Eklablog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jules Noirfalise - Antoine le Guérisseur et les Cléricaux (Journal de Charleroi, 5 juillet 1912)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

Jules Noirfalise - Antoine le Guérisseur et les Cléricaux (Journal de Charleroi, 5 juillet 1912)(Belgicapress)L'Actualité

Antoine le Guérisseur
                     et les Cléricaux

    Antoine le Guérisseur est mort. Ce fut un étrange thaumaturge, et certes on peut philosophiquement sourire de la simplicité de ses procédés et de la naïve confiance que ses adeptes avaient placée en lui.
    Comme tous les fondateurs de religion, il avait l'esprit mystique, brumeux, solennel et utopique.
    Il exprimait des aphorismes le plus souvent nuageux. Aux questions philosophiques les plus élémentaires, il répondait par des actes de foi et d'amour qui n'expliquaient rien du tout.
    Que les libres penseurs aient souvent souri au spectacle de la religion d'Antoine, s'implantant chez des amis simples, cela se comprend.
    Mais que les cléricaux, dont la religion est pétrie de dogmes absurdes, de croyances étranges et de fétichisme souvent commercial, se moquent du pauvre Antoine, voilà qui est inadmissible.
    Or, nous lisons dans la « Gazette de Liége » du 27 juin :
    « Antoine le Guérisseur est-il mort ?
    « Nullement ! Il s'est désincarné » ! Telle est l'heureuse et délicate expression mortuaire que son cénacle de lévites a récemment découverte pour annoncer au monde le trépas du « Père ».
    « N'est-ce pas l'expression qui convenait à cet étrange personnage, dont toute la vie fut une « désincarnation » ?
    « Il inclina au spiritisme qui est une abstraction de la chair. Au régime d'alimentation carnée il substitua l'usage des légumineux et farineux : le régime végétarien. Et par là peut-être se préparait-il, vivant, à la « désincarnation » suprême. Il était végétarien total, dit sa nécrologie. L'excès nuit en tout.
    « Il y avait longtemps, d'ailleurs, nous semble-t-il, que l'esprit du Père Antoine, perdu dans des spéculations mystiques et théogéniques, extra-terrestres, se refusait à reprendre contact avec le corps. Depuis plusieurs années déjà, il s'était désincarné.
    « Il suffirait, pour s'en convaincre, de tenter la lecture de quelques chapitres de la doctrine antoiniste. Elle est tellement diffuse et incompréhensible ! »
    La « Gazette de Liége » a-t-elle bien réfléchi à ce qu'elle imprimait là ? Comment ose-t-elle parler de « spéculations mystiques et théogéniques extra-terrestres » !
    Les catholiques ont-ils cessé de croire au Christ et à sa résurrection, de considérer l'Apocalypse et les Evangiles comme livres sacrés ? Or, ces documents plus ou moins authentiques du Nouveau Testament ont-ils cessé d'être « diffus et incompréhensible ?... »
    Il nous semble cependant que voilà près de deux mille ans que philosophes, théologiens et pères de l'Eglise discutent leur texte et ne parviennent pas à s'entendre sur leur sens précis...
    Les cléricaux se moquent d'Antoine ? Mais qu'ils se regardent donc eux-mêmes, qu'ils songent à leurs dogmes, aux récits nuageux des évangélistes, aux prétendus miracles des thaumaturges catholiques, aux cultes ridicules et enfantins que l'Eglise encourage et qui transforment la simplice religion de Jésus en un fétichisme comparable en stupidité aux superstitions les plus naïves des peuplades congolaises.
    Pour nous, libres-penseurs, il y a dans le fait de la propagation étonnante de l'Antoinisme une leçon éloquente. C'est la facilité avec laquelle, même au vingtième siècle, peut s'implanter un culte mystique.
    Que de gens sincères affirmeront, dès aujourd'hui, de bonne foi, qu'Antoine faisait des miracles. Et pour peu que sa doctrine se propage encore parmi les gens simples qui sont, hélas majorité, dans quelques années, rien ne s'opposera à ce que la légende populaire en fasse un Dieu à l'égal de Jésus.
    Celui-ci n'apparaît-il pas, lui aussi, dans la brume des légendes de son temps, comme un pauvre homme d'humble naissance qui exerça un certain ascendant sur les pauvres gens de son entourage ?
    L'Antoinisme est, pour nous, la preuve de la fragilité du témoignage humain en matière religieuse. Ceux qui croient aux miracles du guérisseur de Jemeppe ne sont ni plus ni moins sots que ceux qui adorent un Christi dont l'existence est discutable et dont aucun historien contemporain n'a parlé. Les cléricaux se moquent d'Antoine désincarné. Mais ils acceptent comme article de foi la fable ou plutôt le symbole de la résurrection de Jésus trois jours après sa mort.
    Mais, diront-ils, des témoins ont raconté dans les Evangiles qu'ils avaient revu Jésus vivant après son supplice.
    Qui sait si, dans quelques semaines, un brave Antoiniste, illuminé et mystique, ne viendra pas raconter sincèrement qu'il a rencontré le « Père » sur la route de Jemeppe et que, comme l'apôtre Pierre du beau roman de Sienkiewicz, il lui a crié : « Quo Vadis Domine ? »
                                                                     JULES NOIRFALISE.

Journal de Charleroi, 5 juillet 1912 (source : Belgicapress)

    Jules Noirfalise était avocat, journaliste et conseiller communal (échevin) libéral (modéré). Également franc-maçon, il prend ici naturellement la défense du culte antoiniste face au catholicisme.

Voir les commentaires

Antoiniste décédée de Merxem (Schoten)(Journal de Charleroi, 13 octobre 1937)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

Antoiniste décédée de Merxem (Schoten)(Journal de Charleroi, 13 octobre 1937)(Belgicapress)

Ayant trop sacrifié à Bacchus, il se promenait en ville
au volant d'un tracteur de 10 tonnes avec remorque !

MAIS IL ECRASA UNE VIEILLE FILLE
QUI EN MOURUT PARCE QU'ELLE REFUSA DE SE FAIRE SOIGNER !

Telle est l'affaire inouïe qui se plaide devant le tribunal d'Anvers

    Le machiniste Pierre Van H..., âgé de 31 ans, domicilié à Anvers, est prévenu de vol et d'homicide par imprudence, dans des circonstances vraiment exceptionnelles.
    Le prévenu était au service de la firme Fr. Bollekens. Le 7 février dernier, pris de boisson, il conçut une idée qui ne peut germer que dans un cerveau obscurci par l'alcool : faire un petit tour avec... un tracteur et remorque chargée de dix tonnes de papier ! Sans être vu, le machiniste parvint à sortir le lourd véhicule du garage de ladite firme et se dirigea vers Merxem. En voulant s'insinuer entre un autobus à l'arrêt et le trottoir, il écrasa la demoiselle Renée Delmaire, qui fut atteinte au ventre. Or, cette de moiselle était une « antoiniste », une secte mi-religieuse mi-spirite, qui possède un cloître hermétiquement fermé à Merxem. Mlle Delmaire fut transportée dans cette retraite, où l'on refusa de la laisser soigner par un médecin, parce que la règle des antoinistes défend tout attouchement étranger. On insista vainement : les antoinistes déclarèrent que la foi seule pouvait guérir la blessée. Celle-ci succomba d'ailleurs le 27 février, faute de soins et à la suite de l'infection de la plaie. Dans la lettre de faire part, les antoinistes annoncèrent que la demoiselle « s'était désincarnée » ...
    Dans ces conditions, le ministère public a abandonné la prévention d'homicide par imprudence et ne retient que le vol, les coups et blessures involontaires avec la circonstance aggravante pour l'intéressé d'avoir conduit un véhicule alors qu'il se trouvait sous l'influence de la boisson.
    Me Monette plaidait comme partie civile au nom de la firme Bollekens, dont le matériel fut endommagé. Me Brans défendait le prévenu.
    Prononcé à quinzaine.

Journal de Charleroi, 13 octobre 1937 (source : Belgicapress)

 

    On n’en apprendra pas plus sur cette pauvre femme. Het Handelsblad van Antwerpen du 9 novembre 1937, après avoir rappelé les faits indique que l’inculpé sera puni d’une peine de 6 mois de prison et 1.400 francs d’amende. M. Bollekens reçoit 10.000 francs en dommages et intérêts. La Libre Belgique du 11 novembre évoque seuls les faits bruts de l'histoire.

Antoiniste décédée de Merxem (Schoten)(Journal de Charleroi, 13 octobre 1937)(Belgicapress)

Het Handelsblad, 9 novembre 1937 (Belgicapress)

 

Antoiniste décédée de Merxem (Schoten)(Journal de Charleroi, 13 octobre 1937)(Belgicapress)

 

 

La Libre Belgique,
11 novembre 1937
(source : Belgicapress)

Voir les commentaires

L'école morale devient un cinéma (Gazette de Charleroi, 9 janvier 1921)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

L'école morale devient un cinéma (Gazette de Charleroi, 9 janvier 1921)(Belgicapress)

    L'Ecole morale. – Le Temple de la Vertu érigé par le Père Dor au moyen des fonds fournis par ses « opérés », vient de recevoir une destination depuis longtemps prédite : le foyer du dorisme se mue en cinéma.
    L'aménagement de la salle est conçu dans la note la plus moderne, et un confort inconnu dans les cinés de village caractérise l'ensemble.
    A savoir si l'« opérateur » nouveau vaudra l'ancien, et si le Père a laissé à ses successeurs une ample provision du « fluide » qui attire et retient les foules.

Gazette de Charleroi, 9 janvier 1921 (source : Belgicapress)

Voir les commentaires

L'Antoinisme - Correspondance (La Meuse, 8 décembre 1910)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

L'Antoinisme - Correspondance (La Meuse, 8 décembre 1910)(Belgicapress)

CORRESPONDANCE

L'ANTOINISME

    M. F. Deregnaucourt, président du Comité du Temple, antoiniste de Jemeppe-sur-Meuse, nous prie de bien vouloir insérer l'article suivant :

    Antoine-le-Guérisseur, de Jemeppe-sur-Meuse, et ses adeptes, viennent de déposer sur le bureau de la Chambre des représentants, une pétition qu'ils adressent au Roi et aux Chambres pour demander la reconnaissance légale du culte antoiniste. Cette pétition est signée par 160,000 adeptes d'Antoine, tous Belges et majeurs.
    Les progrès rapides de l'Antoinisme en Belgique et en France tiennent du prodige. La religion nouvelle, fondée à Jemeppe-sur-Meuse depuis quelques années, compte aujourd'hui plusieurs centaines de milliers d'adeptes. Tous les Liégeois connaissent le Temple de Jemeppe-sur-Meuse, dont la gestion matérielle appartient à un Comité de neuf membres dont j'ai l'honneur d'être le président ; dont M. Delcroix, professeur à l'Athénée Royal de Liége, est le secrétaire, et dont M. Delaunoy, lieutenant d'infanterie à Bruxelles, est le trésorier. D'autres temples vont être érigés, notamment à Bruxelles et dans le Hainaut, aux frais des adeptes. Le Nord de la France se convertit rapidement à la religion nouvelle. Il y a un millier d'adeptes à Tours, autant à Vichy, autant à Nice et à Monaco. Un adepte de l'Isère fait construire, au Touvet, un temple sur le modèle de celui de Jemeppe.
    Il s'agit donc là d'un mouvement religieux très sérieux. Mais il faut assister aux exercices du culte, au temple de Jemeppe-sur-Meuse, pour se convaincre du grand sentiment de piété qui anime les adeptes. Les lundi, mardi, mercredi et jeudi de chaque semaine, le Maître opère sur tous les malades réunis dans le temple. C'est à peine si l'édifice peut contenir la foule recueillie. A dix heures, Antoine entre dans le temple, monte en chaire et l'opération s'accomplit devant environ deux mille personnes debout qui attendent, du Maître, avec une ferveur inexprimable, la guérison de leurs souffrances morales ou physiques. Tous les dimanches, à dix heures, un adepte donne lecture d'un chapitre de l'Enseignement. C'est la même affluence et le même recueillement.
    Si Antoine le Guérisseur et ses adeptes demandent la reconnaissance légale de leur culte, ce n'est pas pour obtenir des subsides ou la rémunération de ses ministres. L'antoinisme est basé sur le désintéressement le plus absolu, mais nous vivons sous une législation qui confère aux cultes reconnus par la loi de très grands avantages. Jusqu'ici, seuls les cultes catholique, protestant et juif ont demandé et obtenu la reconnaissance légale et joui des avantages afférents à cette reconnaissance.
    L'antoinisme a les mêmes droits de jouir de ces avantages.
    Le plus grand de ces avantages est d'assurer l'existence légale des édifices consacrés aux cultes. Dans les cultes reconnus, les fabriques ou consistoires ont la personnification civile, peuvent recevoir des dons et legs : ils sont propriétaires des églises, temples ou synagogues. Il n'y a plus de transmission de propriété à effectuer, plus de droits de mutation ou de succession à payer. La reconnaissance de l'antoinisme aura donc pour effet d'assurer l'existence légale du temple de Jemeppe-sur-Meuse et des autres temples qui seront érigés ultérieurement.
    Cette considération suffit pour démontrer l'intérêt que les 160,000 signataires de la pétition ont à voir la Chambre des représentants et le Sénat accueillir leur demande et voter une loi qui assimilerait l'antoinisme, quant à la reconnaissance légale, aux cultes catholique, protestant et juif.
    Nous ne voyons pas, d'ailleurs, qui pourrait s'y opposer. Le droit des antoinistes est évident et qui voudrait prendre la responsabilité d'un véritable déni de justice ? Ce ne seront certainement pas les catholiques de la Chambre, qui doivent être heureux de constater cette renaissance du sentiment religieux dans notre pays. Et quant aux libéraux et aux socialistes, nous savons qu'ils sont, comme nous, partisans de la séparation de l'Etat et des Eglises ; mais tant que nous vivons sous la législation actuelle, voudront-ils refuser à l'antoinisme les avantages que la loi confère aux autres cultes ? Nous ne pouvons pas le croire et nous sommes convaincus que tous seront d'accord pour voter la loi demandée.
    Et ainsi seront réalisés les vœux du saint de Jemeppe-sur-Meuse, devant qui tous doivent s'incliner avec vénération. N'est-il pas la plus grande force morale qu'il y ait au monde ?

DEREGNAUCOURT.

La Meuse, 8 décembre 1910 (source : Belgicapress)

 

    Ce texte du frère Florian Deregnaucourt suit le témoignage d’Hélène Defrance paru dans la revue Wallonia (Tome XVIII, n°12, déc. 1910).

Voir les commentaires

Groupe Antoiniste - 244, rue Gilles Magnée - Ans (Liège)

Publié le par antoiniste

Groupe Antoiniste - 244, rue Gilles Magnée - Ans (Liège)

Groupe Antoiniste - 244, rue Gilles Magnée - Ans (Liège)

    Trouvé sur internet, une photo d'un "groupe antoiniste", à Ans (extrême Nord-Ouest de Liège).
    Mère décide de fermer les salles de lectures en Belgique en 1932 de peur de voir les guérisseurs prêcher autre chose que la Révélation du Père. C'est pourquoi on annonce ici l'existence d'un Groupe Antoiniste. S'agit-il d'un tentative de dissidence faisant suite à celle d'Angleur après le décès du frère Hanoul ou précédent la construction du temple de Retinne ?
    S'étant retirée en 1931 des affaires françaises, la France continua à ouvrir des salles de lectures.


    Entretemps, le Frère Pierre Beaujean précise que "jusque dans les années 1990, a existé un "Temple" à ANS. Mais s'agissait d'une initiative d'une sœur. Ce "Temple" n'a jamais figuré dans la liste des Temples. Il était situé Rue Magnée."

    Il ajoute : "J'ai découvert ce "Temple" fin des années 1980. Je crois que cela a existé jusque +/1995. La "desservante" a, selon ce que la sœur Germaine de Bierset m'a dit, avait cessé après son mariage. Bien que non reconnu comme "temple", il avait quand même reçu une plaque normale. Et, je n'ai jamais entendu parler de problèmes particuliers avec Jemeppe. Il parait qu'elle vouait une dévotion particulière au fils du Père ANTOINE."

    Frère Pierre Dock indique encore : "Alors, voici les infos recueillies ce jour d'une ancienne desservante de 88 ans.
    Le couple qui a fondé cette salle de lecture était desservant au Temple de Forest, lorsque le Conseil les a forcé à enlever les photos, ils ont quitté Forest, sont revenus à Ans, on fait des travaux dans ce qui était un fournil et ont créé cette salle de lecture où le travail de Mère était respecté à la lettre et où il y avait beaucoup de monde et effectivement elle a cessé ses activités en 1990.
    Frère Emile et Sœur Mimi, fondateurs de Retinne, faisaient du service là-bas, avant la construction de Retinne.
    PS: Particularité : un système astucieux de poulies qui permettait l'aération du Temple lors des fortes chaleurs et les jours d'affluence."

Voir les commentaires

Ces bons français... (Le Vingtième Siècle, 20 décembre 1910)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

 Ces bons français... (Le Vingtième Siècle, 20 décembre 1910)(Belgicapress)                                             CES BONS FRANÇAIS...
    Un quotidien français illustré, qui a vu le jour il y a quelques semaines, a consacré deux colonnes, abondamment illustrées, à Antoine le Guérisseur. Notre confrère a situé en Angleterre le bonhomme et le théâtre de ses exploits.
    C'est déjà très bien. Mais voici mieux. « Paris-Journal » termine un article sur Antoine par les lignes suivantes :

    « Deux détails savoureux pour en finir avec Antoine et sa secte. Il parait que le temple de Jemeppe-sur-Meuse est bâti, comme beaucoup de maisons en Hollande, sur l'emplacement d'une exploitation charbonnière abandonnée, et que le grisou s'échappe, s'allume facilement à un petit trou que l'on a foré dans le plancher. »
    Voilà Jemeppe-sur-Meuse et son Antoine exilés en Hollande. C'est en effet, fort savoureux. Et qu'est-ce que vous dites de ces charbonnages hollandais qui chauffent encore, même inexploités, les maisons bâties sur leur emplacement ?
    Nos confrères français ne sont pas ferrés sur la géographie. En les pressant un peu, on leur ferait dire que Paris est en Gascogne.

Le Vingtième Siècle, 20 décembre 1910 (source : Belgicapress)


    On connaissait l'erreur fréquente entre Jemmapes et Jemeppe (André Thérive se défendait d'avoir fait l'erreur), mais on peut citer également l'exemple d'un journal de Bruxelles qui fait la même erreur.

Voir les commentaires

Antoinisme et Dorisme (L'Echo de la Presse, 21 janvier 1917)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

Antoinisme et Dorisme (L'Echo de la Presse, 21 janvier 1917)(Belgicapress)

Antoinisme et Dorisme

    Puisque ce procès du Père Dor, qui fit tant de bruit à Charleroi, va être plaidé en appel à Bruxelles, il est intéressant de rappeler quelques points du culte d'Antoine, oncle et précurseur du messie de Roux :

    Né à Mons Crotteux en 1846, Antoine devint mineur à l'âge de 12 ans, puis métallurgiste. D'abord catholique, il fut à 42 ans séduit par le spiritisme qu'il professa pendant huit ans. C'est de cette époque que date le commencement de son renom.
    On alla le trouver d'abord pour s'entretenir avec les esprits qui se donnaient rendez-vous chey lui. Les esprits de Léon XIII et de Mgr Doutreloux étaient des visiteurs réguliers. On a même noté, pendant l'une des séances que Léon XIII parlait un français négligé avec un fort accent wallon.
    De là à donner des consultations sur toutes les douleurs physiques et morales, il n'y avait qu'un pas. Il fut vite franchi.
    Vers 1906, Antoine ébaucha son « Nouveau spiritualisme », où les esprits étaient remplacés par les fameux fluides, dont nous avons tant entendu parler dans le procès du Père Dor.
    C'est vers cette époque qu'il commença véritablement son métier de guérisseur par l'ordonnance pour tous les maux humains de la liqueur « Coune », spécialité pharmaceutique à 5 francs la bouteille.
    Un jugement du tribunal mit fin à ces merveilleux traitements...
    Alors vinrent, comme panacées universelles, l'eau magnétisée et le papier magnétisé et enfin les passes individuelles où, comme chez Dor, la foi et les fluides jouent un rôle énorme. Notons aussi, vu l'affluence de visiteurs, les passes collectives qui, à l'Ecole morale, s'appellent « grandes opérations ».
    On le voit, l'Antoinisme ne diffère guère du Dorisme qui est dérivé de lui. Comme lui il a fait des heureux, dit-on, et sûrement des victimes.
    Kervyn, dans la « Tribune Apologétique », disait : « Pour quelques fanatiques de cette secte, la foi remplace tous les remèdes. Or, consulter un médecin, c'est manquer de foi ; les médecins étaient donc écartés du lit de certains Antoinistes. Cette folie a peut-être entraîné la mort de beaucoup de gens. On nous affirme qu'à Jemeppe, des permis d'inhumation ont dû être refusés en présence de pratiques similaires. »
    Comme Dor, Antoine était pour ses adeptes « le messie du XIX° siècle, venu en mission pour régénérer l'humanité ! » On l'appelait : « Père, Maître, Sauveur, Dieu ».
    Les livres d'Antoine sont, eux aussi, confus, bourrés de mots dont il devait ignorer la valeur : matière, foi, individualité, spiritualité, intelligence, amour, etc...
    Comme son neveu, il répond à toutes choses : « Vous ne voyez que l'effet, il faut remonter à la cause. »
    Ses théories sont assez difficiles à comprendre, l'on s'en doute un peu. Mais ne vous en plaignez pas devant ses disciples, ils vous répondraient : « Vous interprétez trop intellectuellement, c'est-à-dire trop matériellement, notre manière de voir » !...
    Pour autant que l'on puisse saisir quelques points plus clairs, dans le fatras de dogmes, sa morale semble fort peu gênante.
    « Vous êtes libres, agissez comme bon vous semble ; celui qui fait bien trouvera bien ». –  « Le mal n'existe pas » et encore « Bien et mal ne sont que des termes de comparaison ; ni l'un ni l'autre n'existent réellement ».
    Il y a des choses bien amusantes dans les livres saints de l'Antoinisme. D'après eux, Dieu est notre père et le démon notre père qui nous nourrit de son sein et nous est utile !!! D'ailleurs ils nous affirment que par notre progrès nous retrouverons dans le démon le vrai Dieu. D'autre part, Dieu dit : « Si vous voulez faire le mal, je vous aiderai ».
    Curieuse idée d'une divinité !
    N'importe, des foules énormes se pressaient au temple de Jemeppe et aujourd'hui qu'Antoine est désincarné, ses doctrines conservent un grand nombre d'adeptes, en Belgique, à Paris, à Nice et autres lieux.
    Pauvre humanité !

L'Echo de la Presse, 21 janvier 1917 (source : Belgicapress)

Voir les commentaires

Huy - Culte antoiniste (La Meuse, 4 mars 1923)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

Huy - Culte antoiniste (La Meuse,  4 mars 1923)(Belgicapress)

HUY.

    Le Culte antoiniste de Jemeppe-sur-Meuse vient d'acquérir, dans le nouveau quartier, rue de France, un vaste terrain pù sera érigé, très prochainement, un temple dont les plans sont soumis actuellement à l’approbation du collège échevinal.

La Meuse, 4 mars 1923 (source : Belgicapress)

Voir les commentaires

Jan-Albert Goris - Strangers should not whisper (1945)

Publié le par antoiniste

Jan-Albert Goris - Strangers should not whisper (1945)

Auteur : Jan-Albert Goris (alias Marnix Gijsen)
Titre : Strangers should not whisper
Éditions : L. B. Fischer, New York, 1945

    Talk story about Jan-Albert Goris, the Belgian Commissioner of Information, & author of "Strangers Should Not Whisper" The title of the books is a West African proverb & can be found in H. L. Mencken's "Dictionary of Quotations." He says that the way to repay America for its hospitality is to speak frankly about the problems common to this country & to one's own. "We refugees must explain that whatever happens on these shores, whatever violence may upset the social order, there is something indestructible in America something that Europe needs." M. Goris spent 1926-'27 at t U. of Washington, in Seattle, took time off on his way to & from there to study the speech & customs of the era. In 1937 he came to this country again & arranged for the participation of Belgium in the World's Fair.

(Histoire d'un entretien avec Jan-Albert Goris, commissaire belge à l'information et auteur de « Strangers Should Not Whisper » Le titre du livre est un proverbe d'Afrique de l'Ouest qui figure dans le « Dictionnaire des citations » de H. L. Mencken. Il affirme que la façon de remercier l'Amérique pour son hospitalité est de parler franchement des problèmes communs à ce pays et à son propre pays. « Nous, les réfugiés, devons expliquer que, quoi qu'il arrive sur ces terres, quelle que soit la violence qui bouleverse l'ordre social, il y a quelque chose d'indestructible en Amérique, quelque chose dont l'Europe a besoin ». M. Goris a passé les années 1926 et 27 à l'Université de Washington, à Seattle, et a pris le temps d'étudier sur place le discours et les coutumes de l'époque. En 1937, il revient dans ce pays et organise la participation de la Belgique à l'exposition universelle.)
Source : https://www.newyorker.com/magazine/1945/02/17/just-2

Évoque Louis Antoine à la p. 175 :
    Therefore it is probably not a mere accident that the eloquence of John L. Lewis is essentially Biblical in inspiration: the solemnity of his pronouncements intended for the miners must have a special appeal to them on that account. The Welsh miners are known for their deeply religious singing. When Vincent van Gogh wanted to devote his life to preaching and evangelization, he set out for the Borinage in Belgium where, besides Catholicism, many Protestant organizations flourish, where even religious healers such as Antoine le Guerisseur found large and enthusiastic audiences.

Traduction :
    Ce n'est donc probablement pas un simple accident si l'éloquence de John L. Lewis1 est d'inspiration essentiellement biblique : la solennité de ses déclarations destinées aux mineurs doit avoir un attrait particulier pour eux à ce titre. Les mineurs gallois sont connus pour leurs chants profondément religieux. Lorsque Vincent van Gogh a voulu consacrer sa vie à la prédication et à l'évangélisation, il s'est dirigé vers le Borinage en Belgique où, outre le catholicisme, de nombreuses organisations protestantes fleurissent, où même des guérisseurs religieux comme Antoine le Guerisseur ont trouvé un public nombreux et enthousiaste.

1    John Llewellyn Lewis (12 février 1880 - 11 juin 1969) est un syndicaliste américain qui fut le président de l'United Mine Workers of America de 1920 à 1960, et le président du Congrès des organisations industrielles de 1935 à 1940.

Voir les commentaires

Régis Dericquebourg - Le frère André de l'Oratoire, Louis Antoine et les autres mystiques (2012)

Publié le par antoiniste

Régis Dericquebourg - Le frère André de l'Oratoire, Louis Antoine et les autres mystiques (2012)

Auteur : Régis Dericquebourg
Titre : Le frère André de l'Oratoire, Louis Antoine et les autres mystiques : les destins de la mystagogie et du prophétisme
Éditions : Presses de l'université de Bordeaux, 2011

Régis Dericquebourg
1 GSRL - Groupe Sociétés, Religions, Laïcités
Résumé : Le mystagogue est la personne qui fait des choses extraordinaires et merveilleuses. Il montre des capacités de guérison surnaturelles ou de divination et il les applique comme un entrepreneur individuel. Sa carrière dure tant qu'il donne la preuve de ses dons. Dans cet article, nous comparons la vie de Louis Antoine, fondateur du culte antoiniste (né en Belgique) à celle du Frère André de l'Oratoire (Canada) et à celle de l'abbé Julio. Nous décrivons ainsi trois destins de la mystagogie. Au départ, ce sont des mystagogues au sens wébérien mais par la suite ils ont eu des destinées différentes à cause d'un encadrement social différent de leurs dons. Cet article veut illustrer la fécondité de la notion de mystagogie dans l'interprétation des conduites religieuses mais aussi l'importance de son cadre institutionnel puisque c'est lui qui détermine la destinée de la mystagogie. La sanctification dans l'islam et dans le hassidisme est aussi l'aboutissement de la mystagogie selon des voies différentes. Finalement, nous concluons que la société choisit le destin des mystagogues en fonction de l'orientation qu'elle veut donner à l'action collective.


Régis Dericquebourg. Le frère André de l'Oratoire, Louis Antoine et les autres mystiques : les destins de la mystagogie et du prophétisme.. Centre d'étude Canadiennes Interuniversitaire de Bordeaux. Prophétie et utopies religieuses au Canada., Presses de l'université de Bordeaux., pp.63-83, 2011. ⟨halshs-00657643⟩
in Prophéties et utopies religieuses au Canada, Sous la direction de Bernardette Rigal-Cellard, Presses universitaires de Bordeaux, 2012 (310 pages)

Voir les commentaires