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Régis Dericquebourg - Religion, santé, maladie (in La Santé de l'homme, n°406, Mars-Avril 2010)

Publié le par antoiniste

Régis Dericquebourg - Religion, santé, maladie (in La Santé de l'homme, n°406, Mars-Avril 2010)

Religion, santé, maladie

Religion et santé sont liés depuis des millénaires. Le succès de la médecine biologique et de la chirurgie n’empêche pas une partie de la population de recourir à une thérapie religieuse en cas de maladie. Il existe une prédisposition culturelle au recours aux thérapies religieuses ; celle-ci s’articule autour de plusieurs éléments psychologiques : question du sens, place pour le surnaturel, etc. Pour les patients qui y ont recours, ils se donnent ainsi plus de chances de guérir.

 

    D’une manière générale, la religion et la santé sont liées. L’anthropologue et médecin Jean Benoist considère même leur lien comme fondamental (1). Une simple mise en perspective le montre.

    Dans l’Antiquité grecque, les soins étaient placés sous les auspices d’Asclépios, dieu de la médecine, devenu Esculape chez les Romains. La médecine Yunani, proche de l’Islam, a ses praticiens (Hakim) et ses lieux de pèlerinage pour les malades (2). Dans ses récits de voyages (1347), Ibn Battûta décrit les guérisons de paralytiques près du tombeau d’Ali (3). Les spiritualités asiatiques, bouddhisme et hindouisme, proposent une extinction des souffrances et développent une médecine liée à leurs croyances comme la médecine Yan-Ji qui est à la confluence de la biomédecine et de trois traditions religieuses : le confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme. On trouve aussi dans leurs marges des guérisseurs médiums et invocateurs de déesses spécialisées dans un type de maladie (4, 5). Les pasteurs protestants peuvent faire l’imposition des mains aux personnes souffrantes. Chez les catholiques, on trouve, entre autres, le pèlerinage de Lourdes, les messes et les prières pour les malades, l’onction des malades dont le Pape a rappelé, il y a peu de temps, l’importance1.

    On trouve aussi les dévotions populaires aux saints guérisseurs dans le catholicisme romain mais aussi dans le catholicisme orthodoxe puisqu’il n’est pas rare de trouver dans les chapelles et les églises des figurines représentant un organe laissé en remerciement de sa guérison. Aux marges du protestantisme et du catholicisme, on trouve des mouvements pentecôtistes et charismatiques centrés sur le don de guérison (6-11). Plus récemment, est apparu au sein du protestantisme évangélique le phénomène des chambres de guérison.

    Louis Hourmant rappelle que, dans la tradition religieuse japonaise, « les pratiques de guérison apparaissent comme fortement présentes, tant dans le fond chamanique que dans les religions établies et dans les nouvelles religions. » Parmi ces dernières, Mahikari et la Sokka Gakkaï (12) ont des « préoccupations de santé ». Il faudrait aussi évoquer les Églises indépendantes africaines qui incluent des guérisseuses dans leurs congrégations (13). Jean-Pierre Laurant rappelle que les guérisons miraculeuses obtenues par le Christ ont donné lieu à des interprétations à caractère ésotérique (14). On en trouve chez Paracelse (1493-1541), Guillaume Postel (1510-1581), Adrien Péladan (1859-1885), l’abbé Julio (1844-1912). Papus-Gérard Encausse a proposé une « théorie de la santé et de la maladie » ainsi que des traitements en rapport avec son système gnostique (14).

 

« Briseurs de soucis »
    On le voit, les Églises, sectes ou cercles de spiritualité que nous venons d’énumérer se proposent de délivrer l’homme des maux physiques et mentaux assumant ainsi le rôle de « briseurs de soucis » (concern-breakers) que Freud assignait globalement aux religions. Toutefois, même si elle peut donner lieu à des phénomènes collectifs de grande envergure comme le pèlerinage de Lourdes, la quête de la guérison n’est pas primordiale. En effet, ces confessions se spécifient plus par une doctrine et par des pratiques en vue d’obtenir un salut dans un au-delà de la mort que par le souci de délivrer l’homme de ses maux pendant son existence terrestre. Ainsi, le catholicisme ne se définit pas par ses pratiques de culte aux saints guérisseurs, par ses messes pour les malades ou par le pèlerinage de Lourdes, mais comme une entreprise dépositaire d’une grâce sacramentelle qu’elle distribue par l’intermédiaire d’un clergé en vue d’assurer le salut des âmes après la mort. Il en va de même pour le pentecôtisme, où les guérisons obtenues ne sont qu’un moyen de montrer l’existence et la « puissance » de Dieu pour inviter les hommes à travailler à leur salut.

    En revanche, à la différence des communautés que nous venons d’évoquer, certains groupes religieux minoritaires (sectes et autres non-conformismes religieux) font passer le traitement spirituel des maladies avant la quête du salut de l’âme. La volonté de guérir qu’ils affichent publiquement, le poids des considérations sur la santé et la maladie dans leurs doctrines, et les pratiques qu’ils ont inventées pour y parvenir, leur donnent une visibilité sociale de mouvements guérisseurs. Nous pourrions citer comme exemples : l’antoinisme, l’Église de la Science chrétienne, l’Église de la Scientologie, Invitation à la Vie (15), les groupes de prière de Maguy Lebrun, l’Alliance universelle (disciples de Georges Roux), le cercle des Amis de Bruno Gröning pour ne citer que les plus connus en France, pays où nous les avons étudiés.

    À côté de ces mouvements organisés, nous trouvons des groupes qui appartiennent au Nouvel Âge que Jean Séguy nomme « les réseaux sapienzo-gnostiques » et, selon certains chercheurs, au post-Nouvel Âge. Certains proposent une voie thérapeutique qui est leur raison d’exister. Martin Geoffroy inclut les Églises de guérison dans le Nouvel Âge (16), sans doute parce qu’elles peuvent être considérées par des « nomades de la spiritualité » comme des propositions offertes qu’ils peuvent fréquenter pendant un temps, et peut-être s’y fixer après un périple dans diverses propositions. Les analyses de Valérie Rocchi (17) et de Nadia Garnoussi (18) sont très prudentes sur leur caractère religieux, sacré ou spirituel. Il est vrai que l’on rattache parfois au Nouvel Âge des thérapies psychologiques purement laïques. Toutefois, les études empiriques de ces chercheurs ont été faites en France où, par souci d’éviter d’être désignés comme des gourous de sectes, les leaders édulcorent leurs soubassements religieux ou gnostiques de leur pratique. Les auteurs avouent leur embarras à employer le qualificatif « religieux » à cause de la difficulté à définir la religion en sociologie, a fortiori quand on a affaire à des références à des éléments de tradition religieuse, des credo de groupes métaphysiques ou gnostiques. Pour cette raison, ces mouvements, que l’on peut appeler des cultes, relèvent de ce que Adam Possamaï (19) appelle le « perenism » (terme anglais), c’est-à-dire « a spirituality which interprets the world as Monistic and whose actors are attempting to develop their Human Potential Ethic by seeking Spiritual Knowledge, mainly that of the self » (NDLR : « une approche de la religion fondée sur une interprétation du monde comme relevant d’un seul principe réunissant l’esprit et la matière, et dont les valeurs reposent essentiellement sur la recherche de la connaissance spirituelle de soi ».)

    En comparant ces mouvements situés à l’intersection du religieux et du thérapeutique, nous constatons, d’une part, qu’ils possèdent suffisamment de caractéristiques communes et, d’autre part, qu’ils se distinguent suffisamment des types de mouvements comme les sectes millénaristes, les sectes conversionnistes ou encore les sectes introverties selon la classification des sectes établies par Bryan Wilson (20) pour qu’on y repère un sous-ensemble spécifique du champ religieux que j’ai appelé religions de guérison (voir encadré).

 

Les causes du recours
à la thérapie religieuse
des maladies

    On peut s’étonner qu’en Occident, où une médecine officielle s’est imposée au plus grand nombre grâce à un système de protection sociale public ou privé, ces Églises continuent d’exister même de façon minoritaire. Les succès de la médecine biologique et de la chirurgie, présentés dans des émissions médicales, nous stupéfient parfois mais il n’en demeure pas moins que l’issue du traitement d’un cancer est incertaine et que sa « guérison » risque de n’être qu’un sursis, ou qu’une dépression reste une énigme pour la personne qui en est atteinte, même si elle « répond » aux antidépresseurs. L’incertitude qui entoure les résultats d’un traitement peut conduire un patient à chercher une chance supplémentaire de guérison dans une autre dimension que la médecine. Les témoignages anciens de guérison et de recours à la prière de guérison évoquent parfois la tuberculose à l’époque où les antibiotiques n’existaient pas. L’issue d’une tuberculose était incertaine. Certains allaient donc chercher la guérison auprès d’un guérisseur empirique ou d’un thérapeute spirituel en plus des précautions d’hygiène.

    Toutefois, tous les malades « incertains » ne recourent pas à des thérapies spirituelles. Il y faut une prédisposition psychologique qui peut avoir pour origine une croyance familiale (socialisation religieuse susceptible de légitimer une démarche vers un traitement spirituel) ou sans appartenance religieuse, parfois un événement familial (on se souvient qu’un oncle a été autrefois guéri par la spiritualité, du moins cela circule dans la famille). Il existe aussi sans doute des variables individuelles qui créent, selon l’expression freudienne, « l’attente croyante » préalable à la demande de soins spirituels.

    Il existe aussi un terrain culturel. Une enquête que nous avons réalisée dans une population d’étudiants français (21) montre qu’une proposition comme : « Il peut encore exister des miracles de guérison à notre époque » est approuvée par 44,7 % des croyants et, paradoxalement, 50 % des incroyants. La proposition : « On ne peut pas refuser complètement l’hypothèse de la guérison par la prière » est approuvée par 74,5 % des croyants et par 50 % des incroyants. On note que 85 % des croyants et 83 % des incroyants approuvent la proposition selon laquelle « Quand la médecine ne peut guérir une personne, il est normal que celle-ci recherche la guérison par la prière ». Cet aperçu de l’enquête confirme qu’il existe une prédisposition culturelle, une idéologie, qui autorisent le recours aux thérapies spirituelles des maladies.

    Cette prédisposition s’articule à plusieurs éléments d’ordre psychologique.

 

La recherche du sens
    La maladie grave ou l’infirmité renvoient à la question : « Pourquoi moi ? ». Toutes les maladies ne sont pas la conséquence d’abus qui sont des causes avérées des troubles biologiques graves. Alors se pose la question du sens. Les doctrines des Églises de guérison, et parfois d’autres types de confession, permettent d’inscrire la maladie dans une histoire à la fois humaine et surnaturelle : « Par la maladie, Dieu se rappelle à moi et m’invite à me rapprocher de lui » ; « La maladie me permet de racheter des fautes commises dans des vies antérieures » ou « La maladie est le résultat mécanique de traumatismes subis dans la vie présente ou dans des vies antérieures enregistrés et agissant inconsciemment. » Finalement, la maladie s’inscrit dans un processus qui dépasse le malade mais qui le concerne.

Mobilisation des ressources
   
Dans nos enquêtes et nos observations, nous nous sommes aperçu que les consultants des thérapeutes spirituels consultent les médecins certainement dans les mêmes proportions que les autres personnes de leur milieu. Des prières de guérison accompagnent les traitements classiques du cancer. Elles accompagnent aussi des interrogations de type : « Mon médecin ne comprend pas ». Il s’agit peut-être dans ce cas de maladies non fréquentes ou peu typifiées. Nous avons vu aussi dans des réunions évangéliques et dans des consultations antoinistes les gens prier pour que le médecin du malade soit éclairé par Dieu pour faire un diagnostic exact et pour trouver le meilleur traitement. Dans les réunions de guérison évangéliques, il arrive fréquemment qu’à l’approche d’une opération chirurgicale, les fidèles demandent que la main du chirurgien soit guidée par Dieu. Nous sommes dans l’esprit de la formule d’Ambroise Paré : « Je le panse, Dieu le guérit » car en fin de compte, pour les consultants, c’est toujours le surnaturel qui guérit même si un médecin ou un chirurgien intervient. Nous retrouvons ici le conflit qui a opposé l’Église chrétienne aux médecins qui furent considérés comme des concurrents inadmissibles de Dieu qui seul pouvait guérir les gens. La question étant par la suite résolue en considérant que les médecins étaient des instruments de Dieu. Il est inutile d’ajouter des exemples. Nous avons interprété le recours à des thérapeutes religieux, aux pèlerinages, aux saints guérisseurs en termes de mobilisation des ressources. Certaines personnes feraient des démarches annexes à un traitement pour se donner plus de chances de guérir ou parce qu’un doute sur les capacités des médecins à les guérir existe, de la même manière que certains vont acheter en Belgique ou au Luxembourg des plantes africaines dont l’usage est interdit en France pour traiter une sclérose en plaque ou un cancer en plus d’un traitement médical. Les cancérologues le savent.

    Enfin, le recours à la thérapie religieuse pose un intéressant problème de psychologie. En effet, les thérapies religieuses n’ont pas de résultats supérieurs à un effet placebo mais on continue cependant à y recourir. On trouve là un cas singulier d’emprise d’une croyance sur les conduites en dépit de l’absence de résultats empiriques ou d’une très faible chance d’en avoir. Cela ne concerne pas uniquement la religion. Le psychologue y trouve matière à enquêter.

Régis Dericquebourg
Maître de conférence en psychologie sociale,
Université Charles-de-Gaulle, Lille.
Membre du groupe de sociologie des religions et de la laïcité au CNRS.

 

1. En ces termes : « Dans le sacrement de l’onction, il y a une force qui développe le courage et la capacité de résistance du malade... » (Jean-Paul II, 1998).

Pour en savoir plus
http://www.regis-dericquebourg.com

 

Les Églises de guérison

Les Églises de guérison ou encore religions à vocation thérapeutique, sont connues aussi sous le nom de Healing Churches1 (1). Les Églises de guérison possèdent des caractéristiques communes et c’est en fonction de celles-ci que l’on peut en faire une catégorie à part dans le champ religieux. Toutes ces caractéristiques ne peuvent être énumérées mais on peut en évoquer quelques-unes.

• Ces Églises disposent de thérapeutes religieux accrédités par leur mouvement (praticiens en Science chrétienne, harmoniseurs à Invitation à la vie, auditeurs-révérends en Scientologie, etc.) qui sont les pièces maîtresses de leur communauté.

• Elles ne se limitent pas à l’opération de guérison mais elles préconisent une ascèse préventive. En effet, s’il est bien de guérir grâce à un traitement spirituel, il est préférable de ne pas tomber malade. On trouve donc des conseils d’hygiène alimentaire mais aussi, comme en Scientologie, un usage de vitamines et de sels minéraux destiné à renforcer l’individu face à la maladie pour réaliser une sorte de « blindage », en prescrivant notamment des adjuvants des défenses naturelles en médecine.

• Ces religions ont élaboré des doctrines ou revisité des doctrines (comme la Science chrétienne qui revisite les Écritures pour nier la réalité du mal et donc de la maladie dans la création), afin de légitimer les traitements spirituels qu’ils offrent.

• Ces doctrines proposent un salut immédiat et ici-bas, qui s’exprime par le bien-être et le bonheur. Elles n’en sont pas moins des doctrines de salut classiques post-mortem (salut ontologique). La maladie et son traitement spirituel peuvent être une étape dans la voie du salut car elles engagent parfois la personne dans un cheminement spirituel (2). Toutefois, les Églises de guérison n’atteignent pas toujours ce but puisqu’elles s’adressent aussi à des consultants occasionnels qui tentent de retirer des bienfaits mais qui n’adhèrent jamais à la communauté de croyants.

• Ces Églises ont une conception extensive de la maladie. La maladie n’est pas la seule réalité biomédicale, elle peut être psychique mais c’est aussi toute forme de détresse sociale ou toute infortune.

• Elles élaborent des modes de gestion de l’échec du traitement spirituel.

• Elles ont établi un modus vivendi avec la médecine conventionnelle. Elles n’interdisent pas de consulter les médecins, elles proposent parfois même de prier pour que l’on trouve un bon médecin ou que le médecin du consultant soit « inspiré » (= fasse le bon diagnostic). Toutefois, les scientistes chrétiens peuvent totalement refuser la médecine et s’en remettre au traitement spirituel de leurs praticiens. La Scientologie lutte contre la psychiatrie car, dans ses vues, celle-ci ne respecte pas la dignité de l’individu et s’attaque aux « fausses causes ». Elle a ainsi rejoint le courant de l’antipsychiatrie d’origine libertaire.

R. D.

 

1. Bien que le mot Église ne corresponde pas dans ce cas à la définition sociologique de l’Église qui est donnée chez Troelstch et Weber selon une dichotomie Église/sectes. Dans les faits, ce que nous nommons « religions de guérison » comportent des églises, des sectes, des « cults » et des groupes métaphysiques.

 

(1) Dericquebourg R. Religions de guérison. Paris : Cerf, 1988. Dericquebourg R. La construction d’un objet de recherche : les religions de guérison. Synthèse de travaux présentés pour l’habilitation à diriger des recherches, Université Paris V, June 1999.

(2) Dericquebourg R. La question du salut dans les religions de guérison. In : Dericquebourg D. (éd.). Points de vue sur la thérapie religieuse. Cahier de la Maison de la Recherche, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, 1999 : p. 41-51.

 

 

Références bibliographiques

(1) Levy J. J. Entretiens avec Jean Benoist. Entre les corps et les Dieux. Itinéraires anthropologiques. Montréal : Liber, coll. de vive voix, 2000 : p. 193.
(2) Kakar S. Chamans, mystiques et médecins. Enquête psychologique sur les traditions thérapeutiques de l’Inde. Paris : Seuil, 1997 : 371 p.
(3) Battûta I. Voyages (1347). Paris : Maspero, 1982 : 480 p.
(4) Bertrand D. La construction du pouvoir de guérison chez les médiums cambodgiens. In : Dericquebourg R. (éd.). Points de vue sur la thérapie religieuse. Cahier de la Maison de la Recherche, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, 1999 : p. 29-33.
(5) Harman W. La férocité de la déesse-mère guérisseuse. In : Dericquebourg R. (éd.). Points de vue sur la thérapie religieuse. Cahier de la Maison de la Recherche, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, 1999 : p. 67-71.
(6) Laurentin R. Pentecôtisme chez les catholiques. Risques et avenir. Paris : Beauchesne, 1974 : 264 p.
(7) MacNutt F. Healing. Notre Dame (Indiana, États-unis) : Ave Maria Press, 1974 : 333 p.
(8) MacNutt F. The Power to Heal. Notre Dame (Indiana, États-Unis) : Ave Maria Press, 1977 : 254 p.
(9) Csordas T.J. The Sacred Self. A Cultural Phenomenology of Charismatic Healing. Berkeley and Los Angeles, University of California Press, 1997.
(10) McGuire M.B. Pentecostal Catholics: Power, Charisma and Order in a Religious Movement. Philadelphia : Temple University Press, 1982 : 270 p.
(11) Cox H. Le retour de Dieu. Paris : Desclée De Brouwer, 1995 : 290 p.
(12) Hourmant L. Existe-t-il une spécificité des religions de guérison en contexte japonais ? In : Dericquebourg R. (éd). Points de vue sur la thérapie religieuse. Lille : Presses universitaires de Lille, coll. Workshop, 1999 : p. 73-82.
(13) Oosthuizen G. C. The Healer-prophet in Afro-Christian Churches. Leiden : E.J. Brill, 1992.
(14) Laurant J.-P. Les thérapies religieuses, ésotérisme et guérison. In : Points de vue sur la thérapie religieuse. Lille : Presses universitaires de Lille, coll. Workshop, 1999 : p. 83-86.
(15) Se reporter à trois ouvrages de Dericquebourg R. : L’Antoinisme. Paris : Turnhout, Brepols, 1993 ; La Christian Science. Turin : Elledici, 1999 ; Croire et Guérir. Paris : Dervy, 2001.
(16) Geoffroy M. Pour une typologie du Nouvel Âge. Cahiers de recherche sociologique, 1999, n° 33 : p. 51-83.
(17) Rocchi V. De nouvelles formes du religieux ? Entre quête de bien-être et logique protestataire : le cas des groupes post-Nouvel Âge en France. Social Compass, 2003, vol. 50, n° 2 : p. 175-189.
(18) Garnoussi N. Le développement de nouvelles ressources de sens « psycho-philo-spirituelles », dérégulation des savoirs et nouvelle offre idéologique. Social Compass, 2005, vol. 52, n° 2 : p. 197-210.
(19) Possamaï A. Not The New Age Perennism and Spiritual Knowledges. Australian Religion Studies Review, 2001, vol. 14, n° 1 : p. 82-96.
(20) Wilson B. Les sectes religieuses. Paris : Hachette, coll. L’Univers des connaissances, 1970 : 256 p.
(21) Dericquebourg R. Comment les thérapies religieuses sont-elles plausibles ? Politica Hermetica, 2004, n° 18 (Esotérisme et religion) : p. 11-25.

Régis Dericquebourg, Religion, santé, maladie (p.13-16)
in La Santé de l'homme, n°406, Mars-Avril 2010 : « Quels liens entre religieux et santé ? »

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Protestants à Tournai et environs

Publié le par antoiniste

Rongy - Le Temple protestant

    La région de Tournai était une terre de propagation du protestantisme, du fait d'être une ville de garnison (avec à Namur, Menin, Furnes, Comines-Warneton, Ypres) pendant le Traité de la Barrière. Deux temples réformés sont ouverts (l’un francophone et l’autre néerlandophone) avec deux pasteurs payés par le gouvernement hollandais. Grâce aux registres de ces Églises de la Barrière, on peut affirmer que les protestants de Rongy, Lecelles, Saint-Amand-les-Eaux et Valenciennes viennent faire baptiser leurs enfants, communier à Pâques ou célébrer un mariage à Tournai. [source].
    Tournai fut démantelée par ordre de l'empereur Joseph II en 1782, mais quelques communes des environs possèdent encore un temple protestant (cf. le livre Le patrimoine protestant de Wallonie) :
 - Rongy (1785 puis début XIXe) - Rue du Temple 16, 7623 Brunehaut
 - Taintignies (1869 puis 1909) - Rue du Temple 8, 7618 Rumes

Protestants à Tournai et environs
source : Temple protestant de Nomain (FaceBook Nomain Rétro)

    Se trouvent maintenant en France :
 - Hameau de Lannay (1822) - 23, rue de Lannay, 59310 Nomain (proche de Mouchin et d'Aix)
 - Petit Baisieux (1841) - 1 Place Victor Hugo, 59780 Baisieux
 - Maulde (ca. 1600, rebâti en 1811, agrandi en 1854, rebâti en 1862, agrandi en 1869) - 1303 Rue de Chorette, 59226 Lecelles (arch. Théodore Lepers ?)
 - Saint-Amand (1955) - 45-47 Rue Barbusse, 59230 Saint-Amand-les-Eaux.
source : http://huguenotsinfo.free.fr/temples/departements/dep59.htm

    Maintenant en Flandre Orientale, le village de Geuzenhoek (Korsele 40 dans la commune de Horebeke, rattaché maintenant à Sint-Maria-Horebeke) abrite un temple (la Oude Kerk), construit en 1795. Puis s'y ajoute une école en 1820, un cimetière en 1824, un presbytère en 1841 et la Nieuwe Kerk en 1872. C'est la seule église protestante calviniste qui subsiste dans la campagne flamande depuis la Réforme. Depuis 1989, l'ancienne école protestante abrite le musée Abraham Hans (1882-1939), professeur et écrivain dont le musée est la maison natale.

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Une cérémonie à l'Église antoiniste - Consultant (L'Œuvre, 1er sept 1928)

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Liège - Montage de Bueren, Vue prise du dessus vers la ville

Publié le par antoiniste

Liège - Montage de Bueren, Vue prise du dessus vers la ville

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Marcel Moreau - À la longue

Publié le par antoiniste

    À la longue, l'illusion désincarne ; à trop chasser les démons, l'ange devient idiot.

 Marcel Moreau, Monstre (1986), p.188
Luneau Ascot Editeurs, Paris

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Laurence Druez et Julien Maquet - Le patrimoine protestant de Wallonie (2017)

Publié le par antoiniste

Laurence Druez et Julien Maquet - Le patrimoine protestant de Wallonie (2017)

Auteurs : Laurence Druez et Julien Maquet
Titre : Le patrimoine protestant de Wallonie. La mémoire d'une minorité
Éditions : IPW (Institut du Patrimoine wallon), Namur, 2017 (409 p.)

Présentation de l'éditeur :
    Coédité par les Archives générales du Royaume et l'Institut du Patrimoine wallon, ce livre richement illustré vise à faire connaître, dans toute leur diversité et dans leur contexte historique, les édifices les plus emblématiques du culte protestant en Wallonie. A travers l'étude de leur conception, de leur construction, de leur aménagement, de leurs évolutions extérieures et intérieures, de leur environnement et de leurs multiples fonctions, le lecteur découvre l'identité complexe d'une minorité religieuse discrète, mais vivante et largement méconnue, et ses mentalités, révélatrices d'un rapport à l'espace et au temps.

Description :
    Basé sur des enquêtes de terrain et sur des dépouillements de nombreux fonds d'archives peu exploités, ce livre vise à faire connaître, dans toute leur diversité et dans leur contexte historique, les édifices les plus emblématiques du culte protestant de Wallonie. À travers l'étude de leur conception, de leur construction, de leur aménagement, de leurs évolutions extérieures et intérieures, de leur environnement et de leurs multiples fonctions – pas seulement cultuelles – le lecteur découvrira l'identité complexe d'une minorité religieuse discrète, mais vivante et largement méconnue, et ses mentalités, révélatrices d'un rapport à l'espace et au temps. Fruit d'un partenariat entre les Archives générales du Royaume et l'Institut du Patrimoine wallon, cet ouvrage met aussi en valeur un patrimoine documentaire riche et unique – mais menacé – qui constitue la mémoire du protestantisme belge et contribue à une meilleure compréhension de son inscription dans notre société, marquée par le pluralisme religieux et philosophique.
source : http://www.arch.be/index.php?l=fr&m=actualites&r=toutes-les-actualites&a=2017-10-27-le-patrimoine-protestant-de-wallonie


    À lire une autre feuille de l'auteure, on se rend compte encore des similitudes entre cette communauté protestante et la communauté antoiniste, similitudes que j'avais déjà évoqué dans Une pensée religieuse en concurrence : la révélation du père des Antoinistes & la Bible des Protestants, ainsi que dans une petite comparaison des temples :
    Représentée aujourd'hui par environ 3 % de la population belge,  l'identité  protestante  reste  d' autant  plus diffi‡cile à  cerner  que  cette  minorité,  habituée  à  la  discrétion,  est largement  absente  de  la  mémoire  nationale  of‡ficielle et qu'elle-même ne dispose ni de véritable €figure de proue – à l'exception  de  quelques  personnages  emblématiques  –,  ni de  tradition,  de  culture  ou  d'élite  qui  auraient  marqué durablement notre société. [...]
    Par  conséquent,  les  traces  les  plus  visibles,  les  plus  durables  et  les  plus  concrètes  de  son  enracinement  en Belgique  résident  d'une  part  dans  ses  édifi€ces  de  cultes  – appelés  communément  'temples'  –,  qui  constituent  un patrimoine  matériel  largement  ignoré  et  qui  pourtant marquent  de  leur  empreinte  le  paysage  et  l'environne-ment  bâti  de  notre  pays,  d' autre  part  dans  ses  archives conservées le plus souvent dans ces bâtiments. [...]

Un patrimoine à découvrir
    Tantôt  modestes  ou  même  banalisés,  tantôt  monumentaux  et  ressemblant  à  s'y  méprendre  aux  édi€fices  catholiques  –  dont  ils  se  démarquent  surtout  dans  l'organisation de leur espace intérieur –, ils présentent une grande diversité  de  styles,  de  formes,  de  plans,  de  conceptions, de  matériaux,  d'espaces  et  reflètent  le  caractère  pluriel de l'identité protestante et la superposition des courants ecclésiaux qui composent le protestantisme belge.
    Le  culte  véritable  des  protestants  se  déroulant  dans  le cœur des croyants, les temples, qui ne sont pas des 'mai-sons de Dieu' – la sacralité portant non sur les lieux, mais sur  les  personnes  lorsqu'elles  sont  réunies  –,  répondent avant  tout  aux  besoins  fonctionnels  et  organisationnels des communautés. Il en découle une grande liberté dans leur  utilisation  qui  témoigne  d'une  capacité  d' adaptation,  d'une  valorisation  du  séculier  –  revêtu  d'une  dignité  particulière  –  et  même  d'un  rapport  décomplexé aux  réalités  matérielles.  

Une mémoire à sauvegarder
    En  l' absence  de  directives  émises  à  l'intention  de  l'en-semble   des   Églises   protestantes   de   Belgique   –   seule l'Église Protestante Unie de Belgique en a publié pour les paroisses  de  son  ressort  –,  les  situations  varient beau-coup,  mais  on  constate  que  souvent,  ces  archives  sont lacunaires,  faute  d' avoir  existé  un  jour  ou  fait  l'objet  de l' attention  su‡ffisante.  Indépendamment  de  la  présence ou  non  d'un  responsable  des  archives  et  des  locaux disponibles, les négligences ou réticences en la matière sont révélatrices,  en  dépit  d'un  attachement  universel  aux Écritures, d'un rapport variable et ambigu à l'écrit en général et peuvent s'expliquer par une habitude de l'invisibilité  –  survivance  inconsciente  des  persécutions  –,  par une certaine culture de l' anonymat et le refus de mettre en  évidence  les  actions  des  individus  au  détriment de l'épanouissement communautaire, par l'inscription principale  dans  le  temps  présent,  ou  tout  simplement  par  la relative jeunesse de certaines Églises, peu soucieuses encore d'établir des racines, bien que les plus anciennes ne soient  pas  toujours  les  plus  attentives  à  leur  patrimoine documentaire. [...]
    Fonder une communauté protestante ne requiert aucune formalité  juridique  ni  administrative  ;  procéder  à sa  fermeture non plus. Si cette souplesse institutionnelle peut expliquer la permanence du culte protestant en Belgique depuis près de 500 ans et son essor rapide à partir du XIXe siècle,  elle  constitue  aussi  un  facteur  de  précarité,  dont la  conscience  en  tant  que  minorité  religieuse  longtemps persécutée,  associée  au  souci  des  communautés  de  laisser  un  témoignage  de  leur  action  au  cas  où  elles  viendraient à disparaître, fournit une puissante motivation à la préservation de leurs archives qui, par ailleurs, en tant que sources de connaissance de leur passé, peuvent avoir une  fonction  référentielle  dans  leur  direction  spirituelle ou matérielle.
    Ces  archives  méritent  d' autant  plus  d' attention  que, lieux  de  culte,  de  vie  et  de  mémoire  locale  attestant  de l'enracinement  dans  notre  société  d'une  confession religieuse  numériquement  faible,  mais  bien  vivante  et  de son intégration dans un environnement jadis hostile, les temples protestants, qui en sont aussi les gardiens et les lieux  fréquents  de  conservation,  sont  fragiles.  Par  leur fonction  d' abord  utilitaire  –  tempérée  par  les  liens  pro-fonds qui les unissent parfois à leurs occupants, attachés à  des  souvenirs  personnels  et  à  des  racines  familiales  –, ils  sont  toujours  susceptibles  d'être  délaissés  pour  une autre adresse et même, menacés de destruction.
source : http://www.arch.be/docs/events/2018_56sci_fr_protestantisme.pdf


    À voir également le petit reportage de RTC Télé Liège sur le Temple de Seraing.

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Notes d'actualité (La Gazette de France, 28 juin 1912)

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Notes d'actualité (La Gazette de France 28 juin 1912)Notes d'Actualité

 THAUMATURGE

     Qu’est devenue cette petite modiste de la rue Milton qui prétendait guérir tous les maux au nom de Thaumaturge de Jemeppe ? Il y eu tout de suite
Tant l’espérance est douce au pauvre cœur humain
des attroupements de malades et d'infirmes devant sa porte. Des sergents de ville maintenaient l'ordre et des messieurs graves, en longue redingote noire, face rasée et lunettes, prêchaient à mi-voix ces malheureux impatients. Sans doute les malades et les infirmes se lassèrent d'attendre une guérison chimérique : on ne parle plus de la modiste guérisseuse.
    Elle doit être bien triste : Antoine de Jemeppe est mort.
    C'était une curieuse figure (dans les deux sens du mot, car avec ses cheveux séparés sur le milieu du front et sa longue barbe inculte il avait l'air d'un mougick mystique) que cet ancien employé des forges de Cockerill, et de la Société des tôleries liégeoises, puis agent d'assurance qui s'improvisa prophète sur le tard. Il prétendait guérir par la prière et l'imposition des mains à la manière de Christian scientist. En réalité, c'était un spirite qui avait voulu fonder sa petite chapelle à côté de la grande Babel du spiritisme.
   Petit à petit, il attira des foules à Jemeppe. Il ne demandait rien mais recevait force offrandes volontaires. On lui construisit un temple où il prêchait (très médiocrement) et officiait. Ses adeptes adressèrent à la Chambre belge une pétition, appuyée de 60.000 signatures pour que l'Antoinisme fût reconnu comme religion par l'Etat.
    Les Antoinistes ont pullulé en ce dernières années. Ils avaient une imprimerie qui répandais dans toute l'Europe un Journal en plusieurs langues et tiré à 200.000 exemplaires. La lecture en est bien propre à guérir les malades par insomnie. Paris, en dehors de la modiste de la rue Milton, avait son cercle antoiniste, rue du Faubourg Saint-Denis, qui comptait cinq ou six cents adeptes.
    Antoine et mort d'une attaque d'apoplexie. Sa veuve éplorée va essayer de continuer son commerce. Au temple antoiniste, où le corps du Thaumaturge est exposé, l'avis suivant a été affiché :
                    « Frères,
    « Le Conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner… Avant de quitter son corps, il a tenu à voir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que la Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous ; Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine, à dix heures... »
    « Il n'y a rien de changé » est un peu sévère pour le bon Antoine. Puisqu’il prétendait quérir par une grâce particulière, les Antoinistes supposent donc que sa veuve héritera cette grâce, et après elle le président du Conseil d'administration et ainsi de suite, tant qu'il y aura des… actionnaires.
    – Attention, disent deux banquiers de Balzac qui se promènent, nous marchons au milieu de flots d'actionnaire.
    Ce siècle qui se croit septiques a des crédulités de Mozambiques au service de tous les illuminés ou de tous les simples farceurs. On le voit bien en politique ! C'est même sur cela que repose le régime parlementaire.
                                      GEORGE DE CÉLI

 La Gazette de France, 28 juin 1912

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Mère Antoine à Jemeppe avant 1940 (doc. Mme Dumont)

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Enseignement en portugais

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Enseignement en portugais

    Plusieurs chapitres de l'Enseignement ont été mis à disposition par Gilberto Ribeiro en portugais sur le site suivant :

http://antoinismo.blogspot.com/ :


A FÉ E A CARIDADE
A CARIDADE MORAL
LEIS CHAMADAS DE DEUS
OS DEZ PRINCÍPIOS DE DEUS PELO PAI
COMO DEVEMOS ORAR E COMO PODEMOS PROGREDIR
COMO DEVEMOS AGIR NAS REUNIÕES SE QUISERMOS RESPEITAR O ENSINAMENTO
O PAI NOSSO
A LEI DA CONSCIÊNCIA
A ORIGEM DA VIDA
O PAPEL DE DEUS
A NÃO EXISTENCIA DO MAL
A SANÇÃO MORAL
A PRECE
A CARIDADE BEM COMPREENDIDA
DAS DIVERSAS DIREÇOES DA VIDA E DA FELICIDADE
A INTELIGENCIA E A FÉ
CIÊNCIA E FENÔMENOS PSÍQUICOS
A IMPORTÂNCIA DO PENSAMENTO
A CIÊNCIA E A FÉ
A CAUSA DA VARIEDADE DOS PARTIDOS E DOS GRUPOS
A AURÉOLA DA CONSCIÊNCIA
OS ENSINAMENTOS DE LOUIS ANTOINE
O DESINTERESSE E A FÉ

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L'Inauguration du Temple Antoiniste de Paris (Le Fraterniste, 14 novembre 1913)

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L'Inauguration du Temple Antoiniste de Paris (Le Fraterniste, 14 novembre 1913)L'Inauguration du
          TEMPLE ANTOINISTE
                            de Paris

     Nous avons annoncé en temps utile, dans notre numéro 152 du 24 Octobre, l'inauguration du temple antoiniste de Paris.
    Aujourd'hui, nous publions la relation de cette cérémonie qui nous est envoyée par l'une de nos abonnées parisienne, Madame de Poncey.

 *
*   *

    Le train spécial arriva en gare le samedi vers 3 heures du soir, amenant près de 500 adeptes, presque tous en costume Antoiniste. Les adeptes parisiens de cette religion spirite faisaient la haie sur le passage de la mère, de M. Deregnaucourt et de leurs frères belges. Le métropolitain avait lui aussi formé un train spécial. A la sortie du métro, le cortège se reconstitua rue de la Glacière et de là, par la rue Vergniaud, arriva au temple nouveau.
    Puis, les Antoinistes Parisiens, qui avaient bien fait les choses, amenèrent leurs frères de Belgique dans différents hôtels où des logements leur avaient été réservés.

*
*   *

    Le lendemain dimanche, bien avant dix heures, il y avait autour du temple une foule nombreuse. Beaucoup de malades y avaient été amenés soit sur des voitures, soit dans des autos, ou même sur des civières.
    Il y eut 4 ou 5 opérations et à chacune d'elles on put entendre plusieurs malades dire : je suis bien maintenant, je suis guéri.
    A la première opération, une paralysée de Vichy sortit guérie sous les yeux de personnes qui, au cours de l'opération avaient vu le travail s'opérer en elle. J'ai vu à côté de moi une dame d'un certain âge qui était soutenue sous les bras par deux personnes. En entrant, sa figure était verdâtre et marbrée de violet. Elle ne pouvait se tenir debout et personne ne pouvait circuler tout près d'elle sans lui faire pousser des cris.
    Ses souffrances étaient atroces. Après l'opération et à la sortie du temple, son teint était devenu normal et elle ne s'appuyait plus que sur un seul bras.
    Combien de personnes incrédules ai-je vues qui étaient venues à cette cérémonie en simples curieux ou même pour plaisanter et qui, après avoir vu la douce et sainte figure de la Mère en train d'opérer, son bras largement étendu sur la foule, se mirent eux aussi à pleurer. Ils avaient vu des guérisons se produire presque instantanément autour d'eux.
    D'autre part voici l'opinion d'un occultiste que j'avais prié de se joindre à nous.
    « Nous avons assisté à une opération de Mère Antoine dont le visage est bien celui des Grands Inspirés ».
    Ces quelques paroles vous diront mieux qu'un long discours l'impression produite sur la foule.
    Et ceci met la joie en nos âmes, à nous qui savons la Vérité et qui désirons la faire connaître à tous, et vous savez comme moi, combien l'humanité en a besoin en présence des luttes fratricides auxquelles nous assistons dans le but de jouir de plus en plus et de calmer le plus possible les appétits matériels et le besoin insatiable de luxe.
    La cérémonie prit fin vers midi et chacun accompagna ses frères de Belgique jusqu'à la gare du Nord où un train spécial devait repartir à 5 heures.
    A 4 heures, Mère arriva à la gare. Comme la veille, les Antoinistes Parisiens formèrent la haie sur son passage. Puis lorsque Mère accompagnée de M. et Mme Derégnaucourt ainsi que de Mlle Vittart ; cette française qui par son éclatante guérison fut la première à importer l'Antoinisme en France, eut pris place dans son wagon, tous les Antoinistes Parisiens attendirent sur les quais que le train se fut ébranlé. Quand le train partit, ce fut du délire. Une indescriptible ovation fut faite à la Mère, et, certes, il faut vivre ces minutes dans leur grandiose simplicité, pour pouvoir y croire. On sent bien que le souffle qui passe en ces moments par les âmes, n'est pas d'ici bas.
    Et n'allez point croire qu'il y ait de ma part, dans ce récit, de l'emballement, du fanatisme, ou de l'auto-suggestion. Non ! C'est du réellement vécu.
    Je suis persuadée qu'un médium voyant jouirait en ces moments d'un spectacle peu commun. C'est le vrai fluide divin qui pénètre les cœurs.
    Enfin quand comprendra-t-on que la nourriture du corps compte bien peu comparativement à celle de l'esprit ? Et combien il est pénible pour nous d'être obligés de retomber au terre à terre pour les besoins de la vie matérielle qui nous astreint.

*
*   *

    J'espère, chers amis, vous faire part à l'avance de la consécration du temple de Monaco qui doit avoir lieu dans le courant de décembre prochain. Il y aura des billets à prix réduits et sinon un train, du moins plusieurs voitures mises à notre disposition.

                                                                      A. de PONCEY.

Le Fraterniste, 14 novembre 1913

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