te zijn en dat voor de belangen der gemeente en
voor de armen waakt. Ook aan dit huis zouden
de verschillende boeten moeten vervallen. De
straffen zullen zijn: geldboeten, gevangenisstraf
en in geval van herhaalden diefstal: brandmerk;
alleen op moord en brandstichting zal de dood-
straf staan, die echter door levenslange gevange-
nis vervangen kan worden.
Deze studie zal in de volgende aflevering vervolgd worden.
Een vervolg is ook geplaatst van Annie Besant's „Occulte Scheikunde” en van dezelfde schrijfster ook nog een fragment van „Een inleiding tot Yoga”. Behalve de maandelijksche rubrieken vinden we als laatste bijdrage „Een Hedendaagsch Heilige” door E. Windust.
Hierin worden besproken de wonderbaarlijke genezingen van Antoine le Guérisseur (Antonius den Heeler), die vroeger een eenvoudig werkman was in de Belgische steenkolenmijnen, doch thans honderden landgenooten door zijn geestelijke genezingen tot zich trekt.
„Ik hechtte, verklaart de heer E. Windust, eerst weinig waarde aan de verhalen, die over dezen wondergenezer in omloop waren, maar in België zijnde, werden ze mij bevestigd door zoovele geloofwaardige menschen, dat ik hoe langer hoe meer in de zaak belang begon te stellen, zoodat toen een dame, die vroeger doof was en waarmede ik nu gewoon spreken kon, mij vertelde, dat die onverhoopte verbetering door Antoine le Guérisseur tot stand was gebracht, mijn belangstelling aanmerkelijk steeg en toen zij mij voorstelde met haar hem een bezoek te brengen, ik „het gaarne aannam.” De heer Windust deelt daarop mee, dat de vrienden van den „genezer” voor hem een kerkje lieten bouwen, dat's weeks dienst doet als wachtkamer en waar hij 's Zondags preekt.
Het groote verschil met ons Staphorster Boertje en onze De Haas is, dat deze huismiddeltjes als kruiden enz., voorschrijven, terwijl de Belgische heeler alle geneesmiddelen versmaadt en alleen op het geloof vertrouwt. Van zeven uur 's morgens tot twaalf uur ontvangt „le Guérisseur” zijn patiënten. Den middag wijdt hij aan zijn korrespondentie. Hij wordt overstelpt met brieven, maar beantwoordt ze niet, althans niet schriftelijk; maar volgens het zeggen van zijn bewonderaars leest hij toch alle brieven en beantwoordt ze door gedachten op zoodanige wijze, dat velen op een afstand door hem geholpen worden.
De Hollandsche revue jrg 14, 1909, no 3, 23-03-1909
Traduction :
THEOSOPHIE.
Dans "Theosophia" de mars, on suit le "Vieux Journal Intime" de H. S. Olcott et la traduction de C. S. A. E.
Thierens termine son étude sur "La formation du caractère et l'éducation". La prochaine contribution est de Marie C. Denier van der Gon, qui donne quelques informations sur le "Bâbisme et le Bahaïsme". Le bâbisme est l'enseignement du Bâb, qui est professé par environ un demi-million de Perses. Le proclamateur de cette doctrine a été victime de ses efforts en 1850 lorsque le gouvernement l'a fait fusiller.
Le babisme agit comme une religion entièrement nouvelle ; cette religion n'a pas d'autre rapport à l'islam que l'islam au christianisme et le christianisme au judaïsme, c'est-à-dire que Bab considère que l'évolution de l'humanité actuelle est si avancée qu'elle ne nécessite plus l'ancien habit de la vérité et peut donc être donnée, au lieu de cet ancienne forme, sans chose maintenant superflue et sous une autre forme, mieux adaptée aux besoins du temps actuel.
Les hommes ne pouvaient pas encore vivre sans rituel du tout, croyait Bab, mais il abandonna beaucoup de vieilles coutumes.
Les successeurs des Bâb étaient Sobh-i-Ezel, qui vit à Chypre et a peu de disciples, et Behâ-Ullah. Son enseignement est en principe le même que celui du Bâb. Sur la question de la vie après la mort, il glisse, comme son prédécesseur, en disant que Dieu seul sait ce qui arrivera après la mort. La tâche de l'humanité est d'être bonne sur terre et d'établir un royaume de paix et d'amour. Behâ-Ullah juge donc utile d'entrer en contact avec des confesseurs d'autres religions et d'apprendre d'autres langues, car tout cela favorisera certainement la diffusion de la vérité et peu à peu tous les hommes ne feront qu'un dans la foi et dans l'amour. Alors toutes les doctrines, formes et coutumes qui ont été suivies s'écrouleront, la pomme de discorde disparaîtra, et la fraternité des hommes deviendra une réalité.
Marie C. Denier van der Gon partage également les idées remarquables suivantes sur le droit successoral des babbistes :
Behâ-Ullah mentionne sept classes d'héritiers,
à savoir : enfants, femmes, pères, mères, mères, frè-
res, sœurs et enseignants, qui héritent ensemble
avec des parties patrimoniales en séries décroissantes. En l'absence
d'un de ces héritiers, le reste se laissé
en héritage dans la "Maison de la Justice",
l'organisme présent dans chaque ville
et que, dans l'intérêt de la communauté et des pauvres.
De même par cette Maison,
les différentes amendes seront annulées. Les
sanctions seront : des amendes, des peines de prison
et en cas de vols répétés : marquage au feu ;
seuls le meurtre et l'incendie criminel seront punis de mort,
qui peut toutefois être remplacée par la réclusion à perpétuité.
Cette étude sera poursuivie dans le prochain numéro.
Une suite de "Chimie occulte" d'Annie Besant est également placée, ainsi qu'un fragment de "Une introduction au Yoga" du même auteur. Sauf pour les sections mensuelles nous trouvons comme dernière contribution "Un Saint Contemporain" de E. Windust.
On y parle des guérisons miraculeuses d'Antoine le Guérisseur, qui était un simple ouvrier dans les mines de charbon belges, mais qui attire maintenant des centaines de compatriotes par ses guérisons spirituelles.
"J'ai porté, explique M. E. Windust, d'abord peu de valeur aux histoires qui circulaient sur ce guérisseur miracle, mais étant en Belgique, elles m'ont été confirmées par tant de personnes crédibles, que j'ai commencé à m'intéresser de plus en plus à la question, si bien que quand une femme qui était sourde et avec qui je pouvais parler maintenant, m'a dit que cette amélioration inattendue avait été apportée par Antoine le Guérisseur, mon intérêt a considérablement augmenté et quand elle me proposa de lui rendre visite, "j’ai accepté avec plaisir". M. Windust m'a alors informé que les amis du "guérisseur" avaient fait construire pour lui une église qui lui sert de salle d'attente pendant les semaines et où il prêche le dimanche.
La grande différence avec notre Staphorster Boertje et notre De Haas est qu’ils prescrivent des remèdes maison comme les herbes, etc., alors que le guérisseur belge méprise tous les médicaments et ne compte que sur la foi. De sept heures du matin à midi, "le Guérisseur" reçoit ses patients. L'après-midi, il se consacre à sa correspondance. Il était submergé de lettres, mais il n'y répondait pas, du moins pas par écrit ; mais selon ses admirateurs, il lisait toutes les lettres et y répondait par des pensées de telle manière que beaucoup de gens étaient aidés par lui de loin.










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