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Robert Vivier, Délivrez-nous du mal (critique de L'Astrosophie)

Publié le par antoiniste

Délivrez-nous du Mal

Robert VIVIER

(Editions Bernard Grasset, Paris — 18 francs)

    Ce livre est une biographie du Père Antoine le Guérisseur, fondateur du culte des Antoinistes, une branche du mouvement spirite. Tout honneur à l'auteur ! Il avait une tâche ingrate : décrire une vie à la fois simple et remarquable, en gardant le ton naturel et pourtant en faisant valoir des pouvoirs presque miraculeux qui se sont développés dans un pauvre ouvrier par les méthodes spirites. Il ne sied pas ici de discuter les méthodes Antoinistes, l'hypothèse spirite, ni la nature de la guérison spirituelle. Les faits parlent. Dans son traitement du Père Antoine, écrit comme un roman de grande envergure, M. Vivier nous a montré que la bonté simple et la beauté d'esprit suffisent à rendre un être digne de devenir un messager du Guérisseur de Nazareth. Plus de 300.000 Belges et Français suivent, de nos jours, l'enseignement simple et spirituel du Père Antoine.

L'Astrosophie.
Revue d'astrologie ésotérique et exotérique ["puis" mensuelle d'astrologie] et des sciences psychiques et occultes

1936/05 (VOL14,N5).
source : gallica

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Un fondateur de relgion (Le Figaro, 26 juin 1912)

Publié le par antoiniste

Figaro en Belgique

        ----

UN FONDATEUR DE RELIGION
                       Bruxelles, 25 juin.

    Louis Antoine, un ancien ouvrier d'usine, devenu guérisseur, est mort à Jemeppe, près de Liège, où il avait édifié un temple, fondé une véritable religion. Le Parlement belge reçut, l'an dernier, une immense pétition demandant la reconnaissance officielle du culte nouveau, qui compte de nombreux adeptes en France.
    Originaire du pays de Liège, Antoine avait soixante-six ans. On dit que sa femme continuera son oeuvre. - HARRY.

Le Figaro - 26-06-1912 (Numéro 178)
source : gallica

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Le prophète

Publié le par antoiniste

    La manière de décrire les prophètes ainsi que les différents termes employés par la Bible à leur sujet insistent sur leur rôle socio-religieux et  sont souvent semblables, ce qui permet au lecteur de reconnaître la nature exacte du personnage. Le terme "prophète" est la traduction du mot hébreu nâbî, qui signifie sans doute orateur ou porte-parole.
    La vocation première du prophète n'est donc pas d'être un devin prédisant l'avenir - bien qu'il en ait certainement le pouvoir -, mais plutôt le héraut de Dieu, comme l'indique le préambule particulier : "Ainsi parle Yahvé".
    La fonction essentielle du prohète biblque est d'aider la nation à conserver une juste relation avec la divinité et, par se sparoles et se sactes, de cimenter cette relation.
    Le verbe dérivé de nâbî signifie "agir en prophète" et s'applique souvent en comportement incontrôlé appelé "extase". L'emprise de l'"esprit" de Dieu ou l'imposition de sa "main" sont toujours à l'origine de la prophétie. Le prophète ressent la compulsion d'énoncer le message divin, parfois même contre son gré. Un tel comportement n'est pas réservé aux prophètes de Yahvé : au XIe siècle avant J.C., l'histoire égyptienne d'Ounamon relate comment, dans la cité phénicienne de Byblos, un jeune homme est saisi d'une transe prophétique pendant une cérémonie rituelle afin de délivrer un message émanant de la divinité.

    Également appelé "voyant" ou "visionnaire", le prophète a le don de double vue et peut interpréter des présages à partir de phénomènes naturels. Une autre dénomination fréquente est "homme de Dieu", car il est toujours en contact avec l'univers spirituel. Selon la tradition juive, le prophète peut siéger à l'assemblée des conseillers divins qui entourent Yahvé et devenir son "messager". Aussi, lorsqu'il rend un oracle, commence-t-il fréquemment par la formule consacrée qu'emploie l'émissaire parlant au nom d'un supérieur.

    Le prophète biblique émerge dans des contextes sociaux différents. Il peut être attaché à un lieu particulier - un sanctuaire -, comme Samuel à Rama. Il peut également faire partie d'une confrérie de prophètes parcourant le pays d'un lieu saint à l'autre, comme ce fut le cas aux premiers temps de la monarchie.

Histoire Universelle - J.R. Porter, La Bible
VI Les Prophètes - Le Rôle du prophète, p.94
Evergreen Taschen, Cologne, 2007

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Louis-Martin-Joseph Antoine, le fils

Publié le par antoiniste

Louis-Martin-Joseph Antoine, le fils

Illustration : à gauche, tableau représentant le fils de Louis et Catherine Antoine, maintenant chez un adepte belge ; à droite, photo ayant servi de modèle pour le tableau (archives de Roland AE Collignon). (Cf. aussi les Archives du Temple de Retinne)

    Un portrait de famille date également de la période passée par Louis Antoine et sa femme à Praga (début années 1880). on voit alors le petit Martin.

    Fils des Antoine, Louis-Martin-Joseph (dit Martin) Antoine (23 septembre 1873-23 avril 1893)
    Baptisé le 28 septembre en Prusse, à Meiderich-Hamborn, en l'église catholique de Saint-Jean (Robert Vivier, p.105-06 et p.112-13).
    Le parrain était Martin Antoine, la marraine Catherine Castille (Tatène dans le roman de Robert Vivier), les parents de Louis Antoine (Pierre Debouxhtay, p.48).

    La page du registre de son acte de sa naissance est à voir à cette page.

    Le fils d'Antoine avait toujours été de santé chétive. "Quand il fut capable de s'assimiler une idée, ce fut une idée spirite qu'on lui donna. Dans son adolescence, il fréquenta les écoles du soir de Jemeppe ; sa santé laissait à désirer. A certains moments, il se faisait remarquer par ses idées bizarres et l'expression étrange qu'il leur donnait ; il donna de vives inquiétudes à ses maîtres et ceux-ci exprimèrent des craintes à son sujet, mais leurs avis ne furent pas écoutés." (Bourguet, p.6. M. T.D., ingénieur, a connu, à l'école primaire, le jeune Antoine, qui était bon élève ; c'est aussi l'avis de Robert Vivier, cf. p.132).

Louis-Martin-Joseph Antoine, le fils
(archives de Roland AE Collignon)
Dans les Archives du Temple de Retinne, on précise qu'il s'agit de la photo prise pour sa communion.


    Après avoir suivi des cours à l'Ecole Moyenne de Seraing, le fils d'Antoine devint employé à la Société des Chemins de Fer du Nord Belge (Pierre Debouxhtay, p.58). Un biographe de Louis Antoine imagine un épisode émouvant entre lui et son père :
    Antoine posa enfin le pied sur la terre natale. Catherine le suivait en tenant un garçonnet par la main. L’enfant était curieux de tout, il voulait tout voir, tout savoir. Et comme les locomotives le passionnaient, Antoine lui montra l’abri du mécanicien et les flammes de la boite à feu qui rougissaient les joues.
- Tu vois, Martin, dit l’ouvrier, la vapeur qui vient de la chaudière pousse le piston – Il fit un geste de va-et-vient avec la main imitant le mouvement des roues motrices – ce qui permet de remorquer les wagons.
- Elle respire bien fort – s’inquiéta l’enfant en voyant la vapeur expulsée par la cheminée – et ça ?
- Un régulateur, petit.
- Plus tard, je conduirais des machines, lança-t-il fièrement.
Antoine échangea un clin d’œil complice avec le mécano puis l’enfant se précipita aussitôt vers le chef de gare et l’aida à refermer quelques portières.
Roland A E Collignon, La Vie Tourmentée de Louis Antoine

    Il meurt le 23 avril 1893 à 20 ans d'une phlébite à Jemeppe. C'est une société spirite de Seraing, l'Union Spirite, qui procédera à son enterrement. Robert Vivier raconte de façon très tendre son agonie dans les p.177-188, puis son enterrement dans les p.191-193. Son acte de décès est signé de Louis Antoine et Alfred Gony. Il a du être inhumé au cimetière de la Paix à Jemeppe, dans la rue Aripette, où est également enterré une partie de la famille Dor. Il aurait été exhumé dans le plus grand secret plus tard à la demande de Mère Antoine pour rejoindre la concession de son père au cimetière des Housseux. On peut lire sa nécrologie dans le journal spirite Le Messager de Liège (1er Mai 1893). 

 
    On prétendra qu'il se fut réincarné en pharmacien à Paris, ce qui fut nié tout comme soutenu par des Antoinistes : "Mais comment comprenez-vous que son fils, qui est mort il y a deux ans, soit déjà devenu pharmacien ?" (Robert Vivier, p.206).
    On peut ici évoquer encore une fois l'hypothèse qu'on peut vivre plusieurs incarnations en une seule même vie terrestre, à la façon des new-born protestant (cf. George W. Bush).

    On peut voir son arbre généalogique sur le site Geneanet par Henri PAULISSEN et sur myheritage.

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Culte Antoiniste, le Père et la Mère pendant une Opération au Temple

Publié le par antoiniste

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Père, mère, frère, soeur

Publié le par antoiniste

    Quand vous entrez dans un temple pour la première fois, on vous saluera d'un : Bonjour, Frère ou Bonjour Soeur.
    Et entre Antoinistes, on fera précéder son nom ou prénom de cette marque de fraternité.
    D'où vient cette tradition ?


    Tout d'abord dans le spiritisme, il est également d'usage de se dénommé de cette façon. On parlera de ses frères spirites. Il est donc normale que cette pratique ait perduré dans l'antoinisme, que l'on traite comme une branche du spiritisme, de l'occultisme ou de la théosophie. D'ailleurs, dans la franc-maçonnerie, également, on se dénomme frère et soeur.
    Dans la religion catholique, l'homme est considéré en tant que membre de la famille chrétienne. "Frères en Jésus-Christ. Tu es le père des êtres; en toi tous les êtres sont frères". Dans la religion musulmane, on se donnera aussi du frère.

    Mais une autre tradition peut expliquer ce fait. On a déjà parlé de la perte de la figure paternelle du fait de l'industrialisation de la société. Cela peut expliquer la facilité avec laquelle on nomma Louis Antoine, le Père. Rappelons à ce propos qu'on surnomma Staline "le petit Père des peuples". L'image du père de famille disparaissant, il en fallait une autre.
    Dans les extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET, on lit l'anecdote suivante :
Un jour le Père dit à sa fille adoptive Louise : "Il ne faudrait plus m'appeler Papa".
- Et comment alors ?
- Père
- Tout le monde va vous appeler Père ?
- Non, celui qui en aura la pensée.
    Mais aussi celle-ci :
Recevant l'inspiration au sujet de l'enseignement, Il lui arrivait de demander Mme Desart au milieu de la nuit. Son travail fait, Il la raccompagnait chez elle. un soir, répondant aux remerciements de Madame Desart pour les grâces et l'Amour qu'elle recevait auprès de Lui, il lui dit : "Je suis plus près de vous encore que si j'étais votre père." C'est à partir de ce jour que les adeptes l'appelèrent "Le Père".
    Puis très vite, il devint normal de nommé Catherine Antoine, la Mère.

    Dans Délivrez-nous du mal, de Robert Vivier, p.328-29, on lit :
    Ils étaient là tous, autour de leur maître, et, tandis qu'ils penchaient la tête dans le recueillement, chacun d'eux se sentit rejoint à lui par un lien qui partait du plus secret de son coeur. Chacun l'appelait en soi-même d'un nom différent, selon la nature particulière de ce lien. Certains voyaient en lui l'homme généreux, le Bienfaiteur. Pour un Lacroix, pour un Dubois, c'était l'ami par excellence, le Frère. Pour Hollange, pour Musin, pour Deregnaucourt, pour Nihoul, pour tant d'autres, c'était le Maître qui sait la vérité. Les femmes, comme les bonnes gens du peuple, le nommaient déjà le Père. Et plus d'un adepte, écrasé par la grandeur infinie de cette minute, se tenait immobile parmi la foule, conscient de son humilité, et l'appelait à vois basse "le Seigneur".
[...]
    "Mes enfants", disait-il. Il avait donc choisi d'être appelé "le Père". Tous les adeptes comprirent. Ils sentirent du coup que c'était bien là le vrai nom qui lui convenait, tant à cause de son âge, de son aspect, que de cette égalité d'amour dont il savait envelopper tous ses fidèles. Comme un père, il ne cherchait pas à se faire aimer, il usait à l'occasion d'un rudesse bienveillante. Il songeait avant tout à leur bien, même s'ils n'y songeaient pas eux-mêmes, et il voyait devant eux, plus loin que chacun d'eux.
    - Quoi qu'il vous arrive, dit-il pour terminer, si vous pensez à moi, je serai toujours avec vous pour sanctifier votre épreuve et vous aider à surmonter votre doute.
    C'est ainsi qu'Antoine le Guérisseur, que certains avaient appelé Antoine le Généreux, devint le Père. A partir de ce jour-là il ne fit plus de différence entre tous ses fils. Bientôt il ne reçut plus aucun malade en particulier, et toutes ses opérations furent remplacées par une "opération générale", qui se faisait chacun des quatre premiers jours de la semaine, à dix heures. Il continuait à guérir, mais tous sentaient que pour lui la guérison des corps n'était plus la chose importante. On allait à ses opérations, bien plus pour le fluide d'amour que pour être guéri.

    Le Père est aussi une expression servant à désigner Dieu, comme dans "Notre Père qui es au cieux...".
    C'est aussi l'appellation donnée à certains prêtres, principalement dans le clergé régulier (rappelons en mémoire le Padre Pio).

    Mais il est aussi une pratique à la campagne, peut-être plus souvent dans le nord de la France et en Wallonie qu'ailleurs. C'est de nommer son père, "le père", et sa mère, "la mère". Cf. le Trésor de la Langue française Informatisé :

[À la campagne, comme appellation utilisée par les enfants parlant de leur père ou par la mère parlant de leur père aux enfants] Le père. Elle toucha le bras de la mère, qui s'éveilla : − Estelle? Hein? Ah... oui. Ah mon Dieu! Elle se levait, passait ses pantoufles, suppliait : − Pas de bruit... Le père, n'éveille pas le père... Elle suivit sa fille dans les ténèbres (Van der Meersch, Invasion 14, 1935, p. 24).

    Remarquons que la citation est d'un auteur du Nord.

    Voyons également Émile Zola, dans Germinal :
    Catherine avait trouvé sa mère agitée d'un pressentiment ; et, dès les premiers mots balbutiés, celle-ci cria :
    "Le père est mort !" (Troisième partie, chapitre V, p.211, Éditions Presses Pocket, Lire et voir les classiques)

    "Eh bien, que se passe-t-il donc, mes enfants ? demanda-t-il à pleine voix. Qu'est-ce qui vous fâche ? Expliquez-moi ça, nous allons nous entendre."
    D'ordinaire, il se montrait paternel pour ses hommes, tout en exigeant beaucoup de travail. (Cinquième partie, chapitre I, p.317, Éditions Presses Pocket, Lire et voir les classiques)

    On en voit quelques exemples dans Robert Vivier :
    La mère disait d'ailleurs que la meilleure prière était encore de faire la charité, d'être honnête et d'aimer tout le monde (p.19).
    - Et notre Louis ? dit la mère. Où est-il par ce temps ? A-t-il ce qu'il lui faut ? Est-ce qu'il pense à nous ? (p.49)
    M. Delcroix, professeur d'athénée est évoqué :
    Un jour qu'il rentrait de l'école, il alla tout droit trouver sa femme, qui était à la cuisine, occupée à essuyer un plat.
    - Mère, dit-il, j'ai eu une idée. Je devrais abandonner l'école et me consacrer à la propagande. (p.290)

    Durant déjà la période spirite, on lit :
    Le docteur Carita, c'était sûr, n'était plus en lui. Mais il lui restait de son passage une autorité, une certitude qui donnait un grand poids à ses paroles.
    - C'est bon, m'fi. Revenez dimanche prochain, et encore l'autre dimanche, toujours avec la foi, comme aujourd'hui, et je vous promets que vous retournerez travailler. (p.211)

    Dans le même auteur, on apprend aussi une autre tradition particulière :
    - Vous avez raison, m'frè* Antoine. Vous n'êtes pas un homme comme les autres, vous... C'est parce que vous avez été au régiment (une note indique : "Mon frère". Locution simplement amicale, en pays wallon). (p.88)

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Fratrie de Louis Antoine

Publié le par antoiniste

    On signale un erreur dans le nombre de frère et soeur de Louis Antoine. En effet, dans la biographie du Père au début de l'Enseignement, on dit qu'il était "le cadet de sa famille qui comptait onze enfants".
    Pierre Debouxhtay enquêta et lui trouva seulement 8 frères et soeurs, dont il donne la liste (il fait des erreurs que nous corrigeons) :
1) Marie Catherine, née le 17 décembre 1825 (mariée en 1849),
2) Jean Joseph, né le 15 octobre 1827 (habita ensuite à Saint-Nicolas),
3) Pierre Joseph Eloi, né le 5 juin 1830 (décédé le 13 février 1838),
4) Elisabeth (ou Marie Elisabeth), née le 4 mars 1833 (décédée le 6 octobre 1860),
5) Dieudonnée, né le 6 juillet 1835 (décédée le 14 août 1840),
6) Marie Joseph, 2 mars 1838 (mariée en 1861),
7) Eloy Joseph, né le 10 janvier 1841 (marié en 1866),
9) Joséphine, né le 17 juin 1843 (décédée en bas âge ?),
10) Louis Joseph, né le 8 juin 1846, le Père.

    On évoqua déjà Marie-Josèphe, qui se maria avec un membre de la famille Dor et donnera naissance notamment à Pierre Dor, le neveu prophète.
    Robert Vivier évoque très peu les autres enfants des Antoine (p.27) :
    Il regardait ses parents, son grand-père, ses frères Jean-Joseph et Eloi déjà des hommes avec leurs moustaches et ses soeurs, et surtout Marie-Josèphe blonde et légère, aux yeux d'un bleu si clair, qui avait toujours un peu l'air de supplier.

    Pierre Debouxhtay pense que sa soeur Marie-Catherine fut la marraine de Louis, car dans son acte de baptême, il est dit :
    Susceptores sunt Ludovicus Thiry ex Awirs et Maria Catharina Antoine ex Mons.

    Pierre Debouxhtay comme Jacques Cécius est d'accord pour dire qu'il y a aucune raison pour que les biographes du Père lui ajoute 2 frères et soeurs. Nous sommes d'accord là-dessus. D'autant plus que dans les extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET, on lit :
    Pourquoi le Père a-t-il voulu vérifier sa biographie ?
    "Cette chose, dit-Il, ne se fait qu'après la mort, mais j'ai trop peur des exagérations".

    Louis Antoine a donc donné son aval à cette biographie. Mais Pierre Debouxhtay met en doute la véracité de toutes les informations de cette biographie, car il y trouvera d'autres erreurs.

    Cependant, on ne voit pas de raison de grandir la famille, puisque cela ne jouera aucun rôle dans le futur de Louis. La famille était pauvre, et que cela soit 9 ou 11 enfants, même pour l'époque, c'est une famille nombreuse.

    Quelles sont les solutions qui s'offrent à nous ?
    La formule de la biographie est ambiguë : "le cadet de sa famille qui comptait onze enfants" et non "le cadet des enfants" ou "le cadet des parents". Est-ce qu'on voulait dire par là que la famille comptait 11 membres ?
    Cependant il manque encore une personne.

    Autre solution : peut-être les parents ont pris, comme plus tard les Louis et Catherine, des enfants en "nourrice". En effet, il n'était pas rare que les parrains et marraines devaient prendre en charge les orphelins. Cependant, on n'aurait certainement plus de trace de ce fait.

    Peut-être il y eut des morts-nés. Robert Vivier parle déjà de Joséphine et Dieudonné, mort en bas-âge (p.24).
    S'il n'y a pas eu de baptême, ses petites âmes n'ont-elles peut-être pas été inscrites sur les registres de la mairie.
    Un texte peut nous aider à comprendre :
En revanche le décret du 4 juillet 1806 formule le problème très différemment puisque l’officier d’état civil doit inscrire sur le registre des décès l’enfant qui lui est présenté mort avant la déclaration de naissance. Le texte entier du décret qui a été appliqué, non seulement en France mais dans tout l’Empire, mérite d’être cité en entier : Art. 1er. Lorsque le cadavre d’un enfant, dont la naissance n’a pas été enregistrée, sera présentée à l’officier de l’état civil, cet officier n’exprimera pas qu’un tel enfant est décédé, mais seulement qu’il lui a été présenté sans vie ; il recevra de plus la déclaration des témoins, touchant les noms, prénoms, qualités et demeures des père et mère de l’enfant, et la désignation des an, jour et heure auxquels l’enfant est sorti du sein de sa mère. 2. cet acte sera inscrit sur les registres de décès, sans qu’il en résulte aucun préjugé sur la question de savoir si l’enfant a eu vie ou non » (Code civil, Art. 79, Dalloz, 1909, p. 32). En complète contradiction avec les textes précédents, donc, si un enfant meurt avant la déclaration de naissance, il est enregistré comme « présenté sans vie » sur le registre des décès ; il n’est pas enregistré sur le registre des naissances ; les vrais mort-nés ne sont pas distingués des dits « faux mort-nés ».
[...]
Par ailleurs, à partir de 1850, on commence à enregistrer les fœtus de tous âges de gestation. Jacques Bertillon signale qu’on a l’âge des mort-nés depuis 1866 et « nous voyons que, dès cette époque (et antérieurement aussi sans doute) un grand nombre de mort-nés étaient déclarés qui n’avaient que 5 mois de gestation et même moins encore ».
[...]
Dans un premier temps, les statisticiens obtinrent que les mort-nés soient déduits des naissances et des décès, ce qui se fit rétrospectivement à partir de 1836. Puis ils cherchèrent à différentes reprises à faire distinguer les vrais des faux mort-nés (années 1840, puis 1907-1910). Mais ce n’est qu’en 1920 qu’une question permet de savoir si l’enfant a respiré ou non et en 1993 seulement que la France applique la recommandation de l’OMS d’enregistrer parmi les naissances tout enfant ayant manifesté un signe de vie.
source : http://www.ieg.csic.es/workshop/pdf/La%20statistique%20des%20d%C3%A9c%C3%A8s...%2012%20mai%202008.pdf
    Ainsi Martin et Catherine (ou Tatène) ont pu avoir bien 11 enfants, sans que tous ne soient inscrits dans les registres de l'état-civil. Tatène ayant porté ses enfants à leur terme devaient certainement les considérer comme ses enfants. Peut-être même ont-ils été baptisés. Jacques Cécius précise qu'en cas de force majeur, un membre de la famille pouvait procéder au baptême sans la présence même d'un prêtre, afin que l'enfant soir enterré dans le cimetière, et non dans la fosse-commune. Cependant, on vient de le voir, ces enfants ont pu être inscrits sur les registres des décès, mais non sur les registres des naissances.
    Et lors de la Toussaint, toute la famille se souvenait de ces membres de la famille, qu'on a pas eut le temps de connaître.

    Une tradition wallonne évoque encore les feux follets qui seraient les âmes d'enfants morts sans baptême. Une autre croyance annonce l'idée que les enfants morts-nés n'allaient pas au paradis, car ils n'étaient pas baptisés. Montrer le corps à Notre-Dame de Saint-Séverin de la Basilique de Saint-Martin à Liège permettait de ressusciter l'enfant le temps du baptême. (tiré de Croyances et superstitions en Wallonie, Noir Dessin Production).

    Qu'on pense encore à Montaigne (même si les parents de Louis Antoine sont de deux siècles plus tard) qui disait dans son Essai I : "Et j'en ai perdu, mais en nourrice, deux ou trois, sinon sans regret, au moins sans fâcherie. Si n'est-il guère accident qui touche plus au vif les hommes". On sait les conditions dures de la vie des ouvriers de la mine à cette époque. Peut-être Louis Antoine a confondu les enfants qui ont été élevés par ses parents.

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Comment on nomma le Père

Publié le par antoiniste

    La Revue Mensuelle de l'Enseignement du Nouveau Spiritualisme est fondé par Antoine le Guérisseur en avril 1908. En juin 1908, le titre fut modifié en Revue Mensuelle de l'Auréole de la Conscience. En juillet 1908, le titre devient Revue Mensuelle de la Révélation : L'Auréole de la Conscience. Il restera tel jusqu'à la fin de la revue.
    La plupart des articles parus dans l'Auréole se retrouvent, revus et corrigés, dans la Révélation et le Couronnement de l’œuvre révélée.

    Généralement la Révélation et le Couronnement se trouvent réunis en un seul volume, relié en toile noire ; sur le plat sont écrites en lettres blanches les indications suivantes : Culte Antoiniste. Révélation par le Père Antoine, ces derniers mots ayant remplacé Antoine le Guérisseur, ou Antoine le Généreux, figurant sur les premières éditions. Un carton collé sur la couverture de certains exemplaires porte Généreux, substitué à Guérisseur (cela vers 1911).
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.141. (Cf. également l'article sur les Dix principes)

Comment on nomma le Père

L'Enseignement de 1905, l'adepte M. H. appelle Louis Antoine "M. Antoine" puis déjà "Maître".


    Dans Délivrez-nous du mal, de Robert Vivier, p.328-29, on lit :
    Ils étaient là tous, autour de leur maître, et, tandis qu'ils penchaient la tête dans le recueillement, chacun d'eux se sentit rejoint à lui par un lien qui partait du plus secret de son cœur. Chacun l'appelait en soi-même d'un nom différent, selon la nature particulière de ce lien. Certains voyaient en lui l'homme généreux, le Bienfaiteur. Pour un Lacroix, pour un Dubois, c'était l'ami par excellence, le Frère. Pour Hollange, pour Musin, pour Deregnaucourt, pour Nihoul, pour tant d'autres, c'était le Maître qui sait la vérité. Les femmes, comme les bonnes gens du peuple, le nommaient déjà le Père. Et plus d'un adepte, écrasé par la grandeur infinie de cette minute, se tenait immobile parmi la foule, conscient de son humilité, et l'appelait à voix basse "le Seigneur".
[...]
    "Mes enfants", disait-il. Il avait donc choisi d'être appelé "le Père". Tous les adeptes comprirent. Ils sentirent du coup que c'était bien là le vrai nom qui lui convenait, tant à cause de son âge, de son aspect, que de cette égalité d'amour dont il savait envelopper tous ses fidèles. Comme un père, il ne cherchait pas à se faire aimer, il usait à l'occasion d'une rudesse bienveillante. Il songeait avant tout à leur bien, même s'ils n'y songeaient pas eux-mêmes, et il voyait devant eux, plus loin que chacun d'eux.
    - Quoi qu'il vous arrive, dit-il pour terminer, si vous pensez à moi, je serai toujours avec vous pour sanctifier votre épreuve et vous aider à surmonter votre doute.
    C'est ainsi qu'Antoine le Guérisseur, que certains avaient appelé Antoine le Généreux, devint le Père. A partir de ce jour-là il ne fit plus de différence entre tous ses fils. Bientôt il ne reçut plus aucun malade en particulier, et toutes ses opérations furent remplacées par une "opération générale", qui se faisait chacun des quatre premiers jours de la semaine, à dix heures. Il continuait à guérir, mais tous sentaient que pour lui la guérison des corps n'était plus la chose importante. On allait à ses opérations, bien plus pour le fluide d'amour que pour être guéri.

    Encore aujourd'hui, on peut précéder sa signature par un "Toujours unis dans le même fluide d'amour du Père", ou plus simplement, un "Fraternellement", remplaçant un "Cordialement". 

Comment on nomma le Père

Enseignement d'Antoine le Guérisseur et du Père, premier chapitre

    En 1929-1930, dans les publications du Culte Antoiniste, on remplaça les mots PÈRE ANTOINE par PÈRE. On fit même distribuer dans tous les temples des bandes de correction pour placer à cet effet dans les Enseignement et Développement (dans les chambres du temple de Jemeppe, on peut tomber sur un exemplaire biffé au crayon).
    Dans l'avenir, il est a souhaiter que la Révélation soit plus largement répandue et dépasse le cadre du Culte Antoiniste.
    C'est pourquoi lorsqu'on réimprimera l'Enseignement, il serait bon de faire deux livres :
le 1er : l'Enseignement, questions et réponses par le Père.
le 2e : le Couronnement.
Frère Jean-Marc Boffy, Historique du Culte Antoiniste, p.72 et 89.

    Cette réimpression est en vente dans le temple de Jemeppe, reliée par une spirale, avec une couverture vert clair.
    Régis Dericquebourg l'explique comme évolution vers un culte charismatique, qui d'Antoine le guérisseur, devient Antoine le généreux, puis maître vénéré appelé le Père. Ce culte charismatique évoluera vers un cult ensuite, un culte centralisé à Paris et Jemeppe où chaque guérisseur a son propre charisme mais témoigne sa fidélité au Père (p.143).

    Indiquons qu'il est d'usage dans certains dialectes d'appeler son grand'père "l' père" : J'ai vu l' père qui revenait avec du pain".

    Il est a noté que la version néerlandaise, qui date de l'époque de Mère très certainement, porte l'inscription : Antoinistische leer - Openbaring door Antoine den Weldoener, en français Culte Antoiniste - Révélation par Antoine le Bienfaiteur. Mais aussi dans le corps du texte, de Hervormer der Menschheid (le Réformateur de l'Humanité), Antoine den Genezer (Antoine le Guérisseur), Vader Antoine (Père Antoine), et Antoine (au lieu de Le Père) précédant ses réponses.
    Dans la biographie du Père, on le surnomme "le Régénérateur de l'Humanité", et dans l'Historique du Culte Antoiniste, on signale qu'on l'appela aussi un temps "Maître". En italien, il y a Rivelazione dei Dieci Principi di Dio dal Padre, et en allemand, on trouve : Offenbarung der zehn Prinzipien Gottes durch den Vater.

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Antoine le Guérisseur est mort (Le Progrès spirite, Juillet 1912)

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Antoine le Guérisseur est mort (Le Progrès spirite)

Antoine « le guérisseur » est mort

Avec lui disparaît une curieuse figure

De l'Eclaireur de l'Est (Reims)

    Bruxelles, 26 juin. — Un homme de Wallonie, un petit bourgeois, presque du peuple, est mort hier, qui avait acquis non seulement en Belgique même, mais un peu partout où il y avait des malades et des désespérés une célébrité et un crédit exceptionnels ; c'est celui qu'on appelait Antoine le Guérisseur. Il n'avait fait rien de moins que de fonder une religion, une espèce de variété de christianisme mélangé de théosophie. Il guérissait par la prière et l'imposition des mains, à la manière des Christian scientists d'Angleterre et d'Amérique.
    Peu à peu les malades de l'âme comme du corps, les incurables, les déséquilibrés, les névropathes, tous ceux que les médecins avaient abandonnés, avaient appris le chemin du petit pays de Jemmapes où Antoine avait son temple et tenait ses assises de médecine religieuse. Depuis plusieurs années, il y avait les foules de Jemmapes comme les foules de Lourdes et les « antoinistes » recrutés parmi les inquiets d'un culte nouveau et augmentés des guéris reconnaissants formaient une communauté éparse en divers lieux, mais
fort nombreuse.
    Depuis hier, le prophète et guérisseur belge n'est plus.
    Il y a quelques jours, la santé d'Antoine était devenue précaire et lundi matin un incident inattendu a encore accru les craintes de son entourage.
    Vers dix heures trente, comme il se trouvait, dans son temple, il s'affaissa subitement, frappé d'apoplexie.
    On dut le transporter chez lui où il reprit peu à peu ses sens.
    Sur ces entrefaites, un grand nombre de ses disciples, vêtus de soutanelles d'une coupe spéciale et coiffés d'immenses chapeaux, étaient accourus auprès du lit de leur maître.
    Antoine, alors proféra : « Demain quelque chose de sérieux se produira. » Puis, il ajouta d'une voix sourde : « Je désire que ma femme me succède dans mon enseignement religieux. »
    Antoine avait tardé beaucoup avant de faire sa révélation et de se déclarer l'homme de Dieu.
    Pendant nombre d'années, il était un homme comme un autre, un simple employé à la division des forges et martelage de la Société Cockerill. Il fut ensuite encaisseur à la Société anonyme des tôleries liégeoises. Puis il s'occupa d'assurances.
    Enfin vinrent la grâce, l'action publique, les prédications publiques. Antoine était alors déjà dans l'âge mûr.
    On le dit propriétaire des maisons ouvrières qui entourent son temple. D'aucuns estiment sa fortune à 80.000 francs. Quoiqu'il en soit, Antoine le Guérisseur a toujours vécu modestement.
    Au temple où il prêchait, Antoine avait adjoint une imprimerie et publiait chaque semaine un journal populaire qui tirait à plus de 20.000 exemplaires et répandait les doctrines de l'apôtre.
    Il y a quelques mois, « les antoinistes » de Belgique avait adressé aux Chambres une pétition demandant que la religion nouvelle fût reconnue par l'Etat.
    La pétition des fidèles du culte antoiniste portait cent mille signatures.
    L'oeuvre d'Antoine ne sera pas arrêtée par sa mort. Au temple, où son corps est exposé, l'affiche suivante a été apposée:

CULTE ANTOINISTE
               Frère,
     Le Conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance, que le Père vient de se désincarner aujourd'hui mardi matin 25 Juin. Avant de quitter son corps, il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous, Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine à dix heures.
    L'enterrement du Père aura lieu dimanche prochain 30 juin à trois heures.
            Le Conseil d'administration.


Le Progrès spirite. Organe de la Fédération spirite universelle
Juillet 1912, p.109
source : gallica

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Denis Collon, le beau-frère

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Denis Collon, le beau-frère

signature sur ses actes de mariage
en 1870 (avec Marie Elisabeth Buylinx)
en 1891 (avec Noële Marie Joseph Paulus)

    Le 5 février 1886, Louis Antoine est condamné pour coups sur la personne de Denis Collon le 10 octobre 1885.
    Pierre Debouxhtay reproduit l'audience et la condamnation du tribunal :
  Jugeant en premier ressort, le condamne à deux francs d'amende et à défaut de paiement à un jour de prison et aux frais liquidés à sept francs 87 cent.
  Statuant sur les conclusions de la partie civile :
  Attendu que les coups porté au plaignant ne lui ont occasionné aucun préjudice.
  Condamnons le prévenu à payer pour tous dommages et intérêts les frais et dépens.
  Prononcé à l'audience publique du dit Tribunal de simple police, au local à ce destiné, à Hollogne-aux-Pierres, ce jourd'hui cinq février mil huit cent quatre vingt six par nous Philippe de Lexhy, juge de Paix du dit canton assisté de Donnay, greffier.
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.50 et pp.299-300.

    On en saura pas plus de cet auteur. Cependant on peut faire remarquer que ce Denis Collon est le frère de la future femme d'Antoine. Le père de Denis et Jeanne-Catherine Collon s'appelle également Denis Collon.
    Il est dit négociant en 1873 sur l'acte de décès de son père. On apprend par sa nécrologie (il meurt en novembre 1898) qu'il était spirite. "Une foule de huit cents personnes, composée, de nombreux parents, frères en croyance et amis du défunt, a suivi le convoi funèbre précédé du drapeau de la société spirite de la localité [de Jemeppe-sur-Meuse]".

Nécrologie Denis Collon #1 (Le Messager, 1er déc. 1898)Nécrologie Denis Collon #2 (Le Messager, 1er déc. 1898)

 

Nécrologie Denis Collon (Le Messager, 1er déc. 1898)

 



    Quelqu'un lui frappa sur l'épaule :
    - Eh ! Antoine...
    - Tiens, Denis Collon ! Quelles nouvelles ?
    Denis Collon était de Jemeppe. Il avait travaillé tout un temps avec Louis à la chaudronnerie de Cockerill. C'est toujours gai de retrouver un camarade. La musique s'était remise à jouer, et l'on entendait dans l'autre salle le sautillement précipité des talons sur les planches.
    - Tu ne danses pas, Antoine ? Viens donc faire une polka avec ma sœur Catherine.
Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.57 (cf. également, p.61)

    Depuis son retour de Russie, il ne pouvait plus rien supporter. Même un jour il avait battu quelqu'un, il avait dû s'expliquer devant le juge. Tout cela provenait sans doute de son état de santé. C'est ce que les gens ne comprennent pas. Un homme, sans être méchant, peut se conduire méchamment, par pure impatience, parce qu'il souffre. Pour être justes, c'est la cause que nous devrions voir, et non pas l'effet.
Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.131

    Roland A E Collignon imagine un différent ancien entre les deux hommes :
- As-tu vraiment l’intention de partir à l’étranger ? Reprit-elle après un bref instant.
Il crut comprendre qu’il y a plus que cela dans sa question.
- Avec toi.
La musique s’arrêta. Elle esquiva une nouvelle étreinte.
- Alors ? Fit-il.
- On verra, s’écria-t-elle en le plantant sur place.
Antoine la regarda s’éloigner, le cœur déchiré, tourmenté par l’impuissance et la jalousie qui lui incendiait le coeur. Il se fraya un chemin jusqu’au comptoir, les deux mains dans les poches, le regard bas.
    Quelques ouvriers éclatèrent de rire en le voyant passer entre les tables. Antoine reconnut Denis, le frère de Catherine qui parlait à voix basse d’un air méprisant. Il cherchait la bagarre, c’est sûr. Ce n’était pas le moment. Catherine ne le quittait pas des yeux. De quoi aurait-il l’air ?
Roland A E Collignon, La Vie Tourmentée de Louis Antoine

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