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Temple de Paris (Germaine Krull)(Vu, 2 janvier 1929)

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Temple de Paris (Germaine Krull)(Vu, 2 janvier 1929)

Source : Magazine Vu, N°42, 2 janvier 1929

La photographe Germaine Krull est l'auteure d'une autre photo célèbre de Mère,
reproduite elle notamment dans le Magazine Point de Vue, N°132, du 25 septembre 1947

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Vu, 2 janvier 1929 - N° 42

Publié le par antoiniste

Vu, 2 janvier 1929 - N° 42

Auteur : Henri Danjou (Directeur de la publication Lucien Vogel)
Titre : Les religions secrètes de Paris
Édition : Magazine Vu N° 42 – 2 janvier 1929 – 20 pages
En ligne sur galliga

Vu, 2 janvier 1929 - N° 42Vu, 2 janvier 1929 - N° 42

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Les photographies sont de Germaine Krull.

Extrait :

    Entrons dans le Temple Antoiniste. C'est rue Vergniaud, dans un décor d'usine et de maisons lépreuses, une église de village et, comme au village, toutes les vieilles femmes du quartier discutent de leurs affaires devant le portail. L'une d'elles porte dans ses bras un être étrange, un enfant maladif, dont les membres sont affreusement contournés. Les saurs laïques qui les accueillent ont un horrible bonnet noir. A l'intérieur du Temple, une lumière verte tamise des vitraux et donne aux gens un aspect cadavérique. Cette foi nouvelle a ses peintres primitifs : des maximes en lettres énormes sur des panneaux noirâtres, un portrait en pied du père Antoine s’appuyant sur l’arbre de la Science du Bien et du Mal en témoignent…
    Là, on vient pour guérir… Un frère, tailleur d’habits de son état, qui a revêtu une soutanelle noire, monte en chaire et lit les enseignements du Père. Il enseigne la Révélation que Dieu envoya à l’humble ouvrier Antoine, « Le Père », lorsque celui-ci vers la quarante-deuxième année de son âge se trouva guéri d’une terrible maladie d’estomac par la puissance de la prière… Mais quel est donc ce mouvement à la fin de la cérémonie ? Des femmes en noir, des frères vêtus de soutanelles, coiffés de haut de forme tronqués, suivent un cercueil recouvert d’un drap vert… C’est un enterrement. Maintenant un Antoiniste repose au sein de Dieu à la droite du « Père ».

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Mère au temple de Paris avec le bonnet blanc

Publié le par antoiniste

Mère au temple de Paris avec le bonnet blanc

Ici, au temple de Paris 13e, rue Vergniaud, le 25 juin (Jour du Père) 1935 avec le bonnet blanc

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Marthe (née Fage) et Louis Buguet

Publié le par antoiniste

Frère Robert Pierrefeu nous a fait le plaisir de compléter les quelques informations trouvées sur la fiche généalogique d'Angèle Vertet. Voici ces indications :

Marthe Buguet, née Fage

Marthe BUGUET née FAGE, une des soeurs d'Angèle, que j'ai bien connue également, dirigea avec son mari les écoles publiques de MONTCEAU LES MINES en Saône et Loire. A leur retraite, au moment de l'occupation allemande, ils vinrent habiter dans une rue voisine du Temple de VILLEURBANNE.

Peu de temps après, Frère BUGUET se désincarna et Soeur BUGUET fut successivement desservante des Temples d'ORANGE, d'EVREUX, de PARIS-VERGNIAUD, de CAUDRY et enfin de MARSEILLE où elle se désincarna en 1973.

Une fiche généalogique a également été créée par Nadine Chamayou. On y apprend que Marthe (Marie Joséphine Augusta), est née le 3 août 1885 à Chambon-le-Château, en Lozère (Languedoc-Roussillon) et qu'elle est décédée le 23 janvier 1973 à Marseille, à l'âge de 87 ans où elle fut desservante du temple antoiniste.

Marthe Buguet, née Fage

Temple antoiniste de Marseille

Institutrice publique adjointe à Verosvres (Saône-et-Loire) en 1906, institutrice à Collonge (sûrement Collonge-en-Charolais où vit la famille, en Saône-et-Loire) de 1911 à 1921. Elle se mari le 17 septembre 1904 à Castries dans l'Hérault avec Louis François Buguet.

Lui est né le 7 mai 1875 à Saint-Trivier-de-Courtes dans l'Ain (Rhône-Alpes) et est décédé à Marseille. Il a été instituteur à à Verosvres en 1906 et à Collonge en Charolais en 1916. Il est témoin du mariage d'Angèle et Louis François Vertet.

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Michel Lecourt - Le corbeau à la paupière convulsive (2012)

Publié le par antoiniste

Michel Lecourt - Le corbeau à la paupière convulsive (2012)

Auteur : Michel Lecourt
Titre : Le corbeau à la paupière convulsive
Éditions : PubliBook, Paris, 2012

    Dans les années 1950.
    Le linge de la semaine bout dans une lessiveuse.
    Un oubli.
    Un horrible relent de brûlé.
    La panique !
    Trente ans plus tard, un odieux chantage !
    Si vous pénétrez dans Le Corbeau à la paupière convulsive, c’est que vous acceptez de mettre les pieds dans une œuvre sous forme de dédale, d’entamer un parcours fait d’impasses, de pièges et d’obscurs croisements, où vous risquez, à l’instar de Bertrand et d’Ida, de vous perdre… Elle est ainsi longue et tortueuse, la voie vers la vérité tracée par Michel Lecourt dans ce roman où son habilité donne naissance à d’opaques ténèbres.
Source : http://laplumedelecourt.canalblog.com

    La recherche anxieuse des clés du chantage, à Paris dans le vieux quartier de la Butte-aux-Cailles ou du côté du cimetière du Père-Lachaise ; à Rambouillet ; à Bourges ; à Bourg-en-Bresse ; en Bourgogne, à Tournus ; en Beaujolais, à Villefranche-sur-Saône et même à Oingt lors d'un festival international d'orgues de barbarie ; jusqu'en Italie, à Aoste dans la rue Trottechien.
    Qui donc est le maître chanteur ? On apprend qu'il a un tic, une paupière convulsive, rien de plus. La fin du roman est bien sûr inattendue, à la fois rassurante et assez affligeante pour le héros, avec une pointe d'humour macabre. Comme souvent dans mes romans, cette intrigue s'accompagne d'évocations historiques, culturelles, économiques.
source : http://laplumedelecourt.canalblog.com/

    La page wikipedia sur l'Antoinisme indique que ce roman policier "comporte un passage relatant l'historique du culte pour évoquer les courants ésotériques". Google Books ne permet pas d'en lire beaucoup, en voici un extrait :
    "- As-tu visité le temple antoiniste, ici, à la Butte-aux-Cailles ? 
   - Je le connais seulement de vue. Je n'en sais rien de plus. 
   - C'est un culte fondé par Louis Antoine, un Belge né en 1846. Spirite un temps et surtout guérisseur. Il considérait que l'épreuve est purificatrice et la clé de la spiritualité en dissociant la matière et l'esprit. Lui-même et son épouse, Jeanne Collon, Mère Antoine, ont subi bien des duretés et vicissitudes de la vie. Il a été mineur et ouvrier métallurgiste ; elle fut cantinière. Des labeurs éprouvants, en Belgique, en Allemagne, en Pologne russe. Mais surtout, la pire épreuve a été la perte de leur fils unique en 1893. Louis Antoine a créé la Société Spirite des Vignerons du Seigneur. Aujourd'hui, son culte laisse une large place à la prière. Les desservants sont bénévoles. J'en suis. Les fidèles peuvent appartenir à une autre Eglise. Toutes les croyances sont bonnes..."

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Une cérémonie Antoiniste à Paris (La Liberté, 4 nov 1924)

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Une cérémonie Antoiniste à Paris (La Liberté, 4 nov 1924)

Une cérémonie Antoiniste à Paris

    Les rares passants qui courbés sous la pluie battante, se hâtaient hier, vers midi, de regagner leur domicile sur le boulevard Edgard-Quinet, remarquèrent, à la hauteur du numéro 64, le convoi funèbre que représente notre photographie. Il s'agissait de l'inhumation d'une vénérable dame appartenant au culte Antoiniste, et tous les frères et sœurs antoinistes de Paris étaient présents dans leur costume rituel : la robe noire et le voile pour les femmes, la longue redingote noire et le chapeau noir aux larges bords pour les hommes.
    La cérémonie fut fort simple. Elle se fit selon le rite, dehors dans la cour de l'immeuble : le cercueil était placé sur deux chaises et recouvert du velum portant simplement l'inscription : Culte Antoiniste. Un adepte tenant l'emblème de la secte : l'Arbre de la science de la vue du mal.
    L'officiant ne fit aucun discours, ne récita nulle prière, il se contenta de lire à voix très lente et martelée les dix principes qui composent l'essentiel de la révélation du père Antoine le Généreux.
     Cette révélation, si je l'ai bien comprise, tient en une unique pensée : l'amour (l'amour de Dieu et l'amour des créatures en Dieu et pour Dieu) peut seul sauver les hommes ; l'ennemi de l'homme, c'est l'intelligence, c'est-à-dire la raison raisonnante voulant toujours discuter et contrôler la croyance. Autrement dit, c'est l'orgueil qui perd l'homme, alors que l'humble foi le sauverait aisément.
    Le beau côté de cette secte, c'est la très douce tolérance. J'ai retenu au passage ce fragment de l'un des principes : « Si vous respectez toute croyance et celui qui n'en a pas, vous savez, malgré votre ignorance, plus qu'on ne pourrait vous apprendre… »
    Respecter toute croyance et même l'absence de croyance... Ce n'est pas, hélas ! dans notre contemporaine qu'une pareille secte pourra jamais trouver beaucoup d'adeptes...

La Liberté, 4 novembre 1924

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Cultes originaux de Paris (Paris-midi, 06 mars 1924)

Publié le par antoiniste

Cultes originaux de paris (Paris-midi, 06 mars 1924)

    Initiatique universelle ou les cultes originaux de Paris.

    L'Ordre Martiniste et Synarchique, nous annonce-t-on, a repris ses travaux. Voilà une bonne nouvelle. Elle nous apprend que toutes les croyances, comme tous les goûts, sont dans la nature.
    D'ailleurs, les pieux Martinistes ne sont pas les seuls à pratiquer un culte aussi digne qu'original... Au fond d'une petite rue du XVe arrondissement, fleurit en une église discrète le culte du suédois Swendenberg. Et pas bien loin de là un monsieur O*** W*** dirige une revue qui ne s'atteste rien moins que l' « Organe de mouvement universel de régénération initiatique ». Et un peu plus loin, à Auteuil, un autre monsieur A*** J*** dirige une « Société d'harmonie universelle ».
    L'univers, dans tout cela, comme on le voit, est fortement mis à contribution... Et, non loin du carrefour de Buci, nous trouvons le siège des « Amitiés Spirituelles », centre des « Conférences Sédir ». Sédir est une sorte d'apôtre qui va par le monde prêchant un christianisme un peu différent de celui du catéchisme, mais, parait-il, non moins aimable.
    On nous signale, d'autre part, « l'Université du Sphynx » que dirige l'alchimiste-philosophe J.-C***. Et nous connaissons la « Société Théosophique », avenue Rapp.
    Quant à l' « Antoinisme », – qui ne le connait ? – il a vingt temples, dont seize en Belgique, trois en France et un à Monaco. C'est le culte d'Antoine le Guérisseur, devenu, après sa mort, Antoine le Généreux. Il mourut en 1912. Après avoir travaillé dans les mines, il s'était adonné à la seule charité et fit des guérisons et des miracles nombreux. Son évangile se compose de « Dix principes révélés en prose ». Le sixième est particulièrement significatif : « Quand vous voudrez connaitre la cause de vos souffrances, que vous endurez toujours avec raison, vous la trouverez en l'incompatibilité de l'intelligence avec la conscience. » N'est-ce pas admirable ?... Depuis la mort du Père, celui-ci s'étant désincarné et étant apparu à ses adeptes pour les avertir que la Mère le remplacerait, c'est une sainte femme qui monte à la tribune du temple pour les « opérations générales » les quatre premiers jours de chaque semaine.
    Et il y a encore, avenue Rapp, le culte catholico-bouddhique...
    En cherchant bien on en trouverait d'autres.

                                                          Le Planton.

Paris-midi, 6 mars 1924

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André Thérive - Du côté de la Butte-aux-Cailles (L’Œuvre, 27 mars 1928)

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André Thérive - Du côté de la Butte-aux-Cailles (L'OEuvre, 27 mars 1928)

    Sans Ame, de M. André Thérive, est un des bons romans de cette année. Si ce n'était que cela, je n'en parlerais pas : la critique est ici trop bien faite par notre brillant collaborateur André Billy. Mais Sans Ame est, au fond, un roman « à thèse ». Ceci de la façon la plus adroite, la plus neuve ; cette « thèse », il n'y a que le titre du roman qui la signale, qui l'affirme. Hors ce titre, l'auteur n'expose, ou ne prétend exposer, que des faits, un état social, l'attitude enfin d'une très grande partie de la population parisienne en présence du problème religieux.
    C'est bien simple : selon M. André Thérive, elle l'ignore. Un demi-siècle d'enseignement laïque – le romancier n'en dit mot, il n'aurait garde, dans un ouvrage d'imagination, d'employer des termes si décisifs et grossiers – a déraciné, supprimé le christianisme, et surtout le catholicisme.
    Cette religion deux fois millénaire a en somme disparu. Beaucoup d'enfants ne sont pas baptisés. Ceux qui le furent se demandent sincèrement : « Est-ce que je l'ai été ?... » Ils ne s'en souviennent plus. Ignorance totale des dogmes, des rites, des sacrements. Une des petites filles qu'on rencontre à une page de ce roman remarquable dit : « La communion ? Je sais ce que c'est : une chose que les curés vous mettent dans la bouche pour vous confesser ! » Elle confond ainsi le sacrement de la Pénitence et celui de l'Eucharistie.
    Alors, comme cette population est intelligente et sensible encore plus sensible qu'intelligente – c'est chez elle une inquiétude obscure, confuse, du mystère de l'après-vie, parfois aussi puissante, aussi dominatrice que chez le primitif de l'âge de la pierre. Résurrection du vieil animisme. Epouvante devant la mort, devant les rêves « qui doivent signifier quelque chose ». Des demi-primaires se réfugient dans la magie, instituent des cultes bizarres ; d'autres dans « l'Antoinisme », déformation ingénue du Christian Scientisme américain, mélange naïf de spiritisme, de « fluidisme », et de biblisme qui compte 300.000 adeptes en Belgique, possède maintenant un temple à Paris, et où l'on rend hommage au Christ, mais également au Diable : car le Diable, c'est la matière, et ne sommes-nous pas formés pour trois quarts de matière ? ... Et dans ce roman, qui arrive à l'émotion, au pathétique par des moyens inédits, comme dénudés, poignants, l'héroïne, une petite marcheuse de café-concert, meurt à dix-sept ans, enceinte de cinq mois, après un incendie et une chute dans « sa boîte », murmurant : « Mourir, ce n'est rien... mais je ne veux pas finir ! Non, je ne veux pas finir ! »
    ... Pendant ce temps un certain M. Comte, dans son Laboratoire de Physiologie des Religions, créé par le Collège de France, s'efforce de saisir les réactions de l'émotion religieuse, aidé des sphygmographes et des manomètres à mercure.

    Donc, si je ne me trompe, voilà bien la thèse : « Le peuple a été élevé « sans âme ». Vaguement il en cherche une. Il ne la trouve pas. M. André Thérive se garde fort d'ailleurs de dire ouvertement qu'il le regrette. Il semble seulement qu'il fasse entendre une protestation en faveur de l'âme immortelle : « S'il y a quelque part un jugement pour remettre les humiliés dans la gloire, ne vaut-il pas mieux être des victimes que des bourreaux ? »
    Je veux bien, moi, naturellement ! Je ne demande pas mieux que de ressusciter ! Mais ça ne m'empêche pas de me demander pourquoi, s'il y a un démiurge ou un bon Dieu, il permet qu'il y ait sur cette terre des victimes et des bourreaux. A cela les religions spiritualistes n'ont jamais bien clairement répondu, et il ne semble pas non plus qu'elles aient, mieux que le matérialisme « officiel » de nos jours, préservé, accru, la moralité des peuples.
     Car voici que ressort du roman de M. Thérive un fait bien singulier ! Il n'apparaît pas, à le lire, que ces misérables petites filles nées entre la Glacière, la place d'Italie, Saint-Médard et le boulevard de l'Hôpital, et devenues ouvrières dans les fabriques de sucre et les ateliers de cartonnage, ou bien qui dansent nues dans les music-halls, vaillent moralement moins que leurs devancières du dix-neuvième ou du dix-huitième siècle. Elles ont leur fierté, elles ont leur honnêteté, elles ont leur « morale » qui pour n'être pas celle du catéchisme leur maintient une espèce de dignité. Et, entre celles que rencontrait Restif de la Bretonne dans les mêmes parages, il y a un siècle et demi, et celles qu'a vues M. Thérive, l'avantage est plutôt pour celles-ci.
    Et puis, n'a-t-il pas exagéré la défaite des religions « établies » ? On semble discerner, au contraire, à bien des signes, qu'elles exercent une influence beaucoup plus active qu'il y a trois ou quatre générations.

                                                             Pierre Mille.

L’Œuvre, 27 mars 1928

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Rue Vergniaud, on lit et on opère (Excelsior, 27 octobre 1913)

Publié le par antoiniste

Rue Vergniaud, on lit et on opère (Excelsior, 27 oct 1913)

      LES ANTOINISTES A PARIS

          Rue Vergniaud
       on lit et on opère

    Inaugurant le temple élevé par ses
adeptes, la Mère Antoine monte à la tri-
 bune et y pratique quatre "opérations
                         générales".

    Lorsque la Mère Antoine monta à la tribune hier matin pour inaugurer son temple de la rue Vergniaud par une « opération générale », les huit ou neuf cents adeptes qui se trouvaient réunis dans cette salle, et sur qui retombait la lumière verte provenant des fenêtres, se laissèrent entraîner par une violente émotion extatique. Un véritable concert de sanglots et d'exclamations s'éleva, tandis qu'au premier rang, sous la chaire même, une douzaine de malades attendaient les effets de l'opération.
    La veuve du Désincarné, toujours vêtue de sa simple robe de serge noire, se contenta d'étendre ses mains au-dessus de cette foule silencieuse. Et après être demeurée quelques secondes en extase, elle redescendit l'escalier de la tribune pour aller se recueillir dans une petite cabane en bois momentanément édifiée dans un terrain vague derrière le temple.
    A trois reprises, la Mère revint opérer et la suggestion fut si forte que trois ou quatre assistantes, qui étaient venues se soumettre au fluide, se crurent guéries. L'une d'elles, une dame T..., amenée spécialement de Vichy pour voir la Mère, laissa tomber la béquille dont elle se sert depuis neuf ans ; mais il ne me fut pas possible de constater si l'« opération » avait agi, car ceux qui avaient transporté la pauvre femme la prirent sous les bras et l'entrainèrent. Les autres patientes, de simples névrosées, pleurèrent à chaudes larmes et répétèrent à qui voulait les entendre que la Mère venait de leur rendre la santé.
    Un phtisique, venu de Charleroi dans le train des Antoinistes et qui fut pris de vomissements de sang alors qu'il faisait les cent pas devant le temple, fit implorer la Mère et, comme l'hémorragie s'arrêta, on ne manqua pas d'attribuer son soulagement à l'intervention d'Antoine.
    Après les quatre « opérations » de la Mère, le lecteur habituel du temple de Jemeppe-sur-Meuse, M. Delcroix, sortit sur le parvis, précédé d'un antoiniste portant l'Arbre de la Science de la Vue du Mal et accompagné de M. Derégnaucourt, le grand-prêtre du culte, et de M. Noël, le « légat » à Paris.
    Devant la foule amassée, M. Delcroix, qui, on le sait, est un des plus distingués professeurs de l'Athénée royal de Liége, lut le Grand Livre de la Révélation, sans paraître se soucier des cinématographes et des photographes qui opéraient sans relâche.
    A midi, tout était fini et les pèlerins belges se dispersèrent pour visiter Paris.
    Vers 4 heures, la Mère prit place dans une automobile qui la conduisit à la gare du Nord, où l'attendaient les quatre cents adeptes belges. Et, à 5 heures, le train spécial démarrait pour regagner Jemeppe.
    D'ici peu, la Mère va entreprendre un long voyage : elle doit en effet inaugurer, le mois prochain un nouveau temple... à Monte-Carlo. – HENRY COSSIRA.

Excelsior, 27 octobre 1913

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Petites religions de Paris (L'Intransigeant 1 juillet 1924)

Publié le par antoiniste

Petites religions de Paris (L'Intransigeant 1 juillet 1924)

 PROMENADES PARISIENNES

Les petites religions
          de Paris

       De Clotilde à Antoine

    Elles sont beaucoup plus nombreuses qu'on ne saurait l'imaginer ; sans compter tous les schismes d'Orient, les loges spirites, martinistes, rosi-cruciennes, les théosophes, les swedenborgiens, n'y a-t-il pas, depuis quelques années, de gauche et de droite en cet immense Paris, toutes les hérésies secrètes, hospitalisées avec les étrangers qu'une patrie ingrate, ou simplement prudente, a rejetés sur nous ?
    L'armée du Vice et de la Folie, les priseurs de neige, les morphinomanes, les crotisants, les célébrants de messes noires et roses, tous les magistes de haute et de basse volée, guérisseurs, pythonisses, voyantes, ne sont-ils pas les précurseurs, les apôtres, les zélateurs, les missionnaires, et quelquefois les martyrs sans gloire d'un nombre infinis de religions caricaturales dont les rites et la liturgie sont définitivement arrêtés ?
    L'étude de ces croyances maléfiques nous entraînerait trop loin et, pour nous en tenir aux religions spirituelles, qui ne sont pas toujours les moins dangereuses, signalons l'active Armée du Salut, ou encore, comme exemple plus frappant de « petite religion », le Culte Antoiniste.
    L'antoinisme a été fondé par le père et la mère Antoine, de Jemeppe-sur-Meuse, en Belgique. La France, possède cinq temples antoinistes et Paris a le sien, situé rue Wurtz et rue Vergniaud, au versant de la Butte aux Cailles.
    L'antoinisme ou religion du nouveau spiritualisme, a pour pape le père Antoine, « continuateur du Christ ». Les Antoinistes sont des guérisseurs par la foi, comme l'abbé Julio ; ils ont commencé la publication d'un bulletin, l' « Unitif », dans lequel ils exposent, en termes du reste insuffisamment clairs, la révolution de l'antoinisme et sa mission.
    La Religion de l'Humanité, fondée par Auguste Comte, a deux temples dans Paris. Nous avons visité récemment celui de la rue Payenne, au Marais. C'est là qu'est morte Clotilde, « la tendre et immaculée inspiratrice » de Comte, nous apprenons qu'elle a souffert, au troisième étage de cette maison, « sa touchante passion, qu'elle y est morte, sous les yeux de son incomparable adorateur et de la « noble prolétaire », Sophie Thomas, née Bliaux, le 5 avril 1846 ; le sublime Régénérateur fut le seul à dévoiler, à travers son exquise modestie, sa sublime grandeur, morale et mentale », etc.
    La maison n° 5 rue Payenne a été achetée en totalité pour la Religion de l'Humanité ; la plupart des pièces sont inoccupées et sonnent le vide.
    Le temple est formé d'un autel de bois sculpté : on y voit les bustes de différents bienfaiteurs de l'humanité, artistes, savants. C'est le 28 août 1903 (16 Gutenberg 49 de l'ère normale, calendrier Comte) que fut consacré ce temple, placé sous la garde d'une portière.
    Lors de notre visite, une personne qui errait dans les couloirs nous dit, en désignant l'autel : « Ça tire sur le catholique ». Cela peut tirer, en effet, sur le catholique, mais c'est, en tout cas, vertigineusement triste.
    Ce qu'est la Religion de l'Humanité, vous pouvez l'apprendre en lisant Auguste Comte et ses nombreux commentateurs : elle veut le bonheur de l'humanité, « sur la Terre et dans l'Espace », rien de plus, rien de moins.
    Quelques échantillons d'humanité du Marais ne nous ont point caché que, selon eux, la grande maison vide de la rue Payenne devrait être mise en location, ce qui procurerait quatre ou cinq appartements à des familles qui en ont le plus grand besoin.
    Clotilde, la « suave patronne », et le Régénérateur pourraient suggérer cette pensée au groupe positiviste. Ce serait là d'un positivisme social... tout à fait positif – un peu de bonheur pour quelques « nobles prolétaires », sur cette terre et même dans l'espace. – MARIUS Boisson.

L'Intransigeant, 1 juillet 1924

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